dimanche 20 octobre 2019

RCT - Bayonne, 20-9 (Dakuwaqa, Alainu'uese)

L'avant-match


Après leur quatrième défaite de la saison, les Toulonnais accueillent un surprenant Bayonne, troisième, qui n'a perdu que 2 matchs jusqu'à maintenant et qui a déjà gagné 2 fois à l'extérieur. Bref, un match difficile pour le RCT, qui voudra à tout prix éviter de passer les trois semaines de pause qui suivront avec une défaite à domicile dans la tête. Et comme ils rencontreront le même adversaire en Coupe d'Europe plus tard dans la saison, les Toulonnais seraient bien avisés de marquer les esprits avec une performance enfin aboutie...

Le match...


... commence avec l'ouverture du score toulonnaise sur une pénalité, mais les Bayonnais égalisent rapidement, concrétisant leur longues possessions. Le RCT marque le premier essai du match en force après une touche sur les 22m et un maul, ce qui est très bien payé. En effet, le seul jeu toulonnais est au pied, pendant que Bayonne propose plus de séquences, sans pourtant arriver à réellement franchir. Les nombreux en-avant (7 à 2 en 1MT) gâchent toute tentative offensive et la réussite au pied de Belleau porte le score à 13-3 à la pause.

Le RCT marque un 2e essai (voir ci-dessous) en début de la 2MT, encaisse 2 pénalités et le score final est atteint dès la 58e, 20-9. Le reste du match a été à sens unique, avec les Bayonnais qui ont déroulé jusqu'au derniers mètres toulonnais, où la défense prenait à chaque fois le dessus. Dans les 5 dernières minutes les Toulonnais ont été près d'inscrire l'essai du bonus (refusé à la vidéo pour un en-avant), mais aussi d'en encaisser celui du bonus défensif pour Bayonne. Finalement aucun autre essai n'a été marqué dans ce match assez terne et mal maîtrisé par les deux équipes...

L'action


On joue la 48e et le RCT bénéficie d'une touche sur les 22 mètres adverses. Le lancers est capté et après un premier point de fixation des gros...


... Webb (9) sort pour Belleau (10). Les trois-quarts se trouvent au large (Savea - 12, Dachary - 13, Cordin - 15 et Villière - 11), pendant que Dakuwaqa (14) vient de son aile et propose une solution à l'intérieur pour son demi d'ouverture. Qui feinte la passe et franchit le rideau défensif, étant plaqué seulement à 10m de l'en-but. La libération est rapide...


... mais la défense monte vite (hors-jeu, avantage laissé par l'arbitre), alors Dachary (13) ne joue pas au large avec Cordin (15) ou Villière (11), il défie la défense. Et sur le temps de jeu suivant, Webb (9) décide d'inverser :


Même ses coéquipiers ne s'y attendaient pas, le talonneur (Etrillard) et les troisièmes lignes (Messam, Lakafia, Gorgodze) regardent comment Belleau (10) prolonge la passe vers Savea (12) entre eux. Le centre avance, fixe la défense...


... saute Lakafia (7) pour lancer Dakuwaqa (14). Il ya un surnombre de ce côté, un 3-contre-2, mais ce sont des deuxièmes lignes à l'aile, Alainu'uese (5) et Rebbadj (4) :


L'ailier toulonnais fixe l'avant-dernier défenseur, feinte une passe que l'ailier adverse essaye d'intercepter, avant de donner finalement le ballon à son coéquipier, qui n'a plus qu'à aplatir.

La suite


Une longue pause est accordée aux joueurs, avec 9 jours des vacances pendant ces 3 semaines sans match. Beaucoup de joueurs seront de retour, des internationaux mais aussi quelques blessés. Et la vraie saison des Toulonnais pourra enfin commencer. Entre le Top 14 et la Challenge Cup ils devront haussé le niveau de jeu, qui est clairement pas suffisant pour l'instant.

lundi 14 octobre 2019

Stade Français - RCT, 33-30 (Smaïli, Savea, Lakafia)

L'avant-match


Un déplacement chez la lanterne rouge c'est généralement un match facile sur papier, surtout quand l'adversaire est dans une spirale négative. Mais le RCT de Patrice Collazo a du mal à l'extérieur, avec souvent des défaites assez larges, la victoire lors de la 1e journée à Agen étant l'exception qui confirme la règle. Et comme la liste d'absents toulonnais est toujours très impressionnante, il est clair que ça ne sera pas une simple balade à Paris.

Le match...


... a connu 20 premières minutes très faibles d'un point de vue rugby, avec une vraie action, pour les Toulonnais qui ont magnifiquement relancé de leurs 40m, échouant à quelques mètres de l'en-but. Le RCT s'en est plutôt bien sorti et menait 9 à 3 avant que le Stade Français commence enfin à jouer. Après des longues minutes sans sortir de la moitié toulonnaise, les Parisiens ont égalisé à 9-9 et ont marqué un très bel essai sur la remise en jeu. Mais après 15 minutes de large domination adverse, les Toulonnais ont réussi à marquer aussi (voir ci-dessous) et les deux équipes sont rentrés aux vestiaires à égalité.

La 2MT a bien commencé pour le RCT qui marque un 2e essai suite à une interception... après avoir perdu le lancer en touche. Mais le Stade Français a égalisé dans la foulée - un doublé pour le 3e ligne qui a pris de vitesse les trois-quarts toulonnais lors de ses deux essais... Les Toulonnais ont du mal sur leurs lancers de jeu, mais jouent très bien quand leurs adversaires ne sont pas en place, comme la pénalité rapide joué par Webb pour le 3e essai du RCT, qui passe devant 30-26 avec 10 minutes à jouer. Et quand le drop du demi d'ouverture parisien échoue sur le poteau quelques minutes plus tard, on se dit que c'est bon... sauf que Villière, pour son premier match avec le maillot rouge et noir, prend la mauvaise décision de ne pas dégager, ce qui offre un essai et la victoire au Stade Français.

L'action


On joue depuis presque un quart d'heure dans la moitié toulonnaise, et après avoir échappé de peu à un essai (en-avant de passe peu évident sifflé par l'arbitre), le RCT essaye de se dégager avec le jeu au pied de Belleau (10), malheureusement trop court. Et le Stade Français bénéficie d'un lancer en touche sur les 22m adverses :


Un temps de jeu, puis un deuxième avec un centre qui avance 10m avant d'être mis au sol, le ballon est sorti vers la droite...


... mais la défense toulonnaise tient bon. Le jeu est envoyé dans l'autre sens, et après un autre temps de jeu...


... l'ailier gauche est trouvé, bien seul dans son couloir. Dakuwaqa (14) coulisse bien et le plaque sur la ligne des 5m. Le jeu repart de nouveau dans l'autre sens, avec le demi de mêlée qui porte le ballon pour trouver une option de passe :


Il choisit une longue sautée peu inspirée, le ballon rebondit d'un Parisien. En-avant, mais avantage laissé au RCT, c'est Belleau (10) qui avait récupéré le ballon. Il est plaqué, mais Etrillard (2) sort vite...


... pour Onambélé (6), qui ne franchit pas. Ce n'est pas dans le fermé que les Toulonnais doivent insister, les trois-quarts se trouvent de l'autre côté. Et Ikpefan (11) ne se trompe pas quand il sort le ballon du ruck :


Lakafia (7) le relaye jusqu'à Smaïli (13), qui choisit de sauter Alainu'uese (5)...


... pour trouver Savea (12). Le décalage est fait, le centre du RCT contourne la défense et combine avec Dakuwaqa (14), qui avait croisé sa course.


Plaqué, il passe après contact à Savea (12), qui sprinte au long de la ligne de touche, renverse un défenseur et quand il est plaqué par le dernier Parisien, il passe après contact pour son compère au centre. Smaïli-Savea-Dakuwaqa et retour, le jeune Toulonnais marque le premier essai du RCT après un contre rondement mené.

La suite


C'est le premier point de bonus défensif de la saison pour les Toulonnais, habitués plutôt au larges défaites. Trop de cadeaux faits aux adversaires, qui sont toujours remis dans le match par des approximations ou des mauvais choix, le résultat est logique. Et comme d'habitude, après une défaite à l'extérieur, le RCT doit maintenant se racheter à domicile. Ce qui ne sera pas simple dans une semaine, contre des Bayonnais solides troisièmes. Mais la victoire est impérative, pour ne pas vivre une coupure internationale de 3 semaines avec une mauvaise performance à Mayol dans les têtes...

mercredi 9 octobre 2019

RCT - La Rochelle, 23-3 (Isa, Savea)

L'avant-match


Les Toulonnais ont mal démarré la mini-série de 4 matchs entre deux trêves liées à la Coupe du Monde, avec une défaite à l'extérieur. Ils se doivent donc de gagner à domicile, mais la réception de La Rochelle est tout sauf simple. Ce n'est pas spécialement la force de l'adversaire qui inquiète, mais surtout l'effectif très affaibli du RCT, notamment devant, où plusieurs joueurs ont eu une gastro, en plus du pack des joueurs blessés ou au Japon, qui est impressionnant (Fresia, Tolofua, Setiano - Gorgodze, R.Taofifénua - Messam, Parisse, Ollivon) - surtout si on se dit qu'ils seraient dirigés par Serin (absent aussi). 

Le match...


... commence bien pour le RCT, qui prend le score avec une pénalité rapide dans le camp adverse après un maul. Mais qui est forcé ensuite de défendre, la possession et l'occupation sont pour La Rochelle, qui propose des très longues séquences, à plus de 2 minutes, sans réussir à marquer des essais. Les Toulonnais défendent bien (même s'ils sont sanctionnés d'un jaune gratuit), mais ont toujours du mal à attaquer, sans franchir et gaspillant parfois leurs lancers en touche. Par contre, le jeu au pied d'occupation est précis, la mêlée dominatrice, et même s'ils n'ont pas concrétisé le long temps forts dans les 5m adverses en fin de période, ils rentrent aux vestiaires menant 6-3.

La 2MT est similaire, une pénalité au début pour le RCT, du mal en conquête ensuite... mais un essai marqué après une touche adverse volée (voir ci-dessous). Et ensuite une longue domination rochelaise, rendue stérile par la belle défense des hôtes. Et pour finir, un 2e essai toulonnais dans les dernières minutes pour tuer le suspense. 17-0 au score en 2e période, deux essais, une belle défense, mais pas forcément une prestation très aboutie pour les Toulonnais, qui n'ont pas vraiment convaincu.

L'action


On joue depuis 10 minutes en 2e période et le RCT bénéficie d'une touche sur les 40m adverses :


Les trois-quarts sont en place, Lakafia (7) capte le lancer d'Etrillard (2), un maul est formé... et le ballon tombe par terre : en-avant et mêlée pour La Rochelle :


Ballon sorti pour le demi d'ouverture, qui trouve une belle touche dans le dos de Dakuwaqa (14)... et les Toulonnais ont perdu le terrain, ils jouent maintenant dans leur 22m :


Touche courte d'Etrillard (2) pour Alainu'uese (5), plaqué. Webb (9) sort pour un point de fixation de Lakafia (7) et dégage ensuite en touche. Lancer adverse sur les 40m du RCT, les rôles se sont inversés et les Toulonnais n'arrivent pas à construire une attaque. Mais...


... il est plus simple d'en construire sur les lancers adverses ! Rebbadj (4) vole le ballon en touche, en le déviant pour Webb (9), qui écarte avec Lakafia (7). Après un temps de jeu, le ballon sort vite au large...


... où les trois-quarts sont prêts. Belleau (10) le donne à Savea (12), qui fonce droit devant, sans jouer à sa gauche avec Dachary (13), Cordin (15) ou Ikpefan (11). Le jeu revient vers la droite...


... où Webb (9) lance van der Merwe (3) pour un point de fixation. Il n'y a quasiment que des avants sur la largeur, on peut s'attendre à du jeu en force...


... mais Ikpefan (11) surprend la défense, venant de son aile pour se proposer à l'intérieur de Belleau (10). La ligne adverse est enfin percée et la dextérité toulonnaise fait le reste :


Ikpefan (11) remet à l'intérieur à Webb (9), qui avait suivi et qui passe au dessus du dernier défenseur pour la course d'Isa (8), qui aplati sans problèmes, pour le premier essai du match.

La suite


Large défaite à l'extérieur, victoire pas convaincante à domicile, le RCT semble avoir trouvé son rythme. Qui n'est pas satisfaisant et il faut espérer qu'il sera cassé lors du prochain match, chez la lanterne rouge parisienne. Même s'il est raisonnable d'espérer que les résultats et le jeu produit s'amélioreront à partir de novembre (fin de Coupe du Monde, retour des blessés), il est important de faire le plein des points dès maintenant. Histoire de pouvoir viser plus haut et de travailler tranquillement.

mardi 8 octobre 2019

ASSE - Lyon, 1-0 (Beric)

Beau comme un but à la 90e (2)


Et comme un Chaudron en ébullition. Parce que non seulement les Verts ont gagné pour la première fois à domicile cette saison, mais ils l'ont fait à la dernière minute, contre le vilain rival historique !

Le titre de cette analyse n'est pas original, il a été utilisé il y a deux saisons pour le premier derby de Gasset à la tête de l'ASSE, quand Debuchy a égalisé à la dernière minute, à Lyon. Mais ce n'était pas une victoire. Et il ne faut pas oublier le dernier derby à domicile, quand les Vilains ont gagné avec un but dans le temps additionnel. Bref, ces matchs se décident souvent dans les dernières minutes, et c'est donc encore plus réjouissant que cette fois-ci ça tourne en faveur des Stéphanois.

Comment on gagne un derby à la dernière minute ? En étant très solides pendant le match, comme le souligne Claude Puel, qui commence de la meilleure de manière son rôle de manager sportif du club : "les joueurs ont été extraordinaires, très disciplinés, ils ont mis beaucoup d'intensité et de cohésion dans leur match". Et en ayant un peu de chance à la fin : "il y avait beaucoup de fatigue, on s'est fait prendre un petit peu dans notre dos. On aurait pu perdre le match, on le gagne à la 90e mais ça vient récompenser toute notre abnégation et de notre part un très gros match"

Regardons tous ces éléments en détail.


1MT : Bien fermé au milieu


Pour son premier match à la tête des Verts, le staff technique a fait le choix d'une défense à 3, un système 3-4-1-2 avec plusieurs surprises dans la composition :


En pointe, Diony et Abi ont démarré leur premier match de la saison (de la carrière en pro pour le second), Boudebouz en leur soutien, Trauco et Bouanga en pistons. Un petit détail tactique a été l'inversion de la paire M'Vila - Youssouf au milieu, le premier passant à droite, ce qui a rendu compliqué le marquage individuel prévu sur lui. Côté Lyon, le système tactique a été similaire, un 5-3-2, et l'approche stéphanoise pour le contrer est visible sur l'image précédente : le trio du milieu adverse est enfermé par les 2 milieux et 3 offensifs (très disciplinés) de l'ASSE.

Les défenseurs adverses sont donc obligés de se passer le ballon sans trouver des solutions...


... et ils le font pendant des longues secondes, de gauche à droite et retour, pendant que le bloc stéphanois coulisse très bien :


Ainsi, après de très nombreuses passes latérales au centre du terrain, sans autre solutions...


... un défenseur balance un long ballon vers ses attaquants. C'est facilement repoussé de la tête par Saliba, mais c'est un Lyonnais qui récupère la balle :


Il essaye de combiner avec un avant-centre, mais Perrin jaillit et intercepte, décalant ensuite Bouanga à droite, qui trouve Abi un peu plus haut :


Le jeune attaquant se joue de son défenseur et le contre stéphanois peut être dangereux, il ne restait plus que deux défenseurs et Boudebouz et Diony offraient des solutions. Malheureusement, Abi est fauché par le défenseur (qui écope d'un jaune) et le contre est arrêté.

Le coup franc est joué par Saliba avec Perrin...


... qui combine avec Youssouf, avant que Saliba n'écarte de l'autre côté, avec Kolo et Trauco. Les Verts ne se jettent pas en attaque, le ballon revient vers la défense :


Trauco-Youssouf-Perrin, le premier quitte la ligne de touche et rentre un peu dans l'axe pour ouvrir une possibilité de passe à son capitaine. Les deux échangent des passes verticales...


... comme si rien n'y était, comme s'il n'y avait pas de bloc adverse en place. Ce qui est partiellement vrai, la défense à 5 est en place, mais les deux attaquants ne coupent aucun angle de passe et le trio des milieux ne couvre pas grande chose. Le jeu devrait aller de l'autre côté, un circuit de passe Youssouf-M'Vila-Boudebouz contournerait complètement les milieux adverses et créerait un décalage. Mais ça ne sera pas le cas dans cet exemple, Perrin et Trauco jouent avec Diony, très excentré...


... qui recombine avec Youssouf. Le une-deux fonctionne très bien parce que Trauco repique dans l'axe fixant le piston droit adverse. Il est recherché par Diony...


... et le ballon arrive à Youssouf, qui percute balle au pied, pendant qu'au deuxième poteau ses coéquipiers sont libres. Il trouve Boudebouz...


... mais malheureusement son tir est repoussé sur le poteau par le goal adverse, avant que le ballon soit dégagé en corner, pour la plus grosse occasion de la première période. Ce long exemple est représentatif du rapport de forces en 1MT, avec une possession lyonnaise (60%), mais complètement stérile (aucun tir tenté sauf un coup franc direct de très loin après la demi-heure de jeu). Le bloc stéphanois très discipliné a complètement anéanti l'animation offensive adverse...


2MT : Des espaces dans les défenses


De retour des vestiaires, les Verts ont mis le pied sur le ballon, avec 64% de possession. Toujours plus dangereux (4 tirs stéphanois à 0 effectués dans les premières 25 minutes de la 2MT), ils pouvaient néanmoins se faire surprendre dès qu'ils n'étaient pas en place, comme dans cet exemple à la 54e :


Les trois offensifs stéphanois (Diony-Boudebouz-Abi) sont alignés, mais très haut, il n'y a pas de bloc proprement dit. En plus, le défenseur central gauche adverse est très excentré, quand il reçoit le ballon, Bouanga monte le chercher, même si ce n'était pas son adversaire direct. Jeu long sur le piston gauche...


... et déviation pour un milieu central, qui a plongé dans le dos de Saliba, sorti couvrir Bouanga. M'Vila suit son adversaire direct, mais il est trop court et comme Perrin rate son tacle, le Lyonnais s'échappe vers le but. Heureusement, Kolo est en couverture : il réussit son tacle et le ballon arrive dans les gants de Jessy Moulin. Qui prend son temps avant de relancer, ce qui laisse le temps aux adversaires de former leur bloc :


Sauf que deux passes verticales (le circuit Youssouf-M'Vila-Boudebouz...) suffisent pour traverser le rideau des attaquants et le triangle des milieux. Boudebouz se trouve donc face au jeu, la défense à 5 adverse est en train de reculer...


... et Bouanga est parfaitement lancé en profondeur, dans son couloir. Où il se joue de son adversaire direct, puis d'un autre, avant de finalement armer une frappe au premier poteau, déviée en corner par le gardien.



A partir de la 70e le rapport de force a de nouveau changé. Les Lyonnais ont repris la possession (57%) et sont enfin devenus dangereux, avec 4 tirs à 0 effectués dans les dernières 20 minutes du temps réglementaire. Pendant ce temps, le premier changement stéphanois a vu Khazri prendre la place de Diony, le bloc compact au milieu toujours en place :


Pour le deuxième changement, Beric est entré à la place d'Abi. Mais en même temps, les adversaires sont passés à 10, avec le piston gauche blessé après les trois changements effectués. Ils défendaient donc en 4-4-1, comme dans cet exemple à la 86e :


Côté stéphanois, il y a toujours la défense à 3, le deux avant-centres, les deux pistons et le trio au milieu Youssouf-M'Vila-Boudebouz. Le premier cherche Bouanga avec un long ballon en profondeur, mais c'est une sortie de but. Le gardien adverse dégage vers sa droite...


... où le ballon est initialement gagné par ses coéquipiers, avant que Perrin intervienne pour le repousser jusqu'à Khazri. La passe de l'attaquant stéphanois n'est pas précise, la possession redevient à nouveau lyonnaise :


Un AC décroche pour offrir une solution, Perrin sort sur lui (l'autre AC est marqué par Kolo). De l'autre côté, Bouanga est trop haut et le même milieu central que dans l'exemple précédent se place dans son dos. Perrin suit son adversaire direct assez haut, mais ne peut pas l'empêcher de lancer en profondeur son coéquipier ...


... qui élimine avec un contrôle orienté Saliba et se présente devant Moulin, ratant heureusement le cadre.

Même pas 2 minutes plus tard, la possession est stéphanoise, dans la moitié adverse :


Perrin-Saliba-M'Vila-Youssouf-Kolo, des passes latérales pour chercher une faille dans le bloc adverse, toujours en 4-4-1. Et c'est juste une question de temps avant de trouver une solution de passe vers l'avant, vu que les 5 offensifs de l'ASSE (deux attaquants, deux pistons, un "10") se trouvent très haut. Le ballon circule maintenant de gauche à droite...


... et les défenseurs adverses se trouvent en 4-contre-4, avec Boudebouz complètement oublié dans le couloir. Il est trouvé par M'Vila, mais son centre est repoussé par un défenseur en touche. Ce n'est pas grave, il a droit à une deuxième chance quand il reçoit le ballon de Bouanga :


Il travaille son adversaire direct, pendant que ses coéquipiers attendent le centre - on voit bien comment le piston droit adverse a du mal à se positionner. Dans une défense à 4, il devrait être aligné avec ses coéquipiers, mais dans un système à 5, il a un adversaire direct à chercher, Trauco. Et pendant que Boudebouz s'amuse avec le milieu adverse...


... ce positionnement du piston droit lyonnais est fatal. Il ne serre pas Beric, qui se place dans le dos du dernier défenseur central, d'où il place sa tête gagnante, qui délivre le Chaudron.



Conclusions


Grâce à ce but à la dernière minute, les Verts ont gagné un match (pas n'importe lequel !), mais ils ont surtout conclu une très belle semaine, avec 7 points pris en 3 matchs. Si la victoire dans la souffrance à Nîmes leur a fait du bien au moral, s'ils ont réussi leur premier match plein contre Wolfsburg, le fait d'avoir enfoncé leur rival représente un énorme boost de confiance. Même si le nouvel entraîneur de l'ASSE a raison de tempérer ("ça ne doit pas occulter qu'on a beaucoup de travail, beaucoup de choses à régler en terme de jeu"), même si le chantier du renouveau commence à peine, il démarre sur des bonnes bases. De quoi passer une belle trêve internationale et d'attendre avec impatience la suite...

vendredi 4 octobre 2019

ASSE - Wolfsburg, 1-1 (Kolo)

En confiance !


Même s'ils n'ont toujours pas gagné à Geoffroy-Guichard cette saison, les Verts ont fait un gros match contre les coéquipiers de Joshua Guilavogui et préservent ainsi leurs chances de passer la phase de poules.

Cette prestation aboutie est la conséquence directe de l'état d'esprit des joueurs, selon Kolodziejczak : "on a fait un gros match, le meilleur depuis le début de saison en termes d’intensité, de qualité et d’engagement (...) Ce qui peut expliquer qu’on fasse notre meilleur match ? La confiance". Et ses dires sont confirmés par le capitaine adverse : "la victoire de caractère acquise à Nîmes leur a donné beaucoup de confiance. Après 90 minutes, on a pu voir qu’ils avaient beaucoup plus de jambes que nous".

Retour sur ce premier match plein de la saison. 

1MT : équilibré


Les Verts ont abordé cette rencontre dans le même système tactique que lors de leur dernier match, un 4-3-2-1 / 4-4-2, avec Khazri en soutien de Beric :


William Saliba est de retour en tant que titulaire en défense centrale après des longs mois d'absence. Côté allemand, le système de jeu a été un 3-4-3, comme Pat Guillou nous l'avait expliqué En plus, son analyse de leur jeu direct qui saute le milieu et qui cherche les déviations de l'avant-centre était juste :


Le latéral droit adverse adresse un long ballon pour l'avant-centre, qui dévie de la tête pour la course de l'ailier droit, parti dans le dos de Kolo. Perrin et Saliba lui courent après, mais il arrive à centrer...


...à destination de l'autre ailier, suivi par Debuchy. Heureusement le centre est trop fort, mais cette première alerte montre comment la défense à 4 stéphanoise doit absolument gagner ses duels contre les 3 offensifs allemands - les milieux sont complètement sautés et ne peuvent pas aider.


Par contre, le jeu au milieu du terrain a été très important. La bataille a été rude et l'équipe qui gardait le contrôle du ballon malgré le pressing adverse pouvait ensuite décaler ses éléments offensifs. Comme dans cet exemple à la 12e minute :


Le 3-4-3 adverse est visible, tout comme le bloc haut stéphanois. Les défenseurs se passent le ballon et cherchent un offensif... sauf que Debuchy surgit et intercepte la passe. Le ballon arrive à Youssouf...


... qui est immédiatement entouré par plusieurs adversaires. Il arrive quand-même à glisser à M'Vila - le jeu est écarté à gauche, avec Kolo et Nordin. Le jeune ailier revient en arrière...


... et quand M'Vila reçoit le ballon, lui aussi est entouré par 3 adversaires. Il arrive à passer à Youssouf, qui joue en arrière avec Perrin. Au lieu d'écarter le jeu, le capitaine stéphanois...


... combine avec M'Vila et le pressing adverse est immédiat. Ils arrivent à s'en sortir en donnant à Kolo, qui cherche Nordin mais le ballon est dévié en touche par un adversaire. Sur la remise en jeu, M'Vila est poussé par le capitaine adverse, les Verts récupèrent un coup franc :


Il est joué rapidement par M'Vila, qui écarte enfin le jeu, à droite. Comme les adversaires n'ont qu'un joueur de couloir, il est facilement éliminé par la paire stéphanoise : quand le latéral sort sur Debuchy, Hamouma plonge dans son dos, où il est trouvé. Son centre est contré par un défenseur et sort en touche - sur la remise en jeu, Debuchy centre dans la surface, le gardien repousse jusqu'à Kolo, qui ouvre le score.

Cette ouverture du score rapide était censée faire beaucoup de bien aux Verts, mais malheureusement ils ont concédé l'égalisation seulement quelques minutes plus tard. Ce but encaissé trop vite leur a un peu coupé les jambes et ils ont perdu la possession : si elle a été très équilibrée (50-50) lors de la première heure de jeu, elle a été allemande (60%) les 10 minutes qui ont suivi l'égalisation. Les Stéphanois sont ensuite revenus dans le match et ont rééquilibré les débats, sans pourtant réussir à déstabiliser l'adversaire jusqu'à la pause.



2MT : de plus en plus dominants


Le début de la deuxième période a été un peu délicat pour les Verts :


Le même jeu long qui cherche l'avant-centre - Perrin gagne le duel aérien, mais le ballon est récupéré par le latéral droit adverse :


Il s'appuie sur un coéquipier, qui joue en arrière avec son capitaine, qui écarte immédiatement à gauche, où le latéral est complètement libre. En effet, Hamouma était très axial, pas dans son couloir, donc même si les Stéphanois affichent deux lignes de 4...


... elle ne sont pas bien disposées sur la largeur. Debuchy doit sortir sur le latéral, Saliba marque un attaquant, laissant Perrin et Kolo à défendre contre l'avant-centre... et deux autres adversaires qui s'étaient projetés :


Heureusement le tir de l'ailier adverse passe au dessus. Pour la remise en jeu, Moulin joue court avec Perrin...


... qui donne à M'Vila, qui redonne à son gardien. Il y a 5 Allemands présents dans cette zone du terrain pour empêcher une relance propre. Les Stéphanois persistent et Moulin joue avec Youssouf...


... qui lui redonne le ballon, pressé par un milieu adverse. Et Moulin continue sans vouloir dégager loin ou sur un côté :


Cette fois-ci Youssouf fait un mauvais contrôle, ensuite il glisse et perd presque le ballon dans sa surface, mais arrive à s'en sortir en dégageant en touche.

Il y a deux choses à en tirer de cet exemple. Si les 4 défenseurs s'occupent des 3 attaquants adverses, il faut absolument que les deux ailiers stéphanois suivent leurs adversaires directs dans les couloirs. Nordin avoue avoir eu un peu de retard lors du but de Wolfsburg, Hamouma n'était pas bien placé lors de cette action en début de la 2MT, ce genre d'erreur pouvait coûter cher. La deuxième chose à retenir est cette volonté des Verts de construire de très bas, malgré le pressing adverse. Signe d'une grande confiance, ils n'ont pas changé d'approche malgré les quelques pertes de balle et les gros risques associés.

A titre d'exemple, une autre relance similaire à la 58e minute :


Moulin - Perrin - M'Vila - Moulin et une présence adverse pour les empêcher de sortir. Et le gardien stéphanois qui continue, en jouant toujours avec Perrin :


Un adversaire sort sur lui, un autre anticipe une passe vers Kolo, mais Perrin prend un risque est joue vers l'axe, où M'Vila lui offre une solution. Le risque est payant, le milieu stéphanois a le champ libre devant lui et peut monter avec le ballon :


Khazri et Youssouf se trouvent devant lui, en milieux relayeurs, Hamouma-Beric-Nordin dans la défense à 5. M'Vila choisit de jouer à gauche avec Kolo, qui monte avec le ballon et lance Hamouma plus haut dans le couloir. L'ailier stéphanois entre dans la surface et dribble son défenseur, mais l'arbitre considère que le croc-en-jambe ne vaut pas faute et la défense dégage loin le ballon...


.. qui arrive jusqu'à M'Vila. Il combine avec Perrin et Khazri, qui écarte ensuite avec Saliba. Les Verts continuent à combiner à hauteur de la ligne médiane, ce qui laisse le temps pour tout le monde de se remettre en place :


M'Vila et Perrin combinent et sont de nouveau enfermés par le pressing adverse :


Perrin arrive à glisser le ballon à M'Vila, qui le donne à Youssouf, qui rate sa passe sous la pression d'un adversaire. Heureusement, le capitaine adverse rate son contrôle et Khazri récupère la possession...


... pour lancer immédiatement Nordin à droite. Le latéral gauche de Wolfsburg s'était projeté dès que ses coéquipiers étaient sur le point de récupérer le ballon et maintenant Nordin profite de l'espace laissé libre dans son dos. Malheureusement il rate son centre, qui n'est repris par personne.


Quelques minutes plus tard, Debuchy est remplacé par Moukoudi, qui se place en défense centrale et Saliba s'écarte en latéral droit :


Dans cet exemple à la 62e minute, Saliba joue un coup franc et le ballon est envoyé vers l'autre côté, où M'Vila se place à la gauche de Perrin, dans une animation offensive dont on avait l'habitude la saison passée. Ce n'est pas le seul mouvement habituel :


Khazri et Youssouf sont deux milieux axiaux censés relayer le ballon de la défense vers l'attaque, mais comme ils sont surveillés par deux adversaires, un ailier (Nordin) décroche pour offrir une solution entre les lignes. Il est trouvé par Perrin, mais son contrôle est approximatif et doit revenir pas  mal en arrière. Il se retourne...


... mais l'étau adverse se resserre rapidement autour de lui. Il garde la maîtrise du ballon, avant d'écarter à droite avec Saliba...


... et de se projeter vite vers l'avant dans son couloir. Saliba joue avec Khazri, qui lance Nordin en profondeur - un vrai jeu un triangle dans le couloir qui crée une vraie opportunité. Malheureusement le centre au premier poteau à destination de Beric est intercepté par le gardien.


De plus en plus en jambes et en confiance, les Stéphanois ont pris le contrôle du match, ont eu le ballon (60% de possession dans la dernière demi-heure) et se sont créés plusieurs occasions, sans réussir à marquer.  Lors de ces 30 minutes, Bouanga est entré à la place de Beric :


Hamouma est passé avant-centre et Khazri a continué dans son rôle de "10", très disponible, aidant M'Vila et Youssouf à sortir le ballon proprement et ses coéquipiers offensifs à combiner. Il est ensuite sorti dans les dernières minutes et a été remplacé par Abi, qui a joué lui en vrai avant-centre, à côté de Hamouma :



Les Verts n'ont plus trouvé la faille, mais ils n'ont pas démérité. Ils ont très souvent gagné les duels en défense, tout comme la bataille au centre du terrain. S'ils ont été parfois pris défensivement dans les couloirs, les ailiers stéphanois ont fait mal à la défense adverse et il n'a manqué qu'un peu de réussite pour les récompenser des efforts fournis.


Conclusions


Si on prend en compte la domination stéphanoise en deuxième période, le match nul est frustrant.  Mais si on oublie le résultat et on ne s'intéresse qu'à la manière, on ne peut qu'apprécier cette prestation contre Wolfsburg. Surtout quand on s'en souvient des joueurs complètement déboussolés, à la peine physiquement et avec le moral en chaussettes d'il y a quelques jours, contre Metz ou à Angers. La victoire à Nîmes leur a donné de la confiance, ce match européen l'a renforcée, ce qui représente "le meilleur moyen de préparer le derby" (Perrin). Il est donc très important de ne pas rater le prochain match, le dernier avant la trêve internationale - un mauvais résultat anéantirait probablement les acquis de la dernière semaine. Et rendrait la tâche encore plus compliquée pour le nouveau staff technique.