samedi 8 décembre 2018

Bordeaux - ASSE, 3-2 (Diony, Khazri)

Cauchemardesque


C'est ainsi que le staff stéphanois a qualifié la soirée qui a vu les Verts s'incliner sur la pelouse de Bordeaux.

Le scénario du match est cruel, avec l'ASSE qui se fait égaliser rapidement après son ouverture du score, qui arrive à égaliser à 2-2 dans le dernier quart d'heure, seulement pour concéder la défaite à la dernière minute du temps réglementaire. Mais ce n'est pas l'évolution du score qui fait que ce match ne sera pas oublié rapidement du côté de Saint-Etienne, c'est plutôt la multitude des faits de jeu défavorables aux Stéphanois. Comme si les deux blessures sérieuses de Subotic et Debuchy en 1MT n'étaient pas suffisantes, les festival de décisions d'arbitrage en 2MT a largement exaspéré les joueurs, le staff et les supporters.

Malgré tout, on peut positiver après à ce match. La défense expérimentale Polomat - Koldziejczak - Saliba - KMP a bien tenu (d'ailleurs tous les 3 buts encaissés ont été suite à des coups de pied arrêtés). Les Verts ont été supérieurs dans le jeu chez un concurrent direct pour l'Europe. Et ils ont clairement un style de jeu, qu'ils maîtrise de mieux en mieux. Et comme cette analyse est d'abord tactique, c'est ce style qui sera détaillé par la suite.

Les séquences de possession


On le sait depuis un moment, le jeu prôné par Gasset est un jeu de possession, le ballon est confisqué et la construction patiente. Contre Bordeaux, l'ASSE a eu trois séquences tout simplement impressionnantes, culminant parfois a du 85% de possession pendant plus de 5 minutes. Dès qu'ils ont marqué le premier but (et jusqu'à l'égalisation/blessure de Subotic), dès qu'ils ont égalisé à 2-2 (et jusqu'au carton rouge annulé pour un Bordelais) et en début de la 2e période. Si dans les deux premiers cas c'était une possession plutôt défensive (on garde le ballon pour empêcher l'adversaire d'attaquer), c'était différent en début de la 2MT. Les Verts sont revenus des vestiaires décidés à ne pas laisser les blessures de la 1e période influencer le sort du match et entre la 49e et la 53e ils ont axfixié leurs adversaires : 33 passes à 9, 2 tirs à 0... et le tableau whoscored est très clair (l'ASSE en bleu attaque de droite à gauche) :


Regardons en images cette séquence de possession de l'ASSE, qui commence avec une touche effectuée par Polomat :


Le ballon circule entre Kolo, William Saliba et Selnaes... 


... qui l'envoye à droite, où KMP (latéral) combine avec Salibur (ailier). On remarque le positionnement de Diony et Khazri, les deux en avant-centre et  la défense en 4-3-3 de Bordeaux. Le couloir droit est bloqué, alors on rejoue avec la défense :


Le pressing des 3 Bordelais n'arrive pas à empêcher les passes des Stéphanois, Selnaes est de nouveau trouvé et même si la passe de Saliba était risquée... 


... il ne panique pas et ressort proprement. Le déplacement de M'Vila et le pressing déjoué créent un léger décalage à gauche, où le milieu doit défendre sur Cabella et Polomat. C'est le latéral qui est trouvé par Kolo et il avance un peu dans son couloir... 


... où Khazri s'était excentré. Un petit un-deux tout simple et le décalage est fait, Polomat part balle au pied vers la défense adverse, qui se resserre... 


... et permet au latéral de l'ASSE de décaler Salibur à droite. Sa frappe n'est pas cadrée, mais le ballon est récupéré dès la remise en jeu par le gardien adverse : 


Le duel aérien est gagné par Saliba, le ballon arrive dans les pieds bordelais, mais perdu immédiatement. A l'exception de Saliba sorti pour jouer le ballon, le 4-2-3-1 des Verts est rigoureusement respecté. KMP récupère le ballon et une nouvelle attaque se construit :


Par contre, cette fois-ci pas dans un couloir, mais dans l'axe. M'Vila reçoit le ballon, se tourne...


... comme Cabella avait décroché, ils font un un-deux en plein axe, ce qui permet au milieu défensif stéphanois de monter avec le ballon, avant de servir un autre joueur qui avait décroché, Khazri : 


L'avant-centre de l'ASSE se retrouve dans une de ses positions favorites, face au jeu dans l'axe, avec des ailiers qui lui proposent des solutions. Il choisit Diony à gauche, mais son centre vers Salibur au 2e poteau est dégagé en touche par la défense. Polomat remet le ballon en jeu : 


Tranquillement, Kolo lobe un attaquant et M'Vila et Selnaes combinent dans l'axe. La ligne de 3 Bordelais se remet en place...


... mais elle ne sert à rien, elle n'empêche pas les Verts en confiance de combiner. Une fois ce premier rideau défensif passé, le Norvégien a le temps de chercher la meilleure option Il envoye KMP dans son couloir droit et après une chevauchée, son centre est repoussé en corner. Le corner est repris de volé par Cabella, mais le tir n'est pas cadré. Par contre, la remise en jeu est directe en touche et une nouvelle attaque stéphanoise peut démarrer :


Le ballon circule entre les défenseurs de gauche à droite, puis de retour vers la gauche avec l'aide de M'Vila :


Côté Bordeaux, le bloc est en 4-4-2 maintenant, un des 3 offensifs suivant Selnaes partout sur le terrain. Mais c'est Cabella qui offre une solution pour ressortir le ballon - il décroche de nouveau pour échanger avec Kolo, qui décide de monter balle au pied :


C'est au tour de Khazri de décrocher, amenant la défense vers la gauche avec lui. Il remet en arrière à Cabella, qui peut orienter le jeu :


Selnaes et Diony lui proposent des solution dans l'axe, dans l'espace libéré par Khazri, mais c'est Salibur à droite qui est recherché. Son centre au 2e poteau est repoussé en touche par un défenseur. Une autre attaque - qu'on détaillera pas ici - s'en suit, conclue par une passe en profondeur de M'Vila pour Diony. Et une minute plus tard, le festival d'arbitrage commence et Bordeaux passe devant au score sur penalty...



Conclusions


Malgré tous les faits de jeu contraires et une défense expérimentale, les Verts sont restés impressionnants dans leur maîtrise du ballon. Ils ne paniquent pas, ils savent le faire circuler, attendre patiemment un décalage... ou accélérer le jeu en combinant dans les couloirs ou en plein axe. Il n'y a plus de doute, le rodage est fini, les joueurs se sont bien approprié le style de jeu voulu par leur coach. La question se pose maintenant si ce style fonctionnera toujours quand des nombreux titulaires seront absents - comme par exemple lors du prochain match, chez un autre concurrent direct pour l'Europe.

mardi 4 décembre 2018

RCT - Grenoble, 22-3 (Bastareaud, Tuisova, Guirado)

L'avant-match


Incapables de gratter des points à l'extérieur, les Toulonnais se doivent d'en prendre le max à domicile. Surtout contre un concurrent direct dans la lutte pour le maintien, Grenoble. Après la réception de Perpignan il y a deux semaines, c'est de nouveau un match de la peur qui se disputera à Mayol. Le faux pas est complètement interdit, mais l'équipe alignée par le staff du RCT compte toujours des nombreux blessés pour pouvoir aborder cette confrontation plus sereinement. 

Le match...


... commence avec les Toulonnais qui donnent le ton de la partie : ils campent dans les 5m adverses, choisissent la mêlée après une pénalité, pilonnent avec les gros... mais ne marquent pas. Côté Grenoble, les phases de possession sont peu inspirées et ils n'avancent pas. Mais ils sont bien présents dans les rucks, soit pour retarder les sorties du RCT, soit pour gagner le ballon suite à des contre-rucks (20e, 26e - celui-ci produisant une pénalité, transformée pour l'ouverture du score). Les 10 dernières minutes de la 1MT sont très brouillonnes, avec des en-avants, des lancers grenoblois volés, mais sans réel danger créé... jusqu'à l'inspiration de Bonneval à la dernière minute. Après avoir relancé de ses 22m et passé en revue la défense adverse, le jeu du RCT est ralenti, mais la pénalité de l'égalisation est obtenue sur la sirène.

La 2MT commence comme la première est finie, une touche grenobloise volée et une nouvelle belle percée de Bonneval quelques minutes plus tard (voire plus bas). Ce premier essai a le don de libérer les Toulonnais qui commencent enfin à produire du jeu. Tuisova commence à se montrer enfin et à réussir des franchissements et le 2e essai est marqué à la 53e. Ils reste donc une petite demi-heure pour chercher le bonus offensif, mais le RCT se met à déjouer. Double-contact sur un maul, deux lancers perdus dans les 22m adverses, le temps passe et Grenoble défend bien. Finalement, les problèmes en touche sont réglés et Guirado franchit la ligne d'essai derrière un maul à la dernière minute, le bonus est acquis.

L'action


La deuxième période a commencé depuis quelques minutes et le score est toujours un triste 3-3. Grenoble bénéficie d'une mêlée légèrement dans le camp Toulonnais :


La défense du RCT est en place, avec une ligne Belleau (10), Saivea (12), Bastareaud (13) et Tuisova (14), pendant que Pietersen (11) et Bonneval (15) sont un peu derrière. Dès que le ballon est sorti, les défenseurs montent chercher les Grenoblois...


... et l'impact de Bastareaud (13) sur le centre adverse lui fait perdre le ballon, qui est dégagé en catastrophe au pied par un coéquipier :


Pietersen (11) et Bonneval (15) sont en couverture, c'est le dernier qui récupère le ballon...


... et qui relance immédiatement, sans l'aide de ses deux ailiers. Il passe entre deux défenseurs...


... puis il élimine un troisième, mais comme il est excentré...


... il tape à suivre. Malheureusement, il est battu à la course par le 9 adverse, qui se couche sur la ligne de 5m. La libération est extrêmement lente, pendant 30 secondes rien ne se passe, et finalement le 10 adverse sort pour dégager au pied :


Malgré cette longue préparation, il n'est pas protégé et Rebbadj (6) arrive à contrer le dégagement, qui arrive quand-même dans les bras d'un Grenoblois. Sauf que les avants toulonnais - Alainu'uese (4), Fresia (1), Setiano (3) et Krüger (5) - ne sont pas loin et sur l'impact des deux piliers, le ballon échappe vers l'avant. L'avantage est laissé...


... mais il n'est pas nécessaire, Lakafia (7) servant d'une passe sautée Bastareaud (13) au large, qui s'en va pour marquer l'essai qui va libérer les Toulonnais.

La suite


Avec ces trois essais (tous marqués par des internationaux), la victoire bonifiée du RCT fait du bien, mais le mal reste profond, Toulon n'est pas guéri. Il reste encore pas mal des approximations et du manque d'inspiration dans le jeu, mais parfois l'important c'est vraiment de prendre les points. Les deux semaines de Coupe d'Europe presque sans enjeu permettront à certains joueurs de se reposer, à d'autres de se montrer et pourquoi pas aux doutes de se dissiper. Parce que les adversaires rencontrés pendant les fêtes seront d'un autre calibre...

dimanche 2 décembre 2018

ASSE - Nantes, 3-0 (Beric, Khazri, Kolodziejczak)

La référence ?


Contre Nantes, l'ASSE a signé sa première large victoire cette saison, au terme d'un match maîtrisé de bout en bout.



Large victoire, pleine de maîtrise, c'est sans surprise que le terme "match référence" a été utilisé par les joueurs et le staff après la rencontre : "c'est un match référence cette saison" (Kolo), "je ne sais pas si on peut parler de match référence, mais on n’en est pas loin" (Gasset). Le résultat final est sans appel et même si l'ouverture du score a été assez tardive, elle a été méritée, tellement les Stéphanois ont été au-dessus de leurs adversaires dans la gestion du match. Ils ont eu une large possession, et si au début elle a été plutôt stérile, peu à peu les occasions sont apparues et à la fin elles ont été converties. Toujours dans les mots de Kolodziejczak : "Nous avons été patients et tactiquement nous avons été très bons. (...) Nous les avons fait beaucoup courir et en seconde période ils ont lâché sur le marquage". Les exemples qui suivent nous permettent de mieux comprendre cette analyse du défenseur de l'ASSE : le plan de jeu des Nantais, comment il a été déjoué par la tactique des Verts et pourquoi la patience stéphanoise et la fatigue adverses ont été importantes.

En première période


A partir de la 10e, et pendant un peu plus de 6 minutes, l'ASSE a eu une très large possession (73%), mais presque entièrement sur la ligne médiane, sans pouvoir s'approcher de la surface adverse. La faute à un marquage individuel des Nantais, surtout sur les trois milieux stéphanois, M'Vila, Selnaes et Cabella. Sans illustrer toute cette phase de possession, quelques images nous permettent de remarquer ce marquage individuel au centre du terrain :


Peu importe le positionnement des trois milieux (ici Selnaes est la pointe haute), il y a trois adversaires qui les suivent. Et si un des trois attaquants décroche, il est suivi toujours par son adversaire direct :


Hamouma et Cabella avaient inversé leurs places, la sentinelle est au marquage du premier. Khazri décroche jusque dans le rond central...


... il est suivi par un défenseur central, aller-retour. Diony propose une solution entre les lignes, il est suivi aussi :


Ainsi, ça revient à la défense de faire le jeu, de construire, pendant que les trois milieux se déplacent un peu partout pour éventuellement se défaire du marquage...


... mais sans vraiment y arriver :


À plat, en triangle pointe basse ou pointe haute, c'est toujours du 3-contre-3 dans l'axe :


Cette tactique n'a qu'un but : empêcher les Verts de construire, en éliminant leur trois dépositaires du jeu. La solution ? Du mouvement, de la patience et... rajouter un 4e joueur au milieu. Comme dans cet exemple qui commence à la 31e...


... avec une situation désormais classique. Marquage individuel sur le trio au milieu, les trois attaquants sur sur la ligne de la défense (Hamouma et Khazri avaient interchangé), les deux latéraux sont surveillés par les milieux latéraux adverses et les deux centraux se passent la balle en attendant une solution. Qui vient suite à un mouvement coordonné :


Selnaes s'écarte vers la droite et Hamouma décroche dans cet espace libéré. Cabella se déplace de la zone d'un milieu dans celle d'un autre (pour ne pas être suivi), avant de décrocher aussi. Kolo a deux solutions, il choisit Cabella :


Après s'être placé à côté de Selnaes, Hamouma se déplace dans l'espace libéré par Cabella - il attire ainsi avec lui les deux milieux axiaux adverses. Le 3e se trouve seul entre M'Vila et Cabella. Selnaes fait des grands gestes, étant libre - les Verts jouent avec 4 milieux et aucun attaquant, les deux défenseurs centraux nantais ne servent à rien. Cabella combine avec Hamouma...


... qui avait continué sa course et qui joue avec M'Vila, qui passe en retrait à Kolo. Selnaes demande toujours le ballon à l'opposé, et il finit par le recevoir :


Tous les milieux glissent vers ce côté, pendant que Hamouma se replace en avant-centre. Selnaes combine avec Cabella...


... et tous ces mouvements ont complètement fait sauter le marquage individuel, les trois milieux adverses étant tous autour de Cabella, ce qui libère M'Vila. Diony et Hamouma sont dans l'axe, les couloirs sont pour Debuchy et Gabriel Silva et la combinaison stéphanoise est très belle :


Deux Nantais sortent sur M'Vila, Diony plonge dans le dos du latéral, où il est servi. Il passe en retrait pour Silva, qui centre en retrait pour Hamouma, mais malheureusement son tir est contré.

En deuxième période


L'entrée de Salibur à la place de Hamouma n'a rien changé, il a repris ce rôle de "deuxième 10", qui amène du surnombre au milieu. L'entrée de Beric à l'heure de jeu n'a pas changé grande chose tactiquement non plus, même si son jeu dos au but a été mis en évidence dès ses premières secondes sur le terrain :


Dégagement du gardien adverse gagné de la tête par M'Vila. Le ballon arrive à Beric, qui remet à Salibur dans le couloir. L'ailier joue en arrière avec Debuchy...


... qui cherche Beric, plus haut dans le même couloir. Malgré le défenseur dans son dos, le Slovène protège le ballon en attendant la course de Salibur :


Il talonne pour Cabella, qui lance en profondeur Salibur, mais le centre vers Khazri, qui venait de l'aile opposée, est repoussé.

Cette action a été plutôt une exception à la règle, le jeu stéphanois continuant à passer par le milieu du terrain après une construction pleine de patience, la fatigue des Nantais et ce surnombre apporté par Salibur de temps en temps leur permettant de trouver la faille. Par exemple, à la 66e, après une touche stéphanoise, le ballon est baladé dans la défense :


De droite à gauche, puis de nouveau à droite, on attend une solution. Elle arrive grâce au mouvement de Salibur :


Il a quasiment changé de place avec Selnaes, avec qui il combine, mais seulement pour revenir en arrière vers Subotic :


En effet, le marquage individuel nantais est toujours présent. Mais des erreurs commencent à être commises :


Selnaes est pris, Cabella aussi, M'Vila a même deux joueurs autour de lui... et les deux le quittent, lui permettant de recevoir le ballon tranquillement :


Selnaes est pris par deux joueurs et il y en a deux pour la paire Cabella-M'Vila, mais qui ne savent pas où aller quand le premier décroche. Ce qui permet au deuxième de bien trouver Gabriel Silva dans le couloir, qui prolonge avec Khazri...


... qui remet en arrière pour Cabella. Malgré l'appel de Silva vers la surface, c'est toujours Khazri qui est cherché et son centre peut être très dangereux. Beric et Salibur font des appels dans la surface, suivis par les deux défenseurs nantais restants... ce qui laisse Debuchy tout seul au 2e poteau. Malheureusement, son premier tir est contré par... Beric et un adversaire l'empêche de bien tirer une deuxième fois.

Cette action a été facilitée par l'infériorité numérique des Nantais, un joueur blessé n'ayant pas encore été remplacé. Chose faite, une minute plus tard, l'ASSE construit une nouvelle attaque :


Malgré le marquage individuel, les Stéphanois combinent au centre du terrain. Le jeu est écarté vers la droite...


... où Subotic essaye un ballon en profondeur pour Debuchy, intercepté par la défense. Au milieu, les quatre Verts (Salibur s'y étant rajouté) étaient tous pris. Un défenseur dégage le ballon, mais il est de suite récupéré :


Salibur le donne à Selnaes, qui le sort de ce petit périmètre vers M'Vila. La paire Salibur-Selnaes était entourée par 3 milieux, laissant donc un seul pour M'Vila-Cabella. Mieux que ça, Beric aussi se place intelligemment entre les lignes :


Selnaes pris, Salibur pris, Cabella initialement pris aussi, mais son adversaire sort vers M'Vila : le défenseur central adverse fait des gestes désespérés - un latéral doit chercher Khazri, un autre est au marquage de Debuchy, son compère dans l'axe est par terre, le bloc nantais est très en déséquilibre. Finalement, M'Vila oriente le jeu à gauche, où Khazri lance vers la surface Gabriel Silva. Son centre-tir lobé passe juste à côté du poteau, sans pouvoir être repris par Beric.


Conclusions


Si les trois buts ne sont pas une conséquence directe de cette opposition tactique (un centre directement après une touche, un coup-franc direct et un corner), cette maîtrise affichée par les Verts y est quand-même pour quelque chose. A force de refuser le jeu et de courir après le ballon et les Stéphanois, les Nantais ont fini par faire des erreurs. Et le danger sur leur but est devenu de plus en plus présent, jusqu'au moment où ils ont craqué. Du côté de l'ASSE, au delà du score, le plus réjouissant n'est ni le fait d'avoir déjoué tactiquement le plan adverse, ni la patience et maîtrise affichées. Mais bien le fait de l'avoir fait tout au long de la partie, du début à la fin. C'est bien la première fois de la saison que les Verts font un match complet, de bout en bout. Comme quoi, les deux derniers mauvais résultats ont servi à quelque chose. Reste maintenant à confirmer, à reproduire une prestation complète, dans un contexte différent, à l'extérieur (Bordeaux, Nice) ou contre un adversaire qui ne viendra pas seulement pour défendre (Marseille).