samedi 14 septembre 2024

ASSE - Lille, 1-0 (Cafaro)

Ils ont répondu présents


Face à une équipe qualifiée en Champions League, les Verts ont enfin marqué un but, synonyme de leur première victoire de la saison...

Les protégés d'Olivier Dall'Oglio ont affiché un visage très différent de celui à Brest, mettant l'intensité nécessaire pour rivaliser avec une équipe du haut de tableau. Mais le onze de départ n'était pas le même non plus :


Si la défense était celle attendue compte tenu de la blessure de Maçon, le choix fort a été fait plus haut, où le jeune trio Ekwah - Moueffek - Amougou a été aligné. Trois profils choisis pour solidifier le milieu, le staff a donc renoncé à aligner un milieu "offensif" (Old ou Davitashvili sur les précédents matchs), réalisant que contre les gros les Stéphanois n'ont pas besoin d'un créateur, ils n'auront pas le ballon. En effet, les Verts se sont employés à bien défendre et ont essayé d'exploiter les ballons récupérés, même si Stassin a peu été trouvé par ses coéquipiers.

Le 4-1-4-1 a été maintenu tout le match, les changements effectués étant du poste pour poste :


Old est entré à l'aile droit, Davitashvili passant à gauche, à la place de Cafaro. Sissoko a remplacé Stassin en pointe et les deux milieux relayeurs ont donc changé aussi, Louis Mouton et Tardieu - ce dernier n'est pas passé en sentinelle, c'est toujours Ekwah qui est resté devant la défense.

Si les Verts ont gagné plus de duels que lors de leurs matchs précédent, ils en ont quand-même gagné moins que leurs adversaires, qui souvent leur étaient supérieurs individuellement. La solidité défensive a été donc le résultat d'un effort collectif, les Stéphanois compensant les uns pour les autres si besoin, comme on peut le voir dans cet exemple après une demi-heure de jeu, qui commence par une touche lilloise :


Le ballon circule vers la droite entre les 3 défenseurs - Lille joue en 3-4-3, avec les deux offensifs en soutien de l'avant-centre assez axiaux, laissant les couloirs pour les pistons. Un de ces "ailiers", Cabella, est pris en marquage individuel par Moueffek. Un défenseur monte balle au pied...


... et Ekwah sort pour lui bloquer la progression. Ça laisse de l'espace entre les lignes stéphanoise, où l'ailier droit est trouvé. Il est suivi par Cornud...


... et Cafaro recule pour se placer comme un latéral gauche, pour compenser. A l'opposé, Appiah n'est pas loin de la défense centrale, ce qui laisse le couloir droit libre, où le piston adverse est trouvé. Même si Davitashvili est loin...


... il sprinte est gène la progression de son adversaire. Qui arrive à centrer, mais les Stéphanois étaient nombreux dans leur surface, 8 joueurs plus Amougou à l'entrée des 16 mètres. Batubinsika dégage le centre, mais le ballon est récupéré très vite :


Et le même circuit du ballon de gauche vers la droite, jusqu'au même défenseur, qui encore une fois progresse avec le ballon : 


Cafaro se jette, mais se fait éliminer, ce qui crée un déséquilibre sur le côté gauche de la défense stéphanoise. Les Verts compensent rapidement, Cornud sortant sur le piston, Abdelhamid sur l'ailier et Ekwah suivant le défenseur à l'origine de ce décalage :


Batubinsika se trouve donc seul en duel contre l'avant-centre adverse, Appiah est au marquage de l'ailier opposé, mais Moueffek se projette dans la surface entre les deux. Et il est pile là où le centre arrive, qu'il dégage de la tête. 


Le ballon arrive dans la zone de Cafaro, qui perd le duel aérien et tombe à terre. Ekwah récupère et tente de lancer Stassin, qui tombe lors de son duel aussi. Pas de faute sifflée, les Lillois peuvent repartir à l'attaque : 


Le ballon est envoyé jusqu'à l'aile gauche de l'attaque, d'où il revient en suivant le même circuit, vers le défenseur axial droit, qui de nouveau monte balle au pied :



Les Verts se jettent autour de lui pour le bloquer, il se retrouve encerclé par Moueffek, Ekwah, Amougou et Stassin. Il arrive néanmoins à glisser le ballon jusqu'à son coéquipier...



... qui lui aussi se retrouve au milieu d'Abdelhamid, Cornud, Ekwah et Stassin. Les adversaires des Verts sont supérieurs techniquement et arrivent à sortir de ces petits périmètres, en deux passes le jeu est écarté à gauche. Une nouvelle situation de centre, mais de nouveau les Stéphanois répondent présent dans la surface :


Cafaro défend sur le piston de son côté, Davitashvili sur un milieu, Moueffek, Amougou et Ekwah prennent chacun un adversaire, l'avant-centre adverse est seul entre trois défenseurs. Et comme Appiah avait bien couvert, le piston gauche lillois est obligé de jouer en arrière.


Un milieu adverse est trouvé, Amougou se jette et se fait éliminé par la passe vers l'autre milieu. Batubinsika sort donc sur celui-ci, mais le ballon parvient jusqu'à l'avant-centre, qui remet en arrière :


Il avait été suivi par Abdelhamid, les sorties de l'alignement des deux centraux stéphanois laissent un trou dans l'axe de la défense, où le ballon est envoyé. Batubinsika, bien revenu, dégage de la tête, mais les Lillois récupèrent de nouveau le ballon. Qui est encore une fois envoyé dans le dos d'Appiah :


La défense stéphanoise se remet de nouveau rapidement en place, du surnombre dans la surface et un joueur qui bloque le centre :



A part Stassin et Davitashvili tout le monde défend, seulement 4 Lillois sont dans la surface. Et dans tous les cas, Appiah dévie de la tête le centre adverse...



Conclusions


Le staff stéphanois a fait le choix, réaliste, de ne pas se découvrir ou chercher à produire du jeu contre un adversaire supérieur, qui joue la Ligue des Champions, pas le maintien. C'est peut-être minimaliste comme plan de jeu, mais les Verts avaient besoin de passer par là, de se rassurer, de prendre des points. Et comme ils l'avaient vu lors du match précédent, bien défendre, en équipe, en compensant les duels perdus des coéquipiers, n'est pas évident. Les protégés de Dall'Oglio ont mis lors de ce match les ingrédients qu'ils n'avaient pas mis à Brest, et ils ont été récompensés. Le visage affiché aurait été rassurant même s'ils perdaient, mais la victoire au bout fera encore plus de bien au moral. De quoi préparer plus sereinement les matchs suivants ?


dimanche 1 septembre 2024

Brest - ASSE, 4-0

En manque un peu partout


Le duel entre deux équipes qui n'avaient pas encore pris de points en Ligue 1 a été emporté par les Brestois, qui ont largement dominé les Verts...

Les protégés de Dall'Oglio n'ont tout simplement pas rivalisé avec leur adversaire du jour, et leur entraîneur n'hésite pas à énumérer tout ce qu'il leur a fait défaut : "un manque de malice, certainement d’expérience et peut-être un peu de force aussi (...) un manque de justesse mais il y a eu surtout tous les duels perdus (...) en manque un peu partout, sur le plan technique, sur le plan de l’engagement, sur la vivacité". Bref, ses joueurs n'ont pas répondu présent, n'ont pas été au niveau... mais ont-ils été mis dans les meilleurs dispositions par le staff ?

Sur le plan tactique, le 11 de départ a surpris : le 4-1-4-1 avec Tardieu en sentinelle a été abandonné au détriment d'un 4-2-3-1 avec Davitashvili en "10" et la paire Fomba - Amougou au milieu :

On note donc la première apparition en Vert de Cornud, ce qui remet Maçon à droite. Par contre, la surprise a été au milieu : ce n'était que la troisième titularisation de Fomba sous Dall'Oglio, les deux autres datant d'il y a 6 mois, pendant une absence de Moueffek. Depuis, Fomba n'a joué que 36 minutes en Ligue 2 et 9 en Ligue 1 et se retrouve donc a faire, avec un jeune de 18 ans, la paire des milieux qui doit contrarier le point fort adverse.

Car l'approche tactique brestoise était connue et décrite par Appiah : "leur jeu en place avec des longs ballons bien travaillés sur Ajorque. Puis sur les deuxièmes ballons, ils écartaient sur les côtés". Il était donc crucial que les Verts soient présents au milieu, sur ces deuxièmes ballons - un de moins que d'habitude, ils ne l'ont pas été.


D'ailleurs, si on regarde la suite de la première capture d'écran, c'est une action type : ballon dévié de la tête par l'avant-centre, récupéré par les Brestois - regardez la densité des joueurs dans cette zone - et un milieu relayeur est lancé dans le couloir gauche. 

Quant à l'animation offensive stéphanoise... comment dire. En voici un exemple, après une grosse demi-heure de jeu, les Verts étant déjà menés 2-0 :


Larsonneur joue avec Abdelhamid, qui passe le ballon à Batubinsika. Devant eux, les deux équipes sont en place, le meneur de jeu stéphanois étant pris en marquage individuel par la sentinelle adverse. Qui ne le lâchera pas du tout pendant que le ballon circule...


... vers la droite, où Maçon est bloqué dans le couloir, sans aucune solution de passe autre qu'en retrait vers Batubinsika, qui rejoue avec Larsonneur :


Tous les milieux stéphanois sont pris par leurs adversaires directs, le jeu devrait passer par les côtés. On s'attend donc que Larsonneur fasse circuler la balle vers la gauche, vers Cornud. Au contraire, il attend...


... et vu qu'il n'y a aucun appel devant lui, aucun déplacement d'un coéquipier, il décide de jouer long. Pas pour un jeu en pivot de Sissoko, mais en profondeur... tellement profond que le ballon finit par sortir en 6 mètres.

Le staff stéphanois a donc fait le choix d'enlever un milieu défensif, de la zone où la présence stéphanoise était la plus importante, pour en rajouter un offensif, un meneur de jeu, qui n'a eu aucun rapport dans l'animation, car rarement trouvé par ses coéquipiers.

Aucun changement n'a été effectué au retour des vestiaires, le changement tactique n'intervenant qu'à l'heure de jeu, quand les Verts sont passés en 4-4-2 :

Wadji a formé la paire des attaquants avec Sissoko, Davitashvili a retrouvé son aile droite (à la place d'Aïki), Moueffek a remplacé Fomba et Appiah, Maçon. Dans cette formule les Stéphanois ont essayé de développer un peu plus de jeu, mais ils ne se sont créés aucune occasion.


Conclusions


L'entraîneur stéphanois s'en était pris à ses attaquants avant ce match à Brest, soulignant le manque de tranchant offensif, la présence dans la surface, etc. Il n'a pas tort, mais cela sous-entend que son équipe se crée des occasions, il faudra commencer plutôt par là. Ou par trouver un vrai plan de jeu. Ou bien par réellement travailler les phases arrêtées - un seul but encaissé dans le jeu cette saison (le premier, à Monaco). Et surtout, accepter l'effectif qu'il a - c'est bon, le mercato est fini - et construire avec les joueurs qui le composent, en arrêtant de se plaindre publiquement de leurs points faibles. Car si la seule solution que le staff peut trouver est de "avoir plus d'expérience de Ligue 1", ce sera une très longue phase aller...

dimanche 25 août 2024

ASSE - Le Havre, 0-2

Ne pas laisser le doute s'installer


Les Verts connaissent un début de championnat compliqué, avec une deuxième défaite de suite, sans avoir marqué le moindre but...

Pour la réception du Havre, un concurrent direct, le staff stéphanois a fait le choix de reconduire le 11 qui s'est incliné à Monaco, à l'exception du retour de suspension de Maçon...


... qui a joué en latéral gauche. Ce qui a décalé Nzuzi à droite en 1MT, le latéral droit après la pause étant Appiah. Les autres changements effectués en 2MT ont été du poste pour poste, avec la particularité que Boakye est entré d'abord en ailier droit à la place de Davitashvili et il a ensuite été placé dans l'axe pour les dernières minutes quand Old est sorti et Aiki est entré :


Sur la première image on peut aussi voir le système de jeu adverse, basé sur une défense à 3, un 3-4-3 ou 5-4-1 selon les besoins. Un système inhabituel pour eux, mais choisi spécialement pour embêter les Verts selon leur entraîneur : "le fait d'avoir joué avec une défense à 3, ce n'était pas pour rassurer le bloc. C'est parce que je pensais que c'était le système adéquat pour gêner Saint-Etienne". Ça a partiellement fonctionné, car même si on ne peut pas dire que les Stéphanois se sont procurés des innombrables occasions, ils en ont eu quelques unes - ils ont eu beaucoup plus de tirs cadrés dans le jeu que leurs adversaires. 

Par contre, on ne peut pas dire que les Verts ont aussi bien préparé la rencontre, un choix tactique particulier leur ayant causé beaucoup de problèmes défensifs. Le 4-1-4-1 vu sur les images précédentes est théorique, car le plus souvent les protégés de Dall'Oglio n'ont pas défendu en bloc. Amougou et Old ont été en marquage individuel sur les deux milieux axiaux adverses (comme à Monaco) et les Stéphanois ont laissé beaucoup d'espaces entre les lignes. Comme par exemple à la 28e minute :


Une relance des 6 mètres adverses et les Verts font le choix d'être très haut sur le terrain. Les trois offensifs sur les trois centraux havrais, les milieux en individuel dans l'axe... mais qui défend sur les latéraux adverses ? Quand on regarde l'image précédente - avec la paire Batubinsika Nzuzi occupée par les deux offensifs havrais à droite de la défense, il est évident où le jeu sera développé :


Le latéral gauche adverse est complètement libre et facilement trouvé, car Old ne suit pas assez vite son adversaire direct...


... et pire, se fait complètement éliminé par cette combinaison. Dans quelques passes, les Havrais sont sortis du pressing haut stéphanois et peuvent monter balle au pied, car devant il y a un grand espace. Même si on ne voit pas bien sur cette image - cachés par une explication pour quoi Nzuzi a été autant en difficulté en 1MT - Tardieu est venu aider la défense en prenant l'avant-centre et Nzuzi est au marquage de l'ailier gauche. Ils ne peuvent donc pas stopper la remontée des Havrais...


... c'est Old et Davitashvili qui essayent de le faire. Et si sur cette image on a l'impression que les Stéphanois sont en place, une défense à 4 alignée, une sentinelle devant, il n'y a pas de bloc équipe proprement dit et ils se font transpercés trop facilement, 3 joueurs étant éliminés par le latéral gauche adverse.


Batubinsika doit sortir de la défense pour bloquer son avancement, Nzuzi doit resserrer dans l'axe, son ailier est donc libre. Sans parler du latéral à l'opposé, qui arrive complètement seul. Le premier centre à sa destination est dégagé par Maçon, mais le ballon est remis de nouveau à l'aile gauche. Le deuxième centre oblige Larsonneur à effectuer un super arrêt - pas comptabilisé car l'arbitre siffle main sur le contrôle précédant le tir.

Ce déséquilibre dans le bloc stéphanois, provoqué par un pressing haut pas bien synchronisé, n'a pas été corrigé à la pause, on peut aussi le voir sur un exemple à la 54e minute :


Même disposition stéphanoise, pas de bloc en place, les latéraux adverses ne sont pas pris. Comme le ballon est envoyé vers le même latéral gauche que dans le premier exemple...


... Appiah laisse son ailier pour y aller et Batubinsika sort de la défense pour prendre l'ailier. Le problème est que les Stéphanois ont du retard, ils arrivent de loin sur leurs adversaires, qui ont donc du temps pour jouer facilement :


Le latéral gauche havrais élimine Appiah et joue avec le milieu axial qui n'avait pas été suivi par Old. En bonne sentinelle, Tardieu essaie de couvrir ce déséquilibre sur le côté droit de la défense...


... mais c'est trop tard. Abdelhamid monte pour mettre deux attaquants hors-jeu, pas suivi par Maçon, qui les couvre. Sans conséquence, car c'est l'ailier de Batubinsika, en jeu, qui est lancé en profondeur. Et les Havrais ont une belle situation à jouer :


Un 3-contre-3, voir même un 4e Havrais à prendre en compte dans l'axe - le "milieu de Old", que Amougou finit par couvrir après avoir sprinté pour compenser...


... mais c'est sans prendre en compte la remontée du latéral droit, complètement seul et pas suivi. Heureusement, le contrôles havrais ne sont pas précis et finalement Amougou dévie un tir en corner. Le corner est dégagé, la possession reste normande et Appiah finit par concéder un penalty. 


Conclusions


A Monaco, la défense a eu du mal car le milieu a été dépassé numériquement et techniquement. Contre le Havre, le milieu n'était tout simplement pas en place sans le ballon, car le choix a été fait de ne pas proposer un bloc équipe, mais s'écarter sur le terrain pour un pressing haut. Choix qui peut être payant si bien effectué, ce qui n'a pas été le cas des Verts. Si la dernière semaine du mercato peut permettre aux Stéphanois de se renforcer, la solution viendra plutôt collectivement qu'individuellement. Certes, les joueurs ont perdu des duels et se sont fait éliminés, mais c'est surtout car ils étaient loin. Des adversaires - car pas bien positionnés - ou de leur coéquipiers pour pouvoir compenser. Il est donc impératif de corriger tout ça, collectivement et tactiquement, car sinon le début de saison sera encore plus dur que ce qu'on croyait...

dimanche 18 août 2024

Monaco - ASSE, 1-0

Et c'est parti...


Les Verts sont de retour en Ligue 1, mais ils se sont inclinés d'entrée, sur la pelouse de Monaco, un adversaire qui leur a été supérieur...

Ce n'est pas évident de démarrer le championnat chez le vice-champion de la saison précédente et en étant privé de très nombreux joueurs, mais les Stéphanois n'ont pas démérité, malgré un 11 de départ qui est probablement assez loin de la future équipe type :


Privé des 4 latéraux confirmé de son effectif, le staff stéphanois a aligné deux jeunes, Owusu à droite et Nzuzi à gauche, aux côtés de la charnière titulaire Batubinsika - Abdelhamid. Tardieu en sentinelle, et devant lui une ligne de 4 new look : Davitashivili a remplacé Cardona, Old a remplacé Chambost, pendant que le jeune Amougou a été préféré à Monconduit, Fomba, Mouton, Moueffek étant blessé. Cafaro à l'aile gauche et Sissoko en pointe ont conservé leur statut de titulaire de la saison passée.

Si Monaco jouait en 4-4-2, l'animation offensive était particulière, car les deux ailiers jouaient dans l'axe, entre les lignes, ce qui a posé beaucoup de problèmes au bloc stéphanois. Voici quelques exemples, dont le premier commence après 18 minutes de jeu :


Les Monégasques jouent une touche à droite et le ballon circule jusqu'à l'opposé - une animation classique, mais sur cette image on voit bien le positionnement très axial des deux ailiers. Un s'excentre au dans le couloir gauche pour combiner avec le latéral, mais Owusu le suit, tout comme Davitashvili couvre son adversaire direct :


Par contre, le deuxième ailier se propose dans la même zone aussi, quittant complètement son couloir. Il est pris par Tardieu...


... qui continue à le suivre quand le jeu est envoyé de nouveau à droite de l'attaque. L'ailier monégasque se déplace entre les lignes stéphanoises, Tardieu fait un signe de la main qu'il devrait être pris par un des centraux. Par contre, Batubinsika et Abdelhamid ne peuvent pas - ils sont au marquage des deux avant-centres adverses. Ainsi, quand le ballon arrive au latéral droit...


... la charnière stéphanoise est écartée, l'ailier adverse fait un appel entre eux, donc Tardieu doit suivre, se retrouvant ainsi comme un troisième défenseur :


Le problème est que les deux latéraux des Verts ne compensent pas. Nzuzi sort avec Cafaro sur le latéral droit adverse (deux joueurs sur un), pendant que Owusu ne prend ni l'avant-centre de Batubinsika (permettant à celui-ci de coulisser), ni l'ailier gauche, qui est trouvé seul devant la défense stéphanoise. 


Face au jeu, il a trois solutions devant lui, il essaie de jouer à droite, mais Nzuzi coupe la passe et les Verts récupèrent le ballon. Qu'ils perdent rapidement et 40 secondes plus tard Monaco attaque de nouveau en envoyant le ballon dans le couloir droit :


Le bloc stéphanois se met en place, la défense est alignée, l'ailier droit est devant elle, pris par Amougou, pendant que l'autre ailier reçoit le ballon dans l'axe, devant Tardieu :

Même mécanisme de fixation des défenseurs centraux par les deux avant-centres, suivie par une projection de l'ailier droit dans l'axe. Cette fois-ci il est suivi par Amougou :

La défense à 5 (comptant le milieu stéphanois) est bien alignée... à l'exception de Nzuzi, qui est un demi-mètre derrière ses coéquipiers. L'ailier monégasque en profite, est trouvé dans la surface et ouvre le score... mais le but est refusé après VAR car il était parti un poil trop tôt. 8 minutes plus tard ça n'a plus été le cas et toujours le même ailier, toujours lancé dans l'axe de la défense, n'a pas été hors-jeu pour marquer le seul but de la partie. 

Mais avant cela, un autre exemple nous permet de voire encore mieux comment la défense stéphanoise a été mise en difficulté par cette animation monégasque : 


On retrouve les deux avant-centres fixant la charnière, ainsi que les deux ailiers dans l'axe, entre les lignes. Owusu et Nzuzi restent à côté de leurs centraux, prêts à couvrir les ouvertures dans les couloirs vers les latéraux adverses, qui n'étaient que rarement suivis par nos milieux excentrés. Les deux ailiers monégasques étaient donc à la charge des milieux stéphanois, qui ont eu du mal :


Sur cette action ils sont trouvés plein axe, où ils combinent, ils échangent plusieurs passes au milieu du trio Old - Tardieu - Amougou, qui n'arrivent pas à les empêcher de jouer vers l'avant :


La défense est toujours alignée... à l'exception de Nzuzi, un avant-centre décroche, suivi par Batubinsika, pendant que l'autre fait l'appel complémentaire, en profondeur :



Ce petit mouvement empêche la charnière stéphanoise de s'entre-aider, un défenseur central ne peut pas couvrir derrière son compère. Abdelhamid est pris de vitesse, Nzuzi couvre le hors-jeu mais ne serre pas dans l'axe, permettant à l'avant-centre adverse de se présenter seul devant Larsonneur. Heureusement, il ne cadre pas sa frappe...


Conclusions


Ce premier match de la saison n'est pas représentatif pour la suite du championnat. Evidemment les deux semaines restantes de mercato permettront aux Verts d'améliorer l'effectif. Et même sans recrues, ils étaient bien diminués pour ce match, surtout aux postes de latéraux. Ils ne rencontreront pas non plus des adversaires du même calibre, car le jeu monégasque était bien huilé et posera des problèmes à beaucoup d'autres équipes. N'empêche, malgré avoir eu du mal à contenir l'animation offensive adverse, les Stéphanois n'ont pas démérité - ils n'ont pris qu'un but (merci Larsonneur !) et surtout ils se sont aussi procuré des occasions. Ils auraient pu amener un point du Rocher, même si la défaite n'est pas illogique et ce faible écart, ainsi que l'état d'esprit affiché sont des signaux positifs pour la suite...