dimanche 28 août 2022

Valenciennes - ASSE, 2-2 (Maçon, Krasso)

Du jeu !


Les Verts se sont toujours pas imposés cette saison de Ligue 2, mais ont proposé des jolis mouvements sur la pelouse de Valenciennes, comme on n'avait plus vu depuis un moment

Pour ce match, le staff stéphanois a fait le choix de revenir à une défense à 3, Sow-Giraudon-Nadé, avec Palencia et Maçon comme pistons dans ce 3-5-2 :

Ce système se transformait parfois en 5-4-1 quand Pintor venait aider Maçon sur l'aile gauche, mais en général il a été plus en soutien de Krasso. Portés par la touche technique du duo Bouchouari - Chambost au milieu, les protégés de Laurent Batlles ont bien combiné, réussissant à marquer un superbe but collectif. Mais ce n'était pas la seule action dans le genre, voici un autre exemple, juste après le retour des vestiaires :


Ça part d'une attaque adverse à gauche de la défense stéphanoise, où Maçon et Mouton parviennent à stopper la progression d'un Valenciennois. Le ballon arrive à Nadé...


... qui joue plus haut avec Bouchouari, qui relaie le ballon jusqu'à Chambost. C'est le déplacement de ces deux joueurs qu'il faut suivre sur cette action. Le premier se propose pour un une-deux et aller vite vers l'avant, mais le meneur de jeu stéphanois temporise et écarte finalement à gauche, avec Maçon. Le jeu est posé, les adversaires peuvent se replier et reformer leur bloc en 4-4-2 :


De Maçon le ballon est envoyé vers le côté opposé, via Mouton et jusqu'à Sow. Bouchouari est placé entre deux lignes dans le bloc adverse, Chambost fait un appel entre les deux autres, où il est trouvé - avec un peu de chance.


Il porte ensuite le ballon vers la droite, où il joue avec Palencia, qui remet en retrait à Bouchouari, qui avait lui aussi suivi le déplacement du jeu. Et qui porte ensuite le ballon vers l'axe...


... d'où, en 3 passes à une touche de balle, Pintor est lancé en face-à-face contre le gardien. Krasso a servi en point d'appui, Mouton avait apporté une solution au milieu, le bloc adverse n'a rien pu faire contre la justesse technique et la rapidité des enchaînements.



Conclusions


Les Verts ont enfin produit du beau jeu, mais ils n'ont toujours pas gagné et restent bon derniers du championnat, avec 0 points après 5 journées. Par contre, la suite promet, car avec des recrues qui vont apporter une profondeur de banc, une solidité défensive et plus de réalisme devant, ça peut enfin tourner dans le bon sens...

samedi 20 août 2022

ASSE - Le Havre, 0-6

Une cible sur le dos


Les Verts se sont lourdement inclinés à domicile après avoir évolué longtemps en double, puis triple, infériorité numérique


Le staff stéphanois a fait le choix de démarrer ce match dans le même système que les deux précédents, un 4-3-3, avec Mouton-Camara-Lobry au milieu, le premier en pointe basse/sentinelle, visible dès le coup d'envoi :

Après l'exclusion coup sur coup de Briançon et Cafaro c'est un 4-3-1 qui a été mis en place avec l'entrée de Nadé à la place de Pintor, une adaptation naturelle, les deux ailiers ont été enlevés :


Le vrai choix tactique a été fait à la pause, quand les Verts sont passés dans un 3-4-1 qui devenait 5-3-0 sans le ballon - quasiment tout le temps, car les deux pistons, Palencia et Maçon, devaient défendre avant d'attaquer :


Finalement, après avoir concédé l'ouverture du score, Bouchouari a fait sa première apparition en vert. Et après l'exclusion de Green, les Stéphanois ont fini le match en 4-3-0 :




"L'analyse" de ce match s'arrête là, car il n'y a pas la place pour parler tactique, les faits de jeu étant bien plus importants. Plusieurs consultants avaient averti les Verts, ils seront l'équipe à battre cette saison en Ligue 2, les adversaires mettront une cible sur leur dos. Par contre, on ne s'attendait pas que les arbitres le fassent aussi. Quant aux joueurs stéphanois, ils n'avaient vraiment pas besoin rendre cette cible si brillante et immanquable...

mardi 16 août 2022

Quevilly - ASSE, 2-2 (Krasso, Cafaro)

Toujours en négatif


Les Verts ont raté une belle occasion de sortir de la zone rouge en ne prenant qu'un point à Quevilly, suite à deux buts concédés dans la première demi-heure

En conférence de presse après le match, l'entraîneur stéphanois a souligné ce retard au démarrage : "quand on commence à jouer au bout de la 35e minute, c'est compliqué de pouvoir gagner des matchs (...) on est mal rentré dans le match, on n'a pas gagné les duels, on n'a pas mis assez d'intensité". Pourtant, c'est quasiment le même 11 de départ aligné que la semaine précédente, seul Cafaro a pris la place d'Aouchiche, blessé :

Un 4-1-4-1 avec Neyou en sentinelle devant la charnière Giraudon - Nadé, des couloirs défendus par Palencia et Silva. Un système maintenu jusqu'à la fin, les changements décidés étant du poste pour poste - l'entrée de Sow à la place d'un ailier (Rivera) en tout fin de match n'a été qu'une réponse à l'élimination de Nadé.


Si l'animation offensive n'est toujours pas huilée et si le staff attend toujours des renforts offensifs, c'est la friabilité de la défense qui inquiète, car l'attaque ne pourra pas toujours compenser. Dans les mots de Batlles : "On marque à chaque match. Maintenant, il faut éviter d’en prendre, car on ne reviendra pas à chaque fois. Notre bloc équipe doit être beaucoup plus costaud, plus performant". Mais est-ce que c'est possible avec le pressing haut tenté par son équipe, souvent coupée en deux ?

Par exemple, à la 22e minute, on voit bien le placement haut des 5 joueurs stéphanois les plus offensifs, qui empêchent toute sortie propre adverse :

Les 4 défenseurs et 2 milieux axiaux de Quevilly n'ont pas de solutions et finalement ils sortent de leur moitié par un jeu long...


... facilement lu par Gabriel Silva, qui jailli et intercepte. Krasso est utilisé en point d'appui, le ballon arrive à Neyou, qui lance Cafaro en profondeur. Malheureusement, la passe est interceptée et Quevilly recommence à construire :


Même placement haut de la part des milieux, avec comme différence Lobry, qui reste plus bas, en marquage d'un des deux milieux adverses. Même solution tentée par Quevilly, jeu long derrière cette ligne stéphanoise...


... et même résultat, ballon récupéré par les Verts. Sous la pression d'un adversaire, Nadé panique et dégage loin, mais dès que les Rouennais essaient de jouer vers l'avant...


... les Verts interceptent, dans ce cas toujours avec Gabriel Silva. Il échange des passes avec Neyou, les Stéphanois posent un peu le jeu, avant une jolie combinaison dans le couloir gauche :


Lobry s'excentre, la passe de Silva casse les lignes et trouve Cafaro. Une-deux avec Lobry sur le côté, ce qui aspire le latéral droit adverse et l'ailier stéphanois est décalé...

... et peut centrer dans la surface, à destination de Krasso. Malheureusement, le contrôle de ce dernier n'est pas orienté dans la bonne direction et il peine à se retourner. Les projections de Lobry et Camara dans la surface lui offrent des solutions, mais la défense parvient à se dégager.


Une approche tactique qui cherche à empêcher l'adversaire de construire et de récupérer le ballon sur la ligne médiane. Une approche qui peut donner des résultats avec plus de précision dans les 30 derniers mètres, mais qui crée aussi un déséquilibre, car l'équipe ne défend pas en bloc. Par exemple, peu après le retour des vestiaires...


... on observe exactement le même positionnement, les 4+1 Verts empêchant les 6 Rouennais de ressortir de leurs 30 mètres. Et comme dans l'exemple précédent...


... le latéral stéphanois, Palencia dans ce cas, lit bien le jeu et intercepte, s'appuie sur un attaquant, Aiki, qui remet à Neyou. Les similarités entre les deux actions s'arrêtent là, car...


... Neyou rate complètement sa passe à destination de Gabriel Silva, qui faisait le bon appel dans son couloir. Les adversaires récupèrent le ballon et se projettent très vite, utilisant l'espace dans le dos de Palencia :


On observe sur cette image le positionnement de Neyou, sentinelle, de Gabriel Silva, quasiment à la même hauteur, mais aussi d'autres joueurs situés sur la même ligne, Palencia, Camara, Lobry et le latéral droit adverse. Car quatre secondes plus tard...


... la défense stéphanoise se retrouve en 3-contre-3 et n'est pas aidée par la sentinelle, Neyou se repliant bien moins vite que tous ces joueurs. Heureusement, les deux adversaires ne se comprennent pas et Green intercepte facilement la dernière passe.


Conclusions


Trois matchs, aucune victoire, et surtout l'ouverture du score concédée à chaque fois, toujours dans la première demi-heure de jeu (d'ailleurs les 5 buts ont tous été encaissés en 1MT). L'ASSE est une équipe à réaction, mais ça ne suffit pas pour s'imposer. A moins d'avoir une vraie force offensive, de devenir une équipe capable de se procurer plein d'occasions et d'en concrétiser. En attendant, le manque de solidité défensive devient rédhibitoire, "on sait qu'à chaque fois qu'il y a une frappe en face il y a but en ce moment" (Batlles). Les Verts affichent des ambitions dans le jeu, quitte à se découvrir derrière, mais tant que cette solidité n'est pas trouvée, il sera très difficile d'inverser la tendance actuelle...

mercredi 10 août 2022

Pauvres Verts (3)

Pauvres Verts (3)


Dans le foot actuel, l'argent est un élément incontournable : non seulement combien on en a, mais aussi comment il est utilisé - voici l'analyse des bilans comptables de l'ASSE pour la saison 2020-21


La saison 2020-21 a été celle des matchs sans spectateurs ou avec une jauge, mais surtout celle où Mediapro s'est désisté en plein championnat, provocant une perte importante des revenus des droits tv pour les clubs. Sportivement, les protégés de Claude Puel ont fini à une correcte 11e place après avoir passé la plupart de la saison à flirter avec la zone de relégation. Résultats sportifs qui ont eu une incidence sur les revenus aussi. 


Chiffre d'affaires (CA)


Si on regarde le CA du club pour la saison en question, il est de presque 98M€, dans la lignée des saisons précédentes, mais avec une répartition complètement différente :

 


Une chute très importante de la billetterie et des recettes commerciales, compensée par beaucoup plus de subventions reçues. Des droits télés légèrement plus hauts que ceux de la saison précédente (17e place, saison écourtée), mais bien en dessous de la saison "Gasset" (4e place). Et, surtout, on observe l'énorme différence de poids des transferts depuis l'été 2019. Le club maintient son train de vie grâce aux ventes et on se cache pas :


Ces captures d'écran sont prises des bilans comptables publiés par la SASP ASSE - "le club" dans cet article - ou ASSE Groupe - "le groupe" (les détails des différentes sociétés qui composent le groupe peuvent être trouvés ici).

Ces documents donnent aussi quelques informations sur les différents leviers activés pendant la saison 2020-21 pour compenser les conséquences de la crise sanitaire et celle des droits tv :



Des prêts garantis par l'Etat (PGE) et d'autres mécanismes d'aide, une avance sur des droits tv futurs, l'argent de la vente de Fofata encaissé plus tôt que prévu... le club a utilisé tout ce qu'il pouvait pour finir la saison 2020-21 à l'équilibre, quitte à diminuer ses revenus futurs.


Dettes et créances


Pour faire très simple, le 30 juin 2021, le club avait des dettes de 61 M€ et des créances de 41 M€, donc  20 M€ qui devaient être trouvés dans les années à venir :



La situation est légèrement différente si on regarde la nature et surtout la chronologie de ces dettes et créances. Concernant les transferts des joueurs (créances clients / dettes fournisseurs et comptes rattachés) : on devait encaisser 11 M€ en 2021-22 et 20 M€ après juillet 2022 et on devait décaisser 14 M€ en 2021-22 et quasiment plus rien après (la politique de zéro achat lors des derniers mercatos). Concernant les emprunts, on avait encore 8,7 M€ à rembourser en 2021-22 et 13 M€ à partir de juillet 2022. 

Si on prend l'hypothèse qu'il n'y a pas eu des emprunts supplémentaires depuis le 30/06/2021, en théorie le 30/06/2022 le club a plus de créances à encaisser que des dettes à payer. En théorie, seulement, car les dettes fiscales et sociales sont de 13-14 M€ tous les ans, donc le montant des dettes à échéance de plus d'un an est en réalité plus élevé que sur les images ci-dessus. Néanmoins, il reste bien plus bas que lors des saisons précédentes  - la politique d'éponger les dettes en vendant les bijoux de famille et ne rien dépenser aux mercatos portera enfin ses fruits.


Quant à la situation de l'ASSE Groupe, pour le reste des sociétés c'est presque à l'équilibre, avec 11 M€ de créances et 12 M€ de dettes, dont 7 comme emprunts à plus d'un an d'échéance - un PGE :



Dividendes et nombre d'employés


Pour adresser deux questions qui reviennent régulièrement, en juin 2021 le club (SASP) employait 57 personnes (7 cadres, 50 employés), un tout petit peu moins qu'une année plus tôt (7 + 53). Quant à la société ASSE Groupe elle comptait un effectif de 107 personnes (-7 par rapport à juin 2020).

Quant aux dividendes, les deux sociétés ont une histoire différente à raconter. Le club a fini l'exercice 2020-21 en négatif (-36 k€), donc pas de dividendes versées à ses actionnaires (88% l'ASSE Groupe, le reste l'Association). En effet, la saison précédente fait figure d'exception, c'est la seule fois en 4 ans que la SASP a versé des dividendes :


Pour l'ASSE Groupe, si verser des dividendes à ses actionnaires (sociétés de Romeyer et Caïazzo) était plutôt la règle, lors de la saison 2020-21, malgré un bénéfice de plus d'1 M€, aucune dividende n'a été versée :





Même si on a essayé de simplifier au maximum, la lecture et l'interpretation des chiffres dans cet article peuvent être compliquée. On essayera au mieux de répondre aux questions des lecteurs sur le forum.      


Par Elliev et Pilou 


lundi 8 août 2022

ASSE - Nîmes, 1-1 (Krasso)

Par les côtés, mais stérile


Les Verts ont pris leur premier point en Ligue 2 contre Nîmes, au terme d'un match où ils n'ont pas su créer le déséquilibre dans le bloc adverse

Le premier renseignement tactique de ce match est que le staff stéphanois est prêt à adapter le dispositif tactique aux joueurs disponibles. Le 3-4-3 losange (3-3-3-1 ou 3-1-4-1-1) utilisé pendant la préparation et lors du match contre Dijon a été mis de côté, en attendant des recrues qui arriveront plus tard... au mieux. Les Stéphanois sont passés dans un système bien plus classique, un 4-3-3 :



Une défense à 4 donc, avec Giraudon - Nadé dans l'axe et Palencia et Gabriel Silva sur les côtés. Un milieux à 3 avec Neyou en sentinelle et Camara et Lobry en relayeurs. Un avant-centre, Krasso, épaulé par deux ailiers, Aouchiche et Aiki. Rien de plus classique, et ce système a été maintenu tout le match, les changements étant tous du poste pour poste.

Quant à l'animation offensive, elle est bien résumée par Laurent Batlles"On a beaucoup de possession mais on ne met pas nos adversaires en difficulté (...) On a décidé de mettre du rythme et on en a manqué (...) Il faut plus de justesse et de vitesse. À ce niveau, c’est difficile de marquer des buts sans cette qualité technique nécessaire".

L'idée était simple : les Nîmois jouant en 5-3-2, donc un seul joueur de couloir, les Verts pouvaient avoir une supériorité numérique sur les côtés, soit 2-contre-1 (latéral + ailier contre piston), soit 3-contre-2 si les milieux interviennent aussi. Avec la possession du ballon et des changements de côté, un déséquilibre peut être créé en obligeant le bloc adverse de coulisser pour compenser ce sous-nombre. Voici deux exemples où les Stéphanois ont essayé d'appliquer ces consignes, sans forcément y parvenir...

A la 11e minute, une attaque démarre à partir de Green, avec le ballon relayé jusqu'à Palencia via Giraudon et Camara :


Le 5-3-2 du bloc nîmois est bien visible et les Stéphanois sont à leurs places habituelles. Le ballon est gardé à droite par un échange de passes entre Palencia, Camara et Aouchiche, les trois joueurs de ce côté, ce qui aspire les adversaires libérant des espaces à l'opposé :


Une première tentative de sortir le ballon de la droite et l'envoyer vers Gabriel Silva et Aiki est faite, mais Giraudon renvoie le jeu toujours à droite, toujours avec Camara et Aouchiche...


... avant de changer finalement de côté. Le déséquilibre à gauche est évident, les deux joueurs de couloir stéphanois sont loin de leurs adversaires. Mais les transmissions sont lentes et quand Gabriel Silva peut enfin faire vivre le ballon...


... le bloc nîmois avait déjà coulissé. Neuf secondes sont passées entre les deux captures d'ecran, le changement de côté n'a pas été rapide. Néanmoins, la supériorité numérique stéphanoise reste : si le latéral adverse prend Aiki et le milieu bloque Silva, Lobry se trouve libre dans un bel espace, où il est trouvé par son arrière gauche. Il ne décide pas d'orienter le jeu vers l'avant, ni de combiner à gauche...


... mais de se retourner et chercher d'autres solutions. Qui se trouvent à l'opposé - comme le bloc adverse avait coulissé de ce côté, Palencia et Camara sont libres à droite. Via Neyou, le premier est trouvé...


... et a le temps d'ajuster son centre. Malheureusement, la présence stéphanoise dans la surface adverse est faible et Krasso, même s'il touche le ballon, ne parvient pas à transformer cette attaque stéphanoise dans une vraie occasion. 

Un autre exemple en 2MT, à la 52e minute, où le jeu part initialement à gauche, ce qui créé de l'espace à droite pour le trio Camara - Palencia - Aouchiche :


Le premier est trouvé par le renversement de jeu de Nadé et il combine avec son latéral avant de lui proposer une solution en profondeur :


Les Verts ne sont pas en surnombre sur ce côté, car deux défenseurs et deux milieux adverses s'y trouvent. Il n'y aura pas de jeu à trois, Palencia hésite, combine avec Neyou, venu en soutien...


... et choisit logiquement de changer de côté. Car à gauche, Gabrien Silva, Lobry et Aiki ont de l'espace. Le changement est rapide, via Nadé :


Et même si le bloc nîmois coulisse, les Stéphanois se trouvent en 3-contre-2 dans ce couloir. Ce surnombre n'est pas vraiment utilisé, Silva ne participant pas à l'action, car Lobry lance directement Aiki dans un duel à 1-contre-1 avec le latéral adverse. Le jeune ailier essaye de déborder et d'éliminer, mais il n'y arrive pas et l'action verte ne donne rien.

Ces deux exemples illustrent l'animation offensive utilisée par les Verts lors de ce match pour chercher à déséquilibrer le bloc nîmois. Une animation simple, déjouée par la discipline tactique adverse, mais aussi par des renversements de jeu plutôt lents et parfois imprécis de la part des Stéphanois...



Conclusions


Le coach et son capitaine ont souligné un meilleur état d'esprit des joueurs lors de ce match que lors du match précédents, avec plus d'engagement et d'implication. Ce sont en effet des ingrédients nécessaires, mais pas suffisants pour gagner un match. L'effectif est très réduit quantitativement, surtout offensivement. Certains joueurs ont des lacunes techniques ou ne sont pas encore à 100% physiquement ou mentalement. Quant à la tactique, une animation offensive met des mois à être assimilée et maîtrisée - avec un effectif en complète reconstruction, ça va durer pas mal de temps avant de voir du jeu huilé du côté de Geoffroy-Guichard...

dimanche 31 juillet 2022

Dijon - ASSE, 2-1 (Aiki)

La dure réalité


Les Verts ont commencé la nouvelle saison en découvrant que ce qu'ils proposent n'est pas encore suffisant pour bien figurer en Ligue 2

En conférence de presse après le déplacement à Dijon, Laurent Batlles a été très clair : "Quand vous rentrez dans un match de Ligue 2 avec l’état d’esprit montré en première période, vous ne pouvez rien avoir (...) On a montré des choses intéressantes mais vous vous doutez bien que ce n’est pas suffisant"

Ses protégés ont démarré la rencontre dans un système légèrement différent de celui utilisé pendant la préparation, avec deux avant-centres (Bouanga et Krasso) et sans un vrai "10" :


Une défense à 3 Briançon - Giraudon - Nadé, un sentinelle (Camara), deux milieux relayeurs (Zaydou et Lobry) et deux pistons, Maçon à droite et Cafaro à gauche. 


Comme expliqué avant le début de la saison, réussir une animation offensive dans ce système passe par des milieux qui s'excentrent pour apporter du surnombre sur les côtés, mais aussi qui se projettent pour apporter des solutions dans la surface. Voici un des rares exemples réussis en 1MT :


Sur cette attaque stéphanoise qui démarre, on voit bien les trois défenseurs, la sentinelle devant eux, les pistons très hauts, tout comme la paire des attaquants, dont Krasso est plus en retrait que Bouanga. D'ailleurs, pendant la première période, c'est plutôt le dernier qui a fixé la défense pendant que l'autre descendait pour participer plus au jeu. Les Verts combinent en défense et Nadé trouve Lobry, qui s'excentre jusqu'à la ligne de touche.


Ce mouvement apport du surnombre sur ce côté, Cafaro mange la craie aussi, ce qui oblige le latéral droit adverse d'y aller. Et Krasso fait l'appel parfait entre les défenseurs, où il est trouvé par la belle passe de son milieu... 


... et où il crochète pour éliminer complètement l'adversaire qui l'avait suivi. Il centre en retrait, dans la course de Zaydou, qui s'était projeté, mais la frappe de ce dernier est contré. C'était la plus grosse occasion  des Verts.


La sentinelle


Un autre élément clé dans ce système est le jeu de la sentinelle. Car les 3 défenseurs sont souvent laissés seuls (les pistons sont censés être très offensifs) et quelqu'un doit colmater les brèches. En 1MT ce rôles est revenu à Camara, ce qui n'a pas été du tout une réussite. Par exemple, à la 29e minute :


Les Verts sont positionnés pas très haut sur le terrain, on voit le (x)-4-2 sur cette capture d'écran. Ce qui n'est pas visible est que derrière ce n'est pas une ligne de 4, qui couvre toute la largeur, mais un 3+1. Et quand les Dijonnais écartent le jeu à gauche...


... on observe les 3 défenseurs stéphanois étirés par 4 attaquants. Camara, en bonne sentinelle, court pour aider dans l'axe, où Giraudon est seul contre deux. Par contre, Maçon ne suit pas réellement son adversaire, le latéral gauche.


Briançon se trouve aussi seul contre deux, Camara y va pour l'aider, mais ce latéral est servi - on voit sur cette image que Maçon s'était arrêté, décidant que ça vaut pas la peine courir jusqu'au bout. Ce qui a inspiré son ancien capitaine...


... car Camara s'arrête aussi, se contentant de trottiner et lever les bras une fois que Nadé, hésitant seul entre plusieurs adversaires, ne dégage pas le ballon et les Dijonnais en profitent.


Il y avait clairement plusieurs choses qui ne fonctionnaient pas bien dans ce 11 de départ, alors le staff stéphanois a procédé à deux changements à la pause. Maçon a été remplacé au poste de piston droit par Aiki et Zaydou par Louis Mouton :


Ce dernier a pris le rôle de sentinelle et Camara est monté d'un cran. De plus, Bouanga et Cafaro ont changé, le premier passant piston gauche, où il a été beaucoup plus actif et dangereux. Les Verts sont donc passés dans un vrai 3-1-4-1-1, système maintenu jusqu'à la fin du match, les autres changements étant du poste pour poste, les deux dernières recrues n'ayant pas 90 minutes dans les jambes : Rivera a remplacé Lobry et Aouchiche Cafara.

Pour revenir au rôle de sentinelle, voici un exemple de comment Louis Mouton s'en est sorti, à la 75e minute, quand un long ballon dijonnais arrive à Briançon :


Le capitaine stéphanois ne maîtrise pas bien le ballon et il est récupéré par un adversaire, qui le joue directement dans son dos. Giraudon est en couverture, comme pendant tout le match, mais deux défenseurs sont attirés sur ce côté et les Dijonnais se projettent en nombre :


Un d'entre eux fait un appel dans l'espace créé entre les défenseurs, Nadé se retrouve à défendre contre deux, pendant que Mouton est quelques mètres en retard... 

... mais il ne renonce pas, continue sa course, et intercepte cette dernière passe, qui aurait pu être décisive. Bref, une sentinelle qui colmate les brèches et un joueur qui court pour aider ses coéquipiers.



Conclusions


Même si les solutions dans le groupe n'étaient pas nombreuses, on peut dire que le staff stéphanois s'est un peu trompé dans le choix du 11 de départ, mettant quelques joueurs à des postes qui ne leur conviennent pas trop (Camara en sentinelle, Bouanga en avant-centre). Mais aussi en faisant appel à certains qui ne semblent pas trop concernés par ce maillot vert. La première période a été indigne, mais ce n'est que le début du championnat et elle peut servir comme leçon sur le niveau et les ingrédients nécessaires en Ligue 2. Avec l'apprentissage à venir et le temps nécessaire pour construire quelque chose de cohérent, on peut s'attendre à d'autres matchs difficiles pour les Verts...