dimanche 7 mai 2017

RCT - Pau, 32-12 (Halfpenny, Chilachava, Guirado, Mitchell)

L'avant-match


Dernier match de la saison régulière et peut-être dernier match à domicile du RCT, l'avant-dernier si la victoire est au bout et avec elle un barrage à domicile. L'équation est simple, les Toulonnais ont leur destin dans leur main, mais devant il y a une équipe Paloise en quête d'une qualification pour les phases finales aussi.

Le match...


... commence parfaitement, avec un essai dès la 3ème minute, suite à une belle attaque construite derrière une mêlée. Et comme les gros ont marqué leur essai aussi, à la 16ème, ce match semblait être une formalité. Mais les Palois ont décidé de commencer enfin leur match aussi, ils ont marqué un essai, ont bien résisté aux attaques Toulonnaises et on aurait pu craindre un match plus compliqué que ça. Finalement les joueurs du RCT ont fait preuve de calme, ils ont contenu les attaques adverses, ont scoré quand il fallait, soit au pied, soit avec un 3ème essai avant la pause.

22-5 à la mi-temps, le match n'était pas complètement plié, mais ça a facilité la tactique Toulonnaise en 2MT. Moins de possession, mais une défense féroce, éfficace et très correcte. Certes, un essai concédé à la 60ème, mais suite à une interception adverse. Et tactiquement le RCT a très bien joué, comme par exemple les 10 dernières minutes quand, sans avoir la possession, ils ont contenu les adversaires dans leur camp, sous pression. Et finalement un essai à la 78ème a clos le match et a la fête n'a pas été gâchée.

L'action


Une mêlée Toulonnaise sur les 40m adverses, avec un lancement de jeu classique, l'ailier du côté fermé qui vient à l'intérieur et propose une option au demi de mêlée :


Tilous-Borde (9) sert donc Mitchell (11) dans sa course et l'Australien trouve un interval et arrive jusqu'au 22m adverses. Le ballon est sorti rapidement pour Bastareaud (13) :


La défense est plutôt bien en place, O'Connor (12), Halfpenny (15) et Tuisova (14) ont chacun un adversaire direct devant, Bastareaud en a 2. Mais Smith (6) s'est intercallé et il est servi dans la course par le centre. Ça attire un défenseur, ce qui crée un surnombre :


Encore pire pour les Palois, Bastareaud et Gill (7) glissent et proposent des options supplémentaires. Le centre est de nouveau servi, il fait jouer autour de nouveau, pour O'Connor :


Et maintenant le 3 contre 1 est facile à jouer, le ballon n'a même pas besoin d'aller jusqu'à l'ailier, Halfpenny peut marquer son essai. La percée de Mitchell a destabilisé la défense, mais sans créer de surnombre. La différence a été faite par les deux passes de Bastareaud : il est tellement craint qu'il attire plusieurs défenseurs et quand il distribue le jeu autour de lui comme un 10, ses coéquipiers peuvent profiter des brêches créées.

La suite


La saison n'est pas finie, mais elle ne sera pas ratée. L'objectif est atteint, le ou les match(s) restant sont du bonus. Vu où on était il y a quelques semaines en terme de qualité de jeu et de résultats. ce n'est pas raisonnable d'imaginer qu'on puisse gagner le Brennus. Mais... on sait jamais. Et il faut reconnaître que le RCT finit la saison dans un rythme incroyable. Quatre victoires consécutives, ce n'est peut-être pas extraordinaire pour d'autres équipes, mais il ne faut pas oublier que cette saison le RCT n'avait jamais aligné plus de deux... Pourquoi ne pas faire trois de plus ?

lundi 1 mai 2017

Guingamp - ASSE, 0-2 (Pajot, Hamouma)

On ne change pas une tactique qui marche


Le match contre Guingamp a été similaire tactiquement, mais pas identique, à celui contre Rennes une semaine plus tôt - la nouvelle approche semble donner satisfaction au staff Stéphanois.

Comme le changement tactique de la semaine dernière contre Rennes a été prometteur, même sans victoire au bout, le staff Stéphanois a suivi la même approche tactique contre Guingamp. C'est-à-dire, un 4-3-3 avec un triangle à pointe basse (Selnaes) au milieu, deux ailiers (Hamouma et Corgnet) qui attaquaient seulement dans l'axe, laissant les couloirs pour des latéraux très offensifs (Maiga et Malcuit). Mais il y avait quand-même quelques différences par rapport au match de la semaine dernière, qu'on illustrera avec quelques exemples.

Moins se jeter pour ne pas s'exposer aux contres


Le style de jeu des adversaires entre en compte quand on choisit une approche tactique. Dans ce cas, Guingamp est une équipe de contre, qui se projette très vite vers l'avant et qui a deux avant-centres avaleurs d'espaces. Attaquer avec le trio offensif, le trio des milieux axiaux et les deux latéraux en même temps - situation déjà mise en évidence contre Rennes - aurait été un sacré risque. Alors le choix Stéphanois a été de "sacrifier" un latéral, qui ne monte plus, laissant donc toujours au moins 3 défenseurs derrière. Si les deux latéraux ont pu alterner, c'est Maiga, à gauche, qui a été celui le plus offensif, en montant et en proposant beaucoup plus que Malcuit à droite. Pourquoi lui ? Pour une raison assez simple : il était moins à l'aise avec le rôle de défenseur, n'étant pas son poste habituel - s'il faut garder un des deux derrière, mieux vaut que ça soit celui avec plus d'expérience.

Si Hamouma et Corgnet jouaient dans l'axe, Maiga prenait le couloir gauche et Malcuit ne montait pas, alors on jouait sans excentré droit ? Parfois oui, parfois c'était Veretout qui s'y collait - cette image montre à elle toute seule le positionnement offensif des Verts :


On distingue bien le triangle pointe basse au milieu, mais avec Veretout très à droite, pas dans l'axe, la position très axiale du trio offensif et la montée de Maiga. Il faut aussi noter qu'il y a 9 adversaires sur l'image, un seul des deux avant-centres restait haut et l'autre venait aider ses milieux (il est à côté de Pajot) - ce détail aura son importance par la suite.

Bref, on attaque comme contre Rennes, mais avec un joueur de moins, Malcuit, de peur de se faire contrer. Est-ce que ça a marché ? Si on juge par le nombre des tirs Stéphanois et des contres Guingampais en 1MT, la réponse est clairement négative et la raison est que les adversaires du jour savaient vraiment profiter des espaces. A titre d'exemple, à la 13ème minute, un dégagement adverse est gagné de la tête par KTC et remis en arrière par Veretout à Selnaes :


On remarque de nouveau la position de nos joueurs, l'appel de Maiga dans son couloir, et les 9 Guingampais qui défendent. Selnaes trouve magistralement Hamouma entre les lignes, mais sa combinaison avec Corgnet échoue et le ballon est récupéré :


Le latéral droit adverse a le ballon et son milieu latéral est dans le dos de Maiga, monté trop haut comme prévu. On a une sentinelle, Selnaes, et comme le jeu est évidemment dans le couloir droit adverse, dans l'espace laissé par notre latéral, on peut s'attendre qu'il couvre cette zone. Au contraire, il court dans l'axe, vers notre but, ce qui est intelligent vue l'animation en contre :


C'est un des deux avant-centres adverses qui fait l'appel dans le couloir droit, attirant avec lui Perrin. Et comme l'autre reste dans l'axe, ça ouvre une porte entre nos deux centraux, dans laquelle s'engouffre le milieu latéral. Selnaes n'est pas assez rapide pour le suivre, mais on voit tout l’intérêt de garder Malcuit en défense : KTC glisse pour aller au duel contre le milieu et Malcuit prend l'avant-centre restant. On n'a pas pris de but sur ce genre de contre, mais il y a eu un sacré nombre en 1MT, tous très similaires, avec des appels dans le dos de Maiga, souvent en attirant Perrin et donc créant des espaces dans l'axe.


Profiter des espaces laissés par l'adversaire


Après la pause, les Verts ont commencé a être plus patients, en jouant plus bas et en prenant moins de risques et le nombre des contres a naturellement diminué. L'ouverture du score après un quart d'heure a complètement changé la donne, c'était à Guingamp d'attaquer et de s'exposer aux contres Stéphanois. Mais sans parler des contres, même sur les attaques placées il y a eu un léger changement par rapport à la 1MT.

Pour mieux illustrer, deux exemples, un négatif et un positif. A la 56ème, le ballon est récupéré par les Verts dans leur moitié du terrain et ils vont vite vers l'avant :


On ne peut pas parler d'un contre, la défense est largement en place, même les milieux y sont, mais le ballon est vite remonté et Pajot se trouve au centre du terrain avec plusieurs options devant lui :


Beric entre les défenseurs centraux, Hamouma et Corgnet à leur place, dans l'axe entre les lignes, Veretout en tant que 8 et Malcuit qui prend son couloir (Maiga étant resté derrière). Est-ce que Pajot décide d'ouvrir sur le côté abandonné par le milieu latéral adverse ? Ou bien de jouer entre les lignes pour Veretout, derrière ce milieu ? Voire même de chercher un des deux faux ailiers dans l'axe, même s'ils sont couverts par la paire des milieux axiaux adverses ? Malheureusement la bonne réponse est la dernière et le ballon est facilement récupéré par Guingamp. Cet exemple illustre parfaitement le point faible des attaques Stéphanoises dans ce match. En s'obstinant de jouer dans les petits périmètres et pas dans les espaces laissés libres, les Verts ont vraiment eu du mal à se créer des opportunités. Par la présence des deux leaders techniques Hamouma et Corgnet dans l'axe, le jeu était naturellement attiré vers eux. Et vu qu'on n'étirait pas le bloc des deux côtés, c'était difficile d'y parvenir.

L'ouverture du score a créé plus d'espace dans le bloc adverse, qui a aussi été déstabilisé par un changement juste après le but de Pajot. Mais surtout, on a su s'adapter et profiter des espaces laissés. L'exemple positif commence à la 78ème avec une relance de Ruffier pour Perrin, qui prolonge sur le côté gauche à Maiga, qui remet dans l'axe à Selnaes :


Du classique... mais tout est sur cette image. On joue avec trois milieux axiaux contre deux, on a la supériorité numérique au centre du terrain. Si les deux avant-centres adverses ne pressent pas Selnaes, leur coéquipiers dans l'axe prennent l'eau. Et le changement Guingampais à la 64ème a introduit un nouvel avant-centre, replaçant un ancien vilain en milieu gauche - lui il défendait beaucoup en 1MT, aidant son bloc, le nouveau ne l'a pas fait. Le résultat ? Un des milieux axiaux adverse est pris entre Selnaes et Saivet :


L'autre milieu surveille Veretout, mais maintenant Saivet n'a pas d'opposition devant lui pour avancer. Une solution pourrait être le défenseur central, qui hésite de monter sur lui... il n'y a personne d'autre pour le prendre, mais ça signifie que Beric est laissé en un-contre-un derrière. Et le pire pour Guingamp, c'est que Corgnet se place intelligemment sur le côté, pas dans l'axe comme d'habitude, attirant le latéral sur lui.


Saivet a donc du champ libre devant lui et il monte avec le ballon. Le central hésite toujours et comme le latéral doit rester sur le côté, Beric fait l'appel qu'il faut dans le dos du central... attirant l'autre central avec lui. L'autre milieu axial abandonne Veretout pour couper la course de Saivet et maintenant deux options s'offrent à notre relayeur :


Deux espaces créés, un à droite, pris par Veretout, un dans l'axe entre le central qui a suivit Beric et le latéral, pris par Hamouma. Saivet choisit la deuxième option et lance parfaitement Hamouma, qui rate malheureusement son face-à-face avec le goal adverse. En étirant le bloc adverse sur la largeur et en profitant de la supériorité numérique dans l'axe, des espaces se sont créés et les appels intelligents dans ces espaces ont fait le reste d'une action collective rondement menée.


Conclusions


Cette "nouvelle" approche tactique des Verts a bien marché contre les Bretons (même si contre Rennes le score a été nul), mais on ne peut plus compter sur l'effet surprise par la suite. Le prochain adversaire, Bordeaux, possède un milieu à trois expérimenté et un trio offensif très remuant et dangereux. Comme on a pu le voir contre Guingamp, il n'est pas facile de déstabiliser l'adversaire en prenant des précautions défensives et même en le faisant on peut subir les contres adverses. La clé du match suivant sera probablement de trouver l'équilibre nécessaire pour se créer des occasions sans trop se découvrir. Mais cette tactique est prometteuse, elle s'appuie sur des points forts de nos joueurs actuels et il faut en continuer dans cette direction au moins contre Bordeaux, même si ça payera pas. Parce que lors des prochains deux matchs (Paris et Monaco), on subira, on n'aura pas la possession et elle sera beaucoup plus difficile à peaufiner.

Bordeaux - RCT, 13-26 (Guirado, Gill)

L'avant-match


La victoire de Castres quelques heures plus tôt avait mis la pression sur le RCT - il fallait gagner à l'extérieur pour la première fois depuis 7 mois  pour espérer toujours un barrage à domicile. Si on ne compte pas les blessés jusqu'à la fin de la saison, le groupe pour ce match était celui pour les phases finales, tout ce qu'il fallait c'était d'y jouer comme ci on voulait les disputer.

Le match...


... démarre avec une grosse pression Bordelaise, ils ont quasiment le monopole du ballon - il faut dire que les Toulonnais s'en débarrassaient rapidement avec le jeu au pied de Nonu. Mais le réalisme est Toulonnais et après un quart d'heure le score est de 13-0, avec un très bel essai (plus bas), mais surtout une énorme défense, 25 plaquages, aucun raté. Le break étant fait, le RCT n'a pas eu besoin de construire par la suite, se contenant de défendre et de regarder le temps passer. Dans les 5 dernières minutes de la 1MT, après une touche pas trouvée par Trihn-Duc, ça a été chaud, très chaud, avec un jaune pour Smith, des Bordelais qui campaient dans les 5m Toulonnais, mais aussi avec deux touches volées par Kruger, ce qui a fait la différence.

La 2MT continue comme une bonne partie de la première, avec un jeu haché et l'UBB en incapacité de proposer quelque chose de construit - le RCT semble être devenu maître dans l'art de faire déjouer les adversaires. Il faut aussi dire que la puissance était Toulonnaise, les mauls et les percussions de Bastareaud et Tuisova faisant mal aux défenseurs. Le moment chaud de la 2MT a été le cadeau offert par Tilous-Borde pour un essai, mais le pied mis en touche par le Bordelais ne leur a pas permis de recoller au score. Et à la 74ème le match a été plié par les avants et l'essai de Gill qui s'est détaché d'un maul conquérant. 

L'action


A la 10ème, une mêlée dans le camp Toulonnais est refaite et la deuxième fois le ballon est sorti péniblement par Vermeulent (8) :


Une 89 et les trois-quarts Toulonnais lancent une attaque au large. Tilous-Borde (9) sert Nonu (12), qui avance et fixe la défense avec Bastareaud (13) :


Il sert ensuite Trihn-Duc (10), qui prolonge avec Mitchell (11) venu de son aile et le ballon continue vers l'extérieur avec Halfpenny (15) et Tuisova (14), chacun avançant en portant le ballon avant de le passer plus loin, le mieux à cet exercice étant bien sûr le dernier...


... qui casse plusieurs joueurs en force, avant de servir après contact Nonu qui est finalement mis au sol dans les 22 adverses. Une belle attaque au large, en vitesse et en maîtrise, le ballon doit sortir vite pour la bonifier :


Tilous-Borde envoie d'abord Vermeulen...


... et ensuite Taofifénua, qui avancent, qui gagnent des mètres à l'impact. Le dernier ruck est ralenti, le demi de mêlée y est pris dedans, alors c'est Gill (7) qui sort le ballon pour Trihn-Duc :


Malheureusement le demi d'ouverture attaque la ligne et essaie une passe au cordeau pour Kruger (4), passe interceptée, le Bordelais est mis au sol, mais un turnover très dangereux s'annonce, vu la grosse présence au large :


Taofifénua (5), Tuisova (14) et Vermeulen (8) glissent bien...


... et le plaquage dévastateur du 2ème permet au 3ème de récupérer le ballon et de le donner au 1er qui passe après contact pour Tuisova qui fait de nouveau parler sa puissance :


Il est péniblement mis par terre et Tilous-Borde peut sortir le ballon :


Trihn-Duc le reçoit derrière ses avants et peut envoyer le jeu au large :


Le surnombre Toulonnais est hallucinant, le double-turnover a complètement déstabilisé la défense Bordelaise. De plus, Nonu (12) qui reçoit le ballon de Trihn-Duc a que des avants devant lui, donc il se permet de les éliminer avec une feinte de passe et de filer à l'essai... qu'il fait cadeau à Guirado (2), qui l'avait suivi.

Une magnifique phase de jeu, de seulement une minute, mais très rapide. Une attaque rapide au large après une mêlée, deux énormes percussions de Tuisova, un turnover concédé mais aussi récupéré par un trio Vermeulen-Taofifénua-Tuisova présent dans tous les coup et une inspiration de Nonu, le tout sans quasiment de faute technique, à part la passe interceptée de Trihn-Duc.

La suite


Le Top 6, les barrages et la qualification pour la Coupe d'Europe sont mathématiquement assurés grâce à cette première victoire à l'extérieur en 2017. De plus, le barrage à domicile dépend seulement de RCT maintenant, la condition étant une 4ème victoire consécutive, la semaine prochaine à Mayol contre Pau. Les Toulonnais ressemblent de plus en plus à une vraie équipe, qui joue sur ses points forts, notamment la puissance, mais qui sait aussi gérer les matchs tactiquement. Suffisant pour viser le titre ? Probablement pas, mais qui sait... en tout cas, la saison n'est pas complètement ratée, c'est déjà ça.

mardi 25 avril 2017

ASSE - Rennes, 1-1 (Beric)

Ça bouge de partout !


Le jour et la nuit - telle est la différence entre la partition tactique récitée par les Verts contre Rennes et celle des derniers matchs.


C'est dommage que ce match a été disputé dans un contexte particulier, avec le huis clos et le message que les Ultras ont passé à la Ligue. C'est aussi dommage pour le résultat et pour la course à l'Europe qui ne nous concerne presque plus. Parce qu'au niveau des intentions dans le jeu, c'était un match presque inespéré. Pas dans l'absolu, pas en se rapportant à d'autres équipes. Mais en se rapportant à l'ASSE des dernières semaines, la prestation des Stéphanois contre Rennes n'a rien à voir. Une approche tactique complètement différente et assez variée, qu'on essayera de déchiffrer par la suite.

4-1-4-1 ou 4-3-3 ?


Comme le titre l'indique, les Verts ont mis de côté le 4-2-3-1 / 4-4-2 utilisé depuis mi-janvier, avec des résultats intéressants au début et insatisfaisants ensuite. Pour ce match, ils sont revenus à un système de jeu, le 4-3-3, aussi appelé 4-1-4-1. Pourquoi deux noms différents ? Parce que tout dépend de qui a le ballon.

En phase défensive, le bloc est organisé en deux lignes de 4 avec un joueur ("sentinelle") entre elles et un autre ("avant-centre) laissé presser seul les défenseurs adverses :


Par rapport aux matchs précédents, la différence est claire : on place Selnaes entre les lignes et on ne presse plus à 2 (Saivet et Beric). Par contre, quand une attaque est construite à partir de la défense, les trois milieux axiaux se positionnent dans un triangle à pointe basse, c'est pour cela qu'on appelle ce système un 4-3-3 aussi :


Cette capture d'écran est intéressante parce qu'on peut remarquer plusieurs différences de "rôle" par rapport à la précédente. Corgnet n'est plus un ailier gauche, mais un relayeur droit, l'excentré droit n'est pas Hamouma, mais Veretout, Hamouma étant en position d'avant-centre et Beric en ailier gauche. On reviendra plus tard à ces changements entre les joueurs - l'important pour l'instant est d'être clair sur le système de jeu utilisé.

Quel type de 4-3-3 ?


Le système de jeu ne fait pas tout, l'important c'est l'animation offensive mise en place à partir de lui. Il existe plein des tactiques différentes basées sur un 4-3-3, et celle choisie par les Verts est assez intéressante :


Pour faire très court, les ailiers (Corgnet et Hamouma) ne sont pas ailiers, mais ils jouent très axiaux, les couloirs sont pour les deux latéraux, très offensifs. Quant au triangle au milieu, Selnaes, la pointe basse, descend entre les deux centraux pour relancer. Sur cette capture d'écran on peut voir comment le bloc Rennais (en 4-4-2 et positionné très haut) est bien embêté par les mouvements Stéphanois. Leur côté droit est en sous-nombre, le latéral doit choisir entre Corgnet et RPG : il ne peut pas être aidé par un central, parce que Hamouma et Beric sont les deux dans l'axe) et s'il est aidé par le milieu droit, c'est Saivet qui est libre. 

Mettre les ailiers dans l'axe et les latéraux en ailiers, ce n'est pas une innovation tactique, mais c'est assez peu commun d'attaquer avec les deux latéraux en même temps, il ne reste plus grand monde derrière. C'est pourtant ce que les Verts ont fait, en affichant en même temps une maîtrise technique assez inhabituelle, en ne s'exposant pas souvent aux contres. Une capture d'écran à la 69ème montre par exemple la forte présence offensive des Stéphanois et la circulation du ballon d'un côté à l'autre :


On connaît donc le système utilisé (4-3-3) et le type d'animation offensive (ailiers recentrés, latéraux offensifs), mais quid du type de jeu produit ? Plusieurs aspects sautent aux yeux en regardant la rencontre. Le bloc Rennais étant très haut en 1MT, beaucoup des ballons ont été joués dans le dos de la défense, en profondeur. Soit des passes longues à partir de la défense (principalement KTC), soit à partir des milieux (comme dans un exemple plus bas). Aussi en 1MT, les Verts ont mis une pression assez forte sur les adversaires, l'intensité dans les duels et le pressing obligeant les Rennais de perdre le ballon rapidement. Mais encore, les joueurs Stéphanois ont proposé beaucoup de mouvement. Non seulement Hamouma et Corgnet dans leur jeu de rentrer dans l'axe et faire des appels entre les lignes. Mais aussi Beric qui a souvent décroché pour toucher un grand nombre des ballons un peu partout, sur les côtés, entre les lignes, etc. 

Des joueurs interchangeables


Les déplacements des Verts restent probablement la chose la plus impressionnante dans le jeu produit. Les joueurs donnaient l'impression d'avoir une grande liberté de mouvement, mais en même temps dès qu'un joueur sortait de sa "zone", un autre prenait sa place - le système de jeu continuait à être respecté, tout en laissant les joueurs inter-changer. On a souvent pu voir les Verts défendre en bloc, mais dans la ligne des 4 milieux Corgnet ou Hamouma se retrouvaient en axiaux et Saivet ou Veretout en excentrés - peu importe qui y était, le positionnement était respecté. D'ailleurs, la deuxième image dans cette analyse, plus haut, en est un très bon exemple : une attaque en 4-3-3, mais avec des joueurs "pas à leur place".

Un autre bon exemple intervient peu avant à la 39ème, quand les Rennais essaient de construire en partant de la défense - le bloc Stéphanois est en place en 4-1-4-1 avec Corgnet et Hamouma qui avaient changé d'aile :


Dès que le ballon franchit la ligne médiane, le piège du pressing s'active, 4 Stéphanois entourent le milieu qui reçoit le ballon et qui s'en débarrasse en le mettant en touche :


La touche est jouée par Malcuit vers KTC, on repart proprement par la défense :


KTC joue avec Selnaes, dans son rôle de pointe basse du milieu, qui joue avec Perrin :


Le Capitaine joue avec Saivet, qui lui redonne le ballon et ensuite on passe par Ruffier - une mise en place classique d'une attaque placée. Sauf que maintenant tout change :


Selnaes et Saivet ont inter-changé, c'est le dernier qui est la pointe basse responsable de la relance. Corgnet est dans l'axe, entre les lignes, attirant ainsi l'attention du milieu axial adverse et RPG fait un appel dans son couloir gauche, attirant avec lui le milieu latéral et laissant donc le côté libre. Saivet joue avec Veretout, qui descend avec le ballon :


Il n'est pas beau notre triangle pointe basse sur cette image ? Selnaes est tout seul et il tourne la tête pour prendre l'information. Et quand il reçoit le ballon de Veretout...


... il lance en profondeur Hamouma, qui centre pour Beric et l'ouverture du score. Une action qui illustre les différents aspects tactiques Stéphanois (pressing, jeu en profondeur dans le dos de la défense et beaucoup de mouvement), mais qui surtout représente un sacré travail d'équipe. Une action collective, pendant laquelle les seules joueurs qui n'ont pas touché le ballon (après la touche de Malcuit) ont été Corgnet et RPG, mais qui y ont contribué par leur déplacements. Bref, des joueurs qui jouent ensemble, une équipe.

Conclusions


Après la semaine dernière, c'est tellement beau de voir les Verts jouer collectivement ! Non seulement en se faisant des passes, mais en jouant un pour l'autre, avec une grande liberté de mouvement, tout en gardant une structure. Un joueur n'est pas cantonné à sa place sur le terrain, il est libre, mais en même temps quand il quitte sa zone, un autre le remplace. Et surtout, des joueurs à qui on donne la possibilité de jouer sur leur points forts. Des latéraux techniques et rapides qui sont utilisés en ailiers. Saivet en milieu relayeur, pas en 10. Hamouma et Corgnet en électrons libres. A Beric on n'envoie plus des ballons à disputer de la tête contre les défenseurs, mais des ballons soit en profondeur, soit des passes courtes pour qu'il participe à la construction du jeu. Et Selnaes qui organise le jeu depuis une position reculée et à qui on donne la possibilité de prendre l'information avant de recevoir le ballon pour mieux le faire.

Tout n'est pas parfait, loin de là, même si on s'intéresse seulement à la qualité du jeu produit, sans se soucier de l'efficacité ou du résultat. Si on regarde le chemin qui reste à parcourir, la route est longue, on n'est pas devenu Nice ou autre d'une semaine à l'autre. Mais si on regarde derrière nous, pas plus loin que les journées précédentes, on n'est plus au même stade triste d'un jeu inexistant. Et surtout, essayer de produire du jeu d'une telle manière, c'était quasiment inespéré il y a seulement quelques jours...

samedi 22 avril 2017

L'objectif des toulonnais (3)

Les résultats des matchs en retard connus, il reste deux matchs pour toutes les équipes qui luttent pour les phases finales du Top 14. Quelles sont les chances du RCT d'y participer et éventuellement de recevoir en barrage ?

Comme prévu, les 3 premières places sont hors de portée, à 9-10 points du RCT. Il y a 8 équipes qui se battent pour les 3 places restantes, mais le RCT a presque fait le break, avec 7 points de plus que la 7ème place, Stade Français et Lyon.

Lors des deux derniers matchs du RCT, à Bordeaux et la réception de Pau :
  • 1 ou 2 points peuvent suffire pour finir baragiste
  • une victoire signifie une place de baragiste peu importe les résultats des autres équipes
  • pour la 4ème place, par contre, une victoire peut suffire, mais pas sûr
Pour la 4ème place, le RCT à l'avantage devant Castres (3 points derrière) et Racing (4 points). Une victoire, 4 points de plus, et les autres seront dans l'obligation de gagner deux fois : Castres contre Toulouse et à Brive, Racing au Stade Français et contre Bordeaux. Peut-être peu probable pour le Racing, mais l'hypothèse d'une double victoire Castraise est envisageable.

Et comme à égalité des points, Castres a l'avantage, 5 points, voire même 6, peuvent ne pas suffire au RCT pour assurer la 4ème place.

En conclusion, si on gagne pas à Bordeaux, on aura la pression lors du dernier match contre Pau et on dépendra aussi des autres résultats pour jouer un barrage à domicile.

mardi 18 avril 2017

Marseille - ASSE, 4-0

Une tactique la fin de saison


Il est difficile d'analyser tactiquement la déroute à Marseille, mais on peut au moins s'en baser pour souligner un besoin de changement dans l'approche tactique des Verts pour le reste de la saison.

Il est quasiment impossible de sortir une analyse tactique du jeu Stéphanois lors de ce match. Tout d'abord, parce que probablement il n'y avait pas de tactique et ensuite parce que pour en avoir une, il faut une équipe de foot. Non seulement 11 joueurs mis sur le terrain et qui ne font aucun effort de jouer ensemble. Par contre, en conférence de presse après le match, Galtier a souligné que son équipe a joué jusqu'à l'ouverture du score, donc le début du match peut donner une idée des intentions tactiques des Verts - on dit bien intentions, par ce que le résultat est assez clair pour tout le monde.

Les 20 premières minutes


Le début du match a été assez édifiant en ce qui concerne le plan de jeu des Verts : défendre, subir, et espérer quelque chose en contre. Le premier but n'a pas trop changé la donne, mais le deuxième si - avec le break fait, Marseille n'a plus eu besoin de forcer. Les joueurs Stéphanois ont du prendre le jeu à leur compte et ils ont échoué complètement, tout en se faisant prendre en contre.

Pour mieux illustrer les approches tactiques pendant les premières 20 minutes, un exemple. Après une long phase de possession Marseillaise, interrompue seulement par le dégagement de la tête de KTC, le ballon se trouve sur l'aile droite :


On remarque le bloc Stéphanois en 4-4-2, assez haut et compact, mais aussi la position des deux ailiers adverses - et surtout leur position même pas 20 secondes plus tard quand le ballon arrive sur l'aile gauche :


Ce placement de 5 joueurs (les deux excentrés, deux axiaux et le latéral) dans un petit périmètre sur un côté (surtout le gauche) a été la tactique offensive privilégiée par les Marseillais lors de la 1MT - en 2MT ça a été plus des ballons de contre que des attaques placées. Comme notre bloc a bien coulissé et on est en supériorité numérique à cet endroit du terrain, le ballon est renvoyé de nouveau à l'autre aile via la défense, mais il revient 30 secondes plus tard : 


Avec toujours la même configuration. Les 5 joueurs Marseillais bougent beaucoup et se font des passes dans ce petit périmètre. Ça ne passe pas à chaque fois, mais assez souvent - d'ailleurs le premier but a été marqué exactement grâce à ce petit jeu. Dans le cadre de cet exemple, le décalage est fait, mais il n'y a pas de but :


Le centre d'un ancien Vert est dévié par un autre, mais MBengue parvient à dégager le ballon. Le duel aérien est gagné par Saivet...


... qui remet à Hamouma... 


... qui lance Beric en profondeur. Excentré, l'avant-centre attend, puis élimine le défenseur central... 


... et centre en retrait, pas pour Saivet qui avait été pris par l'autre central, mais pour KMP, très libre. Malheureusement sa frappe est contrée par le latéral adverse.

Sur un simple exemple, on voit bien le plan de jeu des deux équipes. Pour les Verts, se contenter de défendre dans un bloc plutôt compact, laissant la possession aux adversaires (62% sur cette période) et agir en contre. Pour les Marseillais, avoir des longues phases de possession et essayer de défaire le bloc grâce à un jeu collectif dans des petits périmètres. Le résultat dit tout sur qui a eu raison de qui.

Choix tactique en fonction des joueurs disponibles


Cet exemple permet aussi d'illustrer pourquoi quand on parle de tactique, le système de jeu n'est pas forcément important. Marseille a joué dans un système 4-3-3 plutôt classique, mais l'animation offensive aperçue dans les images précédentes (et lors des deux premiers buts, et lors d'autres occasions en 1MT) est moins habituelle. Le système est une chose, mais les joueurs ont une grande liberté de déplacement en phase de possession de balle. Enfin, liberté c'est trop dit, il est fort probable, vue la répétition, que placer 5 joueurs dans un petit périmètre est un choix délibéré et qu'il a été longuement répété.

Toutes les équipes qui jouent en 4-3-3 n'attaquent pas comme ça. Et c'est plutôt normal, parce qu'il te faut une forte maitrise technique pour mettre cette tactique en place. Ce qui nous amène au fait qu'une tactique est très dépendante du type de joueur disponible. Chaque joueur a des points forts, des caractéristiques qui le rendent relativement meilleur que d'autres. Mettre une tactique en place revient à la fin à mettre les joueurs en disposition d'utiliser leurs points forts et en général il est préférable de choisir une tactique adaptée aux joueurs disponibles que de forcer les joueurs dans une tactique ou un rôle qui ne leur convient pas.

Pour revenir à l'application de ce principe à l'ASSE, on a pu voir plusieurs exemples, positifs ou négatifs, cette saison. Par exemple, Tannane est un ailier gaucher qui aime porter le ballon, provoquer balle au pied et qui a un bon tir de loin - ce sont ces points forts. Malcuit est un latéral avec un bon talent offensif, très rapide et capable d'éliminer en dribblant. Les associer dans le couloir droit, demander à Tannane de rentrer dans l'axe et libérer le couloir pour la montée de Malcuit, voilà un exemple de mise en place d'une animation offensive adaptée aux profils disponibles.

Un autre exemple est l'approche tactique de placer un joueur en soutien de l'avant-centre, un peu en retrait (un 9 1/2 ou un 10), vu que notre avant-centre touchait que trop peu des ballons en première partie de saison. Par contre, quand en janvier, à cause des blessures, de la CAN ou des mises à écart, les seuls profils disponibles ont été Veretout (contre Angers) ou Dabo (à Auxerre), ça n'a pas du tout fonctionné. Parce qu'on a forcé des joueurs d'entrer dans un rôle qui n'est pas le leur, dans lequel ils ne pouvaient pas s'appuyer sur leurs points forts. Veretout a été changé à la pause, Dabo à la 65ème (et a joué seulement 13 minutes avec l'équipe première depuis) et Hamouma a pris leur place de 9 1/2 lors de ces matchs. Voilà un exemple où des profils qui ne correspondent pas sont forcés dans une animation offensive prédéfinie.

Conclusions


Le résumé de ces longs paragraphes est qu'une animation offensive ne dépend que très peu du système de jeu, mais énormément des profils des joueurs disponibles - il faut mettre en place une tactique adaptée à leurs points forts et ne pas les forcer dans une animation qui ne leur correspond pas. Et il y a deux raisons pour en parler après le match à Marseille.

Premièrement, la fin de saison approche vite et bientôt commencera le mercato, la période pendant laquelle le principe ci-dessus est moins valable. Si on a une idée très claire de comment on veut qu'une équipe doit jouer, il faut recruter les profils des joueurs qui en correspondent. On se doit d'adapter la tactique aux joueurs disponibles, mais le mercato est le seul moment quand on peut adapter les joueurs disponibles à la tactique. Autrement dit, il faut que les grandes lignes tactiques de la saison prochaine soient déjà tracées si on veut aboutir à un mercato qui a du sens.

Deuxièmement, quand on parle des points forts d'un joueur, c'est plutôt à un instant T. Les joueurs connaissent des hauts et des bas et même si le profil intrinsèque d'un joueur ne change pas, un coup de moins bien peut le rendre moins adapté à une tactique particulière. Cet aspect est clairement visible pour les Verts en ce moment. Depuis le 2017 et jusqu'au match à Manchester, les Stéphanois ont obtenu des résultats grâce à un 4-2-3-1 basé sur un fort pressing et en mettant de l'impact dans les duels. Ils bougeaient beaucoup sans ballon pour le couper les angles de passe et pour le récupérer, mais aussi en phase de possession pour proposer des solutions. Ce n'est plus les cas maintenant. Pour des différentes raisons, certains joueurs ne mettent plus les ingrédients nécessaires pour que cette tactique fonctionne. Ni défensivement, mais surtout offensivement. On est clairement dans la situation où la tactique ne correspond pas à ce que ces joueurs peuvent (ou veulent ?) faire de mieux. Alors, il y a deux solutions : soit on change de tactique, soit on change des joueurs - on a un effectif assez large pour pouvoir en trouver ceux qui sont toujours motivés. 

A titre d'exemple, on joue avec des joueurs avec un bon jeu de tête et on balance des longs ballons sans arrêt. Ou avec des joueurs très rapides, on abandonne la possession et on joue les contres. Il existe bien sûr d'autres exemples moins simplistes. Mais si le match à Marseille a servi à quelque chose, c'est de confirmer une fois pour toutes que l'animation offensive actuelle (où on place un joueur entre les lignes, on cherche à le trouver pour qu'il combine ensuite avec les ailiers ou qu'il sert l'avant-centre dans la surface) n'est plus adaptée aux titulaires habituels.

lundi 17 avril 2017

RCT - Castres, 23-14 (Tuisova, Habana)

L'avant-match


La réception de Castres est très importante. Non seulement pour la lutte pour la 4ème place, mais aussi psychologiquement. Le RCT a commencé à montrer ses vraies couleurs la semaine dernière, il faut confirmer et montrer que ce n'était pas juste un accident. Le retour parmi les titulaires de Taofifénua, Tuisova ou Ollivon approche le XV de la Rade de l'équipe-type, l'excuse des blessés ne sera pas recevable en cas de mauvais pas.

Le match...


... commence avec les Toulonnais retranchés dans leur camp, sans possession, en défendant bien, en résistant parfois aux 5m et en ne bonifiant pas les pénalités obtenues (soit touche trop courte, soit pas trouvée, soit 3 points tentés de plus de 50m). C'est seulement à partir de la 10ème qu'on touche le premier ballon dans la moitié adverse, en attaquant surtout grâce aux impacts des gros, Bastareaud et Tuisova. Et à la 20ème, Tuisova récupère un ballon dans nos 40m et lance une attaque, une très longue attaque, avec des Toulonnais qui avancent presque à chaque impact et le même Tuisova est à la conclusion pour le premier essai. 12 minutes plus tard, campés de nouveau dans nos 22m, on subit, sans faire des fautes et Habana intercepte un ballon pour un contre solitaire de 80m.

20-0 à la pause, score très flatteur pour une équipe qui a subit par moment, mais qui a été très réaliste. La deuxième période est similaire à la première, mais sans le réalisme. Le RCT a continué à subir et a encaissé deux essais, mais le break était déjà fait. Il faut dire que Castres a eu trois essais refusés (justement) à la video et a joué vite 3 pénalités dans nos 22m, précipitation qui n'a rien donné. De l'autre côté, les avant Toulonnais ont été monstrueux, avec pas moins de 11 ballons perdus par les Castrais en conquête directe. Malheureusement, on n'a pas su bonifier les pénalités obtenues sur mêlée adverse et les touches volées à cause d'un jeu au pied défaillant. Des très nombreuses touches n'ont pas été trouvées ou l'ont été, mais trop courtes, ce qui nous a empêché de sortir de notre camp.

L'action


On joue la 64ème minute et les Castrais, menés de 16 points, choisissent la touche après avoir obtenu une pénalité sur nos 22m après une faute au sol de Bastareaud (13) :


Alignement complet à 5m, on peut craindre un maul, mais les avants Toulonnais choisissent de sauter et Kruger (4) intercepte le ballon adressé au premier sauteur :


Etrillard (2) aplatit dans l'en-but, mais comme le ballon avait été rentré par Kruger, c'est une mêlée pour Castres à 5m. Elle est écroulée la première fois, mais la deuxième...


... les Toulonnais poussent très fort, juste après introduction, en faisant reculer d'un mètre le pack adverse avant qu'il s'écroule et l'arbitre accorde une pénalité pour le RCT. Et voilà comment, après une situation dangereuse dans nos 5m, après une touche et puis une mêlée adverses, on récupère le ballon. Sauf que...


... Trihn-Duc (10) ne trouve pas la touche, de nouveau, et la pénalité du RCT devient un ballon de relance pour Castres. Grosse conquête, jeu au pied défaillant - le résumé du match, en quelque sorte.

La suite


Le prochain match arrive dans deux semaines, laissant la place aux demi-finales de coupe d'Europe auxquelles les Toulonnais ne sont plus invités depuis deux ans. Ces deux semaines seront cruciales pour la préparation des deux derniers matchs de Top 14, matchs que les Toulonnais pourront envisager avec un peu moins de pression après les deux dernières victoires. Le nombre des points nécessaires pour accrocher un barrage à domicile dépendra des matchs en retard (dans une semaine), et des autres équipes, mais pour une fois le RCT passera une trêve avec de la sérénité.