dimanche 24 juin 2018

Mercato d'été 2018 (1)

Le mercato d'été s'annonce très actif du côté de Saint-Etienne, même si les deux derniers exercices ont aussi vu des nombreux mouvements, dans les deux sens. La volonté des dirigeants est claire : s'appuyer sur ce qui a marché lors des derniers mois, avec une staff reconduit (Gasset-Printant) qui demande des vrais renforts, qualitatifs, pas quantitatifs. Mais aussi une volonté de réserver des places pour les jeunes issus du centre de formation.

L'effectif fin juin


Ruffier, Moulin, Cremillieux
Perrin, Subotic, Lacroix, Cabaton, Nadé
Debuchy, Silva, Pierre-Gabriel, Janko, MBengue, Polomat
M'Vila, Selnaes, Diousse, Maïga, Souici, Pinheiro, Rocha, Camara, Martin-Pichon
Hamouma, Tannane, CabellaNordin, Vagner, Chambost, Ghezali
Beric, Diony, Baghdadi

En italique les joueurs à un an de la fin de leur contrat (ou déjà en fin de contrat, mais avec des propositions claires de la part du club).


L'équipe-type, le groupe, les jeunes pour compléter


Pour une autre saison sans Coupe d'Europe, le staff stéphanois n'aura pas besoin d'un groupe très étoffé. Il ne faut clairement pas avoir deux équipes de pros, surtout dans l'optique de réserver des places pour les jeunes. Ainsi, en se basant sur l'équipe-type des derniers mois, on peut en supposer :

Equipe-type
Ruffier - Debuchy, Perrin, Subotic, Silva - M'Vila, Selnaes - Hamouma, Cabella, Recrue - Recrue

Remplaçants
Moulin, RPG, Recrue, Diousse, Maïga, Nordin, Diony

Jeunes pour compléter
Cremillieux - Cabaton, Nadé - Souici, Rocha, Camara - Vagner, Chambost, Ghezali - Baghdadi

Départs ou pas utilisés
Lacroix, Janko, MBengue, Polomat, Pinheiro, Tannane, Beric

Prolongations
Subotic, Cabaton, M'Vila, Rocha, Nordin

Signatures
Debuchy, Cabella, ailier, avant-centre, un troisième central


D'un point de vue financier


Il ne sera pas facile pour l'ASSE de réussir ce mercato, vu qu'il n'y a pas eu d'entrée au capital. Trois recrues, dont deux offensives pour être titulaires, il n'y a probablement pas d'argent pour ça, surtout avec une explosion de la masse salariale (Debuchy, Cabella, M'Vila) et l'achat de Cabella. Rien que dans cette logique, garder Beric (en le prolongeant) et peut-être Lacroix (?!?) pourrait avoir du sens. A moins qu'une grosse vente (Selnaes, Diousse, RPG) vienne remplir les coffres, mais créant le besoin d'une recrue supplémentaire.


Bref, on se dirige vers un mercato mouvementé et un groupe melangé entre joueurs très forts et expérimentés et jeunes. En espérant que la mayonnaise prenne...



samedi 23 juin 2018

RCT, Coupe d'Europe ! (2018-19)

Comme la saison dernière, le tirage au sort de la future Coupe d'Europe a été clément avec le RCT. Placés dans la groupe 5, ils affronteront Montpellier, Newcastle et Edinburgh.

Montpellier a fini premier du Top 14 après avoir été un solide leader durant toute la saison... mais ils ont perdu en finale contre Castres. C'est une équipe en constante progression les dernières années (3e et éliminé en barrages la saison précédente) et qui n'a pas encore la maturité des compétitions européennes. Ils ont fini 3e de leur poule de Champions Cup, derrière Leinster et Exeter, avec seulement deux victoires.

Newcastle a fini quatrième du championnat anglais, à égalité des points avec le 5e, et a perdu séchement (36-5) en demi-finales contre Exeter. C'est déjà mieux que la saison précédente, finie à la 8e place. Du coup lors de la saison 2017-18 ils ont joué la petite coupe d'europe, où ils ont fini premiers de leur poule (6 victoires sur 6) en se hissant ensuite jusqu'à en demi-finale, perdue contre Gloucester.

Edinburgh a fini troisième de sa poule du Pro 14, ce qui l'a qualifiée pour les phases finales, où elle a perdu d'entrée contre le Munster. C'est déjà mieux que la saison précédente, finie à la 9e place (sur 12). Du coup lors de la saison 2017-18 ils ont joué la petite coupe d'europe, où ils ont fini premiers de leur poule (5 victoires sur 6) en se faisant ensuite éliminés dès le quart par Cardiff, futur vainqueur. 


Bref, une poule dans laquelle le RCT se disputera normalement la première place avec Montpellier. Quand on sait que lors de leurs trois sacrés ils avaient fini premiers en poules et lors des trois saisons suivantes ils ont fini meilleurs deuxièmes et éliminés dès les quarts par la suite, l'objectif devrait être clair pour les Toulonnais...

dimanche 17 juin 2018

Les buts verts 2017-18

Les Verts nous manquent - voici quelques statistiques pour faire passer le temps en attendant la reprise de l'entraînement dans moins de deux semaines...

Types de buts


Il y a eu 51 buts marqués et 52 encaissés par l'ASSE lors des 41 matchs (toutes compétitions confondues) disputés lors de la saison 2017-18. Certains de ces buts ont été inscrits dans le jeu, d'autres suite à un coup de pied arrêté (CPA) et d'autres sur penalty ou des buts contre son camp. On différencie les buts inscrits dans le jeu entre ceux qui ont découlé d'une action construite (par exemple une relance qui part du gardien) et ceux qui ont suivi la récupération du ballon de l'adversaire (un contre, une récupération haute, etc.). Comme les Verts ont montré deux visages complètement différents lors des deux moitiés de la saison, les chiffres qui suivent sont aussi présentés en deux parties, pour les matchs avant et après la trêve hivernale.

En ce qui concerne les buts encaissés :


Il n'y a rien à dire, la différence défensive entre les deux périodes de la saison est énorme, quasiment  deux fois plus de buts encaissés lors de la première. La proportion des buts pris dans le jeu a baissé un peu après Noël, mais pas significativement. Par contre, si les buts qui ont suivi une action construite par l'adversaire ont le même poids, l'ASSE a encaissé une proportion plus faible des buts suite à ses pertes de balle - la maîtrise technique a été d'un autre niveau à partir de janvier.

Quant aux buts marqués par les Verts :


 Il y a de nouveau une différence quantitative significative entre les deux périodes, pour faire simple : la différence de buts a été de -15 avant Noël et +14 après... Mais ce n'est pas juste la quantité qui a changé, c'est aussi le type des buts inscrits par les Verts. Sous Garcia et Sablé, l'attaque stéphanoise s'est surtout montrée efficace sur des phases statiques, surtout sur penalty (25% des buts !). Sous Gasset, c'est le jeu qui est devenu important, 75% des buts étant marqués suite à une action construite ou une phase de transition. D'ailleurs, si on regarde seulement ce type de buts (donc des contres, des récupérations hautes, des erreurs adverses), la différence de buts est -5 avant Noël et +9 après. Ce n'était plus les adversaires qui profitaient des erreurs des Stéphanois, c'est devenu l'inverse...


Contribution des joueurs


Pour regarder les joueurs qui ont le plus contribuer offensivement du côté de l'ASSE, il ne faut pas se limiter au nombre de buts marqués ou à ce qu'on appelle passe décisive. Pour chaque but on prend en compte "l'avant-dernier" joueur, mais aussi d'autres qui ont été "impliqués" dans l'action, juste avant le but (par exemple, avant-avant dernier stéphanois qui joue le ballon). Pour prendre quelques exemples parmi les derniers matchs, contre Bordeaux, KMP sert Beric dans la surface, qui obtient une faute et le penalty est transformé par Cabella. Le but est pour le dernier, mais Beric est compté en tant qu'avant-dernier et KMP comme impliqué dans le but - s'il n'y avait pas faute, ça aurait été un but pour Beric et passe décisive pour KMP. Contre Lille, lors du premier but, Selnaes (impliqué) fait une belle passe en profondeur pour Hamouma (avant-dernier), qui tire et sa frappe est repoussée dans les pieds de Bamba, qui marque. Lors du dernier but du même match, Bamba (impliqué) et Tannane (avant-dernier) combinent et éliminent les défenseur, la frappe du dernier étant repoussée dans les pieds de Malcuit - but csc.

Même si cet exercice est plus difficile à effectuer - il faut regarder les images, non seulement les chiffres secs - on considère qu'il est plus relevant pour la vraie contribution offensive des joueurs. Ainsi, les Stéphanois ayant contribué à au moins 5 buts lors de cette saison sont :


Le podium est constitué sans surprise du trio offensif Bamba - Cabella - Hamouma. Beric est a joué seulement à partir de janvier - avec une saison pleine sur les bases de la 2e moitié, il serait dans le même ordre de grandeur que les trois autres, constituant ainsi le meilleur quatuor offensif des Verts. 

D'autres joueurs ont contribué aux buts stéphanois (inscrits, avant-dernier, impliqué) : quatre chacun pour Hernani (4,0,0), Pajot (2,2,0), Silva (1,2,1), trois chacun pour Subotic (2,1,0), Diousse (1,0,2), KTC (0,1,2), deux chacun pour Maïga (2,0,0), Ntep (1,0,1), Tannane (0,2,0), Perrin (0,1,1) et un seul pour MBengue (0,1,0), Söderlund (0,1,0), RPG (0,0,1).

On remarque avec surprise que Janko et M'Vila ne sont pas présents dans cette liste, malgré leur gros temps de jeu lors de la première (pour le latéral) et la deuxième moitié de saison (pour le milieu). La qualité des centres du premier y est pour quelque chose et le deuxième paye le fait que seulement les dernières contributions à l'action sont prises en compte : il oriente le jeu bas, mais la suite de l'action ne dépend plus de lui.




La quantité et le type des buts marqués et encaissés montrent clairement la différence de qualité dans le jeu entre les deux moitiés de la saison. On ne peut que se réjouir si l'ASSE continue sur les mêmes bases (staff technique, projet de jeu) que les derniers mois. Par contre, sur les 5 joueurs les plus importants offensivement, 3 ne sont plus sous contrat avec le club et 1 n'a plus qu'un an de contrat - il ne faut pas se rater lors du mercato...

vendredi 8 juin 2018

Les blessures vertes (3)

Pour la première fois depuis plusieurs années, les Verts ont disputé une saison allegée en nombre de matchs. Est-ce que l'absence de la Coupe d'Europe a eu un impact sur le nombre de blessés dans l'effectif ? 

L'effectif stéphanois a subi des nombreuses blessures musculaires lors des deux saisons précédentes. Le fautif évident a été la participation à la Coupe d'Europe, surtout avec des tours préliminaires, donc une préparation plus courte et des matchs tous les trois jours d'août à décembre. Les précédents passages en revue des blessures stéphanoises (2015-16 et 2016-17) ont bien mis en évidence l'impact de ces absences sur l'effectif, les joueurs les plus "fragiles" et la rotation "subie" (des matchs importants ratés par des cadres).

La saison qui vient de finir est intéressante, car elle très différente des autres. Elle contient un nombre limité de matchs, avec des staffs techniques et des méthodes de préparation différents et avec un effectif qui a beaucoup changé. Quelles ont été donc les différences en terme de blessures pour l'ASSE ?

Le tableau récapitulatif


Comme une image vaut mille mots, on essaye d'illustrer l'utilisation des principaux joueurs stéphanois lors des deux périodes distinctes, en 2017 et en 2018. La légende est simple : vert pour un joueur titulaire, jaune pour un joueur sur la feuille de match, gris pour un joueur qui n'était pas au club et blanc pour un joueur au club, mais pas dans le groupe pour des différentes raisons (suspendu, choix de l'entraîneur, etc.). Et bien sûr, rouge pour une blessure - on a fait le choix de considérer les absences ponctuelles suite à des maladies (une grippe, une gastro, etc.) par une case blanche, pas rouge - même si la cause est médicale, ça n'est pas une blessure.

Pour les 20 premiers matchs de la saison, jusqu'à Noël :



Et pour les 21 autres matchs, en 2018 :


La différence est clairement visible entre les deux périodes, il y a beaucoup moins de rouge lors de la phase retour. Et cette période Gasset est aussi plus uniforme, il y a moins de rotation dans le groupe.

Il existe clairement une corrélation entre le changement de staff à la trêve hivernale et la réduction des blessures. Mais l'apport des recrues de janvier ne peut pas être négligé non plus : non seulement ils n'était pas fragiles (Ntep étant l'exception), mais en plus leur professionnalisme a eu un effet positif sur les autres, si on croit Jean-Louis Gasset.

Les joueurs


Ensuite, si on regarde joueur par joueur, on peut identifier clairement ceux qui ont été les plus fragiles. Le pourcentage ci-dessous représente le nombre de matchs ratés sur blessure par rapport aux matchs où le joueur était réellement disponible (si le joueur est suspendu ou ne fait pas partie des plans de l'entraîneur, le fait qu'il soit blessé ou pas n'est pas relevant). Ainsi, les joueurs qui ont manqué sur blessure plus de 20% de leurs matchs possibles sont :
  • Pogba - 59% suite à une grosse entorse à la cheville en amical et une blessure à la cuisse avant Noël
  • Perrin - 30% suite à des blessures musculaires, au mollet et deux fois aux ischios
  • RPG - 27% suite à une blessure au mollet, une aux ischios, mais aussi une tendinite, une lombalgie ou un coup sur le tibia...
  • Silva - 26% suite à des blessures aux ischios, au mollet et une entorse au genou en fin de saison
  • Pajot - 26% suite à une blessure musculaire contractée avant le début de la saison, à une autre (adducteurs) en fin de saison, mais aussi à un choc à la tête
  • Hamouma - 22% suite à deux blessures musculaires en 1e partie de saison, au mollet et une déchirure derrière la cuisse lors d'un corner lors d'un triste soir de novembre...
  • Cabella - 20% suite à une fracture d'un orteil en 1e partie de saison et une fracture d'un meta-tarse en tout fin de saison (et probablement début de la saison suivante)
Pas toutes les blessures sont musculaires, bien sûr. C'est le mollet qui a été le muscle le plus touché, presque exclusivement en première partie de saison. En plus des joueurs ci-dessus, Diony, Selnaes, Maïga et MBengue y ont été touchés aussi. Un total de 8 joueurs différents qui ont souffert du mollet cette saison...

A l'opposé, il y a des joueurs beaucoup plus fiables : Ruffier, Janko, Debuchy, Subotic, Lacroix, Hernani, Bamba et Beric n'ont raté aucun match sur blessure cette saison ! Et Moulin, MBengue, MVila et Söderlund un seul. La moitié de l'équipe-type de la bonne période se trouve dans cette liste... et une bonne partie de cette équipe qui a surperformé à partir de janvier se trouvait souvent à l'infirmerie lors de la première moitié...


Conclusions


Il n'y a pas besoin d'une analyse très approfondie pour comprendre influence toujours importante des blessures sur les résultats des Verts cette saison. Même sans Coupe d'Europe, on a réussi à plomber la phase aller avec des nombreuses blessures musculaires (un gros problème avec les mollets), des joueurs importants absents et l'impossibilité d'aligner toujours la même équipe. Il est évident que l'apport du duo Gasset-Printant et des recrues n'a pas été seulement dans le domaine tactique, technique ou de la confiance... il a été aussi dans le domaine physique. Et pour une troisième année consécutive on se dit qu'on aurait pu mieux faire si on avait eu moins de blessés... mais pour la première fois, ça concerne qu'une moitié de la saison. 

dimanche 27 mai 2018

L'équipe-type de la saison 2017-18

On vient de vivre une saison pas comme les autres, avec 3 entraîneurs différents et avec beaucoup de transferts : il est donc impossible d'identifier une seule équipe-type pour l'ASSE 17-18.

Comme le staff technique stéphanois a changé dans une saison plus que sur les 10 dernières années, on doit regarder les joueurs utilisés par chaque entraîneur. Mais Oscar Garcia et Jean-Louis Gasset ont vécu des mois d'août et janvier avec un mercato très actif, avec un effectif qui a beaucoup tourné. On peut donc identifier 5 périodes différentes dans la saison des Verts, deux pour Garcia et Gasset (avant et après la fin des mercatos respectifs) et une pour Sablé. Même si officiellement le dernier match avant Noël a été sous la responsabilité de Gasset, il est compté dans la "période Sablé" : on considère que changer d'entraîneur une heure avant le coup d'envoi (pour ne pas payer une amende) n'est pas relevant pour la tactique ou le choix des joueurs.

Pour chaque période, on regarde les 11 joueurs avec le plus de titularisations et les 7 autres joueurs avec le plus de présences sur la feuille de match. Pour les titulaires, on compte le nombre des matchs démarrés et les minutes jouées à leur poste - les matchs démarrés à un autre poste ou le fait d'avoir dépanné en cours de match n'est pas pris en compte. Pour les remplaçants, on compte le nombre des présences sur la feuille de match et le nombre total des minutes jouées, peu importe le poste. Ces chiffres couvrent toutes les compétitions, pas seulement la Ligue 1.

Garcia - pendant le mercato


4 matchs, joués principalement (75%) en 4-3-3, avec en moyenne par match : 2,25 points, 1,5 - 0,75 buts.


Il y a plusieurs joueurs de champ qui ont démarré tous les matchs de cette période, surtout en défense. L'adage "on ne change pas une équipe qui gagne" s'applique ici, les trois premiers matchs de la saison étant trois victoires sans but encaissé.

Garcia - après le mercato


9 matchs, joués principalement (66%) en 4-3-3, avec en moyenne par match : 1,11 points, 1,0 - 1,44 buts.


L'équipe commence à changer, surtout suite aux blessures (la plus importante étant celle de Perrin). Aucun joueur de champ n'a démarré tous les matchs de cette période, les plus proches étant KTC (suspendu un match) et Pajot (suspendu deux matchs). Il faut aussi observer le rôle ingrat de Bamba, qui n'apparaît pas titulaire, même s'il a démarré six matchs : il a été titulaire à l'aile moins de fois que Hamouma ou Cabella et titulaire en pointe moins de fois que Diony...

Sablé


7 matchs, joués en 4-3-3 (43%) et 4-2-3-1 (43%), avec en moyenne par match : 0,28 points, 0,71 - 2,42 buts.


Sous Sablé, l'équipe change toujours suite aux blessures et suspensions, au point qu'aucun joueur (même pas le gardien) ne démarre tous les matchs. Les absences obligent le staff de mettre sur la feuille de match des joueurs moins utilisés auparavant, on note ainsi l'apparition en tant que "remplaçants" de Pogba, MBengue, Hernani et Söderlund, beaucoup plus souvent que sous Garcia. Dabo apparaît en tant que remplaçant pour la même raison que Bamba lors de la précédente période, il a été baladé entre les postes de latéral, de milieu et d'ailier, en ne s'imposant nulle part.

Gasset - pendant le mercato


6 matchs, joués principalement (83%) en 4-2-3-1, avec en moyenne par match : 1,66 points, 1,16 - 1 buts.


De nouveau, il n'y a aucun joueur qui démarre tous les matchs - mais cette fois-ci les absences sont délibérées, pas subies, Gasset procédant à une forte rotation lors des matchs à Metz et Troyes (en Coupe). C'est le poste de latéral droit où on a changé le plus souvent, Janko démarrant 2 matchs, RPG deux autres (les deux avec un forte rotation), KTC une fois, Gabriel Silva aussi. On remarque aussi que Pajot, joueur parmi les plus utilisés sous Garcia et Sablé n'apparaît même pas sur la liste des remplaçants...

Gasset - après le mercato


15 matchs, joués principalement en 4-2-3-1, avec en moyenne par match : 1,93 points, 1,66 - 0,8 buts.


On retrouve de nouveau des joueurs de champ qui ont démarré tous les matchs (les recrues Debuchy et Subotic) et plusieurs autres avec un gros temps de jeu. L'équipe est stable, des joueurs comme Janko, MBengue ou Hernani n'apparaissent même plus sur la liste des remplaçants, pendant que d'autres titulaires avant Noël (Pajot, RPG, KTC) ne démarrent plus les matchs, se contentant de faire le nombre sur le banc. Hamouma démarre quand même 11 matchs, mais moins souvent que Beric en pointe et que Bamba à l'aile droite : ces deux postes ont été les seuls à observer une rotation (entre les trois joueurs), tous les autres avaient un titulaire indiscutable. A noter aussi que KMP s'est imposé à l'aile gauche, devant la recrue Ntep.



Conclusions


Pour toute personne qui a suivi la saison de l'ASSE, ce n'est pas surprenant de voir que les meilleures périodes ont été août 2017 et février-mai 2018, la deuxième étant plus représentative, avec 15 matchs. Ce sont les périodes avec le plus de stabilité dans l'équipe-type. Et bien évidemment, à l'opposé, la pire période a été celle de Sablé entre novembre et décembre 2017, avec un groupe différent suite aux nombreuses absences. En plus, ce groupe a mis du temps à digérer la claque prise lors du derby.

Il y a d'autres joueurs qui ont participé à cette saison, à part ceux listés dans les 5 groupes de 18 ci-dessus, on a aussi pu appercevoir Karamoko, Souici, Camara, Gonçalves et Chambost, pendant que d'autres ont fait des apparitions sur la feuille de match sans entrer sur le terrain (Guendouz, Maisonnial, Katranis, Fofana, Rocha Santos, Baghdadi).

lundi 21 mai 2018

ASSE - Lille, 5-0 (Bamba, Hamouma x3, csc)

C'est la fin !


La dernière analyse tactique de la saison 2017-18 est là, pour accompagner comme il se doit la belle prestation stéphanoise.


La fin d'une saison très particulière, la fin d'une superbe aventure et d'une impressionnante remonté au classement, la dernière apparition sous le maillot vert pour plusieurs joueurs et probablement la fin de la période Romeyer-Caïazzo. Il y a beaucoup de chapitres qui ont été fermés avec ce dernier match de la saison. Les Verts ont fini sur une belle note, dans une ambiance tout simplement magnifique, même s'il reste un léger sentiment d'amertume par rapport à l'Europe ratée à la différence de buts et un peu d'inquiétude par rapport à ce que le futur modèle de gestion amènera.

Pour revenir à la victoire contre Lille, il est difficile de faire une analyse tactique, il n'y a pas vraiment eu match. Les adversaires n'étaient pas venus pour bétonner (se prendre un but en contre, à l'extérieur, dans les 10 premières minutes, ça doit être assez rare), mais ils n'étaient pas très motivés de produire grande chose non plus. Les Verts se sont donc baladés et leur supériorité a été plus le fruit de l'implication, que d'une approche tactique. Néanmoins, il y a quelques renseignements à tirer d'un court passage en revue des différents tactiques aperçues pendant le match.


Schémas tactiques


Les deux systèmes de jeu sont visibles dès l'entame du match, 4-2-3-1 de chaque côté :


Pour l'ASSE, en phase défensive sur cette image, le système est beaucoup plus proche du 4-4-2, avec Hamouma et Beric en charge de contrarier la relance adverse - ils font quasiment un marquage individuel sur les deux milieux axiaux lillois.

Le plus surprenant dans cette opposition tactique a été de voir la liberté dont Selnaes et M'Vila ont bénéficié au milieu du terrain. Théoriquement ils étaient à 2 contre 3, mais côté Lillois il n'y avait aucune agressivité sur le porteur du ballon. Ainsi, les deux milieux stéphanois ont pu organiser le jeu à leur guise, Selnaes profitant pour faire des remontées balle au pied (comme sur le premier but) ou des belles passes verticales comme sur le deuxième ou le troisième. C'est ce dernier qu'on regardera de plus près, étant le seul marqué suite à une attaque construite contre un bloc défensif en place :


M'Vila joue un coup franc au milieu du terrain, en retrait avec Perrin. Hamouma et Beric sont les deux avant-centres, Bamba et KMP se trouvent à la même hauteur et plutôt vers l'axe, laissant les couloirs pour KTC (qui ne monte pas trop) et Debuchy (suivi par son adversaire direct, l'ailier gauche). Au milieu du terrain, Lille propose un triangle pointe basse, avec une sentinelle et deux milieux qui surveillent Selnaes et M'Vila. Le jeu est donc déplacé vers la droite et les deux blocs y coulissent : 


Le triangle des milieux lillois reste parfaitement formé, l'ailier suit Debuchy... mais le latéral gauche ne sert pas à grande chose, Bamba ne se trouvant plus là. Selnaes reçoit le ballon de Perrin, il le donne à Bamba...


... qui combine avec Debuchy, et le ballon revient à Selnaes. Il n'y a pas de surnombre sur ce côté du terrain pour les Stéphanois, mais ils combinent sans problème. L'ailier adverse est loin de Debuchy et le triangle des milieux, toujours bien formé, ne coupe aucun angle de passe. On peut même dire que le latéral gauche et la sentinelle adverse ne servent pas à grande chose : la paire latéral-ailier de l'ASSE n'est pas prise par la paire équivalente lilloise et il n'y a pas de joueur Vert entre les lignes non plus. Si le ballon parvient à M'Vila, il est complètement libre, malgré une infériorité numérique théorique au milieu du terrain. Mais il n'y a même pas besoin d'écarter le jeu :


Il n'y a pas d'agressivité sur le porteur du ballon, Selnaes a le temps de contrôler et d'attendre les appels avant d'être serré par le triangle des milieux adverses. Et les appels sont coordonnés, Beric décroche, suivi par un défenseur central, pendant que Hamouma plonge dans cet espace créé dans son dos. Servi avec une passe millimétrée, il élimine son adversaire direct et marque son 2e but de la soirée.


Il fallait changer quelque chose côté lillois, mais ce n'est pas le milieu qui a été ajusté. Leur coach a préféré rendre officiel le positionnement défensif aperçu sur les images précédentes, passant dans une défense à 5. Le nouveau système en 5-4-1 du LOSC est visible dès l'entame de la 2MT :


Sauf que maintenant qu'il n'y a plus de sentinelle, Hamouma se place en "10", entre les lignes...


Par contre, d'un point de vue défensif, il faut souligner la belle discipline tactique des Stéphanois, avec toujours deux belles lignes de 4 :


Et peu importe les changements des joueurs, comme par exemple les entrées de Ntep et Tannane à la place de KMP et Beric (image prise juste après le 5e but)...


... ou les changements de position entre les joueurs sur le terrain, suite à un pressing ou à une action précédente :


Malgré le score, le manque d'enjeu, la faible opposition en face, les Stéphanois ont été disciplinés tactiquement. Le changement que le duo Gasset-Printamp a opéré sur ce groupe est tout simplement impressionnant...



Conclusions


Nous y sommes, c'est la fin d'une saison longue de 40 analyses tactiques (le match à Troyes en Coupe de France n'en ayant pas eu une). Ça a été une saison pas comme les autres, très hétérogène, non seulement en terme de résultats ou des émotions procurées, mais aussi tactiquement. Ces analyses ont beaucoup varié, tout comme le jeu des Verts. Il y a eu la la recherche des éléments "jeu à la Barça" en début de saison, puis la recherche d'une cohérence tactique ensuite. Il y a eu les signes de résignation, quand les Verts ne proposaient plus rien tactiquement en fin 2017, et les signes d'espoir, quand ils ont commencé à être de nouveau cohérents début 2018. Et finalement, la joie de retrouver du jeu, de la maîtrise, des combinaisons, de coups tactiques tentés, même si pas toujours payants. Bref, ça a été une longue saison, dont on se souviendra encore longtemps...

dimanche 20 mai 2018

RCT - Lyon, 19-19 (Ashton)

L'avant-match


Les phases finales du Top 14 sont là, et le RCT en fait partie, comme depuis des nombreuses années. Barrage à domicile, les Toulonnais partent favoris devant un LOU novice à ce niveau. Et côté blessures, l'équipe-type est alignée à l'exception d'Isa, remplacé par Fernandez-Lobbé.

Le match...


... n'a pas été gagné par Lyon, mais il a été perdu par le RCT. Avec une possession stérile, rarement capables de franchir la ligne d'avantage, les Toulonnais ont surtout pêché dans le réalisme, avec deux énormes occasions d'essai gaspillées par Ashton en 1MT.

La 2MT a démarré mieux pour les Toulonnais, avec une essai de Radradra refusé à la vidéo et finalement l'essai d'Ashton. 13-6, on aurait pu croire que l'écart au score est fait, mais les Lyonnais ont réussi à marquer deux essais - pas transformés - et le temps réglementaire se finit avec un score de parité, 16 partout.

Les prolongations ont été assez fermées, seulement une pénalité de chaque côté. Mais on peut retenir les 5 (!) lancers en touche ratés par Etrillard dans ces 20 minutes. Difficile à gagner dans ces conditions...

L'action


La fin de la 1e période est très proche et le RCT est mené de 3 points. Les Toulonnais ont une touche à l'entrée de la moitié adverse :


Le ballon est difficilement capté par Krüger, mis au sol, et Escande (9) peut lancer une offensive. Vue la disposition des trois-quarts et celle des avants, en premiers blocs, il n'y a pas de doute, le RCT va d'abord fixer la défense. C'est fait avec Fernandez-Lobbé (7), puis avec Guirado (2). Escande sort de nouveau le ballon...


... mais il ne sait quoi faire avec. Il regarde à gauche, à droite, puis il s'engouffre dans la défense, avant de servir van der Merwe (3), qui fait la même chose. Escande sort de nouveau le ballon, cette fois-ci pour son demi d'ouverture qui lui faisait pourtant des signes du bras d'envoyer le jeu au large :


Belleau (10) regarde à droite, regarde à gauche, ne sait pas quoi faire, alors il va tout droit, sans casser la ligne d'avantage. Le ballon est de nouveau sorti, pour Fernandez-Lobbé (7)...


... qui casse un plaquage, avance, et comme Nonu (12), Ashton (15), Bastareaud (13), Vermeulen (8) s'étaient tous déplacés vers l'aile de Radradra (11), le jeu y est enfin envoyé. C'est le capitaine toulonnais qui avance, qui entre dans les 40m adverses et quand il est mis au sol, le jeu doit partir de l'autre côté :


Un premier point de fixation de Lakafia (6), puis un deuxième de Krüger (5)...


... pendant que Fernandez-Lobbé (7) montre à Escande (9) que les trois-quarts doivent être servis, étant en bonne position. Ils le sont enfin, et on comprend pourquoi :


Belleau (10) reçoit le ballon entre Bastareaud (13) et Nonu (12), ayant encore à gauche Guirado (2) et Tuisova (14), pendant que la défense se trouve en infériorité numérique. Le demi d'ouverture joue très bien, passant entre les deux centres avant de servir Guirado. L'arrière adverse a coulissé pour arrêter le talonneur toulonnais, mais il y a Tuisova à droite et Ashton à gauche, les deux avec le champ libre devant eux. C'est le dernier qui est servi... et il commet un en-avant. Le 2e essai tout fait que l'arrière gaspille dans cette 1MT et les Toulonnais rentrent aux vestiaires menés. Marquer et prendre l'avantage sur la sirène aurait pu être le tournant du match...

La suite


Il n'y aura pas de suite, la saison du RCT est finie. Triste saison, la 3e consécutive sans trophée, la première depuis longtemps sans au moins une demi-finale à jouer. Espérons que l'inter-saison sera bénéfique, parce que cette équipe Toulonnaise ne fait pas rêver...