samedi 5 septembre 2020

La Rochelle - RCT, 29-15

 L'avant-match


Ça y est, après plus de 6 mois de pause, le Top 14 est de retour ! Un nouveau championnat commence et le RCT, très en forme la saison passée, est considéré comme un des prétendants au titre. Mais la saison sera longue, avec des nombreux doublons, et deux compétitions européennes à disputer aussi. Rien ne remplace les matchs officiels et on peut s'attendre à une montée en puissance graduelle pour les Toulonnais. Ce premier match leur servira donc plutôt à se mettre en rythme et à se jauger, le résultat étant probablement moins important que la manière.


Le match


Les Toulonnais ont complètement raté leur 1MT, avec un nombre impressionnant de pénalités concédées, (qui leurs ont valu deux jaunes), un essai casquette encaissé, des pénalités ratées, une sortie sur blessure après 15 minutes pour Belleau et une sortie pour commotion de Carbonel, heureusement revenu ensuite sur le terrain. Il n'y a quasiment jamais eu du jeu - 18 pénalités sifflée dans 40 minutes - et l'équipe la plus concentrée menait largement à la pause, 19 à 6. La seule chose positive est que le RCT n'a pas encaissé de points en jouant à 13 contre 15 pendant 10 minutes...

La 2MT a été différente, les Toulonnais ont été plus entreprenants, ils ont poussé plus souvent leurs adversaires à la faute. D'ailleurs, le rapport des pénalités s'est inversé après la pause, mais le retard était trop important pour être comblé. Par contre, ce qui n'a pas changé, ce sont les approximations et l'incapacité toulonnaise de profiter des différentes opportunités. Les joueurs du RCT n'ont pas su profiter de plusieurs mêlées dominatrices (42e, 45e) et ils ont concédé des pénalités et même un essai (voire plus bas) dès qu'ils arrivaient à marquer. Et pour conclure en beauté, sur la sirène, ils ont obtenu une touche à 5m, ont formé un maul... et ils se sont fait pénalisés. Comme un symbole...


L'action


On joue la 68e minute et les Toulonnais viennent de marquer une pénalité qui les amène à seulement 7 points de leurs adversaires. Mais sur le coup d'envoi...


... Rebbadj (4) se troue complètement et le ballon est récupéré par les Rochelais. Ce qui n'est pas forcément grave, il y a derrière lui Meric (9), Villière (11) et Serin (10). En plus de Taofifénua (5), qui met au sol l'adversaire qui s'était emparé du ballon :


Le problème est que Villière (11) est trop monté et que Meric (9) le fait aussi. Ils forment donc une ligne défensive, mais elle est complètement resserrée :


Rebbadj (4) se replace, Parisse (8) est là aussi, mais tous les défenseurs du RCT de ce côté du terrain sont très proches, le demi de mêlée adverse voit très bien l'espace à l'aile...

... où il y a deux joueurs absolument libres. L'ailier de La Rochelle sprinte pour marquer le 2e essais de son équipe, Villière (11) est trop court pour le rattraper et le pauvre Ikpefan (15), venant de l'autre côté, n'a aucune chance. 

Une très mauvaise défense des Toulonnais, un manque de concentration qui tombe au pire moment après avoir comblé une grosse partie de leur retard au tableau d'affichage...


La suite


Si les Toulonnais voulaient se rassurer sur leur niveau en ce début de saison, c'est bien raté. Au delà des approximations dans la construction qui sont bien normales en ce moment, ce qui inquiète le plus est l'indiscipline et l'incapacité de retrouver les bases du rugby. Et encore plus inquiétant c'est qu'il n'y a pas le temps pour attendre, dans deux semaines la Challenge Cup est de retour avec ses phases finales. Le RCT a pris un coup sur la tête lors de ce match et une réaction à Mayol pour la réception de Lyon est obligatoire pour se remettre en place et attaquer comme il faut la conquête du premier titre visé cette saison.

lundi 31 août 2020

ASSE - Lorient, 2-0 (Hamouma x2)

Contre-pressing


Les Verts ont réussi leur entrée en compétition pour la nouvelle saison, disposant assez facilement et sans trembler du promu lorientais.


Premier match de la saison et première victoire pour les protégés de Claude Puel, avec plusieurs absences dans le groupe, pour des raisons médicales, mais pas que. Le 11 de départ et le système ont été consistants avec ce qu'on a pu apercevoir lors des derniers matchs amicaux, avec quand-même une légère surprise :


Un 4-2-3-1 / 4-4-2 avec Maçon obligé de dépanner à gauche et une paire des axiaux Neyou - Camara. Quant aux 4 offensifs, Bouanga a été aligné à droite, Aouchiche à gauche (!), laissant les deux ailiers droits habituels Nordin et Hamouma prendre l'axe.

Le système a été maintenu après la série des changements dans les 20 dernières minutes :


M'Vila a remplacé Neyou, Aouchiche a repris sa place de "10" en soutient de l'avant-centre Krasso, pendant que les ailes ont été prises par Rivera et... Monnet-Paquet, qui a fait son retour en match officiel après 560 jours d'absence !

En plus de ce retour et du score, de la beauté du doublé d'Hamouma et du sentiment de maîtrise dégagé par les Verts, il y a aussi une approche tactique intéressante qu'on peut retenir de ce match. Une arme tactique relativement nouvelle pour les Stéphanois, qui mérite une explication en exemples.


Pas de pressing haut, mais du contre-pressing


Le pressing est une arme très utilisée dans le foot moderne, mais pour qu'il soit efficace il doit être bien fait, avec plusieurs joueurs coordonnant bien leurs mouvement pour éviter les efforts dans le vide, fermer les solutions de passe et provoquer une perte de balle.

On parle souvent de pressing haut, des équipes qui se positionnent dans la moitié adverse pour empêcher la construction du jeu par leur adversaire. Mais une autre facette est encore plus intéressante, le contre-pressing (gegenpressing dans la langue de celui qui l'a popularisé dans le foot moderne, Jürgen Klopp). Il s'agit d'essayer de récupérer très vite le ballon une fois qu'il a été perdu dans la moitié adverse. La différence entre les deux est que dans le pressing haut, on monte haut sur le terrain pour chercher l'adversaire, pendant que dans le contre-pressing on y est déjà. Et les deux exemples suivants montrent bien lequel des deux a été utilisé par les Verts.

Dans le premier, à la 12e minute, les Merlus construisent une attaque en partant de leur gardien :


Le bloc stéphanois est en place, la ligne des milieux se trouvant dans le camp adverse. Le ballon circule dans la défense lorientaise et le bloc des Verts recule un tout petit peu, sur la ligne médiane :


Du côté de l'ASSE, il n'y a aucun pressing fait sur les défenseurs, on se contente de glisser de droite à gauche et d'attendre sagement que le ballon remonte. Et quand c'est le cas...


... on attaque de suite le porteur du ballon, sur la ligne médiane. Ballon facilement récupéré par Mahdi Camara suite au pressing de Bouanga et Hamouma et qui arrive dans les pieds de Nordin :


Récupération haute et projection instantanée vers l'avant, pour profiter du surnombre donné par cette phase de transition. Bouanga est lancé dans le couloir droit, mais Aouchiche n'arrive pas à correctement reprendre son centre au deuxième poteau.


Un peu avant la demi-heure de jeu, une touche stéphanoise dans la moitié adverse est jouée par Debuchy avec Fofana :


Le ballon est envoyé latéralement vers la gauche par une succession de passes, une attaque construite se prépare. Il arrive de nouveau à Fofana...


... qui trouve Debuchy collé à la ligne de touche. L'appel croisé de Bouanga embarque le latéral adverse et permet à Hamouma d'être lancé en profondeur dans le couloir. Malheureusement, son centre est contré et un défenseur récupère le ballon dans sa surface :


Et le pressing stéphanois se déclenche immédiatement ! Bouanga et Hamouma sur le porteur du ballon, Debuchy reste haut et ferme sur un autre Lorientais, pendant que Camara couvre l'autre option possible dans le même couloir. Sans solution de passe, le ballon est envoyé en touche. Une autre remise en jeu de Debuchy...


... et via Neyou et Camara, le ballon arrive de nouveau à Fofana. Qui échange des passes avec Kolo et qui rejoue avec Debuchy à droite :


Le centre est à destination de Bouanga dans la surface, mais un défenseur s'impose de la tête et la possession redevient lorientaise. Et de nouveau le pressing stéphanois est déclenché :


Les Merlus essayent de garder le ballon et sortir proprement, mais chacun d'entre eux est pris par un Vert, avec Neyou et Debuchy s'approchant des adversaires qui peuvent recevoir le ballon et Bouanga et Hamouma serrant celui qui l'a. Et quand la sortie est essayée dans le couloir...

... Debuchy et Camara se jettent pour couper la passe. C'est le premier qui arrive et qui joue avec Hamouma, qui est fauché. Sur le coup franc qui suit, Neyou reprend un ballon renvoyé par la défense et son tir dévié est sorti miraculeusement par le gardien.

Toute cette action a duré moins d'une minute et s'est passé exclusivement à droite - Debuchy s'est trouvé 3 fois en possession du ballon (sans compter les touches). Les Verts ont fait deux centres, à chaque fois la défense a gagné le ballon et à chaque fois l'effort a été fait pour le récupérer immédiatement, haut. C'est la définition même du contre-pressing.



Conclusions


C'est toujours préférable de démarrer par une victoire, et les Verts ont fait le nécessaire pour se défaire de leur premier adversaire, qui n'a jamais réussi à se montrer dangereux. On ne peut pas tirer des conclusions après un seul match, si tôt dans la saison, surtout au début d'un nouveau projet sportif. Mais on a quand-même pu apercevoir un visage tactique intéressant, avec de la maîtrise à la construction et une volonté de profiter du positionnement haut à la perte du ballon. Ce n'est qu'une facette de la palette tactique que Puel aimerait donner à son équipe et il est fort probable qu'on en verra d'autres lors des matchs suivants, après la trêve internationale.

mercredi 26 août 2020

Lorient - Strasbourg, 3-1

EECN


L'entraîneur lorientais, Christophe Pélissier, a démarré le match dans un 4-2-3-1 avec Le Fée à côté de Fabien Lemoine en milieux récupérateurs et Boisgard en "10" devant eux. Par contre, la blessure très tôt dans le match de l'ailier droit, Stéphane Diarra, a changé le dispositif tactique :

Les Merlus sont passés en 4-1-4-1 avec Boisgard décalé à droite et une paire de relayeurs Le Fée - Abergel devant la sentinelle Lemoine. Un melange d'expérience et de jeunesse, même si on remarque que les joueurs plus âgés se trouvent plutôt parmi les défensifs (Morel, Le Goff, Papy), pendant que les offensifs sont bien plus jeunes. Le seul autre changement intervenu avant les dernières minutes a été Wadja pour Lemoine, à la 70e, du poste pour poste.


Quand il s'agissait de construire des attaques placées, le rôle de Papy Lemoine était déterminant. C'était lui le principal responsable, les défenseurs le cherchaient régulièrement. Il a plutôt bien réussi à orienter le jeu, ce qui lui a valu une présence dans l'équipe-type de la journée, mais ça a été beaucoup plus difficile pour les Bretons quand ils ne pouvaient pas le trouver. Comme les autres milieux décrochaient juste pour un échange de passes, sans vraiment construire eux-mêmes, l'impossibilité de trouver Lemoine obligeait les défenseurs de relancer. Et il était évident qu'ils n'étaient pas à l'aise dans l'exercice, avec peu de passes qui cassent une ligne et pas mal des longs dégagements imprécis, parfois directement en touche...


Cependant, la vraie animation offensive de Lorient n'était pas basée sur des attaques construites, mais sur des ballons récupérés assez haut, souvent entre 30 et 50 mètres du but adverse. On ne peut pas vraiment parler d'un pressing haut, mais plus d'une présence haute. Ce n'était pas tant un pressing coordonné où on piège l'adversaire en lui bloquant les angles de passe et en l'enfermant dans un espace, mais plus un refus de reculer à la perte du ballon. Le match n'a pas été d'une très grande qualité technique: quand les Lorientais perdaient le ballon, ils ne reculaient pas, ils restaient haut et souvent ils les récupéraient assez rapidement. Leur premier but vient exactement de ce genre de situation, mais il y a aussi des désavantages, comme lors du but encaissé en 1MT :

Passe vers un Lorientais au bord la surface adverse, interceptée par un défenseur. Le bloc des Bretons reste haut et cherche à récupérer, mais ça ne sert à rien, c'est un long ballon donné pour l'avant-centre strasbourgeois, qui arrive à le garder malgré les efforts de Morel et Lemoine. Et qui arrive à le donner à un coéquipier parti à la même hauteur que le passeur initial... mais qui arrive seul aux abords de la surface, les joueurs de Pélissier n'ayant pas réellement fait l'effort de se replacer. Un contre simple, pas forcément rapide, mais facilité par un retard de replacement.


C'est d'ailleurs la principale faiblesse du bloc lorientais, une certaine naïveté et gentillesse dans les contacts et dans le replacement. D'ailleurs, les temps forts des Bretons coïncident avec les périodes où ils ont été plus présents dans les duels. Quant à la principale force, ce sont clairement les centres des ailiers, notamment de la droite. Leur premier but est un centre du "10" replacé ailier droit repris par l'ailier opposé (après une récupération haute après avoir perdu le ballon). Leur deuxième but est sur un penalty obtenu quand l'avant-centre a été poussé essayant de reprendre.. un centre venant de la droite. Et la plupart des occasions des Merlus suivent le même schéma.


En conclusion, le champion de la Ligue 2 a offert un visage assez séduisant pour un promu, proposant du jeu et refusant de se baser sur un bloc bas et compact. En même temps, c'était un match à domicile. Une tactique payante, mais risquée contre une équipe qui a plus de maîtrise technique, contre une équipe qui sait mieux gérer les phases de transition, quand le ballon est récupéré. Est-ce que les Verts seront une telle équipe ?

dimanche 2 août 2020

Amicaux avant la saison 2020-21 (2)

ASSE - Bordeaux, 4-2 (Nordin, Aouchiche, Abi x2)


Le programme de préparation estivale a été spécial cet été, avec une finale de Coupe de France au milieu. Mais une fois celle-ci passée, les Verts ont eu 3 semaines pour préparer leur nouvelle saison. Et le premier amical a été contre Bordeaux : le staff stéphanois a fait le choix d'aligner 2 équipes différentes, une par mi-temps.

Pour la 1MT, une défense classique après la retraite de Perrin et avec la blessure de Silva...


... et la première titularisation de la recrue Aouchiche derrière Krasso et devant le duo Camara - Neyou. Les Verts se sont appliqués, ils ont essayé de sortir proprement, malgré quelques pertes de balle au milieu. Un but rapide de Nordin et un autre en fin de période pour Aouchiche ont permis aux Stéphanois de gagner cette mi-temps.

C'est une équipe complètement changée qui a démarré la 2MT, avec une défense totalement expérimentale : en plus de l'apparition de Sow, joueur de la réserve, à côtés de Karamoko, on note le 5e latéral gauche essayé lors de cette préparation pour remplacer Kolo et Silva, Dioussé (après Sissoko, Karamoko, Trauco, et Maçon) :



Devant, le trio Hamouma - Boudebouz - Khazri a fait des étincelles, très à l'aise techniquement, jouant propre, s'amusant et apportant constamment le danger dans la défense adverse. Gourna-Douath (pour Moueffek) et Rivera (pour Abi) sont aussi entrés en fin de période. Le double d'Abi a permi aux Verts de gagner leur 4e match de préparation (sur 5) avec 4 buts marqués...


Rennes - ASSE, 3-0


Premier match lors d'un stage de préparation écourté par une alerte Covid, le déplacement au Stade Rennais a surtout été marqué par la non-convocation de M'Vila, Boudebouz, Khazri et Moukoudi, en plus des habituels Ruffier, Trauco, Palencia, Diony.

C'est donc un groupe très jeune qui a été utilisé, même si dans le 11 de départ on remarque la présence des expérimentés Debuchy et Kolo - le deuxième étant aligné au centre, Maçon dépannant à gauche :


Une paire Camara - Neyou au milieu, Aouchiche en "10", avec Bouanga et Nordin sur les côtés et Abi devant. Les Verts ont défendu plus qu'ils ont attaqué et ont commencé à prendre l'eau après la sortie sur blessure de Debuchy. Dioussé est entré à gauche, Maçon est repassé à droite et les Stéphanois se sont montrés incapables de tenir le ballon ou de construire, rentrant aux vestiaires menés logiquement 1 à 0.

La 2MT a vu beaucoup de changements et la qualité du jeu s'en est ressentie. Gourna, Hamouma (en "10"), Krasso et... Monnet-Paquet sont entrés en jeu dès le retour des vestiaires :


Les Verts ont mis plus d'impact, se sont montrés plus enterprenants, mais ils n'ont pas réussi à vraiment créer un déséquilibre dans le bloc adverse. A l'heure de jeu d'autres changements sont intervenus, le jeune Sow passant défenseur droit... et 10 minutes plus tard les Stéphanois sont même passés en 3-4-3 après encore des changements :

 
Du n'importe quoi tactiquement, il n'y avait plus aucune cohésion et deux buts coup sur coup ont scellé le sort du match - la défense à 3 a été abandonnée après le 2e but rennais.

Bref, une défaite lourde, après un non-match des Verts, opposés quand-même à un adversaire de très bon niveau. Un match qui a servi d'ultime revue complète de l'effectif (seul Youssouf n'est pas entré en jeu parmi les joueurs de champs convoqués en stage). Il est probable que l'approche sera différente lors de l'ultime match amical avant la reprise du championnat.

Angers - ASSE, 1-0


Pour leur dernier match amical avant la reprise du championnat, les Verts ont enchaîné avec une nouvelle défaite, sur la pelouse d'Angers. Mais par rapport au match précédent, ils ont montré un meilleur visage, une prestation plus aboutie.

La 1MT a été joué dans un 4-3-3 4-3-1-2 avec un milieu Neyou - Camara - Zaydou (le retour !) devant trois offensifs Aouchiche - Hamouma - Bouanga :


Mais si dans le bloc défensif on voit bien des lignes de 3, l'animation offensive fait bien apparaître le fameux losange qui correspond au 4-3-1-2 :


Des occasions croquées, des Stéphanois entreprenants, de la maîtrise, mais aussi un but improbable encaissé, voilà comme on peut résumer la première période.

A la pause des changements effectués ont fait passer les Verts dans un 4-2-3-1 plus classique, visible ici après la vague des entrées à la 60e :


La possession et la maîtrise ont continué d'être stéphanoises, mais les joueurs de Puel, malgré une volonté et un talent évident, n'ont pas réussi à vraiment destabiliser la défense adverse.

Ce qu'on peut retenir de ce stage en Bretagne est que le chantier reste impressionnant. Moueffek est une solution correcte en 3e latéral droit, Maçon c'est le latéral gauche qui confirme derrière Silva et Trauco/recrue, Sow est passé devant Tshibuabua ou Karamoko en défense centrale. Camara et Neyou font le boulot au milieu, Aouchiche a les clés du camion, Bouanga est complètement transparent lors des amicaux et Nordin n'arrive pas à passer un cap. Bref, du pain sur la planche...

mardi 28 juillet 2020

PSG - ASSE (CdF), 1-0

Fiers


Dans sa conférence de presse d'après-match, le manager stéphanois était bien évidemment content de l'investissement de ses joueurs et de l'approche tactique : "Ils sont professionnels, investis et appliqués. Les options prises ont été bonnes (...) On les a gênés dans la relance tout en ayant des occasions et de la qualité technique (...) En deuxième période, on a su s’adapter, faire un front uni et essayer d’être propres dès la récupération. On a également réussi à les mettre en danger". 

Ces options prises concernent le choix des joueurs, remplaçants inclus, mais aussi la manière dont ceux-ci ont imposé un jeu qui ne convenait pas à leurs adversaires. Pour le système de jeu, le staff stéphanois a fait le choix d’un 4-2-3-1 classique, avec Hamouma en avant-centre et Boudebouz en « 10 » et avec Bouanga sur l’aile gauche et Maçon plus haut que d’habitude à droite :


A part le latéral droit (re)converti ailier, l’autre différence importante avec les matchs de préparation a été Kolo, qui a du jouer latéral gauche et non défenseur central, suite à la blessure de Silva et la méforme de Trauco. L’image ci-dessus est importante aussi parce qu’elle montre l’animation offensive parisienne. Si théoriquement c’est un 4-2-4, les deux ailiers sont souvent très axiaux, entre les lignes adverses – un 4-2-2-2 en quelque sorte. L’adversaire doit à la fois empêcher les transmissions de passe dans l’axe vers ces deux joueurs et bloquer les couloirs pour les deux latéraux offensifs.

1. Possession, maîtrise, domination


Une autre solution pour empêcher le PSG de développer son jeu est de garder le ballon. C’est ce que les Verts ont fait au début du match, et non seulement avec le but de défendre. Ils ont produit du jeu, ils ont mis à mal la défense adverse et se sont procurés plusieurs occasions. Et malgré un but encaissé contre le cours du jeu, ils n’ont pas baissé les bras et ont continuer avec leur plan initial, comme dans cet exemple :


Un long ballon parisien est récupéré facilement par la défense et Kolo monte balle au pied dans son couloir. Il lance Bouanga plus haut, qui repique vers l’axe et utilise Hamouma en point d’appui. Avec le relai de Camara derrière, le ballon est envoyé de l’autre côté, vers Maçon – les Stéphanois se font facilement des passes et chercher à passer dans les couloirs, où les ailiers ne font pas souvent l’effort de défendre. Malheureusement, la passe de Camara est interceptée par les Parisiens, qui essayent de partir en contre… 


… sans succès, Fofana arrêtant l’offensive. Maçon et Camara ne jouent pas sur l’aile droite, où Debuchy allait proposer une solution, le dernier préfère temporiser pour donner du temps à l’attaque de se mettre en place :


Contre une autre équipe, temporiser veut aussi dire donner du temps au bloc défensif de se former, mais pas contre le PSG. Malgré le temps pris par les défenseurs et milieux centraux à combiner dans le rond central, Debuchy reste libre à droite, l’ailier gauche adverse ne se replie pas – c’est un avant-centre qui essaye de bloquer le couloir, mais il n’arrive pas à couper la passe de Fofana, ni à empêcher le latéral stéphanois de centrer :


Le centre à destination de Bouanga est repoussé par un défenseur et le ballon est dégagé en catastrophe par un milieu – les Verts récupèrent facilement le ballon par M’Vila et une nouvelle attaque commence : 


Toujours cette préparation dans le rond central, en dehors du bloc adverse, cette fois-ci enfin formé proprement, en 4-2-4, un bloc très bas suite à la longue possession des Stéphanois, qui passent toujours par un côté :


Kolo monte balle au pied et trouve Hamouma entre les lignes, qui lance Bouanga dans la surface, d’où il rate malheureusement son face-à-face avec le gardien adverse, qui repousse son tir.  Des attaques simples, basées sur une possession et une maîtrise très agréables quand on connaît la qualité de l’adversaire.

2. Solidité défensive


Avoir concédé l’ouverture du score n’a rien changé à l’approche stéphanoise, mais jouer à 10, si. Les Verts ont bien subi dans les 20 minutes de la 1MT qui ont suivi le carton rouge de Perrin, mais ils ont bien bloqué les attaques adverses, comme dans cet exemple à la 40e : 



Moukoudi est entré en défense centrale et Maçon est sorti forçant donc Hamouma à retrouver une place d’ailier. Un bloc 4-4-1 bas, qui laisse le ballon à l’adversaire, qui le garde avec les milieux et les défenseurs centraux le temps de trouver un des 4 offensifs entre les lignes. Ces offensifs essayaient d’étirer le bloc des Verts, mais sans réel succès : 


L’ailier gauche reçoit le ballon sur son côté, mais sans autres solutions, il repique balle au pied vers l’axe et joue avec les milieux. Le ballon est envoyé à l’opposé, mais le jeu à deux dans le couloir ne crée pas de déséquilibre, les Verts sont en place : 


Comme Hamouma doit suivre le latéral gauche et ne peut pas suivre ses coéquipiers qui coulissent, Boudebouz recule de la pointe du bloc et se met à côté des milieux – tout est bon pour empêcher cette passe verticale qui trouve les meneurs de jeu parisiens dans l’axe entre les lignes, la clé de leur animation offensive. Le ballon est donc gardé par les milieux et les défenseurs… 


… et la seule solution pour ces Parisiens de toucher le ballon est décrocher, de sortir du bloc serré des Verts. Des échanges de passe sans danger et donc un nouvel essai de passer par un côté : 


Sans succès, une longue attaque du PSG qui échoue, ses joueurs n’arrivant pas à prendre le dessus d’un bloc en infériorité numérique.

3. Neyrou, la plaque tournante au milieu


Le discours des staffs aux vestiaires a changer la physionomie du match. Même réduits à 10, les Verts ont repris le contrôle du jeu, aidés aussi par le choix des Parisiens de défendre leur avantage et chercher les contres. Des contres arrêtés par les belles performances de Jessy Moulin et sa défense, avec un Fofana impérial. Mais si on avait déjà vu ces joueurs sortir des prestations de haut niveau, c’était la première apparition avec l’ASSE en match officiel pour Neyrou, entré à la place de Camara. Et il a bien réussi ses débuts, comme par exemple à la 60e :


Les Verts récupèrent un long ballon parisien grâce à Debuchy et Fofana est chargé de la relance après un échange de passes avec lui et M’Vila. Il s’appuie sur son gardien… 


… qui n’hésite pas à lui redonner le ballon, malgré le pressing adverse. Cinq joueurs du PSG pressent haut, les 4 défenseurs et 2 milieux stéphanois doivent trouver une solution. Elle vient de Neyou – sa conduite de balle est très efficace, tout comme son ouverture pour Kolo à gauche : 


Si les 4 défenseurs adverses étaient pris par les 3 offensifs stéphanois (Khazri avait entré à la place d’Hamouma), la projection de Kolo apporte le déséquilibre, c’est un 4-contre-4. Malheureusement, Bouanga, servi plus haut à gauche, ne réussit pas le dribble contre son adversaire direct et temporise ensuite. Il joue en arrière avec le même Neyou… 


… mais sa passe est mal ajustée et oblige son coéquipier à se battre pour garder la possession. Ce qu’il arrive, avant de distribuer de nouveau parfaitement le jeu, cette fois-ci de l’autre côté, pour la montée de l’autre latéral :


Encore une fois la partie haute du bloc adverse est complètement passée, les défenseurs doivent se débrouiller seuls. Malheureusement, la reprise de volée de Bouanga passe au-dessus. Une belle action de la part de Verts, qui sont facilement arrivés à déséquilibrer leurs adversaires, tout en étant en infériorité numérique.



Conclusions


Ce n’est pas la victoire du QSG qui restera dans les mémoires, il y en a tellement qu’un trophée national de plus ne change rien. Les footix parisiens, simples supporteurs ou travaillant pour un journal ou une télé, se rappelleront plutôt la blessure de leur meilleur joueur sur un tacle malheureux du capitaine Perrin. Mais ce que les Stéphanois doivent retenir de ce match est la qualité de la prestation proposée. L’équipe a tout donné et a tellement maitrisé les débats, même en infériorité numérique, que le match aurait pu facilement tourner dans l’autre sens. Il y a de quoi être fier par rapport à cette finale, mais il y a surtout de quoi être confiant pour la nouvelle saison.  

lundi 13 juillet 2020

L'effectif du RCT pour la saison 2020-21

Le RCT s'est montré peu actif dans le recrutement inter-saison, enregistrant à l'heure actuelle seulement 3 arrivées: Boyadjis (pilier droit), Jolmes (deuxième ligne) et Toeava (trois-quart). Pendant ce temps, il y a 10 joueurs qui viennent de quitter la Rade: van der Merwe, Gorgodze, Vernet, Messam, Onambélé, Webb, Cottin, Savea, Smaïli et Bonneval.

Déséquilibre dans l'effectif ? Pas vraiment !

Aucun changement pour les piliers gauches, le trio principal sera toujours formé par Gros, S.Taofifénua et Fresia avec Devaux en option supplémentaire

Pour les piliers droits, Boyadjis remplace van der Merwe, derrière la paire Setiano - Gigashvili

Aucun changement pour les talonneurs, un duo Etrillard - Tolofua et avec Soury en remplaçant

Pour les deuxièmes lignes, Jolmes remplace Gorgodze et Vernet (572 minutes à eux deux). Avec Etzebeth, Alainu'uese et R.Taofifénua, il y a des chances que Rebbadj descende souvent...

En troisième ligne, c'est Rebbadj qui remplacera les deux départs de Messam et Onambélé? Ils avaient quand même joué 1159 minutes ensemble à eux deux. Certes, il y a des titulaires claires avec Parisse, Ollivon, Lakafia et Isa, mais il en faut plus, surtout qu'Ollivon sera pris en sélection. Hoarau, Ory et Le Corvec auront peut-être plus de temps de jeu ?

Le changement du demi de mêlée a été fait, Takulua pour Webb. Meric a fait une saison quasi-blanche et son retour permettra de combler les sélections de Serin.

Pas de changement à l'ouverture, Carbonel et Belleau se partageront le poste. L'absence d'un combinée au prêt de Smaïli peut créer des problèmes, mais le retour de blessure de Paia'aua peut aider.

Au centre, le retour de blessure de Paia'aua remplacera Savea. Et les miettes de Smaïli (190 minutes), en sachant que Belleau et Dachary pourront avoir plus de temps de jeu à côté de Hériteau.

Aucun changement mais plus de concurrence aux ailes, où Ikpefan et Dakawaqa partageront le temps de jeu avec Cordin et Heem, qui auront probablement moins besoin de jouer à l'arrière...

Toeava remplace numériquement Bonneval à l'arrière, même si ce dernier a fait une saison quasi-blanche et Moyano est arrivé tard la saison précédente.


En rouge, les titulaires potentiels, 14 avants pour 8 places, 12 arrières pour les 7 autres. Les autres joueurs de l'effectif auront un rôle important à jouer, voici un banc de remplaçants en cas des 11 absences dans le groupe principal : Fresia, Soury, Boyadjis, Jolmes, Hoarau, Meric, Dachary, Villière, Dridri.

Plutôt pas mal !

L'équipe-type du RCT pour la saison 2019-20

Même si la saison a été arrêtée avant la fin, il y a quand-même des renseignements à tirer d'un point de vue effectif, non seulement pour les essais et points pris. Comme pour la saison précédente, on regarde les titularisations et les minutes jouées poste par poste.

Les avants


Pilier gauche : comme la saison dernière, c'est le trio Gros (7 titularisations, 558 minutes jouées), Fresia (7, 461) et Sebastien Taofifénua (8, 616') qui s'est partagé le temps de jeu. Le jeune Devaux (2, 331') a complété le banc.

Pilier droit : Setiano (6, 549') et Gigashvili (6, 496') se sont partagés le temps de jeu après la Coupe du Monde. Avant, c'est van der Merwe (6, 413') qui a tenu le poste, mais sa dernière saison en rouge-et-noir a été coupée court par une grosse blessure à la cheville. Luow (4, 252') a été joker pendant la Coupe et le jeune Tchelidze a fait ses premières apparitions (6 minutes) pendant le Tournoi.

Talonneur : Tolofua (12, 804') et Etrillard (10, 576') ont couvert les besoins, le dernier voyant par contre sa saison coupée par une fracture de péroné en janvier. Soury a été le remplaçant idéal (18 matchs, mais 1 seule titularisation, 390') et même Gigashvili et S.Taofifénua ont couvert des bouts de matchs quand il le fallait.

Deuxième lignes : le joueur le plus utilisé a été Rebbadj (16, 1212'), suivi d'Alainu'uese (10, 916'). Etzebeth (7, 527') est arrivé tard après sa victoire en Coupe du Monde, Romain Taofifénua (7, 385') a été arrêté longtemps pour une commotion et a été international aussi. Gorgodze (4, 341') n'a que peu joué entre sélection et une grosse blessure au mollet qui a signifié la fin de sa carrière, pendant que Vernet (2, 231') n'a eu que des bouts de match et Hoarau a dépanné 23 minutes aussi.

Troisième lignes : Lakafia (15, 1071') a été très utilisé, tout comme Isa (11, 839') et Parisse (10, 798'). Ollivon (7, 500') a été titulaire quand il n'était pas en sélection, pendant que Onambélé (7, 570'), Messam (7, 589') et Hoarau (5, 320') ont complété la liste des 3e lignes, où Rebbadj (4, 399') s'est aussi trouvé une place quand il n'y avait pas en 2e. Ory (2, 230') a trouvé un peu de temps de jeu, pendant que Le Corvec (16'), Vernet (30'), Gorgodze (70') et Tolofua (2') ont joué des bouts de match.

Les trois-quarts


Demi de mêlée : le titulaire clair a été Serin (9, 667'), mais il a souvent été en sélection. Webb (5, 280') a déçu avant de résilier son contrat, Meric (3, 183') s'est remis très tard de sa blessure au genou, Schreuder (3, 295') a contribué en tang que joker Coupe du Monde, Cottin (2, 251') ne s'est pas imposé, Takulua (1, 102') est arrivé en février et Beaudon (27') et Belleau (35') ont dépanné.

Demi d'ouverture : le duo classique s'est partagé le temps de jeu, Carbonel (13, 1047') jouant un peu plus que Belleau (10, 751'), surtout parce que ce dernier a souvent été aligné au centre. Smaïli n'a eu que des miettes (42')

Centres : Savea (11, 928') et Hériteau (11, 847') ont le plus joué et Belleau (8, 560') s'est aussi souvent trouvé aligné en 12. Dachary (4, 429') ne s'est pas imposé, Te'o (4, 366') a dépanné en joker et Heem (5, 340') a un peu joué au centre, même si ce n'est pas son vrai poste. Smaïli (3, 190') a trouvé un peu plus de place qu'à l'ouverture, Dakuwaqa (5') et Isa (2') ont dépanné et le malheureux Paia'aua a connu une saison blanche avec sa rupture du tendon d'Achile en amical.

Ailiers : Ikpefan (14, 1102) et Dakuwaqa (13, 959') ont commencé la plupart des matchs. Cordin (9, 735') a aussi souvent joué, surtout quand il n'était pas arrière. Vilière (5, 411') a connu une longue blessure, Moyano (1, 80') est arrivé tard, Heem (2, 118') a un peu dépanné, tout comme Savea (2, 215') et Dachary (1, 62'), pendant que le jeune Dridri a joué 25 minutes.

Arrière : plusieurs joueurs ont été essayés à ce poste profitant de la saison quasi-blanche de Bonneval (2, 160'). C'est Cordin (9, 735') et Heem (7, 491') qui se sont imposés, même si Moyano (4, 292') a démarré pas mal quand il était apte. Dridri (1, 47'), Belleau (82'), Smaïli (22') et Hériteau (11') ont dépanné.


L'équipe-type


Difficile à extraire un XV des titulaires, mais il y a clairement plusieurs joueurs qui s'imposent en tant que premier choix, s'ils sont disponibles :



24 joueurs, un groupe complet, qui est franchement pas mal du tout. Entre eux, ces 24 joueurs ont couvert 74% des titularisations possibles lors de la saison dernière. Mais ils cumulent aussi 81 des matchs ratés en étant avec leurs sélections - si on ne compte pas ces matchs, le pourcentage de titularisations de ces 24 joueurs devient de 96%. Bref, ce sont les 24 guerriers du Pilou-Pilou sur lequel le RCT repose principalement.