jeudi 17 décembre 2020

Bordeaux - ASSE, 1-2 (Nordin, Neyou)

Enfin !


Trois mois et douze matchs après leur dernière victoire, les Verts ont enfin retrouvé le gout de la victoire en s'imposant à Bordeaux.  

Ce succès est la suite logique des matchs précédents, qui ont vu une montée en puissance des Stéphanois, passant d'abord par une solidité défensive avant de se lâcher de plus en plus offensivement. Et il est mérité, comme l'admet Jean-Louis Gasset ("la défaite est logique") et comme se félicite  Claude Puel: "cette victoire est méritée (...) Les points, on va les chercher avec un super état d'esprit et une belle cohésion".

Côté stats, on remarque quelque chose qu'on n'avait plus l'habitude de voire du côté de l'ASSE : 19 tirs, dont 8 cadrés. Et si on regarde les chiffres de possession, on se rend compte qu'il y a eu deux périodes distinctes dans le match. Bordeaux a eu la possession en 1MT, surtout dans les premières 30 minutes (61%), conclues avec une grosse occasion et un tir sur le poteau, pendant que les Verts ont préféré agir en contre. Par contre, les rôles se sont inversés après la pause : 58% de possession jusqu'au but de Neyou pour les protégés de Claude Puel, qui explique les raisons du changement : "en seconde période (...) je pense que les Girondins ont essayé de développer un jeu direct, en tentant des contres. Mais on a été vigilants. Dès qu'on a récupéré le ballon, on les a fait courir". Voici quelques exemples de ces périodes.


Première période


Même s'ils ont plutôt défendu pour jouer en contre, les Verts n'ont pas fait le choix d'un bloc très bas ou trop serré, comme on peut le voir dans cet exemple qui commence à la 13e minute :


Un bloc en 4-4-2 avec les milieux sur la ligne médiane. Les Girondins ont théoriquement joué dans un 4-2-3-1, mais en réalité le milieu droit était très axial et ça ressemblait plutôt à un 4-4-2 losange, avec le milieu offensif en électron libre et principal danger. Dans cette capture d'écran il se trouve entre les lignes, où il est surveillé par Neyou. Le ballon est envoyé par les Bordelais de la gauche vers la droite... 


... et retour. Le bloc stéphanois coulisse bien, le duo Bouanga-Boudebouz coupe les angles de passe vers les relayeurs adverses. Le milieu offensif est libre entre les lignes, c'est Moukoudi qui sort pour le prendre en individuel. Alors le jeu est envoyé de nouveau vers la droite, avec une transversale à destination du latéral qui a monté.


Il essaye de combiner vers l'axe, mais Kolo réussi à dégager, jusqu'à un défenseur girondin, et l'attaque continue. Impossible à être trouvé entre les lignes, le milieu offensif décroche pour recevoir le ballon...

... et il est immédiatement serré par Nordin et Boudebouz. Sous la pression, il tente une passe en arrière, bien lue par Bouanga, qui se trouve en 1-contre-1 avec le dernier défenseur. Il n'arrive pas à l'éliminer, le ballon rebondit dans les pieds de Boudebouz, qui rate sa passe en profondeur pour Bouanga...

Les Girondins peuvent donc construire une nouvelle attaque, pendant que les Stéphanois restent haut, en (4-)2-3-1 :

 

Comme ils ne récupèrent pas le ballon, ils reculent pendant que le jeu est de nouveau envoyé sur le côté droit :


Un des attaquants est lancé dans le couloir, mais les appels de ses coéquipiers sont suivis par des Verts très  attentifs et Camara gêne le porteur de balle...


... ce qui profite à Kolo, qui surgit et récupère le ballon. Il joue directement avec Bouanga, qui lance Nordin à droite. Les Stéphanois se projettent en nombre...


... et même si pas en infériorité numérique, leurs adversaires sont obligés à défendre en reculant. Ce qui permet à Nordin et Bouanga de combiner devant la défense et le premier ouvre le score avec une belle frappe de loin.


Bien positionnés, les Verts ont empêché les attaques adverses se développer dans l'axe, là où le maître à jouer adverse se trouvait le plus souvent. Bordeaux s'est d'ailleurs montré dangereux en 1MT seulement quand celui-ci s'excentrait ou sur du jeu direct, pas construit. Quant aux contres, les Stéphanois ont eu plusieurs occasions, mais n'ont pas exploité quelques-unes bien plus simples et dangereuses que celle dans cet exemple... 



Deuxième période


Un changement de physionomie a été clairement visible dès le retour des vestiaires, quand les Bordelais n'ont pas vu le ballon pendant plusieurs minutes. Les Verts se sont procurés moins d'occasions franches que les face-à-face de Bouanga en 1MT, mais ils ont globalement maîtrisé les débats. Plus frais que leurs adversaires, ils ont beaucoup dézonné pour créer des décalages, comme dans cet exemple à la 58e :


Bloc adverse en place en 4-4-2, le ballon circule sur la ligne médiane de gauche à droite, de Trauco à Debuchy via les deux milieux axiaux Neyou et Camara. Les trois milieux offensifs Aouchiche - Boudebouz - Nordin se trouvent à leurs places, tout comme Bouanga, en avant-centre. Un positionnement très classique, jusqu'au moment quand Debuchy joue avec son ailier, Nordin :


Ce dernier revient en arrière balle au pied, pendant que Aouchiche vient dans la zone de Boudebouz et Bouanga se place à côté du latéral adverse opposé. Les deux milieux axiaux penchent vers la droite aussi...


... et ils offrent ainsi des solutions de passe pour sortir de ce petit périmètre. Camara prend même la place de latéral droit et joue avec Aouchiche...


... et sur cette image on voit tous les Stéphanois regroupés à droite. Bouanga fait un appel qui resserre encore plus la défense, ce qui libère plus d'espace pour...


... Trauco, complètement libre à gauche. Malheureusement, son centre est repoussé par un défenseur.

Les entrants ont apporté de la fraîcheur, mais aussi un léger changement tactique. Si Hamouma, Khazri et Zaydou ont remplacé poste pour poste Bouanga, Boudebouz et Nordin respectivement, l'entrée de Gourna Douath à la place de Aouchiche a fait monter Neyou en "10", en soutien de Hamouma :


Et ce positionnement plus haut a porté ses fruits, comme on peut le voir dans cet exemple qui commence à la 75e avec un dégagement de Moulin qui trouve un défenseur adverse :


Celui-ci joue immédiatement à sa droite, où un ailier est au duel avec Trauco. Le latéral stéphanois défend bien et gagne la possession :


Il joue avec Gourna-Douath et via Kolo le ballon arrive à l'autre milieu, Camara. Les Verts ont posé le jeu et préparent une attaque construite. Qui commence avec Gourna-Douath prenant la place du latéral...


... et Camara venant vers ce côté aussi. Khazri - Trauco - Gourna, il y a du surnombre dans le couloir et en plus Hamouma fait un appel du même côté, où il est trouvé par une belle passe en profondeur de Trauco :


Il garde le ballon et comme presque tous ses coéquipiers sont là, le bloc bordelais est resserré. Youssouf - ailier -  est complètement libre à l'opposé, le milieu adverse descend pour compenser...


... donc Debuchy est complètement libre pour recevoir le ballon d'Hamouma. Sa frappe de loin est repoussé par un défenseur, mais celle de Neyou est trop pure pour ne pas finir au fond des fillets. 


Dans ces deux exemples, les deux milieux relayeurs sont allés sur le côté où l'attaque est construite, pour apporter des solutions. Avec l'aide du latéral, de l'ailier et d'un autre attaquant (le "10" ou l'avant-centre), ça fait du monde... et ça libère de l'espace à l'opposé.



Conclusions


A la fin de l'analyse du précédent match, on remarquait une progression constante dans le jeu à partir du match contre Lille, une progression qui avait une suite logique, enfin gagner un match. Et les Verts ont réussi à le faire, avec la manière et l'état d'esprit, même s'il y a encore plein de choses à améliorer dans le jeu. Il faut savoir convertir les occasions franches créées et surtout arriver à gommer les erreurs de relance, de placement et d'inattention qui sont toujours présentes et qui peuvent coûter très cher. Cette victoire représente une bouffée d'oxygène, mais elle a maintenant besoin d'être confirmée. Idéalement dès dimanche, avec la réception de Nîmes, un concurrent direct...

dimanche 13 décembre 2020

ASSE - Angers, 0-0

Et de trois !


Après une longue série de défaites, les Verts enchaînent maintenant les matchs nuls, prenant contre Angers leur troisième point en trois matchs.

Dans sa conférence de presse d'après match, le coach stéphanois met en avant la régularité de ses protégés depuis trois matchs : "On est régulier au niveau de la mentalité, au niveau de ce qu’on essaie de mettre en place (...) On se bat, on bataille, on essaie de jouer (...) Je suis satisfait du contenu. Bien sûr il nous faut les trois points, bien sûr on enchaîne les matches nuls mais on est dans le bon état d’esprit, dans la bonne mentalité. Il faut continuer dans ce sens, on a encore trois matches très importants pendant la trêve, il faut se donner de cette manière".

En effet, il y a une certaine continuité depuis la déroute à Brest et même si les Stéphanois n'ont pas marqué lors de leurs deux derniers matchs, ils n'en encaissent pas non plus. Et contre Angers il y a eu du bon, même s'il reste encore plein de choses à améliorer au niveau de l'animation offensive, comme on peut le voir dans quelques exemples.


Le rôle des offensifs dans l'axe


C'est difficile de faire le jeu contre un bloc serré et bien en place. Il faut une grande qualité technique pour jouer à l'intérieur du bloc, ou le contourner, ou bien il faut créer ces espaces grâce à des déplacements intelligents sans ballon. Les Verts ont opté pour la deuxième solution, comme on peut le voir dans cette attaque à la 42e minute :


Le bloc adverse en 4-4-2 et en place, Hamouma se trouve entre les deux lignes de 4, Boudebouz devant les milieux, pendant que les défenseurs stéphanois font tourner le ballon dans leur moitié. Il peuvent combiner avec leurs milieux...


... mais seulement en point d'appui, en dehors du bloc adverse, ils ne peuvent pas trouver un joueur entre les deux lignes très serrées. Il passe ensuite à droite avec Debuchy, mais il n'y a pas de décalage, le couloir est bloqué...


... et le jeu revient jusqu'à Moulin avant d'aller vers la gauche. Les 4 offensifs stéphanois se trouvent tous entre les lignes, Bouanga décroche un peu pour offrir une solution à Neyou, toujours en point d'appui, sans relayer le ballon plus haut. Et le ballon est de nouveau envoyé vers la droite...


... où Moukoudi le donne à Debuchy, qui centre au point de penalty. Comme tous ses attaquants étaient entre les lignes, il n'y a personne dans la surface pour reprendre ce centre. On remarque aussi sur cette image que l'avant-centre adverse était surveillé par trois joueurs restés bas, Neyou, Kolo et Camara - on reviendra sur cet aspect plus tard.

Ce manque des joueurs dans la surface a été pénalisant pour les offensives stéphanoises, mais il y a aussi le fait qu'il n'y a pas vraiment eu de décalage créé, Debuchy n'a pas été mis dans un fauteuil pour centrer, pour pouvoir attendre un appel dans la surface avant le centre. Bref, une attaque sans grande chances de réussite.


Le coach angevin mentionne d'ailleurs en conférence de presse la présence entre les lignes et ce qu'il attend pour créer des espaces "Saint-Etienne a évolué avec Boudebouz en position de n°10, entre les lignes, ce qui a nous a mis en difficulté par séquence (...) Pour étirer une équipe comme ça, il faut la faire reculer, et faire des appels dans son dos". Et même s'il trouve que ses attaquants n'ont pas trop étiré le bloc stéphanois, il y a des exemples qui montrent le contraire :


Peu après le début de la 2MT, le SCO joue un coup franc dans sa moitié. Le bloc stéphanois est en place en 4-4-2 et les offensifs adverses sont entre les lignes. L'avant-centre angevin fait un appel en profondeur pour étirer ces lignes... 


... et ensuite le milieu offensif fait la même chose. Des mouvements qui n'ont pas le but de recevoir le ballon, juste créer des espaces. Qui sont ensuite utilisés par le milieu axial qui reçoit le ballon :


Comme Bouanga était monté sur le latéral droit, Trauco est sorti de sa ligne pour surveiller l'ailier. Il y a une combinaison entre les lignes stéphanoises - chose que les Verts n'ont jamais pu faire dans le bloc angevin - et ensuite l'avant-centre est lancé dans le dos de Trauco. Du jeu très simple, mais efficace dans la création des situations offensives potentiellement dangereuses. Heureusement, le centre est repoussé par la défense.


Il ne faut pas comprendre que pour l'ASSE, il n'y a pas eu du mouvement de la part des offensifs. Ils ont beaucoup bougé, pas en profondeur pour étirer le bloc, mais avec des décrochages pour aider à la construction. A un point que parfois ça devenait n'importe quoi, voici une capture d'écran du positionnement offensif dans une phase de construction qui part de la défense 15 secondes plus tôt :


Tous les quatre offensifs sont dans la zone de Debuchy, qui reçoit le ballon de Moukoudi, entre deux lignes angevines toujours trop serrées. 



Des milieux qui suivent ?


Dans l'exemple précédent de l'attaque angevine on a vu un milieu axial se projeter pour profiter de l'espace créé, pendant que dans les deux exemples d'attaques stéphanoises il n'y avait ni Neyou ni Camara sur l'image quand Debuchy reçoit le ballon. En 1MT, ce manque d'apport offensif des deux milieux a été assez évident, comme par exemple à la 31e :


Suite à une touche angevine, il y a eu plusieurs changements de possession dans la moitié stéphanoise. Un milieu du SCO essaie de percer balle au pied, mais Camara lui enlève le ballon, qui arrive à Boudebouz. Le contre des Verts peut démarrer :


Nordin sprinte dans le couloir gauche, où il est bien trouvé par Boudebouz, pendant que Hamouma et Bouanga suivent l'action. L'ailier stéphanois temporise pour avoir du soutien...


... qui est offert par Boudebouz, qui lance Hamouma à droite. Malheureusement, son centre ne peut être repris ni par Bouanga, ni par Nordin et la défense peut dégager le ballon à l'entrée de la surface...


... où il n'y a aucun autre stéphanois. Neyou et Camara n'ont pas du tout accompagné leurs attaquants dans ce contre, le seul autre Vert qui l'a fait était Debuchy. Le milieu angevin peut donc ressortir tranquillement et profiter des espaces :


Il lance son ailier droit dans le dos de Trauco, qui est trop lent, tout comme Kolo qui se fait prendre de vitesse et a de la chance que l'arbitre ne siffle pas penalty. Sur cette image on voit bien qu'il n'y aucune valeur ajoutée par les deux milieux stéphanois - ils n'ont pas aidé leurs attaquants, ils n'ont pas pu aider leur défense non plus.


Il est tout à fait normal de demander à ses milieux de ne pas se projeter pour mieux se protéger des contres adverses. Mais il faut pour cela qu'ils se positionnent bien, pour vraiment apporter quelque chose défensivement. Comme dans le premier exemple, il y a trois Verts qui restent derrière pour surveiller l'avant-centre adverse :


Quand Trauco centre de la gauche à la 39e minute, il n'y a aucun coéquipier dans la surface, mais dans l'axe à 30 mètres du but non plus. Le ballon repoussé de la tête par un défenseur est donc facilement récupéré par un milieu angevin. Camara se trouve très loin...


... et en plus il se jette, donc se fait facilement éliminer. Le vide dans l'axe avait était vu par Debuchy et Nordin qui viennent de leurs côtés pour fermer, mais c'est trop tard. Le "3 stéphanois contre 1 avant-centre" s'est transformé dans un 2-contre-2 et Moukoudi écope d'un carton jaune pour avoir stopper le "10" adverse.


En 2MT on a vu des milieux stéphanois plus présents offensivement, notamment Neyou, qui a eu deux occasions de marquer, dont notamment une en tout fin de match :


Un dégagement de la défense stéphanoise est prolongé de la tête par Rivera jusqu'à Aouchiche, qui essaie de lancer en profondeur Abi, mais sa passe n'est pas assez appuyée. Le SCO se dégage...


... mais le capitaine Debuchy veille. Il récupère le ballon et arrive à décaler Khazri à droite, qui lance en profondeur Aouchiche :


Ces deux joueurs se projettent vite, tout comme leurs coéquipiers entrés en cours de jeu et... Neyou, pourtant moins frais que tous les autres. Ils se trouvent plusieurs à l'entrée de la surface pour reprendre le centre en retrait :


C'est Neyou qui tire, mais son deuxième tir cadré du match est trop sur le gardien pour espérer l'ouverture du score...



Conclusions


Si les Verts sont maintenant à leur troisième match nul consécutif (dont deuxième sur un score vierge), ces résultats ne se ressemblent pas dans la manière. Contre Lille, ils n'ont été solides qu'en première période et ont été largement dominés après la pause. Contre Dijon, ils ont été solides défensivement tout le match, mais n'ont rien proposé offensivement. Et contre Angers, la solidité défensive est restée (même si Jessy Moulin a du se montrer décisif plusieurs fois), tout en se créant pas mal d'occasions franches. Après la déroute à Brest, on voit maintenant une progression évidente d'un match à l'autre, même s'il y a encore beaucoup de marge avant de voir un match référence. Et la suite logique serait de retrouver l'efficacité offensive à Bordeaux, dans trois jours...

samedi 12 décembre 2020

RCT - Sale, 26-14 (Villière, Moyano)

L'avant-match


Le RCT est de retour dans la Coupe d'Europe, la vraie, même si c'est un format bien particulier cette saison. Il sera compliqué de faire des calculs de qualification, mais le plus simple c'est de gagner tous les matchs des doubles confrontations contre Sale et Scarlets. A commencer donc par la réception des Anglais, qui semblent inférieurs aux Toulonnais sur papier... mais il faut toujours se méfier des équipes moins connues.


Le match...


... voit l'opposition entre deux équipes qui portent beaucoup le ballon, surtout au début. Une énorme action pour les Toulonnais, qui arrivent jusqu'aux 5m, puis reculent, puis de nouveau aux 5m... pour faire un en-avant. Suivi d'un très long temps de jeu anglais, fini par un ballon récupéré par Villière au sol. Ce qui a été un leit-motif du match, une défense du RCT très bien en place, avec des beaux plaquages et une forte présence pour récupérer les ballons. Après deux pénalités de Carbonel autour de la 20e, les Toulonnais finissent par trouver la faille suite à une autre inspiration de leur demi d'ouverture. Leur match est lancé et ils finissent la mi-temps devant au score, 16-0.

Menant même 19-0 juste après le retour des vestiaires, on pense que rien ne peut les arriver, mais les Toulonnais se mettent à déjouer. Les 30 dernières minutes ont été passées quasiment à défendre - toujours plutôt bien, mais comme le ballon était reperdu trop rapidement, les vagues anglaises ont fini par trouver la faille deux fois. Heureusement, avant tout ça une belle combinaison des avants après une touche à 30 mètres a permis à Moyano de marquer le 2e essai du RCT, qui a fini donc le match devant de 12 points. Pas de bonus offensif, mais une victoire sans vraiment trembler représente une bonne entrée en compétition.


L'action - une histoire de jeu au pied


On joue depuis moins d'une demi-heure et le RCT bénéficie d'une touche dans sa propre moitié :


Le lancer d'Etrillard (2) est capté par Etzebeth (4), qui donne à son relayeur, Serin (9). Le demi de mêlée passe à Carbonel (10), qui joue très loin au pied...


... jusqu'aux 22 mètres adverses. Le joueur de Bath sort de ses 22 et envoie une chandelle... trop courte. Captée par Parisse (8) et ensuite récupérée par Serin (9), qui est mis au sol. C'est donc Etrillard (2) qui sort le ballon...


... pour son demi d'ouverture. Carbonel (10) joue par dessus de la défense et se trouve à la retombée du ballon. Le décalage est fait et il n'a plus qu'à servir son ailier Villière (11)...


 ... qui marque le premier essai du match.


La suite


Après cette première journée de Coupe d'Europe, il y aura une deuxième avant que le Top 14 reprenne. Et les Toulonnais croiseront à nouveau... les Scarlets. Après une double confrontation en phase de poules et ensuite en quarts de la Challenge Cup la saison dernière - trois victoires sur trois pour le RCT - il y aura donc une double confrontation en Champions Cup contre les Gallois. Et comme le moindre faux-pas risque d'être pénalisant pour la qualification, il ne faudra pas se rater lors du match de la semaine prochaine...

vendredi 11 décembre 2020

Paris - RCT, 24-23 (Parisse, Tolofua)

L'avant-match


C'est le dernier match de cette période de doublons et le RCT se déplace à Paris pour emmagasiner de la confiance. Les Toulonnais sont intraitables à domicile, mais n'ont gagné à l'extérieur qu'à Agen, où tout le monde le fait. Et même si ce déplacement à Paris n'est pas facile, ça serait vraiment dommage de se créer des doutes à une semaine du retour de la Champions Cup. De plus, il y a aussi un enjeu au classement, le perdant se retrouvant en dehors des places de barragistes...


Le match


... commence avec des longues séquences de jeu proposées par les Toulonnais (dont les premières 2:19 minutes...), qui sont dominateurs dans le jeu et en mêlée fermé (pénalité obtenue sur introduction adverse à la 8e). Ils concèdent néanmoins un essai après un quart d'heure de jeu et une glissade de Dachary, puis le Stade Français marque un drop, mais ils reprennent peu à peu le contrôle du match. Grâce surtout à la puissance des avants, avec des ballons portés très efficaces. Un premier a permis à Parisse de marquer un essai un force et Tolofua a lui aussi conclu un autre après des longues minutes passées dans les 5m adverses. Cette puissance leur a permis en plus de bien tenir face à la réaction parisienne en fin de période pour rentrer aux vestiaires menant 17-11.

La 2MT n'a été autre qu'un sacré chassé-croisé entre les deux équipes. Les Parisiens sont passés rapidement devant grace à un essai sur ballon porté, mais ensuite le jeu des pénalités a amené le score à 24-23 pour le Stade Français à 10 minutes de la fin. Ces 10 dernières minutes ont été incroyables, les Toulonnais ont campé dans la moitié adverse, avec des relances, des franchissements, des lignes d'avantage cassées, des touches rapides et des chisteras... pour rien. Quelques mauvais choix au mauvais moment ne leurs ont pas permis d'obtenir la pénalité pour passer devant au score.


La suite


Une défaite encourageante. C'est comme ça qu'on peut qualifier la prestation du RCT à Paris - même s'ils ont perdu d'un petit point, les Toulonnais ont produit beaucoup de jeu et ont affiché des belles intentions. Il a manqué un rien du tout pour gagner ce match, mais avec les mêmes ingrédients et le retour des derniers internationaux, ça devrait être bon pour les prochains matchs. Parce que le Top 14 fera une pause de deux semaines, c'est le retour de la Grande Coupe d'Europe. Réception de Sale et déplacement chez les Scarlets, dans une formule de compétition assez compliquée, où une défaite peut couter la qualification...

lundi 7 décembre 2020

Dijon - ASSE, 0-0

Les Verts ne perdent plus !


Mais ils ne gagnent toujours pas, même sur le terrain de la lanterne rouge, où ils n'ont pas su faire mieux qu'un triste 0-0...

Verre à moitié vide, ou à moitié plein ? Il y a un sentiment de frustration dans les propos d'après-match des joueurs et du coach stéphanois : "j'ai la sensation qu'on aurait pu prendre 3 points avec plus de conviction et de meilleurs déplacements. (...) avec plus de technique et de maîtrise dans le dernier geste, on doit tuer le match". Mais il y a aussi du positif, notamment sur le plan défensif, où les Verts n'ont pas vraiment été inquiétés, grace à leur solide bloc équipe : "quand on ne recule pas et qu'on resserre les lignes, on empêche l'adversaire de développer son jeu et on récupère plus de ballons. Notre équipe a été difficile à jouer".

Voici le déroulement de ce premier match nul et vierge des Verts cette saison.


Première période à 0 tirs cadrés


Le staff stéphanois a reconduit la même équipe et le même système que la semaine précédente contre Lille. Deux milieux excentrés avec un profil très différent, Bouanga à gauche et Zaydou à droite - ils ont ensuite permuté après 10 minutes de jeu. Et deux avant-centres très mobiles, Hamouma et Khazri, qui ne fixent pas la défense adverse, mais qui font des appels dans son dos ou décrochent pour participer à la construction. D'ailleurs, un des mouvements le plus utilisé à été Khazri qui s'excentre sur le côté de Zaydou, comme un ailier...

Le match a été assez équilibré au début, les deux équipes se sont partagés la possession (50% jusqu'à la 25e minute) et ont évité de se découvrir. Et la séquence suivante résume très bien le déroulement de la partie :


A la 16e, Debuchy joue un coup franc dans la moitié stéphanoise, suite à une faute sur Hamouma. Jeu long direct à destination de Khazri, qui fait un appel dans le dos des défenseurs centraux dijonnais, qui interceptent facilement...


... et qui dégagent immédiatement. Très loin, le ballon arrive dans les bras de Jessy Moulin, qui joue court avec sa défense. On peut donc s'attendre à une attaque construite patiemment...


... surtout que Neyou descend à hauteur des centraux pour aider la relance. Mais quand Kolo reçoit le ballon, il préfère un long ballon à destination de Khazri, dans le dos du latéral droit adverse. Cette fois-ci le ballon est récupéré par l'attaquant stéphanois, qui se retourne...


... et change complètement de côté, dans la course de Bouanga. Comme on peut voir sur cette image, il n'y a aucun Vert dans la surface et l'ailier stéphanois, excentré, doit attendre. Il ne profite pas du dédoublement de Debuchy...

... mais arrive quand-même à centrer. Son centre, un des 30 effectués par l'ASSE (CPA inclus), trouve Hamouma, qui voit sa reprise de volée passer à côté.


Peu avant la demi-heure de jeu les Verts ont commencé à prendre le dessus, en gardant plus le ballon (64% de possession pour le reste de la mi-temps) et en poussant leur adversaire à la faute (seulement 56% de passes réussies par Dijon pendant cette période). Cependant, ils n'ont toujours pas réussi à concrétiser, comme par exemple dans cette action qui commence comme la précédente :


Une remise en jeu du gardien adverse est repoussée de la tête par Kolo, loin devant. Sous la pression de Bouanga, un défenseur dijonnais dégage comme il peut :


Debuchy repousse de la tête ce deuxième dégagement adverse, le ballon arrivant sur un défenseur central. Qui dégage de la tête...


... puis un milieu prolonge et Debuchy se trouve de nouveau à la réception. Ce magnifique jeu de Ligue 1 continue jusqu'au moment où le milieu dijonnais arrive à poser le ballon par terre, mais il subit de suite le pressing de Camara et Hamouma. Ce dernier tacle et Debuchy, dans tous les coups, récupère la possession à côté de la ligne de touche :


Ce qui suit est incroyable par rapport aux 20 secondes précédentes. Du jeu à une touche de balle dans un petit périmètre, Debuchy - Bouanga - Camara - Hamouma et ce dernier lance son ailier droit dans le couloir, dans le dos du latéral :


Bouanga prépare son centre et il cherche le deuxième poteau. Mais il n'y avait que Khazri dans la surface, "l'ailier" opposé, Zaydou, étant très loin. Pas beaucoup plus bas que Bouanga sur l'image précédente, il n'a pas eu le réflexe de se projeter dans la surface. Néanmoins, le défenseur dijonnais met le ballon en corner et sur ce coup de pied arrêté Kolo voit sa reprise de la tête passer à côté du cadre. Les Verts n'ont pas réussi à cadrer un seul tir dans cette période, malgré quelques occasions créées.



Deuxième période toujours stérile


Le match n'a pas été plus ouvert après la pause, la 2MT ayant une physionomie similaire, 50% de possession les premières 10 minutes, 63% pour l'ASSE ensuite. Les Verts ont essayé de construire, parfois avec une belle conclusion, parfois pas. Comme dans ces deux actions similaires, dont la première commence juste après le retour des vestiaires :


Une attaque stéphanoise se construit à partir de Moulin, qui joue avec Kolo, bien excentré à gauche. Moukoudi offre une solution similaire à droite, les Dijonnais sont assez haut sur le terrain pour empêcher cette relance. Khazri décroche et il est trouvé par la passe verticale de Kolo, avant de remettre en première intention à Trauco, qui monte dans son couloir. 


Il trouve Hamouma, qui remet lui aussi sans contrôler, à Bouanga, dans le dos du latéral droit adverse. Des belles combinaisons avec Khazri et Hamouma en points d'appui, qui ont comme résultat le décalage de Bouanga dans le couloir gauche :


Il monte avec le ballon, mais ne centre pas, il n'y a aucun coéquipier dans la surface. Zaydou ne se projette pas et Hamouma et Khazri ont participé à la construction, ils ne sont pas présents à la conclusion - le dernier étant même toujours la sa propre moitié du terrain... 


A l'heure de jeu Boudebouz a remplacé Khazri, du poste pour poste défensivement, mais avec un peu plus de disponibilité à la construction, comme dans cet exemple :


A la 67e, Debuchy joue une touche défensive avec Moukoudi, qui ne réussit pas d'orienter le jeu avec son contrôle et est obligé de se retourner. Il arrive quand-même de s'en sortir avec une belle passe verticale...


... qui trouve Zaydou dans le couloir droit, qui remet en arrière à Neyou. A l'opposé, Bouanga se trouve à la même hauteur et il remontera le terrain en même rythme, sans participer à l'action, qui se déroulera exclusivement à droite :


Boudebouz décroche, est trouvé par Neyou et remet dans une touche dans la course de Zaydou, qui progresse avec le ballon...


... avant de réaliser un une-deux avec Hamouma et se retrouver lancer en profondeur dans ce couloir. Il ne déborde pas pour centrer, mais attend quelques secondes...


... pour le dédoublement de Hamouma, qui est bien servi et qui a le temps d'ajuster son centre. Il trouve Bouanga, venu de l'aile opposé au premier poteau, qui voit son tir repoussé sur le poteau par le goal adverse, pour ce qui a été la seule frappe cadrée stéphanoise et la plus grosse occasion du match. 

Même construction qu'en début de période, avec les deux offensifs axiaux (Hamouma et Khazri/Boudebouz) en points d'appui pour une progression dans le couloir. Mais dans le deuxième cas, avec une présence dans la surface proposée par l'ailier du côté opposé. Et on peut remarquer que Boudebouz, après avoir décroché pour participer à la sortie de balle, se retrouvait à l'entrée de la surface adverse, pas toujours dans sa moitié...

Les Verts n'ont pas joué leurs attaques à fond, préférant ne pas se découvrir. Et ils ont manqué de justesse dans le dernier ou avant-dernier geste pour espérer mieux.



Conclusions


Dix matchs consécutifs sans victoire, c'est une triste série, assez inquiétante quand elle est accompagnée d'une animation offensive aussi terne. Mais il y a pas mal d'éléments positifs à retenir de ce match, à commencer par le premier clean sheet de cette longue série. Un bloc plutôt bien en place et difficile à bouger, des duels gagnés, avec l'état d'esprit qui va avec - même s'il y a toujours eu quelques erreurs individuelles. Le changement tactique nécessaire après la déroute à Brest commence à porter ses fruits : les Verts proposent moins de jeu, mais affichent une meilleure discipline tactique et le compteur points commence de nouveau à tourner, même si au ralenti. Ce sont les bases que cette équipe est en train de re-acquérir, des fondations nécessaires avant de pouvoir se lâcher et de proposer des prestations plus abouties offensivement.