lundi 28 octobre 2024

Angers - ASSE, 4-2 (Davitashvilli x2)

Deux visages


Les Verts ont proposé des choses intéressantes à Angers, mais ils ont quand même encaissé quatre buts, synonymes de leur sixième défaite de la saison...

Après le non-match de ses milieux la semaine dernière contre Lens, le staff stéphanois a décidé d'aligner une autre paire de relayeurs, Bouchouari - Louis Mouton :


Pas de changement de système, toujours le 4-1-4-1, pas de changement de charnière, Dall'Oglio faisant de nouveau confiance à Abdelhamid, qui ne lui la rend toujours pas sur le terrain... D'autres choix forts dans la composition de départ, Boakye a connu sa première titularisation - à la place de Cafaro - et Stassin a été préféré à Sissoko en pointe. 

Mais ce qui est le plus innovant sur l'image ci-dessus est le bloc équipe compact, bien en place, des Verts. Les milieux forment une vraie ligne de 4, Ekwah se trouve pile entre les deux lignes, dans sa zone, pas au marquage individuel d'un adversaire ou dans la défense centrale. Un changement majeur par rapport à la disposition tactique une semaine plus tôt contre Lens :


Ekwah à la hauteur de la défense, Amougou seul contre deux milieux car Moueffek suit partout sur le terrain son adversaire direct, du pressing haut pas coordonné, des écarts importants entre les joueurs... bref.


Pour revenir au match à Angers, un autre changement tactique est à souligner - les Verts ont joué au foot, gardant le ballon et construisant des actions intéressantes au lieu de balancer des longs ballons sur leur avant-centre. Voici un exemple, à la 9e minute :


Ekwah est positionné entre ses défenseurs centraux, il échange avec Nadé avant d'avancer un peu avec le ballon. On remarque le positionnement axial de Boakye, qui a échangé avec Mouton. Les Angévins défendent en 4-4-2, les Stéphanois bougent pour proposer des solutions...


... mais c'est Petrot, complètement libre à gauche qui est recherché par Ekwah. Le latéral gauche stéphanois avance, élimine son adversaire...


... et joue avec Bouchouari dans l'axe. Et si plusieurs Stéphanois se trouvent dans la surface adverse, un autre propose une alternative aux abords :


Ekwah monte donc très haut, laissant les deux défenseurs centraux contre un seul attaquant. Et les Verts combinent dans un petit périmètre, la sentinelle des Verts signant leur premier tir du match après un une-deux avec Boakye.


Et si tout n'était pas parfait, les Verts faisant trop de cadeaux à leurs adversaires, les deux équipes se retrouvaient à égalité à l'heure de jeu, quand le staff stéphanois a décidé de faire trois changements d'un coup. La paire de relayeurs a été remplacé par Amougou - Moueffek et Cafaro est entré à la place de Boakye :


Si tout le monde a remarqué que le milieu stéphanois a été beaucoup moins présent à partir de ce moment là, les chiffres le confirment. Pendant les 72 minutes jouées (en comptant les 8 de temps additionnel de la 1MT), Bouchouari a touché 61 ballons, donc 0,85 ballons / minute et Louis Mouton 0,78 par minute. Beaucoup plus que leurs remplaçants, Moueffek a touché 0,63 ballons / minute et Amougou seulement 0,5 (un ballon toutes les deux minutes). Et ce n'est pas une question de possession, les Verts ont eu le ballon 57% du temps avant ces changement et 61% après...

Bref, des changements qui ont complètement cassé la dynamique stéphanoise. Mais tout n'est pas lié à ces deux milieux relayeurs. Comme on le voit sur l'image précédente, Ekwah a aussi reculé, se retrouvant de nouveau comme un 5e défenseur. D'autres chiffres pour confirmer ce nouveau positionnement : il a touché 39% de ses ballons dans la moitié adverse jusqu'aux changements et seulement 19% après. Ceci n'est pas lié aux changement de charnière à la pause - entre la pause et la 64e minute qui a tout basculé ce sont 36% de ses ballons qu'Ekwah a touché dans la moitié adverse.

Finalement, un 4e changement tactique a contribué à casser l'animation offensive des Verts - Cafaro a remplacé Boakye, mais pas avec le même positionnement. Là où le dernier a beaucoup jouer dans l'axe, comme un 4e milieu axial, l'entrant est resté à la ligne de touche - souvent c'est Appiah qui devait être plus axial pour qu'ils ne se marche pas dessus. Et pour illustrer cela, ces deux images montrent l'endroit du terrain où les deux ailiers droits ont touché leurs ballons respectivement (les Verts attaquant de droite à gauche) :



C'est évident lequel c'est Boakye et lequel c'est Cafaro...


Conclusions


Si le staff stéphanois avait fait des choix forts pour démarrer ce match, ils n'ont pas été totalement payants car la naïveté des joueurs les a pénalisé. Et ce triple changement à l'heure de jeu a fini par les achever, ils n'ont plus proposé grande chose, mais ont continué à faire des cadeaux. Il est difficile de comprendre pourquoi les Verts ont voulu passer de 4 milieux très disponibles et qui combinent beaucoup (si on compte Ekwah, haut sur le terrain, et Boakye, axial) à 2 qui ne touchent plus le ballon (avec Ekwah comme défenseur central et Cafaro totalement excentré). Et c'est encore plus dommage car les Stéphanois n'étaient pas inférieurs à leurs adversaires - cette défaite était bien plus évitable que d'autres, surtout contre un concurrent direct...

samedi 19 octobre 2024

ASSE - Lens, 0-2

Sans plan de jeu


Les Verts se sont inclinés à domicile contre Lens sans avoir rien proposé offensivement...

4141 vs 3412 04:47

Défensivement - marquage individuel sur tout le terrain, 02:44. Et donc du pressing haut 6' ou 52:40-53'


Conclusions


C'est dommage, on n'essaie même pas

dimanche 6 octobre 2024

ASSE - Auxerre, 3-1 (Davitashvili x3)

Equilibre trouvé ?


Les Verts se sont imposés avec la manière dans ce duel des promus, se procurants de très nombreuses occasions...

Le staff stéphanois a fait le choix de reconduire le même onze qu'une semaine plutôt à Nantes, avec Nadé toujours préféré à Abdelhamid en défense centrale :


Un 4-1-4-1 avec un trio pointe basse au milieu, Ekwah en sentinelle entre les lignes, Moueffek et Amougou devant lui. Du côté opposé, Auxerre jouait en 3-4-1-2, donc des pistons dans les couloirs, deux avant-centres et un "10" derrière eux. Un triangle pointe haute donc, parfait pour que les milieux stéphanois les prennent en marquage individuel. 

Contre d'autres équipes jouant à trois derrière (Le Havre, Nice) les Verts avaient fait le choix d'utiliser les latéraux pour contrer les pistons adverses dans le couloir. Ce choix a été maintenu contre Auxerre, avec une différence importante : pas de pressing haut tout terrain et surtout, un rôle de couverture parfaitement exécuté par Ekway. Voici deux exemples, dont le premier commence après 19 minutes de jeu :


Construction adverse, les milieux auxerrois sont pris par les stéphanois. Le jeu est envoyé vers le piston gauche et Appiah sort donc sur lui. Pour que l'espace dans son dos ne soit pas exploité la défense des Verts coulisse...


... et compense. Batubinsika suit son avant-centre, le milieu offensif adverse plonge dans cet espace, suivi par Ekwah. Qui se retrouve donc comme un défenseur central, les Stéphanois affichant donc une défense à 4. Et quand le jeu est envoyé par la défense à l'opposé...


... les Verts compensent parfaitement. Cafaro attaque un défenseur central, pas le piston, qui est pris par Petrot. Appiah sur un avant-centre, Ekwah sur son milieu offensif, Nadé sort sur l'autre avant-centre et Batubinsika peut couvrir dans son dos. Et, toujours, Moueffek et Amougou sur les deux milieux axiaux auxerrois.

Voici un autre exemple, quelques minutes plus tard, avec de nouveau le bloc stéphanois en place et le ballon qui circule dans la défense adverse vers la gauche : 


Si Ekwah se trouve initialement entre les lignes, il se replace à la hauteur de sa charnière quand le ballon arrive au piston. Car Appiah est au marquage d'un avant-centre, pendant que l'autre fait un appel entre Batubinsika et Nadé :


Des mouvements coordonnés de la part des Auxerrois qui ont comme but de libérer un espace entre Nadé et Petrot, qui est obligé de rester excentré pour bloquer le couloir. Un espace qui est pris par le milieu offensif, qui est recherché...


... mais Ekwah couvre parfaitement, comme un troisième défenseur central. Il dégage le ballon, qui est gagné par Moueffek :


Appiah est servi et monte balle au pied dans son couloir - les adversaire n'ont qu'on joueur de couloir, qui est obligé de suivre l'appel en profondeur de Old...


... qui est plus rapide et qui est parfaitement lancé par Appiah. Comme à des nombreuses reprises, les Auxerrois sont pris par des appels dans le dos de leurs pistons. Et les Verts se présentent en nombre dans la surface :


Malheureusement, Amougou et Sissoko se gênent. La reprise de la tête de ce dernier n'est pas assez forte et Moueffek est trop court pour reprendre le ballon, qui est dégagé par la défense :


A la lutte avec un adversaire, Petrot perd le duel aérien et on aurait pu croire à un contre auxerrois. Mais même s'ils étaient nombreux dans la surface adverse, les Verts ne s'étaient pas pour autant découvert derrière :


Ils sont à 4 contre les trois offensifs adverses, mais c'est sans importance, car Ekwah couvre très bien et coupe la course de l'attaquant, le dépossédant du ballon.

Les changements effectués ont été initialement du poste pour poste. Moueffek et Amougou étant très fatigués, Mouton et Bouchouari ont amené la fraîcheur nécessaire pour que les Verts continuent à bloquer parfaitement le jeu adverse. Cafaro - à la place de Old - et Stassin - à celle de Sissoko - ont largement contribué au 3e but de Davitashvili. Et comme Petrot ne pouvait plus continuer, c'est Mouton qui est passé latéral gauche, Tardieu prenant sa place en milieu relayeur - pas sentinelle :


Le 4-1-4-1 a été donc maintenu, même si sur cette image, comme souvent, ça ressemble plutôt à un 5-4-1 avec Ekwah à côté des défenseurs centraux...



Conclusions


Le staff et les joueurs stéphanois semblent avoir trouvé la clé pour exister en Ligue 1. De l'intensité, des duels gagnés et de la discipline tactique pour les derniers. Une bonne analyse du jeu adverse et des solutions trouvées pour le contrer pour les premiers. Car en effet l'objectif principal pour les Verts doit être d'empêcher leurs adversaires de se créer des occasions, misant offensivement sur un trio d'attaque qui aime les espaces et les phases de transition. Si les deux défaites à Brest et Nice n'avaient pas été si lourdes, on pourrait même qualifier ce début de saison comme très bon pour un promu, surtout avec ce calendrier. 

lundi 30 septembre 2024

Nantes - ASSE, 2-2 (Sissoko x2)

Qui l'aurait cru ?


Après avoir pris huit buts à Nice, les Verts en ont pris deux autres à Nantes... et pourtant ils ont réussi à arracher le match nul !

Après la déroute de la semaine dernière, Olivier Dall'Oglio a fait des choix forts. S'il n'a pas changé de système, il a changé de tactique, arrêtant le pressing haut mal coordonné. Et surtout il a changé des titulaires, Abdelhamid et Cafaro étant laissés sur le banc au détriment de Nadé et Old :


Sissoko a été préféré à Stassin et Old a donc été aligné à l'aile droite (si, si!), pendant que Davitashvili a pris l'autre couloir. Tous les changements ont été effectués dans le dernier quart d'heure, aucun auparavant - ce trio offensif a été remplacé par Stassin, Cafaro et Boakye, le 4e joueur remplacé a été Amougou. Après Old à l'aile et pas dans l'axe, le staff stéphanois a continué à innover et a donc fait rentrer Bouchouari dans l'axe et pas excentré :


Avec toujours Ekwah en sentinelle entre les lignes... même si très souvent il était très bas, au niveau de la charnière, donnant l'impression d'une défense à 5 :


Pour comprendre se positionnement d'Ekwah, il faut comprendre l'animation offensive nantaise. L'ailier gauche, leur arme offensive principale, joue très excentré, toujours collé à la ligne de touche. Son défenseur latéral se projète à l'intérieur dans l'espace laissé libre par le latéral stéphanois qui sort bloquer le couloir. Pour sécuriser défensivement, le staff stéphanois a voulu que l'ailier soit pris à deux, par Appiah et Old ensemble. Ce qui voulait donc dire qu'un autre joueur devait suivre l'appel du latéral gauche nantais - Ekwah. Voici quelques exemples :


A la 8e minute de jeu on voit bien le latéral gauche adverse dans l'axe, pris par Moueffek, pendant qu'Ekwah est dans la zone du "10" adverse, comme une sentinelle. Le jeu est envoyé vers la droite de l'attaque, l'ailier gauche nantais n'est même pas visible sur l'image...


... mais c'est lui qui est recherché finalement. Moueffek laisse son adversaire pour sortir sur un milieu et Ekwah plonge pour couvrir ce latéral nantais très offensif et axial. Il comble ainsi le grand écart entre Appiah et les défenseurs centraux :


Les deux joueurs de couloir droit stéphanois sont sur l'ailier, les Verts sont présents dans la surface, le centre adverse ne donne rien.

Après cet exemple en début de match, en voici un autre vers la fin, après l'entrée en jeu de Cafaro et Stassin :


Ekwah se trouve devant la défense, Cafaro au marquage de son adversaire direct - le latéral gauche - et le ballon parvient jusqu'à l'ailier nantais. Automatiquement ce dernier est pris à deux :


Laissé libre par Cafaro, le latéral plonge dans le dos d'Appiah. Batubinsika sort sur lui et Ekwah recule entre les deux défenseurs centraux. Batubinsika gagne son duel contre le latéral, mais le ballon revient dans les pieds de l'ailier...


... qui essaie à nouveau de combiner avec son coéquipier. Cette fois-ci le une-deux fonctionne et l'ailier entre dans la surface balle au pied. Où il est attendu par Ekwah, qui couvrait derrière et qui dévie en corner.

Cette animation nantaise et l'approche envisagée par les Verts pour la contrer sont aussi visible sur l'action du premier but :


Appiah et Old sur l'ailier gauche adverse, excentré, Ekwah au marquage du latéral, dans l'axe dans la surface. Le ballon est envoyé vers la défense, qui le fait circuler jusqu'au côté opposé...


... et la "défense à cinq" est en place. Mais le bloc stéphanois se fait transpercer facilement et le déséquilibre est vite créé :


L'ailier droit élimine Davitashvili et monte balle au pied. Amougou se trouve à un-contre-deux, Moueffek est loin. Et le latéral gauche recule, se plaçant dans la zone de Old et se faisant oublié par Ekwah...


... d'où il refait un appel dans cet espace entre Appiah et Batubinsika. Le premier est excentré pour surveiller son ailier (toujours pas visible sur l'image), le deuxième est au marquage de l'avant-centre avec Nadé. Et pourtant le Nantais est trouvé et arrive à lancer dans la surface le latéral gauche, qui n'avait pas été suivi ni par Old, ni couvert par Ekwah :


Heureusement Appiah resserre bien et arrive à le contrer. Malheureusement le ballon est reperdu rapidement et le milieu offensif nantais, qui a suivi, ouvre le score.


Conclusions

C'était bien vu tactiquement par le staff stéphanois, le jeu nantais avait été analysé et une réponse tactique trouvée. Malheureusement ça ne suffit pas toujours, il faut que les joueurs gagnent leur duels et chaque moment d'inattention peut coûter cher. Il était évident que le traumatisme du 8-0 à Nice n'allait pas disparaître juste parce que les joueurs se sont parlé en revisionant le match. Et leur fébrilité a été évidente, des Nantais plus en réussite auraient pu marquer plus de buts. Des entames de période difficiles, de la panique à chaque incursion adverse, encore trop de joueurs éliminés facilement... il y a plein de choses à gommer. Mais, contre toute attente, les protégés de Dall'Oglio ont eu la force mentale pour remonter deux buts d'écart. Ce mental, boosté par le résultat obtenu, leur permettra peut-être d'aborder plus sereinement les prochaines rencontres... 


samedi 21 septembre 2024

Nice - ASSE, 8-0

Historique !


Un de plus impressionnants naufrages collectifs du 21e siècle et de l'histoire du club...

Pour le déplacement à Nice, le staff stéphanois a fait le choix de reconduire la même équipe et la même tactique que lors du précédent match, contre Lille. Après tout, une autre équipe européenne qui joue avec des pistons, qu'est-ce qui peut se passer différemment ? Et si on croyait que ce n'est pas possible de faire pire que le non-match à Brest, les Verts ont démontré qu'impossible n'est pas stéphanois.

Les protégés d'Olivier Dall'Oglio ont eu à résoudre un problème tactique classique : comment gérer les couloirs avec une défense à 4 contre une équipe qui joue en 3-4-3, qui prend les pistons adverses ? Voici la réponse stéphanoise :


Les Verts font un pressing haut, les Niçois envoient le ballon à gauche où leur défenseur central gauche et le piston sont libres. Appiah est au marquage de l'ailier de ce côté, mais ils sort prendre le piston adverse, pendant que Davitashvili presse le central : 


Et Moueffek, le milieu relayeur de ce côté, compense la montée de son latéral. Les Stéphanois ont coordonné leurs déplacements pour ne pas se retrouver en déséquilibre, les trois attaquants adverses sont suivis et le couloir est bloqué :


Les Niçois envoient donc le ballon vers le côté opposé et les Stéphanois coulissent vers leur gauche, Appiah revenant en défense :


Comme à droite, c'est le latéral qui bloque le piston adverse, Cornud sort et l'oblige à reculer. Sa montée est compensée par ses coéquipiers, qui suivent tous un adversaire :


Ekwah et Amougou sont au marquage des deux milieux niçois, les trois défenseurs restants (Cornud étant très haut) gèrent les trois attaquants adverses et Moueffek se trouve devant la défense, prêt à compenser à nouveau si Appiah doit remonter sur le piston gauche.

Ceci était l'exemple positif, quand tout a été exécuté comme il fallait, les Verts étant bien en place. Comme le score le montre, ça n'a pas été le cas tout le temps. L'auteur de ses lignes étant présent au stade, l'envie manque pour décortiquer les 4 premiers buts encaissés en détail. Il suffit juste de dire qu'à chaque fois la gestion du couloir gauche a failli : Cornud était soit seul contre le piston et l'ailier (1e but), soit sorti haut sur le piston et pas bien compensé dans son dos (2e et 3e but), soit au marquage de l'ailier et le piston seul dans le couloir (4e but). 

Après avoir pris 4 buts en moins d'une demi-heure, tous montrant une grosse faille, le staff stéphanois a décidé de réagir. Trois changements effectué et un nouveau système de jeu en place, une défense à 3 (avec Nadé axe gauche)...

... deux pistons défensifs, Appiah et Petrot, et seulement deux milieux axiaux, Ekwah et Old. Les Verts ont sécurisé les couloirs et se sont affaibli dans l'axe : 5 minutes plus tard ils avaient encaissé deux autres buts, les deux suite à des progressions verticales plein axe de la ligne médiane jusque dans la surface...


Conclusions


Le match contre Le Havre avait montré les difficultés des Verts à gérer une équipe qui joue avec des pistons, surtout en s'entêtant d'effectuer un pressing haut - ils avaient pris 2 buts. Le match à Brest,  avait montré ce que le manque d'intensité et de courses donne en Ligue 1 - ils en avaient pris 4. Pour ce déplacement à Nice, le staff et les joueurs se sont donc dit "et si on combinait les deux ?". Et le résultat les a fait entrer dans l'histoire du club....

samedi 14 septembre 2024

ASSE - Lille, 1-0 (Cafaro)

Ils ont répondu présents


Face à une équipe qualifiée en Champions League, les Verts ont enfin marqué un but, synonyme de leur première victoire de la saison...

Les protégés d'Olivier Dall'Oglio ont affiché un visage très différent de celui à Brest, mettant l'intensité nécessaire pour rivaliser avec une équipe du haut de tableau. Mais le onze de départ n'était pas le même non plus :


Si la défense était celle attendue compte tenu de la blessure de Maçon, le choix fort a été fait plus haut, où le jeune trio Ekwah - Moueffek - Amougou a été aligné. Trois profils choisis pour solidifier le milieu, le staff a donc renoncé à aligner un milieu "offensif" (Old ou Davitashvili sur les précédents matchs), réalisant que contre les gros les Stéphanois n'ont pas besoin d'un créateur, ils n'auront pas le ballon. En effet, les Verts se sont employés à bien défendre et ont essayé d'exploiter les ballons récupérés, même si Stassin a peu été trouvé par ses coéquipiers.

Le 4-1-4-1 a été maintenu tout le match, les changements effectués étant du poste pour poste :


Old est entré à l'aile droit, Davitashvili passant à gauche, à la place de Cafaro. Sissoko a remplacé Stassin en pointe et les deux milieux relayeurs ont donc changé aussi, Louis Mouton et Tardieu - ce dernier n'est pas passé en sentinelle, c'est toujours Ekwah qui est resté devant la défense.

Si les Verts ont gagné plus de duels que lors de leurs matchs précédent, ils en ont quand-même gagné moins que leurs adversaires, qui souvent leur étaient supérieurs individuellement. La solidité défensive a été donc le résultat d'un effort collectif, les Stéphanois compensant les uns pour les autres si besoin, comme on peut le voir dans cet exemple après une demi-heure de jeu, qui commence par une touche lilloise :


Le ballon circule vers la droite entre les 3 défenseurs - Lille joue en 3-4-3, avec les deux offensifs en soutien de l'avant-centre assez axiaux, laissant les couloirs pour les pistons. Un de ces "ailiers", Cabella, est pris en marquage individuel par Moueffek. Un défenseur monte balle au pied...


... et Ekwah sort pour lui bloquer la progression. Ça laisse de l'espace entre les lignes stéphanoise, où l'ailier droit est trouvé. Il est suivi par Cornud...


... et Cafaro recule pour se placer comme un latéral gauche, pour compenser. A l'opposé, Appiah n'est pas loin de la défense centrale, ce qui laisse le couloir droit libre, où le piston adverse est trouvé. Même si Davitashvili est loin...


... il sprinte est gène la progression de son adversaire. Qui arrive à centrer, mais les Stéphanois étaient nombreux dans leur surface, 8 joueurs plus Amougou à l'entrée des 16 mètres. Batubinsika dégage le centre, mais le ballon est récupéré très vite :


Et le même circuit du ballon de gauche vers la droite, jusqu'au même défenseur, qui encore une fois progresse avec le ballon : 


Cafaro se jette, mais se fait éliminer, ce qui crée un déséquilibre sur le côté gauche de la défense stéphanoise. Les Verts compensent rapidement, Cornud sortant sur le piston, Abdelhamid sur l'ailier et Ekwah suivant le défenseur à l'origine de ce décalage :


Batubinsika se trouve donc seul en duel contre l'avant-centre adverse, Appiah est au marquage de l'ailier opposé, mais Moueffek se projette dans la surface entre les deux. Et il est pile là où le centre arrive, qu'il dégage de la tête. 


Le ballon arrive dans la zone de Cafaro, qui perd le duel aérien et tombe à terre. Ekwah récupère et tente de lancer Stassin, qui tombe lors de son duel aussi. Pas de faute sifflée, les Lillois peuvent repartir à l'attaque : 


Le ballon est envoyé jusqu'à l'aile gauche de l'attaque, d'où il revient en suivant le même circuit, vers le défenseur axial droit, qui de nouveau monte balle au pied :



Les Verts se jettent autour de lui pour le bloquer, il se retrouve encerclé par Moueffek, Ekwah, Amougou et Stassin. Il arrive néanmoins à glisser le ballon jusqu'à son coéquipier...



... qui lui aussi se retrouve au milieu d'Abdelhamid, Cornud, Ekwah et Stassin. Les adversaires des Verts sont supérieurs techniquement et arrivent à sortir de ces petits périmètres, en deux passes le jeu est écarté à gauche. Une nouvelle situation de centre, mais de nouveau les Stéphanois répondent présent dans la surface :


Cafaro défend sur le piston de son côté, Davitashvili sur un milieu, Moueffek, Amougou et Ekwah prennent chacun un adversaire, l'avant-centre adverse est seul entre trois défenseurs. Et comme Appiah avait bien couvert, le piston gauche lillois est obligé de jouer en arrière.


Un milieu adverse est trouvé, Amougou se jette et se fait éliminé par la passe vers l'autre milieu. Batubinsika sort donc sur celui-ci, mais le ballon parvient jusqu'à l'avant-centre, qui remet en arrière :


Il avait été suivi par Abdelhamid, les sorties de l'alignement des deux centraux stéphanois laissent un trou dans l'axe de la défense, où le ballon est envoyé. Batubinsika, bien revenu, dégage de la tête, mais les Lillois récupèrent de nouveau le ballon. Qui est encore une fois envoyé dans le dos d'Appiah :


La défense stéphanoise se remet de nouveau rapidement en place, du surnombre dans la surface et un joueur qui bloque le centre :



A part Stassin et Davitashvili tout le monde défend, seulement 4 Lillois sont dans la surface. Et dans tous les cas, Appiah dévie de la tête le centre adverse...



Conclusions


Le staff stéphanois a fait le choix, réaliste, de ne pas se découvrir ou chercher à produire du jeu contre un adversaire supérieur, qui joue la Ligue des Champions, pas le maintien. C'est peut-être minimaliste comme plan de jeu, mais les Verts avaient besoin de passer par là, de se rassurer, de prendre des points. Et comme ils l'avaient vu lors du match précédent, bien défendre, en équipe, en compensant les duels perdus des coéquipiers, n'est pas évident. Les protégés de Dall'Oglio ont mis lors de ce match les ingrédients qu'ils n'avaient pas mis à Brest, et ils ont été récompensés. Le visage affiché aurait été rassurant même s'ils perdaient, mais la victoire au bout fera encore plus de bien au moral. De quoi préparer plus sereinement les matchs suivants ?