lundi 16 octobre 2017

ASSE - Metz, 3-1 (Pajot, Dabo, Maïga)

Des décalages dans l'axe


Les deux périodes du match contre Metz ont eu un point un commun : les Verts ont largement eu la possession du ballon. Mais elles ont été très différentes dans la manière d'utiliser le ballon pour se créer des occasions.


Le nouveal entraîneur stéphanois a été très clair depuis le début : le foot qu'il aimerait mettre en place est un foot de possession. Mais avoir le ballon n'est pas l'objectif final, l'important est de l'utiliser pour créer des décalages et les transformer ensuite en occasions de but. C'est une tâche difficile contre des équipes qui défendent bas et regroupées, comme Metz, mais elle est facilitée si on a des joueurs techniques et avec une bonne vision du jeu. Les deux stéphanois qui sortent du lot de ce point de vue sont Cabella et Hamouma, les deux parfaitement capables d'être des meneurs de jeu et de faire en sorte par leurs passes et leurs déplacements que des décalages soient créés. S'ils n'ont pas très bien réussi en première période, ils l'ont très bien fait en deuxième, bien aidés par leurs coéquipiers, qui ont su rendre efficace la possession du ballon.

En première période


Pour mieux comprendre comment l'ASSE jouait en 1MT et le rôle de Cabella et Hamouma, regardons une attaque qui part de Ruffier à la 9ème :


Le ballon circule entre KTC, Janko et Pajot, dans un rôle de milieu reculé, qui passe à Lacroix, le tout sans aucun pressing adverse. Lacroix échange des passes avec Dabo, en relayeur, avant de donner le ballon à Gabriel Silva sur le côté :


On note le 4-1-4-1 messin avec Cohade en milieu défensif et le placement de Cabella et Hamouma en milieux excentrés. Le bloc adverse est bien en place, on a un seul joueur entre les lignes (Diousse) et il est bien surveillé, alors Silva revient vers Lacroix...


... qui redonne à Pajot, qui peut se retourner et voir le nouveau placement de ses coéquipiers :


Maintenant ce sont Cabella et Hamouma en position de milieux axiaux relayeurs, dans la ligne des milieux adverses, Diousse et Dabo étant plus haut sur le terrain, mais toujours dans l'axe. Les deux dépositaires du jeu stéphanois combinent et...


... Hamouma trouve une magnifique ouverture dans la course de Janko, malheureusement son centre est facilement repoussé par la défense. La qualité de ses centres n'est pas importante ici... le début d'occasion est créé par la passe de Hamouma, il n'y avait aucun décalage de créé. Et aucune présence importante pour les Verts dans la surface - Dabo et Diousse avaient arrêté leur course et ils étaient revenus à la hauteur de Cabella et Hamouma. Quant à Lois Diony, il était à l'autre bout de la défense...

Cette action est une attaque-type stéphanoise en première période, avec plusieurs fois un décalage créé sur le côté droit et un centre qui ne donne rien, sauf le poteau de Cabella en début de match.

En deuxième période


Cabella et Hamouma ont une technique et une vision du jeu au dessus du reste de l'effectif, il est donc normal de baser l'animation offensive sur eux. Mais si c'est à eux - deux de nos trois attaquants sur le terrain - de faire le jeu, il n'y a plus personne pour transformer les décalages en occasions de but. La solution à ce problème a été trouvée à la pause et elle apparaît évidente dans les actions suivantes.

Tout de suite après la pause, à la 46ème, une relance qui part de Ruffier, via Lacroix, jusqu'à Pajot, qui remonte avec le ballon sans être attaqué :


La ligne de 4 milieux adverses est toujours en place, avec Cohade derrière eux. Diousse sort pour un échange des passes avec Pajot, ce qui aspire un des milieux centraux :


Cabella était placé en "10", dans l'axe, pris en charge par la sentinelle. Dabo se place en 2ème avant-centre et Hamouma joue un rôle d'ailier. Cabella (et Cohade après lui) fait un appel dans le dos du milieu sorti chercher Diousse, mais il n'est pas servi, Pajot redonne le ballon à Diousse :


Dabo avait décroché pour faire un appel entre les lignes - pas servi, il replonge dans la défense centrale. Gabriel Silva fait un appel dans son couloir, attirant le défenseur latéral. Hamouma vient dans l'axe et, le mieux de tout ça, Diousse garde le ballon quelques secondes.


Ça a l'effet espéré, ça attire deux milieux. Et entre la sentinelle au marquage de Cabella et les défenseurs centraux occupés par Dabo et Loïs Diony, il n'y a personne pour chercher Hamouma, complètement libre dans l'axe, entre les lignes. Il reçoit le ballon, mais ne combine pas, il choisit le tir, qui passe un peu à côté.



L'entrée de KMP à la place de Diousse et le passage d'un 4-3-3 à un 4-2-3-1 avec Cabella clairement positionné dans l'axe, ainsi que la sortie de Cohade chez les messins, accentue la possibilité pour les Verts de chercher un joueur entre les lignes, dans l'axe.

A la 72ème, une relance de KTC pour Dabo, qui remonte et qui garde le ballon...


Cabella fait un appel croisé, attirant avec lui la sentinelle adverse, ce qui libère donc la place pour Hamouma...


... qui est trouvé dans l'axe, entre les lignes. Cette fois-ci il essaye de combiner avec Diony, mais le dernier n'arrive pas à contrôler le ballon, qui est dégagé en touche. A noter que KMP et Cabella étaient eux aussi présents dans l'axe et entre les lignes et que les trois milieux centraux adverses n'ont pas réussi à fermer l'angle de passe pour Dabo, qui avait intelligemment gardé le ballon avant de pouvoir le donner.

Sur la touche qui suit, Gabriel Silva remet en jeu pour Dabo, qui le relance dans le couloir :


Comme Cabella et KMP occupent les deux joueurs de couloir adverses, la sentinelle doit aider. Mais Gabriel Silva conserve le ballon, ce qui attire deux joueurs, avant de chercher par une passe...


... un Romain Hamouma tout seul entre les lignes, dans l'axe, dans un espace déserté par la sentinelle, qui avait deux autres joueurs à surveiller, vus que deux de ses coéquipiers étaient pris par Silva. Hamouma laisse le ballon à Diony et fait un appel en profondeur, mais malheureusement la passe du dernier n'est pas bien assurée.

Le goal adverse joue vite, il lance en profondeur un attaquant qui est repris à la course par Lacroix, le ballon arrive à KTC qui relance avec Pajot, puis Dabo qui monte avec le ballon...


... et qui trouve Cabella dans l'axe entre les lignes - il n'y avait plus de sentinelle (deux messins sont restés haut) et les espaces entre les milieux étaient très importants. Malgré la pression de plusieurs adversaires, Cabella conserve le ballon avant de lancer KMP dans le couloir gauche :


Son centre est repris par Hamouma, mais son tir est bloqué, le ballon arrive à Cabella, mais son tir est dévié en corner. Et sur le deuxième corner consécutif, Pajot égalise.


Pour en finir, un autre exemple, à la 83ème, avec un ballon récupéré par la défense stéphanoise, qui le sort vite sur le côté gauche, où Gabriel Silva monte avec pour profiter des espaces dans la défense :


Sur cette image on voit les 3 attaquants et les 3 milieux messins - ils sont si haut qu'on peut presque parler d'un contre pour les Verts, tellement ils jouaient bas d'habitude. Silva choisit une longue passe pour Cabella :


La sentinelle adverse arrive vite pour le contenir, aidée par le latéral, mais le dernier (et un peu le premier aussi) se fait aspirer par l'appel de KMP. Cabella se retourne et voit...


... Hamouma tout seul dans l'axe, entre les lignes. Après avoir donc conservé le ballon quelques secondes, il le donne à Hamouma démarqué, qui combine avec Söderlund, mais la remise du dernier est interceptée. Le norvégien se bat, récupère le ballon et sert KMP, qui s'était placé dans la surface aussi :


Il remet en arrière pour Cabella (venu aussi dans la surface), mais son tir est repoussé. Jusque dans les pieds de Gabriel Silva, qui est fauché dans la surface suite au un-deux avec Cabella. Et sur le corner suivant le penalty raté, les Verts prennent l'avantage.



Conclusions


Ce sont quelques exemples, mais il y avait d'autres en deuxième période. Le style de jeu des Verts après la pause a été très clair : on cherche systématiquement un joueur démarqué dans l'axe, entre les lignes - la plupart du temps Hamouma, moins souvent Cabella qui avait plutôt un rôle de construire l'action, de préparer le décalage. Bien sûr, il ne suffit pas de le dire, il faut arriver à créer cet espace entre les lignes, surtout dans un bloc bas avec une sentinelle. Ça a été fait grâce à des appels, à des courses sans le ballon, pour aspirer des défenseurs (ou de les empêcher de décrocher). Mais ça a aussi été le résultat de l'utilisation des joueurs "appâts", qui conduisent le ballon ou qui font un dédoublement de passes, pour attirer un adversaire. Dans un foot de possession, c'est une des techniques qui permet de créer une supériorité derrière la ligne d'avantage... et ça mérite d'être souligné, parce qu'on a rarement vu les Verts l'utiliser si bien. C'est probablement trop tôt pour le dire, mais peut-être que les joueurs commencent peu-à-peu à maîtriser le style de jeu que le staff veut mettre en place.

mercredi 11 octobre 2017

RCT, Coupe d'Europe ! (2017-18) (2)

Après 7 journées de Top 14, place maintenant à la Champions Cup, avec un brève présentation du RCT et de ses adversaires.

RCT


19 points en 7 matchs, 3 victoires sur 3 à domicile, 1 victoire, 2 courtes défaite et une large à l'extérieur. Un parcours correct pour le RCT en ce début de Top 14, même un bon parcours, vu qu'ils ont joué toutes les équipes de la première moitié du classement, sauf une (Lyon). 3 bonus, 1 offensif (à Paris), 2 défensifs (à Clermont et Bordeaux), 16 essais marqués et 17 encaissés (dont 6 sur un seul match, à Montpellier).

Bref, une performance qui aurait pu être meilleure, mais si on prend en compte le changement de staff à l'intersaison et les très nombreux absents dans l'effectif, plutôt satisfaisante. En parlant de l'effectif, l'équipe-type Toulonnaise à ce moment de la saison (vus les absents) semble assez claire :

Fresia, Guirado, van der Merwe - Taofifénua, Rebbadj - Monribot, Lakafia, Isa -
Tillous-Borde, Belleau - Ashton, Nonu, Bastareaud, Tuisova - Bonneval
+
Delboulbès, Etrillard, Chilachava, Kruger, Gorgodze ou Fernandez-Lobbé, Escande, Pietersen, Trihn-Duc ou McAllister ou Radradra

Quelques explications sur cette équipe-type :
  • Setiano a joué plus des matchs que Chilachava, mais il est sorti blessé le dernier match
  • Etrillard a été titularisé plus des fois que Guirado parce que le dernier a repris tard
  • Kruger a manqué les 6 premiers matchs sur blessure, mais il est probable qu'il prenne la place de Rebbadj dans le XV de départ
  • C'est Manoa qui a été titulaire en 8 pendant l'absence de Lakafia, mais le dernier est de retour et le premier s'est blessé
  • Il est difficile de trouver 3 remplaçants pour les arrières - Escande semble sûr, vu qu'il peut aussi dépanner en 10. Pietersen est le remplaçant idéal, il est déjà entré à l'aile, au centre et à l'arrière. Trihn-Duc, McAllister et Radradra se disputent donc la dernière place, les deux premiers pouvant jouer 10 ou 12, le dernier étant plus ailier/centre.

Voilà pour le RCT, une équipe qui démarre un nouveau cycle, avec une ossature déjà claire et qui attaque la Coupe d'Europe en confiance. 

Scarlets


Les Gallois de Llanelli ne sont pas une équipe à prendre à la légère - ils sont les champions en titre de la Ligue Celte (Pro12) après avoir battu en finale le Munster 46 à 22 (ils avaient fini 3ème de la phase régulière). Cette année, ils sont en tête de leur poule (cette ligue se joue en deux poules de 7 maintenant), à égalité avec l'Ulster et le Leinster, avec 5 victoires et 1 défaite en 6 matchs. Ils ont gagné leurs trois matchs (faciles) à domicile, deux à l'extérieur (chez les Zebres et Ospreys) et ont perdu leur seul gros match jusqu'à maintenant, chez l'Ulster, 20-27 (essai irlandais de la gagne à la 75ème minute).

En Coupe d'Europe, ça fait 5 ans qu'ils finissent 3ème ou 4ème de leur poule - la saison dernière ils ont fini 3èmes avec 2 victoires et 1 nul... dans la même poule que les Saracens et le RCT. Pour rappel, le RCT a pris le BO à Toulon (31-20), mais s'est incliné d'un point, 21-22, à l'extérieur.

Leur équipe-type semble être :
Rob Evans, Ken Owens, Samson Lee - Ball, Beirne/Rawlins - Shingler, Barclay/Beirne, Boyde - 
Gareth Davies, Ryhs Patchell - Steffan Evans, Scott Williams/Davies, Parkes, McNicholl - Halfpenny

Treviso


Les Italiens sponsorisés par Benetton ont fini 10èmes sur 12 l'année dernière en Ligue Celte et ont un parcours plutôt correct cette année en Pro14 (même poule que les Scarlets). Ils sont à 3 victoires et 3 défaites en 6 matchs, avec notamment une victoire chez Edinburgh, mais aussi une défaite à la maison contre l'Ulster. Ils sont des habitués de la Coupe d'Europe, mais ils finissent toujours 4èmes, souvent avec 6 défaites, comme la saison dernière.

L'équipe alignée lors du dernier match (victoire 31-3 contre les Southern Kings) a été :
Zani, Bigi, Ferrari - Lazzaroni, Budd - Negri, Barbini, Steyn -
Tebaldi, Banks - Sperandio, Sgarbi, Brex, Esposito - Hayward

Bath


L'ancien club de Mike Ford a fini 5ème de la dernière édition de Premiership (seulement les 4 premiers jouent les phases finales) et cette année ils sont 5èmes après 6 matchs, avec 4 victoires et 2 défaites. Ils ont notamment infligé aux Saracens leur seule défaite de la saison jusqu'à maintenant (31-21) et ont gagné chez les Wasps (25-9), mais ils ont aussi perdu à domicile contre Newcastle (32-33).

Ils sont habitués de la Coupe d'Europe, même si la dernière saison ils ont joué la Challenge Cup : ils ont fini 1ers de leur poule, ils ont éliminé Brive en quarts et ils ont perdu chez le Stade Français en demi-finale. Il y a deux saisons, par contre, ils étaient dans la même poule que le RCT et ils ont fini 3èmes. Pour rappel, le RCT avait gagné deux fois, 12-9 à Toulon et 19-14 à l'extérieur.

L'équipe-type évoluera d'ici décembre, mais à l'heure actuelle elle ressemble à :
Obano, Nathan Charles, Perenise - Attwood, Charteris - Louw, Faletau, Underhill -
Fotuali'i, Priestland - Aled Brew, Banahan, Joseph, Rokoduguni - Watson





Voilà pour le RCT et ses trois adversaires dans le Groupe 5 de cette édition de la Champions Cup. Les Scarlets et Bath sont des adversaires d'un niveau correct, mais pas trop haut comme les Saracens la saison dernière, et Treviso est probablement la plus faible équipe des 20 en compétition. Si les Toulonnais jouent leurs matchs sérieusement, la première place du groupe est un objectif réaliste. Mais les faux pas peuvent être payés cher et c'est dès la première rencontre, la réception des Scarlets, qu'il faudra s'appliquer.

lundi 9 octobre 2017

Bordeaux - RCT, 30-27 (Tuisova, Kruger)

L'avant-match


Avec 4 victoires en 6 matchs (dont 3 sur 3 à domicile), le RCT se permet de faire tourner pour le déplacement à Bordeaux - la priorité est donnée aux deux matchs de Coupe d'Europe qui vont suivre. Ainsi, les titulaires habituels Fresia, van der Merwe, Isa, Ashton ou Bonneval sont laissés au repos, tandis que Guirado et Rebbadj sont seulement remplaçants. Néanmoins, les Toulonnais proposent un XV de départ assez impressionnant, aidés par les retours de blessures de Kruger, Monribot, Gorgodze et la première apparition de Radradra, aligné à l'aile.

Le match


... commence avec une forte pression des Bordelais dans la moitié du RCT, mais les Toulonnais résistent. La pression est forte aussi parce que les rares incursions dans le camp de l'UBB se finissent par des en-avants et des nombreux turnovers donnent l'impression d'un match fou. A la 15ème, au terme d'une longue action avec plusieurs changements de possession, les Toulonnais font un en-avant... mais explosent la mêlée Bordelaise qui suit, puis marquent un essai en force. La conquête a été clairement du côté du RCT en 1MT, avec d'autres ballons récupérés sur mêlée (20') ou touche (25') adverses. Malheureusement les deux piliers sont sortis blessés (Setiano dès la 10ème, Chiocci à la 30ème), mais la défense a été bien en place généralement, même si on a concédé un essai avant la pause, et on a surtout bien exploité les ballons de contre (voire plus bas).

La 2MT, par contre, n'a rien eu à voir avec la 1ère. Les 10 premières minutes ont été mauvaises, avec plusieurs pénalités offertes aux adversaires, heureusement leur buteur n'était pas en forme (2/6). Mais les 10 minutes suivantes ont été catastrophiques. Un maul Bordelais a avancé de 25m (!!!) avant d'être écroulé par Delboulbès - essai de pénalité et carton jaune. Puis on se fait pénalisés sur une touche propre sur le 30m adverses, ce qui donne une touche pour l'UBB dans nos 40m, suivie d'un maul et d'un essai au large. Et ensuite un perd le ballon bêtement et sur le turnover on concède le 4ème essai, au large. Le tout en infériorité numérique. Les dernières minutes du matchs ont permis au RCT de revenir au score (30-24) et puis arracher le bonus défensif à la 75ème, mais heureusement qu'on gardait le ballon, quand on ne l'avait pas, on reculait à chaque impact, on n'y était plus.

L'action


La remise en jeu Bordelaise après une pénalité Toulonnaise qui porte le score à 13-3 est longue, directement dans les bras de Padovanni, qui dégage très loin, trouvant une touche :


La touche est vite jouée par l'UBB pour leur 8, qui avance, avant d'être mis au sol sur la ligne médiane. Le bloc du RCT avait monté, mais bien sûr d'une manière un peu désordonnée, alors le 9 adverse sort le ballon vite vers l'extérieur, où il y a un surnombre :


On note que le Toulonnais le plus excentré est Radradra (11), mais que entre lui est la ligne de touche il y a 3 Bordelais, dont 2 trois-quarts. Les arrières de l'UBB ne fixent pas la défense, ils envoient le ballon trop vite à l'aile... et pire, le 13 - misant probablement sur une défense qui glisse, revient à l'intérieur, droit dans les bras de Monribot (6). Les Toulonnais récupèrent ainsi le ballon et ont la possibilité de contre-attaquer :


Comme pour Bordeaux, le jeu est au large, pour contourner le bloc adverse qui n'est pas en place. Mais contrairement à leurs adversaires, les Toulonnais utilisent des longues passes et très rapidement le ballon arrive jusqu'à Padovanni (15), qui a Bastareaud (13) et Tuisova (14) à sa droite - un seul adversaire, l'ailier adverse, devant eux.


Padovanni joue très bien le coup, fixant les défenseurs avant de passer à Bastareaud. Le 12 adverse, fixé par l'arrière Toulonnais, part de derrière et n'est pas en bonne posture pour plaquer son vis-à-vis, qui casse le plaquage et avance. Bastareaud et Tuisova ont un 2-contre-1 à jouer contre le 11 adverse - Bastareaud le fixe avant de passer à Tuisova, lancé dans son couloir :


L'ailier Toulonnais dépose à la course deux avants Bordelais et voit Kruger (4) qui avait suivi. Comme le 10 adverse essaye de couvrir, il tape au pied et son 2ème ligne marque le deuxième essai Toulonnais. Un exemple parfait de comment jouer un contre, en contournant le bloc adverse, en écartant vite le ballon jusqu'à l'aile et en fixant la défense avant de passer le ballon, pour bien profiter du surnombre.

La suite


Ça fait presque plaisir de voir la frustration des joueurs Toulonnais après cette courte défaite (comme après Clermont) - le bonus est un bon résultat vue la rotation d'effectif, mais ils avaient vraiment envie de plus. Comme dans d'autres matchs, le résultat a été acquis grâce à la première période, le RCT n'arrive pour l'instant pas à enchaîner une bonne prestation après la pause, ce qui pourra devenir pénalisant dans le futur. Mais maintenant il faut faire place à la Champions Cup, avec la réception de Scarlets suivie d'un déplacement en Italie - si on est ambitieux, il faudra viser le maximum des points.

samedi 7 octobre 2017

Le changement en chiffres (2)

Le changement en chiffres (2)


Deuxième volet du comparatif statistique entre l'équipe de l'ASSE de cette saison et celle des saisons précédentes : est-ce que les différences aperçues à la précédente trêve internationale sont toujours présentes ?

Lors de la précédente trêve internationale, on a regardé de près les points pris, les buts marqués et encaissés, les tirs effectués et subis, la possession, les passes réussies et les endroits du terrain où l'ASSE a le plus joué. En comparant les chiffres de ce début de saison avec les trois précédentes années (la moyenne sur toute la saison, la moyenne sur les premières journées et la moyenne sur les matchs contre les mêmes adversaires), on a pu remarquer des différences assez intéressantes. En bref, lors de la première tranche de 4 matchs de cette saison, on a encaissé moins de buts qu'avant, même si on a subi plus de tirs. On n'a pas marqué nettement plus, on a même tiré moins souvent, mais en étant plus précis. On n'a pas eu la possession et on a joué bas, plutôt dans nos 30m que dans les 30m adverses. 

Après une autre tranche de 4 matchs (Angers, Dijon, Rennes et Troyes), est-ce que ces différences statistiques restent valables ou bien le style de jeu de l'ASSE d'Oscar Garcia a évolué dans une direction différente ?

La première différence est bien sûr au niveau comptable. Avec 3 victoires lors de la première tranche, les Verts avaient fait un début de saison canon, largement mieux que les précédentes. Malheureusement la petite moyenne de 1,25 points / match lors de la 2ème tranche descend la moyenne de l'ASSE à un niveau comparable avec les saisons précédentes :


Pour l'instant on fait quand même mieux que la saison précédente (que ça soit entière, les premiers 8 matchs ou les matchs contre les même 8 adversaires). Par contre, la tendance est à la baisse et il faut espérer que lors des 4 prochains matchs elle sera inversée.

Tirs et buts


Le nombre de points n'est pas un indicateur, mais le nombre des buts et des tirs peut nous donner plus d'informations. En ce qui concerne les buts marqués (la partie à gauche ci-dessous), on fait légèrement mieux que les deux précédentes saisons (même si on avait connu un mieux départ que cette année), mais pas forcément mieux qu'il y a trois ans. La saison 2014-15 a été aussi très bonne en terme de but encaissés (la partie à droite ci-dessous) et cette saison ne sort pas de l'ordinaire, même si contre les mêmes adversaires la saison précédente on avait encaissé moins de buts. Là aussi la tendance n'est pas très bonne, lors de la 2ème tranche de 4 matchs on a eu la même moyenne des buts marqués que lors de la 1ère, mais on a encaissé plus des buts (1,25 / match au lieu de 0,75 - tous contre Paris, d'ailleurs).


Concernant les tirs pour et contre l'ASSE, les conclusions de la précédente analyse restent valables : on n'a jamais tiré si peu que cette saison, même si on a augmenté notre moyenne de deux tirs / match depuis la dernière trêve. En on subit toujours beaucoup de tirs, beaucoup plus qu'il y a 3 ans, par exemple.

On ne peut clairement pas parler de solidité défensive chez les Verts en ce début de saison : on subit plus des tirs qu'avant et depuis quelques matchs on commence à encaisser plus des buts aussi - si on compte aussi le nombre des montants qui on sauvé Ruffier, on peut raisonnablement s'inquiéter. Par contre, offensivement on reste plutôt efficaces, malgré un nombre des tirs relativement réduit : la raison est la même que lors de la précédente analyse, on cadre beaucoup plus (même moyenne que lors de la 1ère tranche de 4 matchs) :


Style de jeu

Les tirs et leur efficacité ne représentent pas un style de jeu, mais plus un réalisme dans les zones de vérité. Pour mieux analyser le style de jeu, on regarde les deux indicateurs les plus utilisés, la possession et le pourcentage des passes réussies. Pour le premier, les 57% de de moyenne pour les 4 derniers matchs (dont 71% à Troyes) sont à l'opposé des seulement 45% lors des la tranche précédente. Ça porte la moyenne de cette saison à 51%, un chiffre correct, mais légèrement plus faible que les saison précédente (la dernière contre les même adversaires étant même plus faible. Quant au pourcentage des passes réussies (à droite ci-dessous), on reste toujours dans la lignée des saisons précédentes, faisant même légèrement mieux que les deux dernières :


Lors de la précédente analyse, on avait remarqué que le jeu stéphanois passe un peu plus sur les côtés que lors des saisons précédentes. Cette tendance s'est encore plus accentué lors des derniers matchs, où on a passé seulement 19% en moyenne dans l'axe (contre 22% lors de la 1ère tranche) - le match à Dijon étant particulièrement excentré, seulement 13% des actions Verts se déroulant dans l'axe...


Une autre tendance remarquée lors de la première tranche est que l'ASSE de cette saison jouait plus bas (les propres 30m) que haut (les 30m adverses) par rapport aux saisons précédentes. Ce style de jeu a continué lors des derniers matchs, la moyenne de cette saison reste toujours plus grade (nos 30m), respectivement plus petite (30m adverses) que les saison précédentes. Néanmoins, une exception existe : lors du dernier match, à Troyes, on a joué 37% du temps dans les 30m adverses et on a eu 70% de possession - les deux chiffres étant largement au dessus de la moyenne de cette saison ou des précédentes. Et il n'y a pas de débat si c'était un match réussi de la part des Verts ou pas...


Conclusions


Les 4 premiers matchs de la saison nous avaient montré une équipe de l'ASSE pratiquant un style de jeu différent par rapport aux saisons précédente : on jouait bas, sans avoir la possession, mais en gardant la maîtrise, défensive (peu des tirs subis) ou offensive (passes réussies ou tirs cadrés). Les 4 matchs suivants ont montré un visage différent, avec une plus large possession, notamment sur les côtés ou dans les 30m adverses. Mais on tire toujours moins qu'avant (heureusement on cadre toujours plus) et surtout on a commencé à concéder plus des buts. Si le léger changement de style de jeu ne nous a pas permis d'être plus dangereux offensivement, il nous a affaibli défensivement.

Un résumé très simpliste est qu'en début de saison on défendait bas et bien et on était efficaces en contres et que par la suite on a cherché à imposer notre jeu, mais sans efficacité et tout en se découvrant derrière. Ainsi, la différence entre cette saison et les précédentes, qui était assez prononcée sur certains chiffres, commence peu à peu à disparaître. Mais pour l'instant l'équipe est dans une phase de transition, peut-être que la direction prise par l'équipe sera plus claire à la prochaine trêve internationale, après 4 autres matchs de championnat...

lundi 2 octobre 2017

Troyes - ASSE, 2-1 (Hernani)

Échec de rattrapage en cours de match


La deuxième défaite de la saison pour l'ASSE passe moins bien que la première, le résultat étant moins inquiétant que le manque de maîtrise affiché par les Verts. 

Le match contre Rennes d'il y a une semaine a été remarquable par l'adaptation tactique des Verts tout au long de la partie. En passant par plusieurs systèmes et en repositionnant ses joueurs, le staff stéphanois avait réussi à trouver comment rendre son équipe dangereuse. Le match à Troyes y ressemble partiellement, mais seulement d'un point de vue réajustement tactique et replacement des joueurs. Les changements tactiques effectués pendant le match ont semblé plus désespérés que réfléchis et ont surtout été moins efficaces. Le résultat laisse donc un goût amer : une défaite, contre un promu longtemps en infériorité numérique, et aucune certitude tactique acquise à la fin. Mais avant de tirer des conclusions, regardons de plus près l'évolution tactique de l'ASSE tout au long de ce match. 

4-2-3-1 : Cabella en 10, Hernani à droite, Bamba avant-centre


A partir du 11 de départ on pouvait facilement imaginer des Verts alignés en 4-3-3 avec Cabella et KMP sur les ailes et Diousse, Pajot et Hernani en milieux axiaux. Cependant, ça a été très vite évident que Hernani était censé jouer en milieu droit et Cabella dans l'axe, dans une espèce de 4-4-1-1 :


Les positions des joueurs changent avec le ballon et pour mieux comprendre l'animation stéphanoise, regardons une action de bout en bout, avec un départ de Ruffier à la 24ème :


La sortie de balle est propre (Troyes ne faisait pas de pressing), KTC donne le ballon à Diousse, qui envoie le jeu sur le côté droit. Bamba décroche et Cabella prend sa place d'avant-centre. Hernani, se projette dans l'espace laissé par Bamba. Dès que la passe de Diousse est partie, Janko commence son sprint - combiné avec l'appel de Hernani, ça offre plusieurs solutions à Bamba. Malheureusement, ce dernier est indécis et prend son temps (4 secondes), avant de rendre le ballon à Diousse :


Finalement Janko reçoit le ballon, Cabella, Hernani et Bamba sont tous sur le côté pour l'aider... mais ni lui, ni Diousse n'ont le courage d'essayer une passe ou un dribble et ils se passent le ballon pendant 10 secondes :


Il faut remarquer que leurs coéquipiers étaient bien enfermés par le bloc Troyen, qui avait coulissé de ce côté - les joueurs les plus éloignés étaient à quelques mètres de l'axe du terrain. Quand un bloc défensif est bien serré d'un côté, le jeu est de passer de l'autre, ce que Diousse fait en passant par KTC...


... qui joue en retrait avec Ruffier ! Le temps que le ballon arrive à Pajot, venu relayer à gauche, le bloc adverse avait déjà coulissé (on voit la position axiale du milieu latéral opposé) :


Si c'est finalement fermé de ce côté, on rechange - via KTC et Perrin :


Cabella avait décroché (dans une position de 8) et Hernani avait pris sa place entre les lignes (dans une position de 10). Le ballon suit le trajet naturel et Janko est lancé dans son couloir - un changement de côté joue vite, un décalage bien préparé... jusqu'à la dernière passe, qui est trop forte et va directement en touche.

Cette action est représentative de la 1ère période stéphanoise - certains joueurs ont beaucoup bougé pour proposer des solutions et ainsi des décalages ont pu être créés, surtout sur le côté droit (en tout début et en fin de cette action, par exemple). Et tout a été gâché par des transmissions lentes, peu inspirées ou parfois tout simplement imprécises.


4-4-2 : Cabella à gauche, Hernani à droite, Bamba avant-centre


Changement tactique à la pause, KMP - cantonné dans un rôle d'ailier bien excentré sur le côté le moins utilisé - sort pour laisser la place à Söderlund. Une réorganisation tactique possible était de passer Bamba en ailier (à la place de KMP), mais le choix a été fait de jouer avec deux avant-centres et de décaler Cabella à gauche. Voici un exemple à la 51ème :


Janko avance avec le ballon de son côté et combine avec son "milieu excentré", Hernani. Celui-ci sort dans l'axe pour Diousse et cette fois-ci le jeu est vite et proprement envoyé vers le côté opposé : 


Cabella attend le ballon là-bas, Bamba et Söderlund se trouvent dans l'axe, Hernani se place comme un vrai ailier sur cette phase de possession (en peu à l'intérieur vu que son latéral est très haut). RPG fait le choix de ne pas donner le ballon à Cabella, qui aurait été en situation de un-contre-un avec le défenseur...


... et il décide de revenir dans l'axe, où Diousse essaye un ballon en profondeur intercepté par la défense. En plus de voir le positionnement des joueurs offensifs stéphanois, cette action nous permet de souligner le changement de côté réussi... et le mauvais choix de RPG. Même pas 2 minutes plus tard, les Verts effectuent le même type d'action, Cabella reçoit le ballon, réussit à passer le défenseur et son centre en retrait est repris par Hernani pour l'égalisation...

4-4-2 : Cabella à gauche ou relayeur, Hernani relayeur, Bamba avant-centre ou à gauche


61ème, nouveau changement tactique, Diousse, milieu axial, sort et Hamouma entre. La réorganisation tactique est plus évidente, c'est Hamouma qui passe ailier droit et Hernani en milieu axial. On peut toujours parler de 4-4-2 (Bamba et Söderlund en pointe), mais parfois Cabella quitte son aile gauche pour jouer en 10 et Bamba se décale sur ce côté. A titre d'exemple, à la 66ème, Cabella est trouvé sur la gauche par RPG :


Le bloc adverse est très bas, dans leurs 30m, Cabella peut ainsi traverser toute la largeur du terrain ballon au pied en cherchant une solution de passe. Elle ne vient pas, Söderlund, Bamba, Hamouma et Pajot se plaçant tous dans l'axe :


Ils sont impossible à trouver par une passe, les milieux axiaux Troyens ferment les angles. Cabella donne le ballon à Hernani, qui envoie plus loin sur le côté gauche à RPG :


Bamba décroche pour lui proposer une solution, mais Cabella prend sa place avec les autres, dans l'axe, couvert par les milieux. Comme Bamba a été suivi par le défenseur, RPG choisit de revenir vers Hernani...


... qui ne peut toujours pas trouver ses 4 coéquipiers qui sont contents d'attendre le ballon entre les lignes, les uns à côté des autres. Le salut ne peut venir que par les côtés - à droite Janko est tout seul (même si Perrin monte pour proposer une solution - les 9 joueurs de champ Troyens étant tous dans leurs 30m), à gauche il y a Bamba en vrai ailier et RPG :


Le premier est trouvé, le deuxième fait un appel en profondeur pour attirer le latéral adverse, on a quatre joueurs aux abords de la surface, le centre est la meilleure option... sauf qu'il est complètement raté.

4-4-2 : Cabella et Hernani relayeurs, Bamba à gauche


Et à la 70ème, un nouveau changement tactique, Diony entre en avant-centre et Perrin sort, blessé. Pajot recule en défense centrale et le 4-4-2 est préservé : c'est Cabella qui recule en position de milieu axial (avec Hernani) et Bamba prend le couloir gauche. L'exemple choisi commence à la 75ème, avec un jeu sur la droite (tout le bloc adverse est serré de ce côté) et un changement de côté proprement fait :


RPG reçoit le ballon et il essaye de combiner avec Bamba - un jeu dans le couloir de plus classiques :


Comme c'est bouché de ce côté, RPG ressort avec Hernani qui rejoue avec sa défense :


Si sur l'image précédente Hamouma se trouvait très excentré à droite, sur celle-ci il est arrivé dans l'axe. Le bloc Troyen a donc été serré vers ce côté et Janko se trouve libre à droite


Le ballon n'est pas envoyé de ce côté, mais KTC essaie une passe en profondeur. C'était plutôt bien vu, Hamouma, Söderlund et Loïs Diony se trouvent tous dans l'axe et font un appel en même temps, contre un seul défenseur. Malheureusement, comme un symbole, le ballon arrive sur la tête du défenseur...


Conclusions


Si on veut résumer l'approche offensive stéphanoise lors de ce match, c'est plutôt simple - le jeu est censé passer par les côtés : à gauche avec l'ailier et à droite avec le latéral, son milieu excentré jouant très axial. Tant que les joueurs s'appliquaient lors des changements de côté ou de la circulation du ballon, ça pouvait fonctionner - malheureusement ça n'a pas été le cas souvent. Et même quand ça a marché, il fallait ensuite réussir les centres - secteur de jeu que les Verts ont vraiment raté lors de ce match. Vu le bloc Troyen bas et regroupé, cette approche offensive avait du sens tactiquement - les déchets techniques sont une autre histoire. Par contre, ce qui a moins de sens, c'est de voir tous les efforts entrepris à trouver quel joueur pouvait remplir au mieux chaque rôle. Non seulement on a changé de système en cours de match, non seulement on a fait entrer 3 nouveaux attaquants en 2ème période, mais Cabella, Bamba et Hernani ont été repositionnés partout sur le terrain. Il est tout simplement impossible de créer des automatismes comme ça, donc toujours peu probable de voir les Verts développer un jeu collectif bien huilé.

La trêve internationale arrive au bon moment, il faut espérer qu'elle permettra au staff stéphanois d'avoir des idées plus claires de ce qu'il peut obtenir avec l'effectif actuel. Il est évident que les joueurs ont besoin de temps pour assimiler ce que leur nouvel entraîneur veut - mais leur tâche peut être facilitée si les demandes sont plus simples et ne changent pas si souvent, surtout pas plusieurs fois pendant un seul match...

dimanche 1 octobre 2017

RCT - La Rochelle, 26-20 (Bonneval)

L'avant-match


Le match contre La Rochelle a des enjeux plus importants qu'on pourrait croire à première vue. Il s'agit tout d'abord de confirmer devant un gros, loué par tout le monde pour la qualité du jeu produit. Mais surtout, une victoire permettrait au RCT de faire tourner la semaine suivante, à Bordeaux, pour préserver leurs forces pour les matchs de Champions Cup. Par contre, une défaite à domicile pourrait vite semer le doute au sein de l'effectif et du staff Toulonnais, chose à éviter à tout prix par une équipe en pleine reconstruction, qui cherche toujours une identité de jeu. Bref, pour la première fois de la saison, le résultat peut être plus important que la manière pour le club de la Rade...

Le match


... démarre parfaitement pour le RCT avec un essai au bout de 3' (voire plus bas) et continue ensuite sur un rythme effréné, les deux équipes étant très joueuses. Les Toulonnais pratiquent un rugby très intelligent, attaquant souvent, sortant les balles à la main de leur propre camp, mais aussi utilisant très bien le jeu au pied pour faire reculer les Rochelais, comme à la 13ème ou la 18ème. Les impacts sont Toulonnais, mais les libérations lentes, donc peu de déséquilibres sont créées. Un maul du RCT après une touche à 5 à la 24ème est écroulé sur la ligne : essai de pénalité et un jaune pour La Rochelle... et puis un autre jaune à la 34ème pour un en-avant volontaire, il n'y a pas de photo, la 1MT a été entièrement Toulonnaise.

La 2MT par contre, c'est une autre histoire. La Rochelle a mis la main sur le ballon et a commencé à enchainé les longs temps de jeu, comme par exemple entre la 51ème et la 53ème, intervalle passé presque entièrement dans les 22m Toulonnais, mais la défense du RCT était vraiment en place : les ailiers qui coupent la ligne, les prises de défenseurs debout, tout était bien fait. Le 1er essai Rochelais intervient suite à une chandelle trop longue et une relance de leur camp. Et à la 69ème, après plusieurs attaques Toulonnaises ratées (surtout à cause des en-avants ou des lancés en touche pas assurés), un nouvel essai pour La Rochelle, suite à une touche dans les 22m du RCT, porte le score à 23-20. Avec 10 minutes à jouer, le match semblait échappait aux Toulonnais, mais c'était sans compter sur le sérieux de leurs avants : pénalité obtenue sur mêlée à 40m, puis une autre sur la touche qui a suivi et Belleau finit le match avec 100% de réussite, portant le score à 26-20 avec 5 minutes à tenir. Un dernier temps fort énorme de La Rochelle dans les 22m Toulonnais se conclut par une défense héroïque et un ballon récupéré par Tuisova dans un ruck, assurant ainsi la victoire.

L'action


Le coup d'envoi du match est donné par La Rochelle, le ballon récupéré sur les 40m par le RCT et après un temps de jeu, Tillous-Borde (9) renvoie le jeu dans les 22m adverses, d'où l'arrière dégage en touche :

Premier lancé de jeu du match, les Toulonnais se disposent sur la largeur :


Rebbadj (4) capte le ballon, il le donne à Tillous-Borde (9), qui envoie McAllister (12) pour une première percussion. Puis une 2ème de Taofifénua (5)...


... et une autre de Bastareaud (13), tous arrêtés sur la ligne des 22m. Tillous-Borde inverse le jeu et après une autre impact de van der Merwe (3)...


... il passe le ballon à Belleau (10). Le demi d'ouverture combine avec McAllister (12), qui défie la défense avant de redonner le ballon à Belleau, qui contourne un groupe de défenseurs avant d'être mis au sol dans les 22. Après avoir balayé le terrain de gauche à droite et de droite à gauche, Tillous-Borde envoie de nouveau vers la droite, avec Isa (7) :


Après encore un point de fixation, la stratégie Toulonnaise change. On passe à un jeu à zéro passes, avec Ashton (11), puis Manoa (8), Guirado (2) et Rebbadj (4) prenant le ballon et fonçant droit devant :


La plus grande réussite à ce jeu appartient à van der Merwe (3) qui est mis au sol seulement sur la ligne des 5m. Le but n'était pas forcément d'avancer, mais surtout de resserrer la défense, les Rochelais n'étant plus disposé de la même manière entre l'image précédente et la suivante :


Les trois-quarts Toulonnais sont disposés sur la largeur, la défense glisse et Tillous-Borde (9) essaie de passer par le petit trou ouvert - il est malheureusement plaqué sur la ligne et ne parvient pas à aplatir.  Mais après encore un temps de jeu...


...le surnombre Toulonnais au large est encore plus important (est c'était pareil de l'autre côté). De plus, comme la semaine dernière, les attaquants du RCT, Belleau 10 et Tuisova 14 dans ce cas, font des courses vers l'intérieur, empêchant la défense de glisser jusqu'à l'aile, où Bonneval (15) reste tout seul pour recevoir l'offrande de Bastareaud (13). Un essai au bout de 2:40 de jeu pendant lesquelles La Rochelle a touché le ballon 1 fois, pour le dégager en touche - une entame de match parfaite.

La suite


Ça y est, le contrat est rempli, cette quatrième victoire en 6 matchs - et deuxième consécutive - fera du bien au moral. Et les adversaires rencontrés ont été de haut niveau - les 3 premiers de la saison dernière, en plus du Stade Toulousain (3ème à l'heure actuelle). Bref, cette victoire permettra aux Toulonnais de faire tourner un peu la semaine suivante pour attaquer la Coupe d'Europe en meilleures conditions. Et la gestion très intelligente de la première période, ainsi que la belle défense de la deuxième sont des éléments très rassurant pour la suite.