lundi 13 septembre 2021

Montpellier - ASSE, 2-0

Une deuxième période indigne


Les Verts n'ont toujours pas connu la victoire cette saison, mais se sont inclinés pour la deuxième fois consécutive, sur la pelouse de Montpellier.

Pour ce match, le staff stéphanois a fait le choix d'un 4-4-2 à plat, avec la paire Hamouma - Khazri devant, Bouanga et Nordin sur les côtés et la paire classique Camara - Neyou au milieu :


La défense a été légèrement changée par rapport aux matchs précédents, Nadé prenant la place de Sow, qui devait observer une période de quarantine à son retour de sélection. Tous les changements effectués ont été du poste pour poste, les Verts finissant le match dans le même système :


Comme nous pouvons le voir sur cette image, Ramirez, seule recrue de l'ASSE lors du dernier mercato, est entré pour la dernière demi-heure de jeu. Avant de regarder de plus près son integration dans l'animation offensive stéphanoise, le non-match de ses coéquipiers en 2MT mérite d'être mis en évidence...


Au retour des vestiaires


Ça a été le jour et la nuit pour la prestation des protégés de Claude Puel lors des deux périodes du match, et il ne mache pas ses mots : "Il y avait matière à plier le match dès la première période (...) J’étais assez satisfait de ce qu’on a pu proposer collectivement. Après la mi-temps, je pensais qu’en continuant à proposer du jeu, on pourrait avoir des situations intéressantes. Mais on n’a pas su rentrer avec la détermination nécessaire au retour des vestiaires. On a perdu le fil. C’est vraiment du gâchis".

En effet, dès l'entame de la 2MT, la passivité des Verts a été criante, la reprise du jeu voyant leurs adversaires combinant pour traverser le bloc stéphanois et se créer une occasion sans aucun problème... On ne peut pas montrer ici tous les exemples des ballons perdus et approximations techniques dans cette période, voici seulement quelques-uns :


A la 58e minute, un long dégagement adverse est dévié dans le dos de Kolo, dans une zone sans aucun joueur de Montpellier. Les 4 milieux stéphanois sont sur la ligne médiane, la défense n'est pas en danger, Nadé couvre et récupère sans problèmes le ballon à l'entrée de la surface :


L'avant-centre montpelliérain court pour le presser, mais tous les autres adversaires sont loin. Sauf que Nadé tergiverse, prend son temps - 3 secondes avant de prendre une décision - et laisse le temps à l'ailier adverse d'y venir aussi : 


Green reçoit le ballon et prend aussi son temps - 4 secondes - avant de le donner à Moukoudi. Entre temps Camara redescend proposer des solutions, suivi par un Montpelliérain, mais il est le seul à faire l'effort :


Moukoudi reçoit donc le ballon dans la surface, mais en regardant vers son propre but et avec deux adversaires pas loin de lui. Un grand vide se trouve devant lui, où Neyou ou un des offensifs aurait pu venir proposer une solution. Le défenseur stéphanois prend lui aussi 3 secondes, le temps de se retourner et chercher quoi faire avec le ballon...


... et le dégage en panique entre les deux adversaire, dans une zone déserte. Là où arrive... le latéral adverse, qui lui avait envie de courir pour récupérer le ballon, ce qui ne semblait pas être le cas des Verts. 


Un autre exemple à la 72e minute voit les Stéphanois, menés déjà 2-0, construire avec Green et Moukoudi, qui envoye le ballon jusqu'à Nokoué à droite :


Le bloc adverse (4-2-3-1) est en place, relativement haut, mais sans exercer de pressing - Neyou est assez libre dans l'axe pour aider à la construction. C'est d'ailleurs probablement lui qui est recherché par le latéral droit...


... mais la passe est légèrement imprécise et elle passe à côté, arrivant ainsi jusqu'à Nadé. Qui a une drôle d'idée de faire une feinte et laisser le ballon passer entre ses jambes :


Sauf qu'il est trop lent à se retourner le chercher, pendant que Camara et Kolo se trouvent très loin et sont trop surpris par le geste pour aller récupérer ce ballon. Ce qui n'est pas le cas d'un milieu adverse, qui part de bien plus loin, mais qui sprinte pour intercepter et partir vers le but. Fauché ensuite par Nadé, qui rattrape son erreur tout en récoltant un carton jaune. 

Si on se pose la question où Nadé a trouvé l'inspiration de ce geste, il faut revenir à une action quelques minutes plus tôt, avec une autre construction stéphanoise :


Le ballon est d'abord remonté à gauche, avant d'arriver dans les pieds de Neyou, qui le garde et attend que ses coéquipiers se mettent en place. La paire des attaquants est formée par Khazri et Ramirez en ce moment, les deux se trouvant dans la même zone, dans le rond central.


Ils se placent ensuite chacun sur un défenseur central, mais ils sont impossibles à trouver, il y a plusieurs lignes montpelliéraines entre eux et le ballon. Le jeu doit normalement passer par les côtés, mais ça prend 10 secondes et des échanges de passes entre Neyou et Moukoudi avant que le dernier joue avec Nokoué :


Neyou fait l'appel qu'il faut, il ne reste pas statique, il propose une solution. Il est donc recherché par la passe du latéral droit, mais... fait une feinte et laisse passer le ballon entre les jambes. Récupération très facile par un milieu adverse, qui remonte 30 mètres balle au pied, avant qu'il soit fauché par le retour de Neyou, qui rattrape son erreur tout en récoltant un carton jaune. 


Jouer avec Ramirez


Le dernier exemple montre le positionnement de la recrue stéphanoise et le fait qu'il n'a pas été trouvé par ses coéquipiers. En effet, il a touché le ballon un quart d'heure après son entrée en jeu - si on ne compte pas la remise en jeu après le deuxième but, mais la première passe reçue est arrivée encore plus tard. Voici les exemples, dont le premier commence à la 75e minute :


Après une touche jouée par Nokoué, le ballon parvient à Khazri, qui avait décroché en dehors du bloc adverse. Ramirez est placé entre les deux défenseurs centraux est fait un appel en profondeur, montrant du bras son intention (zoom). Khazri choisit la passe en profondeur, mais à destination de Saban, à gauche. Le ballon est trop long, l'ailier stéphanois arrive à le garder dans l'aire de jeu, mais la possession est perdue :


Les Montpelliérains essayent de sortir proprement, mais la passe en arrière est bien lue par Ramirez, qui l'intercepte, à la limite de la surface adverse - son premier ballon du match. Qu'il ne peut pas vraiment exploiter...


... car il est vite entouré par trois adversaires, et il le perd rapidement. 

Quelques minutes plus tard, un corner montpelliérain est repoussé de la tête par un Vert et même si Saban perd son duel contre un adversaire...


... le ballon arrive dans la course de Ramirez. Qui ne lâche rien au duel contre un défenseur et se duel en force continue sur une dizaine de mètres avant qu'il puisse passer vers Aouchiche :


Sa combativité permet donc aux Stéphanois de partir en contre, et s'ils sont plusieurs à se projeter, c'est Ramirez qui est le plus déterminé, faisant un autre appel du bras pour demander le ballon (zoom) :


Sauf qu'Aouchiche ne fait aucune passe et s'enferme sur le côté, où il est dépossédé par un Montpelliérain...


Une minute plus tard - 20 après son entrée en jeu - Ramirez reçoit enfin une passe de la part d'un coéquipier, même si elle semble un peu chanceuse :


Moukoudi récupère de la tête une touche adverse, le ballon arrive dans les pieds de Neyou, qui balance sans regarder un ballon en profondeur, dans la zone de l'avant-centre stéphanois, placé entre les deux centraux. Il touche le ballon à l'entrée de la surface...


... et élimine un défenseur grâce à son contrôle orienté. Malheureusement, il est de nouveau vite entouré...


... et, bousculé, il n'arrive pas à tirer avantage de cette occasion, le ballon étant récupéré par un troisième défenseur.

  
Il était évident que son intégration dans le jeu stéphanois allait prendre du temps, mais ça ne doit pas être simple de jouer sa première demi-heure à la pointe d'une équipe qui ne propose plus rien offensivement...


Conclusions


Il est clair que ces Verts ont du potentiel, malheureusement pas exploité - leur prestation en première période en est le témoin. Le manque d'efficacité devant le but a de nouveau gâché leurs efforts et ils ne méritaient pas d'entrer aux vestiaires menés au score. Par contre, quand ils sont revenus (si on peut considérer que ça a été le cas), ils ont été transparents et ont très facilement perdu leur football. Si ce manque d'efficacité offensive est embêtant et leur a déjà coûté des points, le fait de passer tellement à côté d'une période entière est vraiment inquiétant. Pour empirer les choses, la pression du résultat commence à augmenter : la réception de Bordeaux dans une semaine n'est rien d'autre qu'un duel entre les deux derniers du championnat... 

dimanche 12 septembre 2021

Toulouse - RCT, 41-10 (Timani)

L'avant-match


Le premier match de la saison a laissé un goût amer du côté Toulonnais, non forcément par le résultat (égalisation concédée sur la sirène), mais par le jeu proposé, approximatif et sans beaucoup d'idées. Même si des nombreux joueurs internationaux font le retour pour ce match à Toulouse, on ne peut pas s'attendre à des miracles. Il y a une différence trop importante entre ce que ces deux équipes sont capables de proposer et il n'y a pas grande chose à attendre pour le RCT de ce déplacement.


Le match


... a été plutôt équilibré dans les débats, et c'est même le RCT qui était le plus percutant, avec des beaux franchissements ou des ballons joué par dessus la défense. Mais le tableau d'affichage montrait tout autre chose, 20-3 pour Toulouse à la pause, 3 essais à 0... Après un carton jaune naïf pour Sosene-Feagaï et un essai encaissé sur ballon porté en infériorité numérique, le festival des cadeaux toulonnais a commencé. Deux très belles actions n'ont pas allées au but, mais les ballons de Danglot ont été interceptés, et le Stade a marqué deux essais en contres de 80 ou 100 mètres. D'ailleurs, le jeune demi de mêlée a connu une 1MT très compliquée, il comptant pour beaucoup des 13 plaquages ratés sur 31 essayés par son équipe avant la pause.

Même si le score jusqu'à la sirène a été quasiment identique, 3 essais à 0, la 2MT a eu une physionomie différente, avec le jeu qui s'est disputé quasiment seulement dans la moitié toulonnaise. Un autre carton jaune bête, deux essais encaissés après des mauls en infériorité numérique. Rien proposé dans le jeu, un essai de plus dans les dernières minutes... bref, le RCT était aux abonnés absents lors de cette période. Ou, tout simplement, tout s'explique la différence de niveau et la démobilisation après avoir encaissé autant de points...


La suite


Trois essais à zéro passes encaissés en infériorité numérique après des cartons bêtes. Deux essais cadeau, des interceptions de plus de 80 mètres. Les cadeaux toulonnais ont été nombreux et le réalisme toulousain a fait la différence. Le résultat était attendu, mais le score final fait quand-même mal à la tête. Les Toulonnais se retrouvent maintenant dans l'obligation de laver l'affront lors de la réception du Stade Français dans une semaine, car s'ils enchaînent par un mauvais résultat à Mayol, ça sera très dur...

dimanche 5 septembre 2021

RCT - Montpellier, 24-24

L'avant-match


Le Top 14 est de retour, une nouvelle saison commence, pleine de promesses, dont celles du staff et joueurs qui disent avoir appris de leurs erreurs passées. Mais ce sentiment de plaisir d'enfin revoir son équipe est un peu gâché par la crainte. La crainte d'encore une saison passée à côté et de surtout de la commencer par une défaite à domicile. La réception de Montpellier ne s'annonce pas facile pour un RCT privé d'énormément de joueurs. 9 internationaux, 12 blessés... les Toulonnais ont eu du mal à former une feuille de match et démarrent donc le championnat en n'étant même pas favoris à domicile...


Le match


... commence avec des Toulonnais virevoltants, morts de faim sur les plaquages, très présents sur les ballons aériens, avec un Belleau en forme. Ils mènent 6-0 après 7 minutes de jeu, mais connaissent un petit trou d'air ensuite et encaissent un essai. Le RCT souffre en mêlée fermée, rate plusieurs lancers en touche, mais reste dans le match grâce à l'indiscipline montpelliéraine. Plusieurs ballons perdus dans les 22m adverses empêchent les Toulonnais de creuser l'écart au score et finalement ils rentrent aux vestiaires en menant 12-8. Le match est loin d'avoir choisi son vainqueur.

La 2MT a été un chassé-croisé au score, avec le RCT qui concédait une pénalité à chaque fois qu'ils creusaient l'écart, arrivant ainsi à l'entrée des 10 dernières minutes toujours menant de seulement 4 points, 21-17. Un match haché, avec une seule équipe qui essayait de proposer du jeu - Montpellier se contentant de défendre - sans grosses occasions d'essai. Les Toulonnais ont repris de nouveau 7 points d'avance à la 72e minute et ont ensuite proposé une défense monstrueuse pour sécuriser leur victoire. Mais une défense qui n'a pas suffi, ils ont encaissé un essai sous les poteaux après la sirène, synonyme d'un partage des points...


La suite


Compte tenu du nombre d'absents et de la feuille de match proposée, les Toulonnais peuvent être contents avec le résultat, même s'il laisse un gout amer vu le scénario du match. Ils ont affiché un bel état d'esprit, les bases étaient là dans l'envie et l'engagement. Mais pas le reste, le jeu proposé a été très pauvre. Dans ces conditions ils devront faire le dos rond dans une semaine, chez le champion toulousain. Avant de démarrer réellement leur championnat avec le retour de certains joueurs et des matchs plus abordables...

dimanche 29 août 2021

Marseille - ASSE, 3-1 (Kolo)

Ajustement tactique


Les Verts ont connu leur première défaite de la saison dans un stade Vélodrome plein, contre un adversaire qui leur a posé énormément de problèmes. 

Le staff stéphanois a titularisé la même défense que lors des derniers matchs (Maçon - Sow - Moukoudi - Kolo) et toujours un triangle pointe basse, Gourna - Camara - Neyou, avec le premier en sentinelle. Les trois offensifs ont été Aouchiche, Bouanga et Khazri, mais leur positionnement peut paraître bizarre :


On suppose que l'idée initiale était de jouer en 4-4-2 losange (4-3-1-2), avec donc Aouchiche milieu offensif axial et Khazri et Bouanga en avant-centres. Sans le ballon, ce sont ces deux avant-centres qui doivent s'excentrer et aider les latéraux à tenir les couloirs. Et comme les Verts n'ont que très rarement vu le ballon en 1MT, le plus souvent on les voyait dans le 4-1-4-1 résultant, avec Aouchiche toujours axial et Bouanga et Khazri excentrés.

Quant à Marseille, le système de jeu est peu habituel, un espèce de 3-4-3, où les 4 milieux sont aussi en losange. Bref, une très grosse densité au milieu et beaucoup de déplacements sans ballons, ce qui a fait très mal aux Stéphanois. Ainsi, peu après la demi-heure de jeu, juste après l'égalisation de Kolo, Claude Puel a décidé d'adresser ces problèmes en procédant à un ajustement tactique :


Le bloc stéphanois est désormais en 4-4-2, avec Aouchiche et Khazri en premier rideau, Neyou milieu droit et plus aucune sentinelle. Cette dernière n'était plus nécessaire, parce que les deux lignes de 4 étaient beaucoup plus rapprochées, laissant moins d'espace. De plus, une paire offensive était plus efficace au pressing contre les trois défenseurs centraux adverses. Ce système a été maintenu pour le reste du match, peu importe les changements effectués :


Quand Nordin est entré à la mi-temps à la place d'Aouchiche, il s'est positionné en ailier droit et Neyou est passé en "10", en soutien de Khazri. Ensuite, quand Hamouma a remplacé Gourna, Neyou a du encore une fois changer de poste :


Les autres changements effectués dans le match ont tous été du poste-pour-poste, Saban pour Bouanga, Krasso pour Khazri et Zaydou pour Camara (récupérant le brassard de capitaine).


Les exemples suivants essayeront d'expliquer les raisons de ce changement tactique en première période, pourquoi les Verts ont tant souffert lors des attaques adverses et quelle a été la solution envisagée.


Des espaces créés entre les lignes


Comme l'ASSE n'a eu que très peu de possession dans ce match, l'analyse porte plutôt sur le jeu sans ballon, donc sur comment les Verts ont essayé de faire face à l'animation offensive marseillaise. Qui a été basée sur beaucoup de déplacements et décrochages de la part des 4 milieux et 1 avant-centre - le positionnement de ces 5 joueurs sera mis en évidence sur chaque image. Le premier exemple commence à la 29e minute, avec une relance à 5m50 du goal adverse :


Les trois offensifs stéphanois sont à l'entrée de la surface, pour empêcher la relance.. des deux défenseurs centraux. Avec en plus l'avant-centre adverse qui décroche et aucun défenseur de l'ASSE qui monte soutenir le pressing, le triangle des milieux se trouve en nette infériorité numérique dans l'axe. Le ballon est écarté à la droite de l'attaque, où deux joueurs axiaux s'étaient excentrés. Ça combine entre deux offensifs marseillais, qui échangent de place...


... et si la défense attend sur la ligne médiane, le milieu est complètement dépassé. Le triangle pointe basse est toujours structuré, mais il a du glisser vers ce côté, laissant donc libres à l'opposé deux milieux adverses. Le jeu est évidemment d'envoyer le ballon vers cet espace :


On voit de nouveau le triangle stéphanois qui tient l'axe (3-contre-3), mais qui laisse libres les côtés, dont notamment la zone de Maçon, qui se trouve seul contre deux. Il réussit néanmoins de récupérer le ballon dans les pieds marseillais et de le donner à Khazri, qui se lance dans un raid solitaire et parvient à trouver ensuite Aouchiche dans la surface. Mais le contrôle de ce dernier est raté...


Si on peut argumenter que le déséquilibre dans le bloc stéphanois est du à un bloc très haut, l'exemple suivant, à peine une minute plus tard, montre une situation similaire avec un bloc mieux placé et structuré :


4-1-4-1 en place, avec Aouchiche seul devant, au milieu des passes échangées entre les 3 défenseurs et 2 milieux adverses. Les Marseillais combinent sans soucis sur la ligne médiane, mais tant qu'ils restent en dehors du bloc stéphanois et qu'ils ne trouvent pas leurs trois coéquipiers situés dans l'axe entre les lignes, il n'y a pas de danger...


... jusqu'au moment où le bloc explose suite au pressing déclenché par Bouanga, suivi par Aouchiche. Les deux défenseurs marseillais s'en sortent facilement de ce pressing et envoient le ballon à droite...


... où Kolo se trouve seul contre deux, pendant que le triangle stéphanois au milieu est toujours structuré et à 3-contre-3. Les milieux coulissent donc pour aide le latéral gauche...


... ce qui laisse donc un grand espace à l'opposé. L'avant-centre est ainsi facilement trouvé et il peut combiner avec un milieu et son ailier, contre seulement Sow et Maçon pour défendre. Heureusement, la passe en profondeur est ratée et Green peut intervenir.



Le triangle stéphanois au milieu du terrain ne fonctionnait clairement pas : dans ce positionnement ils n'arrivaient pas à couvrir toute la largeur du terrain. La solution a donc été d'étirer ce trio, de les placer sur la même ligne. Ainsi, quelques minutes plus tard...


... on trouve Khazri plus avancé, formant avec Aouchiche une paire qui cherche à empêcher le jeu de passes entres les défenseurs adverses, pendant que Neyou couvre l'espace devant Maçon.


Les Marseillais combinent en dehors du bloc, qui reste plutôt en place, même si Camara sort de sa ligne pour essayer d'intercepter une passe. Le ballon ne franchit toujours pas la ligne médiane...


... et l'enjeu pour les Verts est d'empêcher la passe vers les deux adversaires situés entre les lignes. Finalement, d'autres s'y placent aussi, mais le bloc stéphanois se resserrent autour d'eux :


Neyou et Bouanga - les extrêmes de la ligne des milieux - sont assez axiaux et sur cette largeur se trouvent 4 Marseillais. Un d'entre eux est trouvé entre les lignes et ils essayent de combiner, mais la présence stéphanoise est importante et le ballon récupéré...


... et reperdu immédiatement. Camara et Bouanga s'étaient projetés, ils se trouvent même plus haut que Khazri et Aouchiche. Le bloc est explosé, il y a de nouveau un surnombre 3-contre-2 dans la zone de Maçon et Sow - la même que dans les deux exemples précédents. Mais cette fois-ci Neyou y était resté et ferme les angles, interceptant ainsi la passe.


On ne peut pas dire que les Verts ont été très disciplinés tactiquement, il y avait souvent des espaces dans le bloc équipe suite aux essais de récupération mal coordonnés. Et ces espaces ont parfaitement été exploités par leurs adversaires, avec des joueurs qui bougeaient beaucoup et qui se plaçaient toujours intelligemment. La solution est venue par un simple repositionnement, qui a permis de mieux gérer la largeur et l'espace entre les lignes. Malheureusement, ça n'a pas suffit, les buts adverses venant des projections non accompagnées des milieux marseillais dans notre surface ou par des pertes de balle...
 

Conclusions


Le pressing des Verts leur a permis de se procurer deux occasions - les frappes en angle fermé de Bouanga, mais plus souvent il a permis aux adversaires de trouver des décalages. Les Stéphanois ont subi tout le match et les débats ont été plus équilibrés seulement quand ils ont pu garder un peu le ballon. Ce qui est arrivé assez rarement, les déchets techniques étant assez nombreux. Bref, cette première défaite de la saison est logique et si elle ne doit pas tout remettre en cause, elle montre néanmoins plein d'axe d'amélioration pour le groupe de Claude Puel. Il faut maintenant espérer que ces progrès seront visibles après la trêve internationale et que la première victoire cette saison sera bientôt au rendez-vous.

dimanche 22 août 2021

ASSE - Lille, 1-1 (Sow)

Un champion difficile à bouger


Dans la continuité de la saison dernière, il n'y a pas eu de vainqueur entre les Verts et le champion en titre Lillois, les deux équipes se quittant à nouveau sur un résultat d'égalité.

Le staff stéphanois a fait le choix de la continuité pour la réception de Lille, avec très peu de changements dans le groupe par rapport à la semaine précédente (Trauco pour Silva et Saban pour Rivera) et le même onze de départ :


Un 4-3-3 avec le triangle pointe basse Neyou - Camara - Zaydou et un trio offensif Bouanga - Khazri - Hamouma. Et comme une semaine plus tôt, les cinq changements effectués en 2MT ont amené beaucoup de jeunes sur le terrain, les Verts finissant le match avec un seul joueur âgé de plus de 24 ans (Green / Maçon - Sow - Moukoudi - Kolo / Camara - Gourna / Nordin - Aouchiche - Saban / Krasso) :

Comme ces deux images le montrent, il y a eu un changement de système après la pause, Claude Puel ayant décidé d'enlever un milieu pour rajouter un offensif supplémentaire. Un choix complètement justifié, tellement les trois offensifs titulaires étaient esseulés dans les 30 derniers mètres. 


Des milieux pas offensifs


Les Verts ont bien démarré le match et ont réussi à poser des problèmes aux Lillois grâce à leurs armes habituelles : savoir s'en sortir du pressing adverse et le contre-pressing à la perte du ballon. Par exemple, à la 16e minute, Green joue avec Moukoudi :


Le triangle au milieu est bien visible, le jeu est envoyé vers Maçon, en passant par Sow. Au moment où le ballon arrive dans les pieds du latéral droit, les Lillois déclenchent leur pressing :


Maçon joue dans le couloir vers Hamouma, qui est devancé par un adversaire. Heureusement, le ballon arrive dans les pieds de Neyou, qui le contrôle avant de le redonner à son latéral. Le pressing adverse continue, il y a 7 Lillois dans la moitié stéphanoise, dont 3 qui enferment le porteur du ballon :


S'il y a autant d'adversaire de ce côté du terrain, il y a de l'espace à l'opposé. Maçon sort du pressing en trouvant Moukoudi, qui lance parfaitement Kolo dans cet espace. Les Verts sont sortis de leur moitié et théoriquement la défense adverse est en déséquilibre. 


Sauf que les Lillois font l'effort pour revenir, les deux lignes de 4 sont là, pendant que Kolo n'a que Bouanga et Khazri devant lui, seul Camara ayant un peu suivi. La passe vers Khazri est interceptée et la possession est perdue. Ce qui déclenche donc un contre-pressing de la part des Stéphanois :


Ils montent haut - c'est à leur tour de se trouver à 7 dans la moitié adverse - et ils entourent la zone du ballon. Les Lillois ne paniquent pas non plus et arrivent d'écarter le ballon :


C'est sans compter sur Maçon, qui surgit de derrière et passe devant un adversaire pour intercepter la passe. Les Verts ont récupéré le ballon dans la moitié adverse et peuvent en profiter :


Maçon lance dans la surface Hamouma, qui centre au deuxième poteau, où Bouanga arrive lancé, mais sa reprise de la tête n'est pas cadrée. Il faut noter que si sur l'image précédente il y avait 7 Stéphanois dans la moitié adverse, cinq secondes plus tard il n'y a que 3 qui vont dans la surface, les 3 attaquants...



C''était une belle situation pour l'ASSE, mais il n'y a pas eu beaucoup comme ça. Après une vingtaine de minutes, les débats se sont équilibrés et peu à peu Lille a pris le dessus, se montrant dangereux surtout suite aux erreurs stéphanoises. Quant aux Verts, il n'y avait tout simplement pas de liant entre les milieux et les offensifs. Il y a plein d'exemples où ces derniers se retrouvent tous seuls contre la défense adverse, mais la meilleure illustration est donnée par cette capture whoscored.com :


Les points orange correspondent aux endroits où Neyou, Camara et Zaydou ont touché le ballon dans la première demi-heure de jeu (l'ASSE attaque de gauche à droite) : quasiment aucun ballon joué par ces trois milieux dans les 30 derniers mètres, le point le plus avancé étant un hors-jeu de Zaydou à la 5e minute. 


Le trio offensif était donc obligé à l'exploit, ce qui n'est pas arrivé, surtout que le ballon ne leur parvenait pas souvent dans la moitié adverse, comme dans cet exemple à la 54e minute :


Kolo joue une touche avec Camara, qui lui redonne le ballon et le ballon est écarté jusqu'à Sow. Le poids de la relance a été sur les épaules du très jeune défenseur central et pour la suite de l'action il faut regarder le positionnement des 3 offensifs et des 3 milieux.


Les premiers se trouvent dans la moitié adverse, pendant que Camara et Zaydou sont dans le rond central et Neyou descend entre les centraux pour organiser le jeu. Il reçoit le ballon, mais il le redonne à Sow, qui doit trouver une autre option :


Camara s'excentre pour lui proposer une solution et ils échangent des passes. Pendant ce temps, Zaydou n'a pas bougé, les attaquants non plus.


Sow rejoue avec Neyou, qui lui redonne le ballon. Le milieu censé être le dépositaire du jeu stéphanois ne prend aucune responsabilité, mais en même temps Zaydou et les attaquants ne font aucun effort. Sow décide d'écarter le jeu vers Moukoudi...


... mais sa passe est imprécise et son coéquipier doit sprinter pour rattraper le ballon avant qu'il sorte en touche. Les Verts reculent, les Lillois déclenchent un pressing suite à cette erreur...


... et sous la pression d'un adversaire, le dégagement de Green à destination de Kolo sort en touche. Si on regarde attentivement les images ci-dessus, pendant 16 secondes il n'y a eu quasiment aucun mouvement de la part de Zaydou, Hamouma et Bouanga, aucun effort de se démarquer et offrir ainsi une possibilité de construire.



L'entrée de Nordin (4e offensif) à la place de Zaydou, et surtout le remplacement de Hamouma par un Aouchiche placé plus bas, en vrai liant entre le milieu et l'attaque, ont remis les Verts en ordre de marche. Ils ont failli se faire punir à plusieurs reprises et ils sont restés dans le match seulement grâce aux parades de Green. Avant que Sow se fasse remarquer à deux reprises dans les dernières minutes. D'abord à la 83e...


... quand il dégage loin après avoir reçu le ballon d'une touche de Maçon. Krasso perd le duel aérien et le ballon est renvoyé par les Lillois :


Sow passe devant son attaquant pour intercepter la passe, mais il se troue et cette erreur est vite exploitée par le couple d'avant-centres :


Le buteur lillois lance dans la surface son coéquipier et Green s'emploie pour repousser le tir en corner. Ce corner ne donne rien et il est suivi d'un peu plus d'une minute avec plusieurs pertes de balle, minute qui se finit par un corner obtenu par Nordin :


C'est toujours lui qui se prépare à tirer ce corner, pendant que Krasso, Saban, Aouchiche, Kolo et Moukoudi se placent à l'intérieur ou à l'entrée de la surface. Sow n'apparait pas sur cette capture d'écran, il n'est pas encore monté...


... mais 5 secondes plus tard il est bien là, dans la surface, continuant sa course pour arriver pile à la destination du centre de Nordin. Premier but en pro et égalisation pour le jeune défenseur stéphanois, pile deux minutes après son erreur défensive qui aurait pu tuer le match.



Conclusions


Il y a plusieurs aspects positifs à retenir de cette rencontre : obtenir un point contre le champion en titre, égaliser dans les dernières minutes contre une équipe solide, rester invaincus cette saison... Mais il ne faut pas oublier que Green a fait plusieurs arrêts décisifs avant l'égalisation et que le match nul a été surtout obtenu grâce à l'apport des remplaçants, boostés aussi par le soutien inconditionnel du public. Il est difficile de dire si avoir trois milieux qui ne contribuent pas offensivement était un choix tactique délibéré (pour une meilleure solidité défensive) ou si c'étaient les joueurs qui ont eu du mal à se projeter. En tout cas, le bloc adverse a rarement été mis en danger, et, comme les offensifs titulaires peinent toujours à combiner ensemble, les Stéphanois n'ont eu que très peu d'occasions réellement dangereuses...