samedi 11 mai 2019

ASSE - Montpellier, 0-1

Une minute qui restera gravée


En perdant à domicile contre Montpellier, les Verts ont raté une étape importante dans leur course pour l'Europe, mais restent néanmoins maîtres de leur destin.

Il n'y a pas de doute, le tournant du match le représente cette fameuse minute, qui restera gravée dans la mémoire de Jean-Louis Gasset. Avec un carton rouge et un but encaissé, les Verts sont passés d'une équipe en supériorité numérique, qui met une grosse pression sur l'adversaire, à une équipe paniquée, qui cherche à revenir au score contre une un bloc défensif compact.

L'ASSE avait démarré le match dans un système classique, 4-2-3-1 :


Sur cette image Cabella se trouve à gauche et Khazri en "10" - ça a été parfois le cas, mais le plus souvent Khazri était excentré et Cabella axial, comme nous le verrons plus tard lors d'un exemple. Quant à Montpellier, le système utilisé a été le 3-4-3, avec 7 joueurs très défensifs, comptant sur un trio offensif très dynamique et plein d'automatismes pour se montrer dangereux.

Les Stéphanois ne se sont pas livrés d'entrée, ils ont préféré garder le ballon, tout en maîtrise, mais sans dangerosité... jusqu'au moment où un adversaire a été expulsé, peu après la pause. C'est seulement à ce moment qu'ils ont emballé le match, mais ça n'a pas duré longtemps et l'expulsion de Cabella leur a coupé l'élan, qu'ils ont retrouvé seulement en fin de partie, quand ils ont joué le tout pour le tout, sans réussite. Les entrées de Vada pour Aït Bennasser et Yannis Salibur pour Nordin n'ont pas changé le système de jeu :


A la fin du temps réglementaire le staff stéphanois a même remplacé un défenseur (Saliba) par un attaquant (Ghezali) - toujours sans succès.



Écarter et centrer


Si on doit deviner l'approche tactique envisagée par le staff stéphanois, elle devrait se résumer à  passer toujours par les côtés, écarter au maximum le bloc adverse et envoyer des centres dans la surface. Si on exclut les CPA, les Verts ont effectué 31 centres contre Montpellier, bien plus que leur moyenne cette saison. Que ça soit avec les latéraux (Debuchy 8, Polomat 5) ou avec les ailiers (Nordin 7, Khazri 4, Salibur 2 et Ghezali 2), ils ont arrosé la surface adverse, mais quasiment jamais avec succès. Et c'était clairement délibéré, dans les mots de Gasset : "on aurait dû les user et passer par les côtés".

Par exemple, à la 35e, Cabella récupère un ballon au centre du terrain :


Il joue en retrait avec Aït Bennasser, qui donne à M'Vila...


... qui écarte immédiatement à gauche, où Polomat monte dans son couloir. Le positionnement des offensifs stéphanois est bien visible sur l'image suivante :


Nordin et Khazri sont collés aux lignes de touche, pendant que Beric se trouve tout seul dans l'axe, entre trois défenseurs. Le latéral adverse arrive à pousser le ballon en touche, Khazri perd de nouveau le ballon après la remise en jeu, mais 30 secondes plus tard, la possession est de nouveau stéphanoise :


M'Vila joue en retrait avec Perrin, qui écarte à droite avec Debuchy, qui passe à Aït Bennasser, qui lui avait proposé une solution :


Le jeu est de nouveau envoyé à gauche. Polomat ne joue pas plus haut dans son couloir avec Khazri, collé toujours à la ligne de touche (comme Nordin à droite), mais repique vers l'axe :


Il joue ensuite en retrait avec Perrin, qui passe à Aït Bennasser. Les Verts contournent facilement les 5 montpelliérains (les 5 autres, les défenseurs, restent très bas, disciplinés) et le milieu stéphanois peut monter balle au pied. Il joue ensuite avec Nordin sur l'aile droite...


... et le dédoublement de Debuchy est exactement ce qu'il faut faire contre une équipe qui a un seul joueur de couloir. Le latéral gauche adverse ne peut pas défendre contre les deux Verts, le décalage est fait et Debuchy se retrouve en position de centre :


Par contre, la présence stéphanoise est assez faible dans la surface. Le 4 autres défenseurs sont bien présents et Khazri et Cabella font le même appel - il n'y a personne au deuxième poteau, où le centre de Debuchy atterrit.



Jouer à 10 contre 10 et être mené n'a pas changé l'approche tactique de l'ASSE - même s'il y avait de plus en plus de place au milieu, dès qu'ils s'approchaient de la surface adverse, les Verts continuaient de décaler un joueur sur le côté pour effectuer un centre ensuite. Par exemple, à la 85e, Polomat joue une touche avec Perrin :


Le ballon arrive à Saliba, qui le garde un peu - les Stéphanois essaient de faire sortir leurs adversaires, bien regroupés dans leurs 30 mètres. Il joue ensuite avec Perrin...


... et ces 5 montpelliérains sont de nouveau passés facilement grâce à l'appel de Vada, qui décale ensuite Polomat dans le couloir gauche. Le latéral préfère ne pas centrer, il joue en retrait avec Perrin :


Vada se projette vers la gauche, d'où décroche Khazri, qui reçoit le ballon. Il a le temps de se retourner et porter le ballon en cherchant des solutions. Malgré la présence dans l'axe devant lui de Yannis Salibur, Vada et Beric, il décide de décaler Debuchy à droite :


Le latéral droit a le temps d'ajuster son centre, surtout que la présence est plus importante dans la surface maintenant : 


Salibur, Vada et Beric s'y trouvent, tout comme Perrin qui avait continué son action. Beric ne gagne toujours pas ses duels aériens, mais le ballon dégagé par un défenseur arrive sur Khazri, qui cherche son avant-centre avec une passe de la tête. Malheureusement la tête de Beric n'est pas assez appuyée et il rate ainsi la plus grosse occasion stéphanoise du match.



Conclusions


Le style de jeu de cette équipe de Montpellier était connu et le staff de l'ASSE a fait un choix tactique assez logique, d'écarter la défense, d'essayer de contourner le bloc défensif. Par contre, la réalisation n'a pas été à la hauteur et les nombreux centres envoyés dans la surface n'ont rien donné. Avec au bout une défaite, un titulaire de plus suspendu pour le prochain match, un adversaire relancé dans la course pour la Ligue Europa et encore moins de chances pour finir sur le podium. Bref, une mauvaise opération sur tous les plans. Les Verts restent néanmoins maîtres de leur destin pour l'Europe, mais les différents problèmes d'ordre mental aperçus lors des deux derniers matchs deviennent inquiétants. A la pause à Monaco il a fallu "ramener de la sérénité, de la confiance", contre Montpellier ils ont "manqué un peu de lucidité à partir du moment où ils étaient dix"... il faut absolument que les joueurs retrouvent de la sérénité pour les deux matchs restants.

mardi 7 mai 2019

La Rochelle - RCT, 30-21 (Lakafia, Ollivon, Isa)

L'avant-match


Les Toulonnais ont clairement retrouvé leurs couleurs depuis quelques matchs, ils jouent bien - même si toujours perfectibles, surtout en conquête. Le reste de cette saison doit leur servir à emmagasiner de la confiance, et ça passe aussi par une première victoire à l'extérieur en Top 14 (autre que chez la lanterne rouge). Pourquoi donc pas à La Rochelle, une équipe qui vise clairement unes place dans les barrages ?

Le match...


... a eu deux périodes complètement différentes. Lors de la première, le ballon a été toulonnais. Des longues attaques rapides, des adversaires qui ne pouvaient pas sortir de leur moitié, tout a été bien fait... dans le jeu. Parce que la conquête du RCT a été horrible : des nombreux lancers en touches volés, pas droits ou suivis des mauls coffrés et une mêlée très souvent pénalisée. Malgré ces nombreuses munitions gâchées, les Toulonnais sont quand-même parvenus à mener 7 à 3 à la pause.

Par contre, la 2MT a eu un autre visage, surtout son début. Un essai encaissé dès l'entame, puis un autre suite à une mêlée introduction toulonnaise dans leurs propres 22 et ballon perdu à l'impact. Avec en plus un jaune pour Fresia (fautes répétées en mêlée), l'addition aurait pu être plus corsée. Après ce 14-0 pris en 15 minutes, les joueurs du RCT se remotivent et marquent un superbe essai (voire plus bas), mais ce réveil ne dure pas longtemps. Les Rochelais campent dans les 22m adverses, obtiennent pénalité sur pénalité lors des mêlées, creusant l'écart au score (23-14), surtout que Messam écope d'un jaune à son tour. Les Toulonnais n'ont pas dit leur dernier mot, ils marquent un 3e essai sur un maul à la 73e, mais ils encaissent aussi un autre sur la sirène et rentrent de nouveau sans le moindre point d'un déplacement...

L'action


On joue la 58e et le RCT se retrouve de nouveau à 15 contre 15, après un début de 2MT catastrophique où ils ont encaissé deux essais. Une mêlée sur les propres 40m est jouée...


... par Ollivon (8) pour Webb (9), qui joue avec son demi d'ouverture. La passe de Carbonel (10) saute Trihn-Duc (12) et Ikpefan (14) pour trouver Saivea (13). Et le centre toulonnais écarte encore plus vers l'extérieur :


Bonneval (15) s'intercale et sert ensuite Fekitoa (11) - la défense adverse est contournée, il reste plus que l'arrière, qui se fait renversé. L'ailier toulonnais est finalement plaqué, mais la sortie est rapide :


Les avants forment un premier rideau, les trois-quarts sont derrière. Gorgodze (5) relaye donc le ballon de Webb (9) jusqu'à Carbonel (10)...


... qui joue avec Trihn-Duc (12). Les Toulonnais prennent de la profondeur, le centre avance un peu et passe à Saivea (13) qui arrive lancé et qui franchit sur une dizaine de mètres. Webb (9) arrive de nouveau rapidement pour sortir le ballon...


... et choisit de ne pas jouer avec ses 3 avants (Isa - 7, Gorgodze - 5, Etrillard - 2), cherchant toujours Carbonel (10). Le but est d'envoyer rapidement le ballon au large, ce que le demi d'ouverture fait en jouant au pied :


Trihn-Duc (12) et Ikpefan (14) sont sautés, Fekitoa (11) capte la balle et sert Bonneval (15) qui contourne tout le monde et avance sur 30 mètres au long de la ligne. Il est plaqué...


... mais passe après contact pour Ikpefan (14), qui fait la même chose pour Fekitoa (11). Qui casse un plaquage...


... et passe après contact lui aussi, pour Ollivon (8), qui avait suivi et qui n'a plus qu'à aplatir.

Un magnifique essai après 30 secondes de jeu très rapide, où les avants n'ont presque pas touché le ballon, mais les arrières ont produit un magnifique rugby.

La suite


Finales des Coupes d'Europe obligent, le RCT attendra de nouveau deux semaines avant le prochain match. Ce qui tombe à pic, du temps pour répéter les bases, comme la mêlée et les touches... mais non, les Toulonnais bénéficient encore une fois d'une semaine de vacances. Il faut espérer qu'ils rechargeront les batteries, vu que le prochain adversaire est Clermont, une des deux plus fortes équipes du championnat. Comme les Toulonnais ont battu l'autre, Toulouse, ça serait sympa de finir la saison à Mayol avec une autre victoire de prestige...

lundi 6 mai 2019

Monaco - ASSE, 2-3 (Cabella, Nordin)

On signe où ?


Après une première période mal embarquée, les Verts ont réussi à s'imposer à Monaco grâce à un changement tactique et d'attitude, ainsi qu'à un Cabella très décisif.

En conférence de presse après le match, Jean-Louis Gasset souligne l'apport de son meneur de jeu : "(il) est en train de faire une grande fin de saison (...) Là, on voit du grand Cabella, surtout décisif. Lui, il veut y aller !". Aller où ? En Ligue des Champions, bien sûr, parce que le jeu des résultats du weekend fait que l'ASSE a seulement un point de retard sur la 3e place, tout en gardant 7 d'avance sur la 5e.

Pour revenir au match, l'analyse du coach stéphanois est très réaliste : "On a été fébriles, sans notre maîtrise technique habituelle en première mi-temps (...) Vouloir contrer et jouer avec deux attaquants excentrés n'a pas été le bon plan. On sortait le ballon trop mal. Il a fallu changer et revenir à un système plus académique. Peut-être, je me suis trompé de schéma d'entrée. Il faut qu'on ait le ballon. On l'a eu en deuxième mi-temps".

La causerie à la pause a fait son effet et les Verts sont mieux entrés dans le match en 2MT. Quant au changement tactique, il a été plus subtil qu'on peut le croire et les exemples suivants nous permettront de mieux s'en rendre compte.


La première période


L'ASSE a démarré ce match dans un système déjà utilisé à plusieurs reprises cette saison, (3)-4-1-2 :


Défense à 3, une ligne de 4 au milieu et Cabella en meneur de jeu derrière deux attaquants excentrés, Hamouma et Khazri.


Les Verts ont eu du mal à produire du jeu à partir de ce système, surtout que le pressing adverse était intense sur les milieux et la densité des joueurs dans l'axe assez importante. Par exemple, à la 17e Ruffier joue avec Saliba :


La défense à 3 est visible (enfin, difficilement à cause de la partie à l'ombre et la couleur des maillots stéphanois), tout comme l'étau des 4 offensifs monégasques autours des deux milieux axiaux M'Vila et Vada. Saliba joue avec Perrin, qui échange des passes...


... avec M'Vila. Le dépositaire du jeu stéphanois ne peut pas se permettre de garder le ballon pour orienter le jeu, il n'est pas face au jeu et dans tous les cas, il n'a aucun coéquipier proche pour jouer vers l'avant. C'est Hamouma qui décroche dans ce grand espace vide entre les offensifs de l'ASM et la ligne médiane et Perrin le sert :


Sauf que la passe en première intention vers Debuchy n'est pas précise et le ballon est perdu. Cette phase de transition est ensuite bien jouée par les Monégasques :


Comme les pistons stéphanois étaient plus haut, la défense se trouve en 3-contre-3 : un attaquant fait un appel en profondeur, il est trouvé par une longue passe, contrôle parfait et poteau rentrant pour l'ouverture du score.


Un autre exemple commence à la 23e, quand Ruffier relance avec Perrin :


Même configuration qu'avant, un étau de 4 monégasques enferme M'Vila et Cabella, qui avait échangé de place avec Vada. Toujours un échange de passes entre Perrin et M'Vila, qui n'arrive toujours pas à se retourner face au jeu. Perrin garde le ballon...


... ce qui fait sortir un des adversaires, libérant ainsi Cabella, qui reçoit le ballon et enfin ce premier rideau est passé. Sur cette image on aperçoit aussi le placement des deux attaquants, Khazri et Hamouma : les deux à la même hauteur, pris par la défense, avec des milieux axiaux qui coupent les angles de passe vers eux. Cabella ne peut pas les servir, mais peut orienter le jeu à droite vers Debuchy ou à gauche vers Vada/Polomat. Il décide par contre de jouer en arrière...


... avec Saliba, qui envoie ensuite un long ballon en profondeur, à destination de Hamouma, qui n'arrive pas à le récupérer.


Le positionnement défensif de l'ASM a obligé les Verts de passer sur les côtés. Et comme il manquait de relais dans l'axe, entre les lignes, ils ont eu du mal à passer par là. Les deux attaquants étaient soit trop haut, coupés du reste de l'équipe, soit ils décrochaient... pour perdre le ballon. D'ailleurs, si on regarde une capture whoscored.com qui montre les endroits où Cabella, Hamouma et Khazri ont touché le ballon avant la pause...


... on aperçoit clairement une zone du terrain bien évitée par ces trois joueurs offensifs. Ils ont touché le ballon assez bas (surtout Cabella) et quasiment jamais dans l'axe dans la moitié adverse (les Verts attaquent de droite à gauche sur cette image).


La deuxième période


Et si on regarde la même chose (pour les 4 offensifs, Cabella, Khazri, Nordin, Beric) en 2MT...


... ce n'est plus du tout la même chose ! Ballons touchés plus haut sur le terrain, et aussi bien dans l'axe que sur les côtés.


Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cette différence dans l'animation offensive. La causerie à la pause et des joueurs plus impliqués. L'entrée à la place de Hamouma de Nordin, qui a été beaucoup plus présent dans le jeu. Et surtout, à un autre endroit du terrain - un léger ajustement tactique qu'on peut apercevoir sur cet exemple en tout début de la période :


Polomat joue une touche avec Kolo, qui joue avec Perrin. On voit toujours bien (enfin, sauf les maillots vert foncé dans la zone d'ombre) le 3-4-(3) stéphanois. Mais il ne s'agit plus d'un 3-4-1-2, c'est plutôt un 3-4-2-1, avec Cabella et Nordin à la même hauteur et Khazri seul en pointe :


Bref, Perrin joue avec Vada, qui écarte à droite avec Debuchy, qui joue en arrière avec Saliba. Qui rejoue avec Perrin...


... qui échange des passes avec M'Vila. Saliba, Debuchy, Saliba de nouveau...


... les Verts gardent le ballon dans cette zone, sans trouver la faille dans la partie haute du bloc défensif adverse. Cabella et Nordin font de petites courses gauche-droite pour ouvrir une possibilité de passe vers l'avant, mais aucun risque n'est pris. Le ballon circule comme avant...


... Saliba pour Perrin, échange de passes avec M'Vila. Ensuite Nordin décroche et une première passe verticale est faite...


... mais sous la pression adverse, il redonne le ballon à Perrin. Qui écarte de nouveau avec Saliba...


... qui joue long, sur l'appel en profondeur de Khazri, qui entre dans la surface mais son centre à destination de Nordin est repoussé en touche par un défenseur.

Ce léger ajustement tactique, avec Nordin à hauteur de Cabella, pas de Khazri, était nécessaire pour offrir plus de possibilités à faire monter le ballon dans l'axe, pas seulement sur les côtés. Et même si cette séquence de possession dans la moitié propre peut ne pas paraître impressionnante, il n'y a eu rien de similaire en première période, le ballon était perdu ou balancé vers l'avant beaucoup plus vite.



Finalement, la sortie de Kolo (blessé à l'orteil) à la 55e a changé de nouveau le système tactique de l'ASSE : Beric est avant-centre, Khazri est resté dans l'axe en son soutien et Cabella s'est excentré à gauche :



Un 4-4-2 donc, avec toujours cette présence dans l'axe entre les lignes de Cabella ou Khazri ou Nordin et une construction propre, toute en maîtrise. Comme dans cet exemple à la 57e qui commence avec une attaque monégasque :


Le bloc stéphanois est en place (c'est Beric qui se trouve plus bas que Khazri, au marquant d'un milieu adverse) et sous la pression de Cabella et Polomat dans le couloir gauche, l'ailier droit de l'ASM perd le ballon, qui arrive dans les pieds de M'Vila. La sortie est très propre :


Appui sur Cabella, qui donne à Polomat, qui lance Beric plus haut dans le couloir. L'attaquant slovène monte balle au pied, mais ne sert ni Cabella, ni Nordin, qui s'étaient projetés. Il revient en arrière avec M'Vila...


... qui trouve avec une belle passe verticale Nordin, entre les lignes adverses. Lui aussi, à son tour, s'appuie en arrière sur un milieu axial :


Vada essaie de lancer Cabella en profondeur à gauche (Beric et Khazri étaient un à côté de l'autre dans l'axe). Un défenseur dégage de la tête...


... jusqu'à M'Vila, et le ballon arrive à Vada, qui avait bien couvert. Il décale Polomat à gauche, qui joue plus haut dans le couloir avec Cabella, qui lui remet dans l'axe. Le latéral gauche stéphanois est fauché, mais le ballon arrive de nouveau à Vada et l'arbitre laisse l'avantage :


Khazri décroche un peu pour proposer une solution, Vada choisit Nordin, en latéral. L'ailier (très axial) des Verts essaie de provoquer balle au pied, mais son dribble est bien lu par un défenseur :


Vada récupère et écarte à droite vers Debuchy, qui montait. L'action ne donne rien et les Stéphanois mettent le ballon en touche pour que Polomat se fasse soigné.

Le score est toujours en faveur de Monaco, mais la maîtrise stéphanoise est totale. Du jeu entre les lignes, des passes précises, les adversaires ne peuvent pas résister longtemps et ils finissent par craquer, encaissant 3 buts en 20 minutes.



Conclusions


Les Verts ont clairement mal préparé ce match, aussi bien tactiquement qu'au niveau mental. Mais l'expérience du staff a fait la différence à la pause : des joueurs plus calmes et appliqués, une maîtrise technique retrouvée, un changement de joueur et un léger ajustement tactique (suivi d'un autre plus important) et la deuxième période n'a rien eu à voir avec la première. Avec une petite dose de réussite en plus, l'ASSE a obtenu sa sixième victoire en sept matchs. Et comme toutes les autres équipes dans le haut du classement ont fait des matchs nuls, la bonne opération du weekend est stéphanoise. En début de saison on aurait tous signé pour une 4e place - elle peut être validée dès la 36e journée, ce qui nous permettrait de se focaliser lors des deux dernières journées sur le nouvel objectif du club : le podium !

jeudi 2 mai 2019

RCT - Bordeaux, 45-17 (Nakosi, Pietersen, Ory, Savea, Fresia, Guirado, Ollivon)

L'avant-match


Il ne reste plus que 4 matchs dans cette saison de Top 14, qui a été très éprouvante pour le RCT. Et après une semaine de vacances et une autre mouvementée au niveau du staff, les joueurs retrouvent enfin les terrains. Il n'y a plus rien à jouer au classement, mais il reste quand-même un enjeu de taille. Les Toulonnais n'ont plus gagné à Mayol depuis deux mois, et en 2019 ils restent sur 2 victoires et 2 défaites dans leur stade : ils doivent tout simplement finir la saison sur une meilleure note que ça.

Le match...


... commence très mal pour les Toulonnais, qui encaissent un essai dès la 1e minute. Après un lancer en touche perdu, le premier de toute une série en 1MT. Et comme ils ont souvent été pénalisés en mêlées, la conquête est logiquement pointée du doigt après cette rencontre. Mais c'est bien le seul point noir, le reste a été largement dominé par le RCT. De la puissance, qui a donné les deux premiers essais. De la volonté d'envoyer du jeu, comme les deux touches rapides coup sur coup à la 18e pour le 3e essai, du jeune Ory. Aucune occasion n'est ratée pour relancer dès que le ballon est récupéré, les Toulonnais imposent un rythme élevé, qui le amène en tête à la pause, 17 à 10.

La puissance toulonnaise continue à donner des fruits, des pénalités obtenues, un jaune pour un adversaire, un essai sur un maul, un autre sur un ballon récupéré à 5m de l'en-but adverse suite à un plaquage de Bastareaud... Bref, des adversaires qui prennent l'eau de partout, sauf en conquête. Le 2e essai bordelais est marqué après avoir récupéré le ballon dans une mêlée toulonnaise à 5m. Le bonus offensif est donc mis en danger, mais sécurisé en toute fin de match avec deux autres essais, sur un maul et l'action qui suit...

L'action


C'est la fin du temps réglementaire et le RCT, qui mène de 21 points avec le bonus offensif sécurisé, obtient une pénalité dans les 22m adverses. Fin du match ? Non, car Webb (9) décide de jouer à la main :


Il sert S.Taofifénua (3) qui est plaqué par des défenseurs loin d'être à 10 mètres, puis il sort pour Ollivon (8), qui perd le ballon au contact. L'UBB ne sort pas le ballon en touche non plus et décide de relancer à la main. D'abord à gauche, puis vers la droite :


L'extérieur est recherché avec un centre (13), un ailier (14) et leur arrière (15). Ollivon (8) plaque le premier avec l'aide de Carbonel (10), mais l'ailier est servi après contact. Bastareaud (13) rate son plaquage, mais Fekitoa (11) l'attrape. Le 15 adverse est aussi servi après contact et les Bordelais arrivent sur la ligne des 40m. Trois temps de jeu plus tard, ils arrivent au centre du terrain :


Ils rejouent à droite, mais sans être en surnombre : S.Taofifénua (3), Guirado (2), Bastareaud (13) et Fekitoa (11) glissent et le dernier met à terre le centre adverse. Et le RCT bénéficie d'une autre pénalité, grâce à la présence dans le ruck des autres. Et pour la 2e fois dans le temps additionnel, les Toulonnais jouent à la main :


Carbonel (10) se lance vers la défense. Fekitoa (11) est à sa gauche, mais à sa droite il y a un groupe de trois coéquipiers, Gorgodze (5), Belleau (15) et Ory (7), pendant qu'Ollivon (8) se lève doucement du ruck. C'est l'arrière qui est servi, pile dans la course et dans l'intervalle et les Toulonnais s'approchent de nouveau des 22 adverses :


Fekitoa (11) sort vite, va dans le fermé et sert pile dans la course et dans l'intervalle Ollivon (8), qui avait bien suivi et qui marque le 7e essai du RCT. Essai qui ne sert qu'un seul objectif : montrer à quel point les Toulonnais ont faim de rugby, de produire enfin du jeu.

La suite


Il y a quelques semaines on n'avait plus qu'une envie, que cette saison compliquée soit enfin finie. Mais les choses ont changé et les Toulonnais ont trouvé le visage qu'ils aurait du avoir depuis le début. Du rugby en vitesse, de la puissance et surtout, beaucoup, beaucoup d'envie. C'est rassurant pour la saison prochaine, mais d'ici là il reste 3 matchs. Et pour vraiment montré que le passé est vraiment derrière eux, ça serait sympa qu'ils gagnent enfin à l'extérieur en Top 14 (autre que chez la lanterne rouge...). Pourquoi pas à La Rochelle, le weekend suivant ?