jeudi 9 février 2017

Nice - ASSE, 1-0

On ne change pas une tactique qui gagne...


... même si elle n'est pas forcément adaptée à l'adversaire du jour. Et même si on perd à la fin, c'est peut-être un mal pour un bien.

La théorie


Depuis la pause du match contre Angers, les Verts sont passés dans un système 4-2-3-1 avec deux milieux axiaux et un joueur (Hamouma, Saivet ou Dabo jusqu'à maintenant) en soutien de l'avant-centre. Les deux derniers matchs (Lyon et Nice) ont été joués contre des adversaires assez forts, qui ont eu la possession du ballon (69%, respectivement 65%), ce qui signifie que les Verts ont passé un bon moment défendre en bloc. D'un point de vue défensif, ce système est un 4-4-2, donc deux lignes de 4, sans sentinelle entre elles, et un premier rideau de 2 pour empêcher la construction adverse. Mais ce système défensif 4-4-2, est-il adapté contre des équipes qui gardent bien le ballon et qui jouent avec 3 milieux axiaux ?

Si l'adversaire joue avec un "10" entre les lignes (4-2-3-1 pour eux aussi), sans sentinelle ça peut être difficile. La solution passe par un bloc très serré (les deux lignes de 4 ne laisse pas d'espace entre elles) et un bon coulissage de milieux pour couper les angles de passe vers ce "10". Si l'adversaire joue avec un "6" (4-3-3) qui organise le jeu devant la défense, la solution passe par un gros pressing des deux attaquants, pour l'empêcher de construire, et par une grosse pression du bloc dès que le ballon passe le premier rideau. Autrement dit, les ingrédients qu'on a mis lors du derby - même si en théorie on avait moins de milieux axiaux qu'eux, ça ne s'est pas vu, au moins tant qu'on a pu faire le pressing et l'intensité dans les duels.

Nice joue aussi en 4-3-3, mais il y a quelques différences. Le positionnement entre les lignes est en général le ressort des ailiers et il n'y a pas un milieu défensif qui organise le jeu de très bas pendant que deux relayeurs font des aller-retours dans le bloc. Les trois milieux axiaux de Nice jouent ensemble, toujours proches les uns des autres, soit tous bas (avant la première ligne de 4), soit tous haut (dans le bloc). Le surnombre des milieux axiaux (3 contre 2) devient alors très important, le bloc défensif formé par deux lignes de 4 n'a plus la supériorité numérique pour colmater les décalages créés.

Mais assez avec la théorie, prenons un exemple pour illustrer le 4-3-3 Niçois et les problèmes qu'il a causé au 4-4-2 Stéphanois.

La pratique


A la 5ème minute, le goal adverse joue avec un défenseur central qui, pas attaqué, monte un peu avec le ballon. Sur cette capture d'écran on voit bien le 4-4-2 Stéphanois (enfin, si Roux descendait suffisamment pour être visible) et l'espace entre les lignes, bien pris par l'arbitre :


Côté Niçois, les trois attaquants sont en place, le latéral gauche est très haut (obligeant KMP de  le suivre) et le trio des milieux axiaux en position aussi. Vu qu'ils échangent sans cesse de place, on les note M1, M2, M3 et leur positionnement relatif mérite d'être suivi tout au long de l'exemple. Le central s'appuie sur un d'entre eux, qui renvoie le ballon vers l'autre central :


En passant par le M3 le jeu est envoyé sur l'aile gauche, l'ailier reçoit le ballon et le latéral double dans son dos. Comme l'espace entre les lignes est assez conséquent, l'ailier gauche adverse porte le ballon vers l'axe du terrain. Il fait un un-deux avec l'avant-centre, puis continue à traverser le terrain entre les lignes et il finit par jouer en arrière avec le M2 :


A noter que l'autre ailier à traversé le terrain en sens inverse, que les deux latéraux sont montés haut et que les trois axiaux sont dans notre moitié. Ils sont théoriquement pris par Selnaes, Veretout et Saivet, sauf qu'en pratique ce n'est pas le cas : si Saivet court pour s'approcher du M1, Selnaes doit couvrir l'ailier gauche qui se promène entre les lignes et qui est plus près de lui que de la défense. Ce qui laisse deux adversaires et aucune chance à Veretout. Le jeu est envoyé vers l'aile gauche de nouveau, au latéral qui lance l'ailier (opposé) en profondeur - les deux étant bien suivis par nos deux joueurs dans ce couloir, RPG et Hamouma.


L'ailier centre en retrait pour... M2, qui s'était projeté dans la défense à côté de son avant-centre, pendant que les deux autres axiaux restaient aux 25m. Il centre en retrait à son tour, pour le duo ailier-milieu axial, tous les deux très seuls : Saivet n'avait pas suivi le M1, Selnaes et KMP avait mordu à l'appel en profondeur de l'AC et M2. Heureusement le tir de loin du M1 est contré par Selnaes, le ballon arrive à Veretout qui le garde un peu malgré le pressing adverse...


... et qui arrive à trouver un appui sur Saivet, qui donne à Selnaes et qui lance Pogba et KMP dans leur couloir gauche. KMP monte avec le ballon et tire de loin, mais sa frappe est trop molle. Le ballon devient de nouveau Niçois et une nouvelle attaque se met en place : 


Cette fois-ci c'est M1 plus haut que les deux autres, il joue avec l'avant-centre, qui joue en retrait avec les axiaux qui se font des petites passes, pas vraiment gênés par Saivet et Roux, et qui lancent de nouveau l'ailier gauche dans son couloir. 


Il redonne le ballon aux axiaux, qui l'envoient sur l'autre côté via un enchaînement des passes précises - on ne peut pas dire qu'ils jouent à l'intérieur du bloc Stéphanois, plutôt en dehors, mais vraiment pas gênés, ni pas nos milieux (qui les attendent), ni par nos attaquants. Comme auparavant, nos deux joueurs de couloir (Pogba et KMP) gèrent bien leur deux adversaires, Pogba récupère le ballon, mais il le dégage en touche. La touche est jouée et le ballon renvoyé en retrait via les trois axiaux : 


Pour la suite de l'action, il faut bien regarder le positionnement des trois milieux, ainsi que celui de Selnaes, Veretout et Saivet. Comme le jeu a été envoyé de l'autre côté, tout le bloc Stéphanois coulisse : 


Le couloir est de nouveau bien pris par RPG et Hamouma (contre latéral plus ailier), la défense à suivi, KMP défend aussi. Les trois axiaux adverses se sont disposé sur la largeur et nos deux milieux ont glissé aussi, s'occupant chacun d'un milieu (Veretout devant le M3, Selnaes suivant M1). La qualité de passe adverse fait la différence, l'ailier fait un un-deux avec le M1, traversant de nouveau le terrain devant la défense :


Sur cette capture d'écran on note le nouveau positionnement de Saivet, qui est venu serré de ce côté aussi, laissant ainsi tout seul le troisième milieu adverse, M2. La suite est simple, appui sur l'avant-centre, passe en retrait, frappe de loin et but.

Deux minute de jeu, avec une possession Niçoise interrompue seulement par un contre Stéphanois intercalé entre deux conclusions similaires des attaques adverses, des tirs de loin. Le jeu adverse fait essuie-glace, les ailiers adverses piquent dans l'axe, les latéraux sont très haut, ce qui fait que notre bloc doit sans arrêt coulisser. Et comme les adversaires ont trois milieux axiaux très mobiles, nos deux milieux ne peuvent pas tout couvrir. Les milieux latéraux non-plus, ils sont nécessaires dans les couloirs, les défenseurs non plus, ils ont du fil à tordre avec les trois attaquants qui bougent sans arrêt. Résultat ? Des décalages sont toujours trouvés...

Conclusions


Nice n'est pas Lyon, ni dans le style, ni dans la qualité du jeu produit. Et les Verts n'ont pas pu remettre la même intensité dans le pressing et les duels que trois jours plus tôt, surtout sans l'apport du public et la motivation d'un derby. Et ils ont donc perdu, assez logiquement, mais il y a un détail qui mérite d'être souligné. Pour la première fois depuis un moment, l'ASSE n'a pas été une équipe caméléon, qui change de système rien que pour contrer les points forts de l'adversaire. Le choix a été fait de persister avec le "nouveau" style de jeu trouvé, pour le peaufiner, pour s’exercer, surtout contre un adversaire plus fort. Il n'y a que ça pour gommer les petits défauts, les entraînements ne suffisent pas, même si les stages de janvier semblent quand-même avoir atteint leur but. Il faut maintenant continuer, persister, et surtout espérer que les blessures nous permettent de travailler avec un groupe stable, pour améliorer les automatismes.

mardi 7 février 2017

ASSE - Lyon, 2-0 (KMP, Hamouma)

Il y a deux aspects tactiques qui ressortent clairement de ce match : d'un point de vue système, le 4-2-3-1 avec Saivet en soutien de Söderlund, et d'un point de vue tactique, le pressing haut et agressif des Verts. Les deux éléments ne sont pas innovants, même si on regarde seulement cette saison. Le système, qui est en fait un 4-4-2 quand on n'a pas le ballon, a été utilisé plusieurs fois. Avec du succès lors des derniers matchs, comme la 2ème période contre Angers avec Hamouma en soutien de Roux, mais aussi les matchs à Toulouse (Hamouma en soutien de Roux) et Auxerre (Dabo, puis Hamouma, en soutien de Roux) - la seule défaite en ce système. Le succès relatif de ce système en janvier est probablement du aux bons stages de préparation. Quand il a été essayé fin novembre dernier, ça ressemblait plus à des errements tactiques, sans succès (0-0 contre Mainz, victoire 2-1 à Angers et 0-0 contre Marseille). Quant aux pressing, on a pressé haut à Bakou, contre Nice et lors du match contre Mainz mentionné ci-dessus - sans réussir à marquer dans les deux derniers cas.

Donc si attaquer en 4-2-3-1, défendre en 4-4-2 et faire un pressing haut n'est pas nouveau, comment ça se fait que ce match a été si réussi, d'où vient cette impression d'une performance très aboutie, comme on a pas encore vu cette saison ? Quelques exemples peuvent fournir des éléments de réponse...

Pressing haut dans la moitié adverse...


Un coup franc sur la ligne médiane est joué en retrait par le défenseur latéral adverse, avec son central, qui prolonge jusqu'au gardien :


On voit bien la ligne de 4 et la ligne de 2 Verts qui défendent, c'est bien sûr les attaquants qui vont mettre la pression sur le gardien et les défenseurs. Leur angle de course est très intéressant, ils cherchent à empêcher une relance vers un défenseur central...


... ce qui laisse donc libre la sentinelle adverse, organisateur du jeu. Erreur de pressing...


... ou plutôt piège bien organisé ? 

...ou pression défensive dans notre moitié ?


A la 18ème, après un ballon récupéré par la défense adverse, leur milieu défensif a le ballon dans leur moitié du terrain et l'étau commence de nouveau à se serrer autour de lui...


... il arrive à trouver un coéquipier dans notre moitié, mais il est tout de suite pris :


En effet, si l'ailier adverse a décroché pour faire un appel entre les lignes, Perrin l'a suivi et l'a empêché de jouer proprement. Cette pression défensive l'oblige à joué en retrait, le ballon est renvoyé dans la défense centrale.


Comme nos deux attaquants s'occupent toujours du milieu défensif adverse, la relance doit être faite par un des centraux - probablement moins à l'aise dans la construction du jeu. Dans ce cas il avance un peu sur son côté avant d'envoyer un long ballon...


... à destination du même ailier, toujours placé entre les lignes (nos deux lignes de 4 sont bien visibles). Cette fois-ci la pression défensive ne vient pas de Perrin, mais de Hamouma, qui arrive à lui prendre le ballon...


... à le donner à Saivet qui lance tout de suite un contre en profitant de l'appel de Malcuit, qui s'est immédiatement projeté, dès la récupération du ballon.


Malheureusement Malcuit tergiverse un peu et on ne profite pas de ce 3 contre 3 et l'action finit avec une faute sur notre latéral un peu en dehors de la surface. L'exemple pourrait s'arrêter ici, on a vu comment on empêche la sentinelle d'organiser le jeu, comment on met la pression sur l'adversaire dès qu'il reçoit le ballon dans notre moitié et comment joue les contres quand on le récupère. La suite dans le match est un enchaînement de situations chaudes dans la surface adverse : le coup franc d'Hamouma est repris de la tête par Saivet et dévié en corner, pendant que Söderlund se faisait bien ceinturé dans la surface. Le corner de Hamouma et magnifiquement repris de la tête par Perrin et le ballon sorti sous la transversale. Le nouveau corner de Hamouma et repoussé par la défense, récupéré par KMP qui obtient une touche. Et sur la touche Söderlund touche le ballon de la main, coup franc pour les adversaires qui peuvent enfin se dégager après 3 minutes de siège.

Le long dégagement est repoussé de la tête par KTC jusqu'aux pieds de KMP, qui le perd. Le milieu adverse a donc le ballon dans notre moitié - donc on essaie de le récupérer :


La pression défensive fait de nouveau son effet, on le récupère et on cherche vite à aller vers l'avant...


... et la suite est connue par tous, un troisième derby consécutif emporté à domicile.


Conclusions


Les Verts ont montré un visage séduisant, avec une grosse détermination dans le jeu. Tactiquement ça a été bien fait, un pressing haut pour provoquer des erreurs (le premier but) et une grosse pression dès que le ballon franchissait la ligne médiane pour le récupérer et partir vite en contre (le deuxième but). Le système 4-4-2 a été très adapté à cette tactique, similaire à celle que Monaco a fait à Geoffroy-Guichard. Le but est clairement que l'adversaire galère pour sortir proprement, mais s'il y arrive des fois, qu'il galère pour le garder dans notre moitié. Et ça a été magnifiquement exécuté : au delà de la tactique, l'ingrédient clé pour produire une telle prestation reste l'envie, qui lors de ce match a clairement été Stéphanoise.

dimanche 5 février 2017

Mercato 2017 (2)

Retour sur les précédentes projections


Pour préparé le mercato d'été 2015, ma simulation (pour un 4-3-3 en jouant l'Europe) a été :

  • Départs : Baysse, Mollo, Diomandé, Corgnet et peut-être Saint-Louis
  • A: Ruffier - KTC, Perrin, Sall, X - Selnaes, Lemoine, Cohade - Hamouma, Beric, Tannane
  • B: Moulin - Malcuit, KTC, Pogba, Polomat - Clément, Pajot, Y - Roux, Söderlund, KMP
  • Extras: Maisonnial, RPG, Bamba, Maupay et d'autres jeunes


Donc deux recrues nécessaires et s'il y a d'autres départs, alors il faut les remplacer.

Dans les faits, je n'ai pas été si loin de la vérité :
X = MBengue,Y = Dabo
Sall Lacroix, Clement Veretout, Cohade Saivet
Bamba, Maupay, Saint-Louis pas en extras, mais en prêt
Clement et Corgnet peuvent être considérés comme partis de l'effectif (mais pas de la masse salariale)


Après, les titulaires-remplaçants ont changé un peu, pour donner ces équipes (à titre indicatif, tant les blessures ont tout faussé) :
  • A: Ruffier - Malcuit, Perrin, Lacroix, MBengue - Selnaes, Veretout, Saivet - Hamouma, Beric, Tannane
  • B: Moulin - RPG, KTC, Pogba, Polomat - Lemoine, Pajot, Dabo - Roux, Söderlund, KMP
  • Extras: Maisonnial, Nordin

Projections pour le mercato d'été 2017


Après le mercato d'hiver, certaines données de la projection précédente ont changé, la situation contractuelle de l'effectif à l'été 2017 sera :

Situation contractuelle à l'été 2017


  • retours de prêt : Bamba, Saint-Louis, Maupay
  • fins de prêt : Saivet, Veretout
  • option d'achat levée automatiquement : Jorginho
  • départs en fin de contrat : Corgnet
  • fin de contrat en 2018 : Clément, Perrin, KMP, Lemoine, KTC, Roux, Hamouma, Pogba, Maisonnial, Bamba, Saint-Louis

Il est clerc que certains "fins de contrat en 2018" seront prolongés et d'autres vendus - la question n'est pas seulement qui est dans chaque catégorie, mais aussi qui remplacera les départs. Si on regarde les joueurs qui nous restent :

Ruffier - Malcuit, Lacroix, Défenseur, Polomat - Selnaes, Dabo, Pajot - Jorginho, Beric, Tannane

Moulin - RPG, 1-2 défenseurs, MBengue - 2-3 x milieux - Maupay, Söderlund, 1-2 excentrés


Le nombre des remplaçants dépend d'une qualification européenne.

Défenseurs: il nous faut un titulaire (idéalement Perrin prolongé) et 1-2 remplaçants, à nous de choisir de prolonger ou remplacer KTC et Pogba.

Axiaux: gros chantier, on n'a pas des remplaçants, ni des jeunes (Souici joue souvent en défense, Kenny est plutôt excentré et encore tendre). Il faut au moins un titulaire expérimenté profil Veretout ou Lemoine (ça peut être un d'entre eux) et idéalement un jeune.

Excentrés: c'est là où on a le plus grand nombre des joueurs en fin de contrat et d'où on peut choisir parmi Hamouma, KMP, Bamba, Saint-Louis (en plus de Nordin et Kenny encore tendres mais qui peuvent dépanner).


Voilà donc l'effectif que j'aimerais voir pour la saison 2017-18 avec en italique les joueurs qui peuvent être remplacés par un profil équivalent :

Ruffier - Malcuit, Lacroix, Perrin, Polomat - Jorginho, Selnaes, Veretout, Tannane - Beric, Maupay
Moulin - RPG, KTC, Pogba, MBengue - Bamba, Pajot, Dabo, Saint-Louis - Hamouma, Söderlund 
Maisonial, Souici, Kenny, Nordin en plus

samedi 4 février 2017

L'objectif des toulonnais

L'objectif déclaré des joueurs du RCT en Top 14 cette saison est de finir dans le 4 premiers et donc de jouer un barrage à domicile. Est-il réalisable ? Qu'est-ce qu'ils doivent faire ?

Un rythme de barragiste ?


A l'heure actuelle, le bilan du RCT est de 42 points en 17 matchs de Top 14, donc 2,47 points / match. C'est peu, même très peu, à ce rythme là, la phase régulière sera finie avec 64 points. Sur les quatre saisons précédentes, seulement il y a deux ans la 6ème place a été à moins de ça, 62. Sur les autres, la dernière place de barragiste a été à 73p, 66p et respectivement 71p.

Comme le RCT ne montre pas le même visage à Mayol (6 victoires en 8 matchs) et à l'extérieur (2 victoires, 1 nul en 9 matchs), peut-être que si on regarde le rythme domicile/extérieur on voit mieux. Ainsi, sur le reste de la saison on devrait prendre 18 points de plus sur les 5 matchs à domicile et 5-6 points sur les 4 à l'extérieur. Pour finir ainsi la saison autour de 65-66 points...

Bref, le rythme actuel peut éventuellement suffire de finir parmi les barragistes, mais clairement pas pour jouer un barrage à domicile - il faudra faire mieux.

La feuille de route


Les 9 matchs qui restent à jouer lors de la phase régulière sont :
  • Lyon, Bayonne, Toulouse, Castres, Pau à domicile
  • Brive, Grenoble, Paris, Bordeaux à l'extérieur
Pour finir parmi les premiers 4 du championnat il faut prendre au moins 30 points supplémentaires - avec un total de 72 points on peut raisonnablement espérer à la 4ème place.

Possible ? Tout à fait, voilà une feuille de route minimaliste :
  • Gagner tous les 5 matchs à domicile et prendre le bonus au moins 3 fois
  • Gagner au moins un de 4 matchs à l'extérieur et prendre 3 points de bonus
Ça reste assez simple et même pas très ambitieux pour un club qui veut gagner un trophée. Bien évidemment, un faux pas à domicile doit être compensé par une victoire supplémentaire à l'extérieur. Il faudra aussi garder un œil sur les résultats des autres, peut-être plus des points seront nécessaires, donc plus des bonus ou même une victoire supplémentaire à l'extérieur.


Le calendrier...


..est plutôt à l'avantage du RCT, d'ici fin mars on joue contre Lyon et à Brive pendant le Tournoi, mais pas en doublons, et contre Bayonne et à Grenoble (les deux derniers) en doublon. Ça reste ambitieux, mais si on arrive à prendre 19 points sur ces 4 premiers matchs (4 victoires, toutes bonifiées sauf une, à Brive, par exemple), on sera bien en avance par rapport à la feuille de route et on se permettra même de faire tourner à Paris une semaine avant le quart de finale de Champions Cup.

Il nous restera ensuite 11 points à prendre sur 3 matchs à domicile (Toulouse, Castres et Pau) et un seul à l'extérieur (Bordeaux). Donc même si on laisse des plumes en Europe, assez faisable.

Voilà, les calculs sont faits et ils doivent être revus après le quart à Clermont. Maintenant il n'y a plus qu'à.

jeudi 2 février 2017

Auxerre - ASSE, 3-0

Des occasions malgré tout


Dans le match de coupe contre l'ASSE, la tactique d'Auxerre a été de défendre très bas et en très grand nombre et de jouer les contres à fond. Tactique payante, avec la qualification au bout, mais est-ce que les Verts ont réussi à se créer quand-même des occasions, malgré l'opposition ultra-défensive ?

Dès le début du match, une chose a été claire - Auxerre s'était mis dans un dispositif très défensif, dans un système 5-4-1, ayant un seul but : empêcher les Verts de se créer des occasions nettes.


Une ligne de 4 au milieu est censée bien occuper la largeur du terrain et donc couper les angles de passe vers les attaquants, qui seront moins trouvés. Et même s'ils le sont, il y a 5 défenseurs en permanence pour les suivre, ils peuvent faire du marquage individuel, tout en ayant un de plus disponible pour combler les trous. Ce système est particulièrement efficace pour boucher les couloirs : non seulement il a deux joueurs de chaque côté (latéral + milieu), mais il y a aussi un défenseur central qui peut couvrir et laissant deux autres dans l'axe au cas où.

Pour des Verts qui attaquent principalement sur les côtés, ça aurait pu être assez embêtant. Ils se sont quand-même procuré des occasions, en déjouant parfois assez bien la tactique défensive adverse.

Passer par les côtés


S'il y a trop de monde dans l'axe, il faut passer par les côtés... mais il ne faut pas oublier que le but c'est de se créer une occasion, pas juste de trouver un décalage dans un couloir. Si on prend par exemple une action à la 18ème minute :


Dabo est trouvé entre les lignes par une belle passe de Malcuit. Il est suivi par son défenseur central et dans le couloir KMP est pris par le défenseur latéral. Un jeu à trois sur un côté, rien de plus classique, mais très bien exécuté et KMP est décalé dans le couloir, dans le dos de son adversaire direct. Il cherche un partenaire dans la surface pour le centre...


... mais il est difficile d'en trouver. Keyta et son adversaire direct sont loin, à l'angle opposé de la surface, Dabo ne s'est pas projeté dans la surface comme un deuxième attaquant et donc Roux est seul pour trois défenseurs. Par miracle, la passe de KMP arrive à le trouver, sauf que le gardien arrête la frappe. Malgré l'occasion créée, l'exemple montre que c'est très difficile d'être dangereux dans la surface contre une défense à 5 en attaquant avec un ailier sur le côté - il n'y a pas assez d'attaquants.

Éliminer un défenseur... et passer par le côté


S'il n'y a pas assez d'attaquants, il y a deux solutions : en rajouter un (par exemple attaquer dans le couloir avec le latéral et mettre l'ailier dans la surface) ou éliminer un défenseur, par un dribble ou par un appel sans ballon. Un exemple qui combine les deux options à la 37ème, où le jeu sans ballon est remarquable :


Même si pas visible sur l'écran, Keyta se place intelligemment entre deux défenseurs pour les occuper, et KMP se déplace vers l'axe, attirant le défenseur latéral avec lui. Dabo se place entre les lignes, ce qui fait descendre un milieu central avant que le défenseur aille le chercher. Et surtout, notre avant-centre décroche, suivi par un défenseur central - Roux a commencé à utiliser de plus en plus ce jeu sans ballon a partir de la 25ème minute, probablement en voyant que c'est pas Dabo qui le faisait. Lemoine peut ainsi faire une passe qui casse la ligne des milieux (ligne déjà cassée par le milieu attiré par Dabo) dans le couloir de Malcuit, couloir laissé libre par l'appel de KMP. Malcuit monte avec le ballon...


... et la situation dans la surface est différente cette fois-ci. KMP se place dans le vide laissé par le défenseur aspiré par Roux. L'autre central doit combler ce vide, mais en laissant libre Dabo. Bref, il y a trois Stéphanois qui font des appels dans la surface et seulement 3 défenseurs pour les prendre, sans parler du fait que KMP est bien démarqué. Il est trouvé par Malcuit, mais sa frappe trop molle est sortie par un défenseur.

Éliminer un défenseur... et passer dans l'axe


Un avant-centre qui décroche dans une défense à 3 aspire presque toujours un défenseur avec lui - sinon, quel intérêt d'en avoir tant si on ne suit pas l'attaquant. Et l'utilisation intelligente de l'espace laissé peut créer des occasions, même quand ça ne passe pas sur les côtés :


Un long ballon parvient jusqu'à Hamouma, entré en jeu à la place de Dabo et jouant plus attaquant que celui-ci. Il faut noter que KMP et Nordin (entré à la place de Keyta) sont en retrait, suivis par les latéraux adverses, donc les trois centraux se retrouvent tout seuls avec nos deux attaquants. Hamouma décroche, attire son défenseur, combine avec Roux...


... et ce n'est pas un un-deux, mais presque, on utilise la qualité de passe de Selnaes pour lancer Hamouma en profondeur, dans le vide laisse par le défenseur qui était monté. A noter que les deux autres défenseurs ne sont pas bien tournés (le dos vers Hamouma), le temps qu'ils se tournent et commencent à sprinter, Hamouma a déjà le ballon à l'entrée de la surface... et essaie un lob qui passe au dessus de la cage. 


Conclusions


Il y a eu d'autres occasions Vertes créées comme ça, un tir de Dabo juste à côté après un autre décalage de Malcuit sur la droite et Roux trouvé dans la surface, Hamouma trouvé par Nordin dans le dos d'un défenseur trop monté et frappe de Kenny, mais les Stéphanois ont manqué de réussite. Et malheureusement ce manque d'efficacité dans la surface adverse dans le temps réglementaire a été  accompagné d'un manque d'efficacité dans sa propre surface pendant les prolongations. Entre Lemoine, Polomat et Lacroix qui se bousculent devant un Moulin scotché sur sa ligne lors du premier but, Kenny qui rate son contrôle lors du deuxième et Malcuit qui rate le sien lors du troisième, on peut dire qu'on a offert la victoire à l'adversaire. Ce qui rend encore plus frustrantes les occasions manquées, surtout qu'il n'est pas évident de s'en créer contre d'une équipe si regroupée que ça. Par contre, la frustration et la déception doivent être vite éliminées, car les échéances suivantes seront d'un autre niveau et l'efficacité, à la fois offensive et défensive, sera cruciale pour bien s'en sortir.

mardi 31 janvier 2017

Toulouse - ASSE, 0-3 (Roux x 2, KMP)

La victoire des Verts à Toulouse est intervenue suite à des faits de jeu favorables, mais aussi grâce à une opposition tactique qui a tourné à l'avantage des Stéphanois.

Le positionnement haut de la défense Toulousaine


La tactique Toulousaine en première période a été construite à base de trois éléments : un "10" bien placé entre les lignes, une relance propre avec des passes entre les défenseurs et les milieux (pas des longs ballons) et un bloc très haut quand ils n'avaient pas le ballon. La tactique Stéphanoise a été une réponse adaptée aux deux derniers éléments, sans trop se soucier du premier : on a choisi de défendre en 4-4-2 sans suivre spécialement le "10" adverse. Ainsi, les attaquants Verts ont fait un pressing très haut qui a poussé les défenseurs adverses à commettre des erreurs (chose soulignée par Galtier en conférence de presse après le match). Et surtout, les Stéphanois ont essayé des longs ballons dans le dos de la défense, tout en étant présents sur les deuxièmes ballons en cas de dégagement adverse, comme dans l'exemple suivant.

Lors des 6 premières minutes, pas moins de 3 fois les attaquants Stéphanois ont été hors-jeu très près de la ligne médiane, tellement les Toulousains se positionnaient haut. Après ce troisième hors-jeu, le ballon est envoyé vers le 10 - Trejo - positionné entre les lignes :


Malgré le fait qu'il a deux adversaires à surveiller, Pogba gagne le duel aérien et via Veretout le ballon arrive à Perrin qui joue tout de suite long vers les attaquants :


Le ballon est renvoyé par la défense, mais récupéré tout de suite par Selnaes, présent sur les deuxièmes ballons, comme prévu. Il trouve Roux...


... qui cherche à lancer Keyta en profondeur, mais sa passe est interceptée par la défense. C'est le tour des Toulousains de jouer long, mais de nouveau Pogba gagne son duel aérien et de nouveau le ballon est donné au capitaine Perrin : 


Hamouma s'adapte au positionnement très haut de la défense et la passe de Perrin le trouve en profondeur, lancé. Penalty et ouverture de score, le piège du hors-jeu a fonctionné trois fois avant d'être déjoué. Quand on défend très haut, il y a deux solutions pour ne pas subir des longs ballons dans le dos de la défense : gros pressing pour empêcher des passes propres ou le hors-jeu. Les deux ont échoué dans ce cas.

La récupération haute Stéphanoise


Comme en première période on s'est créé plusieurs occasions en poussant la défense adverse à la faute par le pressing, l'entraîneur adverse déclarait en début de la deuxième qu'ils vont arrêter d'essayer de sortir proprement et qu'ils vont chercher un jeu direct avec des longs ballons et une éventuelle présence sur les fameux deuxièmes ballons. Le carton rouge a changé encore plus la donne : la défense Toulousaine a joué beaucoup plus bas, donc les Stéphanois n'ont plus eu l'occasion de se lancer dans son dos. Par contre, leur présence sur les ballons renvoyés par la défense a continué à être très efficace, le ballon récupéré très vite et très haut.

A titre d'exemple, un coup franc suite à une faute sur Hamouma est joué par KTC avec Selnaes. Le bloc adverse (en 4-4-1) est en place, Hamouma se place en "10" entre les lignes, Pogba est avancé à gauche, donc Malcuit reste avec la défense, à droite :


Pas attaqué, Selnaes avance avec le ballon, alors Veretout recule - on n'attaque pas à 7. La passe de Selnaes casse les deux lignes et trouve Keyta à l'entrée de la surface :


Keyta crochète et tire, mais sa frappe est contrée, le ballon repoussé jusqu'à Selnaes. Sa passe est interceptée et le ballon dégagé... jusqu'à Veretout :


Grosse présence à la récupération pour nos deux milieux axiaux, l'attaque continue, mais cette fois-ci à droite, c'est le tour de Veretout de bien décaler l'ailier, KMP dans ce cas :


A noter que, comme le jeu est à droite, Malcuit monte et donc Pogba revient. Tout comme Selnaes, vu que c'est Veretout qui mène l'attaque. KMP profite de l'appel de Malcuit qui aspire deux adversaires, pique vers l'axe et cherche à trouver Hamouma, bien positionné dans l'espace entre la défense et le milieu : 


La passe est interceptée, mais le ballon n'est pas envoyé plus loin que Veretout (encore), qui repasse par la défense pour donner le temps aux attaquants de se préparer :


Les Toulousains sont à 10 et ce jeu en alternance gauche-droite crée des décalages : Pogba est complètement libre à gauche (il manque un milieu X pour le prendre), c'est par là-bas qu'il faut passer, alors Malcuit revient - toujours le souci d'équilibre. Perrin décale donc Pogba dans son couloir...


... et une fois n'est pas coutume, un décalage est transformé dans une occasion, son centre trouve la tête de KMP dans la surface et le break est fait. A noter que les défenseurs et milieux adverses ont glissé vers notre gauche pour combler le trou, mais pas nos attaquants : ils étaient 4 pour 3 défenseurs et les appels différents ont fonctionné, un d'entre eux a été trouvé.


Conclusions


Il est presque dommage que les Verts ont bénéficié de deux penalties et une expulsion, tellement ils avaient bien préparé tactiquement le match. Quand c'est le coach adverse qui change d'approche à la mi-temps, ça veut dire qu'on a bien été en place et qu'on les a vraiment mis en danger. La preuve aussi dans le nombre des tirs effectués, 20 sur le match (dont 15 dans le jeu) et 10 (8 dans le jeu) sur une première période totalement maîtrisée tactiquement à 11 contre 11. Pour une équipe qui jusqu'à là tournait à 10-11 tirs en moyenne par match, c'est pas mal du tout et même très rassurant pour un mois de février bien chargé.

dimanche 29 janvier 2017

RCT - La Rochelle, 20-23 (Orioli)

L'avant-match


Après le match à forte intensité à Saracens la semaine dernière, le RCT pouvait redouter la réception de La Rochelle, 2ème du championnat, surtout avec un bon nombre des cadres absents (Guirado, Chiocci, Bastareaud, Vermeulen, Halfpenny). Mais il était important de bonifier la qualification européenne avec un bon résultat en Top 14 avant trois semaines de vacances.

Le match...


...commence bien, avec des toulonnais présents au combat, avec une attaque intéressante construite après une touche, mais conclue par un avant et suivie d'une pénalité en mêlée, une autre sur le maul suivant et longue phase défensive ensuite. Si la défense semble tenir, elle le fait au prix des pénalités, 4 concédées après seulement 11 minutes. Et quand on a eu le ballon, on n'a pas construit , faute à une conquête absente, 4 touches perdues déjà à la 20ème minute et aucune mêlée jouée. Et avec seulement 29% de possession à la 22ème minute et un bel essai pris en contre après un double-plaquage raté de Giteau et Nonu, on peut dire que l'envie toulonnaise était restée aux vestiaires. Dans les dernières 10 minutes avant la pause on a enfin campé dans les 22 de La Rochelle, mais avec des attaques stériles. Le coup du sort est arrivé juste avant la pause, une touche adverse à 5m de leur en-but est ratée (la première sur 6) et Orioli marque au près.

La deuxième période commence mieux, on égalise, on est présents en mêlée, on gagne des pénalités, on lance après les touches, mais on a toujours des attaques très stériles. Par la suite, Bernard se rate sous une chandelle et sur l'attaque adverse on prend un essai au large, donc tout est à refaire. A la 66ème on prend deux fois la pénal-touche dans les 22m adverses, ça ne donne rien. A la 70ème on fait la même chose, toujours rien, mais on obtient une mêlée à 5 après la deuxième touche... et un essai de pénalité dans la foulée. Au final, on a fait cadeau deux essais et on en a marqué deux pas construits. Et pour couronner le tout, on n'a pas réussi à tenir le match nul, en concédant une pénalité sur une mêlée à la dernière minute.

L'action


A la 53ème on joue une touche dans les 40m adverses, qui commence avec un maul pour fixer un peu la défense :


Les trois-quarts sont disposés sur la largeur, sauf Habana (11) qui est dans l'axe du maul et qui se joint même à lui quelques secondes avant que Tilous-Borde (9) sorte le ballon...


... pour Nonu (12) qui casse des plaquages et entre dans les 22m - chose à souligner, c'est la seule fois lors de cette longue action qu'on arrive à casser le rideau défensif. Pendant presque une minute on fait jouer les gros dans l'axe, on enchaîne les points de fixation, en attendant une brêche :


Et quand Tillous-Borde sort le ballon pour les trois quarts, ils sont disposés des deux côtés. Il choisit la droite, avec Giteau (10) qui ne joue pas vers l'extérieur et Nonu (12) et Tuisova (14), mais préfère d'essayer de se faufiler. Sans succès, Nonu récupère le ballon, il est plaqué aussi, alors le jeu est envoyé à gauche :


Bernard (15) joue comme un demi d'ouverture, il avance, fixe et lance Mermoz (13) qui a Habana (11) à son extérieur, mais qui préfère essayer de passer en un contre un, sans succès. Alors on revient de nouveau avec les gros vers l'axe et ensuite on ressort avec notre demi d'ouverture :


Ce balayage droite-gauche a porté ses fruits, la défense n'est plus en place sur la largeur, où on a un surnombre clair. Sauf que Giteau essaye de nouveau de se faufiler, toujours sans succès et le ballon est perdu. Une des rares actions offensives construite des toulonnais, ratée comme toutes les autres suite à un mauvais choix...

La suite


Triste match pour le toulonnais, complètement absent lors de la première période. Et même si un léger réveil est intervenu après la pause, la qualité du jeu produit a été inexistante. Les 3 semaines qui suivent vont être longue, très longue. Après une semaine des vacances bien méritées (hah!), les joueurs, enfin, pas ceux convoqués avec les sélections, auront deux semaines de travail. Assez pour enfin ressembler à une équipe, mais une qui a comme plan d'attaque autre chose que d'envoyer un gros, Bastareaud ou Tuisova en percussion ? La réception de Lyon mi-février sera sous haute pression...