jeudi 10 mars 2016

ASSE vs Guingamp, avant-match (12/03/16)

Prochain adversaire des Verts, l'En-Avant de Guingamp. Une formation en plein doute, dans une série de 5 matchs sans victoire, à seulement 2 points du premier relégable. Pire, une formation qui a pris 13 buts sur les 4 derniers matchs (tout en marquant 8 buts en même temps). Mais une formation qui voudra vendre cher sa peau, devant son public.

Guingamp joue d'habitude dans un 4-4-2 plutôt classique, l'équipe probable est:
Lossl - Jacobsen, Kerbrat, Sorbon, Pereira - Salibur, Sankhare, Mathis, Giresse - Briand, Erding

En gras, les joueurs avec plus des 20 titularisations déjà cette saison - Pereira et Erding sont aussi des titulaires, mais ont rejoint cette équipe seulement en janvier. Jacobsen est le titulaire à droite, il joue à gauche depuis l'arrivée de Pereira. La charnière centrale est leur point de stabilité, même s'ils ont pris 4 buts il y a un mois contre Bordeaux avec eux titulaires. Au milieu, Sankhare est l'élément central à faire déjouer - en plus, il est déjà à 8 jaunes et 2 rouges cette saison et Salibur est très présent en attaque.

En conférence de presse, Galtier estime que "le match sera engagé, intense" et Perrin que "ça va être un combat, comme souvent à Guingamp, qui est une équipe qui joue avec ses valeurs". Plusieurs options s'ouvrent alors à nos Verts:

Les endormir
Guingamp est une des pires équipes de Ligue 1 en terme de possession du ballon. Il faut le confisquer et imposer le rythme du match. Ils peuvent vouloir mettre toute l'intensité du monde, sans le ballon et sans le rythme, ils se calmeront vite. Et plus les minutes passeront, plus le doute s'installera. 

Subir
Les Verts peuvent entrer sur le terrain prêts à subir l'intensité et l'engagement breton. Si parfois cette tactique ne nous réussit pas contres des bonnes équipes, la qualité de l'adversaire est moindre et c'est raisonnable d'espérer qu'on peut subir sans rompre dans ce match.
 
Les surprendre
Et si c'est l'ASSE qui met d'entrée une forte intensité et renverse une équipe bretonne déjà en plein doute défensif? Un but marqué vite par les Verts et tout le monde sera calmé. 

Probablement que nous pourrons voir les trois options mises en place pendant le match de samedi soir, et tout dépend de l'évolution du score. Si, par exemple, les Verts ouvrent le score, ils vont être ensuite dans la gestion, essayant d'endormir l'adversaire... pour finir en subissant contre une équipe qui joue dos au mur, à domicile. En bon coach, Galtier préparera ces joueurs à plusieurs scénarios possibles, c'est sur. 

Moi, j'ai hâte de voir le début du match pour voir le plan de jeu initial de Galtier. On subit, on contrôle ou on leurs marche dessus?

Projections pour la fin du championnat

Il reste donc 9 matchs à jouer avant la fin de ce championnat, le sprint final est lancé. Quelle sera la place finale occupée par nos Verts? Est-ce qu'ils arriveront à se qualifier de nouveau pour une compétition européenne? Si oui, laquelle?

Première simulation


Des éléments de réponse peuvent être donnés en regardant le calendrier de la Ligue 1 et en faisant une simulation très simple, en considérant le classement actuel comme jauge de la qualité relative de chaque équipe. Ainsi, on suppose qu'une équipe mieux classée gagnera quand elle reçoit et elle fera match nul quand elle se déplace contre une équipe moins bien classée. En plus, on suppose que tout le monde perd contre le QSG et gagne contre Troyes.

Résultat des courses?

Les Verts finissent le championnat à la 4ème place, avec 60 points, avec 18 points pris sur 27 possibles, une seule défaite, à Nice. Mais ce qui est surtout intéressant, c'est les résultats des autres équipes, voilà le classement donné par cette simulation (en parenthèses les points pris sur les 9 dernières journées):

2. Monaco   69p (18)
3. Villains    60p (15)
4. ASSE      60p (18)5. Caen       59p (16)
6. Rennes    58p (14)
7. Nice        57p (13)
8. Angers    57p  (18)


Dans cette simulation, les Verts finiront ainsi une nouvelle fois au pied du podium - les Villains passeront devant avec le même nombre des points mais avec une différence de buts en leur faveur. La suite du classement est extrêmement serrée aussi, avec la 8ème place à seulement 3 points du podium. Autrement dit, le moindre écart par rapport à cette simulation (genre une victoire à l'extérieur et pas un match nul) peut changer beaucoup des choses.

Deuxième simulation


Une autre simulation peut être faite en divisant les équipes en trois catégories qualitatives: A (Monaco, Villains, Nice, Rennes, ASSE), B (Caen, Nantes, Angers, Bastia, Lorient, OM, Bordeaux, Lille) et C (Montpellier, Guingamp, Reims, Ajaccio, Toulouse). Comme dans le premier cas, on suppose qu'une équipe meilleure gagne à domicile et fait match nul à l'extérieur contre une équipe dans une catégorie inférieure. Par contre, dans ce cas, on suppose que s'il y deux catégories d'écart la meilleure équipe gagne toujours (même à l'extérieur) et qu'un match au sein de la même catégorie sera toujours un match nul. Comme avant, on suppose que tout le monde perd contre le QSG et gagne contre Troyes.

Résultat des courses?

Les Verts finissent le championnat à la 3ème place, avec 65 points, avec 23 points pris sur 27 possibles, invaincus. Mais ce qui est surtout intéressant, c'est les résultats des autres équipes, voilà le classement donné par cette simulation (en parenthèses les points pris sur les 9 dernières journées):

2. Monaco   69p (18)
3. ASSE      65p (23)4. Villains   64p (19)
5. Nice        60p (16)
6. Rennes    60p (16)
7. Angers    54p  (15)
8. Caen       53p (10)

Dans cette simulation, les Verts finiront ainsi sur le podium devançant d'un petit point les Villains. La suite du classement est moins serrée qu'avant, donc une place européenne est plus facile à chercher dans cette configuration. Par contre, l'hypothèse de base est que les Verts sont une équipe de la première catégorie. S'ils faisaient partie de la deuxième, ils seront 6èmes seulement à la fin du championnat.

La feuille de route est définie, à nos Verts maintenant de la suivre!

mercredi 9 mars 2016

2016, mieux ou pire que 2015?

Une saison est faite des cycles et pour un club comme ASSE, qui essaie de jouer plusieurs compétitions à fond, les résultats et le style de jeu peuvent différer d'un cycle à l'autre. Si on regarde d'abord la Ligue 1 (L1), les 38 matchs peuvent être divisés dans 4 tranches égales de 9-10 matchs chacune. Et si on rajoute le nombre de matchs joués en Ligue Europa (C3) et en Coupes nationales (de France et de la Ligue), voilà la distribution des matchs de cette saison pour les Verts:

Maintenant que la troisième tranche de matchs est finie, on peut analyser les performances de l'ASSE sur les trois premières, tout en gardant à l'esprit que la quatrième sera la plus aérée, avec nettement moins de matchs que les autres, faute à l'élimination en C3 et dans les deux Coupes nationales.

Les résultats


En terme de points pris, il n'y a pas une grande différence entre les trois premières tranches de cette saison. En sachant que le calendrier cette année a été structuré pour que l'ASSE joue les gros noms en 2ème et 3ème tranche, le fait d'avoir pris seulement 3 points de moins en championnat à ce moment par rapport à la 1ère, c'est un bon exploit. Ensuite, la 1ére et la 3ème tranche contiennent des matchs de coupe (d'Europe la 1ère, de France la 3ème) contre des adversaires plus faibles, pour 8, respectivement 10 points de pris. Les 8 points pris en phase de poule de C3 pendant la 2ème tranche deviennent ainsi un bel exploit.

Ça dépend des adversaires ?


Si on veut une preuve que les adversaires de la 2ème et 3ème tranche ont été plus forts, il faut regarder quelques statistiques faites seulement sur la base des matchs de Ligue 1: la possession moyenne de l'ASSE pendant ces matchs, le pourcentage des passes effectuées dans les 30m adverses, le nombre de grosses occasions procurées ou le nombre de buts marqués par tir:

 

La qualité du jeu


Tout semble indiquer que les Verts ont eu plus de mal pendant les deux dernières tranches, avec un affaiblissement légèrement plus prononcé dans la dernière. Et si on regarde les deux points faibles qu'on a pointé du doigt à Noël (donc après la 2ème tranche), les passes réussies et les tirs cadrés, on note une baisse de régime très nette pendant la 3ème tranche des matchs:

La cause est probablement complexe. En plus de la qualité des adversaires et la fatigue et les blessures générées par la répétition des matchs, le changement de schéma tactique (un match en 4-2-3-1, deux en 3-4-3, le reste en 4-3-3) et l'arrivée de trois recrues (quatre si on compte Tabanou) y sont pour quelque chose aussi.

Conclusions


Il existe deux possibilités de lire ces données, le verre à moitié plein ou à moitié vide. Dans le deuxième cas, si on a bien démarré la saison, on a sombré par la suite et la tendance semble nous indiquer une fin de saison bien triste. Dans le premier cas, il faut prendre en compte tous les facteurs négatifs qui ne sont plus présents: plus de répétition de matchs, un seul objectif qui reste, effectif quasiment au complet, recrues intégrées et suffisamment de temps pour assimiler le schéma tactique. Bref, il y a des raisons pour croire que les Verts peuvent inverser la tendance - la réponse dans deux mois!

ASSE vs Angers, 0-0

Le premier nul vierge de la saison pour les Verts - et c'est un résultat auquel tout le monde s'y attendait avant le match. Et avec lequel les deux équipes sont plutôt contentes - les Verts ayant mis ainsi fin à une série de trois défaites consécutives toutes compétitions confondues. 

Ça a été un vrai bon 0-0, donc il n'y aura pas grande chose à dire sur ce match, juste quelques stats pour illustrer sa pauvreté. 7 tirs de chaque côté... mais seulement un seul cadré pour chaque équipe. Et si celui des stéphanois a représenté une grosse occasion manquée par KMP, l'autre a été un coup franc de 30m... D'ailleurs, suite à des actions construites, les Verts se sont procuré seulement deux tirs (la grosse occasion et un largement à côté) et Angers un seul, bloqué dans la surface. Et pour finir en beauté, pendant toute la deuxième mi-temps on a pu compté seulement deux tirs pour les hôtes et un seul pour les stéphanois.

Les Verts ont dominé le match (57.5% de possession) et ont eu les plus grandes occasions (les seules...) d'ouvrir le score en première période. Ils étaient par contre trop émoussés après la pause pour insister et, honnêtement, dans leurs têtes ils étaient bien satisfaits par ce résultat. D'ailleurs, leurs possession en deuxième est de plus de 60% - ils se sont ainsi contentés de gérer sans menacer et sans être menacés non plus.

Voilà, ce triste match est derrière maintenant, le sprint final de 9 matchs commence - un maximum de points les envoie en Ligue de Champions, une bonne moyenne (2 points / match) en Ligue Europa, moins que ça et c'est le ventre mou. Mais il faut le prendre match par match, en commençant avec le premier, déplacement à Guingamp: la parfaite occasion de mettre fin à la série de 4 matchs sans victoire en championnat...

samedi 5 mars 2016

ASSE vs PSG, 1-3 (Eysseric)

Avant le match contre le PSG, on s'était posé la question du quel dispositif tactique sera choisi par Galtier pour les contrer. Il avait choisi la troisième option, celle du 3-4-3 qui impose un pressing haut, quasiment du un-contre-un et qui coupe leur milieu en deux, assurant ainsi le surnombre stéphanois:

Malheureusement pour les plans des Verts, ça a été déjoué très simplement par Pastore. Il était censé être un ailier, mais souvent il allait en position de "10", transformant ainsi le 4-3-3 parisien en 4-1-2-1-2 (4-4-2 en losange). Son défenseur direct (Pogba) ne pouvant pas le chercher au milieu, le surnombre parisien dans l'entre-jeu était retrouvé et avec lui, le danger:


Le dispositif tactique inhabituel des parisiens, les deux buts pris rapidement, la fatigue, le morale en berne, on aurait pu croire que l'addition sera très corsée. A leur honneur, les Verts ont su réagir pour revenir à 1-2 à la mi-temps. Et même s'ils n'ont pas égalisé, ils ont passé la deuxième période à contrôler le match et à dominer (un petit) PSG.

Sortis des deux coupes nationales par le PSG pour la deuxième année de suite, il n'y a pas de honte à avoir, mais ça sera sympa de les battre de temps en temps. Pour positiver, il faut aussi se dire qu'il ne reste plus que le championnat à jouer et que dans un rythme d'un match par semaine contre des adversaires plus faibles, les Verts pourront faire quelque chose d'intéressant. A voir sur les 10 prochaines semaines...

RCT vs Brive, 44-15

Grosse pluie à Toulon en ce samedi, le match contre Brive a failli être annulé. Tout le monde s'attendait donc à un match haché, un match de "gros". Le résultat est tel que les journaux ont titré "RCT tout terrain", tellement la maîtrise toulonnaise a été impressionnante malgré les conditions de jeu.

Si le score final est flatteur, on préfère comparer les stats de ce match à la moyenne des 6 matchs de Coupe d'Europe, pour évaluer ainsi ce match contre Brive:
  • comme attendue, une grosse possession toulonnaise, 61% - par rapport à une moyenne de 53%. L'occupation du terrain est partagée (50%), fait expliqué par le vent fort
  • vues les conditions, beaucoup plus des ballons joués au pied (10,1%) que d'habitude (6,6%)
  • les stats semblent suggérer que le soutient toulonnais n'était pas souvent bien placé, le RCT faisant la moitié des offloads et perdant presque le double des rucks que par rapport à leur habitude 
  • si la maîtrise des touches a été dans la moyenne toulonnaise (85,7% touches propres gagnées et 10% touches adverses par rapport à 82,5% + 12,8%), la belle surprise vient des mêlées. Si tout le monde s'attendait a une grosse mêlée briviste, elle a tout simplement explosé, le RCT gagnant 33% des mêlées adverses - résultat pas négligeable vu le grand nombre d'en-avant dans ce match...
Et pour le fait divers, revenons aux touches, point fort de lancement du jeu toulonnais. A la 74ème minute (73:52 pour être plus précis), le RCT bénéficie d'une touche sur le côté droit dans les 22m adverses. Alignement complet avec le 9 en relayeur, on s'attend à une action construite comme d'habitude. 


Et ça commence comme il faut, le 9 trouve le 10, qui passe à un centre qui crée un point de fixation. Ça semble familier? Ben, la suite ne l'est pas. Le 9 sort le ballon, renverse la direction de l'attaque, le 10 ... tape en touche directement. Touche briviste sur leurs 22m, ballon caffouillé, sorti finalement par les toulonnais et une autre attaque se met en place, comme si rien n'y était:
Un centre qui glisse, le 9 qui fait une passe acrobatique, le jeu arrive de nouveau sur le côté droit, où tout a commencé, un toulonnais fait une passe presque directement en touche, la maîtrise que les toulonnais affichent normalement sur leurs actions construites n'est pas au rendez-vous. Mais ça a le mérite de désorganiser la défense et quand finalement le ballon arrive au 10, une belle situation de surnombre se présente sur la largeur:




Passe au pied pour l'ailier Drew Mitchell et essai. Comme toujours, suite à une touche dans les 22m, un essai marqué par l'ailier sur l'aile opposée. Avec juste un peu plus de variation que d'habitude...

ASSE vs Caen, 1-2 (Eysseric)

Sortis de la Ligue Europa suite à un très cruel scénario, les Verts doivent enchaîner contre Caen, une équipe réputée pour son jeu en contre. Et au vu des compositions, il n'y avait pas de doute: les normands étaient venus pour défendre en 5-4-1, donc bien bétonner et espérer que la fatigue des joueurs stéphanois fasse le reste:









Cette défense à 5 a été surprenante pour Galtier, qui ne s'y attendait pas. Sans le temps de préparer le match comme il faut, avec le moral en berne et des joueurs émoussés physiquement, c'est difficile de bouger un tel bloc. D'ailleurs, il y a très peu des mouvements possibles pour le déstabiliser. 

Décrochages des milieux


Une option, qui marche toujours contre les bloc bas, est d'avoir ses propre milieux reculer, décrocher pour chercher le ballon. Le bloc adverse est tellement dense qu'on peut pas se retrouver facilement, donc on sort de là pour organiser le jeu:

Le surnombre Vert en dehors du bloc implique une bonne conservation du ballon, ce qui peut servir pour attendre les mouvements et les appels sans cesse des attaquants - en général une faille dans le bloc finit par se créer. Cependant, ce type d'attaque nécessite une bonne condition physique (des décrochages continus des milieux, des appels sans cesse des attaquants) et une patience et une sérénité pour attendre le bon moment. Ces deux ingrédients manquaient clairement à nos joueurs ce jour là...

Créer un décalage sur le côté


Tout part du calcul défenseurs / attaquants. Comme les Verts jouent avec trois attaquants, Caen a en théorie besoin de seulement quatre pour les marquer, laissant un cinquième libre de défendre où il y a besoin. Ceci peut être déjoué par les Verts, s'ils penchent le jeu sur un côté:

Un ailier attire un défenseur latéral vers la ligne de touche, la pointe et l'autre ailier se déplacent dans la même direction, attirant 3 autres défenseurs. Le même mouvement est repris dans la ligne médiane, les deux lignes de quatre étant ainsi attirées sur un côté et laissant le côté opposé libre pour le défenseur latéral B. Ceci laisse le défenseur latéral opposé (A) avec un choix difficile:
  • S'il monte sur B pour fermer le côté, il laisse de l'espace dans son dos et l'ailier vert peut faire un appel
  • S'il serre dans la ligne avec les autres défenseurs, il laisse le couloir au défenseur B

Ce type de mouvement a été utilisé par les stéphanois plusieurs fois dans le match (d'ailleurs la capture d'écran ci-dessus montre exactement les deux types de situation avec les milieux qui décrochent et avec KTC libre dans son couloir). Mais ça s'est vu que ce n'était pas un mouvement répété souvent et ça demande aussi beaucoup de mouvement et d'avoir la tête claire.

On n'a pas pu mettre les ingrédients nécessaires pour gagner ce match, faute de la fatigue, physique mais surtout mentale, mais aussi de l'adversaire qui a su nous mettre en doute. Une défaite de plus après seulement 3 jours, ça fait mal à la tête, mais ça ira mieux bientôt, j'en suis sur.