dimanche 30 janvier 2022

Bergerac - ASSE, 1-0

Honteux


Les Verts ont été éliminés en Coupe de France par une équipe de National 2, dans un match où ils n'ont pas existé offensivement.

Le staff stéphanois a choisi la continuité, le même système que lors des 3 précédents matchs, une défense à 5 et trois offensifs sans réel avant centre :


Mais c'était un mauvais choix, qui ne déséquilibrait pas le bloc adverse. Du coup, dès la demi-heure de jeu, passage en 4-2-3-1 (Zaydou ailier, Camara latéral droit). Système renforcé à la pause avec l'entrée de Nordin en avant-centre, Bouanga passant ailier gauche et Zaydou dans l'axe :


Les deux prochains changements ont été du poste pour poste, Moueffek pour Dioussé et Thioub pour Aouchiche. Ensuite, le but encaissé a forcé le staff de tout mettre sur le terrain, mais les entrées de Dieye et Benkhedim n'ont rien changé. Les Verts ne sont créés aucune occasion.

Élimination donc logique et tout le discours sur la confiance que la Coupe peut amener devient donc inutile. La capacité des Verts à relever la tête sera déterminante dans la course au maintien...

jeudi 27 janvier 2022

Angers - ASSE, 0-1

Vivants !


Les Verts, bons derniers du championnat, espèrent toujours pouvoir combler le retard qui les sépare du premier non-relégable après leur victoire lors du match en retard à Angers

Comme lors des deux derniers matchs de Ligue 1, le staff stéphanois a fait le choix d'une défense à 3/5, un peu bricolée compte tenu des absences :


Comme Camara a été aligné dans l'axe droit de la défense, la paire des milieux centraux a été formée par Gourna et Moueffek. Les pistons ont été Maçon à gauche et Thioub à droite, pendant que Boudebouz et Nordin ont été utilisés en électrons libres en soutien de Sako. A la sortie sur blessure de ce dernier, c'est Boudebouz qui a joué au centre de l'attaque (entouré par Nordin et Bouanga), mais il a continué d'avoir une grande liberté de mouvement, comme on pourra le voir sur les exemples suivants. 

Mais avant cela, un autre aspect tactique mérite le detour. Si les Angevins se sont montrés très peu dangereux, c'est grâce au bloc compact proposé par les Verts, mais aussi à l'attention particulière que ces derniers ont accordé à Mangani, le milieu axial dépositaire du jeu du SCO. Boudebouz l'a expliqué après le match, voici les images :


Après trois minutes de jeu, Angers essaie de construire dans sa propre moitié, avec les Verts en 3-4-3 bien en place. Le jeu est envoyé à la droite de l'attaque, le bloc stéphanois coulisse...


... et si le 5-2-3 n'est pas évident c'est parce que des joueurs sortent au marquage individuel. Maçon pour le piston adverse dans ce couloir, et Boudebouz qui colle au milieu axial angevin, pour l'empêcher de participer au jeu. 

Même pas 30 secondes plus tard, une nouvelle attaque à construire pour le SCO, avec le (5)-2-3 stéphanois en place, à une hauteur médiane, ni trop bas, ni trop haut :


Les défenseurs adverses ont le ballon, ils jouent avec leur gardien. Les Verts remontent un peu pour gêner cette relance...


... et Moueffek monte plus pour coller au milieu axial angevin. Ce marquage de près est visible a plein de reprises dans la première demi-heure, parfois Boudebouz, parfois Moueffek et/ou Gourna s'y collant.

Ce qui obligeait Angers de jouer long et permettait à la défense stéphanoise de récupérer facilement la possession, comme dans cet exemple à la 12e minute :


(5)-2-3 en place, avec les deux milieux axiaux juste à côté de Mangani. Long dégagement du gardien, gagné de la tête par Kolo, le ballon est ensuite contrôlé par Gourna :


Les défenseurs stéphanois échangent des passes pour préparer une attaque. Le ballon est d'abord envoyé à droite, jusqu'à Thioub...


... puis il va vers l'autre côté. Des passes latérales pour casser le rythme, s'assurer en mettant le pied sur le ballon. Le bloc angevin en (5)-3-2 est en place et coulisse bien d'un côté à l'autre :


Après ce "temps mort" de presque 30 secondes, les Verts cherchent à jouer vers l'avant. Le rôle de Moueffek et Gourna est de faire parvenir le ballon vers les offensifs, c'est le premier qui a le plus descendu pour être la première rampe de lancement. Dans cet exemple, il reçoit le ballon de Camara...


... et combine parfaitement avec les autres milieux stéphanois. Avec une passe verticale qui casse les deux lignes il trouve Boudebouz, qui s'appuie sur Gourna, qui ouvre parfaitement le jeu à gauche. Même si en théorie il fait partie des trois offensifs, Boudebouz se déplace beaucoup et offre beaucoup de solutions :


Il suit le jeu à gauche, où il reçoit le ballon de Maçon. Il combine ensuite avec Nordin et après ce une-deux, il trouve Sako dans la défense. Le nouvel une-deux fonctionne moins bien malheureusement et l'attaque s'éteint.

Ce n'était qu'un exemple du poids que Boudebouz a sur la construction stéphanoise. Un autre exemple commence après 42 minutes de jeu, quand il était censé jouer dans l'axe de l'attaque :


Bernardoni joue avec Camara, qui donne le ballon à Moueffek - toujours le plus bas des deux milieux défensifs - qui trouve plus haut Boudebouz, qui avait décroché. On note sur cette image que quasiment tous les Stéphanois se trouvent dans leur propre moitié de terrain, le plus avancé, Bouanga, étant à peine dans la moitié adverse. Boudebouz garde le ballon et, s'il finit par jouer de nouveau avec les défenseurs, ce temps de possession permet à ses coéquipiers de monter plus haut :


Il n'y a plus que les défenseurs stéphanois dans leur moitié, tous les autres se trouvent plus haut, les deux milieux défensifs étant même plus haut que Boudebouz. Le ballon arrive à Camara, qui remonte balle au pied...


... et s'appuie ensuite sur Nordin, qui joue en arrière avec Boudebouz. Les Angevins sont obligés de reculer, les Verts s'installent dans la moitié adverse. Et ils ont la maîtrise, déjouant facilement le bloc adverse :


Moueffek fait un appel parfaitement dans l'espace libre à côté de la ligne de 3 milieux du SCO, où il est trouvé par la belle passe de Boudebouz. Le déséquilibre a été créé et les adversaires se pressent pour combler :


Moueffek profite de la sortie des deux adversaires pour glisser le ballon en profondeur à Maçon, qui centre devant le but. Et un défenseur angevin dévie le ballon devant Nordin, mais en marquant contre son camp.


Une conclusion réussie d'une partie de match vraiment maîtrisée par les Stéphanois. Ils ont empêché leurs adversaires de leur imposer des longs séquences de possession (seulement 43% pour le SCO), ils ont su dicté le tempo du match, ils n'ont pas arrêté de proposer des solutions à leur coéquipiers, et ils ont été récompensés. La physionomie du match a complètement changé ensuite (63% de possession pour le SCO en 2MT), les Verts ont fait le choix de défendre en bloc. Et ils l'ont bien fait, car Angers n'a pas eu des grosses occasions.


Conclusions


Ce succès - seulement le troisième de la saison - peut représenter un tournant de la saison. Une équipe amoindrie, qui met un stop à une longue série de défaites, qui recolle au classement - ce sont des éléments qui peuvent donner au groupe la confiance qui lui faisait cruellement défaut. Et qui sera la clé pour (re)démarrer la longue course pour rattraper le retard au classement. Mais ce succès ne représentera rien s'il n'est pas suivi par d'autres. Et il est évident que les Verts n'ont pas une grosse marge de manoeuvre. Comme les précédents matchs l'ont montré, la solidité défensive disparaît dès que l'adversaire fait la différence grâce aux individualités ou nos défenseurs sont moins sereins. L'animation offensive est complètement dépendante de Boudebouz et même quand on arrive à créer des décalages, on a du mal à les concrétiser. Bref, il reste beaucoup de travail et ce succès, très bienvenu, n'est qu'un tout premier pas. En espérant qu'il y en aura d'autres...

samedi 22 janvier 2022

Lyon - ASSE, 1-0

Un triste derby


Les Verts se sont logiquement inclinés chez leurs voisins, sans avoir proposé la moindre petite chose dans le jeu

Une nouvelle défaite, la septième consécutive en championnat, et c'est seulement grâce au faible niveau de leurs adversaires et les parades de leur nouveau gardien que les Stéphanois se sont inclinés par le plus petits des scores. Ils ont démarré ce match avec la même défense que lors du précédent, à 5 :


Devant cette ligne de défenseurs, trois milieux axiaux Camara - Gourna - Zaydou et deux attaquants, Nordin et Aouchiche. Malheureusement pour les protégés de Pascal Dupraz et Julien Sablé, ce bloc a été déjoué par le positionnement d'un des offensifs lyonnais. Le plan était probablement que les 3 milieux stéphanois enferment le duo adverse dans l'axe, mais comme Aouar décrochait souvent de son poste de troisième attaquant, ceci créait un problème. On le voit sur l'image ci-dessus, Bakayoko sort de l'alignement pour le suivre. Et quand il restait à sa place...


... un décalage se créait dans cette zone. Ainsi, un changement tactique a été effectué par le staff stéphanois après seulement quelques minutes de jeu, Aouchiche passant de deuxième attaquant à gauche à un quatrième milieu à droite, pour couvrir cette zone en particulier :


Un 5-4-1 donc, ce qui permettait aux Verts d'être en surnombre sur toutes les lignes. Duel des pistons dans les couloirs, trois défenseurs pour deux attaquants, quatre contre trois pour les milieux. Parfait pour défendre, mais rien pour attaquer, car Nordin se retrouvait seul contre les trois défenseurs centraux, déjà qu'il avait du mal à gagner les longs dégagements à sa destination. Une tactique qui n'avait qu'un but, bien défendre... mais qui a failli et les Verts ont concédé l'ouverture du score après un quart d'heure de jeu. Ils ont donc du commencer à produire du jeu et ça a été évident que ce n'était pas prévu, tellement ils avaient du mal. A titre d'exemple, une attaque construite à la 24e minute :


Les défenseurs ont le ballon et Bakayoko s'appuie sur Camara, qui lui le rend. Nordin est le seul avant-centre, Zaydou et Aouchiche, "les excentrés" se placent dans l'axe, laissant les couloirs pour les deux pistons. Le but est de leur faire parvenir le ballon, soit dans l'axe, soit par les côtés, mais il n'y a pas de jeu vers l'avant :


Le ballon est baladé dans la moitié stéphanoise, en dehors du bloc lyonnais, Camara jouant tout le temps en arrière. Aouchiche décroche, reçoit le ballon, et le redonne aux défenseurs. Finalement, c'est Kolo qui prend ses responsabilités et monte balle au pied :


Et ses coéquipiers font les appels qu'il faut. Aouchiche demande le ballon à droite, entre les lignes, Zaydou décroche et attire un des centraux adverses, Nordin plonge dans son dos. C'est Zaydou qui est bien trouvé par la passe verticale de Kolo, mais quand il essaie de combiner en première intention avec Silva dans le couloir gauche, sa passe va directement en touche...


Un changement important est intervenu à la pause, non seulement des joueurs, mais aussi tactique. Sako a remplacé Aouchiche et s'est positionné en avant-centre, pendant que Nordin a pris la place de milieu excentré droit dans le même 5-4-1. Par contre, les Lyonnais ont beaucoup reculé et ont moins gardé le ballon, ce qui a permis aux Verts de jouer dans leur moitié. Comme par exemple à la 52e, quand Maçon joue une touche avec Camara :


Le ballon est envoyé en arrière à Bakayoko, mais on remarque le positionnement ultra-haut des trois défenseurs stéphanois, dans les 40m adverses. De plus, Sako gagne ses duels aériens, comme sur le long ballon de son jeune coéquipier :


On note d'ailleurs le même mouvement, le milieu latéral qui décroche pour amener un défenseur et l'avant-centre qui appelle dans son dos. Sako contrôle et rejoue avec sa défense :


Les Lyonnais sont en place dans leur 5-2-3, les Stéphanois aussi, les 5 "attaquants" étant quasiment sur la même ligne. L'objectif est de leur faire parvenir le ballon, par les défenseurs, car les deux milieux Gourna et Camara ne participent pas à la construction. C'est donc Nadé qui prend ses responsabilités...


... et perce balle au pied, en s'appuyant ensuite sur Zaydou, qui décale - bien cette fois-ci - Silva à gauche. Le centre du latéral gauche est à destination de Nordin, qui pousse son adversaire lors du duel aérien.

Même si les Verts ont plus gardé le ballon après la pause et ont joué plus souvent dans la moitié adverse, même s'ils ont fait moins d'erreurs techniques, ils ne se sont pas procurés d'occasions. Comme le soulignait leur entraîneur après le match, en pensant que le match aurait pu durer plus de temps : "je ne me cache pas derrière ça, ça n'aurait sans doute pas changer le score". En effet, ses protégés auraient pu jouer longtemps sans marquer...

Conclusions


Le résultat - septième défaite consécutive - est mauvais, mais pas surprenant. Et s'il y avait un motif d'espoir compte tenu du pale visage affiché par leur adversaire du jour, les Verts ont réussi à produire un jeu encore plus pauvre. Leur manque d'idées en attaque, leur animation offensive très pauvre, font penser que tout a été misé sur la solidité défensive. La préparation du match, le plan de jeu, la tactique choisie... le seul objectif a été de ne pas encaisser de but. Et comme ils en ont quand-même pris un, assez rapidement en plus, ils se sont retrouvés dans un scénario qui n'était pas prévu. Et ça s'est bien vu dans ce qu'ils ont proposé...

dimanche 16 janvier 2022

ASSE - Lens, 1-2 (Boudebouz)

En plaaace !


Même s'il a demandé un positionnement défensif très strict à son équipe, le coach stéphanois n'a pas pu empêcher une nouvelle défaite de ses protégés

On a souvent entendu Pascal Dupraz crier "en place !" dès que les Verts perdaient le ballon, leur demandant ainsi de reformer le bloc équipe en 5-4-1 qu'il avait préparé pour bloquer les offensives lensoises :


Une défense à trois avec Bakayoko-Kolo-Nadé, Maçon et Silva en pistons, la paire Camara et Zaydou au milieu et un trio offensif assez surprenant, formé de Thioub, Boudebouz et Aouchiche. Le choix de ce système peut s'expliquer par les nombreuses absences dans l'effectif (entre CAN, Covid et blessés habituels), mais aussi par la volonté de bloquer en un-contre-un les pistons adverses.

Pas d'avant-centre de metier dans ce 11 de départ, et pourtant les Stéphanois ont réussi à sortir assez souvent le ballon. Malgré leur profil, Boudebouz et Thioub ont souvent été recherchés en point de fixation pour lancer un coéquipier dans le dos de la défense, lors des projections rapides en contre. Car c'était le plan tactique préparé par le staff stéphanois, un bloc en place et des contres rapides. Voici quelques exemples, dont le premier commence à partir de la capture d'écran précédente :


Le ballon circule de droite à gauche dans la défense adverse, arrivant jusqu'au piston dans son couloir. Thioub sort presser un défenseur central, Maçon sort sur son adversaire direct et un attaquant lensois plonge dans son dos. Mais le latéral stéphanois intercepte la passe qui recherchait ce dernier, le ballon arrive à Thioub...


... qui remonte immédiatement balle au pied, avant de rejouer avec Maçon à droite. Qui élimine un défenseur et tire sur le gardien dans un angle fermé. Pas la plus grosse occasion du match, mais un premier tir cadré, après une action type.

L'exemple suivant nous permet de comprendre l'approche de Pascal Dupraz pour les CPAs défensifs, avec ce corner du RC Lens à la 38e minute :


Les 7 joueurs à vocation défensive sont dans la surface, aucun des 3 offensifs n'y est (en même temps, le jeu de tête n'était pas leur point fort). A l'exception de Camara, au premier poteau, les autres Verts font du marquage individuel - on peut ainsi voir Bakayoko à l'entrée de la surface :


Le ballon est d'abord dégagé par Silva et ensuite Zaydou écarte le danger après un léger cafouillage dans la surface, mais les Lensois le récupèrent immédiatement :


Un adversaire résiste au retour de Boudebouz, puis de Thioub, mais perd ensuite son équilibre et Camara en profite après avoir sprinté pour le récupérer. Il remonte balle au pied et profite de la projection en nombre de ses coéquipiers :


Trois défenseurs qui reculent contre quatre Stéphanois : Camara joue avec Thioub, qui lance parfaitement Aouchiche à gauche. Qui centre au deuxième poteau, d'où Boudebouz reprend et ouvre le score.


La sortie de Thioub à la 55e minute a changé la physionomie du match. Car même si le système est resté le même 5-4-1, avec Gourna au milieu et Zaydou en excentré...


... le profil de ce dernier est différent, il a pu moins garder le ballon dos au but pour lancer ensuite ses coéquipiers, comme Thioub le faisait. Par contre, défensivement, c'est toujours le duel entre pistons dans les couloirs qui a été déterminant, comme dans cet exemple à la 72e minute, quand Silva sort sur son adversaire direct quand il reçoit le ballon et l'oblige de jouer en arrière. Nadé intercepte une passe, mais la possession est perdue immédiatement :


Le ballon arrive de nouveau au piston droit lensois, Silva y est toujours, le couloir est bien bloqué. Et comme le RC Lens insiste de ce côté...


... la troisième fois qu'une passe est destinée à son adversaire direct, Silva surgit et intercepte. Il peut ensuite monter balle au pied et profiter des projections rapides de ses partenaires :


Boudebouz à gauche, servi en profondeur, Gourna dans l'axe. Aouchiche part de très loin (il était quasiment à la hauteur de la défense sur les captures précédentes), c'est le jeune milieu de terrain qui est trouvé par le centre de Boudebouz au deuxième poteau. Malheureusement, il rate le cadre et quelques minutes plus tard, les Lensois égalisent sur corner. 


Les entrées de Dioussé et Lhery ont changé le système de jeu, le premier étant la pointe basse d'un triangle au milieu et le deuxième étant plutôt à la même hauteur que Boudebouz, les Verts évoluant dans un 5-3-2 :


Ghezali est aussi entré, à la dernière minute du temps reglèmentaire, en piston gauche, Silva glissant dans l'axe à la place de Nadé, sorti. Les Verts ont été privés de ballon dans les dernières minutes, mais ils ont osé un pressing haut dans le temps additionnel, quand Lhery et Gourna ont aidé Boudebouz :


Sous cette pression un des défenseurs centraux rate son contrôle, puis sa passe, interceptée par Lhery, qui remet en arrière à Gourna. Et Ghezali se projette, en partant de très loin :


Lancé en profondeur par Gourna, il centre au deuxième poteau - comme dans tous les exemples précédents, mais la reprise de la tête de Boudebouz est captée par le goal adverse. Les Verts ont eu le mérite d'y croire et d'essayer jusqu'au bout. Ce qui rend encore plus dur à encaisser la suite de l'action :


Les Lensois relancent vite, le bloc stéphanois n'est pas en place. Un milieu axial adverse part de la zone de Dioussé pour faire un appel dans le dos de Maçon. Les protégés de Dupraz se remettent vite en place...


... le 5-3(-2) est formé, bien compact. Mais ils ne peuvent rien contre le talent adverse, car une première passe élimine Camara, Maçon et Bakayoko pour lancer ce milieu dans le couloir gauche, d'où il crucifie Bernardoni par une frappe enroulée.


Conclusions


Un scénario cruel, qui risque de coûter plus cher que ce point perdu à la fin du temps additionnel. Au classement la situation est toujours très compliquée, mais pas sans espoir, car les Verts ne sont pas les seuls à enchaîner les défaites. Comme souvent cette saison, ils ont proposé des choses intéressantes et se sont battus avec leurs armes. Le plan tactique a été bien pensé, mais finalement les Stéphanois ont payé le manque de profondeur du banc. Pire, cette défaite dans les derniers instants risque de laisser des traces, car la confiance ne régnait déjà pas dans les rangs de l'ASSE. C'est donc sur leur capacité à relever la tête, à réagir dès le prochain match, que le reste de la saison se jouera...

jeudi 23 décembre 2021

ASSE - Nantes, 0-1

Rien n'a changé (2)


Si le match a connu deux périodes très différentes, le déroulement global est malheureusement celui habituel : les Verts se sont inclinés en encaissant un but sur la seule occasion adverse et en ratant plusieurs de leur côté

Comme pour le premier match après Claude Puel, la défaite à Reims de Julien Sablé, le titre de cette article est trompeur. Car si rien ne change dans les résultats, les choix tactiques sont différents d'un entraîneur à l'autre. Pour le dernier match de l'année civile, le nouveau coach stéphanois a choisi un système en 4-2-3-1, avec Boudebouz en soutien de Khazri, seul avant-centre :


Neyou, de retour de blessure, a retrouvé sa place de titulaire au milieu, pendant que le milieu excentré gauche a été Trauco. Ces deux joueurs ont été remplacés à la pause poste pour poste par Zaydou et Aouchiche. C'est dans cette nouvelle configuration, en deuxième période, qu'il faut essayer de comprendre le style de jeu stéphanois, car il n'y a pas beaucoup de renseignements à tirer de la première. Comme le résume très bien Pascal Dupraz dans sa conférence de presse : "(...) une première mi-temps d'une infinie tristesse. (...) au retour de la pause, les joueurs ont tiré dans un meilleur sens avec une bonne maitrise sur le jeu. Pas totale, malheureusement". Voici quelques exemples de cette 2MT. 


Les Verts ont eu du mal à se montrer dangereux sur des attaques placées, avec à un jeu pas du tout fluide, la faute des nombreuses approximations techniques et d'un positionnement pas toujours optimal. Par exemple, à la 54e, Maçon joue une touche avec Boudebouz...


... qui garde le ballon malgré la pression d'un adversaire, avant de jouer avec Camara. Le milieu stéphanois écarte bien vers le côté opposé, où il y a de l'espace : 


Gabriel Silva profite des appels d'Aouchiche et Khazri (très excentré sur cet action) pour monter balle au pied dans son couloir. Il combine ensuite avec son capitaine...


... qui joue avec Aouchiche, mais les trois Stéphanois se sont enfermés dans le couloir et tous leurs coéquipiers se trouvent très loin - il y a un bel espace qui aurait pu être pris, mais seulement l'arbitre s'y place intelligemment. Aouchiche se retourne, cherche des solutions, mais n'en trouve pas, et 8 secondes après avoir reçu le ballon, il joue en arrière avec Kolo :


Qui joue encore en arrière, avec son gardien. Et Bajic rate son dégagement, qui va directement en touche. La remise en jeu nantaise démarre une attaque très similaire :


Le ballon est envoyé de la droite vers la gauche, pour lancer le latéral balle au pied dans son couloir. Même si pas parfaitement en place, le bloc stéphanois - avec Boudebouz à droite à la place de Nordin - coulisse pour couvrir le côté.


Sans pouvoir empêché le latéral nantais de lancer son ailier plus haut dans le couloir, où il déborde Maçon avant de centrer dans la surface. Du jeu très simple, mais efficace. Heureusement, Bajic capte ce centre...


... et se dépêche de relancer vite, à la main, pour Zaydou. Qui remonte balle au pied, profitant d'une défense qui recule. Il est accompagné par Boudebouz à droite, qu'il essaye de trouver mais il rate complètement sa passe, qui sort en touche.

Une minute plus tard, Kolo remet le ballon en jeu après un hors-jeu sifflé contre un Nantais. Il joue en latéral avec Nadé...


... qui le donne à Maçon. Les Nantais sont restés haut et, comme très souvent en 1MT, les Verts ne sont pas capables de sortir de ce pressing. Maçon ne joue pas dans le couloir avec Nordin ou Boudebouz, mais essaie une passe improbable entre deux adversaires, qui est interceptée par un troisième. Cette perte de ballon est vite exploitée par les Canaris :


L'ailier gauche est de nouveau lancé dans le couloir, dans le dos de Maçon, d'où il centre encore une fois. Entre temps les Verts étaient revenus, on voit les deux lignes de 4, mais pas les deux de devant, Boudebouz et Khazri :


Silva dégage de la tête, le ballon arrive dans les pieds d'un adversaire. Et Boudebouz surgit de nulle part, se repliant vite pour récupérer le ballon dans les pieds adverses...


... avant de remonter tout le terrain avec. Il profite lui aussi d'une défense qui recule et de l'appel de Nordin à droite, avec qui il finit par combiner :


L'ailier stéphanois déborde dans son couloir... et rate complètement son centre. En même temps, Khazri était le seul coéquipier qui avait suivi et qui se trouvait dans la surface pour reprendre le ballon.


Trois minutes de jeu, mais plusieurs exemples d'erreurs techniques qui ont anéanti les actions des Verts. Mais il y a aussi des bonnes actions, dont la première commence une minute plus tard :


Une phase de possession pour Nantes - qui évolue en 4-3-3. Un milieu axial adverse est dans la zone de Camara, pendant que les deux autres organisent le jeu en dehors du bloc stéphanois, en place et compact. Le ballon est d'abord envoyé sur un côté, avant de revenir dans la défense...


... et les déplacements nantais commencent à casser le bloc des Verts. Camara suit son milieu, qui décroche - le positionnement de Khazri et Boudebouz n'empêchant pas les passes vers lui :


Comme Camara n'est plus dans sa ligne, c'est l'avant-centre adverse qui décroche dans cet espace créé, suivi par Kolo. Et donc un ailier plonge dans ce trou pile dans le temps du ballon en profondeur envoyé par son coéquipier. Un mouvement simple et clairement travaillé à l'entraînement. Heureusement, Maçon, Nadé et Silva arrivent à couvrir...


... et c'est le dernier qui le pose par terre pour relancer. Il trouve Aouchiche à gauche, qui remet dans l'axe à Zaydou. Et dès que ce dernier touche le ballon, avant même qu'il se retourne...


... Nordin démarre son sprint. Camara, Boudebouz et Khazri sont aussi disponibles pour sortir le ballon, mais l'appel de Nordin est tranchant et la longue passe de Zaydou le trouve parfaitement dans le dos de la défense :


Huit secondes après que Silva contrôle le ballon dans sa surface, son ailier l'a dans la surface adverse. Une projection très rapide, gâchée par la finalisation, car Nordin s'excentre un peu sur le contrôle et ensuite la poussette du défenseur dans son dos est jugée trop légère par l'arbitre.

Trois minutes plus tard, une autre longue attaque de Nantes se conclut par un centre dans la surface stéphanoise, repoussé de la tête par Silva : 


Le ballon arrive à un milieu adverse, Boudebouz n'arrive pas à le déposséder cette fois-ci, et le jeu est envoyé sur un côté :


Le bloc stéphanois se restructure, toujours en 4-4-2, assez compact mais quand le ballon est envoyé vers les défenseurs adverses, Nordin déclenche un pressing :


Il quitte sa zone, mais cette tentative n'est pas suivie par ses coéquipiers. Khazri anticipe une passe en retrait et les trois Nantais peuvent facilement garder le ballon avant de jouer vers l'avant :


Le décalage à gauche est très important, mais heureusement pour les Verts, leurs adversaires n'écartent pas le jeu et Zaydou intercepte une passe verticale, glissant le ballon à Aouchiche. Les Stéphanois ont une nouvelle transition défense-attaque à jouer et ils se projettent en nombre :


Les appels de Khazri, Nordin, Camara et Boudebouz font reculer la défense, ce qui permet à Aouchiche d'avancer avec le ballon. Avant de le donner à Camara... 


... qui le donne à Nordin. Il a deux défenseurs devant lui, mais aussi deux options de passe, Aouchiche à gauche et Khazri à droite. Il choisit de tirer de l'extérieur de la surface, en glissant, et le gardien dévie le ballon en corner.

L'ASSE a eu d'autres situations ensuite, souvent parties des récupérations de ballon et projections rapides vers le but adverse. Mais sans les mettre au fond, avant de craquer sur une erreur collective au milieu et en défense dans les dernières 10 minutes.


Conclusions


Sur le plan comptable, avec cette nouvelle défaite, les Verts finissent l'année civile et la phase des matchs aller en bon derniers, à 5 points (et une différence de buts défavorable) de la 17e place. Sur le plan du jeu, on comprend assez facilement que le nouveau staff a une autre vision, une qui mettra du temps avant de devenir efficace et ramener des points. Car il ne suffit pas de tout miser sur la solidité défensive si on ne marque pas sur les quelques occasions créées, surtout si on concède toujours des buts sur les quelques occasions adverses. Il y a aussi la question des profils disponibles dans l'effectif, s'ils sont adaptés au style de jeu prôné par Pascal Dupraz. Heureusement, le mercato d'hiver arrive et permettra de retoucher ce groupe à des postes clé. Car sans cela, ça sera presque impossible à chercher le maintien en fin de saison...