dimanche 15 janvier 2017

L'aventure européenne du RCT...

... a des vraies chances de continuer ! Avec le bonus offensif arraché dans les dernières secondes contre Sale et surtout avec des résultats très favorables dans les autres poules, les toulonnais ont plusieurs options pour se qualifier pour les quarts de finale de la Champions Cup.

Ainsi, pour résumer, même si Exeter (-14) gagne avec le BO à Clermont (S 14h) et si Montpellier (-38) prend le BO contre Northampton (V 20h45), un point de bonus chez les Sarries (S 16h) peut suffire, on sera tous à 16p et notre différence est meilleure (+27).

Honnêtement, il est peu probable qu'Exeter gagne à Clermont (avec plus de 30 points d'écart !) ou que Montpellier met 60 points à Northampton ! Le moins probable dans ce scénario c'est que le RCT arrive à prendre un point de bonus à Saracens, mais c'est une autre histoire.



Pour rappel, les derniers matchs importants sont :
  • P4 (matchs V20;45) : Leinster 21p, Montpellier 11p (-38)
    • 1er Leinster (25-26p - victoire à Castres)
    • 2ème Montpellier (15-16p - victoire contre Northampton)
  • P5 (matchs S14:00) : ASM 21p, Exeter 11p (-14), Bordeaux 10p, Ulster 9p
    • 1er ASM (25-26p - victoire contre Exeter)
    • 2ème Ulster ou Bordeaux (13-15p)
  • P3 (matchs S16:15) : Saracens 20p, RCT 15p (+27)
    • Saracens - RCT à jouer
  • P1 (matchs S18:30) : Munster 20p, Glasgow 14p
    • 1er Munster (25p - victoire contre Racing)
    • 2ème Glasgow (14-19p - match à Leicester)
  • P2 (matchs D16:15) : Wasps 17p, Connacht 18p, Toulouse 14p
    • 1er Wasps (22p - Zebre)
    • 2ème Toulouse (18-19p) ou Connacht (19-22p)

Et si on se qualifie ?


Ok, un point suffit, quatre c'est mieux, cinq c'est utopique - mais on se qualifie dans tous ces cas. Pourquoi faire, quelle est la suite ? Si on se qualifie, on joue sûrement à l'extérieur, on sera au mieux le pire premier (pour celà il faut une victoire avec BO et plus de 9 points d'écart). Sauf grosse surprise, Leinster, Clermont et Munster seront les meilleurs premiers, donc en finissant 2ème on jouera chez un d'entre eux. Si quand même on finit premier, on jouera chez Wasps ou Connacht.

Donc le mieux qu'on peut attendre c'est un quart de finale à l'extérieur. Et ensuite, ça dépend de trop de facteurs, une simulation sera faite après le match contre Saracens, samedi prochain...

samedi 14 janvier 2017

Lille - ASSE, 1-1 (Hamouma)

Du jeu sur les côtés


Lors d'une discussion sur le forum, on a pu remarquer que le jeu des Verts passe surtout sur les côtés et rarement dans l'axe. Ce n'est pas une caractéristique de cette saison, depuis 5 saisons maintenant on ne passe pas la barre de 24% des attaques dans l'axe et souvent on atteint la barre de 40% sur un côté (la droite en général). Cependant, si passer par les côtés reste une caractéristique du jeu de l'ASSE sous Galtier, il y a différentes manières de s'y prendre. Et ça dépend principalement des joueurs disponibles, bien évidemment - on n'attaque pas à droite avec Aubameyang comme quand on le fait avec Tannane.

En parlant du dernier, le jeu développé par les Verts en novembre-décembre 2016 s'axait sur son utilisation en faux ailier. Les exemples pris contre Metz sont très parlants : il quitte son aile droite et aspire ainsi le latéral avec lui, laissant ainsi notre latéral droit dans un couloir plutôt vide. Et si on lance ce latéral par une bonne passe, dans le dos de son adversaire direct, le décalage est fait - une tactique taillée pour profiter des points forts de Malcuit.

Il est bien sûr préférable de pouvoir utiliser ce genre de tactique des deux côtés, en alternant pendant le match et même pendant la même action, pour déséquilibrer le bloc adverse. Au delà de la question de profil des joueurs (Malcuit à droite semble plus à l'aise offensivement que nos latéraux gauches Polomat et MBengue), il faut aussi garder un certain équilibre. Il est assez rare d'avoir une équipe (dans un système à deux défenseurs centraux) envoyer ses deux latéraux très haut sur la même action - il faut une grosse maîtrise du ballon pour minimiser les chances d'une perte de balle et un déséquilibre en contre.

Ce n'est pas le cas de l'ASSE, donc quand on attaque avec le latéral gauche, le droit reste en général en défense, comme dans les exemples pris contre Nancy en décembre dernier. Ces exemples sont aussi intéressants parce que la paire d'ailiers lors de ce match était Hamouma (à droite) et KMP (à gauche). Tannane est blessé et sera absent pour trois mois, et à moins qu'il soit remplacé pendant le mercato par un profil similaire, il faudra jouer différemment. Toujours sur les côtés (peu probable que ça change après 5 ans), mais peut-être plus classiquement, sans ailiers inversés.

Cette saison, Hamouma et KMP ont démarré ensemble le match à Jérusalem (avec Hamouma sorti sur blessure à la pause), le match à Nantes (avec KMP passé en défense dès la 21ème minute) et... les trois derniers matchs (le dernier de 2016 contre Nancy et les deux premiers de 2017). Autrement dit, il faudra s'habituer à voir des attaques différentes de ce qu'on a vu majoritairement en première partie de saison.

Dans le couloir gauche


Après cette longue introduction théorique, passons à la pratique : comment ont attaqué les Verts à Lille ? Tout d'abord, le système était très classique : un 4-1-4-1 avec Veretout en sentinelle, Hamouma à droite et KMP à gauche :


Assez surprenant par rapport à nos habitudes, le jeu a penché côté gauche, surtout en première période : le duo Polomat-KMP a touché 60 des ballons, contre seulement 37 pour Malcuit-Hamouma lors des premières 45 minutes. Et si toutes les attaques ne se ressemblent pas, on a enfin pu voir un vrai jeu en triangle sur les côtés avec les deux joueurs de couloir et le milieu relayeur correspondant. Par exemple, à la 33ème, après une perte de balle par ses coéquipiers à droite, Veretout le récupère dans l'axe, le donne à Dabo, qui ouvre à gauche sur Polomat: 


Polomat se trouve sans soutien dans son couloir, alors il joue en arrière avec Perrin, qui attend que ses coéquipiers se mettent en place. Quelques secondes plus tard, il élimine le premier rideau avec une passe qui trouve Dabo entre les lignes :  


Dabo joue de nouveau avec Polomat, mais avant de continuer l'action, il faut souligner le très bon placement d'Hamouma. Comme le jeu est à gauche, il a quitté son aile droite, il est dans l'axe et entre les lignes, tout comme Dabo. Le milieu central adverse se trouve ainsi entre les deux et en impossibilité de serrer sur Dabo (son adversaire direct). Le défenseur droit adverse se trouve lui aussi devant un dilemme : il prend Dabo (délaissé par le milieu) ou Polomat (la passe de Perrin a éliminé l'ailier qui devrait le suivre) ? Dans tous les cas, KMP en profite pour faire un appel dans son dos...


Dabo et Polomat font un un-deux et le premier lance KMP en profondeur. Il faut remarqué que Roux n'a quasiment pas bouger sur cette action, ce qui n'est pas important vu que KMP se trouvait légèrement hors-jeu. Cette action n'a donc rien apporté, mais elle mérite d'être remarquée par le placement intelligent entre les lignes, mais surtout par le jeu en triangle latéral-relayeur-ailier, une phase de jeu classique qu'on n'a que trop rarement vu le dernier temps... 

Du jeu vers l'avant


Depuis le début de l'année 2017 on a plusieurs fois entendu Galtier parler du jeu vers l'avant. L'idée est simple en théorie et un exemple lors de la deuxième période nous permet de l'illustrer, ainsi qu'une attaque plutôt familière sur les côté droit. A la 56ème, après un corner Lillois, un contre Stéphanois est tenté côté gauche, mais la défense se remet rapidement en place :


Comme tout le monde se trouve côté gauche, Malcuit est tout seul dans son couloir, il appelle pour avoir le ballon et il est vu, par ses coéquipiers, mais aussi par ses adversaires. Pour lui faire parvenir le ballon, le plus simple (pas le plus rapide), c'est de passer par la défense. On revient ainsi jusqu'à Perrin, qui combine avec Lemoine qui ouvre vers KTC :


Sur l'image ci-dessus on voit le latéral gauche adverse demander à son ailier d'aller chercher Malcuit (et de lui laisser Hamouma). Il avait raison de s'inquieter, après avoir attiré tout le monde côté gauche, les Verts allaient clairement attaquer à droite. Mais comme l'ailier adverse coupait l'angle de passe entre KTC et Malcuit, ils s'y sont mis indirectement :


Deux simples passes vers l'avant et trois adversaires sont éliminés : la passe verticale de KTC pour Veretout élimine le milieu offensif. Comme Dabo et Malcuit sont dans le dos de leurs adversaires directs, la passe de Veretout pour le premier élimine ceux-ci aussi. Galtier était probablement content de voir ses consignes enfin appliquées, surtout quand elles étaient accompagnées des beaux appels de Hamouma et Roux. Chacun s'est placé entre deux défenseurs et en faisant un appel, ils les ont gardé sur eux, créant ainsi le décalage :


La passe de Dabo (vers l'avant aussi) trouve donc parfaitement Malcuit, qui se trouve en position de centre et à la réception on a : Hamouma qui fait un appel au premier poteau, Roux vers le point de penalty (en prenant avec lui deux défenseurs), Lemoine (sans adversaire) pour un centre en retrait et KMP (sans adversaire) vers le deuxième poteau. C'est exactement à ça que servent les passes vers l'avant, qui coupent les lignes, et un décalage sur le côté.

Malheureusement Malcuit rate son centre...

Conclusions


Ce n'est pas parce qu'on joue souvent sur les côtés qu'on le fait toujours pareil. Même avec l'absence de Tannane, on continuera à voir du jeu censé créer de l'espace dans le couloir droit pour les montées de Malcuit. Mais on pourra aussi voir du jeu en triangle sur les côtés et même des passes verticales qui cassent les lignes adverses. De la variation, nécessaire pour déséquilibrer les défenses adverses. Il ne reste plus qu'à transformer ces déséquilibres en occasions et les concrétiser ensuite... aspect dans lequel on pêche toujours.

mercredi 11 janvier 2017

Clermont - RCT, 30-6

L'avant-match


Le choix de faire un peu tourner avant de se déplacer à Clermont, équipe impressionnante par la qualité du jeu produit et ses résultats, est compréhensible. Même si ça signifiait assez clairement que la série de matchs sans victoire à l'extérieur sous Ford continuera. Avec van der Merwe, Manoa et Halfpenny laissés à la maison et Chilachava, Guirado, Bastareaud et Habana sur le banc, les toulonnais ne cherchaient clairement pas un résultat.

Le match


En général, quand on ne cherche pas un résultat (quoi que, sur un malentendu...), on cherche à se rassurer sur les fondamentaux, sur les bases. 

Par exemple, contre Clermont, on peut chercher à défendre, à les laisser dérouler leur jeu, pour se rassurer sur la défense et éventuellement jouer à fond les ballons de contres, les turnovers. En théorie, parce que en pratique :
  • à la 24ème minute on était à 10 plaquages ratés sur 32...
  • on a joué au pied tous les ballons récupérés. Ainsi, Bernard est à 5 coups de pied pour 5 passes (certes, il a joué seulement 33 minutes) et Nonu à 6 coups de pied pour une seule passe...
Ok, donc on s'est pas rassuré défensivement, on n'a pas essayé de joué les contres. Mais on a quand-même trouver du bon dans les bases, n'est-ce pas ?
  • 4ème minute, on est pénalisés sur notre propre mêlée. 19ème, de nouveau. 22ème, de nouveau, à 5m de notre en-but et on prend un essai sur l'avantage laissé. 28ème, de nouveau - on change les deux piliers de la 30ème minute
  • La mêlée devient plus stable, mais on se fait enfoncés dans les mauls, dont deux consécutifs à la 38ème, alors un prend un jaune et un essai de pénalité sur la mêlée...
  • Et après la pause on a commencé a raté les lancés en touche aussi, que ça soit avec Orioli (52ème) ou Guirado (55ème)
Ok, la conquête a été complètement absente, on n'a pas bien défendu, mais dans les rares situations où on a attaqué, on a pu répéter quelques gammes, n'est-ce pas ? Certes, on a joué sans 10 après la sortie de Bernard pour commotion (7 minutes en première période, définitivement à la pause), mais la longue action d'attaque en début de la deuxième période parle pour elle-même.


L'action


Sortis des vestiaires avec la volonté de montrer de quoi ils sont capables, les avants toulonnais prennent le dessus, avancent bien sur un maul, obtiennent une pénalité en face des poteaux (et un jaune pour Clermont pour équilibrer) et choisissent d'aller en touche. Le réveil est bien là, on peut y croire. La touche à 10m est jouée, un maul est formé, écrasé, le ballon sort. Il suit 4 temps de jeu à zéro passes, Tillous-Borde ne touche pas du tout le ballon, les avants essaient d'avancer et, même s'il n'y arrivent pas, le but est de fixer la défense :


Malheureusement, les sorties de balle sont extrêmement lentes, celle sur l'image ci-dessus a mis pas moins de 20 secondes et un seul adversaire était consommé dans le ruck. Comment fixer une défense dans ce cas ? Trois autres pick & go (sans que le 9 touche le ballon) et tout d'un coup on essaie d'utiliser les trois-quarts :


Sans succès, alors Tillous-Borde envoie 2 fois les avants, puis de nouveau 3 fois les avants essaient sans lui. On essaye d'avance, on n'y arrive pas. On essaye de fixer la défense, on n'y arrive, pas, quand on sort de nouveau pour les trois-quarts, c'est un trois-contre-trois qui ne donne rien :


Après Tillous-Borde envoie de nouveau 3 fois ses avants, on progresse toujours pas, on n'entre jamais dans les 5m adverses et finalement l'action s'arrête. Après 3 minutes de combat, sans avancer, sans créer de décalage. Il est beau et lisse le jeu d'attaque toulonnais...

La suite


Une autre défaite à l'extérieur, pas rassurés du tout, des blessures supplémentaires, un bon moment pour attaquer une double européenne très importante. Heureusement que certains blessés de longue date (Giteau, Tuisova, Smith) feront probablement leur retour, mais à l'heure actuelle il est difficile d'être optimiste. Cependant, une victoire bonifiée à domicile, indispensable pour continuer à y croire, peut nous faire basculer dans le bon état d'esprit. 

lundi 9 janvier 2017

Croix - ASSE, 1-4 (Hamouma, Veretout, Söderlund, Keyta)

Comment marquer quatre buts (face à des amateurs)


Il n'y a rien de mieux qu'un adversaire d'un échelon inférieur pour la reprise et la mise en pratique des choses préparées pendant un stage au soleil, surtout quand le résultat est au rendez-vous.


Si l'année 2016 avait commencé avec une analyse simpliste de comment prendre un but amateur (de la part de Raon-l'Etape), cette année commence mieux, avec une analyse des quatre buts marqués contre l'équipe de Croix (CFA).

KMP centre en retrait


A la 24ème minute, une attaque placée des Verts, le ballon circule de Veretout vers Lemoine, puis KTC, pour contourner le bloc adverse :


On peut remarquer que ce bloc est de moins bonne qualité que ce qu'on peut voire d'habitude : il y a de l'espace entre les lignes (où nos deux ailiers se placent) et, surtout, le milieu latéral gauche n'est pas bien placé. Il ne coupe pas la trajectoire de passe et KTC peut lancer Malcuit dans son couloir - avec une simple passe, le milieu a été passé. Ce type d'action / passe qui contourne le milieu latéral a été l'attaque la plus utilisée par les Verts lors de la première période, mais quasi-exclusivement à droite. Il est difficile à dire pourquoi pas à gauche aussi - peut-être le milieu adverse se plaçait mieux, peut-être Polomat ne faisait pas le bon appel, peut-être Perrin (droitier) avait moins d'angle pour ce genre de passe... bref, ceci est une attaque-type de l'ASSE en première période :


Comme le milieu latéral a été dépassé, son défenseur se retrouve seul contre nos deux joueurs de couloir, il est donc facilement éliminé par l'appel de KMP et la passe de Malcuit. KMP reçoit ainsi le ballon dans la surface, lève la tête et a le temps d'attendre les appels dans la surface de Söderlund, Hamouma et Pajot. Il choisit une passe en retrait pour un tir en premier intention de Veretout, qui, au moment de la passe de Malcuit, était très loin de la surface :


Pour que KMP ne compte pas une passe décisive dans ses stats, le tir de Veretout est dévié dans le but par un Hamouma opportuniste, mais pas hors-jeu, comme bien visible ci-dessus.

Le tir de KMP est contré


Si souvent c'était Veretout qui frappait les corners, à la 55ème minute ça a été le tour de Hamouma. Son ballon au premier poteau est repris acrobatiquement par Perrin, qui dévie et Pajot cherche à le récupérer :


Il faut noter que les Verts avaient placé 5 joueurs dans la surface, pour 8 adversaires sur ce corner. Pajot rattrappe le ballon et son centre est dévié de la tête par un défenseur dans les pieds de KTC, qui le donne à KMP, face au but :


Pour que KMP ne compte pas un but dans ses stats, son tir est contré et le ballon arrive à l'entrée de la surface. Perrin (dos au but) le laisse pour Veretout, mieux placé, et son tir n'est plus dévié par un coéquipier cette fois-ci :


Un but un peu chanceux, après des ballons cafouillés dans la surface adverse et avec de la réussite, mais la réussite ça se provoque, en allant chercher des ballons déviés comme Pajot ou en communiquant bien comme Perrin et Veretout...

KMP décale Polomat


A la 78ème, après un ballon récupéré sur la ligne médiane, Polomat est lancé sur le côté gauche. Il passe le ballon à KMP et monte plus haut dans son couloir :


Même si le milieu latéral adverse est loin, il y a quand-même un bon nombre de défenseurs pour arrêter l'attaque des Verts. KMP se retourne, garde le ballon (attirant ainsi deux adversaires sur lui) et attend un appel de ses partenaires :


Il en a deux, Polomat dans son couloir abandonné par le latéral (qui est allé chercher KMP) et Hamouma dans l'axe. Il choisit... aucune des options, se retourne chercher une autre, puis se retourne encore et finit par décaler Polomat :


La tergiversation de KMP a permis au milieu latéral de se replier, mais sa passe est similaire à celle de KTC pour Malcuit lors du premier but, elle élimine complètement l'adversaire. Polomat a ainsi tout le temps nécessaire (3 secondes, énorme pour ce genre d'action) pour préparer son centre...


... et surtout se comprendre avec Söderlund sur l'appel que celui-ci fera. Le résultat est un centre parfait au premier poteau, pile dans la course du Norvégien, et le break est fait.

KMP et Hamouma dribblent des défenseurs


A la dernière minute du temps additionnel, un ballon récupéré par Polomat est envoyé à KMP, entre deux adversaires :


Le contrôle orienté de celui-ci et sa vitesse lui permettent de se débarrasser des deux adversaires et d'avancer avec le ballon, créant ainsi une supériorité numérique :


Il s'appuie sur Hamouma qui dribble aussi un défenseur, le central monté le chercher. Comme Roux fait l'appel qu'il faut pour serrer la défense, le débutant Keyta se retrouve seul à droite...


... et, bien servi par Hamouma, il n'a plus qu'à ajuster le gardien adverse.

Conclusions


Quatre buts marqués lors d'un match, c'est assez rare pour les Verts, même si c'est contre un adversaire de CFA. Les buts sont très différents, mais ils ont une chose en commun : à chaque fois, KMP touche le ballon dans les 5 secondes qui précédent le but. Et pourtant, d'un point de vue stats, il n'est pas du tout crédité. Ça peut paraître anecdotique, s'il n'y avait pas la déclaration de Galtier trois jours auparavant : "Les milieux de terrain ne marquent pas beaucoup. (...) Dans le secteur offensif, il doit y avoir une prise de conscience individuelle. On ne peut être un attaquant et se satisfaire des statistiques actuelles. C’est clair, net et précis. C’est ce que j’ai dit à mes joueurs. (...) leur job consiste à marquer et à faire marquer."

Malgré son poste de sentinelle, Veretout a marqué le deuxième but et a failli marqué le premier. Hamouma est crédité d'un but et une passe décisive, Söderlund a marqué lors de (probablement) son seul vrai tir du match, Keyta a marqué aussi malgré seulement 13 minutes jouées. KMP, par contre, bien que présent dans les actions qui comptent, ne peut pas se satisfaire de ses statistiques...

samedi 7 janvier 2017

Pas besoin de gagner chez les Sarries !

Pour continuer son aventure en Coupe d'Europe, le RCT est condamné à un exploit : non seulement ils doivent gagner avec le bonus à domicile contre Sale, mais ils doivent aussi faire un résultat chez le champion en titre, Saracens. Cependant, ils dépendent aussi des résultats dans les autres poules, il y a d'autres matchs qui peuvent influencer la course à la qualification. Si tout le monde semble croire que deux victoires, dont une bonifiée, soient nécessaires, le jeu des résultats peut simplifier la mission des toulonnais. Voilà les équipes qui peuvent se rater :

  • Montpellier doit perdre un match sur deux et ne prendre aucun bonus (*)
  • Castres doit perdre un match sur deux, même avec deux bonus pris
  • Bordeaux doit perdre un match sur deux, même avec deux bonus pris
  • Ulster doit perdre un match sur deux, même avec deux bonus pris
  • Exeter doit perdre un match sur deux, même avec deux bonus pris

Les matchs en question :
  • Leinster - Monpellier (V13 20:45)
  • Northampton - Castres (S14 14:00)
  • Montpellier - Northampton (V20 20:45)
  • Castres - Leinster (V20 20:45)
  •  
  • Bordeaux - Clermont (D15 14:00)
  • Exeter - Ulster (D15 18:00)
  • Clermont - Exeter (S21 14:00)
  • Ulster - Bordeaux (S21 14:00)
Avec ces résultats, dans les poules 4 et 5 le deuxième aura au mieux 15p, pendant que le RCT peut arriver à 16p en gagnant avec le BO contre Sale et en ramenant un point de bonus des Saracens. Et le mieux dans tout ça ? Tous les matchs ci-dessus se jouent avant notre match en Angleterre (S21 16:15), donc on connaîtra le résultat à chercher avant le coup d'envoi.

(*) si Montpellier prend un point de bonus (défensif à Leinster ou offensif contre Northampton), ils finiront à 16p, tout comme le RCT dans ce scénario. Ils faudra donc bien cartonner contre Sale pour soigner la différence des points (+12 pour le RCT, +16 pour Montpellier à l'heure actuelle), au cas où.


Les résultats favorables au RCT sont assez probables, il y a seulement le(s) bonus de Montpellier qui peuvent perturber le calcul ou éventuellement une double victoire de Ulster. Il ne faut pas oublier que le RCT reste quand même maître de son destin - deux victoires sont suffisantes pour se qualifier, mais tout simplement un coup de pouce du sort peut nous donner un léger droit à l'erreur.

RCT - Racing, 17-11 (Nonu)

L'avant-match


Après deux défaites consécutives, certes avec le bonus à chaque fois, le RCT se devait de renouer avec la victoire. Surtout contre un gros adversaire, histoire de marquer le coup et bien commencer l'année. 

Le match


A sens unique pendant les premières 20 minutes, avec le Racing qui ne sort pas de leur moitié, les toulonnais qui campent, qui franchissent la ligne d'avantage, mais pas l'en-but. Des longues phases d'attaque pour le RCT et un combat physique impressionnant entre les deux équipes. A la 19ème le RCT déplore ainsi 3 blessés (Ollivon, Taofifénua et Escande) et le score est toujours vierge. On ne peut pas reprocher aux joueurs de ne pas avoir essayer, comme par exemple à la 13ème minute, après une touche obtenues sur les 5m adverses. Ils obtiennent une pénalité, choisissent la touche, une autre pénalité, choisissent la touche de nouveau et finalement ils perdent le ballon après des nombreux temps de jeu. 

L'essai marqué avant la pause a récompensé tous ces efforts, mais le score aurait du être plus large que 11-6 avec plus de réalisme. Et quand en deuxième période le Racing est revenu à égalité après un essai sur un ballon porté, on aurait pu se dire que les toulonnais regretterons les occasions manquées en première période. Finalement la victoire a été du côté du RCT, sans bonus pour le Racing, mais ça a été dur.

L'action


A la 4ème minute on a pu voir une attaque toulonnaise type pour ce match, commencée par une touche dans les 40m adverses. Toute la ligne de trois-quarts est distribuée sur la largeur, Manoa (7) est utilisé pour un premier point de fixation :


Il arrive à bien avancer en profitant de l'appel de Bastareaud (13) à la même hauteur : il est tellement craint que les défenseurs se focalisent sur lui. Le ballon est sorti rapidement toujours vers l'extérieur, Bernard (10) envoyant Nonu (12) pour franchir :


L'ancien All-Black élimine deux défenseurs avec ses crochets et fini plaqué dans les 22m. Un autre point de fixation de Vermeulen et le jeu est inversé, Bernard envoyant maintenant son deuxième centre pour franchir :


Bastareaud élimine 2 défenseurs aussi, est plaqué par deux autres qui n'arrivent pas à l'arrêter et continue sa course jusqu'à dans l'en-but, sans réussir à aplatir. Une belle action qui s'est appuyé sur les qualités de franchisseurs de nos Manoa, Nonu et Bastareaud, mais sans la réussite au bout.

La suite


Même si le RCT a perdu quelques joueurs lors de cette rencontre, il y a d'autres qui reviennent très bientôt, comme Giteau, Smith ou Tuisova. Bernard commence a bien organisé autour de lui et la paire de centres Nonu-Bastareaud devient monstrueuse : par exemple, dans ce match le dernier a battu 9 défenseurs adverses à lui tout seul (sur les 27 pour toute l'équipe). Des raisons donc de croire dans une deuxième partie de saison au-dessus de la première.

jeudi 29 décembre 2016

Bilan toulonnais à mi-saison

Il est l'heure d'un bilan de mi-saison pour le RCT. Pourquoi maintenant ? Parce que après 18 matchs joués, on est plus ou moins à la moitié d'une saison - la dernière a été longue de 35 matchs (26 Top 14, 6 Champions Cup, 3 de phase finale). Le temps de jeu est assez consistant pour pouvoir tirer des conclusions, tout comme le nombre d'essais et des points pris.

Temps de jeu et équipe type


Si on regarde le nombre des titularisations (t) et les minutes (') jouées lors des 14 matchs de Top 14 et 4 matchs européens, on peut en déduire une équipe-type pour le RCT :



Quelques explications sont nécessaires :
  • Même si Fresia et Chiocci ont été titulaires 9 fois chacun, sur les 7 fois que les deux ont été sur la feuille de match, le premier l'a été 6 fois, c'est donc lui qui apparaît dans l'équipe-type
  • Pareil, mais plus équilibré, pour Chilachava et van der Merwe, 13 fois ensemble sur la feuille de match, 7 fois titulaire le premier
  • Orioli a autant de titularisations (3) qu'Etrillard, mais il a été le remplaçant de Guirado seulement 4 fois sur les 11 titularisations de celui-ci, dont 3 parce qu'Etrillard était blessé
  • Manoa est placé en remplaçant de deuxième ligne (5 titularisations), même si Suta a plus des titularisations (6), parce que l'Américain en a aussi 4 en 3ème ligne
  • Le retour de Smith peut bousculer la hiérarchie en 3ème ligne
  • Même si Tillous-Borde et Escande ont le même nombre de titularisations, le premier a été plus souvent blessé - il aurait eu probablement plus. Pélissié revient fort depuis l'intronisation de Ford, ça peut changer dans le futur
  • Trihn-Duc (10t, 716') a eu plus des titularisation que Bernard, mais il est blessé, pour long temps. Et il n'a jamais joué sous Ford. Le retour de Giteau peut bousculer la hiérarchie.
  • Mermoz a une titularisation de plus, à l'aile, mais en centre il est loin derrière la paire principale
  • C'est quasiment impossible de trouver un ailier droit qui s'impose et qui n'est pas blessé. Tout comme Habana à gauche, Tuisova (5t, 385') et Mitchell (3t, 163') ont été titulaires à chaque fois qu'ils étaient aptes - mais ils ne seront pas bientôt. Yobo (6t, 496') et surtout Müller (6t, 503') en bénéficieront encore un peu.
  • On a préféré O'Connor en remplaçant trois-quart pour ça polyvalence, ses 9 titularisations étant 3 à l'arrière, 4 à l'aile et 2 au centre. Goromaru revient après sa longue blessure, mais il est moins polyvalent pour être un remplaçant utile.


On peut dire ce qu'on veut, mais ça reste une équipe qui a de la gueule. Imaginez la avec Giteau en 10 et Tuisova ou Mitchell en 14...

Essais


Sur les 18 matchs de cette saison, les toulonnais ont marqué 42 essais (2,3 / match), il y a seulement deux matchs sans essai marqué, à Briver et à Scarlets. Sur ces essais :

  • 5 (12%) n'ont pas été construits (3 de pénalité, 2 en contre rapide)
  • 11 (26%) ont été marqués par les gros : 7 sur des mauls après des touches, 4 en pilonnant (après touche, mêlée, etc.)
  • Les 26 autres (62%)
    • la rampe de lancement a souvent été la touche (15), moins la mêlée (4), le turnover (3) ou le jeu au pied (3)
    • très souvent le jeu a été envoyé au large (13), parfois ça a passé par des franchissements (4), avec une passe au pied (3), ou au près autour d'un point de fixation (3) ou des exploits individuels (2)


Sur les 18 matchs de cette saison, les toulonnais ont encaissé 36 essais (2 / match), il y a seulement deux matchs sans essai encaissé, à Toulouse et contre Montpellier. Sur ces essais :

  • 4 (11%) n'ont pas été construits (1 de pénalité, 3 en contre rapide)
  • 5 (14%) ont été marqués par les gros après des touches : 4 sur des mauls après des touches, 1 en pilonnant
  • Les 27 autres (75%)
    • la rampe de lancement a souvent été la touche (17), rarement la mêlée (1), un peu trop le turnover (6) ou le jeu au pied (3)
    • très souvent le jeu a été envoyé au large (15), mais ça a aussi passé par des franchissements (9), avec une passe au pied (2), ou au près autour d'un point de fixation (1)
Si on doit retenir quelque chose de ces chiffres : pour marquer des essais, on se base sur nos avants plus que nos adversaires. On prend des essais trop souvent en se faisant transpercer (25%) ou suite à des ballons qu'on perd (16%).


Points


Finalement, le bilan comptable sur ces 18 matchs n'est pas extraordinaire et pour l'instant le changement de staff ne montre aucune différence notable : 2,6 points par match sous Dominguez (10 matchs) et 2,6 matchs sous Ford (8 matchs). Ce qui fait tâche, par contre, c'est les 4 défaites sur 4 matchs à l'extérieur dans le deuxième cas...

Avec ce rythme des points on finirait la phase régulière du Top 14 avec 67-68 points, de quoi être 7èmes la saison dernière. Quant en Coupe d'Europe, une éventuelle qualification des poules passera par une victoire à l'extérieur chez le champion en titre.

Pas de quoi se réjouir pour l'instant...