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samedi 12 décembre 2020

RCT - Sale, 26-14 (Villière, Moyano)

L'avant-match


Le RCT est de retour dans la Coupe d'Europe, la vraie, même si c'est un format bien particulier cette saison. Il sera compliqué de faire des calculs de qualification, mais le plus simple c'est de gagner tous les matchs des doubles confrontations contre Sale et Scarlets. A commencer donc par la réception des Anglais, qui semblent inférieurs aux Toulonnais sur papier... mais il faut toujours se méfier des équipes moins connues.


Le match...


... voit l'opposition entre deux équipes qui portent beaucoup le ballon, surtout au début. Une énorme action pour les Toulonnais, qui arrivent jusqu'aux 5m, puis reculent, puis de nouveau aux 5m... pour faire un en-avant. Suivi d'un très long temps de jeu anglais, fini par un ballon récupéré par Villière au sol. Ce qui a été un leit-motif du match, une défense du RCT très bien en place, avec des beaux plaquages et une forte présence pour récupérer les ballons. Après deux pénalités de Carbonel autour de la 20e, les Toulonnais finissent par trouver la faille suite à une autre inspiration de leur demi d'ouverture. Leur match est lancé et ils finissent la mi-temps devant au score, 16-0.

Menant même 19-0 juste après le retour des vestiaires, on pense que rien ne peut les arriver, mais les Toulonnais se mettent à déjouer. Les 30 dernières minutes ont été passées quasiment à défendre - toujours plutôt bien, mais comme le ballon était reperdu trop rapidement, les vagues anglaises ont fini par trouver la faille deux fois. Heureusement, avant tout ça une belle combinaison des avants après une touche à 30 mètres a permis à Moyano de marquer le 2e essai du RCT, qui a fini donc le match devant de 12 points. Pas de bonus offensif, mais une victoire sans vraiment trembler représente une bonne entrée en compétition.


L'action - une histoire de jeu au pied


On joue depuis moins d'une demi-heure et le RCT bénéficie d'une touche dans sa propre moitié :


Le lancer d'Etrillard (2) est capté par Etzebeth (4), qui donne à son relayeur, Serin (9). Le demi de mêlée passe à Carbonel (10), qui joue très loin au pied...


... jusqu'aux 22 mètres adverses. Le joueur de Bath sort de ses 22 et envoie une chandelle... trop courte. Captée par Parisse (8) et ensuite récupérée par Serin (9), qui est mis au sol. C'est donc Etrillard (2) qui sort le ballon...


... pour son demi d'ouverture. Carbonel (10) joue par dessus de la défense et se trouve à la retombée du ballon. Le décalage est fait et il n'a plus qu'à servir son ailier Villière (11)...


 ... qui marque le premier essai du match.


La suite


Après cette première journée de Coupe d'Europe, il y aura une deuxième avant que le Top 14 reprenne. Et les Toulonnais croiseront à nouveau... les Scarlets. Après une double confrontation en phase de poules et ensuite en quarts de la Challenge Cup la saison dernière - trois victoires sur trois pour le RCT - il y aura donc une double confrontation en Champions Cup contre les Gallois. Et comme le moindre faux-pas risque d'être pénalisant pour la qualification, il ne faudra pas se rater lors du match de la semaine prochaine...

dimanche 20 janvier 2019

Newcastle - RCT, 24-27 (Ikpefan, Nakosi, Soury)

L'avant-match


Pour le dernier match de poule de la Coupe d'Europe, sans aucun enjeu pour les deux équipe, à moins de le voir comme une finale pour éviter la dernière place, le staff toulonnais a décidé de bien faire tourner. Deux très jeunes piliers sur la feuille de match, des nombreux cadres blessés, au repos ou sur le banc, c'est clair qu'il ne fallait pas s'attendre à grande chose de ce déplacement.

Le match...


... commence avec des Toulonnais qui montrent clairement leurs intentions (pénalité à 40m jouée en touche), mais aussi leurs limites (touche volée, essai encaissé suite à un franchissement facile au centre du terrain 2 minutes plus tard). Mais ils montrent de suite qu'ils n'ont pas fait le voyage pour rien, marquant un essai sur turnover aussi. Comme lors des précédents matchs, le RCT est acculé dans sa propre moitié, mais le jeu au pied de Cottin et Carbonel est plutôt réussi et à chaque fois l'équipe arrive à se dégager. Et un 2e essai, de Nakosi après un beau franchissement de Carbonel à la demi-heure de jeu, suivi d'un 3e, trois minutes plus tard, de Smaili, montrent toute la détermination des Toulonnais. Malheureusement l'essai du jeune arrière est annulé à la vidéo et le score à la pause reste est de 10-17.

La 2MT voit le RCT beaucoup plus entreprenant, qui propose du jeu, mais des très nombreuses imprécisions (en avants 42e, 44e, 55e, des touches pas trouvées - 56e - ou directes - 60e, des passes en touche - 63e) gâchent toutes les attaques. L'occupation reste largement anglaise et à la 70e le 2e essai de Newcastle après du pilonnage sur la ligne amène le score à 17-20. Quelques minutes plus tard, les Toulonnais sont toujours devant au score de trois points - voire plus pas - et une belle défense dans les derniers instants leur permet de décrocher leur première victoire à l'extérieur.

L'action


Il reste 9 minutes à jouer et le RCT, qui vient d'encaisser un essai, doit tenir son petit avantage de 3 points pour enfin s'imposer à l'extérieur. Le remise en jeu est courte...


... mais facilement récupérée par les Anglais. Rien de spécial jusqu'à là, surtout que leur demi de mêlée prend son temps pour ajuster son coup de pied :


Mais il n'y a personne au premier rideau ! Saivea (12) et Smaili (15) sont à l'extérieur, Nakosi (11) collé à la ligne de touche, Bastareaud (13) très avancé et Tuisova (14) et Belleau (10) très reculés. Bref, l'adversaire n'a aucun problème à récupéré le ballon aérien...


... et avancer sur 10 mètres ! La sortie est rapide, vers l'extérieur, 9 - 10 - 12. La défense toulonnaise coulisse bien...


... mais c'est seulement pour faire semblant. Le centre anglais passe à côté de Messam (8), qui ne fait aucun geste pour essayer de l'arrêter. Krüger (5) est trop loin, sa tentative de cuillère désespérée ne marche pas, et la ligne est franchie. Le 12 sert son demi de mêlée pour éviter Belleau (10), dernier défenseur, et Newcastle marque un 3e essai, seulement 30 secondes après la remise en jeu après le précédent.

Avec deux essais encaissés coup sur coup, les Toulonnais sont passés derrière au score. La remise en jeu est de nouveau courte...


... mais cette fois-ci, le ballon est récupéré par le jeune pilier Loudet. Qui en plus avance une quinzaine de mètres avant d'être mis au sol ! Le ballon sort vite dans le fermé...


... où Bastareaud (13) ne combine pas avec Nakosi (11) ou Tuisova (14), mais entre dans les 22 adverses. Webb (9) sort pour Belleau (10) :


Les avants se tiennent prêts, c'est Gros (1) qui est servi. Lui aussi avance une quinzaine de mètres avant d'être mis au sol ! Ballon de nouveau sorti pour Belleau (10)...


... qui essaye d'y aller tout seul, sans réussite. Webb (9) sort de nouveau le ballon rapidement et le donne à Soury (2) :


Au large il y a Saivea (12), Krüger (4), Messam (8) et Smaili (15), mais il n'y a pas de surnombre. Peu importe, le jeune talonneur toulonnais a envie et met sur un défenseur sur ses fesses avant de filer droit jusqu'à la ligne d'essai !

S'ils ont fait preuve de beaucoup d'attentisme sur le coup d'envoi précédent, les joueurs du RCT ont montré beaucoup d'envie sur celui-ci, surtout la très jeune première ligne. Et ils sont repassés devant au score, où ils y sont restés jusqu'à la fin du match.

La suite


Premiers points, première victoire, à l'extérieur cette saison pour le RCT ! Avec un fort turnover en plus, qui l'aurait cru ? Bon, ça ne sert strictement à rien, ni dans la Coupe d'Europe, ni dans le Top 14. Mais ça donne du sourire au staff et aux joueurs, au point de penser que ça peut même être le tournant de la saison. Ce qui sera vérifiable dès la semaine prochaine, avec la réception du Stade Français, avant une longue pause à cause du Tournois. Un match à gagner absolument, pour bien préparer la suite sereinement.

mardi 15 janvier 2019

RCT - Edinburgh, 17-28 (Guirado, Isa, Saivea)

L'avant-match


La réception d'Edinburgh en Coupe d'Europe n'a plus aucun enjeu pour le RCT, mais ce n'est pas pour cela qu'il faut faire une impasse : ça reste quand-même une question de prestige, de réputation. Battus sèchement lors du match aller, les Toulonnais se doivent de prendre une revanche. De plus, vues leurs prestations actuelles, une défaite à domicile pourra les éloigner de leur public. C'est pour cela que le staff toulonnais aligne l'équipe la plus compétitive qu'il peut, compte tenu des nombreux blessés. Et même si d'un point de vue comptable elle ne compterait pas, une victoire ferait néanmoins un bien fou au moral...

Le match...


... commence parfaitement pour le RCT, avec un premier essai, de Guirado, dès la première minute. Les intentions toulonnaises sont claires, la touche est choisie après chaque pénalité. Mais Edinburgh arrive à marquer un essai au quart d'heure de jeu et le match s'annonce serré. Au score, parce qu'en terme d'occupation et de possession il n'y a pas photo - 64% de possession écossaise après 20 minutes ! Mais les Toulonnais marquent un 2e essai après une pénalité à 5m jouée rapidement et les Ecossais commettent beaucoup d'en-avants. Et le RCT est toujours devant au score à la pause, 12-8.

Par contre, à la pause Edinburgh a corrigé ses petits problèmes, garde toujours le ballon (66% de possession à la 65e) et devient donc plus efficace, infligeant un 20-0 au RCT en 23 minutes. Rien ne va plus pour les Toulonnais, qui se font avoir en défense, surtout les jeunes lors du jeu au pied dans leur dos. Et le 3e essai écossais, celui qui porte le score à 12-28, est représentatif : pénalité jouée vite sur la ligne médiane par le RCT, beau franchissement, entrée dans les 22m, ballon perdu sur en-avant, turnover et essai de 80m encaissé. A la 70e les Toulonnais marquent un nouvel essai (voire plus bas), avec enfin une belle action amenée au bout, mais c'était trop tard et ils s'inclinent de nouveau à domicile.

L'action


On joue la 70e, le RCT est mené de 16 points et n'a plus aucun espoir de gagner ce match. Pour la première fois en 2MT, le coup de pied du demi d'ouverture adverse ne surprend pas le jeune ailier Zeghdar (11) :


Il fonce tout droit et passe après contact à Onambélé (6), qui est plaqué aussi. Les Toulonnais ont la possibilité de contr-attaquer sur l'extérieur et ne se privent pas :


Van der Merwe (3) relaye le ballon de Cottin (9) pour Carbonel (10), qui d'une longue passe sautée...


... trouve Trihn-Duc (12), qui joue plus loin, avec Bastareaud (13). Malgré la présence de Saivea (14) à ses côtés, le centre toulonnais va tout droit avant d'être mis au sol sur les 40m écossais :


Un premier point de fixation avec van der Merwe (3), puis un deuxième avec Gorgodze (5)...


... et un autre avec Carbonel (10, le jeu est déplacé vers la gauche. Cottin (9) feinte une passe et essaye de passer à côté du regroupement :


Sans succès, mais il passe après contact à Gros (1), qui avance sur une vingtaine de mètres. Cottin de nouveau, Gros de nouveau, puis Gorgodze encore et le RCT se trouve dans les 5m adverses :


On aurait pu croire à du pilonnage, mais les Toulonnais ont été intelligents. Il y avait du surnombre à droite et en plus ils ont pris de la profondeur : Cottin (9) - Carbonel (10) - Trihn-Duc (12)...


... et le tour est joué. Belleau (15) passe entre deux défenseurs, la course de Bastareaud (13) fixe le dernier et la passe sautée trouve Saivea (14) à l'extérieur, qui n'a même pas besoin de l'aide de Monribot (7) pour marquer le 3e essai du RCT.

La suite


Encore une défaite, à domicile en plus. Et de nouveau, c'est pas par manque d'investissement des joueurs. Ils sont tout simplement tombés sur des meilleurs qu'eux, une équipe qui déroule son rugby, en vitesse - le RCT a pu rivaliser seulement tant qu'il manquait la précision, il n'y avait pas match ensuite. Le haut niveau est là, les Toulonnais ne sont pas invités. Il reste maintenant plus qu'un match de Coupe d'Europe, avec probablement un fort turnover pour éviter des blessures et pourquoi pas un objectif de réputation, ne pas finir derniers de la poule.

lundi 17 décembre 2018

Montpellier - RCT, 34-13 (Gorgodze)

L'avant-match


Après la belle victoire bonifiée de la semaine dernière, le RCT a encore une chance théorique en Coupe d'Europe. Mais cela passe par une victoire à Montpellier et pour une équipe qui n'a réussi à ramener aucun point de l'extérieur cette saison, ça semble très difficile. Le retour des cadres qui étaient au repos (Fresia, Guirado, Alainu'uese, Bastareaud, Tuisova) est partiellement compensé par d'autres qui seront au repos (Lakafia, Belleau, Saivea) ou blessés (Bonneval). Mais il n'y a pas de calcul à faire et ce match montrera clairement à quoi s'attendre : est-ce que les Toulonnais sont capables de gagner à l'extérieur quand ils ont vraiment besoin ?

Le match...


... s'est disputé sous en temps pourri et les deux équipes avaient comme plan de jeu d'utiliser les avants et le jeu au pied. Et les Montpelliérains ont répondu présent à ce jeu, plus que les Toulonnais. Les joueurs du RCT n'avançaient pas avec le ballon et pire, ils se faisaient manger sur des situations simples. Un dégagement contré (après avoir pris le temps de le préparer), une sortie de mêlée cafouillée, Escande n'a pas pesé sur la rencontre et a été changé à la pause. Quant à son compère de la charnière, plusieurs touches pas trouvée et du jeu au pied très approximatif (trop long, direct en touche, etc.). Quant à Montpellier, les joueurs ont su bonifier les sorties après les ballons portés, marquant deux essais suite à ce type de lancement. Et sur la sirène de la 1MT, les Toulonnais, qui bénéficiaient d'une pénalité sur les 40m, menés 15 à 3, ont pris les points... comme un symbol de la petite équipe qu'ils étaient.

La 2MT commence comme la première, avec les Toulonnais qui se ratent dans les deux éléments clés de ce match, le combat (3e essai encaissé sur un maul) et le jeu au pied (4e essai, voir plus bas). Les joueurs du RCT ont eu une réaction d'orgueil, avec Gorgodze qui inscrit aussi un essai sur un maul, mais ils ont sombré par la suite. Ils ont reculé 25m sur un maul montpelliérain et ont encaissé un 5e essai sur un autre, pour sortir vraiment piétinés de ce match.

L'action


On joue la 50e minute et le RCT bénéficie d'une touche à l'entrée des propres 40m. Le lancer de Guirado (2) et capté et un maul se forme, sans avancer :


Cottin (9) sort le ballon et envoye une chandelle haute...


... mais trop longue ! Même l'ailier adverse doit reculer de quelques mètres pour capter le ballon. C'était pas assez loin pour faire reculer Montpellier, mais trop loin pour que les Toulonnais qui ont sprinté 30m puissent contester la réception du ballon. Pire, ils ne sont pas montés proprement, il n'y a pas de ligne, et l'ailier montpelliérain se fait un plaisir de relancer à la main :


Il passe entre Guirado (2) et Messam (8), casse le plaquage de van der Merwe (3), piétine Cottin (9) et avance sur 30m (ceux que la chandelle à fait). C'est Rebbadj qui arrive à le plaquer, mais la libération est rapide :


Sur la ligne médiane, le demi d'ouverture de Montpellier joue au pied dans le dos de Bastareaud (13), Fekitoa (12) et Nakosi (11). Heureusement, l'arrière Pietersen (15) est en couverture :


Il relance aussi à la main, mais ne franchit rien et il est mis au sol sur la ligne des 40m. Le ballon est sorti dans le fermé, où Nakosi (11) essaye de franchir sur 10m :


Les deux centres et Messam (8) sont au soutien, les gros sont sur la largeur. Onambélé (6) est servi par le demi de mêlée et fixe une fois la défense avec l'aide de Guirado (2) et Rebbadj (5). Un deuxième point de fixation est créé avec Fresia (1) avec l'aide de Gorgodze (7) et Alainu'uese (4) avant que Cottin (9) sorte pour Trihn-Duc (10) :


Il y a un léger décalage à droite, avec Pietersen (15) et Tuisova (14) seuls contre l'ailier adverse. Mais le demi d'ouverture toulonnais choisit de jouer au pied. Pas une chandelle, pas pour chercher une touche, pas pour faire reculer l'arrière adverse qui se trouvait en couverture... mais pour lui permettre de relancer :


Il passe entre les deux trois-quarts toulonnais qui n'essayent même pas de le plaquer et combine plus haut avec son demi de mêlée pour éliminer le dernier défenseur (Trihn-Duc) et permettre à son équipe de marquer le 4e essai, celui du bonus. Si le choix de ne pas jouer à la main, mais au pied, peut se comprendre, le faire si mal est moins pardonnable...

La suite


Malgré le sursaut d'orgueil de la semaine dernière, la Coupe d'Europe est belle et bien finie pour le RCT, qui, après 7 qualifications consécutives pour les quarts de finale, ne sortiront pas des poules cette saison. Il reste encore deux matchs dans cette compétition, dans un mois, mais ils compteront pour du beurre. Et le focus devrait absolument être le championnat, où les Toulonnais ne sont pas bien classés. Et le premier match qui suit, la réception du LOU, sera très important. Il faut continuer à prendre des points à Mayol, contre des équipes plus fortes que les candidats au maintien. Parce que les deux matchs suivants seront beaucoup plus difficiles, des déplacements à Toulouse et au Racing autour du Nouvel An. Fort probablement deux matchs à zéro points, vu que c'est la moyenne toulonnaise lors des déplacements cette saison...

dimanche 9 décembre 2018

RCT - Montpellier, 38-28 (Lakafia, Monribot, Nakosi)

L'avant-match


Virtuellement éliminés de la Coupe d'Europe, les Toulonnais la jouent maintenant pour se remettre en confiance. La réception de Montpellier leur permet de bien faire tourner l'effectif, même si en troisième ligne et pour les trois-quarts (sans les ailiers) ce sont plutôt des titulaires habituels qui sont alignés. L'objectif est clair, c'est la manière qui compte, il faudra produire du jeu, montrer des belles intentions... et si la victoire s'en suit, c'est tant mieux. 

Le match...


... commence avec une équipe du RCT qui impose un beau rythme, du volume du jeu, au large, en force avec les gros, du rugby total. Les Montpelliérains n'y sont pas, font des fautes quand ils n'ont pas le ballon et n'avance quasiment jamais quand ils l'ont, comme par exemple les 3 minutes passées sur la ligne médiane à partir de la 21e minute, sans la franchir. Du côté toulonnais, si les intentions sont là, il manque un peu de précision dans le dernier geste. Mais il suffit de persévérer et après des longues séquences de possession arrive le premier essai - finalement transformé en essai de pénalité + jaune pour l'adversaire. Malheureusement, les Toulonnais encaissent un essai en première main dans le fermé après une mêlée avant la pause.

Revenus des vestiaires avec les mêmes intentions, les joueurs du RCT ne concrétisent pas une première attaque, mais défendent bien et marquent un 2e essai par Lakafia. Paradoxalement, c'est à partir de ce moment qu'ils se mettent à déjouer : en-avant après une touche dans les 22 adverses, un autre lancer cafouillé, la blessure de Bonneval n'arrangeant pas les choses. Et suite à un turnover, ils encaissent un 2e essai. La peur et le manque de confiance prennent le dessus et toutes les pénalités obtenues dans le camp adverses sont tentées - 2 sur 3 réussies, le RCT a 12 points d'avance à un quart d'heure de la fin. Et quand Monribot marque le 3e essai après un maul, le bonus devient envisageable... et obtenu quelques minutes plus tard suite à l'essai de Nakosi. Le relâchement toulonnais permet aux Montpelliérains de marquer deux essais coup sur coup dans les dernières minutes, pour obtenir un point de bonus aussi, mais c'est anecdotique.


L'action


A la 24e minute, sur une mêlée toulonnaise sur la ligne médiane, le RCT obtient une pénalité. La touche est trouvée sur les 22m adverses et une attaque se met en place. Une très longue attaque, pas détaillée ici, qui dure 2:45 minutes et voit les Toulonnais se faire 34 passes et produire 20 temps de jeu ! Elle se conclut par une passe de Messam dans le dos de Nakosi sur les 5m adverses - s'ils s'avaient mieux compris, ça aurait été le premier essai du match.

Montpellier récupère donc le ballon et le dégage loin :


C'est Nakosi (11) qui le récupère, un des trois Toulonnais restés derrière avec Bonneval (15) et Pietersen (14). Il relance et s'empalle sur la défense, mais la libération est rapide, vers l'extérieur :


Escande (9) pour Belleau (10), qui trouve Messam (8). Plus loin il y a quasiment tous les trois-quarts, Bonneval (15), Pietersen (14), Saivea (12) et Fekitoa (13), mais le 3e ligne centre préfère fixer la défense. Escande change de sens...


... et envoye des gros, Chiocci (1) en premier, qui casse un premier plaquage et arrive sur les 22m adverses. Un autre changement de sens...


... vers des trois-quarts. Bonneval (15) sert Pietersen (14), qui ne joue pas avec la paire des centres néo-zélandais à l'extérieur, Saivea (12) - Fekitoa (13). Ils n'auront toujours pas le ballon, parce que Escande varie de nouveau :


Toujours avec les gros, mais qui jouent comme des trois-quarts, Soury (2) passe après contact pour Setiano (3) qui entre bien dans les 22 mètres. Le jeu continue maintenant vers la gauche, avec Belleau (10)...


... qui sert Pietersen (14), qui fixe et donne à Lakafia (7). Malgré la présence de Nakosi (11) sur son aile, le capitaine toulonnais préfère d'aller tout droit. Heureusement, la libération est rapide et on part dans l'autre sens :


Belleau (10) sert Kruger (5) pour un premier point de fixation, puis la charnière continue à déplacer le jeu vers l'extérieur...


... où il y a deux groupes de trois,  Chiocci (1) - Onambélé (6) - Setiano (3) et Saivea (12) - Messam (8) - Bonneval (15), en plus de Fekitoa (13). C'est d'ailleurs ce dernier qui reçoit le ballon d'Onambélé et essaye de franchir, sans succès. Le flanker l'aide, puis Gorgodze (4) arrive lancé, Chiocci (1) aussi, la défense commence à souffrir. Come Escande (9) est pris dans le regroupement...



... c'est Saivea (12) qui sort le ballon, pour Belleau (10), qui arrive lancé et qui franchit jusqu'aux 5m.
Libération rapide et une passe lobée plus tard :


Le décalage est fait, le surnombre 4-à-3 parfaitement exploité, la longue passe de Pietersen (14) trouvant Lakafia (7) qui va applatir en coin. Après arbitrage vidéo c'est finalement essai de pénalité et carton jaune pour un plaquage haut du dernier défenseur sur le capitaine du RCT.

Ainsi, après avoir produit une longue attaque de 2:45 minutes, les Toulonnais en ont produit une autre, de 1:45. Et après autres 22 passes et 10 temps de jeu, ils ont enfin marqué le premier essai du match. Et, chose intéressante, absolument tous les joueurs du RCT ont touché le ballon lors de cette action !

La suite


Ça a été une belle victoire du RCT, une comme on avait presque oublié que c'est possible. Le score et les points pris ne sont pas si importants, mais peuvent y devenir si les Toulonnais s'imposent lors du match retour dans une semaine - ça les relancerait en Coupe d'Europe. Mais ce qui compte le plus c'est le volume et la qualité de jeu produits - même s'ils ont parfois manqué de précision, ça a été d'un niveau pas encore vu cette saison du côté de la Rade.

dimanche 21 octobre 2018

Edinburgh - RCT, 40-14 (R.Taofifénua, Ikpefan)

L'avant-match


Après la défaite à domicile la semaine dernière, le RCT n'a théoriquement plus que des chances théoriques pour sortir des poules de la Champions Cup. Et ça passe par une victoire à l'extérieur. Mais pour une équipe qui n'a pris aucun point en 4 déplacements, qui reste sur 3 défaites consécutives, ça semble tout simplement utopique. Même si les Toulonnais enregistrent des retours importants (Fresia, Kruger, Bastareaud), il y a aussi des mises à l'écart (van der Merwe, Guirado) et des jeunes sans expérience européenne titulaires à des postes clés (Vanderberghe en 8, Meric en 9, ...). Bref, vu le contexte, revenir de l'Ecosse avec un maigre point de bonus défensif serait presque un exploit.  

Le match...


... a confirmé les attentes et a mal démarré pour le RCT, avec une défense qui s'est fait percer à chaque fois que les adversaires ont appuyé sur l'accélération. Ça ne jouait pas vite, le ballon restait en général entre les deux lignes de 40m, mais il y avait déjà 10-0 après un quart d'heure de jeu. Et après un peu d'espoir (voire plus bas), les Toulonnais ont commencé à couler, avec un 2e essai, puis des pénalités. Les lancers en touche volés (33e, 34e), des sorties de mêlée gaspillées (contre-ruck adverse 35e, en-avant 37e), rien n'allait offensivement et le score à la pause a été de 26-7.

La 2MT a continué sur les mêmes bases, avec un 3e essai écossais après avoir percé deux fois la défense du RCT. Les touches ont continué à être ratées (46e, 53e) ou pas bonifiées ensuite (ballon volé dans le maul après une touche à 5 à la 51e). La mêlée dominatrice à donner des pénalités, mais le choix a été à chaque fois de reprendre la mêlée... et de perdre le ballon ensuite (débarrassé au pied 55e, perdu au sol 58e). Bref, il n'y a toujours pas eu du jeu produit, même si un 2e essai a été marqué à la 71e après une pénalité vite jouée. Mais pour bien conclure, comme l'adversaire avait besoin d'encore un essai pour le bonus, Trihn-Duc leur l'a offert dans les dernières minutes (passe interceptée dans ses propres 5m). Comme un symbole.

L'action


On joue depuis un quart d'heure et le RCT vient d'encaisser un essai. Mais sur la remise en jeu, les avants Toulonnais font l'effort dans le ruck et le ballon sort du bon côté :


C'est Saivea (11) qui sort pour Fresia (1). Et après un autre point de fixation de S. Taofifénua (3), Meric (9) ouvre avec Belleau (10)...


... qui fait tomber le ballon ! Il n'y a pas de jeu effectif pendant plus de deux minutes, la mêlée écossaise est à refaire, puis le RCT est pénalisé d'un bras cassé, Edinbourgh choisit la mêlée de nouveau et encore un bras cassé, mais pour les Toulonnais. Meric (9) le joue vite :


Il lance R. Taofifénua (5) et après un autre point de fixation avec Etrillard (2), le ballon arrive à Belleau (10). Il envoie le jeu plus loin vers l'aile, avec Bastareaud (12)...


... qui, malgré le soutien de Bonneval (15) et Saivea (11), va tout droit. Il est mis au sol, mais le RCT obtient une pénalité, qui est tapée en touche. Lancement de jeu à 10m de l'en-but :


Alignement complet avec le jeune Vanderberghe (8) en relayeur... c'est bien sûr un maul qui se prépare et se forme, mais qui n'avance pas - pire, il recule et Meric (9) doit vite éjecter le ballon...


... pour Bastareaud (12), qui va de nouveau tout droit. Comme lors des attaques précédentes, tout est stéreotypé chez les Toulonnais - le demi d'ouverture sera servi après un 2e point de fixation, dans ce cas avec Lakafia (7). Meric (9) cherche donc Belleau (10) sans utiliser le groupe d'avants à sa disposition (Etrillard - 2, Sebastien -3 et Romain Taoffifénua -5) :


C'était tellement prévisible que tous les quatre défenseurs montent sur Belleau et Fekitoa (13) qui se trouve à ses côtés et qui est servi. Mais le talent individuel fait la différence et le centre passe entre tous ces défenseurs pour servir après contact Saivea (11), qui avait suivi. Et qui est mis au sol à 2m de l'en-but :


Sortie rapide de Meric (9) pour les gros, R. Taoffifénua, bien aidé par Fresia (1), arrivant à aplatir en force.

Malgré des nombreuses approximations, sans forcément être en réussite, le RCT revient dans le match et on se dit à ce moment que tout reste possible. Les prochains points des Toulonnais sont arrivés 50 minutes de jeu plus tard...


La suite


La Coupe d'Europe, qui était censée relancer le RCT, est donc finie et pour la première fois depuis 6 ans les Toulonnais ne disputeront pas les phases finales de cette compétition. Ça tombe bien, ils pourront se concentrer sur le Top 14, où ils sont 12e pour l'instant et où ils voudront finir dans les 6 premiers. Ce qui, vu leurs triste prestations et la spirale négative actuelle, semble très difficile. C'est donc une période charnière qui s'annonce, avec des doublons et des semaines de pause imposées par les matchs internationaux, une période qu'il faudra absolument réussir.

mercredi 17 octobre 2018

RCT - Newcastle, 25-26 (R.Taofifénua, Lakafia, Guirado)

L'avant-match


Nouvelle compétition, nouveau départ ? En tout cas, c'est le discours officiel du staff toulonnais, qui pense que des bonnes prestations en Coupe d'Europe changeront la donne pour un RCT qui a très mal démarré le championnat. L'effectif n'est pas au complet, entre blessés et suspendus (Bastareaud, Messam), mais c'est un match à Mayol contre la lanterne rouge anglaise. La victoire est obligatoire et on verra par la suite si elle aura marqué ou pas un nouvel départ...

Le match...


... commence parfaitement pour le RCT avec un essai dès la 1e minute et une pénalité rapidement ensuite : 10-0 à la 6e minute, le ton est donné. Mais peu à peu le match s'équilibre, avec des belles séquences défensives (10e, 27e) pour les Toulonnais, mais qui commencent à ne plus être dangereux en attaque. Et qui se mettent très souvent à la faute - 5 pénalités concédées après 20 minutes de jeu. Ainsi, à la demi-heure de jeu, le RCT est mené 10 à 16 et Gros a écopé d'un carton jaune. Mais les avant toulonnais n'ont pas baissé les bras et marquent suite à un maul, en infériorité numérique, juste avant la pause : 15-16.

Le RCT revient des vestiaires avec des intentions, mais manque toujours d'efficacité. Et à la 50e, la défense se fait transpercer suite à une mêlée adverse sur les 30m : l'arrière du jour Ikpefan écope d'un jaune (le 2e de la partie) et d'un essai de pénalité. De nouveau, les avants se montrent à leur avantage dans les mauls et ramènent leur équipe à un point (22-23) à la 56e. Et même si le RCT marque encore une fois (60e), l'indiscipline est payée très cher, Saivea prend un jaune aussi à la 70e, Newcastle repasse devant et y reste jusqu'à la fin du match. Malgré des pénalités tentables (à 50m, puis à 22m), le staff toulonnais décide d'aller en touche (bonus offensif et victoire assurée), mais la maîtrise et la réussite ne sont toujours pas au rendez-vous.

L'action


On joue depuis une heure, le RCT est toujours mené d'un point, mais les deux équipes sont à 14 contre 14. Les Toulonnais bénéficient d'une touche près de la ligne médiane :


Le lancer d'Etrillard (2) est capté en fond de l'alignement par Lakafia (8) et un maul se forme, avec l'apport du jeune Vanderberghe (5). Le maul n'avance pas trop et Meric (9) sort dans le fermé pour Tuisova (14). L'ailier est vite mis au sol et le jeu est envoyé au large :


La passe de Meric (9) saute les trois première-lignes et trouve Trihn-Duc (10). Au large il y a les deux centres Belleau (12) et Fekitoa (13) et l'ailier Saivea (11), pendant que Monribot (6) court pour s'y placer aussi. Le demi d'ouverture lance Potgieter (7) pour un point de fixation, ce qui est assez risqué, il n'y a pas d'autres avants pour le soutenir. Mais le Sud-Africain passe après contact pour Belleau, ce qui surprend la défense :


Belleau (12) n'a plus qu'à fixer et lancer à sa gauche Fekitoa (13) et Saivea (11) pour un deux-contre-un, voire même trois, si on compte Monribot (6) qui court toujours sans regarder le ballon ou le jeu. Mais comme l'opportunité se présente, le demi d'ouverture improvisé centre choisit de passer entre les défenseurs. Il franchit sur 15m, il est mis au sol, mais pas tenu, donc il se relève et court encore un peu...


... avant de servir Fekitoa (13), qui avait suivi et qui est finalement rattrapé sur la ligne des 22. Sur cette image on voit que Meric (9) et Saivea (11) suivent derrière les deux centres (pas de solutions de passe) et qu'il y a trois avants à gauche, dont notamment Monribot, enfin en place. Saivea récupère le ballon de Fekitoa et essaie de franchir aussi, mais il est mis au sol. Meric sort et cherche une solution :


A droite, les Toulonnais sont en place, un premier groupe d'avants et Tuisova (14) à l'aile. Les deux centres Belleau et Fekitoa se sont relevés, mais pas encore replacés. A gauche, par contre, les trois avants (Monribot - 6, S. Taofifénua - 1 et Lakafia - 8) se sont déplacés vers l'axe et il n'y a plus personne au large. Du coup le ballon arrive dans les mains de Trihn-Duc (10), qui tente un drop, sans succès.

Ce n'était pas une attaque bien préparée pour le RCT, mais ça aurait pu faire basculer le match s'il y avait eu au moins un peu de sang-froid, des idées claires de quoi faire, où se positionner. Le jeu toulonnais dépend à l'heure actuelle trop des exploits individuels et de la réussite. Et cette dernière nous manque cruellement.


La suite


Nouvelle compétition, mais même maux pour les Toulonnais, qui s'inclinent pour la 6e fois en 8 matchs. Tout le monde au club demande de la patience et trouve que les ingrédients sont là, et donc "ça finira par venir". Mais il n'y a que très peu de jeu produit, très peu de combinaisons avec les arrières. On sent une équipe qui se cherche, qui n'a pas de repères et qui dans le doute rate tout ce qu'elle essaye. Le match suivant, à Edimburgh, est un déplacement assez difficile normalement, mais encore plus pour une équipe dans l'état actuel du RCT. Et il marquera probablement la fin de la campagne européenne des Toulonnais.