jeudi 18 août 2016

Beitar - ASSE, 1-2 (Lemoine, csc)

Dans la chaude ambiance de Jérusalem, les Verts ont fait honneur à leur statut de favoris et ont gagné sans trembler, 2-1 contre le Beitar. Il y aura un match retour, mais la différence de niveau aperçue, ainsi que ces deux buts à l'extérieur sont des raisons pour vraiment nous mettre en confiance. Tous les buts ont été marqués en première période et dans la deuxième les Stéphanois se sont contentés de gérer le match. Match qui avait mal commencé, avec une ouverture du score assez rapide côté israélien, profitant d'une incompréhension dans notre défense.

Mais nos joueurs n'ont pas baissé les bras et ont répliqué comme il faut, en marquant deux buts rapidement. Et le premier mérite un petit détour, tellement il était rare de voir ce type d'action le dernier temps. Enfin, dernière saison, parce que c'est un but similaire au premier marqué 4 jours auparavant à Bordeaux, suite à un centre parfait d'un de nos latéraux.

Analysons donc ces deux buts récents, marqués suite à des centres.

Centre de Polomat


Menés 3-0, les Verts étaient dans une mauvaise situation samedi dernier. Galtier les avait replacés dans un 3-4-3 assez inhabituel, histoire de figé KTC dans la défense et Pajot au milieu. Polomat était par contre libre de monter et Selnaes d'orienter le jeu. En partant avec le ballon de notre moitié, contre un bloc en 4-1-4-1 bien en place, il peut sembler difficile de se créer une occasion rapidement. Et pourtant, tout tient dans la qualité de passe et les déplacements sans ballon.

Selnaes ouvre parfaitement vers Polomat (PYP) sur la gauche, éliminant par sa passe le premier rideau des milieux (M) bordelais:


Le trio offensif Beric - Hamouma - Söderlund est dans le bloc mais sans créer un vrai danger : le premier est suivi par la sentinelle (6), les deux autres sont pris par trois défenseurs, libérant ainsi le latéral droit pour fermer son côté et la montée de Polomat. 

Et pourtant, une petite seconde plus tard, Hamouma et Söderlund sont un à côté de l'autre, en se plaçant à deux sur un seul défenseur :


Leur appel croisé, Hamouma venant de la gauche vers le premier poteau et Söderlund dans l'autre sens, est parfait, ce croisement leur permettant de se bien démarquer. Et le centre de Polomat est bien sûr parfait, enroulé, arrivant sur la ligne des 6m sur la tête d'Hamouma.

Centre de KTC à Jérusalem


Contre le Beitar, le jeu se passe à droite, toujours lors d'une attaque placée. Il y a déjà eu une série des passes entre KTC, Pajot et KMP, ce qui a attiré un peu le bloc israélien de ce côté. Il n'y a pas de déséquilibre proprement dit, même si on a réussi à attirer 4 joueurs (un milieu défensif, leur offensif, ainsi que les deux joueurs de ce couloir). Beric est bien pris par les deux défenseurs centraux, Hamouma par son adversaire direct (hors cadre). Finalement, Lemoine est central, mais surveillé de prés par les deux autres milieux :


Neanmoins, Beric et Hamouma jouent parfaitement le coup, en faisant tous les deux un appel vers le côté droit et en aspirant ainsi tous les défenseurs, laissant le centre de la surface vide pour l'appel de Lemoine. Appel suivi d'un centre parfait de KTC, arrivant pile dans les jambes de Papy : 


Conclusions


La qualité des deux centres est bien sûr exceptionnelle, le ballon arrive pile où il faut. Et il faut aussi souligner la présence Stéphanoise dans la surface, il y a au moins deux joueurs prêts à recevoir le ballon, un faisant un appel au premier poteau, l'autre au deuxième. Mais en plus de tout ceci, il faut remarquer la qualité des mouvements sans ballon, mouvements qui créent en fait le danger des ces actions. Le placement de Hamouma et Söderlund suivi de leurs appels croisés ou le déplacement intelligent de Hamouma et Beric pour créer l'espace dans la surface sont des superbes exemples des courses dans le vide. A refaire, sans modération.

mardi 16 août 2016

Bordeaux - ASSE, 3-2 (Hamouma, Söderlund)

À la recherche de l'équilibre


Malgré un réveil tardif, les Verts n'ont pas pu revenir au score à Bordeaux et se sont donc inclinés 3 buts à 2. Au delà du résultat, les stéphanois ont montré un style de jeu assez inhabituel, surtout lors de la première période - tentative de décryptage.

En conférence de presse après le matchs, Galtier a souligné la désorganisation dont on a fait preuve lors de la deuxième période, tout en mentionnant la qualité du jeu développé lors de la première. Et l'impression visuelle en première mi-temps a été assez claire : des stéphanois en train de faire le jeu et étouffer les girondins jusqu'à un but contre le cours du jeu sur coup de pied arrêté. Et même si cette animation offensive mise en place en début de match n'a pas fait mouche, elle était assez élaborée pour mériter une analyse détaillée.

Double pivot


Le terme de double pivot est en général utilisé pour un milieu à deux axiaux qui jouent à la même hauteur sur le terrain (donc un 4-4-2 ou un 4-2-3-1). Ces deux milieux ce projettent en attaque à tour de rôle, quand un monte l'autre reste couvrir derrière. On peut imaginer ce genre de mouvement dans un système 4-3-3 à pointe basse aussi, comme celui utilisés par les Verts à Bordeaux :

 
Avec des absences au milieu du terrain, Galtier a du associer Pajot et Corgnet à ce poste. Le style de jeu du premier consiste exactement dans ce genre de course verticale et le deuxième est naturellement plus porté vers l'attaque. Les projections vers l'avant, dans l'espace entre les lignes, étaient donc un élément auquel on aurait pu raisonnablement s'attendre dans la tactique stéphanoise.

Deux pivots et des ailiers inversés


Et non seulement ces deux milieux se sont projetés, mais ils l'ont pas fait à tour de rôle, comme dans un double-pivot standard. Aidés par la présence d'un milieu reculé, Selnaes, ils se sont projetés souvent en même temps. Et, élément assez inhabituel, leur but n'était pas d'occuper l'espace entre les lignes. Non, leur but était de se placer dans la défense, sur la même ligne que l'avant-centre.

La raison pour ce placement des deux milieux axiaux vient de la nouvelle utilisation des ailiers : comme lors des matchs précédents, Galtier utilise deux ailiers inversés qui sont en plus des fins manieurs du ballon, Hamouma (droitier) à gauche et Tannane (gaucher) à droite. Leur rôle est d'être des meneurs de jeu entre les lignes. Et en plaçant des milieux avec les défenseurs adverses, les Verts empêchent les latéraux bordelais de suivre leurs adversaires directs :




Deut pivots, ailiers inversés et des latéraux qui montent


Les ailiers qui piquent vers l'intérieur, les milieux axiaux qui montent dans la défense et qui obligent ainsi les latéraux à les serrer avec les centraux, ça libère les côtés pour des montées de nos latéraux. Voici par exemple le début d'une attaque Verte à la 6ème minute :


Une attaque standard, Selnaes descend au niveau de la défense pour aider avec la relance (il y a deux bordelais pour faire du pressing en dehors du cadre). Hamouma, Beric, Tannane sont pris par les quatre défenseurs et Corgnet et Pajot commencent à se placer derrière la première ligne de 4. Après une première tentative de jeu sur la gauche le jeu est déplacé sur la droite et, après seulement 15 secondes, la configuration stéphanoise a complètement changé :


La défense bordelaise est occupée par Corgnet, Beric et Pajot. Hamouma s'est placé entre les lignes, obligeant ainsi les deux milieux axiaux adverses de reculer, Tannane quitte son côté en portant le ballon, laissant la place pour la montée de KTC. Le but est simple : aucun défenseur ne peut monter sur Hamouma, ils ont chacun un adversaire, donc la passe de Tannane le trouve dans un belle position de meneur de jeu, capable de tirer ou passer plus loin vers Beric ou Pajot.

Dans un autre exemple, cinq minutes plus tard, on joue côté gauche, avec la montée de Polomat cette fois-ci :


On voit Hamouma resté sur son côté, aidé par la montée de Polomat, mais Tannane est bien placé dans l'axe, dans un endroit abandonné par les milieux bordelais, qui n'avaient pas d'autre choix que de descendre avec Corgnet et Pajot dans la surface.


Pourquoi on a perdu ?


Est-ce que cette tactique et ce positionnement moins habituel de nos joueurs ont fonctionné ? Au vu de la physionomie de la première période, on dirait que oui. Les girondins ont été forcés à jouer bas et ont été constamment sur pression (8 ballons dégagés de la surface ou juste devant dans les premières 12 minutes). Le but marqué sur coup de pied arrêté est juste un fait de jeu qui ne dépend pas de la tactique mise en place. On a vraiment assisté à une première mi-temps avec beaucoup de mouvement et des courses dans le vide de la part de nos Verts, beaucoup plus que ce que nous avions habitude.

Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Ben, si dans les exemples ci-dessus il y avait à chaque fois un des deux latéraux qui montait et l'autre non, ça n'a plus été le cas après la pause. La montée simultanée des deux latéraux, combinée avec le positionnement haut de Pajot et Corgnet, plus leur incapacité de se replacer vite à la perte du ballon (fatigue pour le premier ? habitude pour le deuxième ?), ont fait qu'il n'y avait plus d'équilibre dans notre jeu et toute perte de balle était très dangereuse.

Cette situation a été résolue par Galtier avec des changements, mais aussi en figeant la position des joueurs : KTC n'avait plus le droit de monter, il restait avec la défense, mais Polomat si, fort heureusement. Le double piston a été cassé aussi, Pajot étant obligé de rester à côté de Selnaes et Corgnet a été remplacé par Tannane, puis Söderlund, rendant ainsi naturel son positionnement dans la défense. Malheureusement, le rééquilibrage est intervenu trop tard, le mal était fait.

Ça faisait long temps que nous n'avons pas vu une telle animation offensive de la part de nos joueurs, avec des courses dans le vide et des déplacements intelligents pour créer des décalages. C'est venu avec le prix d'une défaite (et encore, si la frappe de Pajot entrait dans le temps additionnel...), mais ça reste très prometteur, une fois l'équilibre attaque-défense trouvé.

samedi 13 août 2016

AEK - ASSE, 0-1 (Beric)

Et voilà, les Verts ont passé le tour préliminaire aux dépens de l'AEK Athènes, après une double confrontation maîtrisée, l'expérience des dernières années a fait la différence. Pas de but encaissé à domicile, un but marqué à l'extérieur assez tôt pour gérer tranquillement le match ensuite.

Même si l'adversaire était plus fort que ce qu'on a d'habitude de rencontrer à ce stade de la compétition, il n'a pas pu inquiéter notre équipe plus que ça. Ils arrivaient à manier le ballon au milieu, mais sans jamais imposer un rythme pour nous déstabiliser. Par contre, leur entraîneur expérimenté a été clairement capable d'identifier des points faibles dans le jeu. Si lors du premier match, il a su s'adapter à la pause à la faille trouvée par Galtier, lors du deuxième match les seules vraies occasions grecques sont toutes issues du même mouvement : jouer à gauche, attirer le bloc Vert là et faire une longue transversale pour la monté de leur latéral droit, Rodrigo Galo (numéro 12).

Voilà trois captures d'écran faites juste avant la transversale, on voit à chaque fois le bloc stéphanois en place, coulissé vers sa droite et l'espace laissé sur la gauche :





Il n'y a pas grande chose à dire dans l'attitude défensive de Hamouma (H), toujours présent dans le bloc défensif, bien placé à la hauteur de la première ligne et aligné bien devant Polomat (PYP). Mais quand son adversaire direct, le latéral droit - le 12, monte et prend l'espace dans son dos, c'était à lui de le suivre. 

Lors de la première image, le danger n'est pas très grand, le 12 n'a pas pris l'espace et Hamouma est assez proche de cette zone. Lors de la deuxième, Hamouma et Polomat sont assez loin de la zone, mais le 12 est tout seul (son ailier, le 7, Barbosa, n'est pas à son poste) - lorsque la transversale arrive, nos deux joueurs arrivent facilement à fermer le latéral adverse. Par contre, lors de la troisième image, le danger est bien là: le 12 a pris l'espace dans le dos d'Hamouma et Polomat est pris par son adversaire direct, le 7. Résultat de la transversale? Polomat doit sortir sur le 12, se fait éliminer trop facilement et celui ci centre pour la tête du 7 au premier poteau, la plus grande occasion grecque.

Le côté Polomat-Hamouma semble avoir été identifié comme un point faible des notre équipe sur ce type d'action où on attire le bloc d'un côté pour changer avec une transversale de l'autre. Heureusement pour nous, ça n'a pas eu d'incidence sur le résultat final, mais il faudra clairement améliorer cette situation défensive lors des matchs suivants.

mercredi 10 août 2016

Liste UEFA et mercato

Petit rappel pour les listes des joueurs UEFA :
  • la liste B contient un nombre illimité de joueurs de moins de 21 ans qui ont joué deux ans au club
  • la liste A contient jusqu'à 25 joueurs :
    • maximum 21 joueurs (minimum 4 français) non-formés au club
    • minimum 4 joueurs formés au club (au moins deux ans au club avant les 21 ans)
    • au moins 2 gardiens dans les 25

Pour l'ASSE, avant les barrages, la liste A contient (en gras les joueurs formés au club) :
  • Moulin, Ruffier
  • Perrin, Polomat, KTC, Pogba, Malcuit, M'Bengue, Sall
  • Selnaes, Dabo, Lemoine, Clément, Pajot, Corgnet, Milla
  • Roux, Tannane, Hamouma, KMP, Söderlund, Beric, Mollo, Pinheiro
Donc 21 joueurs non-formés et 3 formés au club. Tous les jeunes qui ont du temps de jeu avec les pro (Bamba, RPG, Karamoko, etc.) sont sur la liste B, pour ne pas occuper des places chères sur la A. Sur ces 24 joueurs sur la liste A, un est déjà parti (Sall) et deux sont prévus pour jouer avec la réserve, mais ils ne remplissent pas les critères de la liste B (Milla et Pinheiro). 

En supposant que les éventuelles recrues ne sont pas formées au club, il reste à l'heure actuelle une seule place disponible sur la liste A, celle de Sall. Tout autre recrue devrait prendre la place de quelqu'un d'autre : soit d'un joueur pour la réserve (comme Milla) ou d'un départ (comme Corgnet ou Mollo).

On peut donc résumer l'effectif qui sera à la disposition de Galtier ainsi : 
  • des jeunes de moins de 21 ans
  • 2 gardiens (Ruffier, Moulin)
  • 17 joueurs de champ (Perrin, Polomat, KTC, Pogba, Malcuit, M'Bengue, Selnaes, Dabo, Lemoine, Clément, Pajot, Roux, Tannane, Hamouma, KMP, Söderlund, Beric)
  • 5 autres places disponibles, dont 4 sont occupées à l'heure actuelle par Corgnet, Mollo, Pinheiro et Milla

Bilan des matchs amicaux été 2016

L'ASSE a fini les matchs de préparation de l'été 2016 avec une nouvelle défaite, 0-1 contre Wolfsburg, continuant ainsi la série des mauvais résultats 1-4 contre Lausanne, 1-2 contre PSV et 0-1 contre Tours, le seul résultat positif étant obtenu lors du premier match, victoire 3-1 contre Clermont.

Si le résultat et le score sont en général anecdotiques lors des matchs de préparation, des renseignements peuvent être tirés. Tout d'abord, le système de jeu : Galtier a commencé la préparation dans un 4-4-2 à plat, avec deux avant-centres, mais après les trois premiers matchs dans ce système, il est revenu à un 4-3-3 plus habituel.


En ce qui concerne le temps de jeu, voilà les minutes jouées par poste et par joueur :

Gardien : Ruffier - 315 minutes, Moulin - 135

Latéral droit : Pierre-Gabriel - 255, Malcuit - 175, Dekoké - 20
Latéral gauche : Polomat - 235, M'Bengue - 90, Constant - 65, Cabaton - 60
Défenseurs centraux : Perrin - 250, Pogba - 250, Théophile-Catherine - 170, Karamoko - 160, Polomat 65, Souici - 5
Milieux axiaux : Lemoine - 277, Dabo - 230, Clément - 190, Corgnet - 150, Selnaes - 130, Souici - 50, Pajot - 30, Tannane - 23
Milieux excentrés : Monnet-Paquet - 255, Bamba - 170, Hamouma - 165, Tannane - 110, Nordin - 70, Mollo - 68, Roux - 60
Avant-centre : Beric - 240, Roux - 240, Maupay - 85, Saint-Louis - 72, Corgnet - 40, Söderlund - 30, Hamouma - 15


Les différents systèmes utilisés et les contraintes des matchs de préparation avec beaucoup de changements ont obligés certains joueurs de jouer à plusieurs postes. Ainsi Hamouma a dépanné en avant-centre 15 minutes, Corgnet a joué en deuxième avant-centre dans un 4-4-2 aussi, non seulement en milieu axial et Tannane a fini en milieu axial (en "10") les dernières minutes du dernier match amical. A noter aussi que Théophile-Catherine n'a joué aucune minute à son poste de latéral droit pendant les matchs de préparation.


Au total, 31 joueurs différents ont été utilisés, parmi eux 3 ne sont plus au club (Constant, Maupay, Dekoké) et 5 autres joueront probablement plutôt avec la réserve (Pierre-Gabriel, Cabaton, Karamoko, Souici, Nordin). Et sur les 23 joueurs qui restent, Romeyer a annoncé que 4 peuvent partir (Corgnet, Mollo, Bamba, Saint-Louis), mais aussi qu'au moins deux recrues sont attendues


Espérons que les 21-23 joueurs qui constitueront le groupe principal utilisé par Galtier auront des meilleurs résultats dans les matchs officiels que lors des amicaux !

vendredi 5 août 2016

Europa League 2016-17, la suite

Des matchs à suivre


Maintenant que les matchs des barrages pour accéder aux groupes de la Ligue des Champions et la Ligue Europa sont connus, on peut se projeter sur le tirage au sort du 26 août. Si on se qualifie pour les poules au dépens de Beitar, on peut raisonnablement s'attendre à être dans le deuxième chapeau pour le tirage au sort - même si des mauvaises surprises dans d'autres matchs peuvent nous envoyer dans le troisième chapeau. Notre future épopée européenne est donc partiellement impactée par d'autres matchs, surtout ceux des barrages de C1.


Les potonautes avec du temps libre les mardis et mercredis soirs peuvent donc jeter un coup d’œil à quelques matchs de Ligue de Champions, avec en gras l'équipe à supporter :
  • Ludogorets - Viktoria Plzen
  • Dinamo Zagreb - Salzburg
  • Celtic - Hapoel Beer-Sheva
  • Copenhagen - Apoel
  • Dundalk - Legia
  • YB Berne - Monchengladbach
  • Ajax - Rostov 
Si quatre ou plus des équipes en gras se qualifient, alors nous serons dans le 2ème chapeau au tirage au sort des poules.

Si moins de quatre équipes en gras seront qualifiées, il faut que ça soit compensé par des éliminations dans les barrages de la Ligue Europa. Ainsi, si seulement trois équipes se qualifient, une équipe ci-dessous doit être éliminée, si seulement deux se qualifient, deux ci-dessous doivent être éliminées, etc. Bref, si on a trop de surprises dans les barrages de C1, il faut compenser par des surprises dans les barrages de C3. L'élimination de ces équipes pourrait ainsi faire le bonheur des Verts : Shaktar Donetsk, Olympiacos, Anderlecht, AZ Alkmaar, Fenerbahce, Sparta Prague, PAOK, Genk et BATE.


Pour résumer, on suivra de près les matchs de C1 aussi en espérant que les favoris listés plus haut se qualifient. Et si moins de 4 favoris sur 7 y arrivent, on suivra de près des matchs de C3 aussi, en espérant que d'autres favoris passent à la trappe.

Mais bien sûr, on suivra surtout les matchs de nos Verts, car tout ceci n'a aucune importance si on ne se qualifie pas contre Beitar...
 

Et justement pour parler de Beitar Jerusalem, prochain adversaire européen des Verts


Cette saison, ils ont démarré la compétition fin juin avec le 1er tour préliminaire de la Ligue Europa : qualification 0-0 à l'extérieur et 1-0 à la maison contre Sloboda Tuzla (Bosnie Herzegovine). Suivie d'une qualification 1-0 à domicile et 2-3 à l'extérieur contre Omonia Nicossia (Chypre) et une contre Jelgava (Létonie) 1-1 à l'extérieur et 3-0 à domicile. Le championnat national démarrera le 20 août, donc entre les deux matchs contre l'ASSE.

La saison dernière ils ont fini 3ème du championnat domestique et 3ème aussi de la phase de play-off qui en a suivi, mais très loin (58p) des deux premières places (Hapoel et Maccabi à plus de 80p). Leur précédente campagne européenne s'est fini en 2ème tour préliminaire de C3 en juillet 2015, élimination par Charleroi.

Pour les 5 dernières saisons, c'est seulement lors des deux dernières que Beitar finit dans le top 6 du championnat domestique.


Un système 4-3-3 a été utilisé lors des six matchs officiels de cette saison , avec une équipe type qui ressemble à ça :
Kleyman - Magbo, Mori, Rueda, Raly - Claudemir, Moyal, Einbinder (c) - Atzily, Valpoort, Shechter

En gras, les joueurs importants de cette équipe, le défenseur Jesus Rueda (ESP, 29, arrivé de Valladolid il y a un an), les milieux Claudemir (BRE, 31, arrivé de National au Portugal il y a deux ans) et Einbinder (ISR, 27, arrivé de Maccabi Tel Aviv il y a un an) et surtout le jeune Atzily (ISR, 23), auteur de 4 des 8 buts marqués dans les six matchs des tours préliminaires.

Dernier détail concernant ce club : leurs couleurs sont le jeune et noir, comme pour notre adversaire précédent.

samedi 30 juillet 2016

ASSE - AEK, 0-0

Des fissures dans un bloc grec

Premier match de la nouvelle saison et première analyse de la tactique mise en œuvre par les Verts. Et on peut dire que ce match de Coupe d'Europe, contre un adversaire avec une riche histoire européenne, a été riche en choix tactiques des deux côtés.

Jouer contre un bloc en 4-4-2


Souvent les équipes défendent dans un système 4-4-2, un bloc défensif qui couvre bien toute la largeur du terrain. Comme les Verts rencontreront souvent ce type de défense, il y aura probablement toute une suite d'articles pour illustrer les différentes types d'attaques possibles. Mais pour l'instant, commençons avec les bases.

Dans un bloc en 4-4-2, le premier rideau défensif (les "2") est censé empêcher la relance en faisant un pressing sur les défenseurs centraux adverses. Le deuxième rideau (les "4" au milieu) a le rôle de coulisser de gauche à droite pour couper les trajectoires de passe vers les attaquants. Finalement, entre les deux lignes de 4 il y a un espace "vide", très réduit dans le cadre d'un bloc "compact". La qualité d'un bloc en 4-4-2 dépend de ces trois éléments : le pressing du premier rideau, le positionnement et déplacement en largeur du deuxième et l'espace entre les deux lignes de 4.


Dans le schéma ci-dessus, les Verts attaquent contre un bloc en 4-4-2... et pour l'instant seulement 9 joueurs de champs sont représentés : l'avant-centre qui occupe la défense centrale, deux joueurs dans chaque couloir, deux milieux axiaux et les deux défenseurs centraux de qui part la relance.

Dans une approche classique, le dixième joueur de champ est le meneur de jeu positionné entre les lignes adverses - son rôle c'est de se démarquer là-bas, recevoir le ballon et orienter le jeu dans les 30 derniers mètres. Cependant, il existe une autre possibilité, de plus en plus utilisée dans le foot moderne, placer le meneur de jeu dans un endroit moins encombré :


On obtient ainsi une équipe qui attaque en 4-3-3, système qui abandonne donc l'espace entre les lignes adverses, mais qui a d'autres avantages. Le positionnement des joueurs crée des trajets de passe naturels pour amener le ballon sur l'aile (en noir) et favorise aussi le jeu en triangle sur les côtés (en blanc). De plus, si les deux défenseurs centraux peuvent avoir du mal à relancer proprement sous le pressing de deux adversaires, le fait de placer un milieu central assez bas permet de se défaire plus facilement de ce pressing.

L'approche verte


Les Verts ont joué dans ce système contre l'AEK, avec Selnaes dans le rôle de ce milieu axial reculé. A trois, ensemble avec Perrin et Pogba, ils se sont calmement sorti du pressing du duo adverse, en sortant tous les ballons proprement. 

En même temps, Galtier n'a pas abandonné l'espace entre les lignes adverses non plus. Il a choisit de démarrer avec deux ailiers inversés : Hamouma, droitier, à gauche et Tannane, gaucher, à droite. Un ailier qui joue "sur son mauvais pied" à tendance d'aller vers le centre du terrain, donc vers cet espace entre les lignes.

 

Il est fort probable que l'analyse vidéo de l'adversaire avait permis à notre coach de remarquer des failles dans le bloc adverse, moins compact que ce qu'on rencontre souvent dans la Ligue 1 et avec des milieux qui coupent moins bien les trajectoires de passe.

Les meilleures attaques Vertes sont ainsi survenues quand nos excentrés ont pris cet espace axial entre les lignes. Tannane plutôt en venant avec le ballon de son côté, Hamouma plutôt en faisant des appels pour le recevoir dans cet espace. Comme lors des deux frappes cadrées du match, dans les dernières 5 minutes de la première mi-temps, voici à titre d'exemple la passe de Selnaes (S) pour l'appel de Hamouma (H) à la 44ème minute :


Malheureusement pour nous, le coach adverse n'est pas un débutant et il a pris les mesures nécessaires à la pause. Comme remarqué par plusieurs potonautes, en 2ème mi-temps AEK a joué avec un milieu entre les lignes, défendant ainsi en 4-1-4-1. Ça a permis à Selnaes d'avoir plus de liberté, de monter plus haut, il n'avait plus besoin d'aider les centraux se défaire d'un pressing de deux adversaires. Par contre, le milieu adverse placé entre les lignes rendait plus difficile la tactique de trouver Hamouma là-bas, ou au moins de le trouver dans des bonnes conditions. Dans la capture d'écran ci-dessous on voit bien le même appel de Hamouma (H), mais dans un  4-1-4-1 adverse (le milieu gauche d'AEK n'est pas visible, il est représenté par "AEK") :



Malheureusement les Verts ne se sont pas adaptés au nouveau système adverse, probablement pour ne pas trop se découvrir. L'approche classique contre un 4-1-4-1 est de passer par les côtés et bouger le bloc de gauche à droite jusqu'à ce que des espaces se créent. Mais ça implique un apport offensif important des latéraux, risque que Galtier ne voulait pas prendre à la maison dans ce type de confrontation.

Conclusions


Pour ce premier match de la saison, les Verts se sont trouvés face à un bloc 4-4-2 avec quelques failles qui ont été exploitées par la tactique mise en place, malheureusement pas jusqu'au bout. Un autre bloc leur a été proposé après la pause, mais la tactique n'a pas été adaptée en conséquence, probablement par précaution. D'autres tactiques sont évidemment possibles pour venir au bout de ces systèmes défensifs et les Verts les mettront sûrement à l’œuvre cette saison - on ne ratera pas l'occasion de les décrire dans les prochains articles.