dimanche 13 août 2023

Rodez - ASSE, 2-1 (Sissoko)

Consistants


Les Verts ont fini leur deuxième match de la nouvelle saison comme le premier - avec un but synonyme de défaite encaissé dans le temps additionnel...

Si d'un point de vue résultat et scénario du match les deux matchs se ressemblent, Laurent Batlles avait quand-même effectué des importants changements tactiques (et titulaires) par rapport à la semaine dernière. Il a utilisé un système différent - et si certains considèrent que les Stéphanois ont joué avec une défense à 3 à Rodez, le positionnement au coup d'envoi le contredit :


Une défense à 4 Appiah - Batubinsika - Nadé - Petrot (Briançon n'avait pas plus de 45' dans les jambes et a remplacé Nadé, qui avait du mal physiquement, en fin de match). La désormais traditionnelle paire de deux avant-centres Wadji - Sissoko. Et 4 milieux axiaux, Monconduit, Fomba, Bouchouari, Lobry. Bref, un 4-4-2 losange - et si le losange n'est pas évident au coup d'envoi de la 1MT, il l'est parfaitement en début de la 2MT :


L'impression de la défense à 3 vient du positionnement très bas de Monconduit quand les Verts n'avaient pas la possession en première période, il reculait entre les deux centraux, les Stéphanois défendant donc dans un 5-3-2 :


La raison pour cela est simple, c'était une adaptation au 3-5-2 des Ruthénois et à leur tactique de chercher leurs deux attaquants dans le dos des latéraux adverses. Les Verts ne jouaient toujours qu'avec un seul joueur par couloir, Appiah et Petrot sortaient donc sur les pistons de Rodez. Batubinsika et Nadé devaient donc suivre les attaquants adverses qui faisaient des appels dans le dos de leurs coéquipiers, et Monconduit, la sentinelle, couvrait dans le centre de la défense. Et ça a plutôt bien fonctionné, les Ruthénois ont eu très peu de situations dangereuses de ce type.

Pour être complets, Monconduit a descendu de moins en moins souvent après la pause, car la possession était stéphanoise et en plus les Verts cherchaient à revenir au score. Ensuite, après une heure de jeu, les protégés de Laurent Batlles ont joué en 4-3-3, avec Cafaro et Cissé sur les ailes et un seul avant-centre, Wadji. Puis en 4-2-3-1 quand Chambost a remplacé Bouchouari :



Pour revenir à l'animation tactique en 1MT, voici un exemple qui commence après 10 minutes de jeu avec une relance de Larsonneur :


Il joue avec ses deux défenseurs centraux, Monconduit étant bien plus haut. D'ailleurs, le positionnement des milieux stéphanois est bien visible sur la suite de l'action :


Bouchouari élimine un adversaire, monte avec le ballon, et décale Fomba à gauche, qui s'appuie ensuite sur Petrot :


Le bloc adverse en 5-3-2 est en place, Petrot se trouve à un-contre-un dans le couloir gauche. Il n'essaie pas d'éliminer son adversaire direct, il rejoue avec Fomba. Les Verts ne passent pas sur le côté, mais dans l'axe :


Les passes verticales sont très belles et via Fomba - Bouchouari - Lobry le ballon arrive dans les pieds de Sissoko. Malheureusement, l'attaquant stéphanois choisit de revenir en arrière et il finit de donner le ballon à Batubinsika...

Le ballon arrive ensuite dans le couloir droit, à Appiah, qui se retrouve contre le piston gauche adverse. Il essaie de l'éliminer, mais il n'y arrive pas et l'attaque stéphanoise prend fin.


Conclusions


Que ça soit le 3-4-3 losange de la saison dernière, le 3-2-3-2 des matchs amicaux ou bien ce 4-4-2 losange, il y a une constante dans le jeu des Verts : un seul joueur par couloir. Car à l'heure actuelle l'effectif ne permet pas autre chose, à moins de faire confiance à un jeune joueur pas confirmé à gauche (comme lors de la dernière demi-heure). Et quand ces joueurs de couloir ont un profil plutôt défensif et ne sont pas capables de faire la différence individuellement, le jeu stéphanois doit passer par l'axe. Ce qui limite les options - à part quelques combinaisons et des percussions de Bouchouari, très peu de situations dangereuses ont été créées de cette manière. Laurent Batlles a essayé de trouver une solution tactique à son problème d'effectif, un problème pas facile entre les joueurs réellement aptes, leurs profils et leur état de forme physique très hétérogène. Ça n'a pas fonctionné, mais comme il le dit lui-même, le problème est plus important que juste le système de jeu : "il manque beaucoup de choses pour pouvoir prétendre aujourd'hui gagner des matches (...) il y a trop de manques techniques. On n'a pas de maîtrise donc à partir de ce moemnt-là, on ne peut pas mettre en difficulté les équipes adverses".

dimanche 6 août 2023

ASSE - Grenoble, 0-1

Ça commence mal


Le projet "remontée en Ligue 1" des Verts enregistre un premier coup d'arrêt, avec une première défaite à domicile, contre Grenoble...

Pour ce premier match de la saison, le staff stéphanois a fait le choix de reconduire le système utilisé lors de toutes les rencontres amicales du mois de juillet, un 3-2-3-2 (3-4-3 avec des pistons très offensifs) :


Plusieurs joueurs n'étaient pas capables de démarrer, n'ayant joué aucun match amical (Bouchouari, international et à peine rentré des vacances, et Charbonnier, qui s'était fait les croisés en février dernier). Sans compter sur Nkounkou qui fait semblant dans la presse que le club a levé son option d'achat contre son gré, comme si c'était pas lui qui a signé son nouveau contrat avec l'ASSE... Bref, les deux joueurs qui n'étaient pas au club la saison dernière étaient bien alignés par Laurent Batlles, Batubinsika à droite de la défense à trois et Sissoko en pointe, à côté de Wadji, les deux avec Chambost en soutien derrière eux. 

La clé de l'animation offensive stéphanoise dans ce système repose sur l'entente entre ces trois joueurs offensifs, sur la coordination de leurs déplacements et comment ils se trouvent. D'ailleurs, l'entraîneur stéphanois a fait allusions à ce problème après le match , car Sissoko vient d'arriver et n'a joué que 45 minutes en amical, sans être associé à Wadji : "Il doit trouver des automatismes avec les autres, notamment dans les déplacements".

Par exemple, si on regarde la suite de l'image précédente, qui est un coup franc que Briançon doit jouer, on voit bien Chambost qui fait un déplacement...


... qui attire avec lui la sentinelle adverse (Grenoble jouait en 4-1-4-1), ce qui libère un espace importante entre les lignes. Mais ni Sissoko, ni Wadji, ne se déplacent pour proposer une solution, donc Briançon envoie un long ballon, facilement dégager par la défense.


Briançon, affaibli par un virus, a été remplacé à la pause par Sow, qui a pris l'axe droit de la défense à trois, Batubinsika coulissant au centre. Et lors de la 2MT d'autres joueurs sont rentrés, toujours du poste pour poste :


Bouchouari a remplacé Fomba et a su porté plus le ballon, faisant plus facilement le lien avec les offensifs. Cissé a remplacé Chambost et a éliminé des nombreux joueurs adverses. Lobry a remplacé Appiah en tant que piston gauche - on reviendra là-dessus - et Charbonnier est entré à la place de Sissoko, montrant une toute autre complémentarité avec Wadji.

Car dans cet exemple il y a toujours beaucoup d'espace entre les lignes grenobloise, leur sentinelle étant excentrée, au marquage de Cissé. Charbonnier décroche dans cet espace...


... suivi par son défenseur, donc Wadji peut faire un appel dans son dos. La longue passe de Batubinsika est dégagée par un grenoblois, mais Monconduit récupère :


La sentinelle adverse monte sur lui, ce qui permet à Cissé (et Lobry) d'avoir de l'espace. Mais le (deuxième) capitaine stéphanois ne joue pas sur ce côté. Il élimine un adversaire et...


... lance Wadji en prondeur, car celui-ci profitait toujours de l'espace créé par le décrochement de Charbonnier. En plus, les Verts étaient en surnombre à gauche : des déplacements coordonnées et un présence sur les deuxièmes ballons avaient suffit pour déséquilibré le bloc adverse. Malheureusement, le tir de Wadji à l'entrée de la surface a été contré. 


Pour revenir au poste de piston gauche, dans l'absence de Nkounkou, le staff stéphanois a du utiliser des jeunes lors des matchs amicaux. Gauthier a joué 4 mi-temps comme piston/ailier - le maximum du temps possible, autant que Cafaro. Aiki 3 mi-temps, Dieye 2, Rivera 2... Pourtant, aucun de ces joueurs n'a été sur la feuille du match. Le staff a fait le choix d'aligner un défenseur latéral droit (!), puis le remplacer par un milieu axial - ni Appiah ni Lobry n'ont eu la capacité de déborder ou d'éliminer leur adversaire direct. Pire, le positionnement du corps du premier lors des certaines attaques adverses en 1MT montrait bien que c'est pas son poste (et a permis à Grenoble de se créer quelques grosses occasions).

Sans remettre en cause la capacité du staff d'évaluer si les jeunes sont ou pas capables de jouer en Ligue 2 (après tout, K. Cissé a fait ses débuts), tant que Nkounkou ne revient pas ou n'est pas remplacé par un bon joueur, les Verts auront du mal. Et comme ça prendra du temps pour trouver une complémentarité entre les éléments offensifs axiaux, les Stéphanois vont laisser encore des points en route. Des points qui peuvent compter cher, vu l'objectif annoncé publiquement par tout le monde, la remontée...

dimanche 11 juin 2023

La nouvelle tactique

3-3-3-1 ou 3-2-3-2 ?



Un petit décryptage tactique s'impose avant le début de la nouvelle saison, car ce n'est pas toujours évident de comprendre les matchs des Verts...

En janvier 2023, grâce aux recrues du mercato d'hiver, le staff stéphanois a enfin pu mettre en place le système tactique voulu. Les Verts ont ainsi évolué pendant des longs mois dans un 3-4-3 losange, qu'on appellerait aussi un 3-3-3-1 - c'est difficile de mettre les joueurs sur une seule ligne. Pour faire simple, on avait 3 défenseurs, 3 milieux en pointe basse (sentinelle + deux relayeurs), 2 joueurs de couloir et 2 attaquants, mais un d'entre eux (Krasso) reculait beaucoup, il faisait le lien, organisait le jeu, c'était la pointe haute du losange :


Dans tous les cas, on avait 4 joueurs à rôle absolument offensif, les deux ailiers et les deux attaquants. En jouant avec des ailiers, c'est normalement le rôle des relayeurs de couvrir dans leur dos dans les couloirs, comme dans tout système avec losange au milieu. Même si c'est arrivé chez les Stéphanois, le plus souvent c'était les centraux qui s'excentraient, la sentinelle qui reculait - on défendait donc dans un 4-4-2, pas dans un 3-3-4 :


Les adversaires ayant compris qu'il fallait museler Krasso, Batlles a rajouté un autre meneur de jeu, Bamba parfois, mais surtout Chambost, revenu en forme. D'ailleurs, les 4 derniers matchs de la saison 2022-23 ont été joués avec un triangle pointe haute au milieu, deux milieux défensifs et un meneur de jeu (Chambost) derrière deux attaquants (Krasso et Wadji). C'est exactement le même système apperçu lors des amicaux avant la nouvelle saison - le changement n'est pas intervenu à l'intersaison, mais avant. Surtout que cette été Krasso a été remplacé par Sissoko, qui n'a pas le même profil. S'il veut aligner Sissoko et Wadji et faire en même temps la place à Chambost, Batlles ne peut faire autrement que jouer dans ce 3-2-3-2, le M & M :

(les noms des joueurs sont donnés à titre indicatif, le mercato est encore en cours)

Sur papier ça semble encore plus déséquilibré, car là on parle de 5 éléments offensif, pas 4 comme avant. En pratique, ça peut être plus sécurisant, car avant les deux relayeurs se projetaient beaucoup, laissant seulement 4 joueurs derrière. C'est moins le cas maintenant, leur rôle est plus défensif. Par contre, quand on défend, les joueurs de couloir doivent revenir, car on ne peut plus compenser dans leur dos aussi facilement : leur rôle commence à ressembler plus à des pistons qu'à des purs ailiers. 



Les Verts défendront probablement dans un vrai 3-4-3, les 4 étant les deux milieux défensifs + les pistons. Et les attaquants s'excentreront pour aider dans les couloirs, comme c'est souvent le cas dans un système avec un "10" derrière deux avant-centres.



Bien évidemment, l'équipe pourra osciller entre ces deux systèmes, en fonction de l'adversaire ou des joueurs aptes. Et on n'est jamais à l'abri de voir encore d'autres innovations tactiques de la part du staff. La nouvelle saison commence, on verra ce que ce système peut donner - pour l'instant, les matchs amicaux indiquent une vraie reflexion pour s'adapter à l'effectif. Et un système plutôt travaillé, avec des joueurs de couloirs plus défensifs qu'avant, tout comme la paire des milieux axiaux...

samedi 3 juin 2023

ASSE - Valenciennes, 2-0 (Krasso, Bamba)

La der' de la saison


Dans un Geoffroy-Guichard à guichets fermés, les Verts ont conclu de la plus belle des manières une saison qui avait pourtant si mal commencé...

Pour ce dernier match avant les vacances, le staff stéphanois a fait confiance au groupe habituel - avec une première apparition pour Cheikh Fall au milieu à la place de Fomba, blessé - et le 11 de départ a été aligné dans le système habituel :


Cette image permet de mieux comprendre pourquoi on parle de 3-4-3 losange pour le système stéphanois et non pas d'un 5-3-2 classique. Trois défenseurs axiaux (Appiah-Briançon-Petrot), un avant-centre (Wadji), deux ailiers (Cafaro et Nkounkou) et quatre autres joueurs, axiaux. Sur cette image Monconduit est la pointe basse, Chamboste la pointe haute, mais ils n'ont pas cessé de permuter pendant la partie. Par exemple, à la 22e minute :


Monconduit reçoit le ballon en position de pointe haute du losange, de la part de Nkounkou. Son contrôle est approximatif et il perd la possession, ce qui permet aux adversaires de se projeter vers le camp stéphanois :


Les Verts ont très peu de joueurs à vocation défensive, en plus les défenseurs jouent très haut sur le terrain, sur la ligne médiane. Ce qui veut dire qu'il y a le risque des appels dans leur dos, comme dans ce contre de Valenciennes :


Heureusement, Briançon lit bien le jeu et coupe la trajectoire de la passe, arrêtant net l'attaque adverse. Comme lors du deuxième but stéphanois, que nous verrons plus tard. 

Avant cela, on peut voir un autre exemple du losange des Verts à la 30e minute, quand le ballon est sur l'aile droite, dans les pieds de Cafaro : 


Il essaie de dribbler un adversaire, mais il n'y arrive pas et perd le ballon - les Valenciennois partent en contre au long de la ligne de touche. Krasso suit, mais n'arrive pas à arrêter ce joueur adverse...


... qui progresse, entre dans la moitié de terrain stéphanoise, et oriente le jeu à l'opposé. Les Verts sont obligés de défendre en reculant, et surtout en sous nombre, car les milieux étaient trop haut. Ainsi, Petrot se retrouve seul contre deux adversaires :


Si Krasso, Cafaro, Monconduit et Moueffek essayent de revenir, Nkounkou n'apparait pas sur l'image, Petrot doit donc gérer seul le dédoublement adverse sur son côté. Il défend debout et dépossède le Valenciennois, passant le ballon à Moueffek. Les Verts peuvent partir à leur tour en contre :


Moueffek joue avec Chambost devant lui, qui peut avancer balle au pied, pendant que Nkounkou est déjà bien plus haut, dans son couloir...


... où il est trouvé par Chambost. Et d'où il remet à ce dernier dans la surface, mais le milieu offensif stéphanois rate sa tentative de centre. Ce une-deux avec un joueur dans le couloir gauche lors d'une transition rapide a pu être aussi vu lors du deuxième but stéphanois :


Ça part d'une attaque des Verts, avec les trois "attaquants" Nkounkou - Krasso - Cafaro positionnés plus haut que les quatre "milieux" Lobry - Bamba - Monconduit - Bouchouari : le losange est bien aplati sur cette image. La passe de Lobry a destination de Bamba est intercepté par un adversaire et les Valenciennois peuvent partir en contre :


Avec un appel dans le dos de la défense et une passe en profondeur interceptée par Briançon, comme dans le premier exemple. Le ballon arrive dans les pieds de Petrot...


... et via Bamba et Monconduit, de nouveau à Briançon. Qui monte balle au pied...


... avant de de donner à Bamba, qui continue à avancer dans la moitié adverse. C'est pas Nkounkou qui se trouve à sa gauche - il était descendu lors du contre adverse, mais Lobry. 

Bamba s'appuie donc sur Lobry à gauche, qui lui remet le ballon au point de penalty. Le une-deux a bien fonctionné et Bamba marque le dernier but stéphanois de la saison, le 57e.


Conclusions


Pour leur dernier match de la saison les Verts ont été donc dans la continuité des matchs retours. Un jeu porté vers l'offensive, quitte à se découvrir derrière, misant tout sur la capacité des défenseurs de maîtriser les un-contre-un. Du jeu vertical, beaucoup de mouvement, des occasions, des buts - bref, un jeu plaisant à  voir. Et un jeu qui gagne, car ils n'ont perdu que deux matchs depuis fin janvier. Après une première moitié de saison très compliquée, disons de transition, Laurent Batlles semble avoir trouvé les joueurs et la bonne formule. La question qui se pose maintenant c'est si la saison prochaine sera dans la continuité de celle-ci ou si ça sera un éternellement recommencement, après des changements trop importants à l'inter-saison...

lundi 22 mai 2023

ASSE - Quevilly, 4-2 (Cafaro, Chambost, Bamba, Krasso)

Ce n'est pas une question de système


Même si les Verts ont encore une fois gagné en proposant du jeu, ils ont de nouveau encaissé deux buts et ont une des pires défenses du championnat...

La plupart des observateurs mettent le grand nombre de buts encaissés - et d'occasions concédées - sur le dos du système tactique proposé par Laurent Batlles, qui assume le choix du déséquilibre. Mais ce n'est pas toujours le cas, surtout que lors de ce match il avait essayé d'être plus solide : "on voulait être un peu plus costauds que d’habitude en mettant les pistons plus bas". Très souvent, la solidité défensive est une question d'attitude, de rigueur de la part des joueurs, plus que de système utilisé. Voici un exemple qui commence à la 18e minute :


Les Verts sont en place, on observe bien la défense à 5 (Cafaro est un peu haut mais s'alignera rapidement avec les autres), donc avec des joueurs de couloir bien placé. Le triangle au milieu est lui aussi en place, mais très axial, ce qui permet au défenseur droit adverse de monter sans ballon. Comme Nkounkou est le seul joueur stéphanois dans le couloir et il est au marquage de l'ailier, le premier problème défensif à résoudre est de fermer cette zone :


Monconduit et Petrot ferment le jeu sans sortir sur le latéral, qui peut échanger des passes avec l'ailier, surveillé de près par Nkounkou, puis avec un milieu axial, surveillé de pas si près par Chambost. Bouchouari est au marquage d'un autre milieu, devant la défense.


Les Verts se contentent de cadrer leurs adversaires sans les presser, les empêchant de jouer vers l'avant. Par contre, si Nkounkou et Monconduit ont pris les deux joueurs de couloir, Chambost et Bouchouari sont assez loin de leurs adversaires, qui combinent. 


Le problème intervient après, car les Stéphanois s'échangent les joueurs au marquage sans bien se coordonner. Nkounkou prend le latéral et Petrot l'ailier, Bouchouari et Monconduit sont tous les deux sur un milieu, pendant que Chambost quitte complètement la zone. Ce qui laisse un adversaire complètement seul - la capture ci-dessus est faite quand il reçoit le ballon, la suivante quand il fait sa passe...


... cinq secondes plus tard, pressé un peu par Monconduit et Wadji. Il a eu tout le temps d'orienter le jeu, à l'opposé, où un grand espace était libre. Les Verts l'avait laissé jouer en restant loin de lui, mais ce n'est rien comparé à ce qui se passe de l'autre côté :


Krasso est loin du latéral adverse (c'est normal), qui joue avec l'ailier. Cafaro était loin de lui et se jette, se faisant éliminer facilement :


Bouchouari se jette aussi en essayant de couper une passe, mais il est trop en retard et se fait éliminer par l'une-deux. Monconduit est loin et il n'arrive pas à temps pour empêcher la suite de l'action...


... qui voit Appiah anticiper une passe latéral quand elle est partie en profondeur. Un autre Stéphanois éliminé et un déséquilibre créé dans le couloir :


Tout n'est pas perdu, car dans l'axe les autres défenseurs sont en place, Briançon, Petrot et Nkounkou contre deux attaquants. Mais au moment du centre...


... un d'entre eux avait été laissé seul, en retrait. Heureusement, il écrase sa frappe et Larsonneur peut facilement capter le ballon.

Une grosse occasion concédée non par le déséquilibre d'un jeu trop porté à l'offensive, non par des joueurs de couloir trop hauts sur le terrain, mais tout simplement par des Stéphanois toujours loin de leurs adversaires, toujours en retard sur leurs interventions. Comme lors du deuxième but encaissé, quand Fomba est loin de son adversaire et rate son intervention et Briançon ne suit pas son adversaire direct. Quant au premier but, il vient suite à une double perte de balle dans la propre moitié. Les mauvaises stats défensives ne sont pas toujours la consequence du système de jeu...

dimanche 14 mai 2023

Laval - ASSE, 2-1 (Chambost)

Il faut bien finir


Même s'ils se sont procurés de très grosses occasions, les Verts n'ont pas su mettre les ingrédients nécessaires pour s'imposer à Laval, contrairement à leurs adversaires...

Même si le système de jeu est resté le même, l'animation offensive stéphanoise a été légèrement différente dans ce match. Si souvent les milieux relayeurs s'écartaient pour apporter du surnombre dans les couloirs (par exemple contre Bordeaux), ça n'a pas été le cas à Laval. Les Verts ont systématiquement cherché à trouver des joueurs entre les lignes adverses, comme on peut le voir sur deux exemples :


Le premier commence juste avant l'ouverture du score adverse, quand le ballon est donné aux défenseurs, pour organiser une attaque. On voit bien sur cette image le système stéphanois, avec deux attaquants axiaux, Krasso et Wadji, deux ailiers, Cafaro et Nkounkou, trois défenseurs et les trois milieux, dont Chambost le plus haut et Monconduit le plus bas. 


Appiah échange des passes avec Cafaro à droite, puis joue avec Sow, pour changer de côté. Le ballon arrive jusqu'à Petrot...


... qui s'appuie sur Monconduit. Le bloc de Laval est en place, en 5-4-1, mais se laisse aspirer par le ballon :


... ce qui libère un espace, bien pris par Krasso, qui décroche et est trouvé par Petrot. Le décalage est fait et le jeu devient vite vertical :


Krasso trouve Chambost plus haut, qui lance parfaitement Monconduit, qui s'était projeté. Une très belle action collective...


... qui voit Wadji recevoir le ballon à l'entrée de la surface. Malheureusement, il rate son contrôle - une occasion de plus gâchée par l'attaquant, clairement pas dans son meilleur jour.


Cet animation tactique basée sur un jeu vertical vers un milieu situé entre les lignes adverses est encore plus visible un quart d'heure (et un but de chaque côté) plus tard :


Appiah joue une touche à droite et le ballon est transmis jusqu'à Petrot, à gauche. Il s'appuie sur Nkounkou, qui lui le rend :


Si Monconduit se trouve devant sa défense, ses deux relayeurs se trouvent dans la ligne des milieux adverses, cherchant à trouver une zone qui leur permet de recevoir le ballon :


Ainsi, quand Monconduit reçoit le ballon, il se tourne et chercher devant lui Krasso, Chambost et Moueffek, tous entre les lignes. Il n'essaie pas de jouer autrement - il marche (littéralement) avec le ballon pendant 8 secondes en attendant du mouvement de la part de ses trois joueurs :


La solution arrive vers la gauche, avec Moueffek et Chambost, alors Monconduit passe par Petrot, qui à un meilleur angle de passe et trouve Moueffek. La suite de l'action est de nouveau un bel exemple de jeu collectif stéphanois :

Moueffek talonne pour Chambost, qui s'était projeté et qui malheureusement ne reçoit pas le ballon proprement après son une-deux avec Krasso...


Conclusions


Les Verts ont continué avec la même animation après la pause, mais l'adversaire avait compris et s'était adapté. Le bloc de Laval est devenu bien plus serré, surtout après avoir repris l'avantage au score et les protégés de Laurent Batlles ont eu du mal à combiner entre les lignes. Ils se sont procurés nettement moins d'occasions qu'en 1MT, quand ils auraient du tuer le match. Leur défaite est le résultat logique du manque d'adresse en première et d'adaptabilité en deuxième - heureusement, le résultat n'a plus d'importance...