lundi 17 octobre 2016

ASSE - Dijon, 1-1 (Roux)

Comment ne pas défaire un bloc défensif


Les Verts rencontreront probablement d'autres équipes qui proposent un bloc défensif bien bas, compact, sans aucune intention offensive, espérant simplement garder un résultat (et éventuellement marquer sur un CPA, un malentendu ou une contre). Il faudra savoir défaire leur système défensif et apporter le déséquilibre nécessaire pour se créer des occasions. Retour sur le contre-exemple du dernier match, contre Dijon.


La trêve internationale nous a fait du bien et plusieurs retours dans le groupe nous permettaient d'être optimistes. On sait que c'est difficile d'emballer un match avec des joueurs en manque de rythme (et des titulaires au repos), mais l'effectif de l'ASSE est assez riche en quantité et en qualité pour être confiant avant d'accueillir un promu, certes valeureux, mais qui n'avait pris aucun point à l'extérieur auparavant. Malheureusement, cette confiance a été mise à rude épreuve lors de ce match contre Dijon, durant lequel on a pu observer certaines carences dans le jeu de notre équipe.

Le début du match


Pour commencer avec le début, tout le monde s'attendait à voir les Verts attaquer à fond dès le coup d'envoi, mais ce plan a été contrecarré par une équipe de Dijon qui jouait bien, haut, et qui gardait le ballon. On a pu donc assister à 15 premières minutes équilibrées dans la possession (51% pour l'ASSE), mais pas dans la dangerosité : 4 tirs pour Dijon, 0 pour l'ASSE. Et après l'ouverture du score (sur corner à la 22ème), nos adversaires ont fait un pas en arrière et nous ont laissé le contrôle du ballon, ils avaient obtenu ce qu'ils voulaient.

La fin du match


La dernière demi-heure est en général le moment où plusieurs changements sont effectués pour espérer trouver la solution dans un match. Pour Galtier, ça a passé par un changement de système, passant du 4-1-4-1 avec une sentinelle (Clément) à un 4-4-2 avec deux avant-centres, Roux entrant en soutien de Söderlund. Le deuxième changement tactique n'a pas visé le système, mais le profil des joueurs. Pajot n'étant pas à l'aise contre ce bloc défensif, Saivet devait entrer à sa place : on change un milieu qui se spécialise dans les courses entre la ligne médiane et la surface adverse avec un autre, doté d'une meilleure qualité de passe. Les crampes de KMP ont contrarié un peu ce plan, Saivet a du le remplacer en attendant que Nordin finisse son échauffement.

Finalement, ce n'est pas ce changement de système, ni de tactique au milieu, qui ont eu raison de la défense dijonnaise. Ça s'est de nouveau joué au mental (infaillible côté Vert cette saison) et avec un peu de chance. Parce qu'avoir un arbitre siffler un penalty après une poussette, toute légère, à la dernière minute, quand il n'a pas sifflé d'autres beaucoup plus évidents pendant le match, c'est un peu chanceux...

15 minutes dans la deuxième période


Mais si les Verts ont attendu un penalty à la dernière minute pour égaliser, c'est parce qu'ils n'ont pas trouvé la faille dans le bloc dijonnais. Analysons ainsi comment les Verts s'y sont mis à défaire ce bloc après le retour des vestiaires (donc en bénéficiant des conseils tactiques du staff) et avant la 61ème minute et le changement de système et de joueurs. Une période de 15 minute marquée par une domination sans appel des Verts, au moins dans la possession du ballon, 75% pour l'ASSE. Un jeu de passes (121 pour nous, 43 seulement pour Dijon) et une grande maîtrise technique, 88% des passes réussies dont 100% pour Tannane et Veretout, 95% pour Clément, etc. Une domination stérile, par contre, 1 seul tir (de M'Bengue, dans un angle très fermé) et aucune occasion franche.

Même après deux visionnages de ces 15 minutes, ça n'a pas été facile de trouver une action stéphanoise bien construite, malgré le nombre incroyable des ballons joués... Le meilleur exemple reste une longue possession stéphanoise qui commence avec Pajot qui a le ballon au milieu du terrain. Il fait une passe en profondeur pour l'appel de Malcuit, le ballon sort en touche, mais c'est pas l'action qui est intéressante, c'est le positionnement des deux équipes :


On voit ainsi que nos deux ailiers sont très différents : KMP colle à la ligne, tirant avec lui le latéral adverse, mais bloquant aussi le couloir pour une montée de MBengue. Tannane, non seulement il n'occupe pas du tout son couloir (le laissant libre pour Malcuit), mais il ne se place même pas dans la défense, mais entre les lignes adverses, comme un véritable 10. Enfin, il faut noter que nos deux milieux relayeurs, Veretout et Pajot, fonctionnent dans un double piston, quand un descend chercher le ballon, l'autre monte dans le bloc.

Enfin, la touche dijonnaise est jouée, le ballon perdu immédiatement, on envoie le jeu sur la gauche, où on obtient une touche qui est jouée vite pour renvoyer le ballon à Perrin :


Il manque deux stéphanois dans l'image, Tannane et Malcuit - ils se trouvent sur le côté droit, accompagnés de seulement deux adversaires, tous les autres serrant vers notre gauche. KTC a le champ libre et il finit par recevoir le ballon, mais pas directement de Perrin, qui joue avec Clément, ni de celui-ci, qui ne regarde pas à sa gauche, mais de Veretout. Des secondes précieuses sont perdues, mais le ballon est enfin joué là où il faut et KTC peut monter avec :


Le bloc dijonnais a coulissé, mais on a quand même un début de déséquilibre : Pajot est monté jusqu'à la défense, sans être suivi par un milieu : on place donc 5 joueurs (avec Malcuit) sur la ligne adverse, composée elle aussi de 5 joueurs - la défense dijonnaise est en déséquilibre. A noter que KTC est un peu seul : Clément, Veretout, MBengue et Perrin sont tous sur la ligne médiane pour surveiller seulement deux adversaires. Le très bon placement du milieu dijonnais, empêche KTC de trouver un angle de passe vers Tannane ou Pajot, il hésite et finalement il repasse par le rond central et Perrin :


En bon capitaine, Perrin monte avec le ballon et ses coéquipiers commencent à faire les appels tant nécessaires pour casser le bloc : MBengue monte dans son couloir, Pajot et Veretout se placent dans le premier rideau, Tannane décroche aussi dans l'entre jeu. Un jeu de passes court Perrin-Pajot-Tanane et le décalage est trouvé sur la droite :


A première vue, on dirait une belle action collective, sauf que nos joueurs n'ont pas voulu l'amener jusqu'au bout. Si on compte bien les joueurs dans l'image, tous les dijonnais sont présents, dans un bloc 6-4-0... sauf que pas moins de trois de nos joueurs sont restés dans le rond central (Veretout, Clément et KTC). Malgré le décalage trouvé, l'action ne donne rien, le centre de Malcuit ne trouve pas preneur, vu qu'on avait que deux joueurs dans la surface, pour 6 adversaires...

Conclusions


Un peu plus de rythme pour certains joueurs et le retour des titulaires comme Selnaes ou Beric sont des raisons d'espérer mieux lors des prochains matchs. Mais il faudra apprendre à trouver des solutions dans ces situations, contre des adversaires venus pour défendre, et il faudra le faire vite, on laisse trop des points en route, que ça soit en championnat ou dans les poules de la Ligue Europa. La solution ne passe pas par un système de jeu plus qu'un autre, trouver et créer des failles dans une défense passe par une animation offensive digne de ce nom, avec des appels sans ballon pour créer des décalages mais aussi avec un jeu de passe rapide et précis pour faire parvenir le ballon là où il faut. On a clairement le début de quelque chose, avec des schémas classiques, comme des milieux relayeurs qui se projettent dans la défense, des ailiers qui entrent vers le centre du terrain et libèrent ainsi le couloir ou qui se placent entre les lignes et même des défenseurs qui n'hésitent pas à monter pour apporter un surnombre. Il manque une certaine fluidité et rapidité dans les transmissions du ballon et un désir de se livrer un peu plus et d'être moins timides. Ça va venir, espérons même à partir de ce jeudi...

jeudi 13 octobre 2016

La Rochelle - RCT, 17-17 (Carraro)

Ce n'est pas un cadeau de se déplacer chez l'équipe en forme de ce début de championnat, invaincue à domicile, tout en faisant tourner et laissant au repos plusieurs cadres comme Gorgodze, Fernandez-Lobbé, Ollivon, Tilous-Borde, Trihn-Duc ou Halfpenny. Le résultat semblait ne pas être important, le but était plus une revue d'effectif.

Et on peut dire que certains remplaçants toulonnais habituels ont déçu lors de ce match. Le jeu au pied a été défaillant, Escande dégage dans un coéquipier et Belleau directement en touche dès la première minute. 11ème minute une autre touche directe, 30ème une péna-touche pas trouvée, il est pas surprenant que le jeune ouvreur a été changé à la pause. La conquête a beaucoup souffert aussi, d'abord la mêlée (avec moins de la moitié réussies sur des introductions propres), mais surtout la touche. A la 27ème on comptait 3 touches ratées sur 4, dont une à 5m de sa propre ligne ! A la 60ème, suite au 3ème lancer pas droit (on peut même pas dire que l'alignement adverse était trop performant), Etrillard a été sorti. Quant à la discipline, en général les toulonnais ont été plus appliqués que d'habitude (seulement 10 pénalités), mais pas Kruger - 2 pénalités et 6 points donnés pour des hors-jeu lors des rucks adverses, trop pressé pour attaquer le 9, avant qu'il sorte le ballon...

Bref, ramener 2 points de ce déplacement c'est quasiment miraculeux. Et on le doit à la chatte de Yobo après la belle percée de Tuisova suite à un ballon récupéré. Et aussi au vice d'Escande qui a su gagner 10m sur une pénalité à la sirène, permettant à Bernard de ramener le match nul.

Mais, encore une fois, l'objectif de ce match était de réposer des titulaires, d'évaluer des remplaçants pour mieux voir l'équipe type pour les matchs à venir.

L'équipe-type


Piliers
Les deux paires de piliers de base sont Fresia-Chiocci à gauche et van der Merwe-Chilachava à droite. Des temps de jeu similaires, mais avantage aux premiers en nombre des titularisations (5 chaque).

Talonneur
Guirado sans discussion. Etrillard a déçu lors de ce match (son seul en titulaire) et probablement va perdre sa place quand Orioli reviendra de blessure - heureusement pour lui, Guirado sera pris avec le XV de France.

Deuxième ligne
Gorgodze semble être choisi pour jouer à ce poste et les deux autres qui se disputeront l'autre place sont Taofifénua et Manoa. Le premier a plus des minutes jouées et de titularisations, mais le deuxième a repris plus tard la préparation d'avant-saison.

Troisième ligne
C'est ici que l'effectif est le plus conséquent, et c'est sans compter sur Gorgodze (monté en deuxième ligne) et Smith (blessé de longue durée). En terme de minutes jouées et titularisations, la hiérarchie semble être Ollivon, Fernandez-Lobbé et Gill, sauf que Vermeulen a été absent les premières 6 semaines. Il sera probablement titulaire, ce qui poussera Ollivon en flanker et Gill sur le banc.

Demi de mêlée
Tilous-Borde est le titulaire indiscutable et Escande semble avoir pris le dessus sur Pélissié (3 titularisations à 1)

Demi d'ouverture
Trihn-Duc est le titulaire indiscutable (7 sur 8), Bernard est clairement devant Belleau qui a déçu lors de ce dernier match. Par contre, Trihn-Duc sera pris avec le XV de France.

Centres
La paire titulaire en début de saison a été Nonu-Bastareaud et Mermoz et Carraro ont profité ensuite de leurs blessures pour gratter du temps de jeu, ce qui coïncide aussi avec un jeu d'attaque plus lisse . Il est probable que le retour des deux premiers vont pousser les deux autres sur le banc, tout en sachant que Mermoz sera pris avec le XV de France.

Ailiers
Après son retour dans le groupe, Tuisova s'est clairement imposé comme incontournable à l'aile. A l'autre aile personne ne s'est imposé, le bricolage a été important vus les absents. Il est probable qu'à leur retour, Habana et Mitchell vont se disputer ce poste, sauf que le deuxième semble blessé pour encore un moment.

Arrière
Sans aucune contestation, le titulaire sera Halfpenny, très propre dans le jeu et avec une réussite au pied monstrueuse. Goromaru aura beaucoup de boulot pour prendre sa place.



Titulaires
Fresia, Guirado, van der Merwe - Gorgodze, Manoa - Fernandez-Lobbé, Vermeulen, Ollivon
Tillous-Borde, Trihn-Duc - Habana, Nonu, Bastareaud, Tuisova - Halfpenny

Remplaçants
Chiocci, Orioli, Chilachava, Taofifénua, Gill, Escande, Bernard, Mermoz

Pendant les matchs intérnationaux :
Etrillard, Carraro, Goromaru et O'Connor/Belleau feront des apparitions dans le groupe, probablement seulement le japonais en tant que titulaire.

jeudi 6 octobre 2016

RCT - Montpellier, 28-6 (Guirado, Tuisova, Gill)

Le RCT qu'on annonçait fini il y a un mois est bien vivant et en pleine forme, enchaînant les victoires, surtout contres les grosses écuries : 3 victoires et 14 points pris contre Toulouse, Racing, Clermont et Montpellier, c'est tout simplement exceptionnel. De plus, sur ces quatre chocs, on a pu voir des visages différents : défense imperméable et contres efficaces pour le premier, des attaques sur le large mais peu efficaces pour le deuxième, des attaques en force pour tout défoncer pour le troisième. Et enfin, une gamme complète pour le dernier match, avec des attaques alternées entre la force des avants et le jeu au large des trois-quarts.

Il faut avouer que ce match contre Montpellier avait démarré comme le précédent, contre Clermont : un jeu haché, sans grosses phases de possession. Les deux équipes étaient égales, surtout en force, ce qui a créé pas mal des situations de déchet et des turnovers. A la 15ème il n'y avait rien de notable, sauf plusieurs mêlées refaites et pénalisées. Deux longues actions sont à mentionner jusqu'à la 30ème, les deux incluant plusieurs changements de possession, mais des attaques qui n'aboutissent toujours pas, d'un côté comme de l'autre. Il n'est pas surprenant que le premier essai toulonnais a été marqué par les gros, suite à un maul après une touche à 5m...

Mais peu à peu les avants toulonnais ont pris le dessus sur leurs adversaires, ce qui est notable quand on connaît la réputation de ces derniers. Et, nettement mieux que ça, le jeu a aussi été ouvert, pour le plus grand bonheur des trois quarts. Comme démontré par un des plus beaux essais marqués cette saison, après la pause. 

Coup d'envoi pour le RCT, très court, à la limite des 10m, capté par Ollivon (6). Ballon sorti pour les gros et un point de fixation, toujours sur la ligne des 40m et le jeu envoyé par Tillous-Borde (9) vers le large :


Sauf que la défense est présente sur la largeur, alors Fernandez-Lobbé (7) fixe encore une fois, et quand le demi de mêlée ouvre de nouveau, cette fois-ci pour le demi d'ouverture, Trihn-Duc (10), un surnombre a été créé :


Carraro (12) est pris après une percée de 20m et le ballon est ressorti de nouveau pour balayer le terrain dans le sens inverse, cette fois ci avec des avants :


Et les avants sont à la fête, chacun perce la défense et fait jouer après contact : Ollivon (6), Manoa (5), Fresia (1) jusqu'à Chilachava (3) qui est finalement arrêté, mais en ayant ainsi gagné 20m supplémentaires. Le ballon sort, un dernier point de fixation après une avancée de Gorgodze (4) et de nouveau de la place au large :


Et quand Tuisova (14) arrive lancé, contre des avants, avec des partenaires disponible à l'aile pour étirer encore plus la défense, l'essai est tout fait. Un essai très bien construit, avec un balayage gauche-droite assorti des belles avancées...

Et maintenant ?


On peut s'attendre à un turnover assez important lors du prochain match, à La Rochelle. Tout d'abord, parce que mentalement c'est dur d'enchaîner autant des matchs très difficile, il faut bien marquer une pause avant les gros matchs qui nous attendent : les deux premières journées de Champions Cup, contre les deux équipes anglaises, en commençant par les champions en titre, les Saracens dans deux semaines. Il y aura ensuite des matchs plus simples (Grenoble, Lyon, Stade Français, Castres) avant les doublons et une semaine de trêve, donc il y aura le temps de récupérer les points laissés en route à La Rochelle.

Deuxièmement, il faut aussi faire souffler certains joueurs qui ont bien enchaîné depuis le début de la saison. Côté avants, Guirado a joué 286' (sur 560 possibles), enchaînant 5 titularisations consécutives. Manoa en est à 318', Taofifénua à 348', Gorgodze à 408' (4 titularisations consécutives), Fernandez-Lobbé à 419' et Ollivon à 520', normal avec ses 7 titularisations consécutives ! Du temps de jeu très important pour des avants. Côté trois-quarts, Trihn-Duc à 498' et Halfpenny à 560' (le max), tous les deux avec 7 titularisations consécutives, sont les plus censés à se reposer pour retrouver du jus.

C'est pas sur le match suivant qu'on va compter pour analyser le jeu toulonnais, mais plutôt pour juger l'état de forme de certains remplaçants ou revenants des blessures. Parce que les matchs importants arriveront ensuite et on aura besoin de tout le monde.

Bilan de trêve d'octobre

La trêve internationale d'octobre arrive à point nommé pour l'ASSE, lui offrant une possibilité de soigner les blessures accumulée lors des dernières semaines des matchs à 3 jours d'écart. En attendant le retour de la compétition (et des certains blessés), une petite analyse des performances Vertes lors de ce premier quart de saison.

Les buts


A la fin de la saison dernière, une analyse des buts marqués et encaissés par les Verts montrait qu'on marque la moitié de nos buts dans le jeu (un quart sur du jeu construit, un quart suite à des pertes de balle adverses) et un tiers suite à des coups de pied arrêtés (CPA). Mais aussi, qu'on encaisse deux tiers des buts dans le jeu (40% sur du jeu construit, c'est énorme).
 
Après un quart de la saison (14 matchs joués, en supposant que la saison sera aussi longue que la dernière, de 55 matchs), est-ce que des choses ont changé ?

En ce qui concerne les buts marqués, nous sommes maintenant à deux tiers dans le jeu : si ceux qui suivent une perte de balle adverse restent toujours autour d'un quart, les buts suite à du jeu construit représentent maintenant 40% de tout ce qu'on marque (26,5% l'année dernière). La différence vient des CPA, où on marque moins qu'avant (20% et non plus 32%). 

Ceci est aussi visible si on regarde les joueurs qui ont marqué des buts : cette année, à l'exception du but de Lemoine à Jérusalem, tous les buts ont été marqué par un avant-centre ou un ailier. L'année dernière, Sall a marqué 6 buts et Perrin 3, pour ne compter qu'eux, tous suite à des CPA, évidemment.

En ce qui concerne les buts encaissés, on en prend moins dans le jeu qu'avant : seulement la moitié cette saison, quand la saison dernière c'était deux tiers. Et la différence est faite par les pertes de balle, un seul but pris cette saison comme ça, contre pas moins de 16 sur toute la saison précédente...

Quant aux nombre total des buts, on tourne pour l'instant à une moyenne de 1,07 buts marqués et 0,8 buts encaissés par match. Une attaque moins efficace que l'année dernière (1,24 marqués), mais une défense bien plus robuste (1,05 encaissés). Ceci est aussi visible dans le nombre de scores vierges, déjà trois cette saison quand il n'y a eu que deux la saison précédente. 

Le défenseur gauche


Parmi les trop nombreux blessés dans l'effectif stéphanois, la plupart ont été dans la défense. Et parmi ceux ci, c'est surtout le poste de latéral gauche qui a été le plus impacté : les deux joueurs pro qu'on a dans l'effectif, Polomat et M'Bengue, ont été absents en même temps lors de pas moins de 9 matchs sur les 14 possibles cette saison, auxquels on peut rajouter la dernière demi-heure du match au Parc (suite à la blessure de M'Bengue) !

Pour voir à qui Galtier a donné le couloir gauche lors de ces 9 matchs (et 1/3), il faut les séparer entre les matchs joués à 4 et ceux à 3/5 derrière - le rôle de défenseur latéral n'est pas le même dans ces systèmes. Et pour être plus précis, on va compter les minutes jouées à ce poste, vus les blessures et changements intervenus en cours de jeu (à Nantes, contre Lille, etc.)

Dans une défense à 4, le couloir gauche a été pris par :
  • Pierre-Gabriel 169'
  • Pogba 146'
  • Monnet-Paquet 103'
  • Théophile-Catherine 90'
Dans une défense à 3/5, le couloir gauche a été pris par :
  • Saint-Louis 129'
  • Monnet-Paquet 77'
  • Pierre-Gabriel 38'
  • Pogba 30'
  • Tannane 58'
Un sacré bricolage au poste de latéral gauche, comme dans toute la défense, d'ailleurs. Avec tous ces joueurs essayés à ce poste, il est incroyable qu'on n'a pas pris plus des buts.

Les points pris


Avec 14 matchs joués, on peut dire que les Verts ont déjà fait un quart de leur saison. Pour rappel, la saison dernière a été longue de 55 matchs et avec les tours préliminaires et les poules de C3, on est parti sur le même rythme des matchs. 

Avec 12 points lors des 8 premières journées de L1, on a un bilan plus faible que la saison précédente (16). Par contre, la particularité de la saison dernière était qu'on ne jouait aucun "gros" avant la trêve d'octobre, quand cette année on a déjà joué le QSG et les vilains. Et si par bonheur on gagne notre prochain match, on n'aura plus qu'un seul point de retard sur la saison dernière (toujours 16 points après la 9ème journée et une défaite à Caen).

Avec 10 points pris lors des 6 premiers matchs de C3 (2 tours préliminaires et 2 matchs de poule), on fait mieux que la saison dernière (8), quand on avait déjà deux défaites à ce stage de la compétition, une en tour préliminaire et une en poule.

Et donc, d'un point de vue comptable, est-ce qu'on est bien ou pas? En juin, on a fait la comparaison des matchs joués et points pris des quatre dernières saisons. Pour l'instant nous sommes dans un rythme de 1.57 points / match (toutes compétitions confondues), ce qui est légèrement mieux que la saison dernière, mais pas encore assez haut que celles la précédant. Chaque saison a ses hauts et ses bas, il est difficile de tirer une conclusion pour l'instant. Mais vues les conditions extrêmes jusqu'à maintenant, on peut légitiment penser qu'on était dans le bas et que le futur ne peut être que meilleur.

mercredi 5 octobre 2016

OL - ASSE, 2-0

Le premier derby dans le nouveau stade de l'OL a été pour les vilains et c'est dommage, tant les stéphanois n'ont pas démérité. Avec autant d'absents (8 au coup d'envoi, 2 changements sur blessure avant la pause), on ne pouvait probablement pas faire mieux, même si c'est plutôt le manque de réalisme qui a plombé des Verts encore une fois très courageux.

La première période


D'un point de vue tactique, on a tendance de dire que la bataille a été gagnée par Galtier, qui a aligné un 4-3-3 pour contrer le 3-5-2 désormais classique des lyonnais. Ce 3-5-2 permet à une équipe de se jeter en attaque sans trop de peur de se faire contrer, il reste toujours 3 défenseurs pour couvrir les espaces. Et l'OL s'y est jeté, en faisant une grosse entame dans les premières 20 minutes de la première période, avec 75% possession de ballon, 88% des passes réussies (seulement 65% pour nous) et en tirant 5 fois. 

Ils ont été bien tenus par des Stéphanois vaillants et ils ont du lever un peu le pied ensuite, le reste de la mi-temps étant à seulement 52% de possession et 77% (resp 72%) des passes réussies. Le système tactique adverse n'a pas trouvé de faille dans le notre, la grosse entame non plus... mais on a fini par payer le prix d'utiliser des joueurs pas à leur poste habituel.

Notre flanc gauche était inexpérimenté : central gauche, Selnaes (milieu), latéral gauche, KMP (ailier) et ailier gauche, Nordin (18 ans). De plus, les deux "attaquants" lyonnais ne sont pas des avant-centres, mais des joueurs très mobiles, Valbuena et Fekir. Ainsi, ils ont su profiter de l'espace créé par le mauvais alignement des Verts :


Sur le but lyonnais, Nordin n'est pas sur son aile, erreur fatale quand on sait que dans un 3-5-2, c'est par là que le jeu passe. KMP monte attaquer le latéral adverse et Fekir fait l'appel dans son dos, là où Selnaes n'a pas bien couvert. Dans cette capture d'écran on voit bien le 4-5-1 stéphanois... si KMP et Nordin avait été à leur place.

Deuxième période


Des choses ont changé à la pause : Veretout est passé en sentinelle et Dabo en relayeur, pour mieux profiter de la bonne lecture de jeu du premier et de la capacité du premier à se projeter. Söderlund a remplacé Beric et a amené ainsi sa bonne conservation de balle et son jeu dos au but. Mais surtout, il y a quelque chose qui a changé dans la tête... on est entré sur le terrain pour leur marcher dessus, et on l'a fait. Car le 3-5-2 est intéressant en phase de possession de balle, mais il l'est moins si on subit le jeu. Donc on a assisté de nouveau à une grosse entame de période, avec 20 minutes à sens unique, sauf que cette fois-ci, pour les Verts : 71% de possession, 84% passes réussies (67% pour les vilains), 0 tirs pour eux... A notre tour, on a levé le pied et pour le reste de la mi-temps on a eu 57% de possession et 85% (resp 82%) des passes réussies. L'inverse de la première période, avec la différence qu'on était menés donc on a laissé des espaces derrière, qu'ils ont exploitées (pas moins de 9 tirs lyonnais lors des 20 dernières minutes).

On a essayé de faire la différence au mental, et on a presque réussi. On a voulu appuyer sur un point faible du système adverse, qui n'est pas adapté à défendre contre une équipe qui a deux joueurs par couloir et qui a la possession du ballon. Un peu comme nous contre Anderlecht trois jours auparavant. Pour l'exemple, une capture d'écran précédant une occasion stéphanoise :


Dans cette phase de jeu, Dabo s'est projeté et a pris la place de Tannane dans la ligne d'attaque, pendant que celui-ci était dans l'entre-jeu. Peu importe le joueur, nos trois attaquants occupent à eux seuls les 5 défenseurs adverses, obligeant les latéraux de serrer au centre. Libérant ainsi les couloirs pour les montées de nos deux défenseurs latéraux, Malcuit et KMP. D'ailleurs, la suite de l'action est un centre du premier pour un tir et poteau du deuxième.

Conclusions


Nos joueurs ont un état d'esprit et une force mentale irréprochables. Et tactiquement on sent une maturité extraordinaire par rapport à la saison dernière. Si pour une fois on pourrait jouer avec les joueurs à leurs vrais postes, sans bricoler, on sent qu'on pourrait vraiment vers quelque chose d'intéressant. Il est donc temps d'être au complet, créer du jeu et obtenir des résultats.

samedi 1 octobre 2016

ASSE - Anderlecht, 1-1 (Roux)

Quatre jours auparavant, lors de la réception de Lille, on croyait avoir atteint un record, avec 9 absents au coup d'envoi, dont 7 blessés. Et bien, la réception d'Anderlecht nous a simplement permis de battre notre propre record : 10 absents, dont 9 blessés. Et parmi les 9 blessés, 6 défenseurs.

La tactique et le système à mettre en place deviennent ainsi secondaire, il faut d'abord trouver un 11 de départ qui tient la route... et espérer que ça colle. Comme contre Lille, le choix de Galtier a été de sur-peupler la défense - si on joue avec des joueurs pas trop habitués à ce poste, au moins en avoir plusieurs.

3-5-2 contre 4-2-3-1


Ce qui a été différent de Lille, c'est que Galtier a choisit d'agglomérer le centre du terrain, probablement craignant les hommes forts belges, leur 8 (Tielemans) et 10 (Stanciu). Mais en faisant ce choix, il a complètement abandonné les ailes, en mettant un seul joueur de couloir de chaque côté et en n'ayant même pas des attaquants latéraux / ailiers comme dans un 3-4-3 :




Le problème c'est que les Belges ont bien lu cette faiblesse du système Stéphanois et ont décidé d'attaquer sur les ailes, surtout sur notre droite, où notre défenseur central, Karamoko, était moins expérimenté. Voilà une capture d'écran où on peut voir une attaque adverse sur notre droite :


L'ailier gauche adverse se place intelligemment entre Malcuit et Karamoko et le défenseur gauche monte avec le ballon. Si Malcuit monte sur lui, Karamoko doit prendre l'ailier, mais l'avant-centre s'est aussi positionné entre Karamoko et Lacroix, nos défenseurs devrait rester serrés. Pour compliquer les choses, le 10 adverse vient aussi se proposer sur ce côté, attirant en même temps Clément et Pajot et dépeuplant complètement le centre du terrain. La réponse à cette attaque était celle-ci, nos milieux du terrain doivent défendre sur le côté, un sur le 10, l'autre sur le défenseur. Ça en demande beaucoup de mouvement et des efforts, donc moins de souffle pour nos attaques.

Le résultat ?


On a tenu bon, malgré ce point faible sur les côté, principalement en multipliant les efforts pour couvrir les espaces. Et finalement on a pris un but sur un penalty généreux - ce but nous a fait mal à la tête... mais pas pour longtemps. Parce que l'état d'esprit Stéphanois est là, parce que ce groupe est extraordinaire et doté d'un caractère de vainqueur. 

Parce que oui, ce match nul arraché à la dernière seconde, sur une grosse erreur du gardien adverse, à des allures de victoire. Et si les organismes sont fatigués, le moral est très haut... vivement le derby!

RCT - Clermont, 23-21 (Ollivon, Gorgodze)

Après les ailiers, les centres. Si en début de saison il y avait une pénurie des ailiers, maintenant Tuisova, Müller, O'Connor sont de retour, ainsi que le joker Carraro. Par contre, Nonu, Bastareaud et le jeune Belleau sont forfaits au centre et, malgré leurs absences, Yobo reste toujours à la maison - il n'a plus rejoué après avoir joué toutes les minutes des deux premiers matchs (à l'aile). Assez embêtant pour un joueur avec un contrat pro...

Défoncez d'abord, on verra après


Enfin, choix du staff, comme probablement la tactique mise en place : user et abuser de l'impact physique. Pour le premier match de la série de quatre gros, à Toulouse, le choix a été de défendre sur la largeur et laisser à l'adversaire le jeu. Pour le deuxième, au Racing, le choix a été d'attaquer sur la largeur, mais sans inspiration. Pour ce troisième match, contre Clermont, le choix a été d'attaquer, mais en envoyant les gros casser la ligne, dans le défi physique, jusque ça craque.

Et ça a marché, l'impact physique a été toulonnais... en première période, quand les clermontois ont du faire trois changement déjà. Le problème c'est que les joueurs du RCT ont eu un gros coup de mou après la pause, encaissant deux essais dans les 20 premières minute de la deuxième période. Etre menés 16-21 à la 65ème, à la maison, ça a eu le don de réveiller les toulonnais, même si leurs attaques ont continuer à être stéréotypées et brouillonnes. Par exemple, à la 70ème, deux pénalités consécutives dans le camp adverse ont été jouées en touches. Les touches n'ont rien donné autre que des mêlées finalement gagnées par l'ASM qui s'est ensuite dégagé. Finalement la victoire a été toulonnaise, avec un autre essai, marqué en force.

Si on peut saluer l'état d'esprit et l'investissement des véritables guerriers toulonnais, on peut quand même regretter l'absence d'un beau jeu - pour l'instant cette saison, on n'a pas encore assisté à une partitions offensive digne de ce nom.

Attaque toulonnaise


Le match a été brouillon, a eu du mal à démarrer. Si on prend par exemple le début du match, il a été une succession des arrêts de jeu: coup d'envoi, touche, pénalité. Coup d'envoi, mêlée, refaite, pénalité, touche, mêlée, refaite, pénalité, touche... et le chrono montre 7:30 minutes ! Il s'en suit la première longue attaque toulonnaise, qu'on va illustrer, tellement elle est représentative de ce match.

Touche toulonnaise à l'entrée des 40m adverse, sur la droite. Tilous-Borde (9) est le relayeur, ils sort pour un premier point de fixation au centre avec Mermoz (12). Attaque classique, le jeu est envoyé encore plus loin au large, avec les trois quarts :


Trihn-Duc (10) touche pour la première fois le ballon, il envoie le deuxième centre, O'Connor (13) pour un autre point de fixation. Tilous-Borde sort pour une première percussion de Gorgodze (4) - la première fois qu'on avance - et après renverse le jeu pour Trihn-Duc :


La défense est bien en place sur la largeur alors celui-ci renvoi la passe dans le fermé. Une première percussion de van der Merwe, puis une deuxième de Gorgodze, puis une troisième de Gill - heureusement que nos avants sont forts à l'impact, on avance. Puis Tilous-Borde se faufile dans un trou de souris, il est arrêté à 15m de l'en-but. Chiocci (1) sort le ballon :


Et il le sort comme un vrai 9, vers son demi d'ouverture, Trihn-Duc (10), vers l'extérieur où il y a un surnombre. Plutôt mal négocié par Halfpenny (15), Ollivon (8) est plaqué. Alors notre demi de mêlée sort de nouveau... pour un gros, Taofifénua (5) qui avance jusqu'aux 5m :


Tilous-Borde joue dans le fermé sur O'Connor (13), il ne faut surtout pas ouvrir au large. Un autre point de fixation et il sort le ballon pour... une percussion de Gorgodze et après le ballon est perdu à 5m de la ligne. Voilà un exemple-type d'une longue attaque construite des toulonnais pendant ce match. Onze phases de jeu, pendant lesquelles notre 9 a sorti dix fois le ballon : deux fois pour le 10, deux fois pour des centres, une fois pour lui-même et cinq fois pour les avants (dont trois fois pour Gorgodze).

On retiendra la victoire. Quant à la qualité du jeu offensif, on ne peut qu'espérer que l'arrivée de Mike Ford changera quelque chose...