mardi 15 janvier 2019

RCT - Edinburgh, 17-28 (Guirado, Isa, Saivea)

L'avant-match


La réception d'Edinburgh en Coupe d'Europe n'a plus aucun enjeu pour le RCT, mais ce n'est pas pour cela qu'il faut faire une impasse : ça reste quand-même une question de prestige, de réputation. Battus sèchement lors du match aller, les Toulonnais se doivent de prendre une revanche. De plus, vues leurs prestations actuelles, une défaite à domicile pourra les éloigner de leur public. C'est pour cela que le staff toulonnais aligne l'équipe la plus compétitive qu'il peut, compte tenu des nombreux blessés. Et même si d'un point de vue comptable elle ne compterait pas, une victoire ferait néanmoins un bien fou au moral...

Le match...


... commence parfaitement pour le RCT, avec un premier essai, de Guirado, dès la première minute. Les intentions toulonnaises sont claires, la touche est choisie après chaque pénalité. Mais Edinburgh arrive à marquer un essai au quart d'heure de jeu et le match s'annonce serré. Au score, parce qu'en terme d'occupation et de possession il n'y a pas photo - 64% de possession écossaise après 20 minutes ! Mais les Toulonnais marquent un 2e essai après une pénalité à 5m jouée rapidement et les Ecossais commettent beaucoup d'en-avants. Et le RCT est toujours devant au score à la pause, 12-8.

Par contre, à la pause Edinburgh a corrigé ses petits problèmes, garde toujours le ballon (66% de possession à la 65e) et devient donc plus efficace, infligeant un 20-0 au RCT en 23 minutes. Rien ne va plus pour les Toulonnais, qui se font avoir en défense, surtout les jeunes lors du jeu au pied dans leur dos. Et le 3e essai écossais, celui qui porte le score à 12-28, est représentatif : pénalité jouée vite sur la ligne médiane par le RCT, beau franchissement, entrée dans les 22m, ballon perdu sur en-avant, turnover et essai de 80m encaissé. A la 70e les Toulonnais marquent un nouvel essai (voire plus bas), avec enfin une belle action amenée au bout, mais c'était trop tard et ils s'inclinent de nouveau à domicile.

L'action


On joue la 70e, le RCT est mené de 16 points et n'a plus aucun espoir de gagner ce match. Pour la première fois en 2MT, le coup de pied du demi d'ouverture adverse ne surprend pas le jeune ailier Zeghdar (11) :


Il fonce tout droit et passe après contact à Onambélé (6), qui est plaqué aussi. Les Toulonnais ont la possibilité de contr-attaquer sur l'extérieur et ne se privent pas :


Van der Merwe (3) relaye le ballon de Cottin (9) pour Carbonel (10), qui d'une longue passe sautée...


... trouve Trihn-Duc (12), qui joue plus loin, avec Bastareaud (13). Malgré la présence de Saivea (14) à ses côtés, le centre toulonnais va tout droit avant d'être mis au sol sur les 40m écossais :


Un premier point de fixation avec van der Merwe (3), puis un deuxième avec Gorgodze (5)...


... et un autre avec Carbonel (10, le jeu est déplacé vers la gauche. Cottin (9) feinte une passe et essaye de passer à côté du regroupement :


Sans succès, mais il passe après contact à Gros (1), qui avance sur une vingtaine de mètres. Cottin de nouveau, Gros de nouveau, puis Gorgodze encore et le RCT se trouve dans les 5m adverses :


On aurait pu croire à du pilonnage, mais les Toulonnais ont été intelligents. Il y avait du surnombre à droite et en plus ils ont pris de la profondeur : Cottin (9) - Carbonel (10) - Trihn-Duc (12)...


... et le tour est joué. Belleau (15) passe entre deux défenseurs, la course de Bastareaud (13) fixe le dernier et la passe sautée trouve Saivea (14) à l'extérieur, qui n'a même pas besoin de l'aide de Monribot (7) pour marquer le 3e essai du RCT.

La suite


Encore une défaite, à domicile en plus. Et de nouveau, c'est pas par manque d'investissement des joueurs. Ils sont tout simplement tombés sur des meilleurs qu'eux, une équipe qui déroule son rugby, en vitesse - le RCT a pu rivaliser seulement tant qu'il manquait la précision, il n'y avait pas match ensuite. Le haut niveau est là, les Toulonnais ne sont pas invités. Il reste maintenant plus qu'un match de Coupe d'Europe, avec probablement un fort turnover pour éviter des blessures et pourquoi pas un objectif de réputation, ne pas finir derniers de la poule.

dimanche 13 janvier 2019

Guingamp - ASSE, 0-1 (Khazri)

Un brin de réussite


La phase des matchs retour commence bien pour les Verts, auteurs à Guingamp de leur deuxième victoire à l'extérieur en championnat cette saison.

Les Stéphanois ont évolué dans leur nouveau système à base d'une défense à 3 pour le quatrième match consécutif. Il est difficile de cataloguer ce système en seulement quelques chiffres. En phase offensive, c'est un 3-4-1-2, avec Cabella en soutien des deux avant-centres, on peut ainsi parler d'un triangle pointe haute au milieu. On verra des exemples de ce positionnement, mais aussi des situations où c'est plutôt un 3-1-4-2, c'est-à-dire avec un triangle pointe basse, M'Vila plus bas que Selnaes et Cabella. Quand au bloc défensif, il est habituellement en 5-2-3, mais vers la fin du match à Guingamp, pour mieux sécuriser les côtés, deux éléments offensifs venaient défendre dans les couloirs, transformant ainsi le système en 5-4-1 :


Mais "peu importe le système, ce qui compte c’est l’animation et l’état d’esprit" (Gasset après le match). Les Verts ont fait preuve de beaucoup de maîtrise et confiance, surtout dans la première demi-heure, ce qui leur a permis de faire "des bonnes sorties de balles" (Kolo après le match). On verra par la suite des exemples de cette maîtrise, ainsi que de l'animation basée par des passes verticales tranchantes et appels en profondeurs de Diony. Sans négliger l'élément essentiel pour toute équipe évoluant avec une défense à 3/5 : la bataille dans les couloirs. 

Sorties de balle


Si on s'intéresse aux relances propres, qui partent du gardien, il y a plein d'exemples côté stéphanois en première période. Celui-ci commence à la 14 minute :


Ruffier et Saliba échangent plusieurs passes en attendant des solutions. Sur cette image on voit un positionnement particulier, "spécifique relance", pour les Verts. Si normalement le triangle au milieu M'Vila-Selanes-Cabella est pointe haute, avec le dernier en soutien des attaquants, quand il faut construire une attaque, c'est une pointe basse, avec le premier plus proche des défenseurs. Ainsi, quand l'ASSE construisait ses attaques, il y avait en place un 3-1-4-2, voire même, 3-1-4-1-1 : M'Vila fait le lien entre les lignes de 3 et de 4 et Khazri ne reste pas à côté de Diony, mais vient proposer des solutions supplémentaires. Saliba joue avec Selnaes...


... et le pressing breton s'intensifie, chaque stéphanois présent dans ce coin du terrain étant pris. Mais Selnaes ne panique pas, et ouvre de l'autre côté, avec Kolodziejczak. S'il y avait 6 joueurs de Guingamp à gauche, il ne reste plus grand monde à droite : quand l'ailier droit monte sur Kolo, il libère un espace, où Khazri vient proposer une solution. Il reçoit le ballon, mais tergiverse et attend ses coéquipiers, ce qui permet aux adversaires de se replacer :


Khazri-Selnaes-Cabella combinent dans l'axe et si on regarde seulement cette image, on peut avoir l'impression que l'ASSE joue en 4-3-3, avec Saliba et Kolo latéraux, Perrin et M'Vila défenseurs centraux, un triangle au milieu, KMP et Gabriel Silva ailiers et Diony avant-centre. Quant à Guigamp, leur ligne de 4 milieux n'est pas alignée, KMP étant oublié dans son couloir, surtout que Diony fait un appel vers l'axe amenant le latéral gauche adverse avec lui. Selnaes n'ouvre pas vers l'aile droite, mais joue en retrait avec Perrin...


... avant de proposer une solution plus haut. La paire Selnaes-Cabella bouge beaucoup et c'est le dernier qui reçoit le ballon. Entre temps, le latéral gauche adverse est monté sur KMP, ce qui permet à Diony de faire un appel en profondeur dans son dos :


Il est parfaitement servi par Cabella, aspirant avec lui un défenseur central, laissant ainsi le duo Silva-Khazri en 2-contre-2 dans la surface :


Malheureusement, Diony ne parvient pas à centrer vers ses coéquipiers.

Malgré la forte présence adverse dans leur moitié, les Stéphanois n'ont pas paniqué et ont sorti proprement le ballon, alternant jeu long, pour changer de côté, et passes courtes, parfois temporisant  et parfois accélérant le jeu.

Défendre les couloirs


Quand une équipe a deux joueurs dans chaque couloir et l'autre un seul, la clé du match passe en général par l'utilisation des côtés, comme dans cet exemple à la 30e :


On voit bien le 5-2-3 stéphanois, ainsi qu'un 4-2-3-1 breton, avec un milieu qui aide la défense à construire, un en plein axe et un autre haut, à côté de l'avant-centre. Il y a deux joueurs de Guingamp dans chaque couloir, les deux défenseurs latéraux étant libres - KMP et Gabriel Silva se trouvent au marquage des deux ailiers. Mais quand le latéral gauche est trouvé, toute la défense verte coulisse de ce côté :


KMP va chercher le latéral, Saliba prend l'ailier, Perrin le milieu offensif, et ainsi suite. A noter que les 3 offensifs et les 2 milieux ferment les angles de passes, mais ne défendent pas proprement dit dans le couloir. Le Guingampais l'ont compris, le but est de changer de côté. Et quand ils le font...


... la défense stéphanoise coulisse dans l'autre sens. Gabriel Silva se trouve seul contre deux adversaires : il monte sur le latéral, pendant que Kolo prend l'ailier... mais ce n'était pas nécessaire, le ballon sortant en touche.


La remise en jeu est rapide et le ballon arrive à Kolo. Comme il est très excentré, on peut considérer que l'ASSE a deux joueurs dans ce couloir, ce qui change tout :


Selnaes, M'Vila, Perrin, sont tous pris par un adversaire, alors c'est à l'ailier droit de presser Kolo, ce qui libère Silva, qui reçoit le ballon. Ce qui oblige le latéral droit de monter sur lui...


... laissant un espace dans son dos, où Diony fait un appel en aspirant un défenseur central avec lui. Un air de déjà vu ? Dans cette action, Diony temporise et arrive à servir dans sa course Gabriel Silva, qui avait fait l'effort de suivre. Malheureusement il n'arrive pas à bien frapper dans un angle fermé.

De la verticalité


Même si les Stéphanois ont souvent combiné avec des petites passes dans leur moitié en phase de construction, à chaque fois qu'ils ont voulu accélérer, ils l'ont fait avec des passes verticales très tranchantes. Et ça a été le cas tout au long du match, comme dans cet exemple qui commence à la 52e minute :


Le 3-4-1-2 des Verts est bien visible, avec Cabella en pointe haute au milieu. L'opposition latéral/ailier contre piston est toujours d'actualité, le jeu se trouve d'un côté, donc KMP prend le défenseur (et Saliba l'ailier), pendant que de l'autre Silva prend l'ailier (et personne le latéral). Le milieu de Guingamp change de côté, la défense commence à coulisser...


... et l'avant-centre, qui s'était excentré, est servi - son tir est détourné par Ruffier. Le corner est repoussé et les Stéphanois finissent par récupérer la possession :


Ils calment le jeu, tout le monde se met en place. M'Vila joue toujours plus bas que les autres milieux, aidant les défenseurs à combiner :


Et tout d'un coup, le jeu est accéléré ! Si 10 secondes plus tôt (deux images plus haut), Cabella, Selnaes et M'Vila se trouvaient sur la même ligne, ils ne le sont plus. Et c'est le premier qui est trouvé par une merveille de passe verticale :


Cette passe casse tout le groupe (on ne peut pas parler de ligne) des milieux guingampais . Et comme le latéral droit est monté sur Gabriel Silva, un central doit sortir sur Cabella :


2-contre-2 dans cette zone du terrain et Diony qui fait un appel en profondeur dans le dos des défenseurs montés, amenant avec lui d'autres (un air de déjà vu...). Khazri et KMP sont complètement libres vers la droite, mais ils ne sont pas servis, Cabella recherche et retrouve Diony en profondeur : avec deux passes verticales, les Verts ont remonté 60 mètres, mais malheureusement Diony rate son face-à-face avec le goal adverse.

Conclusions


Un poteau, des sauvetages, un gardien plus en forme que l'autre - plusieurs ingrédients ont été nécessaires pour que les Verts rentrent victorieux de leur déplacement à Guingamp. C'est ce que Jean-Louis Gasset appelle "un brin de réussite" en conférence de presse après le match, mais sans pourtant oublier la base de cette recette victorieuse. Une grosse qualité technique, une équipe en confiance et un système de jeu de plus en plus maîtrisé. Les Stéphanois ont su bien défendre malgré une infériorité numérique théorique sur les côtés et ont utilisé une animation offensive à base de passes verticales et appels en profondeur qui a été dangereuse et qui aurait pu être bien plus efficace. Bref, l'ASSE a été supérieure à son adversaire du jour et comforte ainsi sa place dans le haut du classement avant une double réception olympique la semaine prochaine.

mercredi 9 janvier 2019

Racing - RCT, 22-13 (Alainu'uese)

L'avant-match


Une nouvelle année commence, et avec elle la phase des matchs retours du Top 14. Symbole du renouvellement pour le RCT, qui a vraiment besoin des points, surtout à l'extérieur ? C'est en tout cas ce qui espère le staff toulonnais et s'il est peu probable de s'imposer au Racing (une seule défaite à domicile cette saison), un point de bonus défensif serait un bon résultat.

Le match...


... commence avec des Toulonnais très entreprenants, mais qui peinent à avancer. Ils marquent presque un essai à la 8e par le jeune Moretti, mais qui n'arrive pas à aplatir (et le Racing récupère une pénalité sur la mêlée toulonnaise à 5m). Le premier quart d'heure il est complètement en faveur du RCT, qui mène 6-0 en affichant une possession de 87%. Bref, un début de match réussi... et malheureusement qui n'a pas duré plus que ça. Peu à peu le Racing met la main sur le ballon et devient de plus en plus dangereux. Un dégagement qui ne trouve pas la touche de Webb à la 20e et du pilonnage et mêlées dans les 5m des Toulonnais en infériorité numérique donnent deux essais au Racing, qui finit la 1MT devant au score, 15-6.

La 2MT continue sur les mêmes bases, avec une possession globalement pour le Racing, qui vole pas mal des lancers toulonnais et qui récupère en plus un bon nombre de pénalités en mêlée. Mais le RCT résiste bien en défense, comme lors de très longues séquences dans leurs 22m, puis 5m entre la 52e et la 58e. Ils finissent finalement par craquer sur un maul après une touche à 5m et s'en prennent même un 4e essai coup sur coup, finalement annulé à la vidéo. L'honneur est sauvée (et le bonus du Racing enlevé) à la 71e par l'essai d'Alainu'uese et il reste 7 minutes aux deux équipes de chercher un dernier essai, synonyme de bonus dans les deux cas. Ça ne sera pas le cas, malgré une occasion pour le RCT (voire plus bas) et une action de 5 minutes après la sirène, avec des multiples turnovers. Le match se fini donc avec une nouvelle défaite à 0 points pour les Toulonnais...

L'action


Il reste moins de 5 minutes à jouer et le RCT, en supériorité numérique, est à la recherche d'un essai qui lui permettra d'enfin ramener un point de bonus d'un déplacement. Mais pour cela, il faudra remonter tout le terrain :


Assez surprenant, la poussée de la mêlée toulonnaise est récompensée par une pénalité et de leurs 10m, les Toulonnais arrivent sur leurs 40 avec une pénal-touche :


Le lancer de Guirado (2) est mal dévié par Rebbadj (5), mais van der Merwe (3) arrive à se saisir du ballon et le donner à Webb (9). Le demi de mêlée lance Tuisova (11) au centre du terrain...


... et après un autre point de fixation, le jeu revient dans le fermé. Alainu'uese (4) est mis au sol, mais la libération est rapide :


Webb (9) sort pour Belleau (10), les trois-quarts (Tuisova - 11, Trihn-Duc - 12, Pietersen - 15) et Lakafia (7) sont prêts, mais le demi d'ouverture rate sa passe, dans le dos de tout le monde. Heureusement Tuisova arrive à s'emparer du ballon et sur le ruck suivant créé par Guirado (2), le RCT obtient une nouvelle pénalité. Une très belle touche est trouvée...


... et les Toulonnais arrivent dans les 22m adverses. Le lancer de Guirado (2) est capté par Lakafia (8)...


... qui est déséquilibré dans l'air et la troisième pénalité consécutive en faveur des Toulonnais leur permet d'arriver à 5m de l'en-but adverse :


La dernière offensive pour marquer l'essai du bonus démarre bien, le lancer de Guirado (2) est bien capté par Rebbadj (5) et un maul se forme. Il n'avance pas et après 30 secondes le ballon est sorti. Webb (9) lance d'abord Tuisova (11) - aidé par Messam (7)...


... puis Bastareaud (13), aidé par Lakafia (8) et van der Merwe (3) :


Le plan est très simple, on envoie l'artillerie lourde et soit on passe en force, soit on fixe suffisamment la défense. Mais ce plan est contrarié par l'initiative personnelle de van der Merwe (3) :


Alors que Webb (9) se préparait à sortir soit pour Alainu'uese (4) et Messam (7) pour passer en force, soit pour Belleau (10) pour ouvrir au large, le pilier toulonnais prend le ballon, essaye de franchir, n'y arrive pas et, coupé de ses soutiens, il concède une pénalité au sol. Et les espoirs d'un premier point ramené d'un déplacement sont finis...

La suite


Qu'ils se battent ou pas, qu'ils arrivent à marquer des points ou pas, le résultat est toujours le même, les Toulonnais rentrent bredouille de leurs déplacements. Les deux matchs qui arrivent, de Coupe d'Europe, ne comptent plus et ils serviront seulement à reposer des joueurs et à remettre dans le rythme d'autres qui reviennent des blessures ou suspensions. Et peut-être redonner un peu de confiance à un groupe réellement en manque, confiance qui peut-être fera basculer certaines actions future dans le bon sens.

lundi 7 janvier 2019

O.Strasbourg - ASSE, 0-6 (Cabella x2, Perrin, Khazri, Diony, KRS)

Pour la reprise après la trêve de Noël, des Verts sérieux et appliqués ont passé les 32e de finale de Coupe de la France sans trembler. Malgré les nombreuses absences et le faible niveau de l'adversaire, le staff stéphanois a aligné une équipe très compétitive, quasiment les 11 meilleurs joueurs à sa disposition. 

Quant au système tactique, le 3-4-1-2 des derniers matchs a été reconduit. Et si la défense à 3/5 est restée inchangée, la surprise est arrivée du choix au milieu : en l'absence de Selnaes, suspendu, Cabella a eu une position plus reculée, à côté de M'Vila, laissant la place de "10" à Nordin :


Cependant, on a pu apercevoir une animation offensive légèrement différente lors de ce match. Bien évidemment, Cabella n'est pas resté cantonné en pur milieu axial, il aime trop le rôle d'électron libre. Mais surtout, Saliba, le défenseur central droit, a été très offensif, bien plus que Kolo, son collègue de l'autre côté de Perrin. Ainsi, parfois l'ASSE avait deux joueurs dans le couloir droit (comme dans une défense à 4, avec un latéral - Saliba - et un ailier - KMP). Mais toujours un seul dans le couloir gauche (comme dans une défense à 3/5, le piston - Polomat). Sur cette image on peut apercevoir Saliba plus haut que Kolo, au même niveau que M'Vila et Cabella (qui forment avec Nordin un triangle pointe haute) :


Mais il n'y a pas de doute, le système utilisé a été bien un 3-4-1-2, comme on peut le voir sur cette action qui amène le 3e but stéphanois :


Cabella lance Polomat dans le couloir gauche, où il est le seul Stéphanois. Il y a deux avant-centres, Diony et Khazri, et Nordin se trouve derrière eux. Polomat combine avec Diony, qui lui rend le ballon... 


... et le centre trouve le 2e avant-centre dans la surface. KMP et Polomat sont les joueurs excentrés, Diony et Khazri les avant-centres et Nordin-Cabella-M'Vila le trio dans l'axe.


Les différents changements effectués en 2e période n'ont rien modifié au système utilisé, mais certains joueurs se sont retrouvés à des endroits différents. Quand Kenny Rocha Santos (KRS) est entré à la place de KMP, c'est Nordin qui a pris le rôle de piston droit et le nouvel entrant celui du "10" :


Le remplacement de M'Vila par Diousse a été du poste pour poste, mais celui de Kolo par Chambost a de nouveau créé une permutation :


Nordin est passé dans le couloir gauche, laissant le droit pour le nouvel entrant, et Polomat a glissé en défense centrale à côté de Perrin.


Compte tenu de la faiblesse de l'adversaire, il y a peu de renseignements tactiques à tirer de ce match. Ce qui est sûr, c'est que le 3-4-1-2 plaît vraiment au staff stéphanois - il faudra cependant voir si ça sera toujours le cas avec le retour de Silva, Subotic et plus tard Debuchy...

mercredi 2 janvier 2019

Toulouse - RCT, 39-0

L'avant-match


Après deux victoires consécutives à domicile en Top 14, le RCT a droit à deux déplacements consécutifs autour du Nouvel An, à Toulouse et au Racing. Et que les Toulonnais n'ont jamais pris des points à l'extérieur cette saison, il ne faut pas s'attendre à grande chose de ces matchs. Il n'y a pas d'impasse faite, l'équipe alignée est quasiment la meilleure possible, seulement R.Taofifénua (suspendu), Fekitoa et Bonneval (blessés) et Saivea (vacances) manquant à l'appel. Preuve que le staff toulonnais garde de l'espoir pour ce match au Stadium.

Le match...


... commence avec des Toulonnais qui montrent des intentions, du bon jeu au pied, du jeu au large, et qui obtiennent une pénalité à 30m des poteaux dès la 5e minute. Malheureusement ratée... et surtout ça a été le seul temps fort du RCT, qui n'a pas existé dans le reste du match. Des mauvais choix ont fait que les Toulonnais ne sont quasiment plus sortis de leur moitié du terrain : entre les temps de jeu multipliés dans leurs 5m (6e) avant de perdre le ballon, des mauls coffrés (13e), pénalités pour Toulouse sur des mêlées toulonnaises (15e) et des contrerucks (17e, 21e) et touches pas trouvées (30e). Le RCT défend plutôt bien, même s'il y avait déjà 5 pénalité après 21 minutes, mais ne peux pas résister sans craquer et le score est de 13-0 à la pause.

Et la deuxième période est dans le même genre, les approximations sont toulonnaises, les impacts toulousains. Le seul point positif pour le RCT vient des touches, surtout les nombreux lancers adverses volés. Mais un 2e essai (comme le premier, après un mauvais dégagement qui ne trouve pas la touche) et un 3e après une touche adverses à 10m plient le match. On aurait pu voir un sursaut d'orgueil des Toulonnais (voire plus bas), mais rien ne s'est passé, autre qu'un 4e essai après une succession des touches dans leurs 22m, un 5e après un autre dégagement qui ne trouve pas la touche et deux cartons jaunes, pour Webb et Ikpefan. 39-0, un score final qui peut paraître sévère, mais qui reflète bien ce match où les Toulonnais n'ont pas existé - rien produit en attaque et une défense qui finit avec 31 plaquages ratés et 8 inefficaces sur 106...

L'action


On joue la 60e, le Stade Toulousain vient de marquer son 3e essai et le RCT est mené 27 à 0. Le coup d'envoi de Belleau (10) est court :


Lakafia (7) arrive le premier et passe en arrière, vers Webb (9), qui lance Alainu'uese (4). Le puissant deuxième ligne entre dans les 40m adverses et la libération est rapide :


Belleau (10) se trouve derrière un groupe d'avants (Etrillard - 2, Setiano - 3 et Lakafia - 7), mais c'est Tuisova (12), replacé en centre, qui capte la passe de Webb (9). Il casse un premier plaquage et avance jusqu'à l'entrée des 22m adverses. Les Toulonnais sont enfin dangereux...


... mais pas pour long temps. Webb (9) sert Belleau (10), qui sert Rebbadj (6). Non seulement il n'avance pas à l'impact, mais il recule de quelques mètres. Etrillard (2) fait un autre point de fixation et les Toulonnais se retrouvent sur la ligne de 40m :


Webb (9) - Belleau (10) et c'est Setiano (3) qui est servi. Lui non plus n'avance pas et le RCT vient de perdre 10 autres mètres. Quand Belleau (10) est de nouveau servi...


... il ne sait même pas quoi faire du ballon. Il part à droite, puis revient à gauche et s'en débarrasse en le donnant à Lakafia (7). Qui n'avance pas et le ballon est sorti pour le demi d'ouverture...


... sur les 40m toulonnais ! Dans moins de 30 secondes et 4 temps de jeu, le RCT a reculé de 35 mètres. Et la suite est pire, Belleau choisit de jouer au pied... sauf que c'est trop long et le ballon sort du terrain.

Les Toulousains font aussi du n'importe quoi, un en-avant sur la remise en jeu de leurs 22m. Les Toulonnais ont donc la possibilité de lancer une autre attaque :


Les trois-quarts sont prêts, surtout avec la puissante paire de centres Bastareaud (13) - Tuisova (9). C'est d'ailleurs le premier qui est servi par Webb (9) et il avance une dizaine de mètres... mais la passe était vers l'avant. Et la suite est encore pire. Le 10 adverse joue vite à la main et cherche à occuper le terrain avec un long jeu au pied - il est bousculé dans sa course par Rebbadj, pénalité pour les Toulousains à la retombée du ballon. Tapée en touche et voilà les Toulonnais devoir défendre sur une touche à 10m de leur en-but. Ils le font bien, mais n'arrivent pas à se dégager. Et au bout de la 4e touche toulousaine consécutive dans leurs 22m, ils concèdent le 4e essai.


La suite


Non seulement les Toulonnais ont encaissé presque 40 points, mais en plus ils n'ont marqué aucun. Et comme c'était le dernier match de la phase aller, ils la finissent avec zéro points pris à l'extérieur. Un double-fanny pour conclure cette année 2018 à l'image des prestations proposées : tristement. Et il y a des fortes chances que 2019 commence sur les mêmes bases, avec le déplacement au Racing après le Nouvel An...