dimanche 7 avril 2019

Amiens - ASSE, 2-2 (Kolodziejczak, Cabella)

Pas si simple


Les Verts ont réussi à marquer à la fin du temps additionnel pour rentrer avec un point d'Amiens, mais ils peuvent néanmoins regretter de ne pas avoir gagné un match à leur porté.

Si l'ASSE a gagné son dernier match à l'extérieur presque sans effort, ce match chez un autre mal classé a été une toute autre histoire. Et l'ouverture rapide du score, ainsi que le carton rouge adverse après une demi-heure de jeu ont fait presque plus de mal que de bien aux Stéphanois, qui n'ont pas su mettre les ingrédients nécessaires pour le remporter. Comme le dit Jean-Luis Gasset, "on a joué un peu entre nous, limite arrogants à certains moments (...) on avait le ballon mais on le faisait transiter tellement lentement, que notre supériorité numérique ne se voyait pas. On a joué avec beaucoup de suffisance. J’ai trouvé qu’on a joué un petit peu facile face à une équipe qui avait faim alors que nous, on donnait l’impression de ne pas avoir envie". Bref, c'est au niveau d'état d'esprit que ce match s'est joué. Et même si c'est difficile d'illustrer ce manque avec des captures d'écran, les exemples suivants montreront quelques failles stéphanoises qui devront être comblées avant la prochaine rencontre.



Le retour de Khazri n'a pas poussé Beric sur le banc, mais a décalé Cabella à l'aile gauche, les Verts proposant toujours un bloc en 4-4-2 :


Le même système qu'il y a un mois donc, contre Lille - pas vraiment le match référence pour la qualité de l'animation offensive proposée. Si Beric ne peut pas jouer à un autre poste et si Khazri doit absolument jouer dans l'axe, c'est en effet Cabella qui doit s'excentrer. Ça veut dire qu'il touche moins de ballons que d'habitude, participant moins à la construction du jeu stéphanois, mais qu'il doit aussi être très appliqué défensivement dans son couloir. Ce qui n'a pas toujours été le cas, comme dans cet exemple à la 21e minute :


Les Amiénois construisent une attaque dans leur moitié. Le bloc stéphanois en 4-4-2 est en place et comme le jeu va vers son côté, Cabella s'approche du latéral droit adverse. L'ailier droit se trouve entre les lignes...


... d'où il fait un appel en profondeur, dans le dos de la défense, où il est trouvé par un long ballon envoyé par son défenseur central. Le latéral amiénois sprinte pour lui proposer une solution, mais Cabella ne le suit pas. Kolodziejczak doit donc défendre seul contre deux...


... parce que même si M'Vila vient l'aider, il est loin. Un dédoublement comme à l'entraînement et le centre du latéral est repris de la tête par un avant-centre pour une magnifique parade à bout portant de Ruffier.

Animation offensive


Avec un possession largement en leur faveur, les Verts n'ont pas souvent eu à défendre et c'est beaucoup plus simple de trouver des exemples d'attaques construites par eux - en voici quelques unes. A la 9e minute, Debuchy joue une touche pour Perrin, qui écarte avec Subotic :


Le mouvement de M'Vila et Kolo est la parfaite illustration du système de jeu stéphanois avec le ballon : le milieu se place à la gauche de la charnière centrale et le latéral gauche monte plus haut. M'Vila cherche une solution de passe vers l'avant, mais il n'en a pas :


Khazri et Nordin se trouvent trop loin. Le ballon est écarté à droite pour Perrin, qui le donne à Vada. Les deux joueurs échangent des passes...


... et Vada décide de porter un peu le ballon, avant d'écarter avec Debuchy. Un défenseur s'interpose, Perrin récupère le ballon, les Verts arrivent à centrer, mais le ballon est repoussé en corner. Cette action n'a pas l'air très importante, mais elle a représenté un véritable changement dans la physionomie du match, elle étant la première attaque construite proprement. Jusqu'à là, le match avait été plutôt équilibré, 50-50 de possession, mais à partir de ce moment et jusqu'à l'ouverture du score 7 minutes plus tard, les Stéphanois ont archi-dominé leurs adversaires : 77% de possession, plusieurs corners, un face-à-face avec le gardien raté par Beric et une grosse pression en général, les Amiénois ratant plus d'une passe sur deux...


L'ouverture du score rapide a endormi les Verts, qui s'y sont cru arrivés. Après l'égalisation, le carton rouge d'un défenseur adverse a de nouveau créé un sentiment de tranquillité chez les Stéphanois, qui n'ont pas accéléré le jeu comme il le fallait. A la 37e, Kolo joue un coup-franc et le ballon est envoyé en défense de gauche à droite :


Les seuls des 4 offensifs visibles sont Khazri et Nordin, axiaux et entre les lignes, comme dans l'exemple précédent. Ils ne peuvent pas être trouvés, alors le ballon fait le chemin inverse, vers la gauche et M'Vila :


Comme Amiens se trouve en infériorité numérique, il n'y a pas de pressing et le milieu stéphanois monte balle au pied, avant d'échanger des passes avec Kolo :


Les Picards défendent en 4-4-1 et les quatre offensifs de l'ASSE sont bien cachés dans le bloc adverse. M'Vila garde encore un peu le ballon et il y a enfin du mouvement :


Cabella décroche et Khazri s'excentre à sa place. Sans solutions, Cabella joue en arrière avec Subotic, qui lui rend le ballon. Il décide ainsi de rentrer dans l'axe balle au pied...


... et il essaye de s'appuyer pour une un-deux sur Khazri, qui avait décroché à son tour et qui préfère jouer avec M'Vila. Le milieu stéphanois essaye une longue transversale à destination de Debuchy, mais un défenseur dégage de la tête. Et si on regarde les trois dernières images en se focalisant sur le positionnement de Nordin, on remarque que pendant 13 secondes il n'a pas bougé d'un mètre de son position dans l'axe...

Rien n'a vraiment changé après la pause, les Verts ont continué à construire leurs attaques patiemment, mais sans accélérer pour créer un déséquilibre dans le bloc adverse. À la 57e, Subotic joue une touche pour Ruffier, qui donne à Perrin :


Le capitaine stéphanois s'écarte vers la droite, où il échange des passes avec Debuchy, avant de monter balle au pied, profitant de l'absence de pressing :


Les deux avant-centres, Beric et Khazri, se trouvent sur la ligne des défenseurs. Les deux ailiers, Nordin et Cabella, sont plus axiaux, entre les lignes. Et les deux axiaux, M'Vila et Vada, se trouvent très loin, à gauche. Perrin cherche une solution et le positionnement de ses coéquipiers est très intéressant :


On dirait presque un 3-5-2, avec une ligne de 5 parfaitement à plat entre les lignes adverses et une autre de 2 dans la défense. Quant tous tes coéquipiers se trouvent alignés comme ça, la seule solution est de chercher à casser les lignes - c'est ce que Perrin essaye, mais sa passe est trop appuyée, passant à côté de Cabella et entre Beric et Khazri pour être finalement récupérée par le goal adverse.


L'entrée de Hamouma pour Nordin a été du poste pour poste, mais celle de Diony pour Vada, non. L'entrant a pris le couloir gauche et Cabella a reculé en milieu axial à côté de M'Vila, comme on peut le voir dans cet exemple qui commence à la 78e minute, juste avant l'entrée de Polomat (en latéral gauche, Kolo glissant dans l'axe à la place de Subotic, sorti) :


Debuchy joue une touche avec Perrin, qui écarte avec M'Vila, qui lui redonne le ballon :


Profitant toujours du manque de pressing, le capitaine stéphanois avance avec le ballon en attendant un appel. Diony-Beric-Khazri sont collés à la défense adverse, Kolo et Debuchy sont bien présents dans les couloirs, le dernier étant en plus aidé par Hamouma. M'Vila avait suivi et Perrin préfère jouer avec lui :


Le ballon change lentement de côté, passant par Subotic et arrivant à Cabella :


Les deux lignes de 4 d'Amiens sont bien en place, rapprochées, et les 4 offensifs stéphanois se trouvent bien enfermés et très axiaux. Ils ne peuvent pas être trouvés et le jeu a besoin d'être écarté. Par exemple à droite, avec Debuchy, libre dans son couloir. Mais la transmission est toujours lente, elle passe de nouveau par M'Vila...


... et Perrin, qui porte encore le ballon avant d'écarter enfin avec son latéral droit. 30 secondes sont passées entre le moment où Perrin a décidé de jouer vers la gauche et celui quand, de nouveau en possession du ballon, il a joué avec Debuchy. Pendant ce temps Diony, Beric et Khazri n'ont fait aucun appel - seul Hamouma a bougé, mais pour se placer dans la même zone que ses coéquipiers...


Bref, Debuchy est décalé à droite et il y a une forte présence stéphanoise dans la surface, avec pas moins de 6 joueurs. Malheureusement, le centre est capté par le goal adverse.

Comme pour le premier exemple d'une attaque de l'ASSE, cette action représenté un véritable changement dans la physionomie du match, bien visible dans les chiffres. Le match a été très équilibré jusqu'au carton rouge amiénois, avec 50% de possession et des Verts plutôt fébriles (70% de passes réussies, très en dessous de leur habitude). Pour le reste du match, passé en supériorité numérique, la domination (74% de possession) et la maîtrise (86% passes réussies) ont été stéphanoises. Mais le dernier quart d'heure (à partir de la 80e minute) sort du lot : 83% de possession, 93% de passes réussies, 10 tirs, une passe sur deux ratée par Amiens. Bref, les Verts ont étouffé leurs adversaires dans les dernières minutes... et ils ont fini par égaliser grâce à leur 26e tir du match (!!!). Pour mettre les choses en perspective, les Amiénois ont marqué leur 2e but lors de leur 4e tir...


Conclusions


Certes, l'envie n'a pas été au rendez-vous côté stéphanois, à exception peut-être du dernier quart d'heure, quand les joueurs ont enfin compris qu'il faudra mettre du rythme et de l'intensité s'ils ne veulent pas rentrer bredouilles. Il y a eu aussi une dose de (manque de) réussite, avec 3 tirs des 26 du match qui ont échoué sur les montants. D'un point de vue comptable ça aurait pu être pire - un point pris à l'extérieur reste quand-même correct, surtout quand plein d'autres concurrents directs n'ont pas gagné non plus. Avertissement sans frais donc, et pour positiver on peut se dire que ce match servira de piqure de rappel au staff et aux joueurs de l'ASSE : aucun match n'est gagné d'avance, même avec un scénario favorable. Il faudra mettre les ingrédients nécessaires jusqu'à la fin du championnat, sans relâche, peu importe l'adversaire.

mardi 2 avril 2019

ASSE - Nîmes, 2-1 (Cabella, Beric)

Les trois points


Dans le sprint final, la victoire est plus importante que la manière. Et le match contre Nîmes en est le parfait exemple.

Comme le dit M'Vila, "Ça a été une victoire difficile, on ne va retenir que les trois points. On a essayé de combattre et ça nous a souri. À la mi-temps, on peut rentrer à 4-1 pour nous alors qu’en seconde période, on a trop subi". La différence entre les deux périodes est en effet flagrante si on regarde les statistiques. En 1MT, les Verts ont eu la possession (63%) et la maîtrise (84% de passes réussies - leur moyenne sur la saison étant de 80%). Et ils ont cadré pas moins de 7 tirs ! En 2MT, la possession a baissé (57%), mais pas autant que la maîtrise, le pourcentage des passes réussies étant seulement de 72%, plus bas que la moyenne sur la saison de la pire équipe de L1 en ce domaine... Nîmes. En parlant des adversaires, ils ont été catastrophiques en ce domaine, avec seulement 67% de passes réussies. Ils n'ont donc pas construit grande chose, mais ils ont été quand même très dangereux (9 tirs à 3 pour eux en 2MT par exemple), se nourrissant principalement des pertes de balle stéphanoises, comme nous le verrons par la suite.


Avec les seuls retours de Debuchy et Diony par rapport au match précédent, le staff stéphanois a fait le choix de la continuité - même système en 4-2-3-1 avec seulement un changement dans le 11 titulaire, le latéral droit  :





Quant aux Nîmois, ils ont utilisé un bloc défensif en 4-4-2 :


Dans cet exemple à la 2e minute, Debuchy joue une touche avec Aït Bennasser, qui lui rend le ballon, qui est ensuite écarté vers Subotic. Les Verts préparent leur attaque :


 M'Vila reçoit le ballon et combine avec Aït Bennasser dans le rond central...


... mais l'international marocain rate son contrôle et le ballon est récupéré par un attaquant nîmois, qui  le donne à son milieu axial. Les milieux latéraux adverses se projettent très vite...


... et comme Debuchy et Polomat étaient très haut, la défense est en déséquilibre suite à cette perte de balle. Une belle passe en profondeur et un centre millimétré permettent à Nîmes de réaliser une entame parfaite.


L'animation offensive stéphanoise...


... a été la même qu'il y a 15 jours, une séquence de possession entre défenseurs et milieux avant d'essayer une passe qui casse la ligne des milieux adverses. Parfois avec de la réussite, parfois sans - voici quelques exemples.

A la 17e, Cabella décroche pour chercher le ballon :


Il le reçoit de Kolo et joue avec Polomat dans le couloir gauche, qui lui le rend :


Les deux ailiers sont écartés, les trois milieux axiaux sont bas, il n'y a aucun stéphanois entre les deux lignes adverses. Les Verts gardent la possession en envoyant le ballon par des passes courtes de la gauche vers la droite. Quand il arrive à Debuchy...


... la présence stéphanoise entre les lignes a complètement changé, Nordin et Cabella faisant des appels. Comme Debuchy ne monte pas dans son couloir, mais joue avec Aït Bennasser, Nordin s'excentre de nouveau...


... libérant l'espace pour Beric, qui décroche entre les lignes. La passe d'Aït Bennasser casse la ligne des milieux et la talonnade de l'avant-centre lance parfaitement Nordin. Il élimine un défenseur, mais rate son face-à-face avec le goal adverse.


A la 32e, les Verts bénéficient d'une touche dans leur propre moitié :


Debuchy joue avec Subotic, qui passe à Kolo, qui porte un peu le ballon, avant de le donner à M'Vila :


Le bloc nîmois est en place, les ailiers sont bien excentrés, Cabella se trouve entre les milieux adverses et Aït Bennasser entre les attaquants. M'Vila porte donc le ballon latéralement pour s'ouvrir un angle de passe et attendre un appel...


... qui vient de Nordin. Le jeune ailier quitte son couloir et se déplace entre les lignes dans le dos d'un milieu qui est attiré par l'appel de Cabella - il est trouvé par une passe parfaite de M'Vila qui traverse les deux lignes adverses. Malheureusement il n'arrive pas à transformer ce décalage en occasion, un défenseur s'interpose - Aït Bennasser récupère de nouveau le ballon dans les pieds d'un milieu adverse, mais l'arbitre siffle faute.


Ce jeu qui cherche à casser les lignes avec des passes est risqué, comme le montre cet exemple à la 63e, qui commence avec une touche de Polomat, pour M'Vila :


Aït Bennasser reçoit le ballon dans le rond central et cherche une solution de passe. Par rapport aux exemples précédents, le bloc nîmois a changé : un milieu se trouve régulièrement entre les lignes, c'est plutôt un 4-1-4-1 maintenant :


Et ce changement porte ses fruits, cette sentinelle adverse intercepte la passe verticale du milieu stéphanois qui recherchait Cabella. Nordin se trouver aussi entre les lignes, mais il n'y avait pas un angle de passe ouvert vers lui. Bref, une nouvelle perte de balle et une phase de transition délicate à gérer par la défense de l'ASSE. Le milieu nîmois monte balle au pied...


... tout le monde serre d'un côté, pendant que le milieu latéral opposé fait un appel, avec Debuchy qui lui court après. La passe est parfaite, mais le contrôle approximatif et le retour du latéral stéphanois lui ferment l'angle de tir et Ruffier arrive à repousser en corner.


Ces quelques exemples résument bien le déroulement du match, avec les Verts qui cherchent des décalages entre les lignes via des passes verticales. Parfois ces décalages sont transformés en occasions, parfois non. Et parfois ces passes sont interceptées et génèrent des occasions nîmoises...


Les changements...


... effectués par le staff stéphanois ont été poste pour poste, préservant le système. Vada à la place de Aït Bennasser et Diony à celle de Nordin, en ailier, comme on peut le voir dans cet exemple d'une attaque qui part de Ruffier :


Subotic joue à droite avec Debuchy et le ballon est ensuite déplacé latéralement via Vada et Kolo jusqu'à M'Vila :


Pendant ce temps Diony, Beric et Hamouma sont au niveau de la défense adverse et Cabella s'est excentré à droite. Vada bouge beaucoup pour proposer des solutions. Il échange des passes avec M'Vila...


... mais il n'y a pas vraiment de solution de passe vers l'avant. Les Verts continuent donc de garder le ballon dans leur moitié de terrain, en attendant. Et l'appel vient de Cabella, qui part du couloir droit...


... pour traverser tout le terrain en largeur. Ainsi, quand Kolo trouve Polomat avec une passe lobée...


... le latéral peut remettre en une touche à Cabella, qui se trouve face au jeu entre les lignes. Il essaye de lancer en profondeur Diony, mais sa passe est malheureusement interceptée.



Finalement, Ghezali est entré en jeu pour la deuxième fois de la saison, à la place de Hamouma. Et il a été le seul des 4 offensifs qui a fait des efforts défensifs pour préserver le but d'avance, comme dans cet exemple à la fin du temps règlementaire :


Les Nîmois attaquent sur leur côté droit, mais les Verts récupèrent le ballon par M'Vila. Il lance ensuite Ghezali à droite, le seul de ses coéquipiers offensifs présent dans la moitié de terrain stéphanoise. Le jeune ailier essaye de dribbler un adversaire, mais il n'y arrive pas et perd le ballon :


Les 6 joueurs défensifs de l'ASSE sont très disciplinés tactiquement, le 4-2-(4) est bien visible sur cette image. Mais ça ne suffit pas pour compenser la vitesse de l'ailier adverse et ainsi la défense stéphanoise se trouve en déséquilibre à la 90e minute :


4-contre-4 ou plus précisément Debuchy doit défendre en un-contre-un - il arrive à fermer l'angle et le tir du Nîmois est dévié en corner par Ruffier.


Conclusions


Certes, ça n'a pas été le match le plus abouti des Verts, mais avec la victoire au bout et la 4e place reprise aux Marseillais, on ne peut pas s'en plaindre. Le contexte particulier (match le lundi soir, chants remplacés par des sifflets) a joué aussi, selon Kolo et Gasset. Les Stéphanois auraient pu se rendre le match plus facile avec plus de réalisme devant le but en première période, mais ils auraient aussi pu le perdre si les Nîmois avaient été plus en réussite. Il y a des choses à améliorer, c'est certain, et les retours de Khazri et Perrin changeront un peu la donne. Surtout dans le cas du premier, il sera intéressant de voir lors du prochain match si l'animation offensive et le système tactique restent les mêmes ou s'ils seront changés pour s'adapter à lui...

lundi 25 mars 2019

Lyon - RCT, 42-33 (Pietersen, Carbonel)

L'avant-match


En n'ayant plus rien à espérer au classement, le RCT entame la série des 7 derniers matchs qui lui restent cette saison sans pression. Comme il y a 4 déplacements sur ces matchs et comme les Toulonnais n'ont gagné que chez les derniers, il ne faut vraiment pas s'attendre à un résultat positif d'un match chez une équipe comme Lyon, qui se bat pour sa place de barragiste...

Le match...


... commence avec des Toulonnais joueurs, qui gardent le ballon (65% de possession), sans pourtant avancer ou franchir. Les Lyonnais sont plus tranchants et se nourrissent de la grande indiscipline dans les rangs du RCT et restent ainsi accrochés au score, malgré le bel essai de Pietersen (voire plus bas). Le LOU passe même devant à la 33e avec une relance de leurs 22m, mais la 1e période se finit à égalité, 16-16.

La 2MT commence en trombe pour les Toulonnais, avec une relance de leur 22m, un superbe franchissement de Carbonel et un essai de pénalité (+ carton jaune à la clé). On peut se dire à ce moment que la voie est ouverte pour une victoire du RCT à l'extérieur, mais c'est sans compter sur la différence de motivation. Pas d'autres points inscrits en supériorité numérique, mais un carton jaune pour Messam met les Toulonnais en infériorité et ils encaissent un essai après une mêlée à 5. Puis un double carton jaune crée des espaces et malgré leur défense héroïque, ils encaissent un autre après une touche à 5 et un maul. Plusieurs pénalités sont sifflées contre le RCT, ce qui permet aux Lyonnais de se détacher au score et mener 32 à 23. Et dans les 10 dernières minutes, le LOU marque un autre essai, auquel Carbonel, très en jambes, répond dans les arrêts du jeu. Trop tard pour ramener un point de bonus défensif, par contre...

L'action


Après 8 minutes de jeu, le RCT bénéficie d'une mêlée sur la ligne médiane, côté gauche :


Après un 89, Webb (9) se libère du demi de mêlée adverse avec une feinte de passe, franchit la ligne et donne le ballon à Tuisova (13), arrivé lancé. Le centre toulonnais entre dans les 40m lyonnais...


... et essaye de passer après contact pour Ollivon (8). Le ballon tombe par terre, mais en arrière, et ramassé par le troisième ligne qui est mis au sol. Isa (7) s'empare pour un nouvel point de fixation dans les 22m adverses...


... et puis un autre, par Gorgodze (4). La défense est fixée et les Toulonnais sont bien présents à l'extérieur. Ainsi, quand Webb (9) sort de nouveau le ballon pour Carbonel (10)...


... un surnombre est créé par l'appel croisé de Pietersen (15). Saivea (12) et Messam (6) passent sur un pas pour fixer les deux derniers défenseurs et lancer Nakosi (14) dans son couloir. Il est malheureusement repris par l'arrière lyonnais et il marche sur la ligne de touche avant d'applatir. Le LOU bénéficie donc d'une touche dans ses 22m :


 Mais le lancer n'est pas droit et le RCT récupère une mêlée...


... très mal défendue par les Lyonnais, qui mettent deux joueurs dans le fermé et 4 côté ouvert. Du côté du RCT il n'y a que Nakosi (14) dans le fermé, et en plus il change de côté ! Webb (9) sort le ballon et lui le donne...


... pendant que la course croisée de Saivea (12) fixe trois défenseurs, laissant un seul contre trois toulonnais :


Nakosi (14) donne à Carbonel, qui passe à Tuisova (13), qui fixe le dernier défenseur avant de lancer Pietersen (15) marquer le premier essai du match.


La suite


Pour la première fois depuis 7 ans, le RCT a une semaine libre au moment des quarts de finale de la Champions Cup. Les joueurs pourront donc regarder à la télé le haut niveau, auquel ils ne sont plus invités - et ils ne le seront pas la saison prochaine non plus. Le Top 14 reprendra dans deux semaines avec la réception de la meilleure équipe du championnat - pour positiver, on peut dire qu'on n'assistera pas à une nouvelle défaite à Mayol, le match étant délocalisé...