jeudi 6 octobre 2016

Bilan de trêve d'octobre

La trêve internationale d'octobre arrive à point nommé pour l'ASSE, lui offrant une possibilité de soigner les blessures accumulée lors des dernières semaines des matchs à 3 jours d'écart. En attendant le retour de la compétition (et des certains blessés), une petite analyse des performances Vertes lors de ce premier quart de saison.

Les buts


A la fin de la saison dernière, une analyse des buts marqués et encaissés par les Verts montrait qu'on marque la moitié de nos buts dans le jeu (un quart sur du jeu construit, un quart suite à des pertes de balle adverses) et un tiers suite à des coups de pied arrêtés (CPA). Mais aussi, qu'on encaisse deux tiers des buts dans le jeu (40% sur du jeu construit, c'est énorme).
 
Après un quart de la saison (14 matchs joués, en supposant que la saison sera aussi longue que la dernière, de 55 matchs), est-ce que des choses ont changé ?

En ce qui concerne les buts marqués, nous sommes maintenant à deux tiers dans le jeu : si ceux qui suivent une perte de balle adverse restent toujours autour d'un quart, les buts suite à du jeu construit représentent maintenant 40% de tout ce qu'on marque (26,5% l'année dernière). La différence vient des CPA, où on marque moins qu'avant (20% et non plus 32%). 

Ceci est aussi visible si on regarde les joueurs qui ont marqué des buts : cette année, à l'exception du but de Lemoine à Jérusalem, tous les buts ont été marqué par un avant-centre ou un ailier. L'année dernière, Sall a marqué 6 buts et Perrin 3, pour ne compter qu'eux, tous suite à des CPA, évidemment.

En ce qui concerne les buts encaissés, on en prend moins dans le jeu qu'avant : seulement la moitié cette saison, quand la saison dernière c'était deux tiers. Et la différence est faite par les pertes de balle, un seul but pris cette saison comme ça, contre pas moins de 16 sur toute la saison précédente...

Quant aux nombre total des buts, on tourne pour l'instant à une moyenne de 1,07 buts marqués et 0,8 buts encaissés par match. Une attaque moins efficace que l'année dernière (1,24 marqués), mais une défense bien plus robuste (1,05 encaissés). Ceci est aussi visible dans le nombre de scores vierges, déjà trois cette saison quand il n'y a eu que deux la saison précédente. 

Le défenseur gauche


Parmi les trop nombreux blessés dans l'effectif stéphanois, la plupart ont été dans la défense. Et parmi ceux ci, c'est surtout le poste de latéral gauche qui a été le plus impacté : les deux joueurs pro qu'on a dans l'effectif, Polomat et M'Bengue, ont été absents en même temps lors de pas moins de 9 matchs sur les 14 possibles cette saison, auxquels on peut rajouter la dernière demi-heure du match au Parc (suite à la blessure de M'Bengue) !

Pour voir à qui Galtier a donné le couloir gauche lors de ces 9 matchs (et 1/3), il faut les séparer entre les matchs joués à 4 et ceux à 3/5 derrière - le rôle de défenseur latéral n'est pas le même dans ces systèmes. Et pour être plus précis, on va compter les minutes jouées à ce poste, vus les blessures et changements intervenus en cours de jeu (à Nantes, contre Lille, etc.)

Dans une défense à 4, le couloir gauche a été pris par :
  • Pierre-Gabriel 169'
  • Pogba 146'
  • Monnet-Paquet 103'
  • Théophile-Catherine 90'
Dans une défense à 3/5, le couloir gauche a été pris par :
  • Saint-Louis 129'
  • Monnet-Paquet 77'
  • Pierre-Gabriel 38'
  • Pogba 30'
  • Tannane 58'
Un sacré bricolage au poste de latéral gauche, comme dans toute la défense, d'ailleurs. Avec tous ces joueurs essayés à ce poste, il est incroyable qu'on n'a pas pris plus des buts.

Les points pris


Avec 14 matchs joués, on peut dire que les Verts ont déjà fait un quart de leur saison. Pour rappel, la saison dernière a été longue de 55 matchs et avec les tours préliminaires et les poules de C3, on est parti sur le même rythme des matchs. 

Avec 12 points lors des 8 premières journées de L1, on a un bilan plus faible que la saison précédente (16). Par contre, la particularité de la saison dernière était qu'on ne jouait aucun "gros" avant la trêve d'octobre, quand cette année on a déjà joué le QSG et les vilains. Et si par bonheur on gagne notre prochain match, on n'aura plus qu'un seul point de retard sur la saison dernière (toujours 16 points après la 9ème journée et une défaite à Caen).

Avec 10 points pris lors des 6 premiers matchs de C3 (2 tours préliminaires et 2 matchs de poule), on fait mieux que la saison dernière (8), quand on avait déjà deux défaites à ce stage de la compétition, une en tour préliminaire et une en poule.

Et donc, d'un point de vue comptable, est-ce qu'on est bien ou pas? En juin, on a fait la comparaison des matchs joués et points pris des quatre dernières saisons. Pour l'instant nous sommes dans un rythme de 1.57 points / match (toutes compétitions confondues), ce qui est légèrement mieux que la saison dernière, mais pas encore assez haut que celles la précédant. Chaque saison a ses hauts et ses bas, il est difficile de tirer une conclusion pour l'instant. Mais vues les conditions extrêmes jusqu'à maintenant, on peut légitiment penser qu'on était dans le bas et que le futur ne peut être que meilleur.

mercredi 5 octobre 2016

OL - ASSE, 2-0

Le premier derby dans le nouveau stade de l'OL a été pour les vilains et c'est dommage, tant les stéphanois n'ont pas démérité. Avec autant d'absents (8 au coup d'envoi, 2 changements sur blessure avant la pause), on ne pouvait probablement pas faire mieux, même si c'est plutôt le manque de réalisme qui a plombé des Verts encore une fois très courageux.

La première période


D'un point de vue tactique, on a tendance de dire que la bataille a été gagnée par Galtier, qui a aligné un 4-3-3 pour contrer le 3-5-2 désormais classique des lyonnais. Ce 3-5-2 permet à une équipe de se jeter en attaque sans trop de peur de se faire contrer, il reste toujours 3 défenseurs pour couvrir les espaces. Et l'OL s'y est jeté, en faisant une grosse entame dans les premières 20 minutes de la première période, avec 75% possession de ballon, 88% des passes réussies (seulement 65% pour nous) et en tirant 5 fois. 

Ils ont été bien tenus par des Stéphanois vaillants et ils ont du lever un peu le pied ensuite, le reste de la mi-temps étant à seulement 52% de possession et 77% (resp 72%) des passes réussies. Le système tactique adverse n'a pas trouvé de faille dans le notre, la grosse entame non plus... mais on a fini par payer le prix d'utiliser des joueurs pas à leur poste habituel.

Notre flanc gauche était inexpérimenté : central gauche, Selnaes (milieu), latéral gauche, KMP (ailier) et ailier gauche, Nordin (18 ans). De plus, les deux "attaquants" lyonnais ne sont pas des avant-centres, mais des joueurs très mobiles, Valbuena et Fekir. Ainsi, ils ont su profiter de l'espace créé par le mauvais alignement des Verts :


Sur le but lyonnais, Nordin n'est pas sur son aile, erreur fatale quand on sait que dans un 3-5-2, c'est par là que le jeu passe. KMP monte attaquer le latéral adverse et Fekir fait l'appel dans son dos, là où Selnaes n'a pas bien couvert. Dans cette capture d'écran on voit bien le 4-5-1 stéphanois... si KMP et Nordin avait été à leur place.

Deuxième période


Des choses ont changé à la pause : Veretout est passé en sentinelle et Dabo en relayeur, pour mieux profiter de la bonne lecture de jeu du premier et de la capacité du premier à se projeter. Söderlund a remplacé Beric et a amené ainsi sa bonne conservation de balle et son jeu dos au but. Mais surtout, il y a quelque chose qui a changé dans la tête... on est entré sur le terrain pour leur marcher dessus, et on l'a fait. Car le 3-5-2 est intéressant en phase de possession de balle, mais il l'est moins si on subit le jeu. Donc on a assisté de nouveau à une grosse entame de période, avec 20 minutes à sens unique, sauf que cette fois-ci, pour les Verts : 71% de possession, 84% passes réussies (67% pour les vilains), 0 tirs pour eux... A notre tour, on a levé le pied et pour le reste de la mi-temps on a eu 57% de possession et 85% (resp 82%) des passes réussies. L'inverse de la première période, avec la différence qu'on était menés donc on a laissé des espaces derrière, qu'ils ont exploitées (pas moins de 9 tirs lyonnais lors des 20 dernières minutes).

On a essayé de faire la différence au mental, et on a presque réussi. On a voulu appuyer sur un point faible du système adverse, qui n'est pas adapté à défendre contre une équipe qui a deux joueurs par couloir et qui a la possession du ballon. Un peu comme nous contre Anderlecht trois jours auparavant. Pour l'exemple, une capture d'écran précédant une occasion stéphanoise :


Dans cette phase de jeu, Dabo s'est projeté et a pris la place de Tannane dans la ligne d'attaque, pendant que celui-ci était dans l'entre-jeu. Peu importe le joueur, nos trois attaquants occupent à eux seuls les 5 défenseurs adverses, obligeant les latéraux de serrer au centre. Libérant ainsi les couloirs pour les montées de nos deux défenseurs latéraux, Malcuit et KMP. D'ailleurs, la suite de l'action est un centre du premier pour un tir et poteau du deuxième.

Conclusions


Nos joueurs ont un état d'esprit et une force mentale irréprochables. Et tactiquement on sent une maturité extraordinaire par rapport à la saison dernière. Si pour une fois on pourrait jouer avec les joueurs à leurs vrais postes, sans bricoler, on sent qu'on pourrait vraiment vers quelque chose d'intéressant. Il est donc temps d'être au complet, créer du jeu et obtenir des résultats.

samedi 1 octobre 2016

ASSE - Anderlecht, 1-1 (Roux)

Quatre jours auparavant, lors de la réception de Lille, on croyait avoir atteint un record, avec 9 absents au coup d'envoi, dont 7 blessés. Et bien, la réception d'Anderlecht nous a simplement permis de battre notre propre record : 10 absents, dont 9 blessés. Et parmi les 9 blessés, 6 défenseurs.

La tactique et le système à mettre en place deviennent ainsi secondaire, il faut d'abord trouver un 11 de départ qui tient la route... et espérer que ça colle. Comme contre Lille, le choix de Galtier a été de sur-peupler la défense - si on joue avec des joueurs pas trop habitués à ce poste, au moins en avoir plusieurs.

3-5-2 contre 4-2-3-1


Ce qui a été différent de Lille, c'est que Galtier a choisit d'agglomérer le centre du terrain, probablement craignant les hommes forts belges, leur 8 (Tielemans) et 10 (Stanciu). Mais en faisant ce choix, il a complètement abandonné les ailes, en mettant un seul joueur de couloir de chaque côté et en n'ayant même pas des attaquants latéraux / ailiers comme dans un 3-4-3 :




Le problème c'est que les Belges ont bien lu cette faiblesse du système Stéphanois et ont décidé d'attaquer sur les ailes, surtout sur notre droite, où notre défenseur central, Karamoko, était moins expérimenté. Voilà une capture d'écran où on peut voir une attaque adverse sur notre droite :


L'ailier gauche adverse se place intelligemment entre Malcuit et Karamoko et le défenseur gauche monte avec le ballon. Si Malcuit monte sur lui, Karamoko doit prendre l'ailier, mais l'avant-centre s'est aussi positionné entre Karamoko et Lacroix, nos défenseurs devrait rester serrés. Pour compliquer les choses, le 10 adverse vient aussi se proposer sur ce côté, attirant en même temps Clément et Pajot et dépeuplant complètement le centre du terrain. La réponse à cette attaque était celle-ci, nos milieux du terrain doivent défendre sur le côté, un sur le 10, l'autre sur le défenseur. Ça en demande beaucoup de mouvement et des efforts, donc moins de souffle pour nos attaques.

Le résultat ?


On a tenu bon, malgré ce point faible sur les côté, principalement en multipliant les efforts pour couvrir les espaces. Et finalement on a pris un but sur un penalty généreux - ce but nous a fait mal à la tête... mais pas pour longtemps. Parce que l'état d'esprit Stéphanois est là, parce que ce groupe est extraordinaire et doté d'un caractère de vainqueur. 

Parce que oui, ce match nul arraché à la dernière seconde, sur une grosse erreur du gardien adverse, à des allures de victoire. Et si les organismes sont fatigués, le moral est très haut... vivement le derby!

RCT - Clermont, 23-21 (Ollivon, Gorgodze)

Après les ailiers, les centres. Si en début de saison il y avait une pénurie des ailiers, maintenant Tuisova, Müller, O'Connor sont de retour, ainsi que le joker Carraro. Par contre, Nonu, Bastareaud et le jeune Belleau sont forfaits au centre et, malgré leurs absences, Yobo reste toujours à la maison - il n'a plus rejoué après avoir joué toutes les minutes des deux premiers matchs (à l'aile). Assez embêtant pour un joueur avec un contrat pro...

Défoncez d'abord, on verra après


Enfin, choix du staff, comme probablement la tactique mise en place : user et abuser de l'impact physique. Pour le premier match de la série de quatre gros, à Toulouse, le choix a été de défendre sur la largeur et laisser à l'adversaire le jeu. Pour le deuxième, au Racing, le choix a été d'attaquer sur la largeur, mais sans inspiration. Pour ce troisième match, contre Clermont, le choix a été d'attaquer, mais en envoyant les gros casser la ligne, dans le défi physique, jusque ça craque.

Et ça a marché, l'impact physique a été toulonnais... en première période, quand les clermontois ont du faire trois changement déjà. Le problème c'est que les joueurs du RCT ont eu un gros coup de mou après la pause, encaissant deux essais dans les 20 premières minute de la deuxième période. Etre menés 16-21 à la 65ème, à la maison, ça a eu le don de réveiller les toulonnais, même si leurs attaques ont continuer à être stéréotypées et brouillonnes. Par exemple, à la 70ème, deux pénalités consécutives dans le camp adverse ont été jouées en touches. Les touches n'ont rien donné autre que des mêlées finalement gagnées par l'ASM qui s'est ensuite dégagé. Finalement la victoire a été toulonnaise, avec un autre essai, marqué en force.

Si on peut saluer l'état d'esprit et l'investissement des véritables guerriers toulonnais, on peut quand même regretter l'absence d'un beau jeu - pour l'instant cette saison, on n'a pas encore assisté à une partitions offensive digne de ce nom.

Attaque toulonnaise


Le match a été brouillon, a eu du mal à démarrer. Si on prend par exemple le début du match, il a été une succession des arrêts de jeu: coup d'envoi, touche, pénalité. Coup d'envoi, mêlée, refaite, pénalité, touche, mêlée, refaite, pénalité, touche... et le chrono montre 7:30 minutes ! Il s'en suit la première longue attaque toulonnaise, qu'on va illustrer, tellement elle est représentative de ce match.

Touche toulonnaise à l'entrée des 40m adverse, sur la droite. Tilous-Borde (9) est le relayeur, ils sort pour un premier point de fixation au centre avec Mermoz (12). Attaque classique, le jeu est envoyé encore plus loin au large, avec les trois quarts :


Trihn-Duc (10) touche pour la première fois le ballon, il envoie le deuxième centre, O'Connor (13) pour un autre point de fixation. Tilous-Borde sort pour une première percussion de Gorgodze (4) - la première fois qu'on avance - et après renverse le jeu pour Trihn-Duc :


La défense est bien en place sur la largeur alors celui-ci renvoi la passe dans le fermé. Une première percussion de van der Merwe, puis une deuxième de Gorgodze, puis une troisième de Gill - heureusement que nos avants sont forts à l'impact, on avance. Puis Tilous-Borde se faufile dans un trou de souris, il est arrêté à 15m de l'en-but. Chiocci (1) sort le ballon :


Et il le sort comme un vrai 9, vers son demi d'ouverture, Trihn-Duc (10), vers l'extérieur où il y a un surnombre. Plutôt mal négocié par Halfpenny (15), Ollivon (8) est plaqué. Alors notre demi de mêlée sort de nouveau... pour un gros, Taofifénua (5) qui avance jusqu'aux 5m :


Tilous-Borde joue dans le fermé sur O'Connor (13), il ne faut surtout pas ouvrir au large. Un autre point de fixation et il sort le ballon pour... une percussion de Gorgodze et après le ballon est perdu à 5m de la ligne. Voilà un exemple-type d'une longue attaque construite des toulonnais pendant ce match. Onze phases de jeu, pendant lesquelles notre 9 a sorti dix fois le ballon : deux fois pour le 10, deux fois pour des centres, une fois pour lui-même et cinq fois pour les avants (dont trois fois pour Gorgodze).

On retiendra la victoire. Quant à la qualité du jeu offensif, on ne peut qu'espérer que l'arrivée de Mike Ford changera quelque chose...

lundi 26 septembre 2016

ASSE - Lille, 3-1 (Beric, Nordin, Roux)

Un groupe extraordinaire


Avec seulement deux défenseurs de métier dans le onze de départ, avec un seul qui en restait après 30 minutes de jeu et encore une blessure musculaire, on pouvait craindre le pire. Et pourtant, ce groupe a un caractère extraordinaire qui lui permet d'obtenir des résultats dans les conditions les plus improbable possibles.

Improvisation et stérilité


Après la hécatombe de Nantes, il a été difficile pour Galtier de former un groupe compétitif pour ce match : 9 absents au coup d'envoi, 7 blessés, un malade et un suspendu. Sur les 21 joueurs de champ confirmés de l'effectif, ça fait vraiment beaucoup et on a retrouvé ainsi plusieurs jeunes dans le groupe. Mais surtout, on a retrouvé plusieurs joueurs à des postes inhabituels, comme Selnaes et Dabo en défense centrale, Veretout aussi après la sortie du dernier, ou bien comme KMP et Tannane (après la sortie de RPG) en latéraux.

Le choix du 3-4-3 peut sembler bizarre, mais probablement le coach a voulu une solution supplémentaire dans l'axe de la défense, vu le manque d'expérience à ce poste de Selnaes et Dabo. Aussi, KMP est plus à l'aise dans le rôle de piston sur le côté que dans celui de latéral dans une défense à 4, ce qui est valable pour Tannane aussi. Cependant, ce système n'est pas le plus adapté contre une équipe qui joue en 4-2-3-1 : on est en sous-nombre au milieu, mais aussi sur les côtés.

Les attaques Stéphanoises ont été assez stériles lors de la première période : avec 68,6% de possession de balle et 84% des passes réussies, on a clairement contrôlé le jeu. Mais en vain, on a tiré 3 fois, sans cadrer. Le contraire de Lille qui a préféré défendre et jouer des longs ballons sur leur grand avant-centre. Un jeu direct qui a eu comme résultat 6 tirs, dont 2 cadrés et une barre.

Après la pause


Tout a changé à la mi-temps. D'abord, le carton rouge lillois a modifié la donne, leur "10" est sorti et une équipe en 4-4-1 n'a plus de surnombre au centre du terrain :


L'autre changement intervenu à la pause a été la permutation des centraux dans notre défense : Lacroix est passé central pour mieux museler l'avant-centre adverse, Selnaes est passé à gauche et Dabo à droite, chacun sur son bon pied, donc. Le but initial était de placer notre meneur de jeu norvégien en plein axe, pour mieux orienter le jeu - avec ce changement son influence diminue un peu, mais Dabo a la possibilité de se projeter plus facilement vers l'avant, profitant ainsi de l'espace laisser libre par le joueur expulsé.

Pour mieux illustrer tout ceci, prenons un exemple d'une longue action Stéphanoise. Tout part d'un long ballon pour Eder, qui le perd dans la surface. Veretout récupère le ballon, le sort à droite pour KMP qui a le champ libre devant lui :


KMP est finalement bloqué par un milieu, alors il repasse par le centre et Veretout qui ouvre tout de suite à gauche, dans le couloir de l'autre piston, Tannane. On peut voire que les couloirs lillois ne sont pas protégés par leur milieux latéraux, c'est donc normal d'essayer de passer par les côtés :


Le centre de Tannane est repoussé par la défense.. jusque dans les pieds de Selnaes. On voit sur l'image suivante l'importance d'un homme qui manque au milieu lillois : deux de nos défenseurs centraux sont bien haut dans la moitié adverse, tout le bloc lillois est dans leurs 20m, il y a énormément de place libre au centre du terrain :


Selnaes avance et centre, le sien est repoussé par la défense aussi, mais de nouveau récupéré instantanément, Dabo a le ballon :


Le bloc lillois est bas, mais bien en place (on verrait bien les deux lignes de 4 si leur milieu gauche montait sur KMP). De plus, ils ne sont pas en déséquilibre (4 défenseurs pour 3 attaquants, 4 milieux de chaque côté). Mais il n'y a personne pour empêcher la montée de Dabo, qui s'appuie sur KMP :


Comme il est pris par un milieu central, Dabo s'appuie de nouveau sur KMP qui ressort rapidement au milieu, à Veretout (comme en début de l'action). L'équilibre a un peu changé : Pajot s'est projeté dans la défense, occupant ainsi un défenseur central : il n'y a plus de surnombre défensif pour Lille, surtout que leurs milieux centraux ne peuvent pas descendre plus bas. Cette fois-ci, Veretout ne change pas de côté, mais reste dans le petit périmètre, en jouant de nouveau avec Dabo :


Le bloc lillois est cassé : à la place des deux lignes de quatre, ils ont une ligne de 6 et une de 2. Néanmoins, il n'y a pas de décalage trouvé, sauf que Beric et Roux vont s'en occuper. Tous les deux était hors-jeu, suite à des appels faits quelques secondes auparavant. Ils reviennent dans la ligne, mais chacun visant un défenseur central, leurs appels qui suivent cherchant à les attirer :


Ça marche très bien et ça laisse Pajot et Nordin seuls avec un seul défenseur latéral. C'est presque dommage que le centre de Dabo n'est pas pour eux au deuxième poteau, mais pour Beric dans la surface. Après, ça permet à ce dernier de montrer encore une fois son efficacité incroyable dans la surface et à l'équipe de débloquer le match...

Conclusions


Les résultats construits dans l'adversité forgent un groupe, et celui des Verts montre encore une fois un état d'esprit exceptionnel. Si on rajoute un brin de réussite, des faits de jeu et des ajustements tactiques, on obtient les ingrédients d'une belle histoire, comme celle de ce dimanche après-midi.

samedi 24 septembre 2016

Nantes - ASSE, 0-0

Une fois n'est pas coutume, il n'y aura pas d'analyse tactique après ce match. Parce que ce qu'on retiendra le plus c'est les premières 20 minutes des Verts : trois changements sur blessure, penalty concédé mais arrêté, expulsion et blessure sur penalty. A la fin, des Verts héroiques ont résisté, grâce à leur abnégation, au sens de sacrifice pour le collectif (un milieu en défenseur central, un attaquant en latéral...) et bien sûr aux parades de Ruffier, auteur de 6 arrêts, dont 2 dans les dernières 5 minutes.


L'image qui résume tout



Fin de match, sans commentaires...


Les blessés


Bien évidemment, 4 blessés dans les premiers 20 minutes d'un match, c'est extrêmement rare et ça pose des questions. On espère que ces questions et remise en cause du staff seront bénéfiques et des résultats seront visibles bientôt. Parce qu'un effectif de 23 joueurs pros confirmés (plus des jeunes) ne suffit pas du tout pour des matchs tous les trois jours si on perd un joueur par match... en espérant donc que 4 sur 20 minutes reste une exception. 

Si on regarde les blessés stéphanois lors de cette saison, on peut identifier plusieurs catégories :
  • Reprise trop rapide ?
    • M'Bengué
      • préparation d'avant-saison tronquée, sans club à l'époque
      • claquage à la cuisse à la 9ème lors de sa première apparition, à Bordeaux
      • il revient 4 semaines plus tard pour se faire une entorse au genou à la 62ème lors de son retour, à Paris
    • Saivet
      • préparation d'avant-saison tronquée à cause de blessure
      • blessure musculaire, absence de 5 semaines annoncée, cause inconnue, c'est arrivé après le match à Mainz (où il a été remplacé à la 80ème)
      • il avait joué 70-80 minutes lors de chacun des 3 matchs possibles après son arrivée, un avant la trêve internationale, deux après
    • Söderlund
      • préparation tronquée après une blessure en fin de saison dernière
      • blessé au psoas après le match à Bordeaux, revient dans le groupe après 3 semaines
      • a été dans groupe lors des 3 premiers matchs, il est entré 17' lors du 3ème, à Bordeaux. Il n'a pas encore démarré un match cette saison
  • Pas assez de repos ?
    • KTC
      • absent (un) match lors d'une béquille prise contre Bastia
      • il avait joué quasiment toutes les minutes lors des 10 premiers matchs, en étant remplaçant (entré à la 61ème) lors du 5ème
    • Pogba
      • blessure aux ischio-jambiers à la 11ème à Nantes, plusieurs semaines d'absence annoncées
      • il avait joué toutes les minutes lors des 9 premiers matchs, mais il avait était au repos lors du 10ème, pour se blesser juste après 
    • Perrin
      • sorti à la 21ème lors du match à Nantes suite à un coup à la cuisse
      • il avait joué 9 matchs pleins sur les 10 premiers, manquant le 7ème suspendu
    • Malcuit
      • sorti à la 17ème expulsé et blessé lors du match à Nantes
      • il avait joué les 6 derniers matchs pleins, mais était resté sur le banc les 4 premiers de la saison
    • Lemoine
      • blessure au mollet à la 10ème à Nantes, plusieurs semaines d'absence annoncées
      • il avait joué 617 minutes sur les 900 possibles : des matchs pleins, mais aussi un match suspendu, un autre titulaire remplacé, un autre remplaçant entré en jeu. Il avait joué que 3 minutes lors du dernier match
  • Pas de chance ?
    • Dabo
      • entorse à la cheville à la 30ème à Athènes (2ème match de la saison), revenu dans le groupe après 4 semaines
    • Polomat
      • grosse blessure musculaire à la cuisse, absence de 8 semaines annoncée, pas d'opération nécessaire, cause inconnue, c'est arrivé après le match à Jérusalem
      • il avait joué 351 minutes lors de 360 possibles sur les 4 premiers matchs de la saison
    • Hamouma
      • blessure au mollet à la mi-temps du match à Jérusalem, revenu dans le groupe après 2 semaines
      • il avait joué quasiment toutes les minutes des 3 matchs possibles auparavant, en étant remplacé deux fois après la 80ème
On va dire qu'une blessure qui intervient après seulement 3 matchs enchaînés, tôt dans la saison, ne peut pas être imputée à la préparation physique. Mais il semble clair que Perrin, Pogba et en moindre mesure Lemoine et KTC paient le prix d'avoir joué trop des matchs. Par contre, si un match de repos (Lemoine, Pogba) ne suffit pas, on est mal. Même si Galtier décide d'imposer une rotation très forte, au détriment de la cohésion, ça ne sert à rien si les joueurs ne récupèrent pas vite. Quant aux blessures intervenues après une reprise précipitée et trop intense, la solution est évidente.

Par contre, sans vouloir être trop pessimiste, la situation actuelle risque d'empirer. Le grand nombre de blessés limite grandement la rotation possible. Et si les causes des blessures résident dans la préparation d'avant-saison, le mal est fait. L'éventuelle remise en cause du staff aidera, mais à court terme on en subira encore...

jeudi 22 septembre 2016

Racing - RCT, 41-30 (Pelissié, de pénalité, Belleau)

Cinquième match de la saison, quatrième à l'extérieur, deuxième de la grosse série Top 5 de septembre et... premier match du RCT sans le moindre point. Pour confirmer la bonne prestation de Toulouse, Diego Dominguez a choisit un groupe très similaire, avec Suta, Kruger, Bernard toujours écartés.

Par contre, la physionomie du match est différente cette fois-ci. Si à Toulouse les toulonnais ont choisit de défendre et frapper à des moments clés, au Racing ils ont essayé de faire le jeu. C'est difficile à comprendre pourquoi, tant les attaques du RCT n'étaient pas efficaces. En tout cas, les 10 premières minutes, le match était à sens unique, le Racing privé des ballons... et le RCT quasiment pas du tout entré dans les 22m adverses. Après, le Racing a fait preuve d'un énorme réalisme, marquant 3 essais entre la 16ème et la 28ème minute. Comment ? En étant très efficaces, certes, mais surtout profitant de l'incroyable défense des toulonnais : à la 31ème, ils avaient fait 54 plaquages, dont 13 ratés et 5 pas efficaces, donc seulement 66% des plaquages réussis !

Menés de seulement 4 points à la mi-temps et maintenant avec l'appuis du vent, on aurait pu croire que la deuxième période serait celle du réveil toulonnais. Bon... 3 autres essais en 20 minutes, une sacrée correction. La raison ? Simple, les stats sur les plaquages sont dans la continuité, seulement 75% de réussis à la 53ème, par exemple.

Le réveil toulonnais est tardif, mais il passe par le secteur de jeu qui a donné satisfaction, la mêlée - le Racing a perdu la moitié de ses mêlées et a pris un jaune et un essai de pénalité suite à une à 5m. Un autre point positif peut être le faible nombre de pénalités concédées, 8, la moitié de la semaine précedente ou de la moyenne jusque là... Après, c'est peut être juste une conséquence de la largesse défensive toulonnaise ?

Pour illustrer cette largesse, analysons le quatrième essai du Racing, qui part d'un dégagement au pied dès les 22m toulonnais qui ne trouve pas la touche et l'arrière adverse relance :


Il relance intelligemment dans le fermé, il sait qu'il se fera attrapé, mais il concentre encore plus les gros. Sur le point de fixation créé, le ballon sort très vite pour le 7 :


Un troisième ligne qui prend tout le monde de vitesse, passant tranquillement entre les défenseurs - on va dire que le rideau défensif n'était pas en place. Il se fait attrapé dans les 22, le ballon sort et plusieurs temps de jeu plus tard, il sort de nouveau. Cette fois ci, pour un autre troisième ligne, le 6. Qui a un rideau défensif en face, formé de Tuisova (14) et Guirado (2), alors il décide de les contourné à la course, vu que le troisième dans le rideau, Trinh-Duc (10) et trop loin pour serrer :


Un mauvais dégagement, touche pas trouvée, une efficacité sans pitié et surtout une défense sans conviction - aucun plaquage n'a été tenté quand les troisième lignes adverses ont franchi le rideau...


Pour résumer, une défense passoire, une animation offensive stérile, avant de jouer contre l'ogre clermontois, ça fait un peu peur...