mardi 10 juin 2025

Les buts verts, 2024-25

Les buts verts 2024-25


Les Verts nous manquent déjà - voici quelques statistiques pour faire passer le temps en attendant la reprise de l'entraînement dans moins de deux semaines...


Types de buts


Il y a eu 39 buts marqués et 77 encaissés par l'ASSE lors des 34 matchs disputés lors de la saison 2024-25, en Ligue 1 - on ignore le matchs de Coupe de France, comme le club le fait depuis plusieurs années. Certains de ces buts ont été inscrits dans le jeu, d'autres suite à un coup de pied arrêté (CPA) et d'autres sur penalty ou des buts contre son camp (csc). On différencie les buts inscrits dans le jeu entre ceux qui ont découlé d'une action construite (par exemple une relance qui part du gardien) et ceux qui ont suivi la récupération du ballon de l'adversaire (un contre, une récupération haute, etc.)

Comme la saison des Verts a eu deux périodes distinctes, une sous Olivier Dall'Oglio (15 matchs) et l'autre sous Eirik Horneland (19 matchs - les mêmes adversaires plus deux fois Reims et PSG en plus), on sépare les statistiques :



La moyenne des buts encaissés est identique sous les deux entraîneurs, 2,26 buts par match, ce qui est énorme et ce qui a probablement été la raison principale de l'avant-dernière place au classement des Stéphanois. Mais il y a aussi des différences entre les deux périodes. Les Verts de Horneland ont encaissé beaucoup plus de buts dans le jeu (75% contre 55%), surtout sur des pertes du ballon - un tiers des buts encaissés sur l'année civile 2025 ont été sur une transition adverse. C'est évidemment le revers de la possession, les Stéphanois ayant une des plus faibles du championnat sous Dall'Oglio - on encaisse moins de buts suite à une perte du ballon quand on n'a le ballon que 20-30% du temps... Une autre différence vient aussi des buts encaissés sur coup de pied arrêté, beaucoup plus en première partie de saison (20% contre 7%). Et finalement, si le grand nombre de buts encaissés sur penalties - 13 ! - est équitablement distribué, il faut noter que les Verts de Horneland n'ont concédé aucun penalty lors de leurs 6 derniers matchs de la saison...

Quant aux buts marqués, les deux périodes ne sont clairement pas similaires, les Verts de Horneland ayant marqué beaucoup plus (1,42 buts/match) que sous Dall'Oglio (0,8) :



Là aussi, le jeu de possession prôné par l'entraîneur norvégien, une philosophie à l'opposé de son prédécesseur, est visible dans les statistiques, avec plus de la moitié des buts provenant d'un jeu construit. Et le travail concernant les CPA a concerné l'aspect défensif, mais aussi offensif - si les buts encaissés sur CPA ont été divisé par deux, les buts marqués ont triplé.

Il est malheureusement assez simple de résumer la dernière saison des Stéphanois du point de vue des buts : une défense très friable peu importe l'entraîneur, mais une attaque beaucoup plus prolifique après le changement de staff.

Contribution des joueurs


Pour regarder les joueurs qui ont le plus contribué offensivement du côté de l'ASSE, il ne faut pas se limiter au nombre de buts marqués ou à ce qu'on appelle passe décisive. Pour chaque but on prend en compte "l'avant-dernier" joueur, mais aussi d'autres qui ont été "impliqués" dans l'action, juste avant le but. Par exemple, l'antépénultième stéphanois qui joue le ballon. Ou le joueur ayant obtenu le penalty, le joueur ayant provoqué le but contre-son-camp, etc. Même si cet exercice est plus difficile à effectuer - il faut regarder les images, non seulement les chiffres secs - on considère qu'il est plus relevant pour la vraie contribution offensive des joueurs. Pour prendre en exemple le premier but sous les commandes de Horneland, marqué contre Reims : Nadé récupère le ballon dans notre moitié, il monte, une-deux avec Cafaro, et centre pour Boakye, qui marque. Dans les statistiques officielles, Nadé est bien sûr crédité d'une passe décisive, mais les chiffres ci-dessous montrent aussi la contribution de Cafaro.

Bref, voici les Stéphanois ayant contribué à au moins 3 buts lors de cette saison :


Le meilleur buteur stéphanois, Stassin (12 buts marqués et avant-dernier pour 5 autres) n'arrive que deuxième de ce classement, étant précédé par Davitashvili, qui en plus de ses 9 buts marqués, avant-dernier pour 8 autres, a aussi contribué à encore 3 autres. On retrouve ensuite l'autre ailier de l'ère Horneland, Cardona (5 buts marqués et passeur sur 5 autres lors de la 2e partie de saison), à égalité avec Tardieu - il a commencé à marquer tard, en fin de saison, mais il a été impliqué dans 10 buts en total. Petrot, souvent critiqué pour son faible apport offensif, reste néanmoins le 5e joueur de l'effectif en nombre des buts auquel il a contribué (4 en avant-dernier, 2 autres étant impliqué dans l'action).

Sissoko et Boakye, pourtant des joueurs offensifs, ne font pas mieux (4) que Nadé et Mouton, même s'ils ont évidement plus marqué que simplement contribué. Ensuite, l'ailier Cafaro a fait aussi bien que les trois milieux Bouchouari, Ekwah et Moueffek- impliqués dans 3 buts chacun. Viennent ensuite avec une contribution de 2 buts chacun, Appiah et Larsonneur (si, si, impliqué à domicile dans le 2e but contre Auxerre et le 3e contre Reims). Wadji et Old (longues blessures), Miladinovic (quasiment pas utilisé), Maçon, Bernauer, Amougou et Batubinsika ont été impliqués dans 1 but chacun, le dernier étant dans ce groupe le seul à avoir marqué, pas juste contribué - le tout dernier but de la saison stéphanoise. 

Si on regarde cette contribution aux buts par rapport au temps de jeu, Davitashvili n'arrive plus en tête - il a été de loin le joueur de camp le plus utilisé et il a été donc impliqué dans un but toutes les 137 minutes de jeu. Cardona et Stassin ont des meilleures statistiques, presque identiques, un but toutes les 104-107 minutes. Suivis de Tardieu, 122 minutes. Boakye (183 minutes), Sissoko (205 minutes) et Cafaro (245 minutes), les autres joueurs offensifs principalement utilisés, ont été décisifs moins souvent. Les deux derniers payant aussi le fait d'avoir joué seulement en première partie de saison, quand c'était le néant offensivement.

Le cas Miladinovic permet d'illustrer les limites de ce genre de statistiques. Il n'a joué que 26 minutes (hors temps additionnel) en championnat, mais il a contribué à un but, déviant de la tête la passe de Larsonneur jusqu'à Stassin, qui, après un une-deux avec Mouton, a marqué le troisième but de la première victoire de Horneland, contre Reims. Ayant contribué à un but toutes les 26 minutes, Miladinovic est donc le joueur stéphanois ayant été le plus décisif cette saison...


Une question de système ?


Revenons aux buts encaissés par les Verts pour adresser un débat concernant le système de jeu (4-3-3) utilisé par Horneland. Vu que les Stéphanois ont encaissé en moyenne autant de buts sous Dall'Oglio (4-1-4-1 / 5-4-1) que sous lui, la réponse facile est que ce n'est pas la faute du système tactique. Mais qu'est-ce qui se passe si on regarde seulement les buts encaissés sur du jeu construit ? On a déjà mentionné l'amélioration sur les CPAs et les phases de transitions - plus nombreuses quand on tient le ballon, regardons les phases défensives classiques : l'adversaire a le ballon, construit une attaque, et les Verts encaissent un but en étant en place tactiquement. Pour faciliter la comparaison, on ne regarde pas les 5 premiers matchs de Dall'Oglio : après la claque historique encaissée à Nice (5e journée), il a changé d'approche, utilisant un système bien plus défensif - un 4-1-4-1 en possession du ballon qui se transformait en 5-4-1 sans le ballon, avec Ekwah reculant au niveau de la défense centrale.

Résultat de ce système (5-4-1) et tactique défensive - bloc bas, sans possession ? Les Verts ont encaissés 6 buts "construits" en 10 matchs. Les 6 étant le résultat des erreurs défensives, mauvais alignement lors d'un hors jeu, adversaire oublié, cafouillage dans la surface, passivité malgré un surnombre de défenseurs stéphanois par rapport aux attaquants.

Quant à Horneland, les Verts proposaient un bloc en 4-3-3 avec un pressing haut dans la moitié adverse et des couloirs couverts par les milieux. Et ils en ont encaissé 19 buts "construits" en 19 matchs. Bien plus, mais si on regarde le détail, dans 14 cas on retrouve les mêmes erreurs défensives qu'avant, le plus souvent le résultat d'une énorme passivité de la défense, pas d'un déséquilibre. A Marseille on observe pour la première fois les limites défensives du bloc stéphanois pour le 3e et 5e but encaissés, le latéral gauche adverse n'étant pas suivi - et encore, pour le 3e but, Larsonneur repousse 2 tirs consécutifs dans la surface,  mais le ballon revient toujours dans les pieds adverses, les défenseurs n'interviennent pas. Et de nouveau en tout fin de championnat, une fois à Strasbourg (jeu à droite de l'attaque, le latéral à l'opposé est libre) et trois autres fois (Strasbourg de nouveau, Monaco, Toulouse) avec un pressing haut sur un latéral adverse par un milieu, qui une fois éliminé, laisse la défense en déséquilibre. En total, seulement 5 buts encaissés car le bloc stéphanois a été dépassé sur une attaque construite par l'adversaire...

Pour faire simple, le bloc équipe sous Horneland n'est pas si responsable que ça dans le nombre de buts encaissés dans le jeu. On retrouve très souvent les erreurs défensives et la passivité de la défense comme cause principale, sans parler bien sûr des phases de transition avec les nombre impressionnant de pertes de ballon et passes ratées. Défendre en bloc bas 5-4-1 sous Dall'Oglio ou presser haut en 4-3-3 sous Horneland revient presque à la même chose, la défense passive et pas au niveau plombe le résultat. 





Contre Nantes, malgré le bloc bien en place, les défenseurs stéphanois cafouillent le ballon dans la surface pour le 1e but et sont extrêmement passifs lors du 2e. Contre Auxerre, lors d'un centre adverse il y a un seul adversaire dans la surface, contre les 4 défenseurs, et il marque tranquillement. Presque la même chose pour le 3e but rennais, sauf qu'il y a deux adversaires dans la surface, un d'entre eux reprend de la tête à côté d'Appiah, qui ne saute même pas. Contre Marseille, Cornud ne s'aligne pas avec le reste de la défense et couvre un adversaire - le 1e but, initialement annulé pour hors-jeu, est validé par la VAR. Positionnement inverse pour le même Cornud lors du 1e but encaissé à Toulouse - il est quelques mètres plus haut que le reste de la défense et il est donc trop court pour empêcher son adversaire direct de reprendre un centre.

Contre Reims, Nadé se fait aspiré par le ballon et ne revient pas, le reste de la défense coulisse vers la gauche pour compenser, l'ailier à l'opposé est libre pour reprendre un centre. Contre Auxerre, seulement deux adversaires se trouvent dans la moitié stéphanoise contre 4 défenseurs et 2 milieux - pourtant, l'ailier gauche se balade devant la défense et marque de l'extérieur de la surface. A Lille, les deux derniers buts sont encaissés dans. un 4-4-1 (Batubinsika avait pris un rouge) et à chaque fois les adversaires combinent tranquillement dans la surface malgré un grand nombre de joueurs stéphanois. Contre Rennes, Appiah se fait éliminer par son adversaire direct, centre en retrait, un adversaire oublié par Cornud marque facilement. A Marseille on observe pour la première fois les limites défensives du bloc stéphanois pour le 3e et 5e but encaissés, le latéral gauche adverse n'étant pas suivi - et encore, pour le 3e but, Larsonneur repousse 2 tirs consécutifs, mais le ballon revient toujours dans les pieds adverses, la défense étant très passive. Contre Angers, de nouveau défense passive, deux adversaires contre 3 défenseurs dans la surface lors d'un centre, un reprend de la tête sur la barre, l'autre finit par marquer, sans opposition. Deux buts similaires contre Nice aussi, ballons mal dégagés par la défense, parades de Larsonneur reprises par un adversaire, pas un défenseur. Le 6e but parisien à la dernière minute de jeu est anecdotique, la défense étant complètement passive. A Lens, même si initialement Appiah se fait aspirer lors d'un pressing, il revient, la défense est en place, mais Nadé ne joue pas bien le hors-jeu comme ses coéquipiers. But encaissé lors du Derby avec une défense passive, un adversaire parvenant à tirer avec 4 stéphanois groupés autour et devant lui. Les deux derniers buts encaissés à Strasbourg sont imputable au système tactique : jeu à droite de l'attaque, le latéral à l'opposé est libre ou pressing haut sur un latéral adverse par un milieu, qui une fois éliminé laisse la défense en déséquilibre. Le but encaissé à la 2e minute contre Monaco l'est aussi - pressing haut déjoué par l'adversaire, défense en déséquilibre. Un autre but n'a rien à voir, ballon repoussé par la défense, tir de loin. Pareil contre Toulouse, 1e - pressing haut déjoué, 3e - bloc en place, ballon mal dégagé, passivité.

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