dimanche 17 décembre 2017

ASSE - Monaco, 0-4

Avec de la rage


Les matchs se suivent et se ressemblent pour l'ASSE qui enchaîne les larges défaites et les signes de révolte se font de plus en plus rares.

Le match a très bien été résumé par l'entraîneur adverse : "L'adversaire ne nous a pas beaucoup contrarié dans notre jeu, je m'attendais à plus d'opposition. Depuis 4 ans que nous venons jouer ici, je connaissais un stade plein, une ambiance magnifique, une équipe avec de la rage. Aujourd'hui c'était évidemment plus tranquille, et nous avons su en profiter."

Une analyse juste, mais qui fait très mal. Si la différence de niveau entre les équipes est évidente, même à l'époque quand l'ASSE jouait mieux, il n'y pas eu match vendredi soir. Le staff stéphanois a aligné un 4-2-3-1 avec des intentions assez offensives, un triangle pointe haute au milieu avec Pajot, Hernani et Cabella. Mais les Verts n'ont pas eu la possibilité d'emballer le match, se faisant marcher dessus dès son entame. Les stats parfois disent plus que les images : sur les 12 premières minutes, 66% de possession pour Monaco, qui a tiré 7 fois - aucun tir pour l'ASSE. Surtout, les Monégasques ont touché 6 ballons dans la surface adverse, contre 0 pour les Verts... qui ont touché un seul ballon dans les 40m adverses !

Un but encaissé rapidement, puis un deuxième à la demi-heure de jeu, le match était plié. Et pourtant, il y a encore du caractère dans cette équipe de l'ASSE. Les joueurs sont sortis des vestiaires complètement transformés et on a pu assister à un début de 2e période totalement différent : 62% de possession pour les Verts, plusieurs ballons dans et aux abords de la surface adverse, des dégagements en catastrophe des Monégasques... quelques minutes de révolte Stéphanoise qui méritent être revues.

Juste après la reprise du jeu, Hernani récupère un ballon au centre du terrain. Il joue en retrait avec Gabriel Silva...


... et via MBengue et KTC, le ballon arrive à Ruffier, qui joue long :


Sur cette image on remarque le (4-)4-2 Monégasque et le 4-3-(3) Stéphanois, avec un Hernani pointe basse qui demande le ballon, sans être servi. C'est Pajot qui est recherché par son gardien, il gagne son duel de la tête, mais un défenseur adverse dégage en touche.


Maïga effectue la remise en jeu pour Vagner, qui remet en retrait à Cabella, qui donne à Hernani...


... qui change de côté via MBengue jusqu'à Gabriel Silva. Sur cette image on remarque que Monaco est passé dans un 4-1-4-1, avec un milieu axial entre les lignes, au marquage de Cabella. Silva redonne le ballon à Hernani...


... qui cherche avec un long ballon un des trois attaquants Stéphanois. C'est Diony qui gagne le duel, en sortant du marquage et en lançant Maïga dans son couloir. Le milieu improvisé latéral peut centrer ...


... et ses coéquipiers sont présents dans la surface, Cabella, KMP et Vagner étant en 3-contre-3 avec les défenseur (un 4e étant sorti avec Diony). C'est KMP qui reprend de la tête le centre, mais pris entre deux défenseur il n'arrive pas à cadrer.

La remise en jeu est longue, Pajot gagne le duel aérien et le ballon arrive à Ruffier :


Un autre jeu long se prépare. Hernani descend chercher le ballon, Cabella se met dans la défense adverse positionnée haut, mais c'est Pajot qui est cherché par la longue passe du gardien. Il gagne de nouveau son duel...


... et il dévie jusqu'à Diony, qui lui remet en première intention. Sous le pressing adverse, Pajot joue en retrait avec KTC, qui joue en retrait...


... avec Ruffier, qui passe à MBengue. L'ASM est de nouveau en 4-4-2, MBengue joue long pour un appel en profondeur de Diony, un défenseur met le ballon en touche.


La touche est très vite jouée par Gabriel Silva pour Hernani, qui combine avec Cabella...


... avant de chercher Vagner sur le côté opposé. Le jeune ailier Stéphanois anticipe mal la trajectoire du ballon qui est facilement gagné par le défenseur latéral...


... qui se plante complètement sur sa remise, donnant à Vagner un super ballon. Malheureusement, avant qu'il puisse armer sa frappe, il est rattrapé par un adversaire.

Le jeu devient un peu plus haché et il est même interrompu pour une blessure de Pajot, victime d'une semelle sur la cheville. Comme les Monégasques avaient mis le ballon en touche, MBengue leur rend la possession :


Cabella entame une longue course pour presser le défenseur, puis le gardien adverse, qui est obligé de jouer long...


... et le ballon est bien sûr gagné de la tête par Pajot. Sa remise est imprécise et se dirige vers un adversaire, mais Hernani surgit et lui pique le ballon...


... avant de lancer Diony en profondeur. L'avant-centre excentré lève la tête avant de centrer :


Il cherche Cabella dans la surface, mais le meneur de jeu laisse passer le ballon pour KMP dans son dos. Malheureusement l'ailier est encore loin et finalement la défense se dégage en catastrophe.

Une minute plus tard, contre Monégasque qui donne un face-à-face remporté par le gardien Stéphanois, qui dévie au dessus de la transversale. Les Verts encaissent un troisième but suite à ce corner, Ruffier va murmurer à l'oreille de l'arbitre assistant et prend un rouge - fin de la révolte Verte et du match.


Conclusions


Les dirigeants de l'ASSE pensent que tout changera grâce au mercato qui commence dans deux semaines. Peut-être, mais il faudra d'abord réussir ce mercato, ce qui n'est jamais évident, surtout si on regarde les derniers des Verts. Mais les 3-4 recrues et les 4-5 départs ne pourront pas tout changer, il faudra aussi soigner les bobos dans l'effectif actuel. Et il ne s'agit pas seulement de l'infirmerie, mais de cette crise de confiance, de ce moral qui se trouve au plus bas, au point de ne plus avoir envie de se battre. La trêve fera du bien à la tête, le stage en Espagne aussi. Surtout, un bon résultat lors du dernier match avant les mini-vacances sera un coup de pouce énorme dans cette quête de confiance.

mardi 12 décembre 2017

Marseille - ASSE, 3-0

L'autre résumé


Une fois n'est pas coutume, on ne s'intéresse pas à des questions purement tactiques dans cette analyse du dernier match des Verts.

Il est difficile de parler tactique quand des joueurs sont si perdus sur le terrain comme les Stéphanois l'ont été à Marseille. Alors on se retourne vers l'essence même de cette rubrique qui s'appelle "l'autre résumé" : proposer un résumé du match différent de ceux qu'on voit à la télé. L'idée est donc de trouver un extrait du match qui résume au mieux le rapport des forces et le déroulement de la partie.

L'exemple pris commence à la 13e avec une attaque Marseillaise côté gauche. Leur milieu offensif se défait de Janko et il est pris par Selnaes, dans son rôle de sentinelle :


Son centre est repoussé par Pogba, jusqu'à KMP et l'ASSE a la possibilité de partir en contre :


KMP remet dans une touche de balle à Dabo et fait un appel, de même que Pajot et Bamba - on ne peut pas reprocher aux joueurs de ne pas en vouloir. Sauf que Dabo prend du temps et avec ces trois options qui lui sont proposées vers l'avant...


... il rate sa passe, interceptée par un milieu central, qui lance tout de suite l'autre milieu et le ballon arrive de nouveau au "10" adverse sur le côté gauche de l'OM.  


Le centre est de nouveau repoussé par la défense centrale, loin devant en cherchant Diony :


Malheureusement l'attaquant Stéphanois est tout seul est n'a aucune chance entre les deux centraux adverses. Les Marseillais posent le ballon et cherchent à reconstruire proprement, avec les 4 défenseurs et les deux milieux axiaux : 


Le bloc Stéphanois est assez visible sur cette image, avec Selnaes devant la défense, Diony seul devant pour presser les défenseurs et une ligne de 4... un peu cassée par le marquage individuel que Dabo fait au milieu axial organisateur du jeu. Le jeu est envoyé d'abord sur un côté...


... puis sur l'autre, avec des passes précises dans les pieds. Il est plutôt simple pour les Marseillais de faire circuler le ballon, ils placent 6 joueurs en dehors du bloc Stéphanois, seulement Diony faisant un pressing et Dabo surveillant de près un milieu (ce qui ne l'empêche pas de participer au jeu). A noter que si le milieu offensif de l'OM cherche à proposer une solution, Selnaes le suis de près. 


De la gauche vers la droite et de nouveau vers la gauche, la possession est Marseillaise, mais aucun décalage n'est fait, le bloc des Verts coulisse bien. Diony ne court pas, il se replace presque en marchant - son pressing manque clairement de conviction. De toute façon, tout seul il ne peut pas faire grande chose. Sauf qu'en coulissant d'un côté à l'autre, la ligne des milieux de l'ASSE recule :


Les deux systèmes de jeu (4-1-4-1 vs 4-2-3-1) sont très explicites sur cette image - on peut aussi voir Dabo bien replié, sans faire de marquage individuel comme avant, et Diony qui ne peut pas couper les circuits de passe. Et l'attaque que l'OM a préparé tranquillement dans sa moitié est enfin déclenchée :


Dabo sort sur les milieux adverses, mais trop tard (et tout seul contre deux). Le milieu offensif se place dans la zone libérée, ce qui aspire Selnaes. Un ailier décroche dans la zone de Pajot, ce qui aspire RPG aussi et dans deux passes toutes simples le décalage est créé dans le dos de RPG et KMP, là où le latéral droit adverse fait un appel. 


Son centre est repoussé de nouveau par la défense centrale, mais récupéré de suite et maintenant c'est l'ailier droit, pas le latéral qui est lancé en profondeur. Son centre (le 4e depuis le début de l'action) est capté par Ruffier.

Le gardien Stéphanois prend son temps avant de dégager - 13 secondes ! - pour permettre à son équipe de souffler et de monter haut. Par contre, son long ballon est facilement contrôlé par un défenseur central... 


... qui s'écarte (en dribblant Diony !) et qui change de côté via son gardien. Maintenant les Verts ont fait le choix d'un pressing haut, pas d'un bloc dans leur moitié :


KMP sur le latéral, RPG sur l'ailier, Dabo sur le même axial qu'avant, Pajot et Selnaes pas loin des autres milieux, Diony et Bamba coupant les possibilités de sortie de ce coin du terrain. Chose que les Marseillais n'essayent même pas : le latéral s'appuie sur l'ailier avant de faire un appel, le ballon circule entre l'ailier, le milieu et le défenseur central. Ce jeu dans un petit périmètre est risqué...


... et Selnaes arrive même à déposséder le latéral adverse, mais le ballon finit dans les pieds d'un milieu, qui lance tout de suite ses coéquipiers en profondeur, dans le dos des Stéphanois.


Heureusement, Pogba est le premier sur le ballon et il joue en retrait avec Ruffier - les quatre offensifs Marseillais avaient suivi, mais pas les Verts - il y avait seulement les trois défenseurs qui ne faisaient pas de pressing. D'ailleurs, on ne voit que Selnaes et RPG en train de revenir. Ruffier joue long et trouve Pajot...


... mais sa remise en retrait pour Pogba est imprécise. Sur cette image on remarque que Janko suit de près son adversaire direct, que Selnaes s'était replacé au marquage du milieu offensif, mais pas RPG, qui revient en marchant. La passe de Pajot remet donc les adversaires en position d'attaque :


RPG est toujours loin, l'ailier de l'OM est pris par Pajot qui cherche à se rattraper. Chaque adversaire est surveillé par un Stéphanois, mais ça ne suffit pas. L'avant-centre fait un appel au 2e poteau (suivi par KTC), l'ailier fait l'appel complémentaire au premier (suivi avec un peu de retard par Janko). Il arrive ainsi à couper le centre et Ruffier réalise un magnifique arrêt sur la ligne, repoussant le ballon dans les pieds de l'avant-centre (hors-jeu)... pour faire un autre arrêt dans la foulée.


Sur cette action de plus de deux minutes, les Verts ont touché le ballon... 10 fois, à chaque fois pour chercher à se dégager - ils ont enchaîné deux passes une seule fois, pour une des deux pertes de balle dans leurs 30m. Le plan défensif a marché tant que l'OM n'a pas trop accéléré et dès que les Stéphanois ont essayé autre chose (comme un pressing haut), ils se sont mis en danger et c'est Ruffier qui les a sauvé. Le résumé du match dans une action... 

lundi 11 décembre 2017

RCT - Bath, 24-20 (Nonu, Mathewson, Belleau)

L'avant-match


Après un mois de novembre désastreux (trois défaites en trois matchs), le mois de décembre a bien commencé pour le RCT avec la victoire nette contre Lyon. Il est temps de confirmer ce renouveau lors de la double confrontation européenne contre Bath. Même s'il y a toujours quelques absents, l'équipe Toulonnaise a vraiment de la gueule et tout autre résultat que la victoire serait décevant. 

Le match...


... commence avec une domination anglaise sans appel, les Toulonnais ne touchent aucun ballon dans les 40m adverses pendant le premier quart d'heure. Plusieurs, en-avants, des pénalités concédées en mêlée et au sol, des touches pas trouvées et des plaquages ratés et Bath mène 10-0 à la 14e. La suite n'est pas mieux, même si le RCT commence à garder le ballon et à construire. Une première remontée du terrain à la 23e ne donne rien (en-avant sur la touche qui suit), mais la suivante se conclut par l'essai de Nonu : pénalité récupérée au sol dans ses 22m après une touche adverse, touche sur les 40m, nouvelle pénalité, touche sur les 25m adverses, long temps de jeu en balayant gauche-droite-gauche et essai au bout.

Menés 7-13 à la pause, les Toulonnais reviennent avec des meilleures intentions. Après une autre touche sur les 25m adverses et un autre long temps de jeu, ils campent dans les 5m des Anglais en les mettant à la faute trois fois : une fois joué vite, deux fois le choix de la mêlée, avec l'essai de Mathewson au bout. Pour la première fois le RCT passe devant au score, mais pas pour longtemps, à la 57e un incroyable enchaînement de mauvais choix de Tuisova (touche jouée vite n'importe comment) et de Ashton (dégagement de son en-but complètement raté) offre un essai à Bath. Dans le dernier quart d'heure, les Toulonnais sont menés de 3 points, mais ils n'arrive pas à garder le ballon et jouer dans le camps adverse. Jusqu'à la 71e, quand après un turnover ils remontent le terrain, échouent sur la ligne d'essai, mais enchaînent les temps de jeu suite à la mêlée à 5m jusqu'à l'inspiration de Belleau (plus bas) et le 3e essai du RCT.

L'action


On joue la 71e et les Toulonnais, menés de 3 points, sont privés de ballon, les Anglais enchaînant les temps de jeu dans les 22m du RCT :


Mais sur une passe devant la défense, Isa (7) surgit et traverse une moitié du terrain avant d'être plaqué :


Il passe après contact à Nonu (12), qui est aussi mis au sol. Radradra (11) sort le ballon, est plaqué aussi et Ashton (15) joue le rôle de demi de mêlée...


... qui sert Bastareaud (13). Le capitaine du RCT contourne tout le bloc, fixe le dernier défenseur et passe dans le couloir à Trihn-Duc (10) qui sprinte vers l'essai. Il est attrapé sur les 5m de Bath, Ashton ramasse le ballon, mais n'arrive pas à aplatir sur la ligne :


Après arbitrage vidéo, les Toulonnais bénéficient d'une mêlée à 5 - les joueurs profitent pour souffler, le RCT change son demi d'ouverture et prépare une attaque :


Malheureusement les trois-quarts ne sont pas servis, Vermeulen (8) est plaqué après avoir sorti le ballon de la mêlée et il faut construire. Ce que les Toulonnais font sans trop d'imagination : 8 temps de jeu à 0 passes dans les 5m adverses, sans réussir à franchir la ligne...


... et ils perdent le ballon. Heureusement le dégagement Anglais ne sort pas en touche, il est capté par Ashton (15), qui combine avec Radradra (11) - les un-deux entre ces deux joueurs deviennent un classique. Finalement l'arrière est plaqué à 10m de l'en-but et le RCT reconstruit une attaque...


... avec des avants et un jeu à 0 ou 1 passes, 7 temps de jeu cette fois-ci. Chiocci (1) est celui qui avance le plus, il est difficilement arrêté sur la ligne, entre les poteaux. Les trois-quarts attendent le ballon, mais ils ne sont pas si bien disposés sur la largeur.

Deux autres temps de jeu plus tard, on est toujours entre les poteaux, mais l'attaque est prête :


Les 4 défenseurs glissent, Belleau (10) en profite pour passer entre deux avec un joli coup de pied à suivre pour lui-même. Et à 4 minutes de la fin (3 après la transformation), le RCT passe de nouveau devant au score.

La suite


Le hasard fait bien les choses, la double confrontation européenne de décembre a pour but de décider la première place du groupe. Et après la victoire du premier match, il y a un peu moins de pression pour le match retour dans une semaine. Une victoire et même une défaite à moins de 4 points d'écart et cette première place est à la portée des Toulonnais. Une défaite plus large, par contre, les obligerait de gagner chez les Scarlets lors de la dernière journée pour se qualifier en tant que meilleurs deuxièmes.

mardi 5 décembre 2017

ASSE - Nantes, 1-1 (Pajot)

A deux visages


Retour sur les deux périodes du match contre Nantes, très différentes tactiquement.

Pour le 4e match après le départ de Garcia, le nouveau staff technique des Verts a utilisé un 4e système technique différent. Après un 4-4-1-1 avec Dabo en soutien de l'avant-centre, après un 4-2-3-1 avec Hernani en meneur de jeu et après un pari de solidité raté dans un 5-3-2, l'ASSE a joué contre Nantes dans un 4-1-4-1 assez classique :


Et comme les adversaires ont utilisé le même 4-1-4-1 en première période, ce match permet de mettre en évidence que la tactique et le plan de jeu ne se résument pas au système. Du côté de Nantes, le bloc était assez haut pour empêcher les relances Stéphanoises, pendant que du côté des Verts un positionnement assez spécial des latéraux et milieux relayeurs permettait de déjouer la tactique adverse.

La première période


L'ASSE a eu la possession du ballon en début du match, jusqu'à l'ouverture du score, 56%, et a abusé des passes longues qui sautaient le milieu Nantais, plus que dans ses autres matchs cette saison. Mais pour mieux comprendre comment les Verts ont utilisé le ballon quand ils l'avaient, prenons un exemple à la 12e :


Ruffier donne le ballon à Perrin, puis à KTC, en cherchant une solution de relance propre. Sur cette image on voit bien le (4-)1-4-1 de Nantes, en bloc équipe assez haut, et le 4-3-3 spécial des Stéphanois. Si le triangle au milieu Selnaes-Dabo-Pajot est visible (même si un peu à plat), ce qui est surprenant est qu'il est très bas. C'est normal pour la sentinelle de descendre entre les deux défenseurs centraux qui s'écartent, pour assurer une relance, mais en général les relayeurs sont plus haut. Pour l'ASSE de cette première période, ce positionnement est la règle : les relayeurs sont bas et ce sont les latéraux qui sont plus haut sur le terrain.


KTC joue avec Dabo, qui remet en retrait à Ruffier. Le bloc Nantais reste très haut : ce n'est pas un pressing haut proprement dit, l'avant-centre et les 4 milieux se préoccupent plus d'empêcher les passes que de récupérer le ballon. Quant à la sentinelle adverse, elle est au marquage de l'arbitre, aucun Stéphanois n'étant présent dans l'axe dans le dos de la ligne des milieux. Les Verts continuent à se faire des passes dans leurs 30m :


Ruffier - Perrin - Selnaes - KTC - Ruffier de nouveau, il n'y a pas de solution pour sortir proprement de son camp. Ce qui est à la fois la faute du bon positionnement du bloc Nantais, mais aussi la conséquence logique de placer les 3 milieux axiaux plus bas. Donc finalement Ruffier décide de jouer long :


Les Verts n'avaient aligné aucun attaquant à l'aise dans le jeu de tête, mais il y avait 2 milieux relayeurs assez bons dans cet exercice... sauf qu'ils jouaient en retrait. Alors les passes longues sont à destination des latéraux, placés beaucoup plus haut que leurs milieux :


La sentinelle adverse est toujours au marquage de l'arbitre entre les lignes, aucun autre joueur ne s'y trouve. Le positionnement haut des milieux adverses ne leur sert à rien, on a décidé de passer au-dessus. Et le positionnement intelligent de MBengue et Janko, à mi-distance entre les deux lignes adverses (mais excentrés, pas dans la zone de la sentinelle) leur permet de recevoir le ballon et le contrôler avant d'être pris par un adversaire. Dans ce cas, MBengue a le temps de faire un amorti de la poitrine, se retourner et chercher par une passe Diony, qui dévie en première intention dans la course de KMP, qui avait fait un appel dans le dos du latéral monté chercher le latéral Stéphanois.

Cette action ne donne rien par la suite, mais c'est un des nombreux exemples de ce jeu proposé par l'ASSE en 1MT : avec des relayeurs qui descendent et des latéraux qui montent, des longs ballons dans la zone entre les lignes adverses, mais sur les côtés, pas dans l'axe totalement abandonné. Et quand le ballon est gardé un peu dans le camp adverse, des attaquants (Bamba, Diony) décrochent et/ou des relayeurs montent enfin pour occuper le centre de cet espace entre les lignes, déserté initialement.

La deuxième période


Nantes a effectué un double changement de joueurs à la pause et a passé dans un 4-4-2 visible dès les premières secondes :


Sur la remise en jeu, les Verts font un pressing haut, le ballon est âprement disputé, Janko finit par le récupérer et le ressort dans l'axe vers Dabo. Le milieu Stéphanois tergiverse, sa passe en retrait est interceptée, Selnaes récupère, sa passe vers Diony est interceptée, ça bataille dur pour la possession au centre du terrain :


Les Nantais échangent deux passes pour se donner le temps de se remettre en place, très disciplinés tactiquement...


... et choisissent le jeu long. Un des deux avant-centres fait un appel excentré en profondeur et le milieu latéral de ce côté fait le même appel. Et donc même si KTC gagne son duel aérien...


... il y a un 2e adversaire pour récupérer le ballon. Sur cette image on voit bien qu'il y a seulement 3 Nantais pour les 4 défenseurs Stéphanois accompagnés de Selnaes en sentinelle - tous les autres adversaires sont loin. Mais ils n'ont pas besoin d'être nombreux pour être dangereux, Janko sur le milieu et Perrin et MBengue sur l'autre avant-centre ne sont pas assez agressifs pour les empêcher de combiner et heureusement KTC arrive à contrer en extremis le tir adverse.

Si le changement de système de Nantes a eu une influence sur la rencontre, la grosse différence entre les deux mi-temps a été dans l'attitude. Les Nantais ont confisqué le ballon entre le retour sur le terrain et l'ouverture du score (70%) - la sortie sur blessure de Perrin n'a pas d'influence, la possession adverse était même de 74% entre la pause et ce changement... On a donc subi les assauts des Canaris et le double coup sortie du capitaine et but encaissé a plongé les joueurs Stéphanois dans leurs doutes - la chance, les arbitres et la maladresse adverse leur permettant de tenir le match nul.


Conclusions


Si le match précédent a été très mal abordé tactiquement, la correction à la pause intervenant trop tard, ce match a été l'inverse. Les Verts ont gagné tactiquement (et au score) la 1MT, mais ils n'ont pas su s'adapter au changement adverse après la pause. Pire, ils ont de nouveau sombré psychologiquement. Ce gros doute qui s'est installé dans leurs têtes sera très pénalisant, surtout contre des équipes encore plus fortes, contre qui sera encore plus difficile de prendre le dessus tactiquement.

lundi 4 décembre 2017

RCT - Lyon, 39-11 (Bastareaud, Ashton x2, Chiocci, Pietersen)

L'avant-match


Ça y est, les matchs amicaux sont finis et les internationaux sont de retour. Pas tous, parce que certains ont une semaine de vacances (d'autres l'auront probablement avant Noël), d'autres sont blessés (Taofifénua) ou sont trop fatigués pour être titulaires (Guirado). Mais le retour de certains cadres comme Vermeulen ou Bastareaud, des deux demis d'ouverture Trihn-Duc et Belleau et du puncheur Tuisova devrait faire du bien aux Toulonnais. Et ils en ont besoin, cette réception de Lyon a tout pour un tournant de la saison : une victoire nette contre le 3e du classement et c'est le match référence, une 2e défaite consécutive à domicile, une 4e consécutive en Top 14, et c'est la crise assurée.

Le match...


... commence avec des longues phase de jeu, majoritairement Lyonnaises, mais aucune équipe n'arrive à avancer, à casser la ligne d'avantage. Les Toulonnais ratent quelques lancés, offrant des pénalités (et donc 6 points pour Lyon), mais ça peut tourner dans leur faveur : un en-avant sur leur touche à la 8e sur les 5m adverses donne une mêlée aux Lyonnais, pénalisés par un coup-franc, à la suite duquel Bastareaud marque le premier essai. Entre la 20e et la 30e, la domination du RCT commence à s'accentuer, mais sans être concrétisée, malgré des longues phases de jeu dans les 22m adverses après des turnovers. Finalement la solution vient suite à la conquête en mêlée et un essai d'Ashton en première main, mais d'autres attaques méritaient d'aller jusqu'au bout (voire plus bas).

Avec un pénalité juste avant et juste après la pause, le RCT creuse l'écart à 20-6 et continue à dominer son adversaire. Un nouvel essai d'Ashton après une touche et une longue attaque large-large donne le bonus offensif temporairement. Les mêlées sont chahutées, double-jaune pour les piliers, mais les Toulonnais choisissent cette option à la 70e quand ils ont une pénalité sur les 10m adverses. Et Chiocci marque un essai en force, suivi enfin d'une exploitation complète d'un turnover et le dernier essai du RCT par Pietersen à la 75e. 

L'action


On joue la 35e minute et Ashton vient de marquer son premier essai. La remise en jeu cible Tuisova (14) qui capte bien le ballon :


Il rebondit sur 2 adversaires avant de servir dans la course Manoa (5)...


... qui passe après contact pour Etrillard (2), qui avance jusqu'à la ligne de 40m. Mathewson (9) sort vite le ballon pour Trihn-Duc (10), qui le porte un peu...


... avant de servir Bastareaud (12) plus loin. La défense ne peut pas glisser en étant fixée par Lobbé (7) et Vermeulen (8), alors Bastareaud profite et avance jusqu'à la ligne de 50m :


La libération est de nouveau très rapide, Mathewson (9) sert van der Merwe (3), qui donne à Lakafia (6)...


... qui passe après contact à son demi de mêlée, qui envoie encore plus loin au large à ses deux deuxièmes lignes :


Kruger (4) lance Manoa (5), qui arrive à franchir sur 20m. Une nouvelle libération rapide de Mathewson...


... qui sert Lakafia, qui attire le défenseur avant de passer en arrière à Trihn-Duc (10) qui profite de la porte créée pour percer sur 30m :

Il attire les 3 derniers défenseurs, mais on lui tape sur les bras au moment de faire la dernière passe pour Radradra (11) qui n'avait plus qu'à courir et aplatir  Dommage, parce que c'était une merveille d'action de seulement 37 secondes, avec 60m remontés en 3 temps de jeu et 11 passes.


La suite


La période trouble du mois de novembre, avec ses doublons et ses internationaux absents ou au repos est enfin derrière nous. Elle a été particulièrement difficile pour le RCT, qui s'est rassuré à domicile en dominant largement Lyon - un match référence (qui ne permet pas de revenir dans les 6 premiers), c'est exactement ce qu'il fallait avant la double rencontre de Coupe d'Europe contre Bath, une équipe qui vient de perdre sur le terrain du leader Exeter, en marquant quand-même 4 essais dans le dernier quart d'heure. Ils restent 4e du championnat anglais, avec 6 victoires et 4 défaites, mais il ne faut pas oublier, ils sont à égalité avec le RCT dans la poule 5 de la Champions Cup, 2 victoires en 2 matchs chacune. Cette double confrontation décidera le vainqueur de cette poule...