mercredi 9 novembre 2016

Mercato 2017 (1)

Situation contractuelle à l'été 2017

  • retours de prêt :
    • Bamba, Saint-Louis, Maupay
  • fins de prêt :
    • Saivet, Veretout
  • départs en fin de contrat :
    • Corgnet
  • fin de contrat en 2018 :
    • Clément, Perrin, KMP, Lemoine, KTC, Roux, Hamouma, Pogba, Ruffier, Maisonnial
    • Bamba, Saint-Louis
De quoi les mercatos suivants (et surtout celui de l'été) seront faits, ça dépend de beaucoup des facteurs, qualification européenne ou non, coach et/ou système et surtout des offres qu'on peut recevoir pour certains de nos joueurs qui voudront partir pour des salaires plus élevés. A l'heure actuelle, je dirais qu'il y a des grandes chances d'être attaqués sur : Malcuit, Selnaes, Beric, Ruffier



Autrement dit, poste par poste, le chantier que je vois :

Gardien
  • soit on prolonge Ruffier, soit on le vend (en supposant qu'on sera attaqués à ce poste)
  • avec l'argent reçu on peut prendre un goal prometteur, mais on peut promouvoir Moulin pour un ou deux ans avant de passer le relay à Maisonnial (à prolonger dans ce cas) ou Guendouz 
Défenseurs
  • on peut soit vendre Pogba, soit le prolonger - dans le premier cas, il faut le remplacer par un "jeune Perrin"
  • probablement on va prolonger Perrin et KTC (qui sera replacé dans l'axe), créant de la place à droite pour Malcuit titulaire (si on n'est pas trop attaqués) et RPG
Avant-centres 
  • faire la place pour Maupay soit en changeant de système, soit en vendant un ou deux des autres
  • qui on vend, ça dépend des offres : c'est sur Beric qu'on risque d'être attaqués s'il continue à être très efficace, pas sur Söderlund. Et on prolonge ou vend Roux en fonction de ça
Ailiers
  • faire la place pour Bamba et Saint-Louis (prolongés), ou au moins un d'entre eux
  • qui on vend, ça dépend des offres - je ne crois pas qu'on sera attaqués sur Tannane s'il continue comme ça, ça sera probablement un des Hamouma et KMP - et l'autre sera prolongé
Milieux
  • c'est le gros chantier, tout dépend des départs, à mon avis les seuls qui resteront sûrement sont Dabo et Pajot - on espère tous pouvoir garder Selnaes et signer un des Veretout ou Saivet
  • Corgnet partira libre sûrement, Clément partira probablement aussi, Lemoine - tout dépend de lui, je crois
  • Comme on n'a pas de jeune qui s'impose, c'est là qu'on devra investir - surtout si on nous propose une somme indécente pour Selnaes

4-4-2 et départ de Selnaes

R - Malcuit, Lacroix, Perrin, Polomat - Bamba, Dabo, V, Tannane - Beric, Maupay

Moulin - RPG, KTC, P, MBengue - H, L, Pajot, SL - Roux, Soderlund

R = Ruffier ou son remplaçant
V = Veretout ou un nouveau joueur
P = Pogba ou son remplaçant
L = Lemoine ou son remplaçant
H = Hamouma ou KMP ou un remplaçant
SL = Saint-Louis ou KMP

Dans le cas de nombreux départs, les postes de gardien et défenseur sont auto-financés. L'argent pris pour Selnaes, plus pour Lemoine, Clément, Hamouma et KMP (ou Saint-Louis) nous permet de prendre un très bon milieu (V), un remplaçant pour lui (L) et un bon ailier (H).

4-3-3 et pas de départ de Selnaes

R - Malcuit, Lacroix, Perrin, Polomat - Selnaes, Dabo, V - Bamba, B, Tannane

Moulin - RPG, KTC, P, MBengue - S, L, Pajot - H, Maupay, SL

R = Ruffier ou son remplaçant
V = Veretout ou un nouveau joueur
B = Beric ou Söderlund
P = Pogba ou son remplaçant
L = Lemoine ou son remplaçant
S = un jeune pour entrer dans la rotation au milieu (à la place de Saivet)
H = Hamouma ou KMP
SL = Saint-Louis ou Roux

Dans le cas de nombreux départs, les postes de gardien et défenseur sont auto-financés. Il faudra trancher entre Hamouma et KMP, Saint-Louis et Roux et Beric et Söderlund. L'argent pris pour la vente des trois doit être utilisé pour trois milieux axiaux : un très bon titulaire (V), un jeune dans la rotation pour Selnaes (S) et l'éventuel remplaçant de Lemoine (L). Autrement dit, il faudra une vente importante (genre Beric vers l'Angleterre) ou un investissement conséquent. 

Metz - ASSE, 0-0

Vas-y, Théo !


Pendant le match à Metz, on pouvait entendre ce genre d'encouragement venant du banc pour les montées de Kevin Théophile-Catherine (KTC pour les connaisseurs) - ces montées dans le couloir droit étaient essentielles pour l'animation offensive Stéphanoise. 


Après un long déplacement en Coupe d'Europe, pour le troisième match de la semaine, une legère rotation a été mise en place pour amener de la fraîcheur dans le jeu, dans l'espoir d'un bon résultat en Lorraine. KTC a été ainsi titularisé en tant que latéral droit, chose assez rare pour être mentionnée, c'est seulement la 2ème fois depuis fin août que ça arrive, la faute à sa polyvalence (il a souvent dépanné dans l'axe et même à gauche une fois), aux blessures et à la grosse forme de Malcuit.

Le match


Mais avant d'analyser son rôle dans l'animation offensive des Verts, il faut expliquer un peu le contexte du match. L'équipe à domicile a essayé d'emballer le match d'entrée, avec un pressing agressif, une bonne possession de ballon et plusieurs situations chaudes dans notre surfaces, des mains pas sifflées, des corners et même un but refusé pour un hors-jeu - décision correcte, mais pas facile à comprendre. Ça a duré un bon quart d'heure, mais les Verts ont laissé passer l'orage, on repris le contrôle du ballon et du match et ont commencé a copieusement dominer les Grenats. Ainsi, entre la 16ème et la 35ème, on a eu la possession (63%) et on a tiré 4 fois - nos adversaires ne faisant aucun tir. Certes, aucun de ces 4 tirs n'a été cadré et celui de Pajot à la 15ème est compté comme un tir bloqué dans les stats même si c'est plus un contrôle raté. Mais on s'est quand-même créé plusieurs situations et les deux tirs dans le jeu de Nordin à la 19ème et KTC à la 26ème sont les seuls tirs Stéphanois dans le jeu (pas sur CPA) de tout le match. C'était notre temps fort et ça a été brusquement fini avec l'expulsion de Tannane à la 36ème pour "une erreur de jeunesse".

Parce que par la suite, à 10 contre 11, à l'extérieur contre une équipe en grand besoin des points, on a préféré d'assurer le 0-0. On est passé dans un 4-4-1, avec deux lignes de 4 bien serrées, abandonnant l'avant-centre et espérant quelque-chose sur un coup de pied arrêté :


Pour essayer de positiver, on s’intéressera plutôt au temps fort des Stéphanois et à leurs attaques bien construites et non au bloc défensif efficace qu'ils ont mis en place en deuxième période.

Théo centre...


Pour illustrer donc les attaques Stéphanoises entre la 16ème (après l'entame de match Messine) et la 35ème (et le fait de jeu qui a tout changé), deux exemples. Le premier à la 20ème, avec une relance de Ruffier qui cherche directement Veretout - un peu risqué de relancer plein axe, mais le pressing Messin est inexistant. Le ballon est envoyé plus loin jusqu'à Saivet et le premier rideau adverse est ainsi dépassé  :


Sur la capture suivante, on voit bien les deux lignes de 4 de Metz, ainsi que l'appel classique de Tannane, de son côté vers l'axe, qui aspire parfaitement le latéral (BAE) et qui libère ainsi le couloir pour KTC :


Celui ci ne s'engouffre pas dans son couloir, il préfère combiner avec Saivet, qui subit une faute. Le coup franc envoie le ballon sur l'autre côté et après une combinaison MBengue - Nordin, Pajot reçoit le ballon en retrait et une nouvelle attaque doit être construite :


On remarque de nouveau le positionnement en "10" de Tannane, ainsi que le grand espace autour de Saivet. Cependant, le ballon ne lui parvient pas, Pajot joue avec Veretout, en retrait pour Perrin, Lacroix, de nouveau Veretout, le premier rideau Messin est de nouveau dépassé :


Nous avons une supériorité au milieu, dans l'axe, on joue quasiment à 4 (comme dans un losange), l'adversaire a seulement deux milieux axiaux, donc les excentrés doivent aider, libérant les couloirs. Tannane étant placé entre les lignes et Roux se plaçant sur le "bon" défenseur central pour l'empêcher de monter, un milieu axial doit descendre (Cohade) - Pajot se projette dans l'espace laissé libre dans l'axe. Saivet reçoit le ballon, trouve Tannane entre les lignes, qui joue sur KTC, assez libre sur son côté :


Il est parfaitement placé pour un centre, mais Roux est quasiment tout seul dans la surface, pris entre les deux centraux. Tannane fait un appel dans le couloir, Nordin vient de son côté et Pajot du milieu, mais ils sont encore loin et sont tous les deux suivis. Le centre pour Roux est mal repoussé, mais arrive quand-même à Nordin, qui essaye une reprise acrobatique (comptée comme un tir dans les stats, le premier pour les Verts dans le jeu, de la surface).

... et Théo tire


Un autre exemple, à la 26ème, une attaque construite de nouveau à partir de Ruffier, qui joue avec Lacroix. On note sur la capture suivante le parfait exemple de "triangle pointe basse" du milieu stéphanois :


Lacroix envoie un long ballon devant, très précis, sur la tête de Roux, qui avait décroché et qui n'était pas pris par les défenseurs, pour une remise de la tête pour Tannane (venu à côté de Roux, dans l'axe). Le positionnement de Tannane aspire de nouveau le latéral (BAE), ce qui laisse un champ libre impressionnant pour Saivet. Malheureusement Tannane ne joue pas sur ce côté, mais en retrait pour Pajot :


Pajot joue pour la montée de KTC, mais c'est tard maintenant, le couloir est déjà bouché, les deux lignes de 4 Messins sont en place (avec le DL et DC interchangés suite à la montée de BAE sur Tannane). KTC combine avec Saivet (en position d'ailier, Tannane est en "10" faisant un appel entre les lignes pour une passe de Pajot), qui joue en arrière avec Lacroix pour repartir proprement :


Une nouvelle passe entre les deux avant-centre adverses pour les éliminer et Veretout reçoit le ballon et peut construire proprement :


Sauf qu'il ne va pas poser le jeu, il fera une merveille de passe en profondeur qui traverse entre les deux milieux axiaux...


... et entre deux défenseurs, pile dans la course de KTC...


... qui avait fait un magnifique appel. Il se retrouve ainsi dans le coin de la surface, avec la possibilité de remise dans l'axe pour l'appel de Roux ou de tirer. Il choisit la deuxième option, mais son tir n'est malheureusement pas cadré (le deuxième et dernier tir des Verts dans le jeu et de la surface).

Conclusions


Une fois le premier quart d'heure passé, les Verts ont pris le contrôle du match et ont proposé un jeu collectif très intéressant. L'efficacité offensive n'a toujours pas été au rendez-vous, mais qui sait ce qui se serait passé sans l'expulsion de Tannane. On était bien en place, et même si le schéma d'attaque est classique maintenant pour notre équipe (Tannane qui entre dans l'axe pour libérer le couloir), il semble fonctionner, le jeu de passe est fluide et précis, les décalages sont créés et trouvés. Malheureusement, il nous manque une dernière chose, une présence et des déplacements dans la surface pour bonifier les centres, ou des centres ou tirs plus précis. Bref, il nous manquait plus que la finition propre d'une de ces deux actions ci-dessus pour assister à une merveille de but collectif.

samedi 5 novembre 2016

Gabala - ASSE, 1-2 (Tannane, Beric)

Pressing et inefficacité offensive


Au delà du résultat positif, on peut aussi retenir du match à Bakou une facette du jeu Stéphanois peu en vue jusqu'à maintenant : un pressing haut et très agressif qui prive littéralement l'adversaire du ballon. Mais ce pressing, sert-il à quelque chose ?

Le premier quart d'heure


Ça n'a échappé à personne, contre Qabala les Verts ont produit un premier quart d'heure d'une très grande intensité. Très présents dans le jeu, récupérant le ballon dès qu'ils le perdait, ils n'ont pas laissé les adversaires respirer, même pas une seconde. Les chiffres parlent pour eux-même, 72% de possession dans les premiers 15 minutes, 4 tirs (2 cadrés), aucun pour l'adversaire. Mieux que ça, non seulement l'adversaire n'a pas tiré, mais il n'a quasiment pas sorti de sa propre moitié, comme illustré par cette image de whoscored.com :


En orange les touchers du ballon Azéris lors des premières 15 minutes, en bleu ceux des Stéphanois (qui attaquent de droite à gauche). A noter que tous les points orange dans notre moitié sont issus d'une seule action, dans la première minute, après ils n'ont plus touché le ballon dans notre moitié avant la 16ème minute.

Bref, une grosse domination, grâce à un pressing très haut, qui sera illustré plus bas. Mais ce genre de pressing nécessite une grosse débauche d'énergie, il ne peut pas être soutenu très long temps. Et donc graduellement les Verts ont levé le pied, ont été moins agressifs sur le porteur du ballon et ils ont ainsi permis à l'adversaire de prendre confiance et se montrer de plus en plus dangereux : 50% de possession Verte lors du quart d'heure suivant (2 tirs à 1 pour les Azéris) et seulement 42% de possession Verte lors du dernier quart d'heure avant la pause (6 tirs à 2 pour les Azéris).

Alors, quel est l'intérêt d'une telle débauche d'énergie pendant une période limitée, si après on subit le contre-coup physique ? La réponse tactique est simple : on tue le match lors d'un gros temps fort et après on gère tranquillement. Sauf qu'il y a un léger problème avec cette tactique : il faut pouvoir tuer le match, il faut marquer des buts. Parce que sinon, à la fin du temps fort, on n'est pas plus avancés, seulement plus fatigués.

Et contre Qabala, si les Verts ont été très présents dans les duels lors de ce premier quart d'heure, ils ne l'ont pas été dans la surface adverse. Sur l'image ci-dessus on voit clairement qu'on a pas trop joué à l'intérieur et aux abords de la surface. Et si c'est compréhensible vu que l'adversaire ne faisait que défendre, ça le devient quand on pense à la débauche d'énergie pour récupérer le ballon haut. Il y a des entraîneurs, comme Klopp, qui considèrent le pressing comme le meilleur meneur de jeu : on récupère le ballon haut, la défense n'est pas en place, on se crée des occasions. Nous, on a essayé de le récupérer haut et à chaque fois qu'on l'a fait, on est repassé par la défense pour construire une attaque placée. Et quand notre avant-centre touche un seul ballon dans la surface pendant un tel quart d'heure, on a des faibles chances d'être efficaces offensivement et on ne peut donc pas bonifier les efforts consentis.


Pressing haut et attaque placée


Pour mieux comprendre à la fois le pressing mis en place et l'utilisation du ballon récupéré par la suite, prenons un exemple. On joue à la 5ème minute et, pour ne pas rendre trop rapidement le ballon, le goal adverse ne le dégage pas loin, mais le donne à un de ces centraux. Le pressing stéphanois se met tout de suite en route :


Beric, Saivet, Tannane et Malcuit ferment tous les angles de passe et poussent le défenseur vers le coin du terrain. Il arrive à envoyer le ballon vers le centre du terrain - où avec un peu de chance il est récupéré par un de ses coéquipiers, mais qui est tout de suite entouré par nos joueurs :


Cette fois, Tannane, Saivet, Veretout et Malcuit l'entourrent et lui coupent les possibilités de passe, alors il redonne le ballon à son gardien, qui joue avec le défenseur central et 20 secondes plus tard, on est dans la même situation :


Le défenseur balance de nouveau le ballon vers son milieu du terrain, mais cette fois-ci, il est récupéré par Selnaes et Veretout. On a donc empêché une sortie propre du ballon pendant plus de 20 secondes et on a fini par le récupéré à 40m des buts adverses. Mais pas pour se lancer tout de suite en attaque contre un bloc pas en place - Veretout préfère jouer en arrière, avec Pogba, qui combine avec Perrin :


Finalement Perrin lance Malcuit dans son couloir et l'attaque Stéphanoise commence :


On peut rémarquer plusieurs choses sur cette capture d'écran. La défense adverse est en place, KMP est pris par le latéral, Beric se trouve entre les deux centraux. Tannane, comme à son habitude, n'est pas dans le couloir, mais un peu axial - il est pris par la sentinelle adverse, mais aspire en même temps le milieu latéral. Ce cas de figure a été très fréquent, Malcuit a été rarement pris par le milieu latéral, il a été la responsabilité du défenseur. Peu importe, le jeu est sur ce côté, Malcuit combine avec Tannane en profondeur, sauf que celui ci n'essaie pas de centrer ou de passer en un contre un avec le milieu qui l'a suivi, il se retourne, redonne le ballon à Malcuit et l'attaque devient statique - celui-ci garde le ballon sans bouger (et sans se faire attaquer), pendant 2-3 secondes :


On est ainsi passé d'un ballon récupéré haut, à un jeu sur un côté, d'abord en profondeur et après arrêté. Pour débloquer cette situation de deux contre deux sur le côté, Veretout vient prêté un coup de main - il est libre parce que le milieu latéral s'est positionné dans la défense centrale, en couverture d'un éventuel dribble dans la surface de Malcuit ou Tannane. Il faut aussi souligner le replacement de KMP, qui a quitté son côté, venant chercher le premier poteau en espérant un centre quand Malcuit a lancé Tannane en profondeur.


Veretout n'est pas utilisé, Tannane fait ce qu'il sait le mieux, il porte le ballon en rentrant vers l'axe. Il s'appuie dans un un-deux sur KMP pour se mettre dans une meilleure position :


Et il arme une frappe (cadrée) de 25m de son pied gauche, jeu tout à fait classique pour un ailier inversé. Il n'avait pas d'autres possibilités, sauf peut-être de dribbler (ou de chercher un autre un-deux avec Beric) pour s'approcher des buts : l'attaque était en sous-nombre, la défense en place. La hauteur de la récupération du ballon - suite à un pressing très bien coordonné - n'a eu aucune incidence sur le reste de l'action.

Conclusions


Le jeu produit par les Verts lors du premier quart d'heure a été impressionnant et très agréable à regarder, mais pas dangereux pour l'adversaire. S'il avait été accompagné d'une efficacité offensive, il aurait été parfait. S'il y a donc de la place pour s'améliorer, ça représente quand même un pas de plus vers une qualité de jeu supérieure et il ne faut pas oublier que ça a été accompagné d'une victoire à la fin. Et au delà des 3 points, on a maintenant la possibilité d'assurer la qualification lors du 5ème match de poule, à domicile, où il faudra gagner ou faire 0-0 ou 1-1 contre Mayence. Ce n'est pas donné à tout le monde d'être dans un ballottage si favorable et il faut apprécier une telle opportunité, tout comme il faut apprécier les différentes approches de produire un beau jeu. Les résultats sont là et si la manière n'y est pas totalement, elle commence à l'être de plus en plus, on finira par y arriver.

mardi 1 novembre 2016

RCT - Grenoble, 42-12 (Bastareaud, Gorgodze, Suta, Müller, de pénalité x 2)

La semaine a été agitée de côté de la Rade, où tout est différent. Le changement d'entraîneur a été justifié par une volonté de produire un rugby plus plaisant à voir et donc des espoirs été permis pour cette réception de Grenoble, même si du temps sera nécessaire avant de voir vraiment un jeu d'attaque plus lisse. Le changement de coach n'a pas sorti du placard certains joueurs, Orioli, Kruger et Pélissié n'étant toujours pas sur la feuille de match, ni Goromaru d'ailleurs, malgré l'absence de Halfpenny. On peut aussi signaler le retour de blessure de Müller, pile au moment de la blessure de Tuisova et le départ pour les matchs internationaux de Habana.

On a pu donc voir O'Connor à l'arrière - et il a plutôt bien joué - et Carraro à l'aile - pas vraiment à son avantage. Et surtout on a pu voir une équipe toulonnaise très entreprenante, qui a envoyé du jeu, alternant le défi physique et le jeu au large. Il est difficile de se faire une idée précise, tellement l'écart été important, surtout au niveau des avants, probablement ça marche moins contre d'autres équipes. Mais il est clair que c'est plaisant de voir du jeu après contact, en vitesse, pour une fois.

La plus grosse domination du RCT a été au niveau de la mêlée, incroyable à ce niveau. Deux essais de pénalité, des innombrables mêlées adverses gagnées par les toulonnais (70% !!!), un secteur du jeu qui a clairement permis à nos joueurs de marquer au fer rouge leurs adversaires pour ensuite développé le jeu, sans s'affoler, en étant patients. 

Comme le match a été diffusé sur Rugby+, il n'y aura pas d'analyse en image, le résumé vidéo public n'allant pas assez loin au début de l'action pour illustrer le travail de préparation. On pense notamment au premier essai, marqué par Bastareaud, mais parti d'une touche toulonnaise autours des 40m, avec un beau jeu collectif, une grosse percée de Manoa jusque dans les 22m. Les images montrent juste le 2-3 temps de jeu qui en restent, mais le travail de préparation a été fait bien en avant...

La préparation de novembre


Bref. C'était un match qui avait comme objectif clair de retrouver des couleurs dans la qualité du jeu et obtenir le bonus offensif, objectifs atteints. On attend maintenant la confirmation et le mois de novembre offre l'opportunité parfaite. Des adversaires corrects, ni trop faibles, ni trop forts (Lyon, Castres, Stade Français) et deux semaines de pause avant de commencer une série de folie en décembre-janvier avec 4 équipes du Top 6 (Bordeaux, Montpellier, Racing, Clermont) et les matchs de Coupe d'Europe dont les victoires obligatoires lors de la double contre Scarlets et le match contre Sale...

Un bon mois de préparation donc, mais une préparation tronqué par l'absence de plusieurs joueurs, c'est un mois des matchs internationaux. Côté absents toulonnais, on aura donc :

  • Guirado - donc Orioli et Etrillard auront la chance de montrer qui mérite le plus le rôle de doublure
  • Chilachava - donc Saulo aura enfin droit à des bouts de matchs, espérons qu'il ne nous coutêra pas trop cher en points
  • Gorgodze - heureusement que la blessure de Taofifénua n'est pas grave, sinon on serait un peu démunis en deuxième ligne - on verra normalement le joker médical Ferreira à l'oeuvre, Kruger et Suta auront aussi du temps de jeu
  • Ollivon - avec la longue blessure de Smith et celle encore pas claire de Fernandez-Lobbé, on est mal en troisième ligne, Vermeulen-Gill-Davis seront les titulaires, difficile à voir qui sera le remplaçant, peut-être que Manoa descendera de la deuxième ligne
  • Trihn-Duc - Bernard aura enfin la possibilité de devenir le dépositaire du jeu et s'il se montre au niveau, il pourra même en devenir le titulaire du poste
  • Habana - on est de nouveau mal aux ailes, avec les blessures de Mitchell, Tuisova et Clerc, seulement Müller et O'Connor sont disponibles, un centre (Yobo ou Carraro) en dépannera si besoin
  • Mermoz - normalement on est tranquilles au centre, même s'il faut dépanner à l'aile
  • Halfpenny - on pourra enfin voir à l'oeuvre la recrue Goromaru
Ce qui nous fait donc une équipe type pour les trois matchs suivants :

Fresia, Etrillard, vdMerwe - Ferreira, Taofifénua - Manoa, Vermeulen, Gill - Escande, Bernard - Müller, Nonu, Bastareaud, O'Connor - Goromaru

Remplaçants : Chiocci, Orioli, Saulo, Suta ou Kruger, Davis, Tillous-Borde, Carraro, Yobo ou Belleau

lundi 31 octobre 2016

ASSE - Monaco, 1-1 (Perrin)

Pour les 25 ans des Magics, contre un adversaire de calibre et devant un Chaudron bien rempli, les Verts ont produit un match d'une rare intensité. Et si la victoire n'a pas été au rendez-vous, c'est principalement due à la qualité du jeu et surtout du pressing adverse, qui a bien gêné la relance Stéphanoise.

Le 4-4-2 à plat revient peu à peu à la mode, plusieurs équipes utilisant de nouveau ce système classique. Monaco en fait partie et il suffit de les regarder jouer pour comprendre que le système est moins important que ce qu'on fait avec. Opposés à une équipe qui joue avec trois milieux axiaux, comme l'ASSE, ils ont théoriquement un désavantage numérique au centre du terrain. Et pourtant, le bon placement défensif pour couper les angles de passe et les pressing incessant sur le porteur du ballon rendent cette équipe très performante et difficile à jouer. Retour en exemple sur ces aspects.

L'espace entre les lignes


Comme les Monégasques défendent avec deux lignes de 4, sans sentinelle, il y a un espace entre les lignes. Les Verts jouent sans un "10" traditionnel, mais il était dommage de ne pas en profiter de cet espace. Si en deuxième période c'est Saivet qui l'a plutôt occupé (notre équipe ressemblant plus à un 4-2-3-1), en première période c'est notre faux milieu excentré Tannane qui l'a fait, comme dans cet exemple pris à la 8ème.

KMP et MBengue combinent dans leur couloir gauche, pris par le défenseur et le milieu latéraux, Beric est pris entre les deux centraux et on voit Tannane qui se place entre les lignes. Il va être surveillé par un des milieux centraux, ce qui accentue le problème Monégasque dans l'axe, pour bloquer notre trio Selnaes - Saivet - Veretout il reste un milieu central (Fabinho, qui a souvent fait un marquage individuel sur Saivet) et le milieu latéral gauche qui abandonne son couloir (et Malcuit...) pour aider dans l'axe :


Saivet aide à combiner dans le couloir (jeu normal dans un 4-3-3) et se retrouve face au jeu - il aimerait bien donner le ballon à Tannane, idéalement placé entre les lignes, mais les angles de passe sont bouchés. On peut aussi remarquer que notre surnombre au milieu est compensé par un avant-centre qui descend - une bonne discipline tactique est la clé quand on défend en 4-4-2 :


Sans autre solution, Saivet tente un un-deux avec KMP, puis se retourne et 7 secondes plus tard il se retrouve exactement dans la même situation :


Sauf que le déplacement de KMP et le placement de Selnaes ont cassé le positionnement des milieux axiaux adverses, Saivet a maintenant un bel angle de passe pour Tannane, qu'il trouvera d'une passe précise et ajustée. Il faut aussi souligner le placement de KMP, sur un défenseur central, laissant un seul autre pour Beric (c'est pour ça qu'on joue avec deux centraux pour un avant-centre, pour qu'un puisse compenser ailleurs). Tannane reçoit donc le ballon entre les lignes, combine avec KMP et le plan suivant nous permet de voir l'intérêt de ce jeu dans un petit périmètre :


Il avait ouvert des larges espaces de l'autre côté. Non seulement le milieu latéral aidait dans l'axe, mais le défenseur latéral a du prendre Beric, le central devant monter sur Tannane (pas de sentinelle...), ce qui laisse Veretout et Malcuit complètement libres. Malheureusement le ballon ne leur parvient pas, mais ça reste néanmoins une attaque extrêmement bien construite. Non seulement techniquement (le jeu en petit périmètre), mais surtout tactiquement, en appuyant sur les points faibles du système adverse, le sous-nombre au milieu et l'espace entre les lignes.

Le pressing Monégasque


Malgré ces points faibles qu'on a essayés d'exploiter, notre adversaire du jour reste une équipe très difficile à jouer, notamment grâce à un pressing omniprésent qui fait très mal dans la phase de construction. Leur philosophie de jeu semble être de gêner la relance adverse, soit pour récupérer le ballon et se projeter vite vers le but, soit pour l'empêcher d'arriver avec du jeu construit dans les derniers 30m, là où ils ont des failles. Et comme on parle d'une machine très bien huilée, la relance Stéphanoise dans ce match a été ainsi considérablement gênée.

Dans cette relance à la 30ème, on voit bien le triangle Vert au milieu avec Selnaes en pointe basse, les deux pointes hautes prise par les milieux axiaux adverses. Le rôle des deux avant-centres Monégasques est de couper le jeu entre nos deux centraux et Selnaes, donc Perrin joue avec Lacroix en passant par Ruffier :


La seule manière de s'en sortir de ce pressing des deux avant-centres et d'être très juste techniquement et ne pas rater ses passes. Lacroix y arrive et trouve Selnaes - théoriquement on a passé le premier rideau, Selnaes a du champ libre devant lui (souvenez-vous, on est en surnombre dans l'axe), mais le milieu latéral serre très vite au centre pour continuer le pressing :


De nouveau la justesse technique est nécessaire pour s'en sortir, Selnaes, pressé par deux joueurs, ne panique pas et arrive à sortir le ballon dans le couloir gauche (laissé libre) en passant par Perrin :


A noter aussi que Tannane était descendu offrir une possibilité de passe supplémentaire, mais suivi de très près par un défenseur, un pressing ne fonctionne que s'il est effectué par toute l'équipe. Dans cette action on s'en est sorti, mais sans la place pour la moindre erreur : une mauvaise passe de Lacroix entre deux adversaires pour Selnaes ou un mauvais contrôle du dernier et l'adversaire se crée immédiatement une situation de but.

En deuxième période le pressing adverse a doublé d'intensité et on est passé de 80% passes réussies en 1MT à seulement 67% après la pause. Dans l'exemple suivant, la configuration est presque la même, le trio Perrin-Selnaes-Lacroix étant pressé par les deux avant-centres :


On peut noter le positionnement de Saivet, en "10", entre les lignes, ce qui oblige les milieux adverses de ne pas monter trop haut. Perrin n'a pas vraiment d'options, s'il joue avec MBengue, le milieu adverse se tient près à aller le chercher, donc il change de côté en passant par Selnaes :


Lacroix se retrouve dans la même situation, donc il change de nouveau de côté, en passant par Ruffier. L'angle de passe entre Perrin et MBengue est bouché par le milieu latéral, le premier joue donc avec Selnaes entre les avant-centre adverses. Celui-ci a la possibilité de se tourner et avancer avec le ballon, il y a de l'espace entre les lignes adverses, Veretout lui propose une option. Mais ça serait une prise de risque, les avant-centres adverses sont très rapides dans le pressing, alors il joue avec Ruffier :


Le pressing du milieu latéral a laissé MBengue libre, Ruffier lui envoie un long ballon... mais le pressing Monégasque est complet et c'est le défenseur latéral qui monte le chercher et qui gagne le duel aérien. 

Conclusions


Dans ce match très intense, la bataille tactique a été très forte. De notre côté, on a essayé d'exploiter une petite faille, en plaçant un joueur en "10", entre les lignes. Ça a plus marché pendant la première période, quand ce joueur était Tannane, on a gardé nos milieux relayeurs et on a pris des risques pour se sortir du pressing. Par contre, après la pause, on a sacrifié un milieu relayeur, Saivet, pour le placer là, le pressing adverse a été plus intense et notre prise de risque moindre. Le résultat ? On a raté plus des passes et on n'a pas réussi à trouver ce joueur entre les lignes. Néanmoins, ça reste un bon point de pris contre un adversaire qui nous était clairement supérieur à la fois collectivement et individuellement.

mardi 25 octobre 2016

Caen - ASSE, 0-2 (Saivet, Veretout)

Être ou ne pas être... un milieu excentré ?


Telle est la question existentielle à laquelle doit répondre Tannane. Retour en images sur les différentes facettes de son style de jeu lors des deux derniers matchs contre Gabala et Caen.


Dans un système 4-3-3 (ou 4-1-4-1), on appelle les joueurs de couloir offensifs des ailiers ou des milieux excentrés. Souvent, le nom donné à un gaucher qui joue dans le couloir droit, comme Tannane, est un ailier inversé. C'est un concept assez courant dans le foot moderne et il arrive souvent qu'un ailier inversé soit le meneur de jeu de son équipe. Tout comme un meneur de jeu classique (un "10"), son rôle est d'éliminer des adversaires via des passes ou des dribbles et créer ainsi des décalages. Mais à la différence d'un "10", un ailier inversé reste quand même un milieu excentré, c'est-à-dire il attend le ballon dans le couloir. De là-bas, du fait de son pied fort, il est orienté en général vers l'intérieur du terrain et il peut ainsi faire une passe vers l'axe ou de rentrer balle au pied - c'est peu courant qu'un tel milieu excentré déborde sur son côté pour centrer, comme un ailier classique. 

Mais assez avec la théorie. Regardons avec des exemples comment joue Tannane, notre gaucher excentré sur le côté droit. Comme un bon milieu excentré qui rentre vers le centre en dribblant ou qui fait des passes de son couloir vers l'intérieur ? Ou mieux encore, qui ne joue même pas dans son couloir, mais dans l'entre-jeu, comme un vrai "10" à l'ancienne ?

Contre Gabala


Dans ce match de Coupe d'Europe, Tannane a joué 62 minutes, quasiment toutes dans le couloir droit, comme l'atteste cette image des endroits d'où il a effectué ses 34 passes pour ses coéquipiers (sur 50 ballons joués en total, soit un ratio de 68%) :


Dans cette capture d'écran du site whoscored.com, on attaque de gauche à droite. Les endroits d'où Tannane passe le ballon plus à l'intérieur et non dans le couloir correspondent en général à une entrée balle au pied de son côté, comme dans l'exemple décrit en détail lors de l'article précédent.

Contre Caen première mi-temps


Dans ce match de championnat, Tannane a joué 90 minutes, mais sur deux périodes complètement différentes. Dans la première, il n'a pas été un milieu excentré, mais un milieu axial offensif, un "10" à l'ancienne :


Dans cette image, on attaque de droite à gauche et on voit bien que la plupart des passes qu'il a effectuées (23 sur 30 ballons joués, donc 76%) viennent d'une position axiale. Non seulement il a appelé le ballon dans l'axe, entre les lignes, mais de là-bas il a souvent cherché le jeu court, les combinaisons avec ses partenaires, comme dans cet exemple : 


Le ballon est dans la défense, on prépare une attaque placée. On peut bien voir la première partie du bloc adverse (4-1-4-1) avec le milieu défensif, la ligne de quatre milieu et l'avant-centre, ainsi que le double piston de nos deux milieux relayeurs, Veretout descendant offrir une option à Lacroix et Saivet y allant vers la défense. Mais surtout on voit Tannane qui se place dans la zone de la sentinelle  (MD - milieu défensif) adverse, appelant avec ses bras les ballon.

Lacroix choisit une autre option (via Perrin sur le côté gauche), une combinaison KMP - Saivet, on perd le ballon, mais on le récupère vite via un pressing haut et on recommence. Cette fois-ci, 30 secondes plus tard, le bloc adverse est encore plus bas :


Lacroix a toujours le ballon, Tannane est toujours placé dans la zone de la sentinelle - le latéral gauche adverse ne sert à rien, mais Selnaes et Tannane n'ont qu'un adversaire au marquage pour tous les deux. Lacroix fait une merveille de passe pour le dernier, qui combine dans un-deux avec le premier pour éliminer ainsi la sentinelle. Malheureusement le un-deux foire, le ballon est perdu et... de suite récupéré par notre défense.

20 secondes plus tard, même situation, avec Lacroix qui a le ballon et Tannane qui se place toujours dans la zone du "6" adverse :


Sur cet capture d'écran on peut bien voir le bloc adverse, le triangle pointe basse de notre milieu et le positionnement de "10" de Tannane qui rend de nouveau inutile le latéral gauche adverse. De nouveau une passe précise de Lacroix pour notre ailier "10", qui cette fois-ci combine avec Söderlund : un premier un-deux réussi pour éliminer la sentinelle, puis un deuxième raté.

A noter que Tannane a déjà joué dans ce rôle de "10" des bouts de match cette saison, à Athènes, à Bordeaux ou contre Bastia, mais à chaque fois avec deux autres milieux excentrés sur le terrain, dans un système plutôt 4-2-3-1. Il est donc très surprenant de le voir se placer si régulièrement dans la zone du "6" adverse en sachant qu'il ne lui reste qu'un seul coéquipier dans le couloir droit, Malcuit, qui est pris par le milieu latéral adverse (normal), mais qui aura aussi un défenseur latéral sur le dos s'il reçoit le ballon. Autrement dit, on choisit délibérément d'être en sous-nombre dans ce couloir (et donc d'y jouer moins) pour avoir un surnombre dans l'axe.

Contre Caen deuxième mi-temps


Dans leurs déclarations d'après-match, Lacroix et Galtier sont très claires : à la mi-temps du match en Normandie, la tactique a été changée, il fallait passer plus par les côtés. Première chose - replacement de Tannane en tant que milieu excentré, dans son couloir à droite (ou à gauche quand il échangeait avec KMP) :


Le ratio des passes par ballons joués diminue drastiquement (57%, 16 passes pour 28 ballons), il recherche dans ce cas moins les petites combinaisons avec ses coéquipiers et plus les dribbles, comme dans cet exemple (où on note, pour l'anecdote, que c'est KMP qui a quitté son couloir) :


Le style de jeu de Tannane dans cette deuxième mi-temps ressemble à celui contre Gabala, moins collectif qu'en première période. Son rôle devient donc de recevoir le ballon dans la zone du latéral, rentrer avec le ballon en aspirant ainsi son adversaire et donc libérer le couloir pour les montées rapides de Malcuit.

Conclusions


Si avec le retour des blessés, le staff semble avoir trouvé une assise défensive robuste et un milieu très technique et créatif, il reste encore du travail dans les derniers trente mètres. Et Tannane représente une des clés pour résoudre ce dernier problème, surtout si il gomme certains petits défauts (comme un jeu plus rapide et collectif) et il retrouve la confiance et la réussite qu'il avait en arrivant, il y a 9 mois. Il est suffisamment technique pour recevoir le ballon dans un espace réduit sans le perdre tout de suite, ou de le garder et aspirer des défenseurs créant ainsi des espaces. Mais surtout, il faudra qu'il se décide (ou que le staff le fasse pour lui) s'il veut être un milieu excentré ou axial. Ou peut-être qu'une telle décision n'est pas nécessaire et que cette ambivalence est précieuse, elle permettant de donner pas mal de tête aux adversaires et des options tactiques très intéressantes pendant un match.

dimanche 23 octobre 2016

Sale - RCT, 5-15 (Ollivon, Halfpenny)

Pour le match de la dernière chance dans cette poule de la Champions Cup, quelques changements ont été effectués dans le XV de départ. Taofifénua, Bastareaud et Escande passent de remplaçants à titulaires et Chiocci et O'Connor remplacent Fresia et Tuisova, blessés. A noter aussi le retour dans le groupe de Suta et Etrillard, Kruger et Orioli restant à la maison.

C'était aussi le match de la dernière chance pour les adversaires, qui ne sont pas dans une grande forme, ayant perdu la moitié de leur matchs en championnat cette saison, même à domicile. Et lors de leur premier match européen, ils ont été bons en touche, disciplinés (seulement 8 pénalités concédées, mais 2 jaunes pris quand même), mais surtout pas réalistes. Menés 21-11 à la pause, ils ont ultra-dominé le deuxième acte (65% de possession, 70% d'occupation), mais sans marquer le moindre point.

Le début du match


On pouvait donc s'attendre à un plan de jeu toulonnais similaire à celui contre Toulouse : une grosse défense pour contenir les attaques adverses peu efficaces et des coups plantés en contre. Et le match a démarré avec un très bon rythme, clairement différent du Top 14. Un début de match exceptionnel de la part des toulonnais, qui ont bien profité du carton jaune adverse à la 5ème, marquant une pénalité et deux essais suite à des touches dans les 22 adverses, dont la deuxième volée. Cet extraordinaire réalisme donnait espoir à un résultat même plus intéressant qu'une simple victoire, la moitié du chemin pour avoir le bonus offensif avait était fait et le RCT continuait à dominer le match, comme illustré par cette longue action à la 20ème.

Ça part d'une autre touche toulonnaise à la hauteur des 22m, le jeu est déplacé peu à peu vers le centre avec plusieurs points de fixation des gros. Vue que la défense était serrée au milieu, Escande (9) sort le ballon vers l'extérieur. Non pas directement pour Trihn-Duc (10), mais pour Nonu (12), placé en premier receveur :


Bastareaud est utilisé en appât pour serrer les derniers défenseurs, Nonu donne le ballon à Trihn-Duc qui l'envoie à l'aile ou on a Halfpenny (15) et O'Connor (14) prêts à jouer un deux contre deux. Mal joué, mais on entre dans les 22 et on sort le ballon, commençant à balayer vers l'autre côté :


Après 2 points de fixation, la défense adverse n'est plus deployée sur la largeur, donc Escande sort le ballon pour son demi d'ouverture pour Fernandez-Lobbé (7), qui sert lui Trinh-Duc :


On a Vermeulen (8) qui attire un défenseur, Nonu derrière lui et Bastareaud (13) qui attire le dernier défenseur, laissant l'aile libre à Habana (11). Un surnombre mal joué, parce que le choix n'est pas de jouer court et fixer les derniers défenseurs, mais de sauter Vermeulen, laissant un peu la défense glisser. Même comme ça, Bastareaud et Habana ont un deux contre un à jouer... mais le premier ne passe pas le ballon. On arrive dans les 5m et on ressort le ballon pour l'envoyer de nouveau vers l'autre aile :


Cette fois-ci c'est bien Trihn-Duc (10) qui reçoit le ballon d'Escande à la sortie du ruck et il envoie vite vers l'extérieur où on a un grand surnombre en notre faveur. Halfpenny (15) fixe l'avant-dernier défenseur et passe à Habana (11) - pas à son aile - qui fixe le dernier défenseur et n'a plus qu'à passer le ballon à sa droite où se trouvent Gorgodze (4) et O'Connor (14). Un trois contre un donc... sauf que Habana ne passe pas le ballon !

Pire, au lieu de continuer sur ce côté et profiter de la défense déséquilibrée, on choisit d'envoyer de nouveau vite vers l'autre aile. Après un point de fixation, Escande sort le ballon :


Trihn-Duc l'envoie de nouveau vite vers Bastareaud qui l'envoie à l'aile pour Vermeulen (8), sauf qu'il n'y a pas de surnombre, au contraire et à la fin on est pénalisé pour un ballon gardé au sol.

Une longue action, bien construite, avec des surnombre créés et très, très mal joués par nos trois-quarts. Cette action marque aussi la fin du match pour le RCT, qui à partir de là n'a plus rien joué.

Le reste du match


Le match s'est équilibré peu à peu, les anglais ont marqué aussi un essai pendant le jaune de Vermeulen, suite à un dégagement en touche raté de Halfpenny, auteur d'un 2 sur 4 au pied aussi. Le score à la pause est donc de 15 à 5 en notre faveur et on peut espérer encore deux essais pour un bonus offensif.

Après le jaune de Vermeulen, équilibré, un essai pour eux aussi, après un coup de pied raté de Halfpenny. Auteur aussi d'un 2/4 au pied. Sauf qu'on commence à sortir du match, avec des lancés en touche bafouillés, un coup de pied direct en touche... et ça continue de pire en pire. On produit une bouille de rugby, sans aucun plan de jeu en attaque, sans aucune inspiration comme ce drop pas préparé et pas réussi de Trihn-Duc à la 60ème, quand on sortait en fin le bout du nez. Heureusement qu'en face il y avait une équipe très faible offensivement, qui a sorti le même match que la semaine d'avant : avec 68% de possession et 66% d'occupation en deuxième mi-temps, ils ont largement dominé mais ils n'ont pas marqué le moindre point - nous non plus, d'ailleurs. Et on ne peut même pas dire que c'était à cause de la grosse défense toulonnaise en face, qui a été correcte, mais pas plus, avec quand même un plaquage raté sur cinq.

A la fin on va retenir la victoire, les 4 points. Le début du match nous a fait penser que le bonus est possible, mais l'objectif principal étaient bien les 4 points. Pour continuer à espérer il faudra continuer à gagner et surtout commencer à chercher des bonus contre les Scarlets. Mais en attendant, place au Top 14 et au travail pour se trouver enfin un plan de jeu.

EDIT : et pour se trouver ce plan de jeu, Dominguez a été débarqué et Mike Ford promu entraîneur en chef...