Un match plus difficile
Même s'ils ont aligné une quatrième victoire consécutive, avec toujours au moins trois buts marqués, les Verts ont eu un peu plus de mal à Dijon que lors des précédentes rencontres...
Le staff stéphanois semble vouloir s'appuyer le plus possible sur le même onze de départ - certainement pour favoriser les automatismes en ce début de saison, n'effectuant d'un match à l'autre que des changements contraints par les blessures :
Breum (blessure musculaire) a ainsi cédé sa place à Davitashvili dans la ligne de quatre offensifs, le reste de l'équipe restant inchangée. En deuxième période, en plus de l'habituelle entrée en jeu de Duffus (à la place de Ballo), Old a pu jouer ses premières minutes officielles cette saison...
... permettant à Bernauer de retrouver sa place de milieu axial. Finalement, en fin de match après la traditionnelle entrée de Baallal pour les dernières minutes, El Jamali a fait son retour sur la pelouse après 7 mois d'absence.
Lors de ce match les Stéphanois ont puni leurs adversaires avec du jeu en profondeur, dans le dos d'une défense placée très haut sur le terrain. Mais si les Verts ont les joueurs pour ce genre d'animation (à la fois pour faire les appels, mais aussi pour la qualité du jeu long), il s'agit ici d'une animation bien plus préparée que ça a l'air.
Par exemple, à la 4e minute de jeu, Bernauer joue un coup franc dans la moitié adverse. Le 4-2-2-2 stéphanois est visible...
... tout comme le 4-4-2 losange adverse. Le ballon est envoyé de gauche à droite jusqu'à Pedro...
... qui échange des passes avec Davitashvili, avant de jouer en arrière vers la défense centrale et le gardien. A ce moment le bloc adverse est relativement bas, avec tous les joueurs dans leur propre moitié. Les Verts passent par Larsonneur...
... ce qui fait remonter le bloc adverse, en les aspirant tellement haut que la défense dijonnaise se trouve dans le camp stéphanois :
Larsonneur trouve Pedro à droite, qui échange de nouveau avec Davitashvili...
... et le une-deux est facilité par les espaces dans le bloc dijonnais. La défense est haute, mais les appels en profondeur de Cardona à droite et Ballo à gauche la font reculer, donc Pedro peut avancer balle au pied...
... et jouer encore une fois avec Davitashvili, qui lance Cardona dans le dos de la défense - son centre est dévié en corner.
Un petit quart d'heure plus tard, un coup franc dijonnais permet de voir le bloc stéphanois bien en place en 4-4-2 :
La passe n'est pas précise et Ballo récupère le ballon. Ses coéquipiers se projettent immédiatement vers l'avant, mais pas tous :
Boakye fait un appel en profondeur attirant les défenseurs, pendant que Cardona fait le déplacement inverse. Ballo joue en arrière avec Csongvai, qui s'appuie sur Cardona, libre, et qui lui redonne le ballon :
La course de Boakye a fait reculer la défense, mais l'offensif stéphanois s'arrête pour recevoir la passe longue de Csongvai devant la défense : les appels dans le dos des défenseurs ne sont pas pour lui, mais pour ces deux attaquants qui arrivent lancés :
Non seulement Cardona et Ballo sont plus rapides que les défenseurs, mais démarrer le sprint avant leur permet d'avoir plusieurs mètres d'avance - malheureusement le rebond ne permet pas à Cardona de maîtriser le ballon.
A peine deux minutes plus tard, une possession dijonnaise est coupée court quand Le Cardinal jaillit devant son attaquant pour intercepter une passe :
Il joue immédiatement avec Boakye, pendant que Cardona démarre son appel en profondeur :
L'appel ne peut pas donner grande chose, il y a plusieurs défenseurs qui couvrent et l'avant-centre part de trop loin. Alors Boakye temporise, garde le ballon...
... avant de jouer en arrière avec ses défenseurs et gardien. La ligne défensive dijonnaise reste haut mettant Cardona hors jeu et cette situation ne change pas pendant des longues secondes :
Larsonneur joue de nouveau avec Le Cardinal, qui garde le ballon, n'étant pas attaqué. Quatre secondes plus tard, rien n'a changé...
... sauf que le bloc adverse est bien en place en 4-1-3-2, avec les défenseurs sur la lignes médiane, Ballo à leur hauteur et Cardona toujours hors jeu. C'est seulement après cinq autres secondes...
... que l'attaque est enfin déclenchée. Csongvai bouge d'un coup et reçoit le ballon de Le Cardinal. Et si on le voit pas sur cette image...
... Cardona était revenu dans sa propre moitié, en jeu, d'où il démarre son sprint, dans le dos d'une défense qui ne peut pas suivre. Et comme à l'opposée Ballo fait la même chose, les deux attaquants stéphanois arrivent dans la surface avec plusieurs mètres d'avance sur les défenseurs, pour l'ouverture du score.
Avoir des attaquants rapides et des milieux capables de longs ballons et jouer contre une défense très haut sont les bons ingrédients pour se créer plein d'occasions de ce type. Mais il faut pour cela se montrer patient, faire aspirer l'adversaire, faire des faux appels, se mettre dans les bonnes conditions de course. Bref, un jeu en profondeur dans le dos de la défense se prépare, et les Verts l'ont très bien fait.
Conclusions
Pour la première fois cette saison les protégés de Ian Cathro ont du s'employer et puiser dans leurs réserves pour décrocher la victoire. Ça a été difficile, ils ont été menés, ils ont concédé deux buts et plusieurs autres occasions, mais ils en ont aussi raté un paquet. Et à la fin, ce match a été la meilleure chose qui pouvait leur arriver en ce début de saison. Un rappel de la difficulté de ce championnat, ça ne sera pas une balade de santé à 3-0 tous les weekends. Mais il a aussi permis de montrer le visage de cette équipe face à la difficulté, et c'est là le plus gros enseignement de ce match : ces Verts ont du caractère, non seulement du talent...