lundi 19 août 2019

ASSE - Brest, 1-1 (Bouanga)

Déréglés


Toujours en quête d'automatismes et de rythme, les Verts n'ont pas réussi leur début de saison à domicile, terminant à égalité contre un promu. 

Ne pas gagner à Geoffroy-Guichard, surtout contre un adversaire supposé facile, représente une contre-performance pour l'ASSE. Mais ce n'est pas non plus une catastrophe, et en aucun cas ça ne justifie des sifflets contre les joueurs. Surtout que les Stéphanois ont un peu l'habitude des mois d'août avec des matchs nuls contre les petites équipes...

Pour revenir aux causes de ce demi-échec, elles sont multiples. La chaleur et la condition physique, selon M'Vila ("la chaleur était étouffante aujourd’hui, vraiment. Je pense aussi que toute l’équipe n’est pas encore prête physiquement"). Des problèmes tactiques dans l'animation offensive selon Perrin ("il manque du liant mais il y a eu de bonnes choses") ou dans le bloc défensif après la blessure d'Aholou selon Printant ("la sortie de Jean-Eudes a peut-être déréglé la machine et Brest a profité de ce trou d’air pour ouvrir le score. C’est dommage car, en première période, notre pressing haut les avait empêchés de sortir de leur camp").

Regardons tout ceci de plus près.

1MT : Attaque stérile, défense déréglée


Après quelques minutes de tâtonnement, les Verts ont mis le pied sur le ballon et ont commencé à poser le jeu, construire patiemment leurs attaques à base de beaucoup de passes échangées dans leur moitié avant d'accélérer le jeu. Par exemple, à la 13e minute, le bloc stéphanois est en place dans l'habituel 4-4-2...


...  et une mauvaise passe adverse permet la récupération du ballon. Perrin le passe à gauche à Trauco, qui le donne à M'Vila...


... qui combine avec Jean-Eudes Aholou, qui joue en arrière avec son capitaine. M'Vila reprend sa place à gauche des défenseurs centraux et les circuits de passe continuent sans créer des décalages :


Tout ce temps est passé pour préparer l'attaque, c'est-à-dire permettre aux autres joueurs de se positionner - sur l'image suivante on voit mieux le placement des Stéphanois :


Khazri en avant-centre, Boudebouz en soutien entre les lignes. Bouanga reste un ailier excentré, pendant que Hamouma est très axial, un deuxième "10". Les couloirs sont pour Debuchy et Trauco, ce qui fait que c'est la responsabilité des 4 autres joueurs pour passer le premier rideau défensif adverse. Pour le faire, il faut de la présence entre la ligne des attaquants et celle des milieux (dans le rond central sur cette image). Et tout d'un coup, après 30 secondes de préparation, les mouvements arrivent :


Boudebouz décroche pour offrir une solution à M'Vila, Aholou monte d'un cran pour se placer entre ces deux lignes et Hamouma, resté entre les deux autres lignes, profite de l'appel de Boudebouz pour offrir un angle de passe. M'Vila trouve Aholou, qui s'appuie sur Hamouma pour un une-deux qui l'amène devant la défense :


Khazri avait aussi décroché, il n'offre pas une solution comme un vrai avant-centre, mais il y a un énorme décalage à droite. Bouanga est servi, le dédoublement de Debuchy n'est pas utilisé, il préfère tirer - le tir passe au dessus et dans tous les cas il avait été signalé hors-jeu. Cette action est représentative pour le jeu de passe d'Aholou - il a effectué 5 passes, dont 3 vers l'arrière. Jusqu'à sa sortie, seulement un tiers de ses passes ont été vers l'avant.


Possession du ballon, attaques construites, décalages créés, mais pas de vraie occasion dans le jeu pour les Verts (bien plus dangereux sur coup de pied arrêté). C'est ainsi qu'on peut résumer la première demi-heure du match, avec un élément supplémentaire à leur palette, le pressing haut mentionné par Ghislain Printant :


Un positionnement très haut de la ligne des milieux a souvent empêché la relance brestoise. La suite de la capture d'écran ci-dessus est un long dégagement d'un défenseur breton, sans autres options. Duel aérien gagné par Debuchy, mais ensuite ballon perdu par Boudebouz. Même pressing haut, même dégagement lointain, ballon facilement récupéré par Moukoudi et nouvelle attaque construite calmement.


C'était clairement le plan de jeu stéphanois pour cette rencontre : empêcher l'adversaire de jouer, construire avec patience et une faille finira par être trouvée. Sauf qu'un fait de jeu est venu contrarier ce plan : la sortie sur blessure d'Aholou, remplacé poste pour poste par Youssouf Zaydou. Tout a changé, soudainement : de 55% de possession jusqu'à là, les Verts sont passés à 33% le reste de la première période. Ils ont concédé des grosses occasions et ont fini par craquer dans le temps additionnel :


Ça part d'une attaque placée brestoise, le ballon circule en défense, le latéral droit est très haut et il y a un joueur derrière le premier rideau stéphanois. Quand ce milieu est recherché par une passe...


... Youssouf se jette sur lui, quittant sa zone. Cet espace libéré profite à un autre milieu, qui est facilement trouvé et qui a le temps d'orienter le jeu vers la droite, où 3 de ses coéquipiers s'y trouvent. Mieux, il se projette ensuite dans le dos des milieux stéphanois...


... et peut ainsi orienter parfaitement le jeu, vers ses 3 attaquants. Ils sont heureusement hors-jeu, alors il joue en arrière vers le rond central, où le retour de Boudebouz empêche le milieu adverse de continuer l'action. Le ballon est quand-même récupéré par les Bretons, qui jouent d'abord à gauche, avant de revenir en arrière 20 secondes plus tard :


Cette longue possession a fait un peu courir les joueurs de l'ASSE, qui ont changé de place, Khazri étant maintenant à droite, Hamouma à gauche et Boudebouz avant-centre. Mais le bloc en 4-4-2 est toujours bien en place...


... jusqu'au sprint d'Hamouma, qui quitte soudainement l'alignement pour presser sur un défenseur - malheureusement pour lui, le gardien décide de jouer dans son dos, avec le latéral droit, resté haut. Ceci aurait pu être sans incidence pour les Verts, s'il n'y avait pas une forte concentration de joueurs adverses dans cette zone du terrain :


4 défenseurs pour 5 adversaires (il y a un ailier tout en bas de l'écran), des projections et deux passes vers l'avant transforment cette sortie non couverte d'Hamouma dans une véritable occasion pour Brest :


Au moment du centre il y a un attaquant complètement libre au 2e poteau, mais le choix est pour une passe en retrait, pour le même latéral droit qui avait suivi et qui ouvre le score, juste avant la pause.


2MT : Une animation offensive particulière


Les Stéphanois ont remis le pied sur le ballon après la pause (60% de possession) et ont recommencé à construire leurs attaques de la même manière. Une différence est cependant visible dans le jeu du compère de M'Vila : là où Aholou avait fait 2 passes sur 3 en arrière (mais avec un gros taux de réussite - 95%), son remplaçant Youssouf a eu la moitié de ses passes vers l'avant (en ratant néanmoins plus, 77%). Et même s'il y a eu de plus en plus d'intensité et des appels, certains maux aperçus en 1e période ont été visibles lors de la 2e, notamment au milieu du terrain (défensivement et offensivement).

A la 47e minute, une relance bretonne doit trouver comment passer le bloc haut stéphanois, ici en 4-1-4-1 :


Le problème est résolu par les milieux de l'ASSE, qui sont facilement aspirés. D'abord Youssouf par un des milieux centraux, puis M'Vila par un autre :


Et comme Debuchy avait suivi son ailier, qui décrochait, et Youssouf n'a pas suivit son adversaire direct, qui se projette, un décalage est fait de la plus simple des manières :


Le milieu brestois monte balle au pied et s'appuie sur son avant-centre qui lance en profondeur l'ailier gauche, dans le dos d'un Debuchy trop haut lui aussi. Et dans quelques passes et courses verticales le Stade Brestois traverse tout le terrain - heureusement le centre est dégagé par la défense.


Quelques minutes plus tard, c'est au tour des Verts de construire une attaque en partant de Ruffier...


... qui joue avec Perrin, qui s'appuie sur son milieu du terrain. Il n'y a pas de pressing, les Stéphanois prennent leur temps pour combiner dans leur moitié :


Moukoudi, Debuchy et Youssouf se passent le ballon à droite, sans être embêtés par leurs adversaires, mais sans passer la ligne médiane non plus. Le bloc adverse en 4-4-2 est bien visible, Hamouma et Boudebouz se trouvent entre les lignes de 4 sur le même côté droit et M'Vila au niveau de la défense. Il n'y a donc personne pour réclamer le ballon devant les milieux brestois...


... donc Youssouf joue en arrière avec Moukoudi (qui échange toujours des passes avec Debuchy) avant de s'y placer lui-même. Le ballon arrive à Perrin...


... et il faut lui offrir une solution de passe pour passer le premier rideau défensif. Comme aucun des 4 offensifs ne décroche et comme M'Vila ne monte pas, c'est Trauco, le latéral, qui s'y colle. Il est servi et a le temps de se retourner et orienter, comme un vrai milieu qui organise le jeu :


Aucun mouvement proposé par Khazri, Boudebouz ou Hamouma, mais Bouanga est disponible à gauche, ce qui explique aussi le positionnement de Trauco : entre M'Vila défenseur gauche et Bouanga collé à la ligne de touche, sa seule place était vers l'axe. Livré à lui-même, Bouanga élimine deux défenseurs, repique dans l'axe et sa frappe enroulée passe de justesse à côté du poteau.


Après avoir été obligé d'effectuer un premier changement en 1MT par la blessure d'Aholou, le staff stéphanois a choisi d'attendre l'heure de jeu pour apporter de la fraîcheur en attaque. Beric est entré à la place de Hamouma...


... ce qui a poussé Boudebouz s'excentrer à droite, Khazri restant axial. Et à un quart d'heure de la fin, Nordin a remplacé ce dernier, ce qui a permis à Boudebouz de reprendre une place en soutien de l'avant-centre :



Si Beric n'a eu aucune influence sur le jeu (4 ballons touchés lors des 25 minutes jouées), Nordin a eu une réelle contribution aux efforts stéphanois de revenir au score. A la 82e Youssouf récupère un ballon mal dosé par les attaquants adverses et Nordin se projette immédiatement en attaque :


Youssouf porte un peu le ballon et lance ensuite son ailier à gauche :


Nordin avance dans son couloir et cherche une solution, mais les 4 offensifs stéphanois sont seuls contre les deux lignes de 4 adverses. Il essaye de passer entre deux Brestois, mais perd le ballon. Les Bretons essayent de sortir proprement, puis avec un long ballon...


... récupéré en deux temps par Perrin. La balle arrive à Youssouf, qui écarte à droite avec Debuchy et les Verts construisent une nouvelle attaque :


C'est Debuchy qui se trouve en position de maître à jouer et il a la chance d'avoir deux coéquipiers accessibles, devant les milieux adverses, pas cachés derrière. Il s'appuie d'abord sur Bouanga, puis sur Youssouf, ce qui permet à M'Vila de s'avancer pour proposer une solution plus haut que d'habitude :


Brest a fait le choix de défendre bas, avec une forte densité dans l'axe (il y a 5 joueurs dans le rideau des milieux en ce moment). Le salut peut venir seulement par les côtés, notamment à gauche, où se trouvent Nordin et Boudebouz. Le premier est trouvé par M'Vila...


... et comme le deuxième s'efface, il part de nouveau dans un raid solitaire dans son couloir, contre deux adversaires. Sauf que cette fois-ci il y arrive et centre au 2e poteau, où Bouanga profite d'un mauvais contrôle d'un défenseur, puis d'un rebond favorable, pour égaliser.

Avec un peu de réussite, après avoir misé sur les exploits des ailiers et avoir fait appel à des latéraux comme dépositaires du jeu, les Verts ont réussi à éviter une défaite à domicile. 


Conclusions


Le trio du milieu manque clairement d'automatismes, l'avant-centre titulaire n'est pas au top physiquement et le couloir gauche est complètement nouveau et se cherche encore. L'animation offensive se veut similaire à celle d'avant, mais les recrues n'y se sont pas encore greffées : Boudebouz joue moins en 8 que Cabella, Bouanga reste trop collé à la ligne de touche, la qualité de passe vers l'avant de Selnaes n'a pas été remplacée. Bref, les Verts ne sont pas encore prêts et il faut avoir de la patience. Les résultats seront en dents de scie en attendant - parfois ça passera (comme à Dijon), parfois moins. Les deux prochains matchs permettront de mieux jauger les progrès effectués entre temps, surtout contre des adversaires d'un niveau théoriquement supérieur.

lundi 12 août 2019

Dijon - ASSE, 1-2 (Hamouma, Aholou)

C'est reparti !


La nouvelle saison commence par la plus belle des manières pour les Verts, avec une victoire à l'extérieur, même si tout n'a pas été parfait.

C'était un match de reprise : les Stéphanois, encore pas prêts physiquement et en gros manque d'automatismes, ont su marquer rapidement pour se faciliter ensuite le reste de la rencontre. Dans les mots de Ghislain Printant : "Je souhaitais qu’on mette de la verticalité dans notre jeu (...) Mon choix était, d’entrée, d’avoir une équipe loin d’être prête sur le plan physique (...) J’ai dit aux garçons qu’avec le talent et l’expérience, si on réalisait une bonne entame de match, on pouvait ramener quelque chose d’ici. On s’est montré efficaces."

Voici donc le déroulement de la partie.


1MT : avoir de la maîtrise, mais aussi subir


En début de match les Verts étaient présents dans le camp adverse pour empêcher les Dijonnais de construire proprement, comme dans cet exemple à la 5e minute :


Les 3+1 offensifs stéphanois sont bien visibles avec Khazri en pointe et Boudebouz dans l'axe. Jean-Eudes Aholou vient aussi au marquage d'un milieu axial adverse pour couper toute possibilité de jeu court. Le goal adverse dégage donc loin et Perrin gagne le duel aérien, mais le ballon sort du terrain :


La touche est jouée en arrière et sous le pressing de Khazri et Boudebouz, les adversaires n'ont pas d'autre choix que de remettre au gardien. Il redonne à un de ses défenseurs, qui avance balle au pied...


... mais le bloc stéphanois est vite remonté et la ligne des milieux se trouve très haut dans le camp adverse :


Aidé par le pressing de Hamouma, Aholou récupère le ballon et le donne à Khazri au bord de la ligne de touche. Récupération haute, phase de transition, la projection vers l'avant est immédiate :


Khazri garde suffisamment le ballon pour permettre à Hamouma de faire l'appel dans le dos de la défense et après un joli geste technique, l'ASSE mène 1 à 0.


Quelques minutes plus tard, les Verts perdent le ballon sur le côté gauche...


... mais les Dijonnais n'arrivent pas à sortir la balle proprement de leur camp et dégagent loin, où Moukoudi n'a aucun problème à contrôler et poser le jeu :


Debuchy - Aholou - Debuchy de nouveau, le ballon est écarté vers la droite. Le latéral stéphanois joue avec Boudebouz...


... qui porte un peu le ballon et s'enferme vers la ligne de touche. Il est aidé par Hamouma et Debuchy et pas moins de 5 adversaires les entourent :


Mais la maîtrise technique est telle que même dans ce petit périmètre le ballon circule facilement. Boudebouz en arrière pour Debuchy, qui s'appuie sur Hamouma avant de se projeter dans le dos de la défense. Le triangle de passes à une touche de balle est fermé et le nouveau meneur de jeu de l'ASSE lance parfaitement son latéral, pour une situation très dangereuse : sans adversaire devant lui, il aurait eu tout le temps d'ajuster une passe pour Bouanga ou Khazri, seuls contre seulement deux défenseurs. Sauf que l'arbitre ne laisse pas l'avantage, Hamouma ayant été fauché au moment de la dernière remise. Sans incidence, les Verts creusent l'écart sur ce coup de pied arrêté.


Menant 2 à 0 après 10 minutes, les Stéphanois ont levé un peu le pied. Il y a eu surtout moins de pressing haut dans le camp adverse, le bloc descendant de plus en plus bas, comme dans cette capture d'écran qui montre bien le 4-4-2 défensif :




Le style de jeu de la saison dernière, basé sur une construction patiente des attaques, a été parfois visible, mais les exemples ont été assez rares. A la 20e, les défenseurs se passent le ballon...


... et on remarque de suite le mouvement classique, M'Vila s'excentre en latéral gauche et Trauco monte d'un cran. Bouanga et Khazri avaient changé de place, le dernier joue en ailier gauche...


... mais il repique rapidement dans l'axe, les couloirs sont pour les latéraux. Les Verts combinent dans leur moitié et on a l'impression de voir un 3-1-4(-2) en place :


Après s'être appuyé sur Aholou et Khazri et avoir reçu à chaque fois le ballon, Perrin monte un peu balle au pied...


... devant un bloc adverse en 4-4-2 bien en place, mais avec une faille. L'appel en profondeur de Hamouma a fait reculer la défense (on voit un central en train de courir vers l'arrière), laissant donc beaucoup de place entre les lignes. Bouanga, Boudebouz et Khazri y se trouvent, le premier est trouvé par la passe de Perrin qui casse deux lignes. Mais au lieu de jouer vers l'avant, il revient un peu et écarte à droite, avec Debuchy...


... qui calme le jeu et redonne la balle à la défense. Et après avoir vu son capitaine à l'oeuvre, Moukoudi s'essaye aussi à la passe verticale qui casse les lignes :


Il trouve parfaitement Hamouma, qui combine avec Boudebouz et Khazri. De nouveau une situation dangereuse, un 3-contre-3 n'est jamais facile pour les défenseurs, surtout quand il y a la qualité technique en face. Mais l'arbitre siffle de nouveau une faute sur Hamouma sans laisser l'avantage... et les Verts ne marquent pas sur ce coup franc.


C'était la dernière action construite proprement par l'ASSE en première période. Les Stéphanois ont complètement abandonné la possession jusqu'à la pause (37% à partir de la 20e minute), défendant de plus en plus bas, subissant le pilonnage adverse basé sur des longs ballons. Et concédant finalement la réduction du score sur un penalty obtenu après un n-ème coup de pied arrêté dijonnais (8 corners et plusieurs coups francs autour de la surface en 1MT).


2MT : Changements et verticalité


Après la pause les Verts ont remis le pied sur le ballon avec une possession de 53% jusqu'à la fin du match. Et certains éléments visibles en première période ont pu être de nouveau aperçus en deuxième.

A la 48e, Ruffier dégage loin, un défenseur adverse repousse de la tête, mais le ballon est gagné par Aholou et M'Vila :


Ce dernier joue en arrière avec Moukoudi, qui monte un peu balle au pied avant de servir Trauco...


... qui écarte plus haut dans le couloir, avec Khazri en position d'ailier gauche. M'Vila reprend sa place à gauche, le ballon est renvoyé vers la défense, une attaque placée se prépare :


Le bloc adverse en 4-4-2 est en place, mais se fait de nouveau avoir :


Les milieux montent, la défense ne monte pas, Khazri ayant fait un appel en profondeur. Et Hamouma fait l'appel inverse, se plaçant pile dans l'espace libéré par l'adversaire. Il est trouvé par la passe précise de Perrin et lance de suite Khazri en profondeur. L'attaquant stéphanois temporise en attendant de la présence dans la surface...


... et les 3 autres offensifs accompagnés des 2 latéraux y arrivent. Le centre est repoussé par un défenseur et la magnifique reprise de volée de Debuchy est déviée en corner. Après 3 corners consécutifs, c'est une autre reprise de volée, de Boudebouz, qui passe juste à côté - le temps forts stéphanois n'est pas conclu par un but.


A l'heure de jeu le staff de l'ASSE a commencé à faire des changements. Khazri - son premier match après des courtes vacances - a laissé sa place à Youssouf Zaydou. Ce dernier à pris le couloir gauche, le poste d'avant-centre a été occupé parfois par Bouanga, parfois par Hamouma. Par le premier dans cet exemple qui commence à la 64e par un dégagement du gardien adverse...


... repoussé de la tête par M'Vila. Le ballon arrive de nouveau au gardien et bis repetita...


... sauf que c'est Aholou qui repousse de la tête. Le 4-2-3-1 des Verts est visible et M'Vila récupère rapidement le ballon dans les pieds d'un milieu dijonnais. Récupération haute - projection immédiate vers l'avant :


M'Vila sert Boudebouz, qui lance en profondeur Bouanga - la recrue stéphanoise s'excentre et son tir est contré.


Quand Nordin est entré à la place de Aholou, Youssouf a retrouvé sa place à côté de M'Vila dans l'axe du terrain, le bloc stéphanois en 4-4-2 étant bien visible à la 71e :


Les Dijonnais jouent une touche, le défenseur s'appuie sur un milieu, puis sur un autre :


Mais le bloc vert est bien compact et Youssouf ne laisse pas l'adversaire se retourner avec le ballon. Il le récupère et se projette rapidement vers l'avant :


Un 3-contre-2 rapide, Hamouma est servi et sa frappe passe juste à côté du cadre - les Stéphanois n'arrivent pas à marquer en contre.


Ils restent ainsi à portée de leurs adversaires, mais finalement le match se finit sans but en 2MT. Pour le dernier changement de l'ASSE, Beric a pris la place de Hamouma, le 4-4-2 étant bien préservé :




Conclusions


Tout le monde est d'accord, l'équipe n'est pas encore prête. Tous les joueurs ne sont pas au même niveau physiquement et les automatismes sont loin d'être en place. C'était la première fois (y inclut les matchs de préparation) que la charnière Perrin - Moukoudi était alignée, qu'Aholou jouait à côté de M'Vila, que Trauco jouait en Europe, etc. Il faut donc avoir de la patience pour voir un jeu huilé se mettre en place, mais il est toujours plus facile avec une victoire à la clé. Le niveau technique des joueurs facilitera les choses, leur expérience aussi. Et un squelette tactique est quand-même en place, le positionnement et les circuits de passes entre Perrin - M'Vila - Debuchy - Khazri - Hamouma montrent que les bases y sont toujours et que c'est aux recrues de venir se greffer graduellement dessus.

jeudi 11 juillet 2019

L'effectif du RCT pour la saison 2019-20

Le staff toulonnais a fait une revue de l'effectif pour la nouvelle saison, poste par poste. Cet effectif n'est pas complet, les jokers Coupe du Monde et les joueurs supplémentaires viendront l'ajuster, mais on peut déjà le mettre en opposition avec celui de la saison dernière.

Pour les piliers, ça ne bouge pas trop. Gigashvili vient remplacer Chiocci (qui a très peu joué, 4 titularisations). Peu probable qu'il s'impose devant van der Merwe, Setiano ou S.Taofifénua, par contre.

Pour les talonneurs, Tolofua vient remplacer Guirado (qui en plus a raté pas mal de matchs suite à son statut international). Il va beaucoup alterner avec Etrillard...

Pour les 2e lignes, Etzebeth vient remplacer Krüger (utilisé un peu surtout en début de saison, pendant la blessure de Gorgodze). Mais il n'arrivera qu'après la Coupe du Monde - ça risque d'être juste d'ici-là, il faudra éviter les blessures... Ensuite il sera clairement un titulaire et R.Taofifénua et Alainu'uese se disputeront l'autre place.

Pour les 3e lignes, Hoarau vient remplacer Monribot (4 titularisations) et Parisse pour Potgieter (2 titularisations). Jeune et respectivement âgé, ils auront du mal à déloger Lakafia, Isa, Messam ou Ollivon. 

Pour le demi de mêlée, Serin vient remplacer Escande, qui a peu joué (9 titularisations). Le duel avec Webb pour un poste de titulaire sera âpre.

Pour le demi d'ouverture la place de titulaire sera toujours disputée entre Belleau et Carbonel. Trihn-Duc ayant peu joué à ce poste (4 titularisations), il ne sera pas remplacé, le jeune Smaïli pourrait y contribuer si besoin.

Pour les autres trois-quarts, c'est très difficile à dire, vue leur polyvalence et l'habitude du staff toulonnais de leur changer de poste. Paia'aua vient pour remplacer Trihn-Duc, Hériteau pour Fekitoa, Heem pour Tuisova, Dakuwaqa pour Nakosi, Milner-Skudder pour Pietersen. Villière, Dachary et Cordin ont été recrutés, mais probablement pas pour bousculer la hiérarchie et Bastareaud n'a pas encore été remplacé. Ikpefan, Saivea et Bonneval restent les seuls rescapés de la saison dernière et devront probablement alterner avec Paia'aua, Heem, Dakuwaqa et Millner-Skudder : 8 joueurs pour 5 places de titulaires, un 8e si Bastareaud sera remplacé.



Ça commence à prendre forme, on joue la carte de la continuité de 1 à 10 et on a hate à découvrir ce que le chantier des trois-quarts va donner.

mercredi 10 juillet 2019

L'équipe-type du RCT pour la saison 2018-19

Même si le RCT a fait une saison horrible, il y a quand-même des renseignements à tirer, surtout d'un point de vue effectif. Comme pour la saison précédente, on regarde les titularisations et les minutes jouées poste par poste.

Les avants


Pilier gauche : c'est le jeune Gros qui a eu le plus de titularisations et minutes jouées (12, 769'), profitant surtout des blessures de Fresia (10 matchs ratés pour des problèmes de mollet et aux cervicales, 9 titularisations, 603') et Sébastien Taofifénua (16 matchs ratés suite à sa fracture du péronné, 7 titularisations). Ce dernier a aussi joué à droite et le jeune Devaux a fait ses premiers pas (2, 298').

Talonneur : Etrillard (15, 1212') est passé devant Guirado (14, 952'), profitant surtout des sélections de celui-ci. Soury a très peu joué (3, 396')

Pilier droit : van der Merwe (16, 1038') et Setiano (15, 1299') se sont partagé le temps de jeu, laissant des miettes à Chiocci (4, 468'), repositionné à droite.

2e ligne : la paire titulaire a été sans aucun doute formée de Romain Taofifénua (24, 1441') et Alainu'uese (15, 1222'), même si ce dernier est arrivé après 9 matchs déjà disputés (la pire période en terme de points pris). Krüger a joué au début (10, 984') et a été complètement écarté pour les 10 derniers matchs. Rebbadj aussi, même s'il a joué plus en 3e ligne (9, 597') qu'en 2e (5, 579') et que sa cheville l'a fait rater 7 matchs. Gorgodze a été aussi partagé entre 2e (6, 515') et 3e ligne (5, 337'). Le jeune Vernet a connu 4 titularisations aussi.

3e ligne : les deux joueurs le plus utilisés ont été sans doute Lakafia (22, 1627') et Messam (19, 1500'). Les longues blessures d'Ollivon (22 matchs, épaule) et Isa (15', genou) ont créé beaucoup de turnover en début de saison, mais ils se sont imposés en titulaires vers la fin (10, 750') et (12, 1020') respectivement. Onambélé (9, 692'), Monribot (4, 403'), Potgieter (2, 318') avant d'être blessé puis écarté et les jeunes Vanverberghe, Ory et Gahetau en ont participé aussi.

Les trois-quarts


Demi de mêlée : Webb a été le titulaire indiscutable (16, 1127') malgré les 12 semaines d'absence pour une déchirure à la cuisse. Il a été aidé par Escande (9, 720'), qui a payé cher son non-match de Coupe d'Europe à Montpellier et n'a plus fait parti du groupe ensuite. Meric (3, 330') - lui aussi avec 11 semaines d'absence, genou - et le jeune Cottin (4, 353') ont suppléer Webb.

Demi d'ouverture : Belleau (16, 1226') et Carbonel (12, ) se sont disputé la place de titulaire en "10", le premier étant souvent absent en tant qu'international et dépannant aussi au centre parfois. Trihn-Duc a très peu joué à ce poste (4, 308').

Centres : beaucoup de turnover ici, surtout avec des joueurs moins habitués à ce poste. Trihn-Duc (15, 1077') et Bastareaud (11, 1022') ont eu le plus des minutes jouées, malgré les absences internationales du deuxième. Habituellement ailiers, Tuisova (12, 804') et Saivea (9, 706') ont démarré au centre pas mal de fois, comme Fekitoa (10, 889'). Belleau (4, 258'), Pietersen (2, 234') et même Bonneval (1, 80') ont dépanné quand il y avait besoin.

Ailiers : Comme Saivea et Tuisova ont pas mal joué au centre, ils ont fait moins d'apparitions à l'aile (9, 727' et 11, 959' respectivement) que les deux principaux ailiers Ikpefan (13, 1057') et Nakosi (15, 1075'). Plein d'autres ont joué à l'aile : Pietersen (4, 309'), Bonneval (2, 101'), Fekitoa (7, 605'), Placid (1, 65') et les jeunes Moretti (1, 99'), Dridri (1, 65') et Zeghdar (0, 40').

Arrière : le plus gros chantier, pas moins de 10 joueurs différents ont été utilisés ! Bonneval (10, 857') a eu du mal au début, mais a réussi s'imposer vers la fin, Pietersen (8, 622') a donné aussi satisfaction.  Domvo (3, 164') a été recruté tardivement et n'a pas réussi à s'imposer. Le jeune Smaïli (4, 261') a aussi fait son apparition cette année.

L'équipe-type


Et si on met tout ceci dans une image, voici l'équipe-type du RCT pour la saison 2018-19 :


Il y a deux choses intéressantes à rémarquer. La première c'est que du 1 à 10, ces joueurs seront bien présents pour la saison 2019-20. Par contre, pour les 5 de derrière, seulement Ikpefan continue avec le maillot rouge et noir. Et parmi les autres joueurs utilisés, Saivea est le seul autre trois-quart qui reste au club. Bref, un énorme chantier pour les lignes arrières...

Autre chose intéressante est liée aux absences. Le début de la saison a été très poussif, mais des nombreux joueurs étaient absents - Alainu'uese (pas arrivé), Isa, Ollivon, Webb, (blessés) et Bastareaud (suspendu) parmi les titulaires, Fresia, Gorgodze parmi les remplaçants importants - ou pas au niveau (Bonneval). Les Toulonnais ont eu du mal a se mettre en marche et ce début de saison raté leur a pourri tout le reste...