jeudi 14 février 2019

ASSE - Strasbourg, 2-1 (Beric, Perrin)

Parlons foot


La victoire des Verts lors de leur match en retard contre Strasbourg est largement méritée, mais encore une fois la prestation du corps arbitral fait polémique.

Comme le dit Jean-Louis Gasset en conférence de presse après le match, "on ne peut pas parler toutes les semaines de la VAR". Et pourtant, il est difficile de ne pas le faire, l'utilisation de l'arbitrage vidéo changeant une décision de l'arbitre qui était tout sauf une erreur manifeste - à moins qu'on considère une erreur le fait qu'elle était en faveur de l'ASSE...

C'est vraiment dommage de retenir que ça du match contre Strasbourg, surtout qu'il contient une impressionnante démonstration de foot de la part des Stéphanois en première période. Dans cette analyse on va donc parler foot, et pas autre chose, et on regardera de plus près le jeu développé par les Verts en 1MT. Mais avant cela, le contexte : les systèmes tactiques en place.

Systèmes de jeu


Comme à leur récente habitude, les Verts ont aligné une équipe en 3-4-1-2 avec Cabella en soutien des deux attaquants :


Debuchy étant sur le banc (probablement préservé pour la réception de Paris), c'est KMP qui prend la place de piston droit. Diony ayant ressenti une gêne musculaire, Beric est aligné en pointe à côté de Khazri. Et au milieu, la nouvelle paire titulaire de l'ASSE, M'Vila - Aït Bennasser, est alignée pour la première fois. Ce système correspond parfaitement à celui de Strasbourg (3-5-2) et tout laisse penser que la clé du match résidera dans les duels 1-contre-1 dans les couloirs et dans le contrôle du milieu. Mais comme on le verra plus tard, l'approche tactique stéphanoise a été différente en première période. Et comme ça a bien marché, les Alsaciens, menés de 2 buts à la pause, on du s'adapter.

Les deux pistons sont sortis et Strasbourg a évolué en 4-4-2 en deuxième période, pendant que les Verts n'ont rien changé :


Ce changement et la détermination qui a changé de côté ont équilibré le match en 2MT. Et la seule adaptation tactique qui est encore intervenue a été la sortie de Cabella, touché, et l'entrée de Debuchy en piston droit, ce qui a repositionné KMP au milieu : 


Le couteau suisse stéphanois a dezonné nettement moins que Cabella, il a tenu sa place à côté d'Aït Bennasser, puis de Vada, ce qui a permis de rebalancer les débats au centre du terrain. Et malgré un but concédé par l'ASSE sur CPA, cette deuxième période a été assez équilibrée : 50% de possession, 74-75% de passes réussies par chacune des équipes, plus de tirs pour Strasbourg (5 à 2), mais le même nombre dans le jeu (2) ou cadrés (1).

Bref, confrontation équilibrée en 2MT, ce qui contraste énormément avec la 1MT : 74% de possession pour les Verts, 90% de passes réussies, 9 tirs (dont 5 cadrés). Et le premier quart d'heure des Stéphanois est encore plus impressionnant, 78% de possession, 95% de passes réussies (sur 134 tentées en 15 minutes !). Une domination totale, qui mérite le détour.

En première période


Pour mieux comprendre l'animation offensive stéphanoise en première période et l'emprise que les Verts ont eu sur le jeu, regardons quelques exemples. Le premier commence à la 3e :


Les défenseurs de l'ASSE se passent le ballon, de Kolo vers Perrin via Subotic. Les pistons dans les couloirs, M'Vila et Aït Bennasser au centre, Cabella, Beric et Khazri dans la défense. Le dernier décroche pour offrir une solution de passe au capitaine, mais celui-ci préfère un long ballon en profondeur à destination de Beric. Un défenseur adverse le récupère facilement...


... mais il est de suite pris par le pressing de Beric et Cabella. Le Strasbourgeois arrive à le sortir de la surface jusqu'à un de ses milieux, mais le pressing haut continue :


Silva, M'Vila, Aït Bennasser empêchent la passe vers l'avant, c'est le piston gauche qui est recherché. Mais avant que le ballon quitte les pieds du milieu, KMP démarre sa course. Il intercepte le ballon, entre dans la surface et centre pour Khazri, qui est surpris et c'est une sortie de but. Le dégagement du gardien est facilement gagné par M'Vila, le ballon arrive à Gabriel Silva...


... qui joue avec Kolo, les Verts entament une nouvelle attaque. Le jeu est déplacé vers la droite avec Aït Bennasser, Subotic et Perrin. La ligne des deux attaquants adverses n'empêche pas la relance, mais le triangle au milieu colle bien à M'Vila et Cabella. Le capitaine stéphanois monte balle au pied...


... et Khazri décroche de nouveau pour lui offrir une solution, il est servi cette fois-ci. Dès qu'il a décroché, embarquant avec lui un défenseur, Cabella plonge dans cet espace libéré, même s'il était très loin au départ de l'action. Les Alsaciens sont disciplinés tactiquement, le triangle au milieu reste toujours en place, mais la sentinelle ne sert à rien. Même s'ils se trouvent bien serrés entre deux lignes adverses, Aït Bennasser et M'Vila sont régulièrement recherchés par leur coéquipiers. Le premier reçoit le ballon de Khazri et oriente de suite le jeu à gauche, où le décalage est créé :


Cabella, Khazri et KMP se trouvent à droite, la défense penche de ce côté. La sentinelle garde une zone de terrain complètement abandonné, on se dirige vers un duel un-contre-un à gauche entre Silva et son adversaire direct. Sauf que Kolo amène le surnombre, son un-deux avec le latéral brésilien le lançant dans le couloir :


Son centre recherche Beric, les défenseurs qui coulissent de l'autre côté laissent de l'espace entre eux et le placement de l'avant-centre est parfait, pour l'ouverture du score.



Quelques minutes plus tard, Kolo est Subotic s'échangent le ballon...


... et ils combinent ensuite avec M'Vila et Aït Bennasser. Le triangle des milieux adverses est toujours en place, mais il n'y a toujours aucun stéphanois dans l'axe entre les lignes : Khazri est à côté de Gabriel Silva et Cabella vers KMP. Le premier décroche, comme dans l'exemple précédent, et il est servi par Kolo :


Ironie du sort, la sentinelle adverse était montée pour aider ses coéquipiers contre les trois milieux stéphanois, mais dès que Khazri a bougé suivi par un adversaire, Cabella a commencé à courir vers l'espace laissé libre par le défenseur :


Il n'est pas servi - Khazri porte un peu le ballon vers l'axe et change de côté, recherchant KMP. L'appel de Cabella avait resserré la défense du côté opposé, le piston gauche de Strasbourg sort vers son adversaire direct, s'éloignant du reste de la défense : c'est précisément là que Khazri se place, traversant ainsi tout le terrain :


KMP temporise, puis fait un un-deux avec Khazri, avant de décaler vers M'Vila dans l'axe : le bloc adverse est de nouveau en place. Mais comme KMP est maintenant axial, ce bloc se déplace d'un côté...


... et Khazri se trouve tout seul à droite, où il est trouvé par la transversale de M'Vila. Il temporise à son tour et joue en retrait avec Perrin. Si sur l'image précédente on voit bien KMP et Cabella plein axe, 10 secondes plus tard...


... ils se trouvent à droite, à côté de Khazri ! Mais Perrin décide de jouer avec ses compères dans la défense, et après plusieurs échanges, Subotic reçoit le ballon :


Les trois stéphanois se trouvent toujours à droite, contre un seul pauvre latéral, Cabella fait des grands signes. Ce n'est pas lui qui est recherché par la longue passe en profondeur, mais KMP, qui remet en arrière pour Khazri, qui centre au deuxième poteau : le goal adverse capte le ballon. Il le dégage et après deux passes la possession est de nouveau perdue, Ruffier héritant de la balle. Il relance de suite à droite :


Bloc parfaitement en place des deux côtés. Le ballon circule de la droite vers la gauche par des petites passes, il y a un grand espace entre les milieux et les attaquants adverses. Gabriel Silva remet à M'Vila, qui combine avec Aït Bennasser :


Un un-deux, et comme M'Vila est monté plus haut, c'est son coéquipier qui descend, pour recevoir de nouveau la balle, par une talonnade - apparemment ces deux joueurs n'ont pas d'automatismes...


Aït Bennasser écarte vers Cabella, qui laisse passer le ballon jusqu'à KMP. Et ça recommence :


Khazri décroche, échange le ballon avec KMP, puis s'excentre carrément. Cabella plonge dans le dos du défenseur, le latéral stéphanois aussi. Ils continuent de combiner à trois dans le couloir et comme les adversaires avaient bien coulissé...


... Khazri écarte vers ses milieux axiaux. Qui rejouent avec la défense, le ballon arrive à Subotic, le bloc adverse se déplace vers l'axe...


... et bien sûr Cabella, Khazri et KMP sont restés à droite. Le dernier est de nouveau recherché par un long ballon en profondeur. Il contrôle dans la surface...


... mais cette fois-ci il ne remet pas en arrière à Khazri. Il profite de l'appel de Beric pour repiquer vers l'axe et frapper - son tir est repoussé par un défenseur, l'arbitre siffle penalty, déjugé correctement après la vidéo.



Un autre exemple intervient à la 25e, avec une touche de Silva pour M'Vila et un ballon envoyé vers la défense :


Le jeu est écarté vers la droite, jusqu'à Perrin, qui combine avec KMP dans son couloir, qui remet à Subotic :


Pour la suite de l'action, il est intéressant de suivre le positionnement de Cabella et Aït Bennasser, pour l'instant très axiaux, sur la ligne médiane. Subotic joue de nouveau avec Perrin...


... qui joue avec KMP, qui remet dans l'axe à Subotic. Aucun changement au centre du terrain. Comme il n'y a pas de pressing, le défenseur serbe monte balle au pied, ce qui fait reculer tout le bloc adverse :


Cabella et Aït Bennasser sont plus haut, mais toujours très axiaux. Quant à Khazri, il est très excentré, en vrai joueur de couloir, à l'extérieur même de KMP - il profite du fait que le seul joueur de couloir adverse était monté suivre son adversaire direct. Le ballon arrive jusqu'à Khazri à droite...


... ce qui déclenche le mouvement des deux milieux axiaux stéphanois vers ce côté. Un seul milieu adverse a suivi, les deux autres restant un à côté de l'autre dans l'axe, ne servant à rien. A 4-contre-3 sur ce côté, les Verts combinent : Khazri redonne à KMP et repique vers l'axe...


... et c'est au tour de Cabella de s'excentrer et recevoir le ballon. Les appels de Khazri et KMP déplacent trois adversaires, Cabella et Aït Bennasser font un un-deux pour éliminer le quatrième, qui bouscule le numéro 7 de l'ASSE. Sur le coup franc frappé par Khazri, KMP place un superbe coup de tête sorti en extrémis par le goal adverse. Beric récupère le ballon, son premier centre est repoussé, mais le deuxième trouve Perrin, qui marque le deuxième but stéphanois.


Qu'est-ce que tous ces exemples ont en commun ? Un bloc strasbourgeois bien en place, avec une forte densité dans l'axe. Une équipe stéphanoise avec trois éléments offensifs dont un fixe dans la défense et deux autres très mobiles, qui se déplacent un peu partout sur le terrain. Partout, sauf dans l'axe - plutôt sur les côtés donc, amenant du surnombre et créant ainsi des décalages. Et des mouvements clairement répétés à l'entraînement, tellement ils sont récurrents : Khazri qui décroche et Cabella qui plonge dans l'espace, surnombre sur le côté droit et passe en profondeur de Subotic pour KMP, etc. Mais surtout, une grande maîtrise technique, des déplacements, de la volonté de produire du jeu. Bref, du beau football.


Conclusions


Une victoire est toujours appréciable, surtout quand elle vient après une petite disette (1 nul et 3 défaites sur les 4 derniers matchs) et avant la réception de l'ogre parisien. Et surtout quand elle permet aux Verts de se replacer 4e en championnat, à égale distance (3 points) de la 3e place et de leurs poursuivants. Mais au delà du résultat, la manière est très importante aussi, et le foot produit par l'ASSE lors de la première période a été tout simplement impressionnant. Et il a suffit pour prendre un avantage suffisant pour compenser une baisse de régime après la pause. Ça ne suffira pas à chaque fois, c'est sûr, surtout quand le niveau en face sera plus élevé - la marge sera plus faible et les faits de jeu contraires auront une incidence plus importante sur le résultat. Mais après la frustration d'il y a quelques jours, les Stephanois ont trouvé la meilleure réponse possible : ils se sont montrés forts mentalement et ils ont joué au foot, du beau foot en plus. Et ça, personne ne peut leur enlever...

lundi 11 février 2019

Rennes - ASSE, 3-0

Forts dans la tête


Il est très difficile de ne pas être démoralisé par le match de l'ASSE à Rennes, surtout par la prestation du corps arbitral. Mais il y a aussi du positif à retenir, des éléments qui laissent de l'espoir pour la suite du championnat.

Si on s'en doutait que les Verts allaient avoir du mal à marquer en absence de leur meilleur attaquant, Khazri, il était aussi clair que leur problème principal se trouvera au milieu. Le match à Rennes a été le premier de la saison que M'Vila n'a pas démarré en tant que titulaire, tellement importante est sa place dans le jeu stéphanois. Et comme Selnaes est parti en Chine et Diousse en Italie, c'est un milieu de terrain complètement renouvelé que le staff stéphanois a aligné. Dans les mots de Jean-Louis Gasset : "En première mi-temps, la qualité de jeu était bonne malgré l'équipe expérimentale qu'on présentait. Après, on a eu quelques déchets techniques, mais le tournant du match arrive sur une action litigieuse, à partir de là on a dû prendre des risques".

Les Verts se sont ainsi inclinés à Rennes, résultat normal compte tenu de leur manque de réussite, accentué par des grossières erreurs d'arbitrage. Mais si on fait un (gros) effort pour arriver à mettre de côté les faits de jeu contraires, on se rend compte que, malgré son milieu de terrain inhabituel, l'ASSE a proposé du jeu, et plutôt de bonne qualité. Voici quelques exemples du match des milieux stéphanois.

Le milieu stéphanois


Si le système de jeu de l'ASSE était en théorie un 3-4-1-2 avec la paire KMP - Aït Bennasser au milieu, très souvent en phase de relance c'était plutôt un 3-1-4-2, l'international marocain se retrouvant seul devant la défense, comme dans cet exemple à la 6e minute :


Kolodziejczak joue une touche avec Subotic et les deux défenseurs échangent quelques passes. Pendant ce temps, les angles de passe vers la sentinelle stéphanoise sont bloqués par le duo d'attaquants rennais. Le jeu est déplacé de l'autre côté...


... et rien ne change, Aït Bennasser est pris entre les deux adversaires, pendant que ses coéquipiers se font des passes dans la défense. On change de nouveau de côté...


... et le milieu des Verts est toujours difficile à trouver, pendant que son compère, KMP, se trouve dans la ligne des milieux adverses, sans participer au jeu. Kolo essaye donc un long ballon, repoussé facilement par la défense.


Pour comprendre le positionnement plus haut de KMP, il faut tenir compte à la fois de sa maîtrise du rôle de milieu axial, mais aussi de ses caractéristiques, qui offrent au staff stéphanois des options tactiques que la paire M'Vila - Selnaes n'avait pas. Par exemple, à la 13e, après une touche de Debuchy...


... et du jeu en petit périmètre de Hamouma, Perrin et KMP, le dernier écarte le ballon vers Subotic.


Le ballon est envoyé vers la gauche et Gabriel Silva via Kolo, qui le reçoit de nouveau :


Sur cette image on aperçoit le bloc rennais en 4-4-2, ainsi que le positionnement sur la même hauteur des deux milieux axiaux stéphanois. Kolo rejoue avec Subotic et au moment même que le ballon arrive dans les pieds du défenseur...


... KMP démarre sa course : il est trouvé par la longue passe de Subotic. Un très joli contrôle dans la surface et un tir au premier poteau concluent cette action basée sur une projection d'un milieu axial comme on voyait quasiment jamais avec le duo M'Vila - Selnaes.


Un autre exemple de positionnement au centre du terrain commence à la 28e, avec Perrin et Subotic qui échangent des passes :


L'avant-centre adverse n'est pas sur le terrain lors de cette action, il manque dans le bloc rennais. KMP et Aït Bennasser se trouvent à la même hauteur, le dernier est recherché par Subotic...


... et il lance Gabriel Silva à gauche. Les deux lignes de 4 du Stade Rennais sont bien visibles, tout comme le positionnement des Verts :


Les deux avant-centres Diony et Hamouma sont sur la ligne des défenseurs; Silva, Cabella et Debuchy sur celle des milieux. Aït Bennasser reçoit de nouveau le ballon...


... et il combine avec KMP, qui envoye le jeu vers la droite - les deux milieux servent de plaque tournante et font circuler le ballon d'un côté vers l'autre comme la paire M'Vila-Selnaes avait l'habitude de le faire auparavant. A droite ça combine bien...


... KMP et Perrin font un un-deux, avant de donner le ballon à Debuchy. Les déplacements sans ballon de Hamouma et ensuite de KMP amènent tout le monde avec eux, laissant le temps nécessaire au latéral d'ajuster son centre, un de ses 6 effectués en 1MT :


Et le ballon arrive à Diony, qui contrôle difficilement, mais qui arrive à tirer, sur le poteau.



Après une grosse domination bretonne en tout début de la 2MT (86% de possession, 44 passes réussies contre seulement 5 pour l'ASSE !), les Verts sortent la tête de l'eau et reposent le pied sur le ballon. À la 50e, Ruffier relance avec Kolo, qui joue plus haut avec Aït Bennasser :


KMP se trouve un tout petit peu plus haut, rapidement aligné sur la ligne des milieux adverses...


... tout comme Cabella. La sentinelle stéphanoise joue donc en arrière, avec Kolo, qui joue avec Gabriel Silva, qui repasse par l'international marocain :


Et Cabella fait l'appel parfait entre les lignes, où il est trouvé par la passe verticale de la récente recrue des Verts. Il lance ensuite Silva...


... et comme tout le monde se trouve de ce côté, Hamouma est tout seul au 2e poteau. Il est recherché par le centre du latéral gauche, un défenseur repousse de la tête, Diony récupère et joue en arrière pour un tir de KMP, contré. Pendant encore quelques minutes le jeu se déroule autour de la surface rennaise et après une succession de touches et corners, l'arbitre assistant oublie les règles qu'il doit appliquer et le central oublie que ce n'est pas interdit d'utiliser l'assistance vidéo en faveur de l'ASSE.


A l'heure de jeu, le staff stéphanois a procédé à deux changements : un poste pour poste avec Beric à la place de Diony et un autre qui a repositionné KMP :


Vada est entré au milieu à côté de Aït Bennasser et KMP s'est de nouveau retrouvé piston droit, à la place de Debuchy, sorti. Le 5-2-3 a été ainsi maintenu, mais pas pour longtemps, l'entrée de Salibur à la place de KMP à la 78e provoquant un changement de système, un passage à une défense à 4, avec Kolo latéral gauche et Gabriel Silva latéral droit. Un système plus classique, mais dans lequel les Verts ont eu du mal à construire, comme dans cet exemple à la 79e :


De la défense centrale, le ballon est envoyé à gauche, à Kolo. On aperçoit un milieu stéphanois en triangle pointe basse, Aït Bennasser - Vada - Cabella, le dernier ayant une position hybride, à la fois milieu relayeur et excentré à gauche (Hamouma reste en soutien de Beric dans l'axe, Salibur dans le couloir droit). Les Verts continuent à combiner sur la ligne médiane :


Les deux recrues jouent à chaque fois en arrière, et comme la passe de Vada pour Perrin n'est pas précise, les défenseurs reculent. Perrin joue de nouveau avec les milieux...


... et Vada trouve Cabella, qui joue en arrière, imprécis. Les défenseurs reculent encore et après une combinaison à trois Subotic - Aït Bennasser - Kolo, le premier passe à Ruffier :


Le goal stéphanois joue avec Perrin, qui combine avec un milieu...


... pendant que les deux autres se trouvent un à côté de l'autre, n'offrant aucune solution. Le ballon arrive de nouveau à Ruffier, les Verts combinent toujours sans franchir le rideau défensif, mais ils ont reculé de 40 mètres. Comme les Rennais ne se jettent pas vraiment et préfèrent défendre sur la ligne médiane, Subotic peut monter un peu balle au pied :


Vada et Cabella ont changé de place et Subotic ne peut trouver les éléments offensifs qu'à travers un jeu long, il n'y a pas de milieu pour relayer le ballon. Heureusement, son long ballon trouve Beric, qui gagne son duel avec le défenseur et remet en arrière à Vada :


Les Verts se sont vite projetés vers l'avant et il y a un vrai décalage à droite, où Hamouma et Gabriel Silva (qui arrive lancé) sont libres. Malheureusement Vada décide de tirer, mais son tir est contré. Ce n'était pas une attaque construite proprement, mais elle aurait pu se transformer en vraie occasion de but et à ce moment les Verts étaient menés de seulement un but.

Il n'y a pas grande chose à retenir de la suite du match, si ce n'est pas que l'assistance vidéo à l'arbitrage fonctionnait correctement lors de cette rencontre et que l'arbitre savait comment l'utiliser. Pour accorder un penalty contre l'ASSE...


Conclusions


Le score est très sévère, la défaite pas méritée et le sentiment de frustration omniprésent chez les supporters, joueurs, staff et dirigeants. Dans les mots de Jean-Louis Gasset : "J'avais l'impression qu'on ne pouvait pas gagner ce match. Ce n'est pas la première fois. Cela fait deux ou trois fois que j'ai ce sentiment d'injustice. (...) On doit retrouver notre jeu et notre efficacité. Contre les vents contraires, on va essayer de digérer, d’avoir un gros mental". Et il a bien sûr raison - à partir de maintenant c'est le mental qui fera la différence. Les Stéphanois forment une belle équipe, qui manque parfois d'efficacité ou de maîtrise, mais qui joue quand-même bien au ballon. Ça ne suffit pas pour gagner à chaque fois, encore moins quand autant de facteurs sont alignés contre eux. Mais il ne faut surtout pas baisser les bras. C'est dans l'adversité qu'on juge le caractère et il faut espérer que ce groupe en a, parce qu'il en a clairement besoin dans ce championnat...