dimanche 30 juillet 2017

Ça commence !

Les matchs de préparation sont finis et la saison officielle de l'ASSE commence dans quelques jours. A quoi peut-on s'attendre pour le premier match, la réception de Nice ?

L'intersaison a été mouvementée du côté de Saint-Etienne, avec des changements importants. Il est trop tôt pour se faire une idée claire du futur style de jeu des Verts : l'effectif bougera probablement encore avant la fin du mercato, le staff adaptera la tactique aux joueurs à sa disposition et, dans tous les cas, il faut du temps pour s'approprier un style de jeu. Cette nouvelle (?) approche tactique sera analysée au fur et à mesure que la saison avance, pour l'instant on va se contenter d'une mise-en-bouche, un petit aperçu de ce qui nous attend. 

Il n'est pas évident de tirer des conclusions à partir des matchs de préparation. Mise à part la qualité des images - quand elles existent - le rôle des matchs amicaux est de permettre au staff d'essayer plusieurs options et plusieurs joueurs, afin de se faire une meilleure idée. Rien ne garanti donc que ce qu'on a vu dans un amical sera revu régulièrement plus tard. On ne commencera donc pas les analyses tactiques de la saison avec les matchs amicaux... mais il y a quand-même un aspect intéressant à mettre en évidence, surtout dans la prisme du premier match officiel.


Des buts grâce à une récupération haute du ballon


L'ASSE a marqué 9 buts lors des 4 premiers matchs amicaux de l'intersaison, aucun lors des 2 derniers. Si on enlève de ces buts les 2 penalties et celui sur CPA, les six buts restants, marqués dans le jeu, ont tous été marqués suite à une récupération du ballon. Et si deux de ces buts (le 3ème contre Dijon et celui contre Real Sociedad) sont partis d'un ballon récupéré dans notre moitié (ce qu'on peut appeler un "contre"), les quatre autres font suite à un ballon récupéré dans la moitié adverse. Contre Nyon, Maupay presse le gardien adverse qui rate son contrôle et Hamouma profite. Contre Ajaccio, le pressing de Kenny, Lemoine, Bamba et Dabo dans le rond central permet au dernier de récupérer le ballon et de lancer Hamouma - son centre est repris acrobatiquement par Bamba. Pour le premier but contre Dijon, Dabo récupère le ballon dans la moitié adverse, il lance Beric, qui lance Bamba, qui marque. Pour le quatrième but contre Dijon, le pressing de Kenny et Pajot sur un adversaire dans sa surface permet au dernier de récupérer le ballon - son centre est repoussé dans les pieds de Janko, qui centre pour la remise de la tête de Diony.

Et ceux-ci sont seulement les buts. Les Verts se sont procuré d'autres occasions suite à une récupération haute. A titre d'exemple, en début du match contre Southampton :


Le ballon circule entre les défenseurs centraux, via Pajot - pointe basse du triangle du milieu sur cette action - et RPG le reçoit dans son couloir. Hamouma fait un appel un profondeur sur son aile...


... mais seul contre deux adversaires, enfermé dans le coin, il perd le ballon. Au lieu de reculer, les Verts restent haut et enferment le jeu dans le coin. RPG, Selnaes et Beric ont chacun un adversaire, il n'y a pas de passe simple possible. Mieux, Selnaes attaque le porteur de balle et Dabo vient prendre sa place dans le pressing.


Le porteur de balle, dos au jeu maintenant, n'a qu'une possibilité facile de passe, toujours dans le coin. Beric anticipe cette passe en retraite, alors l'adversaire essaye une passe risquée... interceptée par Dabo. Le pressing haut, déclenché dès la perte du ballon, a permis aux Verts de le récupérer de nouveau, dans une position très intéressante :


Dabo sort le ballon de la zone agglomérée en le donnant à Selnaes. Celui-ci le perd d'abord, tombant dans la surface suite à un contact avec un adversaire, mais il se bat et il le récupère quelques secondes plus tard :


Il le donne à KMP, qui était resté loin de l'action, qui lance en première intention Beric dans le dos de la défense - malheureusement la reprise acrobatique du Slovène est trop molle pour inquiéter le gardien. Ceci n'était qu'un exemple parmi d'autres vus pendant les matchs de préparation, ce qui fait penser qu'on verra souvent les Verts user de cette tactique. On ne détaillera pas ici les différentes manières de faire un pressing haut, ni les avantages ou les risques de ce style de jeu - on a toute la saison pour ces analyses. Mais ça valait le coup d'en parler, surtout vu notre prochaine opposition.

Le premier adversaire - Nice


Notre premier adversaire de la saison a connu une intersaison moins agitée que la notre - pas de changement de staff et peu des changements dans le 11-type (au moins pour l'instant, le mercato n'est pas fini). Non seulement ils ont des bases solides (et efficaces, comme l'atteste leur podium la saison dernière), mais en plus ils ont déjà commencé la saison en passant par les tours préliminaires de la Ligue des Champions. Et surtout, quand il s'agit d'une récupération haute, les Niçois maîtrisent à la fois comment en profiter mais aussi comment empêcher l'adversaire d'en faire. A titre d'exemple, le match aller contre l'Ajax Amsterdam.

Savoir profiter de la récupération haute...
32ème minute, touche pour l'Ajax assez bas dans leur moitié. Les Niçois sont en nombre (8) dans la zone :


Le ballon est renvoyé vers le coin du terrain, où le latéral est pressé par deux Niçois. Il choisit de dégager n'importe comment (le contraire de ce que le joueur de Southampton a fait dans l'exemple précédent). Et comme la présence Niçoise est importante à la retombée...


... le ballon est récupéré, le milieu de Nice profite du trou laissé dans la défense pour aller dans la surface...


... il centre et ça fait but.

... et savoir se défaire du pressing haut de l'adversaire
Même pas trois minutes plus tard, une longue phase de possession pour l'Ajax dans la moitié adverse. Nice est tellement bas que son avant-centre se trouve à pas plus de 40m de son propre but, les deux centraux ayant passé la ligne médiane :


Le ballon est passé latéralement et une des passes est interceptée, elle rebondit jusqu'à l'avant-centre...


... qui joue en retrait avec le gardien - son équipe étant très bas, il faut laisser le temps au bloc de remonter. Le jeu est envoyé sur le côté gauche Niçois, mais Ajax est resté haut, cherchant à récupérer le ballon - leurs défenseurs sont à peine quelques mètres dans leur propre moitié :


Le pressing haut d'Ajax a failli fonctionner, le côté gauche de Nice a du mal, mais ils arrivent à se défaire du pressing...


... en éloignant vite le ballon de la zone agglomérée par Ajax.


Sur l'image ci-dessus on voit bien que toute l'équipe d'Ajax est serrée dans une partie du terrain - pour récupérer le ballon il faut être nombreux. Le problème est que si l'adversaire le sort vite vers une autre partie du terrain, le décalage est déjà fait.


L'action continue presque pareil, combinaison à 3 et joueur lancé dans le couloir droit de Nice, qui s'est remarquablement défait du pressing haut adverse - non seulement ils n'ont pas perdu la balle, mais ils ont su profiter du déséquilibre créé par le pressing.

Conclusions


Le premier match de la saison, à domicile en plus, ne sera pas facile. Une équipe maître de son style de jeu, ayant déjà monté en puissance lors des matchs européens, contre une équipe en pleine reconstruction, qui ne maîtrise pas encore ses gammes. Ce n'est pas pour gagner CE match qu'Oscar a été choisi et il aura évidemment besoin de temps pour transformer l'équipe comme il (on) le souhaite - sans parler de la transformation "cachée" du club dans son ensemble. Si on gagne, il ne faudra pas s'enflammer, si on perd, ça ne sera pas la fin du monde. Il faudra avoir de la patience, c'est un travail de plusieurs mois qui commence à peine et ce premier match nous servira plutôt à jauger le chemin qui nous reste à parcourir.

lundi 19 juin 2017

Les guerriers du pilou-pilou, 2017-18 (3)

Après la dernière fois, des changements dans le recrutement du RCT nous permettent de mieux comprendre l'effectif Toulonnais pour la saison 2017-18 :
  • Fresia, Chiocci, Delboulbés
  • Guirado, Etrillard, Soury, Alkhazashvili
  • Van der Merwe, Chilachava, Setiano
  • Kruger, Manoa, Taoffifenua, Gorgodze, Rebbadj
  • Gill, Vermeulen, Ollivon, Lakafia, Isa, Monribot, Fernandez-Lobbé
  • Tilous-Borde, Escande, Méric
  • Trinh-Duc, Wisniewski, Belleau
  • Nonu, Bastareaud, Radradra, McAllister, Buliruarua
  • Habana, Tuisova, Ashton, JP Pietersen, Müller
  • Bonneval, Padovano

Ça a l'air pas mal, mais peut-être un peu léger en pilier droit, pas d'arrière expérimenté, et surtout au talonnage, quant Guirado sera en sélection. Les places seront chères en troisième ligne, c'est clair.

mercredi 14 juin 2017

Tristesse à Geoffroy-Guichard

En guise de retrospective de la saison, un petit passage en revue des matchs et buts marqués à domicile par l'ASSE.


Geoffroy-Guichard a été moins rempli en 2016-17 que les saisons précédentes, c'est un fait. Certes, ce phénomène  des sièges vides n'est pas propre à Saint-Etienne, mais le consensus général semble dire que le public Stéphanois a eu du mal à trouver de la joie devant le spectacle proposé par l'équipe, devant la qualité du jeu produit. Malheureusement, cette qualité n'est pas mesurable objectivement, alors pour mieux comprendre les raisons de joie ou de tristesse du public Stéphanois, on a regardé de plus près les résultats obtenus et les buts marqués. Ça n'expliquerait peut-être pas tout, mais même une explication partielle peut permettre de prendre des actions pour s'améliorer.

Les matchs à GG


En total, il y a eu 26 matchs à domicile pour l'ASSE cette saison, les 19 de Ligue 1 et les 6 de Coupe d'Europe et 1 de Coupe de la Ligue. Les résultats obtenus par l'équipe se passent presque des commentaires :

5 défaites, toutes sans le moindre but marqué, quatre 0-1 (Nice, Nancy CdL, Manchester, Caen) et le 0-5 contre le PSG pour le dernier match de la saison à domicile

6 matchs nuls et vierges 0-0, tous avant Noël (AEK, Beitar, Toulouse, Mayence, Marseille, Nancy)

8 victoires, mais pas toutes maîtrisées :

Montpellier, 3-1 fin août - avec des jeunes qui jouent et qui marquent, ça a été une belle victoire, même si menés 0-1 à la pause, avec le premier "Sha la la" dans les vestiaires

Bastia, 1-0 mi-septembre - sur un penalty dans le temps additionnel...

Lille, 3-1 fin septembre - avec une équipe décimée, des jeunes qui jouent et qui marquent, ça a été une belle victoire, même si c'était 0-0 à la pause et la 2ème période on a été en supériorité numérique

Gabala, 1-0 fin octobre - sur un but contre son camp...

Guingamp, 1-0 mi-décembre - après l'ouverture du score à la 25ème, on a concédé 16 tirs (à 4), dont 7 cadrés...

Angers, 2-1 mi-janvier - après une 1ère période sans avoir rien produit, menés 0-1 à la pause, on gagne grâce à un but contre son camp et un autre de la main...

Derby, 2-0 début février - un derby gagné, ça n'a pas de prix et ça se passe des commentaires

Lorient, 4-0 début février - la plus large victoire de la saison et la dernière de la saison à GG...

A cette liste de victoires, on peut rajouter le 1-1 contre Anderlecht, avec une égalisation venue de nulle part au but du temps additionnel.

Les buts à GG


Le résultat ne fait pas tout, c'est clair, beaucoup disent que voir leur équipe marquer des buts leur suffit pour prendre du plaisir. Lors de la saison 2016-17, il y a eu seulement 26 buts marqués à domicile, en moyenne un par match. Et malheureusement on ne peut pas dire que l'ASSE s'est procuré plein d'occasions de but (en manquant d'efficacité) : si on regarde certaines statistiques, les Verts ont marqué 1,08 buts / match en L1 (1,06 TTC) et leur ratio de "expected goals" est de 1,1 par match en L1. Autrement dit, on ne peut pas parler côté Stéphanois d'un jeu avec des nombreuses occasions créées, mais gâchées.

On peut analyser donc le plaisir offensif donné au public en regardant les buts marqués, ça reste relevant même sans regarder les occasions créées. A domicile, il y a eu 26 buts TTC, mais si on enlève les penalties (2), les buts contre son camp (2) et les buts suite à des coups de pied arrêtés (6, aucun CPA direct), il nous reste seulement 16 buts dans le jeu.

Et c'est pire si on regarde les matchs de ces 16 buts dans le jeu :

Montpellier (2), Lille (3), Anderlecht (1), Lyon (2), Lorient (3)

Guingamp (1), Metz (1), Nantes (1), Rennes (1), Bordeaux (1)


Autrement dit, deux tiers des buts inscrits dans le jeu à GG ont été lors des peu nombreuses belles victoires Stéphanoises. Le reste, lors des matchs qui se sont généralement finis à égalité dans la dernière ligne droite du championnat (plus Guingamp en décembre).

Conclusions


Il y a eu du spectacle dans les tribunes de Geoffroy-Guichard, quand une visite du musée n'a pas été imposée aux supporters par la Ligue. Il y a eu des matchs réussis à l'extérieur, parfois terminés par une incroyable victoire (à Anderlecht) ou d'un nul synonyme d'une victoire (à Paris ou à Nantes). Mais il n'y a pas eu de fête sur la pauvre pelouse de Geoffroy-Guichard et il n'y a pas beaucoup de beaux souvenirs donnés au public par l'équipe. En début de saison, les victoires contre Montpellier et Lille et l'égalisation contre Anderlecht, début février les matchs contre Lyon et Lorient... C'est tout, et c'est peu, très peu, pour une saison entière. Et ça devrait être un des objectifs du nouvel staff - gagner et inscrire des buts à Geoffroy-Guichard, donner de nouveau du plaisir au public Stéphanois. Les résultats à l'extérieur peuvent s'avérer importants, mais pas sans joie à domicile, ils ne comptent pas pour grande chose.

lundi 12 juin 2017

L'équipe type du RCT 2016-17

La saison 2016-17 du RCT a été une saison pas comme les autres, avec des ambitions, des désilusions et de la fierté retrouvée à la fin. Et surtout, avec beaucoup des changements, dans le staff et dans le XV de départ. Un petit retour sur les trois périodes du RCT, correspondant aux 3 entraîneurs principaux.

Diego Dominguez - 3 mois de compétition, avec 10 matchs disputés

  • 8 matchs de Top 14 : 4 victoires, 1 nul, 3 défaites
  • 2 matchs de Coupe d'Europe : 1 victoire, 1 défaite
  • le RCT a gagné donc 50% de ses matchs, prenant le bonus offensif dans 40% de ses victoires, avec une moyenne de 2,6 points / match
  • 36 joueurs différents ont été titulaires lors de ces 10 matchs

Son équipe-type ressemblerait à ça :


Giteau et Clerc ne sont pas listés dans les blessés d'une période en particulier, ils ont quasiment fait une saison blanche.

Mike Ford - 5 mois de compétition, avec 19 matchs disputés

  • 14 matchs de Top 14 : 6 victoires (toutes à domicile), 1 nul, 7 défaites
  • 5 matchs de Coupe d'Europe : 2 victoires (toutes à domicile), 3 défaites
  • le RCT a gagné donc 42% de ses matchs, prenant le bonus offensif dans 62% de ses victoires, avec une moyenne de 2,4 points / match
  • 42 joueurs différents ont été titulaires lors de ces 19 matchs

Son équipe-type ressemblerait à ça :


Ford a eu la malchance d'entraîner pendant les tests de novembre et le Tournoi de VI nations. L'effectif n'a pas été épargné par les blessures, et encore, on a eu de la chance d'avoir Etrillard et Mitchell blessés quand Guirado et Halfpenny étaient de retour de leur sélection. Ça a tellement tourné dans les titulaires qu'il est impossible de choisir un 23ème joueur...

Richard Cockerill - 2 mois de compétition, avec 7 matchs disputés

  • 7 matchs de Top 14 : 6 victoires, 1 défaite (en finale)
  • le RCT a gagné donc 85% de ses matchs, prenant aucun bonus offensif, avec une moyenne de 3,6 points / match
  • seulement 23 joueurs différents ont été titulaires lors de ces 7 matchs

Son équipe-type ressemblerait à ça :


Beaucoup moins de joueurs utilisés (mais moins des matchs, pas de période internationale). 

Conclusions


Il est difficile de tirer des conclusions, tellement les périodes des trois entraîneurs ont été différentes. Mais certaines choses sortent en évidence :
  • Guirado, Taofifénua, Vermeulen, Gill, Nonu-Bastareaud et Halfpenny ont été les hommes de base pour les trois coachs
  • Ollivon et Tuisova (peut-être Habana ?) l'auraient été aussi sans leurs absences
  • Chilachava et van der Merwe sont indissociables
  • Ford a préféré Escande à Tilous-Borde et Bernard à Trihn-Duc (blessé) - c'est peut-être cette charnière différente qui ne lui a pas permis de mettre en place ce qu'il cherchait ?

jeudi 8 juin 2017

RCT, Coupe d'Europe ! (2017-18)

Par rapport à la saison dernière, le tirage au sort de la future Coupe d'Europe a été clément avec le RCT. Placés dans la groupe 5, ils affronteront les Scarlets, Bath et Treviso.

Les Gallois de Scarlets, on les a déjà joué en groupe cette saison, en gagnant avec le BO à Toulon et en perdant d'un point chez eux (avec 2 pénalités et un drop ratés dans les dernières 5 minutes...). Mais ils ont réussi à gagner la Pro12 après avoir fini 3ème en phase régulière et en battant Leinster et Munster en phase finale.

Les Anglais de Bath, on les a joué en groupe la saison d'avant, en gagnant péniblement à Toulon, mais aussi chez eux. Ils n'ont pas participé à la Champions Cup la saison dernière (mais ils sont arrivés en demi-finale de la Challenge Cup) et ils ont fini 5ème du championnat anglais.

Quant à Treviso, c'est la première fois qu'on joue une équipe Italienne en Coupe d'Europe, espérons que le vieux adage qui dit qu'ils valent 10 points reste valable.


Bref, une poule dans laquelle le RCT devrait avoir un objectif clair : finir parmi les 4 meilleurs premiers.

mardi 6 juin 2017

RCT - Clermont, 16-22 (Tuisova)

L'avant-match


Et nous voilà, le dernier match de la saison, la 5ème finale de Top 14 en 6 ans pour le RCT, ce qui semblait peu probable il y a quelques mois. L'adversaire du jour, une équipe qui domine le rugby français depuis des bonnes années, mais qui a l'habitude de perdre en finale. Cette malédiction des finales Clermontoises est d'ailleurs le seul espoir Toulonnais pour ce match, tellement la différence entre ce que les deux équipes ont proposé cette saison a été grande.

Le match...


... commence très mal pour le RCT, accoulé dans ses 22m, prenant 3 points sur une pénalité après une introduction propre, prenant en essai en contre de 80m. L'ASM a clairement dominé la première demi-heure, menant 13-0 et rien de fonctionnait pour le RCT, à l'exemple d'une péna-touche pas trouvée à la 25ème. Mais le carton jaune pour ASM à la 34ème a changé la donne, une pénalité et un essai au large après plusieurs temps de jeu permettant aux Toulonnais de rentrer aux vestiaires menés de 6 points seulement.

La 2MT commence un peu brouillonne (en-avant dans les 22m adverses, coup de pied dévissé de Mitchell dans nos 22m), mais peu à peu le RCT prend le dessus physiquement, en avançant à presque chaque impact. Pendant 20 minutes, un gros temps fort Toulonnais n'est malheureusement pas concrétiser et la différence de 6 points est maintenue. Ça sera le cas jusqu'à la fin et si on peut en parler des 2 poteaux de Belleau sur pénalité (6 points...), on peut aussi en parler des gros temps de jeu Toulonnais finis sans scorer (voire ci-dessous) ou des pénalités offertes aux Clermontois par notre indiscipline.

L'action


A la 49ème, juste après que Clermont a repris 6 points d'avance, 19-13, la chandelle du 9 adverse est captée par Vermeulen (8) sur la ligne médianne :


Il est mis à terre, mais Tilous-Borde (9) sort le ballon pour un premier point de fixation de Smith (6) et ensuite au large via Belleau (10) jusqu'à Nonu (12) :


Le centre avance sur 15m, cassant deux plaquages et il est finalement mis au sol sur la ligne des 40 :


Tilous-Borde sort le ballon pour Chiocci (1), qui le donne à van der Merwe (3), qui le donne à Taofifénua (5), qui casse un défenseur avant d'être mis au sol. Kruger (4) pour un autre point de fixation, puis van der Merwe aussi, on casse pas le rideau défensif, mais on fait mal à l'impact :


Et pour appuyer là où ça fait mal, on envoye Tuisova (14) aussi, qui met sur les fesses un adversaire avant d'être mis au sol. L'autre ailier, Mitchell (11) ne percute pas aussi bien...


... mais Guirado (2) si, et on avance peu à peu :


Des percussions de Taofifénua (5), Chiocci (1), Mitchell (11) de nouveau (!), van der Merwe (3) et Kruger (4), on n'avance pas et la défense reste bien deployée sur la largeur :


Une autre charge de Taofifénua, suivi par Smith (6), et le ballon est donné aux trois-quarts :


Comme la défense est en place, Bastareaud (13) joue sur son point fort et pour la première fois le RCT entre dans les 22 adverses. Gill (7) avance un peu aussi, ensuite Taofifénua (5) casse deux plaquages et le sentiment de rouleau-compresseur Toulonnais est bien présent :


Tilous-Borde sort le ballon pour Belleau (10), qui le donne à O'Connor (15), qui le donne à Vermeulen (8) qui avance et qui ne peut être mis au sol que par trois adversaires, sur la ligne de 5m


Kruger (4) sort pour Smith (6), mis au sol, Tilous-Borde (9) pour Guirado (2) et le talonneur est mis au sol à 2-3m de l'en-but. Et c'est là où la précipitation Toulonnaise leur joue un mauvais tour de rôle. Tilous-Borde est pris dans le ruck, c'est Kruger (4) qui sort le ballon :


Il choisit le côté fermé, même si sur l'extérieur, Nonu (12), Bastareaud (13) et Mitchell (11) se retrouveraient à 3 contre 3, avec de l'espace. De l'autre côté, les Toulonnais sont quand-même en surnombre, Tuisova (14) serre la défense, mais sa chistera après contact n'est pas bien captée par van der Merwe (3). A ce moment là, Smith (6), O'Connor (15) et Vermeulen (8) n'avaient plus qu'un seul défenseur devant eux, à 2m de la ligne...

Cette énorme action, de plus de 2 minutes et 20 temps de jeu, a été le sommet du temps fort Toulonnais en deuxième période. L'incapacité de marquer un essai en ce moment leur a été fatale à la fin, et la différence de 6 points au tableau d'affichage n'étant plus ratrappable dans les dernières minutes.

Fin de saison


C'était une belle finale et Clermont mérite sa victoire par rapport à leur saison. La saison du RCT est enfin finie, et quelle saison ça a été - le club mérite clairement sa devise "ici, tout est différent". Des hauts et des bas, mais à la fin des résultats plutôt corrects (quart de finale de Coupe d'Europe, 4ème place en phase régulière, vice-champion). Et surtout une fierté retrouvée les dernières semaines, ce qui reste le plus important pour les supporters. Un nouvel staff technique, un effectif assez remanié (et ce n'est pas encore fini), il est difficile maintenant de se projeter sur la saison prochaine. Alors, pour l'instant, souhaitons des vacances bien méritées aux joueurs - probablement que le staff et les dirigeants auront encore quelques dossiers à régler avant d'en prendre...

samedi 3 juin 2017

Il faudra degraisser (2)

Il y a deux mois, une synthèse du temps de jeu de tous les joueurs utilisés par l'ASSE cette saison nous a permis d'identifier la composition des "groupes" qui constituent l'effectif du club. On parlait ainsi du groupe restreint ou principal, les 18 qui seront sur la feuille de match si tout le monde est apte et disponible. Le groupe élargi contient les autres joueurs en dehors des 18, mais qui ont quand-même joué chacun plus de 7% du temps de jeu possible pour un joueur. Et finalement la réserve (et les jeunes), groupe qui contient les joueurs qui ont eu droit à  moins de 7% du temps de jeu.

L'ASSE 16-2017


Maintenant que la saison est finie, on a mis à jour les chiffres, mais on a aussi regardé la situation des autres équipes, pour pouvoir comparer. Les chiffres sont toutes compétitions confondues et proviennent de whoscored.com (+ rentrés à la main pour les compétitions pas couvertes par les statistiques comme les deux coupes nationales et les tours préliminaires de Coupe d'Europe).


Avec les chiffres mis à jour à la fin de la saison, l'ASSE 2016-17 a utilisé 34 joueurs :

  • Principal : Ruffier, Moulin - Perrin, KTC, Malcuit, Pogba, Lacroix, MBengue - Selnaes, Veretout, Lemoine, Pajot, Saivet - Hamouma, Tannane, KMP, Beric, Söderlund
  • Elargi : RPG, Polomat, Dabo, Nordin, Corgnet, Jorginho, Roux
  • Réserve : Maisonnial, Maiga, Karamoko, Nadé, Clément, Keyta, Saint-Louis, Rocha Santos, Ghezali

en italique les joueurs qui sont partis du club après avoir joué pendant au moins un match. On a fait le choix de mettre Roux dans le groupe élargi et Söderlund dans le principal malgré un temps de jeu plus important pour le premier, pour être cohérents avec les choix du staff.


En plus des noms, ce qui est aussi intéressant c'est le temps de jeu de ces joueurs. Sur cette saison à 53 matchs et presque 52200 minutes (pas tous les matchs se finissent à 11), le groupe restreint cumule 83,8% du temps de jeu possible, le groupe élargi 13% et la réserve 3,2%. 

Est-ce que c'est peu ou beaucoup, 34 joueurs ? Est-ce que ces pourcentages sont normaux ou pas ?


D'autres équipes


Pour répondre à ces questions, on a refait le même exercice (quels joueurs, quel temps de jeu) pour d'autre équipes qui peuvent nous intéresser. 

L'ASSE 15-16 a vécu une saison similaire, à 55 matchs, avec des tours préliminaires, poules et 16èmes de C3, et beaucoup des blessures. Pas moins de 38 joueurs ont été utilisés :
  • Principal : Ruffier, Moulin - Perrin, KTC, Sall, Pogba, BAE, Clerc - Clément, Lemoine, Pajot, Cohade - Hamouma, KMP, Eysseric, Corgnet, Roux, Beric+Söderlund
  • Elargi : RPG, Polomat, Brison, Malcuit, Tabanou, Diomandé, Selnaes, Bahebeck, Maupay, Tannane, Bamba
  • Réserve : Dékoké, Karamoko, Suljic, Pinheiro, Saint-Louis, Roussey, Mollo, Gradel
Ces groupes sont un peu faussés par l'utilisation de Mollo et Gradel avant la fin du mercato d'été 2015 et par les deux matchs "de gala" contre Lazio et à Paris en Coupe de la Ligue. On a fait le choix de combiner le temps de jeu de Beric et Söderlund en considérant que sans la grave blessure du premier, le deuxième n'aurait pas été recruté au mercato d'hiver 2016.


L'ASSE 12-13 a vécu une saison comme on espère tous la prochaine : sans Coupe d'Europe, mais avec un Top 5 et un trophée national à la fin. Pas moins de 30 joueurs ont été utilisés lors de 47 matchs : 
  • Principal : Ruffier, Moulin - Perrin, Sall, Clerc, Gholam, Brison, Zouma, Mignot - Guilavogui, Clément, Lemoine, Cohade - Aubameyang, Gradel, Hamouma, Mollo, Brandao
  • Elargi : Bodmer
  • Réserve : Polomat, Alonso, Diomandé, Laudrup, Sagna, Chergui, Mayi, Nicolita, Sako, Aleksic, Saadi


Bordeaux 16-17 - à défaut d'une saison comme en 12-13, on aimerait que la saison prochaine de l'ASSE ressemble à celle d'un club avec plus ou moins le même statut et budget que le nôtre : avec un nouvel entraîneur, un parcours correct en coupes nationales (demi-finales) et qualification pour l'Europe à la fin. Pas moins de 29 joueurs ont été utilisés lors de 46 matchs : 
  • Principal : Carrasso, Prior - Pallois, Lewczuk, Sabaly, Contento, Gajic, Sertic - Toulalan, Plasil, Vada, Sankharé - Malcolm, Laborde, Kamano, Rolan, Menez, Ounas
  • Elargi : Poundjé, Jovanovic, Pellenard, Touré, Kiese Thelin
  • Réserve : Guilbert, Arambarri, Traoré, Youssef, Adnane, Romil


Nice 16-17 - assez surprenant, la saison de Nice (qualifiés en poules de C3) a eu le même nombre de matchs que celle de Bordeaux, 46, la faute à des parcours très courts en coupes nationales et pas des tours préliminaires en Europe. Comme leur saison a été plus réussie que Bordeaux (podium et un jeu très apprécié), on a regardé à comment leurs 30 joueurs ont été utilisés :
  • Principal : Cardinale, Benitez - Danté, Baysse, Dalbert, Souquet, Perreira, Sarr, Le Marchand - Seri, Cyprien, Koziello, Walter, Bodmer - Belhanda, Eysseric, Plea, Balotelli
  • Elargi : Burner, Boscagli, Obbadi, Lusamba, Le Bihan, Donis, Marcel
  • Réserve : Srarfi, Perraud, Mahou, Rafetraniaina, Bosetti

Temps de jeu


Si on regarde le nombre des joueurs utilisés dans les 5 cas, on remarque clairement la différence entre les saisons à 53-55 matchs (les deux dernières d'ASSE) et les saisons à 46-47 (Bordeaux, Nice, ASSE 2012-13) :



Comme la saison prochaine de l'ASSE sera au mieux autour de 46-47 matchs (ce qui signifie un bon parcours en coupes nationales), environ 30 joueurs devront suffire. Mais là où ce graphique devient intéressant, c'est sur la séparation entre les joueurs avec moins (vert clair) et ceux à plus (gris) de 7% de temps de jeu. Si Nice et Bordeaux cette année ont utilisé 5 et 6 joueurs de ce qu'on appelle la réserve, l'ASSE de 2012-13 en a utilisé 11... et seulement 19 joueurs ont atteint plus de 7% de temps de jeu.



La situation devient plus claire si on regarde le pourcentage du temps de jeu de chacun des groupes :


Là aussi, la différence entre l'ASSE des deux dernières saisons et les autres est édifiante - et bien évidemment les blessures sont la cause principale. Dans tous les cas, les joueurs qui cumulent moins de 7% de temps de jeu, peu importe leur nombre, ont ensemble un très faible temps total possible (seulement 0,5% pour Nice cette saison). Leur rôle est simple : être là pour boucher les trous laissés quand les titulaires sont indisponibles. Par contre, quand les titulaires sont souvent indisponibles, comme lors des saisons riches en blessures, leur temps de jeu augmente considérablement (et ils passent du vert clair au gris).


Pour la saison prochaine


On espère que la saison prochaine sera au moins aussi réussie que celle de Bordeaux cette année (finir européen) et ça sera encore mieux si elle ressemblera à celle de Nice (podium) ou la nôtre d'il y a 4 ans (trophée). Dans ces trois exemples, 30 joueurs semblent suffire pour une saison sans Coupe d'Europe. On a donc à l'heure actuelle un effectif trop riche pour nos besoins de la saison prochaine et il faudra dégraisser.


Mais pas n'importe comment. Si on regarde le cas de Nice, Bordeaux ou l'ASSE 12-13, le temps de jeu du groupe élargi et la réserve est beaucoup moins important que pour l'ASSE des dernières saisons (on parle d'une différence de temps de jeu de plus de 5000 minutes cumulées). Ce qui signifie que ce n'est pas une bonne idée d'avoir des joueurs chers et confirmés en dehors du groupe restreint. Il faut donc éviter le cas de cette saison, avec plusieurs joueurs pro confirmés, donc salaires importants, en dehors du groupe principal (Polomat, Dabo, Corgnet, Roux, Clément). Pour une saison sans Coupe d'Europe, il faut réduire au minimum les salaires pour les joueurs en dehors des 18. Ce n'est pas rentable de payer des gros salaires pour un temps de jeu très réduit. 


La feuille de route du nouveau staff semble être assez claire, en ce qui concerne le mercato : identifier les joueurs confirmés à faire partir et en remplacer une partie avec des jeunes. Les trois prochains mois seront bien remplis avec des rumeurs dans tous les sens, comme d'habitude. Mais pour notre club, il ne faut pas oublier que les premières rumeurs concerneront le sens des départs...