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vendredi 13 décembre 2019

Wolfsburg - ASSE, 1-0

Par la toute petite porte

La triste campagne européenne a connu une fin à sa mesure, avec une défaite en Allemagne accompagnée d'un non-match d'une équipe de l'ASSE très remaniée.

Comme tout le monde, Claude Puel a vu un bon début de match de la part de ses protégés : "je voulais qu'on soit entreprenants. Sur ce plan-là, j'ai vu des choses intéressantes en début de match. On a bien démarré. Romain Hamouma a eu deux belles situations en première période, mais on n'a sans doute pas été assez créatifs. Il nous a toujours manqué un décalage ou de la qualité technique pour mieux finir nos actions". Et il a raison de se concentrer sur le début du match, parce que les Verts n'ont pas existé par la suite...


Le groupe a été fortement remanié pour ce match, des nombreux titulaires ont été laissés à la maison :
Ruffier - Debuchy, Fofana, Perrin, Trauco - ..., Camara - ..., Boudebouz, Bouanga - Diony

Sans compter les blessés importants, comme Saliba, Khazri, Cabaye ou Abi...


Et comme s'il n'y avait pas assez de blessés, certains joueurs ont évolué à des postes inhabituels, comme M'Vila en défense centrale ou Kolo à gauche :


Un triangle pointe-basse au milieu Aholou-Youssouf-Diousse et un trio offensif Hamouma-Beric-Nordin qui a eu du mal à se trouver.

Les Verts ont largement dominé la première demi-heure, ils ont gardé le ballon (65% de possession), ils ont essayé de construire, malgré le pressing adverse. Mais c'est Wolfsburg qui a été le plus dangereux : 6 buts de chaque côté lors de ces 30', mais 0 cadrés pour les Stéphanois et 3 cadrés plus un poteau pour les Allemands...


A la pause, Aholou, blessé aux adducteurs, a laissé sa place à Honorat. Hamouma est passé en "10"...


... et dans cette position il a perdu le ballon qui a amené le seul but de la partie. Un but marqué par le latéral gauche adverse, qui est quand-même partie de bien plus loin que Palencia, qui ne l'a pas suivi.


Hamouma s'est blessé à son tour (mollet) et il a été remplacé par le jeune Benkhedim. Et en fin de match, Diousse est sorti, remplacé par Silva :


Le latéral brésilien a pris sa place à gauche, Kolo a glissé dans l'axe et M'Vila a retrouvé sa place au milieu du terrain.


Les Verts ont ainsi fini la phase de poules comme ils l'ont commencé, avec une défaite à l'extérieur. Les 4 matchs nuls entre temps ont été insuffisants, la campagne européenne tant attendue s'est finie tristement. Et malgré le turnover très important, ils ont perdu deux joueurs de plus sur blessure, rendant ainsi cette fin d'année civile encore plus difficile à gérer.

vendredi 29 novembre 2019

ASSE - Gant, 0-0

Invaincus, mais éliminés

Les Verts continuent leur série d'invincibilité, 11 match consécutifs, mais comme ils n'arrivent pas à gagner, ils sont d'ores et déjà éliminés de la Coupe d'Europe.

Les Stéphanois ont fait leur premier 0-0 de la saison il y a quelques jours, à domicile contre Montpellier. Et ils ont malheureusement rééditer cette contre-performance en Ligue Europa, contre La Gantoise. Un match nul et vierge qui est équivalent à une défaite, le jeu des résultats rendant la qualification impossible avant même la dernière journée de la phase des groupes. Une élimination précoce, mais complètement justifiée par les difficultés rencontrées par l'ASSE, qui n'a tout simplement gagné aucun de ses 5 matchs européens (dont 3 à domicile).

Et la physionomie du match contre La Gantoise illustre bien ces difficultés. Les Verts sont maintenant parfaitement capables de rendre leur adversaire inoffensif, mais ne savent pas appuyer où et quand ça fait mal. Dans le mots de Claude Puel, "nous avons étouffé l'adversaire avec des situations, mais sur nos temps forts, assez nombreux, nous n'avons pas eu assez de justesse et de sang froid pour marquer (...) Après la mi-temps, nous n'avons pas su maintenir le même rythme. Nous n'avons pas su gérer la fin alors que nous étions en supériorité numérique".

Voici quelques exemples.


1MT : Pas efficaces


Pour ce match, le staff stéphanois a légèrement changé le système de jeu habituel. Toujours une défense à 3, mais un milieu renforcé, avec M'Vila en pointe basse et Camara et Aholou plus haut :


Un 3-1-4-2 donc, avec seulement deux offensifs (autres que les pistons Bouanga et Honorat). Ce choix de renforcer le milieu a été dicté par le système (4-4-2 losange) et le style de jeu adverse, comme on peut le voir dans l'exemple suivant.

Ça fait déjà plusieurs minutes que la possession est belge et les Verts perdent le ballon trop rapidement. La Gantoise fait tourner le ballon en dehors du bloc stéphanois :


Le 5-3-2 de l'ASSE est bien visible, avec Honorat qui sort de la défense pour bloquer le latéral gauche adverse quand le ballon arrive sur ce côté. Boudebouz est tout le temps au marquage d'un adversaire et on peut presque considérer que les Verts proposent 4 milieux en losange :


Le ballon continue de circuler en dehors du bloc, dans la moitié adverse, sans réel pressing de la part des Verts. Mais dès qu'il passe la ligne médiane...


... l'étau se resserre et Camara et Boudebouz récupèrent le ballon. Le premier joue vite vers l'avant, pour Diony, qui attend trop et un défenseur adverse repousse :


Le ballon arrive dans les pieds d'Aholou, qui lance en première intention Bouanga, en profondeur dans son couloir. Malheureusement la passe est trop appuyée et sort en touche. Sur la remise en jeu, la défense de La Gantoise ne s'embête plus avec une construction propre et cherche directement les attaquants :


Kolo-Perrin-Fofana défendent contre le trio offensif adverse, la passe est trop longue et le jeune défenseur stéphanois n'a aucun problème à contrôler. Il joue avec Ruffier...


... qui passe à Kolo, qui joue long aussi. Son ballon en profondeur pour Diony est mieux dosé et l'attaquant stéphanois récupère la balle dans le coin du terrain. Mais il est tout seul, alors il temporise en attendant du soutien :


Aholou et Boudebouz ne font pas des bons appels dans la surface, Bouanga arrive lancé, mais c'est Camara qui est préféré. Son tir de loin (le premier de ses 4 dans le match) est dévié par un défenseur en corner. Qui est repoussé en touche par la défense et sur la remise en jeu, Bouanga enroule une très belle frappe qui échoue sur la transversale, pour la plus grande occasion de la 1MT.

Suite à cette action, la Gantoise recommence une attaque construite :


M'Vila-Camara-Aholou-Boudebouz et Diony plus haut, l'axe du terrain est bien densifié par les Verts. Les Belges essaient de passer sur le côté droit, mais cherchent ensuite de nouveau l'axe :


La passe à destination d'un avant-centre est bien lue par Perrin, qui jaillit et intercepte, déviant le ballon jusqu'à Mahdi Camara, qui écarte avec Honorat...


... qui joue en arrière avec Fofana. M'Vila se décale intelligemment pour lui ouvrir un angle de passe et lance ensuite Aholou plus haut. Avec deux passes verticales, les Verts sont sortis de leur camp :


Aholou monte balle au pied et joue ensuite plus loin dans le couloir gauche, avec Bouanga. Diony, Boudebouz et Honorat se projettent rapidement, mais la défense est en place. Bouanga attend, et enroule ensuite un centre à destination de Diony :


L'avant-centre stéphanois est malheureusement trop court et la défense dégage le ballon. C'était un des 6 centres dans le jeu de Bouanga en 1MT, pas transformés en vraie occasion de but.


2MT : Des changements, mais du poste pour poste


Le premier changement effectué par Puel a été offensif, Nordin entrant à la place d'Aholou. Le système a été préservé, Boudebouz reculant d'un cran, dans le milieu à 3 à côté de M'Vila et Camara. S'ils ont été plus dangereux sur les phases de transition ou en contre, comme dans l'exemple précédent, les Verts ont aussi su construire leurs attaques, comme dans cet exemple à la 72e :


Un long ballon adverse cherche un des avant-centres, mais Perrin gagne son duel. Comme les 2 attaquants étaient du même côté, les 3 défenseurs stéphanois se trouvent pas loin - c'est Fofana qui récupère la balle. Il ne panique pas sous le pressing et sort proprement...


... avant d'écarter parfaitement dans la course de Bouanga, dans le couloir opposé. Boudebouz, initialement à côté de Fofana, vient lui proposer une solution et sert de point d'appui :


Il reçoit le ballon de Bouanga, qui va plus haut dans le couloir, avant de servir Kolo, qui monte de la défense. La Gantoise joue dans un 4-4-2 losange, donc avec un seul jouer de côté, le défenseur latéral. Si les Verts y mettent un deuxième, c'est un avant-centre qui vient couvrir, surtout que les milieux sont au marquage des axiaux stéphanois (et de Nordin, positionné comme un "10") :


Mais les Stéphanois n'attaquent pas de ce côté, ils ne font qu'aspirer le bloc adverse. Kolo-Boudebouz-M'Vila-Perrin et le ballon est écarté de l'autre côté, sur Honorat. Dans le foot, un décalage n'est pas forcément une supériorité numérique dans une zone du terrain, ça peut être aussi une situation de 1-contre-1 avec une supériorité technique...


... ou de vitesse. Honorat dépose à la course son adversaire direct, le latéral gauche, puis l'élimine complètement avec une feinte de centre :


Et comme l'appel de Diony au premier poteau a aspiré toute la défense, Bouanga (au 2e poteau) et Nordin (en retrait) sont parfaitement démarqués. Honorat choisit Camara, qui arrive lancé, mais qui rate sa frappe...


Si le premier changement (un attaquant pour un milieu) a été facilement compris vu le score, le deuxième a surpris : Youssouf à la place de Diony.


Bouanga a ainsi laissé son rôle de piston gauche au nouvel entrant et a pris une position d'attaquant à côté de Nordin.


Et si le 3e changement a toujours préservé le système 5-3-2, il a lui aussi permuté pas mal de joueurs :


Beric est entré en avant-centre, ce qui a fait passer Nordin en piston à la place de Youssouf, qui est devenu milieu axial à la place de M'Vila, sorti. Trois joueurs différents ont joué le rôle de piston gauche lors de ce match et Bouanga, Boudebouz, Nordin et Youssouf ont évolué à deux postes différents. Une situation pas évidente, surtout pour les deux derniers, jeunes joueurs qui en plus n'ont même pas joué une demi-heure chacun.

Le jeu produit en fin de match n'a donc pas été trop cohérent et, malgré le quart d'heure passé en supériorité numérique, les Stéphanois n'ont pas su trouver la faille.



Conclusions


Le système tactique a été choisi pour empêcher l'adversaire de développer son jeu, et ça a bien marché. La vitesse dans les couloirs et les mouvements devant ont bien exploité les points faibles de La Gantoise. Mais il a manqué quelque chose aux Verts pour marquer un but, et le coach stéphanois l'a bien identifié : "il nous manque encore cette maîtrise et cette expérience qui font la différence dans les matches à enjeu comme celui de ce soir". Savoir quand accélérer et comment, savoir emballer le match, profiter au maximum de ses temps forts ou d'une supériorité numérique... les Stéphanois ont encore du chemin à parcourir. Ce n'est pas surprenant, l'équipe est jeune et encore en construction, des faux pas sont attendus. Malheureusement, c'est en Coupe d'Europe qu'il y en a eu plusieurs consécutifs et la campagne européenne s'arrêtera ainsi plus tôt que prévu...

samedi 9 novembre 2019

Oleksandriya - ASSE, 2-2 (Khazri, Camara)

On reste dans la course ?


Très en réussite en championnat (13 points sur 15), les Verts en manquent cruellement en Europe, où ils n'ont toujours pas gagné. 

Que retenir d'un match où l'ASSE n'a cadré que deux tirs, les buts - dont un c'était un penalty ? Le scénario est cruel, les Verts menaient 2-0 à quelques minutes de la fin. Mais le point du match nul n'est pas immérité côté Ukrainien, compte tenu de la physionomie de la partie. Les Stéphanois ont globalement géré leur match, marquant sur leurs rares occasions, n'en concédant pas trop. Mais au fur et à mesure de la rencontre, ils ont perdu de plus en plus de ballons, ont eu du mal à le récupérer et à la fin ils ont craqué sous la pression adverse. Comme le dit le capitaine Perrin après le match, "on a perdu la bataille du deuxième ballon, ils ont mis plus de pression".

Voici le déroulement du match en quelques exemples.



1MT : Possession stérile


Les Verts ont pris le contrôle d'entrée, avec 66% de possession dans le premier quart d'heure, histoire d'empêcher les hôtes d'emballer le match. Mais leurs attaques ne se sont pas souvent transformées en occasions, pendant que les Ukrainiens ont été beaucoup plus tranchants dans leurs offensives, une fois qu'ils ont pu en lancer. Les arrêts de Ruffier ont maintenu les Stéphanois dans le match pendant le temps fort adverse autour de la 20e minute et le but de Khazri ensuite leur a permis de gérer le reste de la mi-temps en confiance.

Les Verts ont ainsi globalement eu le ballon (55% entre l'ouverture du score et la pause), mais sans faire grande chose avec, comme à la 37e où ils gardent le ballon, l'amènent jusqu'au 30m adverses, sans solutions ils reviennent jusqu'à Ruffier, qui dégage, la possession change de camp et les Ukrainiens arrivent beaucoup plus facilement dans la surface adverse, obtenant un corner.


2MT : On défend, on contre et on craque à la fin


Les visages des deux équipes ont été complètement changés au retour des vestiaires. Les Verts ont décidé de laisser le ballon à l'adversaire, avec 43% de possession entre la pause et leur deuxième but. Sans être réellement inquiets défensivement, ils ont essayé de contrer, mais ils n'ont pas amené leurs actions jusqu'au bout.

L'entrée de Mahdi Camara pour Beric a changé le système de jeu, l'ASSE passant de 3-4-3 à 3-5-2, avec un triangle pointe basse au milieu et seulement deux attaquants. Ce système est bien visible à plusieurs reprises, à la 55:40, 59:05, 70:36.

Un changement défensif, mais parfaitement adapté à la stratégie d'empêcher la construction adverse (un milieu supplémentaire) et de jouer en contre (Beric n'ayant pas le profil).


Le changement suivant, Gabriel Silva pour Khazri, peut aussi sembler défensif, mais il n'a pas changé le système, l'entrant a pris la place de Bouanga en piston gauche, celui-ci est passé attaquant à côté de Nordin. Comme on peut le voir à la 75:20.

Et dans ce rôle il a pu servir Camara pour le 2-0, score qui aurait du permettre aux Stéphanois de passer une fin de match tranquille. C'est donc encore plus surprenant qu'ils soient complètement arrêtés de jouer à partir de ce but, avec seulement 24% de possession ensuite et, surtout, 55% passes réussies. Ils ont relativement bien défendu, ils n'ont concédé aucun tir dans cette période... avant le premier but adverse. Avec quelques minutes à jouer dans le temps réglementaire, menant toujours au score, les Verts ont raté encore plus des passes (44% réussies), ont concédé 4 tirs et l'entrée de Boudebouz pour Nordin n'a rien apporté de ce point de vue. Par exemple, autour de la 87e et 88e minute, les Ukrainiens pilonnent la défense avec des chandelles et à chaque fois qu'on repousse, on reperd le ballon immédiatement.



Conclusions


Quand on mène 2-0 à l'extérieur à un quart d'heure de la fin, on peut se dire que le match a été bien préparé. Même si l'ASSE n'a pas proposé du jeu en 2MT, ça peut se comprendre comme approche : à l'extérieur, on mène, on laisse la possession, on joue en contre, on creuse l'écart. Mais la manière de déjouer après le 2e but ne se défend pas. Comme le souligne Claude Puel après le match, "Est-ce qu’on aurait pu éviter un tel scénario ? Je n’en sais rien. Ce n’est pas une question de tactique, ni de mauvais placement". En effet, c'est une question de mental. Sur les 4 matchs européens de cette saison, les Stéphanois ont pris un but en tout début du match et un autre immédiatement après avoir égalisé (à Gant), ont concédé l'égalisation tout de suite après avoir ouvert le score (deux fois) et ont encaissé deux buts dans les dernières minutes (à Lviv). Tout est dit, et ce sont ces manques des Verts qui risquent de leur coûter la qualification à la fin, même si pour l'instant elle reste encore possible.


vendredi 25 octobre 2019

ASSE - Oleksandryia, 1-1 (Silva)

Pas de réussite en Europe


S'ils continuent leur série des matchs sans défaites, les Verts marquent le pas en Coupe d'Europe, où ils ne se sont toujours pas imposés.

Quand on obtient seulement un nul à domicile, contre un adversaire théoriquement plus faible, on peut ressentir de la frustration. Surtout que le match avait bien démarré, comme le remarque l'entraîneur stéphanois : "Il y a un peu de frustration, on peut être déçu de ne pas avoir su gérer le match comme nous l'aurions dû. Il y avait de la fluidité, de bons déplacements (...) il y a une grosse marge de progression (...) par séquence c'est pas mal mais tout peut retomber très vite".

Voici quelques exemples des bons déplacements et bonnes séquences.

1MT : Le retour de Gaby


Le système tactique choisi par Claude Puel pour ce match a été à base d'une défense à 4, mais un milieu à 3, avec M'Vila en pointe basse :


Dans ce 4-3-3, Aholou, de retour de blessure, est aligné plus haut, aux côtés de Youssouf. Mais c'est un autre retour qui a marqué ce match, celui de Gabriel Silva, à la gauche de la défense. Et il s'est bien mis en évidence pour ce premier match, dès la 8e minute :


Les Stéphanois commencent à construire une attaque avec un long échange de passes entre Saliba et Kolo. Les adversaires sont en 4-4-2, les deux milieux centraux sont au marquage d'Aholou et Youssouf et les milieux latéraux surveillent Silva et Debuchy. Ce sont donc les 2 avant-centres qui doivent empêcher la relance, qui est facilitée dès que M'Vila se propose à la hauteur de la défense :


Silva, Aholou et Youssouf sont pris, Hamouma, Beric et Nordin se trouvent dans la défense adverse. Mais quand Beric décroche pour proposer une solution, le marquage des Ukrainiens est cassé :


Le milieu au marquage de Youssouf cherche Beric, donc celui au marquage d'Aholou serre dans l'axe. Mais il arrive trop tard, le jeune Stéphanois est trouvé par la passe de M'Vila. Il se tourne...


... et profite d'un autre décalage créé par ce mouvement : le milieu latéral droit avait abandonné Silva pour marquer Aholou. Il y a donc un surnombre dans ce couloir, la passe en profondeur de Youssouf...


... trouve parfaitement Hamouma. Et comme Silva arrive lancé sans adversaire direct, il est servi et ouvre le score, pour un retour parfait. Retour malheureusement gâché quelques minutes plus tard par son but contre son camp.

Comme lors des deux matchs européens précédents, les Verts ont concédé un but très vite après en avoir marqué. Cette égalisation rapide leur a un peu coupé les jambes et ils n'ont pas réussi à se montrer de nouveau très dangereux avant la pause.



2MT : Changements des joueurs et de système


Le milieu à une pointe basse a été abandonné au retour des vestiaires, quand Boudebouz a pris la place de Aholou :


Il s'est placé en "10", comme on peut le voir sur cet exemple en tout début de la 2e période, quand Debuchy joue une touche avec sa défense, qui joue plus haut avec Youssouf, qui relaye jusqu'à Boudebouz. Qui fait le choix de jouer en arrière...


... et après un échange de passes entre les milieux, Kolo récupère de nouveau le ballon. Le jeu est déplacé vers la gauche, où il peut monter balle au pied :


Le 4-4-2 adverse est en place, les 3 offensifs stéphanois dans la défense et Boudebouz dans la ligne des milieux, où il est trouvé par Kolo et d'où il décale parfaitement Silva à gauche. Malheureusement Hamouma ne reste pas dans le couloir pour qu'ils combinent comme lors de l'action du but et le latéral se retrouve tout seul :


Il n'a pas d'autre choix que de jouer en arrière et l'action s'éteint.


Un gros quart d'heure plus tard un autre changement de joueur (Abi pour Nordin) a provoqué un changement de système, les Verts passant en 4-4-2, avec Hamouma à gauche, Abi et Beric axiaux et Boudebouz théoriquement à droite. Seulement théoriquement, parce qu'il a souvent joué axial, laissant Debuchy seul dans le couloir. Ce qui n'a pas été le cas du côté gauche, comme dans cet exemple à la 65e :


Un long ballon adverse est dégagé de la tête par Debuchy jusqu'à Boudebouz, qui garde longtemps le ballon en attendant une solution. Elle vient d'Hamouma, qui décroche...


... et qui joue en arrière avec M'Vila. Qui redonne à Boudebouz, qui garde longtemps le ballon avant de jouer en latéral avec Saliba, qui passe plus haut à Debuchy. En ce moment c'est comme si les deux milieux défensifs des Verts étaient M'Vila et Boudebouz et Youssouf se trouvait en "10", plus haut.


C'est d'ailleurs lui qui propose une solution à Debuchy et qui envoie le jeu vers l'autre côté, via M'Vila :


Le ballon arrive à Silva, qui le redonne à M'Vila, qui joue toujours en latéral avec Saliba :


Le bloc adverse est en place, Hamouma-Beric-Abi sont pris par la défense, le triangle au milieu a enfin Boudebouz comme pointe haute et c'est lui qui est recherché par la passe verticale de Saliba...


... et qui joue en arrière avec Youssouf. Il porte le ballon et profite de nouveau d'un bloc adverse qui avait trop coulissé...


... pour ouvrir dans le couloir gauche, où Hamouma et Silva se retrouvent de nouveau. Pas de combinaison comme lors du but, mais Hamouma élimine le latéral adverse et tire, malheureusement le ballon passe à côté du cadre.


Le 3e changement stéphanois a préservé ce système 4-4-2, quand Bouanga est entré à la place de Beric, il a pris le poste d'ailier gauche et Hamouma s'est placé en avant-centre à côté d'Abi. Ce qui est visible sur cette action en toute fin de match, qui part de Ruffier :


Il joue avec Kolo, qui donne à M'Vila, qui monte avec le ballon avant de lancer Debuchy dans son couloir. Une construction simple, tout comme le changement de côté via M'Vila et Kolo :


Silva reçoit donc le ballon - c'est facile pour les Verts de combiner tant que c'est en dehors du bloc adverse, bien en place, toujours en 4-4-2. Bouanga et Boudebouz sont très excentrés, Hamouma et Abi sont dans l'axe. Silva et Kolo échangent des passes...


... et le premier joue en latéral avec Saliba. Il faut un appel pour pouvoir faire une passe verticale et c'est Boudebouz qui le fait :


Il quitte son aile et se place en "10", où il est trouvé par Saliba, avec qui il échange 3 passes avant de porter le ballon et chercher une solution. Qu'il trouve à gauche :


Bouanga était resté collé à la ligne de touche et reçoit le ballon, Silva l'accompagne dans le couloir. Le bloc adverse est en place, il n'y a pas un décalage à gauche comme dans tous les exemples précédents. Mais ça n'empêche pas Bouanga de lever la tête et travailler son centre, qui trouve parfaitement Hamouma, arrivé lancé. Malheureusement sa reprise de la tête passe au dessus et pour la première fois depuis l'arrivée de Claude Puel son équipe ne gagne pas avec un but dans les dernières minutes.



Conclusions


La série des matchs sans défaites continue, mais si les Verts gagnent en championnat, ils n'y arrivent pas en Coupe d'Europe. Le jeu des résultats dans leur groupe fait qu'ils ont encore des chances de qualification, mais il faudra pour cela gagner en Ukraine, dans deux semaines. Et contre une équipe solide et bien en place, il faudra proposer une meilleure animation offensive, plus fluide. Il faut savoir déséquilibrer son adversaire et si les Stéphanois y sont parvenus quelques fois lors de ce match, ça n'a pas été consistent. Et sans la réussite des derniers matchs, le résultat n'est pas là. Quant à la manière, on s'y attendait, il faut toujours avoir de la patience...

vendredi 4 octobre 2019

ASSE - Wolfsburg, 1-1 (Kolo)

En confiance !


Même s'ils n'ont toujours pas gagné à Geoffroy-Guichard cette saison, les Verts ont fait un gros match contre les coéquipiers de Joshua Guilavogui et préservent ainsi leurs chances de passer la phase de poules.

Cette prestation aboutie est la conséquence directe de l'état d'esprit des joueurs, selon Kolodziejczak : "on a fait un gros match, le meilleur depuis le début de saison en termes d’intensité, de qualité et d’engagement (...) Ce qui peut expliquer qu’on fasse notre meilleur match ? La confiance". Et ses dires sont confirmés par le capitaine adverse : "la victoire de caractère acquise à Nîmes leur a donné beaucoup de confiance. Après 90 minutes, on a pu voir qu’ils avaient beaucoup plus de jambes que nous".

Retour sur ce premier match plein de la saison. 

1MT : équilibré


Les Verts ont abordé cette rencontre dans le même système tactique que lors de leur dernier match, un 4-3-2-1 / 4-4-2, avec Khazri en soutien de Beric :


William Saliba est de retour en tant que titulaire en défense centrale après des longs mois d'absence. Côté allemand, le système de jeu a été un 3-4-3, comme Pat Guillou nous l'avait expliqué En plus, son analyse de leur jeu direct qui saute le milieu et qui cherche les déviations de l'avant-centre était juste :


Le latéral droit adverse adresse un long ballon pour l'avant-centre, qui dévie de la tête pour la course de l'ailier droit, parti dans le dos de Kolo. Perrin et Saliba lui courent après, mais il arrive à centrer...


...à destination de l'autre ailier, suivi par Debuchy. Heureusement le centre est trop fort, mais cette première alerte montre comment la défense à 4 stéphanoise doit absolument gagner ses duels contre les 3 offensifs allemands - les milieux sont complètement sautés et ne peuvent pas aider.


Par contre, le jeu au milieu du terrain a été très important. La bataille a été rude et l'équipe qui gardait le contrôle du ballon malgré le pressing adverse pouvait ensuite décaler ses éléments offensifs. Comme dans cet exemple à la 12e minute :


Le 3-4-3 adverse est visible, tout comme le bloc haut stéphanois. Les défenseurs se passent le ballon et cherchent un offensif... sauf que Debuchy surgit et intercepte la passe. Le ballon arrive à Youssouf...


... qui est immédiatement entouré par plusieurs adversaires. Il arrive quand-même à glisser à M'Vila - le jeu est écarté à gauche, avec Kolo et Nordin. Le jeune ailier revient en arrière...


... et quand M'Vila reçoit le ballon, lui aussi est entouré par 3 adversaires. Il arrive à passer à Youssouf, qui joue en arrière avec Perrin. Au lieu d'écarter le jeu, le capitaine stéphanois...


... combine avec M'Vila et le pressing adverse est immédiat. Ils arrivent à s'en sortir en donnant à Kolo, qui cherche Nordin mais le ballon est dévié en touche par un adversaire. Sur la remise en jeu, M'Vila est poussé par le capitaine adverse, les Verts récupèrent un coup franc :


Il est joué rapidement par M'Vila, qui écarte enfin le jeu, à droite. Comme les adversaires n'ont qu'un joueur de couloir, il est facilement éliminé par la paire stéphanoise : quand le latéral sort sur Debuchy, Hamouma plonge dans son dos, où il est trouvé. Son centre est contré par un défenseur et sort en touche - sur la remise en jeu, Debuchy centre dans la surface, le gardien repousse jusqu'à Kolo, qui ouvre le score.

Cette ouverture du score rapide était censée faire beaucoup de bien aux Verts, mais malheureusement ils ont concédé l'égalisation seulement quelques minutes plus tard. Ce but encaissé trop vite leur a un peu coupé les jambes et ils ont perdu la possession : si elle a été très équilibrée (50-50) lors de la première heure de jeu, elle a été allemande (60%) les 10 minutes qui ont suivi l'égalisation. Les Stéphanois sont ensuite revenus dans le match et ont rééquilibré les débats, sans pourtant réussir à déstabiliser l'adversaire jusqu'à la pause.



2MT : de plus en plus dominants


Le début de la deuxième période a été un peu délicat pour les Verts :


Le même jeu long qui cherche l'avant-centre - Perrin gagne le duel aérien, mais le ballon est récupéré par le latéral droit adverse :


Il s'appuie sur un coéquipier, qui joue en arrière avec son capitaine, qui écarte immédiatement à gauche, où le latéral est complètement libre. En effet, Hamouma était très axial, pas dans son couloir, donc même si les Stéphanois affichent deux lignes de 4...


... elle ne sont pas bien disposées sur la largeur. Debuchy doit sortir sur le latéral, Saliba marque un attaquant, laissant Perrin et Kolo à défendre contre l'avant-centre... et deux autres adversaires qui s'étaient projetés :


Heureusement le tir de l'ailier adverse passe au dessus. Pour la remise en jeu, Moulin joue court avec Perrin...


... qui donne à M'Vila, qui redonne à son gardien. Il y a 5 Allemands présents dans cette zone du terrain pour empêcher une relance propre. Les Stéphanois persistent et Moulin joue avec Youssouf...


... qui lui redonne le ballon, pressé par un milieu adverse. Et Moulin continue sans vouloir dégager loin ou sur un côté :


Cette fois-ci Youssouf fait un mauvais contrôle, ensuite il glisse et perd presque le ballon dans sa surface, mais arrive à s'en sortir en dégageant en touche.

Il y a deux choses à en tirer de cet exemple. Si les 4 défenseurs s'occupent des 3 attaquants adverses, il faut absolument que les deux ailiers stéphanois suivent leurs adversaires directs dans les couloirs. Nordin avoue avoir eu un peu de retard lors du but de Wolfsburg, Hamouma n'était pas bien placé lors de cette action en début de la 2MT, ce genre d'erreur pouvait coûter cher. La deuxième chose à retenir est cette volonté des Verts de construire de très bas, malgré le pressing adverse. Signe d'une grande confiance, ils n'ont pas changé d'approche malgré les quelques pertes de balle et les gros risques associés.

A titre d'exemple, une autre relance similaire à la 58e minute :


Moulin - Perrin - M'Vila - Moulin et une présence adverse pour les empêcher de sortir. Et le gardien stéphanois qui continue, en jouant toujours avec Perrin :


Un adversaire sort sur lui, un autre anticipe une passe vers Kolo, mais Perrin prend un risque est joue vers l'axe, où M'Vila lui offre une solution. Le risque est payant, le milieu stéphanois a le champ libre devant lui et peut monter avec le ballon :


Khazri et Youssouf se trouvent devant lui, en milieux relayeurs, Hamouma-Beric-Nordin dans la défense à 5. M'Vila choisit de jouer à gauche avec Kolo, qui monte avec le ballon et lance Hamouma plus haut dans le couloir. L'ailier stéphanois entre dans la surface et dribble son défenseur, mais l'arbitre considère que le croc-en-jambe ne vaut pas faute et la défense dégage loin le ballon...


.. qui arrive jusqu'à M'Vila. Il combine avec Perrin et Khazri, qui écarte ensuite avec Saliba. Les Verts continuent à combiner à hauteur de la ligne médiane, ce qui laisse le temps pour tout le monde de se remettre en place :


M'Vila et Perrin combinent et sont de nouveau enfermés par le pressing adverse :


Perrin arrive à glisser le ballon à M'Vila, qui le donne à Youssouf, qui rate sa passe sous la pression d'un adversaire. Heureusement, le capitaine adverse rate son contrôle et Khazri récupère la possession...


... pour lancer immédiatement Nordin à droite. Le latéral gauche de Wolfsburg s'était projeté dès que ses coéquipiers étaient sur le point de récupérer le ballon et maintenant Nordin profite de l'espace laissé libre dans son dos. Malheureusement il rate son centre, qui n'est repris par personne.


Quelques minutes plus tard, Debuchy est remplacé par Moukoudi, qui se place en défense centrale et Saliba s'écarte en latéral droit :


Dans cet exemple à la 62e minute, Saliba joue un coup franc et le ballon est envoyé vers l'autre côté, où M'Vila se place à la gauche de Perrin, dans une animation offensive dont on avait l'habitude la saison passée. Ce n'est pas le seul mouvement habituel :


Khazri et Youssouf sont deux milieux axiaux censés relayer le ballon de la défense vers l'attaque, mais comme ils sont surveillés par deux adversaires, un ailier (Nordin) décroche pour offrir une solution entre les lignes. Il est trouvé par Perrin, mais son contrôle est approximatif et doit revenir pas  mal en arrière. Il se retourne...


... mais l'étau adverse se resserre rapidement autour de lui. Il garde la maîtrise du ballon, avant d'écarter à droite avec Saliba...


... et de se projeter vite vers l'avant dans son couloir. Saliba joue avec Khazri, qui lance Nordin en profondeur - un vrai jeu un triangle dans le couloir qui crée une vraie opportunité. Malheureusement le centre au premier poteau à destination de Beric est intercepté par le gardien.


De plus en plus en jambes et en confiance, les Stéphanois ont pris le contrôle du match, ont eu le ballon (60% de possession dans la dernière demi-heure) et se sont créés plusieurs occasions, sans réussir à marquer.  Lors de ces 30 minutes, Bouanga est entré à la place de Beric :


Hamouma est passé avant-centre et Khazri a continué dans son rôle de "10", très disponible, aidant M'Vila et Youssouf à sortir le ballon proprement et ses coéquipiers offensifs à combiner. Il est ensuite sorti dans les dernières minutes et a été remplacé par Abi, qui a joué lui en vrai avant-centre, à côté de Hamouma :



Les Verts n'ont plus trouvé la faille, mais ils n'ont pas démérité. Ils ont très souvent gagné les duels en défense, tout comme la bataille au centre du terrain. S'ils ont été parfois pris défensivement dans les couloirs, les ailiers stéphanois ont fait mal à la défense adverse et il n'a manqué qu'un peu de réussite pour les récompenser des efforts fournis.


Conclusions


Si on prend en compte la domination stéphanoise en deuxième période, le match nul est frustrant.  Mais si on oublie le résultat et on ne s'intéresse qu'à la manière, on ne peut qu'apprécier cette prestation contre Wolfsburg. Surtout quand on s'en souvient des joueurs complètement déboussolés, à la peine physiquement et avec le moral en chaussettes d'il y a quelques jours, contre Metz ou à Angers. La victoire à Nîmes leur a donné de la confiance, ce match européen l'a renforcée, ce qui représente "le meilleur moyen de préparer le derby" (Perrin). Il est donc très important de ne pas rater le prochain match, le dernier avant la trêve internationale - un mauvais résultat anéantirait probablement les acquis de la dernière semaine. Et rendrait la tâche encore plus compliquée pour le nouveau staff technique.