jeudi 18 mai 2017

ASSE - PSG, 0-5

Quand l'adversaire est nettement supérieur, c'est grâce au mental ou à une approche tactique pertinente qu'on peut obtenir un résultat. Et ce sont exactement les ingrédients qui ont manqué aux Verts contre Paris et Monaco.

La giffle contre Paris


Il est impossible de parler de schéma tactique ou plan de jeu contre Paris, tellement les Verts n'y étaient pas. C'était un match de gala, un match de fête, un match d'adieu... mais ça n'a pas été visible dans le comportement des joueurs sur le terrain. A un tel point, que ça a été très difficile de deviner le système de jeu Stéphanois. Les Verts des dernières semaines défendaient en 4-1-4-1 avec Selnaes entre les lignes, avec Saivet (ou Pajot) à côté de Veretout dans la ligne des milieux et avec Beric seul devant. Contre Paris, le choix a été de faire un marquage individuel sur les trois milieux axiaux adverses. On ne peut donc pas parler de défense en 4-1-4-1 ou 4-4-2 : tout simplement on ne défendait pas en bloc, on faisait un pressing haut (en suivant ces axiaux).

Si on regarde un exemple à la 13ème minute, les Parisiens essayent de passer à gauche, ils n'y arrivent pas, alors le milieu central revient en arrière :


Le ballon est envoyé d'un milieu à un autre et les nôtres commencent à les serrer. Le jeu adverse est basé sur un grand nombre des passes entre les milieux, éventuellement incluant un défenseur ou un attaquant dans les combinaisons :


Veretout, Saivet et Selnaes sont chacun à côté d'un milieu adverse. Et quand un d'entre eux se retourne pour chercher des solutions, il est suivi de près par notre milieu :


Nos milieux inter-changent parfois, mais la règle est toujours maintenue : chaque milieu axial adverse doit avoir un des nôtres sur le dos :


Cette manière de défendre, en marquage individuel sur les milieux axiaux, peu marcher à une seule condition : que les un-contre-uns ne soient pas gagnés trop facilement par les Parisiens. Malheureusement ça n'a pas été le cas, le milieu adverse, bien aidé par les défenseurs quand il fallait se sortir de leur propre moitié, a largement pris le dessus sur le nôtre. Nos axiaux ont beaucoup couru, mais dans le vide et à chaque fois qu'ils étaient dépassés, un décalage se créait.

En phase de possession, les Verts des dernières semaines recentraient les ailiers pour laisser les couloirs aux latéraux. C'est difficile de dire si ça a été le cas contre Paris, on n'a rien pu construire, étant complètement privés de ballon - avec seulement 21% de possession en 1MT, le seul jeu qu'on a pu pratiquer a été celui de contre - et même celui-là sans réussite.



En 2MT, pour mieux contrer le jeu Parisien (basé lui aussi sur des ailiers axiaux et latéraux offensifs), le choix du staff Stéphanois a été de passer dans un 3-5-2, ou plus précisément un 3-4-1-2 avec Corgnet en soutien de Hamouma et Beric. Trois centraux pour les trois attaquants adverses, des joueurs de couloirs en 1-contre-1, une réponse tactique tout à fait appropriée, presque la même utilisée au match aller. Par contre, pour que ce système marche, il faut bien le travailler et il faut avoir des joueurs qui en ont envie de jouer.

A titre d'exemple, l'action du 3ème but, à la 72ème :


Les milieux adverses combinent - un d'entre eux s'était projeté dans le dos de Malcuit, mais suivi par son adversaire direct, Veretout, alors il revient pour recevoir le ballon. Corgnet et Veretout se retrouvent en 2-contre-2 contre deux milieux adverses :


Malcuit tient son couloir, où le latéral gauche adverse propose une solution et c'est la même chose de l'autre côté où KMP attend un éventuel appel de son latéral. Sur cette image on voit bien les trois attaquants adverses, très axiaux et donc l'intérêt d'avoir trois centraux. Les axiaux adverses combinent et font des appels...


... sans être suivis par Veretout et Corgnet. Un d'entre eux reçoit le ballon entre les lignes, l'autre l'accompagne, nos milieux trottinent derrière et le décalage est créé. KTC doit sortir pour couvrir, laissant ses compères en sous-nombre dans l'axe. Le jeu continue entre les mêmes deux milieux :


et même si le centre est repris par l'avant-centre situé entre Perrin et Pogba, il y avait deux autres adversaires au deuxième poteau, libres. Sur cette image on voit Veretout qui avait lâché l'affaire, mais Corgnet n'est même plus visible...

Défendre en 3-5-2 contre Paris peut avoir du sens... mais ça crée des duels en un-contre-un, largement gagnés par l'adversaire. Pire, il semble que cette tactique n'a pas été préparée et a été probablement décidée à l'arrache pendant la pause. Cette précipitation visible dans le manque d'alignement entre les défenseurs, responsable des deux derniers buts et d'autres occasions concédées. Par exemple, le 4ème but :


On voit bien le 3-4-1-2 Stéphanois, mais aussi le positionnement d'un ailier adverse, qui n'est pas dans l'axe, mais dans le dos de Malcuit. Qui devait le prendre, KTC - laissant chaque central en duel direct avec un adversaire - ou Malcuit - comme dans une défense à 4 ? Peu importe, aucun dès deux l'a fait et la qualité de la passe, pile dans l'appel ne nous a laissé aucune chance.



Bref, les joueurs n'y étaient pas, le match n'a pas été préparé, la différence de niveau n'a pas été comblée, même pas partiellement, et la fête a été gâchée.

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