lundi 4 novembre 2019

ASSE - Monaco, 1-0 (Bouanga)

Solution tactique


Même s'ils ont initialement subi l'animation offensive monégasque, les Verts ont su trouver la bonne réponse tactique finalement emporter leur deuxième victoire à domicile de la saison. 

La différence entre les deux périodes du match a été flagrante. En première période les Verts n'arrivaient pas à garder le ballon et ils ont surtout eu du mal à contenir les attaques adverses, basées sur beaucoup de mouvement dans l'axe entre les milieux et les attaquants. Ces problèmes ont été résolus à la pause, quand le staff stéphanois a trouvé la solution tactique. L'analyse de Claude Puel ne détaille pas cette solution ("notre seconde période a été bien meilleure que la première. En première mi-temps, on a voulu aller trop vite, ce qui a facilité le travail de Monaco. On a systématiquement jeté le ballon (...) Nos meilleures actions sont arrivées après la mi-temps lorsqu’on a enchaîné les passes et créé les décalages"), mais les exemples suivants, si.


1MT : On subit au milieu


Le staff stéphanois a reconduit le système avec une défense à 3 (Fofana-Saliba-Kolo en absence de Perrin), un duo au milieu (Youssouf- Cabaye en absence de M'Vila), avec Debuchy et Gabriel Silva en pistons et Boudebouz-Hamouma-Bouanga devant :


En face, Monaco a proposé son système habituel, avec aussi une défense à 3, mais avec donc 3 milieux axiaux et seulement 2 attaquants. Comme en plus les attaquants ont l'habitude de décrocher, ça donne un surnombre important au centre du terrain, ce qui a posé beaucoup de problèmes aux Stéphanois, comme dans cet exemple à la 12e minute. La passe d'un défenseur monégasque traverse la ligne des trois attaquants et trouve un milieu...


... qui cherche avec une autre passe verticale directement un de ses avant-centres. Du jeu direct, facilement lu par la défense, Saliba dégage le ballon, mais qui est récupéré par un autre milieu. Si dans la première image Cabaye était à ses côtés, il a du se déplacer : avec Youssouf ils ont chacun un milieu à surveiller et il fallait aussi fermer la progression de ce troisième. Bref, le ballon est récupéré...


... et ça joue dans un petit périmètre. Un avant-centre décroche pour rajouter du monde, il est servi et décale de suite son piston gauche dans le dos de Debuchy. Il ne centre pas, mais il repique dans l'axe balle au pied, où il sert un milieu, qui tire de loin :


Le ballon contré par Kolo arrive à Saliba, qui décale Gabriel Silva, qui dégage loin pour éloigner le danger. Mais Monaco repart à l'attaque :


Les défenseurs adverses échangent plusieurs passes, ce qui laisse le temps aux deux équipes de se mettre en place. Le triangle pointe basse de Monaco se reforme, chaque milieu étant suivi de près par Youssouf, Cabaye et Hamouma (pour la sentinelle). Sans solution dans l'axe, les défenseurs essayent un long ballon en profondeur...


... mais Gabriel Silva est bien placé, récupère la balle et joue en arrière avec Ruffier. Qui joue long et la possession est de nouveau perdue :


Youssouf et Cabaye sont au marquage des deux milieux, le troisième est en dehors du bloc stéphanois, où il reçoit le ballon de sa défense. Il joue avec un défenseur central qui est monté un peu à droite...


... qui trouve avec une passe le milieu marqué par Cabaye. Un avant-centre décroche dans cette même zone, Cabaye se retrouve pris entre les deux. Youssouf vient l'aider, l'autre avant-centre décroche aussi...


... et le décalage est créé. Les Monégasques combinent sans problème, ils ont la maîtrise technique et le nombre pour eux - le piston gauche est de nouveau lancé dans son couloir, son centre est repris par un avant-centre, mais le tir n'est pas cadré.


Ce genre d'action a été fréquent en 1MT. Et l'entrée d'Aholou pour Cabaye, sorti blessé après une demi-heure de jeu, n'a rien changé, c'était du poste pour poste et les Verts ont toujours été en infériorité numérique dans cette zone du terrain. Comme par exemple à la 43e :


Les deux équipes en place, un défenseur et la sentinelle monégasques échangent des passes avant de chercher le piston droit, qui recule avec le ballon sous la pression de Gabriel Silva et l'attaque est déclenchée :


Le milieu défensif se projette entre les lignes, suivi par Hamouma, mais qui est derrière lui et ne peut pas l'arrêter. Youssouf et Aholou resserrent pour arrêter sa progression, ce qui profite à l'adversaire de ce dernier, qui s'excentre dans le dos de Gabriel Silva, où il reçoit le ballon :


Kolo lui bloque la progression dans le couloir, il repique dans l'axe, mais Silva n'a pas abandonné et arrive à lui enlever le ballon, qu'il dégage loin, en touche. La remise en jeu passe par la défense...


... et arrive de nouveau à droite. Le ballon circule de nouveau entre le piston, le central de ce côté et la sentinelle, complètement libre. Aholou doit quitter son milieu pour monter sur cet axial, pendant que son adversaire direct se place dans la zone de Kolo :


Et le reste du mouvement est très bien exécuté : l'appel milieu axial amène Kolo plus loin sur le côté, créant un espace dans la défense, où un avant-centre fait un appel...


... et d'où il dévie le ballon de la tête pour la course du piston droit, qui avait quitté son couloir. Heureusement Saliba a bien lu le jeu et a laissé l'avant-centre pour s'occuper de ce milieu latéral. Il récupère le ballon et les Verts parviennent à se dégager.


2MT : On reprend le contrôle


Il était évident que ce déséquilibre dans l'axe ne pouvait pas continuer, alors le staff stéphanois a trouvé pendant la pause une réponse tactique comportant plusieurs éléments. Le premier, le plus visible, a été le répositionnement de Boudebouz dans l'axe de la ligne des attaquants en phase défensive :


Le rôle des deux autres offensifs, Bouanga et Hamouma, n'est pas négligeable non plus. Si Youssouf, Aholou et Boudebouz font de l'individuel sur les trois milieux adverses, les deux premiers doivent aussi couvrir certaines zones, et ce sont les attaquants qui aident au marquage quand ça arrive, comme dans cet exemple en tout début de 2e période. Si au début Bouanga presse les défenseurs et Hamouma couvre le milieu axial de son côté, quand le jeu est déplacé à gauche de l'attaque...


.. c'est Hamouma qui sort sur la défense, Aholou qui se place entre les lignes (pour décourager toute tentative de décrochage d'un avant-centre) et Bouanga qui prend le milieu axial droit. Et bien sûr Youssouf est sur adversaire, où il intercepte la passe. Ballon récupéré, les Verts peuvent attaquer. Ils combinent d'abord à droite entre Debuchy et Hamouma...


... avant de changer de côté, où Aholou s'appuie sur Bouanga avant de monter balle au pied vers la défense. Il perd le contrôle du ballon, mais il aura des possibilités similaires plus tard. Sur cette action, Monaco peut recommencer une attaque :


Marquage individuel sur les milieux, les défenseurs doivent faire le jeu. Ils ne sont même pas attaqués par Hamouma ou Bouanga, qui les attendent bien en place :


Et finalement, sans autres solutions, l'action se finit avec un long ballon capté par Ruffier


La philosophie de jeu a aussi changé à la pause. Si en 1MT les Verts ont eu du mal à garder le ballon - donc la possession a été monégasque à 58%, ils ont su le garder au retour des vestiaires : 60% de possession lors du premier quart d'heure de la 2MT. Une autre manière pour éviter de subir au centre du terrain c'est de ne pas laisser le ballon à l'adversaire... Voici un long exemple, qui commence à la 56e, à droite, avec Boudebouz...


... qui change rapidement de côté, trouvant Aholou. Le bloc de Monaco en 5-3-2 est bien en place, Aholou joue avec Gabriel Silva...


... avant de se projeter plus haut. Il amène ainsi avec lui un des trois milieux adverses, ce qui ouvre un angle de passe vers Bouanga, entre les lignes, qui décale immédiatement Debuchy à droite. Boudebouz arrive en soutient et reçoit le ballon...


... suivi de près par un milieu adverse. Il protège et garde le ballon pendant plusieurs bonnes secondes, dans un mouvement qui rappelle celui de la 90e minute du dernier Derby. Mais il n'y a pas Beric à destination de son centre et le gardien adverse capte le ballon. Il essaye de lancer une attaque rapide, le ballon arrive jusqu'à un avant-centre aux aborde la surface stéphanoise, mais la défense récupère facilement. Et une nouvelle attaque est construite :


Changement de côté de la gauche vers la droite et Boudebouz (axial pour défendre en 2MT, mais toujours excentré lors de la construction). Ensuite Youssouf est trouvé dans l'axe et essaye de monter avec le ballon...


... avant de faire demi-tour et de chercher des solutions. Hamouma montre que les attaquants stéphanois savent aussi décrocher entre les lignes :


Il est servi et avec Saliba et Aholou le ballon arrive dans le couloir gauche, à Gabriel Silva. Bouanga se place comme un ailier et il reçoit le ballon :


Les Verts combinent avec une grande maîtrise, sans réellement cherche à passer les lignes adverses, juste à concentré le bloc monégasque de ce côté. On peut ainsi observe lors du dernier triangle de passes entre Youssouf, Aholou et Hamouma...


... que le triangle du milieu adverse se trouve entièrement dans ce coin du terrain. Ce qui veut dire que le jeu est à l'opposé :


Youssouf trouve Boudebouz, qui est face à la défense. Il ne joue pas à droite avec Debuchy, mais profite du fait qu'un défenseur sort sur le latéral stéphanois pour chercher l'appel de Bouanga en profondeur. Malheureusement la passe n'est pas bien dosée et c'est une sortie de but. Après cette longue possession des Verts, c'est au tour de Monaco de construire une attaque :


Les Stéphanois sont en place, mais avec des lignes trop espacées, ce qui permet à l'adversaire de Youssouf de décrocher et un décalage est créé à la gauche de l'attaque...


... à l'aide d'un avant-centre qui décroche et un central qui monte. Heureusement, ce dernier temporise et les Verts se remettent en place :


Youssouf arrive dans cette zone pour empêcher les adversaires de combiner, Aholou quitte son milieu pour couvrir celui de son coéquipier...


... mais quand le ballon arrive dans les pieds du défenseur adverse, il revient dans la zone de son milieu. Et il récupère le ballon dans ses pieds, se projetant vite vers l'avant. Le reste de l'action est une question de réussite, entre une légère faute pas sifflée, une passe d'Aholou déviée par un défenseur dans la course de Hamouma et un tir de ce dernier repoussé par le gardien dans les pieds de Bouanga...


Ayant ouvert le score, les Verts ont laissé de nouveau la possession à Monaco (65% pour le reste du match), se contentant de défendre avec un marquage individuel sur les milieux, pas toujours bien effectué, comme dans cet exemple à la 78e minute, après l'entrée de Trauco pour Debuchy (Gabriel Silva passant de gauche à droite dans le même système) :


L'attaque monégasque consiste à faire bouger le ballon dans la défense de droite à gauche et retour en attendant une solution de passe, le bloc stéphanois est en place. Le ballon arrive au défenseur central droit via la sentinelle, Hamouma sort sur lui...


... et le jeu est accéléré brusquement. Si Trauco et Aholou sont à côté de leurs adversaires directs, Boudebouz a du retard par rapport au sien :


Le milieu d'Aholou est trouvé et le une-deux avec celui de Boudebouz est parfaitement exécuté, Aholou est éliminé à son tour et les Monégasques se trouvent face à la défense :


Le piston droit est décalé dans son couloir, Trauco glisse, la défense est en place et suit les avant-centre, mais le centre est à destination du troisième milieu, qui arrive seul et lancé. Heureusement, il ne cadre pas sa tête.


La fin du match à vu Monaco passé dans une défense à 4, un espèce de 4-2-4. Vu qu'il y avait deux joueurs adverses dans chaque couloir et que le but était de garder le score, le 5-2-3 des Verts est devenu un 5-4-1, surtout après l'entrée de Nordin pour Hamouma :


Ça a été encore plus simple pour les milieux stéphanois de contenir leurs adversaires directs, le jeu adverse est passé principalement par les côtés, mais la défense a tenu bon et l'ASSE a obtenu sa deuxième victoire à domicile de la saison.


Conclusions


L'ASSE devient ainsi la meilleure équipe du championnat depuis l'arrivée de Claude Puel, même un peu avant si on compte la victoire à Nîmes. Une équipe qui gagne ses matchs 1-0 et qui semble avoir trouvé son système de jeu. L'animation offensive n'est pas encore là, les Verts soit se précipitent trop et perdent rapidement le ballon, soit ils construisent trop patiemment pour déséquilibrer le bloc adverse. Ainsi, ce dernier match a été intéressant surtout d'un point de vu défensif. Les Stéphanois ont vraiment eu du mal en 1MT, même si le style d'attaque monégasque était assez facile à lire. Mais ils ont parfaitement répondu tactiquement après la pause, ont marqué sur leur temps fort et ont su gérer le reste du match. La série des résultats positifs continue et ses effets sur la confiance des joueurs commencent à être visibles...

vendredi 1 novembre 2019

Nantes - Monaco

Pour Monaco, c'était le dernier déplacement avant d'aller à Geoffroy-Guichard. Pour Nantes, c'était le dernier match en domicile en championnat avant la réception de l'ASSE. Bref, le Nantes-Monaco d'il y a une semaine représente une opportunité parfaite si on veut étudier les schémas de jeu des deux prochains adversaires des Verts.

Systèmes de jeu

Chaque équipe a trouvé son système de jeu de base et ce qui ressemble à une équipe-type. Pour Nantes c'est un 4-2-3-1 avec Blas en soutien de Coulibaly :


Pour Monaco, c'est une défense à 3 et deux avant-centres, Slimani et Ben Yedder :


C'est un 3-4-1-2 qui est représenté ici, avec Golovin en milieu offensif, en "10". Mais comme sera évident dans les exemples suivants, le milieu à 3 monégasque a souvent été à plat ou en pointe basse, avec Golovin à gauche et Bakayoko à droite de Silva. Bref, une opposition tactique avec des systèmes différents :



Attaques monégasques


Les premières vingt minutes ont été plutôt équilibrées, avec une possession partagée, mais avec des visiteurs plus tranchants dans leurs attaques, comme dans cet exemple en tout début de match :


Les défenseurs monégasques se passent le ballon, les angles de passes vers les milieux (en pointe basse) sont fermés par les deux lignes nantaises. Le ballon va vers la gauche, puis revient...


... et le bloc nantais, bien discipliné, coulisse bien pour toujours empêcher une passe vers l'avant. Les deux avant-centres de Monaco sont un à côté de l'autre dans la défense...


... mais tout d'un coup, un d'entre eux (Slimani) décroche et offre une solution de passe. Il est suivi par un défenseur central, l'autre avant-centre fait un appel dans cet espace. La déviation est parfaite et trouve le milieu central droit (Bakayoko), qui essaye de décaler son coéquipier plus loin dans le couloir droit, mais sa passe est interceptée. Après quelques duels pour le ballon dans un petit périmètre, Monaco récupère la possession...


... avec ce même milieu axial. Les équipes sont de nouveau en place, les 2 AC monégasques un à côté de l'autre...


... et de nouveau le même décroche et il est trouvé entre les lignes, d'où il lance le piston gauche en profondeur dans son couloir. Le latéral gauche nantais n'était pas bien placé et il se trouve donc en retard au moment du centre :


Mais les deux monégasques présents dans la surface se gênent au 2e poteau et le tir n'est pas cadré.


L'animation offensive de Monaco est clairement basée sur un avant-centre qui décroche et qui lance ensuite un de ses milieux. Et ça leur a permis d'ouvrir le score après 20 minutes de jeu :


Une touche nantaise est récupérée par le trio du milieu monégasque et le ballon est donné au piston gauche. L'avant-centre s'excentre dans son couloir, suivi par son défenseur central. Il est trouvé par la passe...


... et remet dans l'axe, dans la course du milieu offensif qui avait profité de cet espace. Le décalage est fait et la passe en profondeur pour l'autre avant-centre le met dans les meilleures conditions pour marquer :


Cet ouverture de score a été la fin de l'équilibre de possession dans le match, à partir de ce moment là, Monaco a laissé le ballon à l'adversaire (60%) et a plutôt procédé en contres, sans pour autant marquer un autre but.


Attaques nantaises


La réaction de Nantes a été immédiate après l'ouverture du score et la sortie sur civière du latéral gauche, blessé sur l'action du but. Une relance part du gardien :


Le milieu à 3 de Monaco est en place, pointe basse et les trois milieux nantais sont assez bas, pour pouvoir remonter le ballon. Mais le défenseur central préfère jouer un long ballon pour son avant-centre (Coulibaly) :


Il gagne son duel avec le défenseur, contrôle le ballon (profitant du fait que les milieux adverses étaient bien plus haut) et décale son ailier à droite. A 3-contre-5 les Nantais ne peuvent pas faire grande chose, alors il temporise et attend du soutien...


... qui vient avec le latéral droit, qui monte dans le couloir. Monaco n'a qu'un joueur de couloir, le piston, qui a du mal à défendre contre deux (latéral + ailier). Surtout que le milieu offensif monégasque ne défend pas réellement, il ne suit pas l'ailier et le une-deux fonctionne parfaitement. Même si la défense à 5 assure un nombre important des défenseurs dans la surface au moment du centre...


... le piston droit monégasque n'est pas bien placé et le centre au deuxième poteau est repris facilement par l'ailier nantais, mais ce n'est pas cadré.


Nantes a eu une autre grosse occasion juste avant la fin de la première période : 


Après une touche, le ballon circule entre les défenseurs. Le bloc de Monaco en 5-3-2 est bien visible et les trois milieux de Nantes (normalement en pointe haute) sont suivis de près par leurs adversaires. Mais quand le latéral droit nantais monte avec le ballon dans son couloir...


... le milieu gauche monégasque (Golovin) doit sortir sur lui. Ce qui permet un joli jeu en triangle dans ce couloir, avec appui sur l'ailier et une-deux entre celui-ci et le milieu offensif. L'ailier droit  (Bamba) temporise et les Nantais changent de côté :


Un relai avec un milieu axial et le ballon arrive à la paire latéral-ailier à gauche, pendant que le bloc monégasque doit coulisser. C'est plus simple de couvrir toute la largeur pour la défense (ils sont 5), mais plus difficile pour les milieux (ils sont 3). Les Nantais peuvent donc combiner dans le couloir et mettre le latéral en bonne position pour centrer :


De nouveau, il y a un surnombre évident pour Monaco dans sa surface. Et pourtant l'avant-centre est trouvé entre deux centraux et sa reprise de tête permet au gardien adverse de sortir un magnifique arrêt.


Il commence à être évident que le jeu offensif nantais passe par les couloirs, l'exemple suivant, en début de la 2MT, ne fait que le confirmer. Mais au début c'est une attaque de Monaco :


Le piston droit est trouvé par une passe lobée, un avant-centre (Ben Yedder) décroche pour recevoir le ballon avant de lui le remettre pour sa course en profondeur. Malheureusement pour Monaco, le centre à destination de l'autre attaquant est intercepté par un défenseur :


Nantes récupère la possession, mais la perd rapidement. Monaco perd aussi le ballon très vite et finalement le jeu reprend après une faute monégasque au centre du terrain :


Le bloc en 5-3-2 de Monaco est en place, les Nantais commencent leur attaque à gauche. Le latéral et un milieu échangent des passes...


... et continuent à combiner, étant à deux contre un seul milieu adverses. Le piston vient aider, l'ailier gauche nantais est recherché dans son dos, mais la passe est interceptée et le ballon sort en touche. La remise en jeu cherche à changer de côté :


Le bloc de Monaco coulisse, c'est le milieu gauche qui bloque la progression du latéral droit nantais, le piston gauche sortant sur l'ailier...


... mais à contre-temps, ce qui permet à Bamba de l'éliminer facilement. Heureusement pour Monaco, l'ailier droit nantais s'empale sur la défense sans combiner avec ses coéquipiers. Le ballon est dégagé loin et donc récupéré immédiatement :


Avec des passes courtes le jeu est envoyé de la droite vers la gauche. Le bloc de Monaco en 5-3-2 est toujours en place, bas et avec deux lignes serrées. Il est donc pas facile de trouver des joueurs dans l'axe entre ces lignes, mais il est facile de combiner entre les milieux et les attaquants. Et surtout de passer par les côtés :


Le latéral gauche nantais ayant reçu le ballon et le trio du milieu monégasque étant loin, c'est le piston droit de Monaco qui sort. Et l'ailier gauche nantais plonge dans son dos, où il reçoit le ballon. Il est suivi par un défenseur central, qu'il élimine et se met en position de centre :


L'avant-centre nantais (Coulibaly) est tout seul dans la surface, contre trois adversaires. Et pourtant aucun des 3 ne le suit au deuxième poteau, où le centre le trouve et d'où il envoie le ballon sur le poteau.

Ce manque d'efficacité devant le but adverse a été fatal aux Nantais, qui se sont procurés des occasions, sans les mettre au fond. 



Monaco


Côté Monaco, le système de jeu basé sur une défense à 3 semble figé - même sans Slimani - Ben Yedder et Golovin au coup d'envoi en Coupe de la Ligue ce mercredi, c'est le même système qui a été aligné. Leur animation offensive est largement basée sur un avant-centre qui décroche et un milieu qui arrive lancé. On parle souvent de l'entente entre les deux avant-centres, mais c'est plutôt un jeu à trois, avec l'apport très important d'un piston ou du milieu offensif pour profiter des espaces créés.

Par contre, la défense est vraiment perméable, même à 5, même au delà de la faille évidente du système 5-3-2, qui fait qu'il y a une infériorité numérique dans les couloirs. Les trois milieux ont du mal à couvrir toute la largeur du terrain en coulissant de gauche à droite et un changement de côté rapide crée souvent un décalage. Même à 1-contre-1, les pistons ne sont pas très forts défensivement (ce sont des profils plutôt offensifs). Et surtout, la défense a vraiment du mal sur les centres, à suivre les attaquants, à s'imposer dans les airs.


Nantes


Côté Nantes, c'est un système plus classique, un 4-2-3-1 / 4-4-2. Il est difficile de dire si ce match était particulier vue les failles défensives de Monaco (dans les couloirs et sur les centres), mais les Nantais ont quasi-systématiquement attaqué sur les côtés. Des ailiers techniques capables de faire la différence, mais surtout du jeu collectif, des une-deux ou parfois du jeu en triangle. Coulibaly est bon, gagne souvent ses duels, mais fait aussi des déplacements très intelligents.

Défensivement, le bloc est bien en place, sans qu'il soit particulièrement bas ou très serré. Le marquage est plutôt individuel, chaque joueur suit son adversaire direct. Ce qui fait que le jeu sans ballon est important, un adversaire qui se déplace bien crée souvent des espaces. Avec un peu de mouvement il est donc possible de fissurer ce bloc, après il faudrait ne pas rater le dernier geste pour en profiter.



Voilà. Aux Verts maintenant de bien contrer l'animation offensive adverse et de profiter des failles défensives...