dimanche 8 novembre 2020

RCT - Brive, 35-19 (Cordin, Dridri x2, Jolmes)

 L'avant-match


Le Top 14 continue dans cette période des doublons et le RCT continue à être privé de quelques éléments, même si l'impact n'est pas très important. C'est une belle équipe qui est alignée pour la réception de Brive, et même si c'est un match à huis clos, un autre résultat que la victoire n'est pas envisageable. Surtout que les Toulonnais sont sortis du Top 6 suite à leurs matchs annulés (Racing et Bayonne) et que psychologiquement c'est important de garder le contact avec les haut du classement.


Le match...


... commence avec des Toulonnais qui ont du mal contre une équipe de Brive bien en place, mais aussi qui font des mauvais choix, comme par exemple ne pas prendre des points ou jouer trop vite une pénalité. Ils marquent un premier essai en première main après une touche à la 10e minute et on aurait pu croire que le match est lancé, mais c'était sans compter sur leurs approximations, surtout sur les lancers en touche. Le match est quand-même plié dans les dernières 5 minutes, avec deux essais marqués (ci-dessous).

La 2MT commence bien, avec 3 points supplémentaires marqués rapidement, portant le score à 25-9. Mais ensuite le RCT s'est arrêté de jouer, multipliant les mauvais choix, comme une touche pas trouvée, suivie d'une pénalité jouée trop vite et un turnover concédé qui amène un essai pour Brive - synonyme de perte de bonus offensif. Les adversaires s'approchent à 6 points, mais les avants toulonnais commencent enfin à faire parler leur puissance sur des mauls et mêlées à 5m, les Brévistes enchaînent les pénalités et à la 79e minute le 4e essai est marqué en force. Victoire large, 35-19, avec le bonus, mais sans la manière. 


L'action


On joue depuis une grosse demi-heure et après un premier essai tôt dans le match, le RCT n'arrive plus à poser son jeu et s'est fait même dépasser au score. Jusqu'au moment où Cordin (15) récupère un dégagement adverse :


Comme à son habitude, il relance à la main. Il est plaqué sur la ligne des 40, mais Serin (9) sort vite pour Etzebeth (4) et un autre point de fixation, avant d'envoyer au large...


... où il y a du surnombre. Le déséquilibre est là, il faut just bien jouer ce ballon de relance. C'est la paire des centres qui s'en charge, Toeava (13) relayant à Paia'aua (12), qui fixe les derniers défenseurs :


Mieux que ça, sa feinte de passe lui ouvre une porte et il peut franchir. Passe pour Ikpefan (11), qui avait croisé, qui passe à Alainu'uese (5), qui avait suivi, qui passe à Serin (9), qui est plaqué à 5 mètres de l'en-but. Passe acrobatique après contact, puis une autre pareil pour sortir le ballon du ruck formé par Rebbadj et permettre à Parisse de faire une passe au pied à l'aile opposée, où Dridri conclue cette magnifique relance initiée par Cordin.

Et 4 minutes plus tard, c'est le tour de Carbonel (10) de relancer, de ses 40 mètres :


Il ne franchit pas la défense adverse, mais il la fixe bien, pendant que ses coéquipiers se déploient au large :


Parisse (8) se trouve entre les deux centres, les deux piliers Fresia (1) et Setiano (3) se trouvent devant, c'est le premier qui relaie le ballon pour son troisième ligne centre. Qui fixe sur la ligne médiane, pendant qu'une partie de défenseurs glissait à l'extérieur :


Ce qui ouvre la porte à Toeava (13), qui bénéficie d'un superbe offload de Parisse (8) et qui offre avec une belle passe allongée un deuxième essai à Dridri (14). Deux essais coup sur coup, partis des relances à la main et du jeu rapide au large, où les trois quarts (Parisse inclus) ont su faire la différence. 


La suite


Pendant cette période de doublons, le RCT enchaîne les matchs contre des équipes mal classées - l'idée est de faire le plein des points, même en étant privé des internationaux. Mais ces équipes sont prêtes à tout donner et il faudra élever son niveau pour toujours y parvenir contre Agen, Bayonne, Pau et Paris respectivement. 

lundi 2 novembre 2020

ASSE - Montpellier, 0-1

Perdus sur le terrain


Les Verts ont connu leur cinquième défaite d'affilée contre Montpellier et n'arrivent pas à enrayer leur spirale négative actuelle.  

Tout va mal pour les protégés de Claude Puel, qui enchaînent les mauvais résultats, mais surtout les mauvaises prestations. Au delà des défaites consécutives, c'est la manière qui inquiète le plus - les Stéphanois n'ont marqué qu'un but en 5 matchs et n'ont réussi à cadrer aucun tir lors de leurs 2 derniers. Le scénario de ce match ressemble beaucoup à ceux précédents : un but encaissé dans le premier quart d'heure qui leur coupe complètement le moral. Les mauvaises passes et contrôles s'enchaînent, les joueurs sont obligés de toucher plusieurs fois le ballon pour se rassurer et le jeu perd toute fluidité. La pause fait du bien ("après des discussions et des ajustements, on réussit à revenir dans le match" - les mots de Puel après match), mais le jeu en deuxième période ne devient pas flamboyant pour autant - le manque de confiance et de repères est trop important pour cela.

Voici quelques exemples.


1MT : pas de bloc, pas d'animation


Gabriel Silva et Kolo étaient de retour pour ce match, alignés en défense à côtés de Sow et Moueffek, pendant que le staff stéphanois a choisi de jouer avec 3 milieux axiaux, Neyou - Camara - Zaydou :


Le trio offensif était formé par Bilal Benkhedim et Khazri sur les côtés et Hamouma en avant-centre. Dans cet exemple à la 8e minute, Montpellier à la possession, le bloc stéphanois est en place, avec une distance raisonnable entre les lignes (où se trouve un des 3 milieux axiaux adverses). Khazri et Zaydou déclenchent tous les deux en pressing (!), libérant ainsi leurs adversaires directs et le ballon circule facilement jusqu'à l'ailier droit adverse.


Heureusement il tergiverse et joue en arrière, ce qui permet au bloc stéphanois de se regrouper, plus bas et plus serré qu'avant. Le ballon est envoyé de l'autre côté, tout le monde coulisse en conséquence...


... mais pas forcément bien. Benkhedim se trouvait au marquage d'un milieu axial, il le quitte pour prendre le latéral gauche adverse. Camara ne le couvre pas, mais sort... sans raison, l'autre milieu était déjà pris par Hamouma. Neyou, la sentinelle, essaye de couvrir, mais il est trop court et un montpelliérain se trouve ainsi complètement libre entre les lignes. Il est trouvé et combine facilement avec un autre milieu, qui n'avait pas été suivi par Hamouma :


Adversaire libre à 25 mètres dans l'axe, Neyou et Youssouf essayent de couvrir, pendant que Camara a été complètement dépassé par la "combinaison" adverse et que Khazri n'a pas du tout suivi le milieu qui était initialement à côté de lui. Qui reçoit le ballon mais qui n'arrive pas à cadrer sa frappe.

Des joueurs qui ne restent pas à leur place, ce qui crée des décalages à l'intérieur du bloc, et des offensifs qui n'accompagnent pas leurs adversaires, les laissant apporter du surnombre...


Un autre exemple en fin de la 1MT commence avec une possession adverse pendant que le bloc stéphanois est bien en place en 4-1-4-1 :


Hamouma et Khazri avaient changé de place, tout comme Benkhedim et Zaydou (qui se trouve plus excentré). La distance entre les lignes est raisonnable et Neyou s'y trouve en sentinelle, pendant que le ballon circule en dehors du bloc de la gauche vers la droite.


Les Montpelliérains échangent des passes dans le couloir, pendant que leurs milieux essayent de se placer entre les lignes - Neyou se trouve au marquage de celui proche de l'action. Il n'y a aucune pression sur le porteur du ballon (à l'exception de Silva sur l'ailier à un moment donné), les Verts regardent leurs adversaires se faire des passes dans le couloir :


La ligne des milieux n'a pas du tout reculé, mais celle des défenseurs commence à le faire, suite à un appel en profondeur d'un milieu, suivi par Neyou. Les distances augmentent dans le bloc et les milieux stéphanois ne se rentent même pas compte qu'il faut reculer avant que ça soit trop tard :

Énorme décalage entre les lignes, où deux joueurs ont tout le temps pour combiner, heureusement sans réussir à se procurer une occasion.

Aucun impact, aucune pression pour récupérer le ballon, les Verts regardent leurs adversaires jouer, mais ne regardent pas leurs coéquipiers pour ajuster leur placement...


L'animation offensive n'a pas bien fonctionné non plus, comme on peut l'apercevoir dans cet exemple à la 39e, une construction qui part du gardien :


Sur cette image on voit bien les trios du milieu et d'attaque des deux équipes, bien en place. Neyou, en tant que pointe basse, reçoit le ballon de ses défenseurs...


... et tourne pendant 6 secondes pour trouver une solution, qui est de redonner à Sow. Qui joue avec Zaydou, qui monte balle au pied, hésitant à oser une passe qui casse les lignes. Benkhedim et Camara se trouvent plus haut, prêts à relayer le ballon vers les attaquants, mais il n'y a pas de solution de passe facile, alors après 7 secondes le premier s'écarte un peu et reçoit la passe :


Le premier contrôle l'envoie vers l'arrière, puis il se tourne vers la touche, vers l'axe, en cherchant pendant 8 secondes quoi faire avec le ballon :


Le trio du milieu se trouve un peu plus haut, mais la confiance pour essayer une passe dans le bloc adverse n'est pas là. Alors Benkhedim rejoue avec la défense et c'est le jeune Sow qui monte balle au pied :


Khazri fait un appel de la droite vers l'axe, suivi par l'appel inverse d'Hamouma, qui est trouvé par la passe de Sow et qui combine avec Moueffek dans le couloir droit, en mouvement et en vitesse, à une touche de balle. Malheureusement, le tacle d'un défenseur met fin à cette action. 

Quatre joueurs se trouvaient au milieu du terrain dans l'axe, mais aucun assez en confiance pour faire la différence ou avec assez d'envie pour prendre un espace et proposer une vraie solution à ses coéquipiers...


2MT : toujours brouillons, mais mieux


Le premier changement tactique stéphanois est intervenu à la pause, avec l'entrée d'Aouchiche à la place de Zaydou - les Verts sont théoriquement passés de 4-3-3 à 4-2-3-1, mais comme ni Khazri, ni Hamouma n'avaient pas envie de jouer avant centre, le système résultant a été un peu bizarre :

Un espèce de 4-2-4-0, sans avant-centre pour fixer la défense ou faire des appels pour créer des espaces. Ceci a changé à l'heure de jeu, quand Bouanga est entré à la place de Benkhedim - il a pris le couloir gauche et Hamouma a retrouvé son poste d'avant-centre. D'où il a beaucoup décroché, ce qui a d'ailleurs permis aux Verts de se créer quelques opportunités. 

Comme par exemple à la 66e, quand Moueffek joue une touche avec sa défense et Kolo monte balle au pied :


La paire Camara-Neyou se trouve devant lui, tout comme Aouchiche un peu plus haut. Bouanga et Silva sont assez libres à gauche, Khazri est collé à la ligne de touche à droite et Hamouma décroche. 


Kolo cherche avec une passe lobée son ailier droit, qui remet en première intention dans la course d'Hamouma, qui arrive dans la surface, mais sa passe est captée par le gardien adverse. Du jeu simple et plutôt efficace. Le goal montpelliérain relance vite pour jouer en contre, mais les Verts se rappellent qu'ils savent faire du contre-pressing :


Neyou, Silva et Bouanga pressent les adversaires respectifs et le défenseur dégage loin, où Kolo regagne la possession et donne le ballon à Camara...


... qui monte balle au pied avant de servir Hamouma, qui s'était de suite excentré à gauche, profitant des appels vers l'axe de Bouanga et Aouchiche. Il parvient à centrer en retrait...

... mais Aouchiche rate complètement sa frappe, qui passe au dessus. C'était la plus grosse occasion des Verts dans ce match - il y avait du mieux dans le jeu en 2MT, mais pas assez pour faire une différence. 

Pour compléter, Charles Abi a aussi fait son retour, pour les 20 dernières minutes, mais il n'a touché que 2 ballons dans les 30 derniers mètres, pas assez pour faire une quelconque différence.


Conclusions


On le savait depuis le début, le projet sportif à moyen terme est ambitieux, mais il est associé à un risque à court terme, pendant sa mise en place. Le groupe est en plein apprentissage - "ce qu’ils vivent en accéléré reste formateur (...) les jeunes joueurs vivent des situations bénéfiques pour la suite" (Puel après-match). Mais cet apprentissage est rendu difficile par le gros manque de confiance, par cette spirale négative qui leur détruit le moral et les empêche de mettre en évidence leurs qualités. Et ils ne sont pas aidés par les changements incessants de système et de joueurs - des variations pas toujours forcées par des blessures. Il est peut-être temps d'arrêter les expérimentations, de revenir aux fondamentaux, à des choses plus simples, plus basiques, et surtout plus régulières. Un système de jeu classique, avec un vrai bloc équipe, avec les mêmes joueurs autant que possible, et à leurs postes. Un jeu minimaliste, si on veut, mais un jeu qui leur permettait de retrouver des repères et donc un brin de confiance. On ne peut pas construire sans fondations, et à l'heure actuelle ces jeunes joueurs sont perdus sur le terrain et en train de perdre leurs bases...

jeudi 29 octobre 2020

Les corners de Montpellier

Le prochain adversaire des Verts leur ressemble beaucoup : il traverse une mauvaise période et sera privé de plusieurs joueurs importants.

Entre deux équipes en manque de confiance et de résultats et avec des nombreux absents, il est peu probable qu'on assiste à un match très ouvert. Surtout entre des Stéphanois muets offensivement (1 but marqué en 4 matchs) et des Montpelliérains réputés pour leur rigueur défensive et qui chercheront à se rassurer après le 4-0 encaissé une semaine plus tôt. Le match risque donc de se décanter suite à une erreur individuelle ou sur un coup de pied arrêté. Il n'est pas possible de prédire les erreurs, mais on peut regarder de plus près la manière dont Montpellier aborde les CPA, défensivement et offensivement.


Défendre


Les manières de défendre sur les CPAs passent par du marquage individuel ou par une défense en zone, même si la plupart des équipes pratiquent plutôt un mélange des deux - quelques joueurs couvrent une zone précise, pendant que les autres ont chacun un adversaire direct à surveiller. Montpellier ne fait pas exception, comme on peut l'apercevoir sur cette capture d'écran lors de leur derby contre Nîmes :


Les trois défenseurs centraux, Le Tallec (milieu axial) et Souquet (piston) ont chacun un adversaire au marquage dans la surface. Ristic (l'autre piston) est au marquage en dehors de la surface et Ferri (l'autre milieu axial) suit un adversaire vers le poteau du corner. Rien d'exceptionnel sur cette partie "individuelle", mais on peut remarquer deux joueurs (en blanc) qui n'ont pas d'adversaire : Delort (avant-centre) et Savanier (milieu offensif) qui ont un positionnement particulier. Et ce positionnement est le même sur la plupart des corners défendus par Montpellier, comme par exemple en début de match à Monaco : 


Toujours du marquage individuel partout dans la surface, à l'exception de Delort et Savanier. Et quand ils jouent en infériorité numérique, c'est un de ces deux joueurs qui ne tient plus sa place, celui le plus excentré :


Monaco avait placé 6 joueurs dans la surface (tous pris par les 5 défenseurs + l'avant-centre Laborde) et deux à l'entrée de la surface, pris par les deux joueurs montpelliérains restants en plus de Delort, qui gère toujours sa zone.


C'est probablement une coincidence, mais les Verts ont défendu pareil sur les corners de leurs deux derniers matchs. Par exemple, contre Nice, c'est KMP qui s'est placé devant son gardien (comme Delort), pendant que l'autre piston, Sissoko s'est placé comme Savanier à la même hauteur, mais plus proche du coin de terrain (même beaucoup plus proche, au cas où le corner était joué à deux) :


Le reste des joueurs sont au marquage individuel dans la surface (les 3 défenseurs centraux Sow, Moukoudi et Retsos, un milieu axial - Camara - et un avant-centre, Hamouma). L'autre avant-centre, Krasso, n'a pas d'adversaire direct.

Et à Metz on observe un positionnement similaire, mais avec une différence notable :


C'est Bouanga qui joue le rôle de l'offensif placé dans les 6 mètres devant le gardien, pendant que l'autre stéphanois sans adversaire direct est Neyou, qui se trouve collé au premier poteau. Les 4 défenseurs et le milieu axial Camara font tous du marquage individuel dans la surface.

La stratégie défensive des deux équipes est donc similaire : placer au moins un joueur pour dégager les ballons joués au premier poteau et tout miser sur le fait que chaque défenseur gagnera son duel. D'autres équipes défendent différemment, comme par exemple les adversaires de Montpellier dans les exemples ci-dessous.


Attaquer


En général, les CPA de Montpellier sont tirés par Savanier, mais quand il est absent, c'est Mollet qui s'en charge (Dolly étant le 3e tireur). Et le placement montpelliérain est facile à lire :


Il y a toujours un avant-centre et un défenseur central (le plus souvent Delort et Hilton) qui se placent dans les 6 mètres, où les Nîmois ont trois joueurs sans adversaire direct. Quatre autres joueurs de Montpellier se trouvent vers le point de 11 mètres - les deux autres défenseurs, l'autre avant-centre et le milieu axial Le Tallec. Ils sont pris en marquage individuel et ils plongent vers la ligne de 5m50, où de l'espace est créé par l'appel au premier poteau de Delort et Hilton. Un autre exemple, quasi-identique, lors du même match :


Mêmes joueurs, même positionnement, mêmes appels. Côté nîmois, on aperçoit mieux les deux joueurs au premier poteau dans la petite surface, en plus des deux autres qui bloquent une combinaison dans le coin du terrain. 

Les corners tirés par Savanier sont très bien exécutés, le ballon passe en général au dessus de joueurs au premier poteau, arrive à hauteur de la ligne de 6 mètres (pas évident pour le gardien de sortir) et il est a destination d'un des 4 coéquipiers qui arrivent lancés.

Bien sûr, en infériorité numérique ce ne sont pas 4, mais 3 joueurs qui se trouvent aux 11 mètres, mais le rôle et positionnement de Delort et Hilton reste le même :


Sur cette image on observe que Monaco place 3 joueurs sans adversaire direct dans ses 6 mètres (de la défense en zone en plus du marquage individuel). Sans Savanier, c'est Mollet qui tire les corners et il se débrouille plutôt bien lui aussi dans cet exercice.



Comme Montpellier aura beaucoup d'absents, il n'est pas évident comment ils vont aborder les coups de pied arrêtés contre les Verts. Mollet sera en charge de les tirer et il est fort probable que Delort jouera le même rôle, dans les 6 mètres, défensivement et offensivement. Sans Hilton, c'est probablement un autre défenseur central qui l'accompagnera... ou personne. Laborde et les deux autres défenseurs centraux seront bien présents, mais l'absence de Le Tallet et Souquet est importante. Surtout pour le premier, qui avec ses 1m87 est un habituel des duels aériens dans les deux surfaces...

lundi 12 octobre 2020

RCT - Montpellier, 25-21 (Cordin)

L'avant-match


Victoire obligatoire après la première période ratée à Toulouse, surtout à domicile et surtout pour bien aborder la finale de la Challenge Cup dans une semaine. Mais Montpellier vendra cher sa peau...


Le match


Début un peu raté pour le RCT, mené 6-3 après 10 minutes, mais un bel essai au large leur permet de passer devant au score. Des nombreux temps forts mal négociés et deux supériorités numériques en 1MT ne leur ont pas permis de creuser l'écart et il se sont fait rejoints après la pause, quand Montpellier est passé devant à la 52e minute, 18-16. Heureusement, l'indiscipline adverse à permis à Carbonel de remettre les Toulonnais devant, mais ils se sont fait peur dans les dernières minutes. Leur bonne défense a tenu et leur a permis d'obtenir une courte victoire, 25-21.


L'action


On joue la 13e minute, le RCT est mené de 3 points, mais a la possession sur la ligne médiane. Serin (9) sort le ballon...


... et trouve Carbonel (10), entouré des avants. En effet, les 5 de devant et Rebbadj (7) se trouvent tous là et on peut s'attendre à un jeu de fixation. Mais le demi d'ouverture joue au large, sautant même son premier centre Paia'aua (12) pour trouver Toeava (13). La recrue toulonnaise, alignée pour la première fois de la saison, trouve le moyen de passer les bras quand il est plaqué :

Et le reste c'est un modèle de jeu après contact des trois-quarts du RCT, avec Paia'aua (12) qui passe pour Villière (11), qui donne à Cordin (15), qui marque le premier essai du match.


La suite


Cette victoire est importante, même si la manière n'a pas été si rassurante. Peu importe maintenant, le RCT aborde sa finale de la petite Coupe d'Europe en confiance. Ça sera aussi le dernier match joué par des internationaux avant plusieurs longues semaines...

mardi 6 octobre 2020

Toulouse - RCT, 39-19 (Moretti, Egiziano, Meric)

L'avant-match


Après deux matchs de phase finale de la petite Coupe d'Europe, le RCT retrouve le Top 14 pour deux journées avant de jouer leur finale européenne. Il n'y a pas de doute, le match le plus important du mois d'octobre sera la finale à venir, donc on peut s'attendre à une légère impasse pour ce déplacement à Toulouse. Surtout que les Toulousains sont sortis frustrés de leur demi-finale et ils seront revanchards. Avec toujours beaucoup de blessés, avec deux très jeunes joueurs pour la première fois dans le groupe (Egiziano et Robert), les Toulonnais ne seront pas déçus en cas de défaite, même s'ils espèrent pouvoir se rassurer sur les bases et la conquête.


Le match...


... a fait tout sauf rassurer le staff du RCT, surtout en 1MT. Une période où les Toulonnais ont été complètement inexistants, touchant quasiment jamais le ballon et ratant 18% de leurs plaquages. Ils sont rentrés aux vestiaires menés 25-0, avec trois essais encaissés - et il y avait la place pour bien plus que ça...

Heureusement, ils ont proposé un autre visage en 2MT, profitant aussi des changements effectués à la pause. Deux essais marqués dans les premières 10 minutes ont remis le RCT dans le match et ont montrés que le talent est bien présent, c'est juste la volonté qui manquait. Toulouse en a marqué d'autres, les Toulonnais aussi, à la fin le score reste assez lourd, 20 points d'écart, presque 40 points encaissés, mais la deuxième période a été gagnée par les Toulonnais, de justesse. Pas assez pour effacer l'impression pitoyable laissée en première, mais suffisant pour se dire que ce n'était qu'un problème de motivation...


L'action


En début de la 2MT, le RCT bénéficie d'une touche à l'entrée des 40 mètres adverses :


Un alignement raccourci, avec Rebbadj (5), Lakafia (8) et Ollivon (6) en sauteurs et S.Taofifénua (1) et Devaux (3) en soutien. C'est le demi de mêlée Takulua (9) qui sert de relayeur, pendant que Isa (7), Alainu'uese (4) et Ikpefan (11) forment un premier groupe au large. L'attaque qui se prépare est évidente :


Le lancer de Tolofua (2) est capté par Ollivon (6), qui remet à Takulua (9), qui sert Carbonel (10), qui... joue comme un centre, fixant la défense, sans faire jouer le groupe de 3 qui était attendu. La libération est rapide...


... tout comme le replacement des avants du RCT. Rebbadj (5) reçoit le ballon, encadré par S.Taofifénua (1) et Tolofua (2), ce qui le permet de bien fixer la défense. Même très bien, parce qu'il n'y a pas de premier défenseur à côté du regroupement :


Takulua (9) voit la petite porte, s'engouffre et passe après contact pour Ollivon (6) qui était venu dans l'intervalle. Le franchissement est réussi, le 3e ligne toulonnais fixe le dernier défenseur et permet à Moretti (13) de marquer son premier essai en pro.

Non seulement le RCT vient de marquer un essai rapidement après le retour des vestiaires, mais en plus la transformation est rapide, en drop. Histoire de mettre du rythme et rattraper les points laissés en 1MT - le message des Toulonnais est très clair...


La suite


Il est fort probable que le RCT sera très revanchard pour le prochain match, à domicile. Histoire de montrer son vrai visage et de se mettre en ordre de match pour la finale de la Challenge Cup qui suivra. Mais il faut se méfier de cette équipe de Montpellier, qui arrivera bien reposée, après une pause d'un mois, entre non-participation à la Coupe d'Europe et matchs reportés. Une équipe avec un gros besoin de points qui vendra très cher sa peau...

dimanche 4 octobre 2020

Lens - ASSE, 2-0

Une question d'expérience


Les Verts ont connu leur deuxième défaite de la saison, après un match qui a été plié très rapidement avec l'expulsion de Kolodziejczak et le penalty pour Lens.


Même s'ils ont eu leurs seuls tirs de la partie dans les premières minutes, les Stéphanois ont raté leur entame de match et généralement la première période. Leur entraîneur trouve que "ce n'était pas suffisant avant la pause. Il y a des joueurs qui ont performé, d'autres non (...) Sur les côtés, Lens a souvent été en supériorité et le penalty est survenu sur l'une de ces phases". Des ajustements tactiques ont rendu les protégés de Claude Puel plus solides défensivement, mais ils n'ont pas pu trouver des solutions en attaque : "on est partis sur de meilleures bases en seconde période. On a alors été plus solidaires et plus compacts. On a formé un vrai bloc. Il nous a manqué à ce moment-là un peu de justesse, de verticalité et de jambes pour nous projeter vers l'avant". Et le deuxième carton rouge a mis fin à tout espoir.


Systèmes des jeu


Les deux cartons rouges ont clairement plombé les chances des Verts dans ce match et ont obligé le staff stéphanois d'adapter le positionnement de ses joueurs à plusieurs reprises.

Pour débuter, Hamouma a été laissé sur le banc et Rivera a pris sa place, à gauche, laissant donc Aouchiche se placer plus dans l'axe. Bouanga a démarré en avant-centre, Nordin à droite, la paire des milieux a été la classique Camara - Neyou et la défense Sissoko-Moukoudi-Kolo-Maçon :

On peut donc voir que les Verts ont aligné une équipe très jeune, avec seuls Bouanga (25 ans) et Kolo (29) ayant plus de 23 ans. Et l'inexpérience est encore plus évidente si on compte le nombre des matchs de Ligue 1 de certains joueurs, Sissoko, Maçon, Neyou, Aouchiche ou Rivera n'ont pas encore atteint la barre de 10 matchs de L1. Pourtant, c'est le plus expérimenté joueur de champ stéphanois qui a été fautif, provoquant un penalty et laissant ses coéquipiers en infériorité numérique...

Sur la capture précédente on voit que le système choisi a été un 4-1-4-1, avec Neyou en sentinelle au marquage du milieu offensif adverse et Aouchiche au même niveau que Camara. Ce qui a complètement changé avec l'expulsion de Kolo :


Pour ses débuts en pro, Sow a remplacé Rivera, Aouchiche a pris le couloir droit pendant que Bouanga et Nordin ont alterné entre milieu gauche et avant-centre. Une équipe très peu expérimenté, mais un bloc resserré et des ailiers qui ont bien tenu leurs couloirs - les Verts ont retrouvé une solidité défensive qui leur a fait défaut le premier quart d'heure. 

Ce bloc bas et compact a bien fonctionné, ainsi le changement intervenu à la pause l'a préservé : Khazri a remplacé Aouchiche, passant avant-centre pendant que Nordin glissait à droite :


Toujours beaucoup de jeunesse à l'exception d'un seul joueur de champ...  celui qui s'est fait expulsé, 20 minutes après son entrée en jeu. A 9 contre 11, mais avec un seul but de retard, le staff stéphanois a fait le pari de jouer avec un avant-centre, Hamouma :


Bouanga et Nordin sortis, Zaydou (21 ans) est entré au milieu, les Verts sont passés en 4-3-1, mais ils n'ont pas réussi à se créer des occasions et ont fini par prendre un deuxième but, sur corner. A noter que cette fois-ci, le seul joueur de champ expérimenté de l'ASSE présent sur le terrain n'a pas pris de carton...



Des problèmes à résoudre


Lens évolue en 3-4-1-2, avec des pistons actifs dans les couloirs et un milieu offensif qui est la plaque tournante de toutes leurs offensives. Il était donc important pour les Verts de bien fermer les couloirs et d'empêcher le "10" adverse d'organiser le jeu. C'est probablement pour ça que le choix a été fait de jouer en 4-1-4-1, avec Neyou au marquage de Kakuta, mais tout ne s'est pas déroulé comme prévu. Par exemple,  dès la 2e minute...


... on voit les Stéphanois en place, avec la paire Neyou-Kakuta entre les lignes pendant que les 3 défenseurs lensois gardent le ballon. Rivera quitte son aile pour déclencher un pressing, même si c'est normalement à l'avant-centre de le faire, même si le bloc est bien bas et en place. Ce n'est pas grave, le ballon est de l'autre côté...


... mais Camara sort du bloc aussi. Son adversaire direct est trouvé, Neyou couvre mais ne peut donc pas suivre le "10" adverse. Qui n'est pris ni par Aouchiche et qui peut donc échanger des passes avant de lancer un piston dans le couloir. Les 4 défenseurs de l'ASSE était occupés avec 3 adversaires (2 AC et un milieu qui était monté), les couloirs auraient du être pris par les ailiers, mais ni Rivera ni Nordin n'y étaient. Certes, Lens a su produire du beau jeu, avec des passes verticales, à une touche de balle, mais il a été facilité par un manque de rigueur tactique des Stéphanois.

Ironiquement, c'est l'expulsion de Kolo qui a aidé à résoudre ce problème. Aouchiche, un peu perdu en "8", s'est retrouvé sur un côté et avec Bouanga (parfois Nordin), ils ont bien défendu dans les couloirs. Les deux lignes ont été bien plus resserrées (images précédentes) et ça a été plus difficile pour Lens de combiner dans un bloc compact.



Une autre caractéristique du jeu lensois a été le pressing haut. Et les Verts ont eu du mal à s'en sortir, comme dans cet exemple à la 38e qui commence avec un coup franc joué par Sissoko avec ses partenaires de la défense :


Le ballon circule de la droite vers la gauche via Sow et Neyou jusqu'à Moukoudi, les Lensois sont haut sur le terrain, mais le trio offensif n'effectue pas de pressing proprement dit. Leur but est de couper les passes vers l'avant, d'empêcher qu'on trouve les milieux relayeurs :


Sur cette image, on voit bien comment le milieu offensif fait un pas pour couper une éventuelle passe de Moukoudi vers Camara, donc Neyou reçoit de nouveau le ballon et cherche une solution. Camara et Aouchiche ne sont pas loin...


... mais ils sont pris par les milieux adverses, pendant que le "10" coupe la progression de Neyou, qui est obligé de jouer en arrière, avec Sow, qui joue avec Moulin :


Tous les Stephanois présents dans leur propre moitié sont pris par un Lensois à l'exception des latéraux. Moulin joue avec Sissoko à droite et c'est seulement à ce moment que le pressing adverse et déclenché. La montée du piston gauche oblige Sissoko de reculer...


... et les Verts se retrouvent enfermé dans un coin du terrain. Ils paniquent pas, Neyou est trouvé et une légère poussette d'un adversaire est sanctionnée par l'arbitre, leur permettant ainsi de s'en sortir. Enfin, le coup franc est envoyé directement en touche par Moulin...


Les Stéphanois ont eu beaucoup de mal à sortir du pressing adverse et ainsi développer du jeu. Certes, ils étaient en infériorité numérique et tous les futurs adversaires n'ont pas un jeu basé sur du pressing haut. Mais il faudra trouver des solutions pour réussir à ressortir le ballon proprement, sinon les prochains matchs seront compliqués. Par contre, et c'est tout à leur honneur, malgré leur manque d'expérience, ils n'ont pas paniqué et n'ont pas baissé les bras en se débarrassant n'importe comment du ballon. Et ça, c'est rassurant pour la suite.



Conclusions


Ce début de saison a été fait des séries. Après avoir marqué 8 buts sans encaisser aucun, les Verts en ont pris 7 sans en marquer. Il faut inverser cette tendance et Claude Puel en est conscient : "on encaisse des buts qu'on peut éviter avec plus de cohésion et de concentration (...) lors de nos deux dernières rencontres, les joueurs n'ont pas tous été au diapason dans l'engagement et la justesse technique. On ne peut pas avoir autant d'écart entre les joueurs, on a besoin que tous soient à 100%". Le talent, individuel et collectif, est bien présent, les bases sont là. Il n'y a pas beaucoup d'expérience, mais elle sera acquise avec du travail et de la patience. Le défi principal du staff stéphanois et de s'assurer que le mental suit, que ses jeunes joueurs ne s'enferment pas dans une spirale négative quand les choses ne tournent pas dans leur faveur, quand ils n'arrivent pas à exprimer leur talent. De ce point de vue, la trêve internationale arrive au bon moment. Si l'absence des 12 internationaux rendra difficile le travail des automatismes, il faut espérer qu'ils se changeront les idées avec leurs sélections et reviendront plus frais mentalement.