vendredi 16 décembre 2016

ASSE - Nancy (CdL), 0-1

Et donc pour la troisième fois dans sept jours on a eu droit à une équipe de l'ASSE en 3-4-3. On a clairement vu les problèmes de ce système, alors pourquoi s'entêter ?

Pour une bonne assise défensive ?


Trois défenseurs, protégés par seulement deux milieux, ce n'est pas solide. On l'a bien vu contre Anderlecht, trop d'espaces libres sont laissés entre les trois centraux. Et on l'a aussi vu contre Guingamp, quand l'équipe a concédé un nombre impressionnant de tirs, 18... Mais la défense à trois est encore plus fébrile quand les joueurs n'ont pas l'habitude de défendre ensemble. A titre d'exemple, deux occasions de Nancy avant l'ouverture du score.

Dans le premier exemple, l'avant-centre adverse reçoit le ballon en pivot au centre du terrain :


Même s'il est dans la zone de Pogba, qui n'a pas d'adversaire à prendre (l'ailier de ce côté étant loin et Polomat à côté de lui), c'est Lacroix qui attaque l'avant-centre. Perrin quant à lui est pris par l'ailier de son côté. Un des milieux adverses fait un appel et prend de vitesse nos milieux, il est servi dans la course...


... et Perrin se retrouve en difficulté, il ne peut pas serrer dans l'axe sans abandonner son adversaire direct, libre dans le couloir. Tout simplement, parce que c'est bien Lacroix et non Pogba qui est monté sur l'avant-centre en première phase.

Et la situation se répète un peu plus tard, avec un long ballon pour ce même avant-centre, placé toujours entre les mêmes défenseurs :


Et de nouveau Pogba et Lacroix ne se synchronisent pas, ils sautent tous les deux, ils perdent le duel aérien et le ballon est dévié dans la course de l'ailier qui prend Polomat de vitesse et arrive dans la surface.

Pour une dangéreusité offensive ?


Bon, ok, la défense est fébrile parce que les joueurs n'ont pas l'habitude de jouer ensemble dans ce système. Mais au moins on attaque bien, non ? Ben, si contre Anderlecht on a eu des contres très efficaces avec Hamouma et Malcuit en feu, si contre Guingamp le duo Tannane-Malcuit a très bien marché dans le couloir droit, aucun de ces joueurs n'était présent contre Nancy. Et comme en plus notre adversaire a ouvert le score vite, ils se sont bien regroupés derrière ensuite. Les Verts ont ainsi eu du mal a défaire un bloc défensif bien bas et compact. Ce qui n'a pas aidé non plus a été le manque de savoir faire de Saivet et Nordin dans ce système. On a pu ainsi voir très rarement des positionnements dans la défense suivis par des déplacements latéraux pour créer des décalages ou fixer des défenseurs, action dans laquelle excellent Tannane, Hamouma et KMP. 

Conclusions


Si on est fébriles défensivement dans ce système, si offensivement on dépend trop de quelques joueurs, pourquoi utiliser le 3-4-3 quand ils ne sont pas là ? Pour créer des automatismes ? Voilà les défenseurs, milieux, pistons et attaquants utilisés lors des trois derniers matchs :
  • KTC, Lacroix, Pogba / KTC, Perrin, Pogba / Perrin, Lacroix, Pogba
  • Saivet, Dabo / Veretout, Pajot / Selnaes, Dabo
  • Malcuit, Polomat / Malcuit, MBengue / KMP, Polomat
  • KMP, Söderlund, Nordin / Tannane, Söderlund, Hamouma / Nordin, Beric, Saivet
Comment se créer des automatismes dans un nouveau système en changeant chaque secteur lors de chaque match ?

RCT - Scarlets, 31-20 (Gorgodze, Halfpenny, Taofifénua, Guirado)

L'avant-match


La Coupe d'Europe est de retour et avec elle l'obligation de résultat, une victoire avec bonus étant impérative pour garder des chances de qualification. L'effectif est assez étoffé pour compenser les absences en 3ème ligne (Fernandez-Lobbé, Smith, Gill) et à l'aile (Mitchell, Tuisova, Clerc), les Galois ne sont pas un adversaire très fort, le RCT partait donc favoris.

Le match...


... débute bien, en force. Après une belle poussée en mêlée, les toulonnais récupèrent une pénalité, ils vont en touche, forment un maul et à la sortie ils envoient Bastareau en franchisseur pour rajouter une couche et marquer un essai par Gorgodze. Démonstration de force et les gros sont clairement bien présents dans le match, proposant une belle ligne défensive quasi-infrachissable pendant les phases de possession Galoise. Le match continue avec un deuxième essai directement après un coup d'envoi (voir l'action), puis un troisième après une touche et un jeu envoyé au large et trois quarts du chemin vers le bonus sont faits.

C'était sans compter sur un beau trou d'air des Toulonnais qui commencent à raté leur plaquages, ce qui laisse les adversaires franchir assez facilement la ligne d'avantage et marquer un essai à la 35ème. Ça continue après la pause, avec 7 premières minutes en deuxième période pendant lesquelles on a énormément subi. Avec un peu de chance (deux essais refusés pour les Galois après arbitrage vidéo) on s'en sort, toujours grâce aux avants qui marquent un essai sur ballon porté après une touche à 5m. Le quatrième, objectif atteint, le RCT finit le match en gérant, avec un bonne maîtrise en défense (le retour de la ligne infranchissable), avec des ballons volés sur lancés adverses, même s'ils ont encaissé un dernier essai à la 78ème.

L'action


On joue la 25ème minute et Scarlets vient de réduire le score avec une pénalité, 10-6. Le coup d'envoi de Bernard (10) est court et récupéré par Ollivon, puis par Manoa en point de fixation :


La défense est bien sûr en place, alors on utilise les avants pour la fixer, avec van der Merwe, puis Guirado, Ollivon de nouveau et Taofifénua :


On voit sur cette image comment la défense adverse devient plus serrée et comment tous les trois quarts toulonnais sauf un (Habana, 11) sont sur un côté - de même pour les adversaires. On voit aussi comment Bernard (10) annonce la combinaison à Bastareaud, et après un autre point de fixation de Suta, l'attaque des trois quarts est lancée :


Inversion de jeu immédiate de la part de Bernard, nos deux centres sont prêts, la défense ne s'y attendait pas. Bastareaud (13) attaque la ligne d'avantage dans une situation de surnombre :


Il ne donne pas le ballon, mais il casse un plaquage est il est difficilement mis au sol, non sans fixer sur lui absolument tous les défenseurs disponibles. Et donc quand Taofifénua (5) sort le ballon...


... le surnombre est total, Halfpenny (15) - il faut regarder sur les images précédentes où il se trouvait pendant tout ce temps - n'a plus qu'à courir et applatir, sans même avoir besoin de passer plus loin à son ailier.

Une belle attaque, bien préparée avec les avants et continuée avec une inversion de jeu très rapide des trois-quarts. Du rugby comme on aime...

La suite


Objectif atteint, mais après un match pas complètement rassurant. Les avants ont fait leur boulot, avec une grosse conquête, mais on s'est un peu trop basé sur leur performance : offensivement on est passé en force, défensivement on a assuré... sauf les moments quand ils se sont ratés. Et ce genre des manques dans les matchs peut coûter cher. Le match retour, après une semaine, s'annonce quand même à la portée des toulonnais et pour l'instant en Coupe d'Europe l'important c'est le résultat, pas forcément la manière.

mardi 13 décembre 2016

ASSE - Guingamp, 1-0 (Hamouma)

On cherche toujours

Arriver à être dangereux offensivement tout en restant solides défensivement, c'est l'equation que chaque entraîneur de foot cherche à résoudre. Retour sur la dernière expérimentation des Verts.
 

Comme on l'a déjà expliqué, l'avant-centre Stéphanois est assez isolé et n'arrive pas à se créer d'occasions. Une des solutions envisagées par le staff des Verts a été de jouer avec un "10" en soutien. Ça peut aider, mais ça déséquilibre l'équipe, qui n'est plus si forte défensivement - et la recherche de l'équilibre passe par plusieurs changements tactiques, parfois en cours de match.

Une autre solution, la plus récente, c'est l'utilisation d'un système 3-4-3. Mais ce système, est-ce qu'il répond aux deux besoins, est-ce qu'il offre du soutien à l'avant-centre, tout en gardant un bon équilibre défensif ? Commençons avec l'aspect défensif...

Défendre en 3-4-3...


... est une tâche difficile, surtout contre une équipe qui joue avec trois milieux axiaux et avec deux joueurs dans chaque couloir, comme les classiques 4-3-3 ou 4-2-3-1. Pendant la première période à Anderlecht on a pu ainsi recensé plusieurs défauts d'une défense en 3-4-3 : qui prend qui dans le couloir et comment faire pour ne pas trop étirer la ligne défensive de trois centraux. La solution utilisée lors de la deuxième période à Bruxelles a été une défense en 4-4-2 : un de nos joueurs de couloirs joue dans la défense à 4, l'autre et un des attaquants dans un milieu à 4, les deux derniers attaquants formant le premier rideau défensif.

Contre Guingamp, la solution a été différente : si 3 joueurs en défense sont trop étirés sur la largeur, on en place 5, c'est à dire les deux joueurs de couloirs défendent sur la même ligne que les centraux - on défend ainsi en 5-2-3 :


Si cette défense peut résoudre le problème des couloirs, elle laisse toujours en place le problème des milieux axiaux, les deux seuls Verts sont obligés de courir au milieu d'un espèce de toro avec les trois adverses. Dans le dernier match, Guingamp a décidé de s'appuyer sur cet aspect après la pause, en utilisant un de leurs axiaux assez haut, créant beaucoup d'espace au centre du terrain, espace que seulement deux Verts (Pajot et Veretout) ne peuvent pas couvrir sans laisser la défense en sous-nombre :


La solution ? Soit le 4-4-2 comme à Bruxelles, soit le 5-4-1 - on fait reculer deux attaquants et une ligne de 4 au milieu couvre toute la largeur, donc les axiaux s'occupent seulement du centre du terrain, où ils sont en meilleure position pour couper les angles de passe : 


A noter que le staff des Verts a été si satisfait de ce système défensif que, à la 80ème, quand Malcuit s'est blessé, au lieu de faire entrer un milieu axial et passer donc dans un 4-1-4-1, il a reculé Monnet-Paquet en piston droit et a fait entré Polomat en milieu excentré gauche, pour garder le même 5-4-1 :


On a donc du mal a défendre en 3-4-3 ou 5-2-3 et les solutions trouvées sont soit de passer en 4-4-2, soit en 5-4-1 quand on n'a pas le ballon. Mais d'un point de vue offensif, ça donne quoi ?

Attaquer en 3-4-3...


... est une question de déséquilibre. Il y a une grande différence entre les 3 de devant dans ce système par rapport à un système comme le 4-3-3. Les ailiers ne sont pas des vrais ailiers, mangeurs de craie. Leur rôle c'est d'être vers l'axe, proche de l'avant-centre (le but recherché), tout en laissant les couloirs pour les montées des pistons. Ainsi, à Bruxelles, on a souvent vu une attaque Stéphanoise à 5 joueurs, parfois tous sur la même ligne : Polomat, Nordin, Söderlund, KMP, Malcuit.

Contre Guingamp, par contre, le choix a été fait de chercher le déséquilibre : Tannane plus ailier / joueur de couloir et Hamouma en deuxième avant-centre, à côté Söderlund. Mais, contrairement aux attentes, le but n'était pas de libérer le couloir gauche pour la montée de MBengue. Non, on cherchait pas à créer des décalages dans les espaces vides. On cherchait à mettre deux joueurs techniques, Malcuit et Tannane, en situation de créer le déséquilibre par des dribbles ou des passes, mais aussi les autres attaquants en situation de 1 contre 1.

Prenons deux exemples, le premier à la 10ème minute, avec KTC qui lance Malcuit dans son couloir - on voit très bien le 3-4-3 des Verts dans cette capture d'écran :


Malcuit monte avec le ballon dans son couloir, poursuivi par son adversaire direct dans cette situation, l'ailier. Les 4 défenseurs adverses sont occupés avec nos trois attaquants, dont Tannane qui se place entre un central et un latéral. Ainsi, quand il fait un appel dans le même couloir que Malcuit, il aspire les deux :


Le un-deux entre Malcuit et Tannane fonctionne parfaitement et à eux deux ils ont pris 4 adversaires : deux défenseurs éliminés pas la passe de Tannane, l'ailier qui suit Malcuit et la sentinelle qui doit couvrir :


Le centre de Malcuit est repoussé en corner, mais on était à deux attaquants pour deux défenseurs dans la surface - chose à éviter pour toute défense qui veut ne pas trembler.

Un quart d'heure plus tard, Perrin joue sur Tannane, qui combine avec Veretout au milieu, ce dernier lance de nouveau Malcuit dans son couloir :


Comme avant, Tannane vient l'aider sur le côté et, avec sa passe acrobatique, il élimine deux joueurs. On attaquait à 4 contre 5, pas de déséquilibre, on est en situation de 3 contre 3 maintenant :


Mieux que ça, Malcuit élimine son adversaire direct en un contre un, l'autre défenseur central doit couvrir, Söderlund fait un appel pour aspirer le dernier défenseur et Hamouma se retrouve absolument seul à l'entrée de la surface pour réceptionner le centre en retrait de Malcuit. Pas besoin d'une capture d'écran pour la suite, tout le monde la connaît...

Deux actions très similaires, dans lesquelles l'animation offensive a été faite dans le couloir droit, où la qualité technique nous a permis d'éliminer des défenseurs, ce qui se traduit dans la création d'une situation dangereuse dans l'axe.

Conclusions


La recherche d'une animation offensive, d'une présence forte dans la surface, continue du côté du staff Stéphanois. Et comme toujours, elle doit être accompagné d'un bon équilibre défensif. Le 4-2-3-1 a été essayé, le 3-4-3 aussi. Il y a des pour et des contre pour les deux systèmes et ça dépend de l'adversaire, mais surtout des joueurs disponibles et leur forme. Dans le premier cas, un bon "10" fait toute la différence, dans le deuxième des joueurs de couloir rapides et techniques sont essentiels. Et dans les deux cas, Selnaes n'a pas vraiment une place ou un rôle qui lui permet d'utiliser ses qualités principales...

D'autres choix sont possibles, bien sûr, par exemple un 4-3-3 à la Nice ou PSG, avec des "ailiers" qui jouent très central, à côté de l'avant-centre et des latéraux très offensifs, tout en gardant une "sentinelle" pour l'équilibre défensif. Encore une fois, c'est une question des joueurs disponibles et nul doute que le staff Stéphanois arrivera à trouver la bonne formule d'ici peu. Ce qu'on ne peut clairement pas leur reprocher, c'est de ne pas essayer...

samedi 10 décembre 2016

Anderlecht - ASSE, 2-3 (Söderlund x2, KMP)

La revanche des mal-aimés


Retour en images sur la belle victoire des Verts à Bruxelles, acquise en partie grâce à des buts des joueurs souvent critiqués, comme Söderlund et Monnet-Paquet.

Ce match arrivait au bon moment pour les Verts, après des faibles résultats en championnat, avec peu des buts marqués et souvent critiqués par la presse et une partie des supporters. Un match européen dans lequel on avait rien à perdre, étant déjà qualifiés, mais on avait tout à gagner : une première place dans la poule et du moral retrouvé. L'équipe n'avait plus qu'à jouer relâchée, décomplexée, pour essayer de prendre du nouveau du plaisir sur le terrain et par la même occasion en redonné à ses supporters.

Et pourtant, ça n'a pas été si simple...


L'analyse à laquelle vous avez échappé


Si le fait de laisser au repos certains joueurs comme Perrin, Selnaes, Veretout, Tannane ou Roux n'a pas été surprenant, peu de monde s'attendait à une équipe d'ASSE en 3-4-3. Un choix tactique difficile à expliquer, ce système a été peu utilisé et n'est pas forcement adapté contre une équipe qui joue dans un 4-3-3 classique.

Qui prend qui dans le couloir ?
Un problème du 3-4-3 est qu'on se retrouve en sous-nombre sur les côtés. Si l'équipe adverse utilise des ailiers qui longent la ligne de touche et en plus les latéraux montent, comment faire pour placer deux joueurs dans le couloir ? A titre d'exemple :


L'ailier et le latéral gauches adverses sont dans leur couloir. Notre trio de devant a comme consigne de ne pas descendre, nos deux milieux axiaux ont des adversaires directs, donc il faut que Malcuit et KTC s'en chargent du côté... Normal, mais KTC est un défenseur central dans ce système, s'il va sur le côté, il tire avec lui les autres centraux. Et donc soit Lacroix et Pogba glissent vers ce côté, oubliant ainsi l'ailier opposé, soit ils y a trop d'espace entre les centraux, propice à la montée d'un milieu. Sur cet exemple, les deux problèmes sont visibles et il faut que Polomat défende sur l'ailier (heureusement que son latéral n'est pas monté aussi) et que Malcuit et Dabo changent d'adversaire direct pour couvrir les brèches.


Comment construire avec une équipe coupée en deux ?
En phase de possession, les deux pistons latéraux sont très offensifs et donc l'ASSE place ainsi 5 joueurs dans la moitié adverse, tout en laissant trois tout le temps dans la défense. Problème : l'équipe est coupée en deux, un grand espace doit être couvert par seulement deux milieux axiaux. Et comme l'adversaire en a trois, il contrôle sans souci l'axe du terrain, empêchant toute relance propre :


Bonne couverture derrière en cas de perte de balle ?
Le but de jouer avec trois défenseurs centraux, est de laisser les latéraux monter sans se soucier d'être pris dans le dos - l'équipe aura toujours une couverture défensive si elle perd le ballon. Ce système est donc fait pour les équipes qui veulent avoir la possession du ballon et craindre moins les contres adverses. Par exemple, suite à cette perte de balle, tous les joueurs adverses sont dans leur propre moitié, nos latéraux sont très haut (on attaque avec une ligne de 5), mais on a quand même trois défenseurs en place :


Le problème vient de nouveau de l'axe du terrain, abandonné par notre équipe, et des couloirs, bien pris par les adversaires. Ils jouent pour étirer au maximum la ligne de 3 centraux, attirant un sur le côté et obligeant les autres de glisser :


De nouveau ce problème de trop d'espace entre les centraux et/ou adversaire libre au côté opposé (Polomat étant monté haut). Cet adversaire à l'opposé est trouvé, mais ce contre ne donne rien - ce n'était pas le cas de celui quasi identique deux minutes auparavant qui à permis aux Belges d'ouvrir le score. Comme parenthèse, c'est à cause de ça qu'on parle souvent des lignes défensives de 4 - trois joueurs ne sont pas assez pour couvrir toute la largeur du terrain sans laisser trop d'espaces entre eux.

Le moral dans les chaussettes ?
Donc, au lieu d'avoir une équipe Stéphanoise décomplexée, qui prend du plaisir, on assiste à un match avec des joueurs complètement perdus sur le terrain, qui n'arrivent pas à construire, à être dangereux. Une équipe qui, à cause d'un système tactique pas adapté, prend l'eau et perd de plus en plus le peu de confiance qu'elle avait avant le match. Et quand en plus on rate un penalty, on se dit qu'on a touché le fond du fond, que ça ne peut pas être pire que ça. On espérait regagner de la confiance après ce match, on s'enfonce encore plus...


L'analyse que vous méritez


Et pourtant, comme on le disait souvent pendant la période avec beaucoup des blessés dans le groupe, cette équipe à du caractère. Et Galtier et ses adjoints ne sont pas si faibles tactiquement comme certains aiment le penser, ni si incapables de motiver leurs troupes.

A la pause, des changements sont intervenus. Non seulement dans la tête des joueurs, mais aussi tactiquement. D'abord, le 3-4-3 reste en place quand on attaque, dans le sens qu'on garde toujours les trois centraux derrière :


Mais le style de jeu de l'équipe change. Si en première période on a eu la possession du ballon (54%), entre la 55ème (après le penalty raté) et la 75ème (après le troisième but), elle a été de seulement 48% pour les Verts. Pour être solides derrière, le 3-4-3 (avec ses problèmes mentionné ci-dessus) est abandonné et on défend dans un 4-4-2 de plus classiques... et on joue en contre ! On refait donc la deuxième mi-temps contre Angers

Un contre rapide
Trente secondes après la capture d'écran précédente, les Verts ont perdu le ballon et se préparent à défendre : 



On peut apercevoir une défense à 4 (KTC-Lacroix-Pogba-Polomat) pour les 3 offensifs adverses, mais on prend toujours l'eau dans l'axe du terrain Saivet-Dabo étant seuls contre trois adversaires. Nordin et KMP descendent ainsi pour aider :


Sur cette capture on voit enfin un bloc défensif propre, qui couvre toute la largeur... et KTC qui intercepte un passe et lance tout de suite son "milieu excentré" dans son couloir, laissé libre par le latéral qui avait trop monté. La vitesse et la technique de Malcuit font la différence :


Et le sens de placement et la réussite (enfin !) de Söderlund concluent ce contre.

Un ballon récupéré haut
A peine 5 minutes plus tard, un coup franc indirect de Hamouma est repoussé par la défense, mais le pressing haut de Malcuit nous permet de le récupéré dans la foulée :


Cette action n'est pas un bon exemple tactique, vu que les équipes ne sont pas en place (il s'agit de la suite d'un coup franc), mais c'est un jeu collectif à une touche et des mouvements comme on en a rarement vu du côté des Verts le dernier temps. Le schéma ci-dessous résume tout :


Et le sens de placement et la réussite (enfin !, bis) de Söderlund concluent cette belle action collective partie après une récupération haute.

Un autre contre rapide
Et huit minutes plus tard, les Verts défendent de nouveau contre une attaque placée, toujours en 4-4-2 (Polomat semble invisible, mais il est parfaitement caché derrière son adversaire) :


L'attaque adverse est brouillonne et le ballon est (encore) intercepté par KTC, qui lance une autre succession des passes à une touche avec Malcuit, Dabo et Hamouma, qui lance KMP dans la profondeur :


Les Verts se projettent vite vers l'avant, à l'image de Hamouma, Dabo et Polomat qui montent pour créer un 5 contre 5. KMP fait une avant-dernière passe dans la course d'Hamouma :


Après avoir relayé le ballon pour démarrer le contre, Hamouma se trouve en position de centre. Söderlund fait de nouveau un l'appel qui tue :


Mais sans la réussite cette fois-ci, le ballon et repoussé par le gardien adverse... dans les pieds de KMP qui ne s'était pas arrêté sur son côté, participant ainsi avec une avant-dernière passe et un tir à cette merveille de contre.


Conclusions


La suite du match est assez simple, on a fait jouer l’expérience, en reprenant la possession (58% dans le dernier quart d'heure) pour empêcher l'adversaire de nous mettre en danger. Et à la fin, la victoire et la première place du groupe sont presque insignifiantes devant la joie et la communion des joueurs avec le staff et avec les supporters. Le plaisir enfin retrouvé.

Et quand on pense au début poussif, au système tactique peu adapté, à comment on prenait l'eau en première période, au penalty raté... Ça rend encore plus incroyable le fait que le staff a su trouver un équilibre défensif, les joueurs ont su retrouver la confiance et des certains, très critiqués, de la réussite. 

mercredi 7 décembre 2016

RCT - Bordeaux, 37-10 (Habana, Bernard, Gill, O'Connor, Halfpenny)

L'avant-match


Pour ce premier match de la grosse série qui nous attend, le RCT bénéficie enfin des retours dans le groupe, retours qui lui feront du bien. Guirado, Gorgodze, Manoa, Habana, Halfpenny... des hommes forts dans l'équipe. Un résultat positif était obligatoire pour se racheter devant le public après les dernières piètres performances, mais aussi pour emmagasiner de la confiance avant la double contre Scarlets.

Le match


A été faussé par le carton rouge de l'UBB dès la 22ème minute, même si jusqu'à là la domination toulonnaise a été sans appel : quasiment 100% de possession pendant les 7 premières minutes, 4 pénalités contre les bordelais dans 10 minutes, 3 touches volées par le RCT dans le premier quart d'heure... D'ailleurs, suite à cette troisième touche contrée et un en-avant, sur la mêlée qui suit, le ballon n'est pas contrôlé, récupéré par Pélissié qui franchit, envoie au large et Habana marque le premier essai. Le deuxième, à la 32ème après un bel exploît individuel de Bernard, met tout le monde en confiance et on se dit que la deuxième période sera un jeu d'enfant.

Et pourtant, les toulonnais ont laissé leur envie aux vestiaires, parce que après la pause, pour une grosse quinzaine de minutes, ils ont été absents. Dominés par des bordelais en infériorité numérique, ils ont défendu, correctement mais sans plus et ils ont pris un essai. Ils ont surtout mal négocié les nombreux ballons de turnover qu'ils ont eu. Les gros ont sonné le réveil en marquant en force un essai après une touche et après les adversaires ont craqué physiquement, encaissant deux autres essais dans les 10 dernières minutes. Objectif rempli, large victoire à domicile, avec le bonus en plus. Mais des sauts de concentration pendant un match peuvent coûter plus cher.

La suite


Ce match a été le dernier de la phase aller du Top 14. Un bilan comptable correct pour le RCT avec une 3ème place au classement, mais pas extraordinaire d'un point de vue jeu produit. Le championnat laisse la place pour deux semaines à la Coupe d'Europe et une double confrontation cruciale pour les toulonnais, contre Scarlets. L'objectif est simple : il faut au minimum 9 points lors de cette double, 10 de préférence. Et il faut donc commencer par une victoire bonifiée à Mayol - voyons comment les joueurs agissent sous une forte pression de résultat.

lundi 5 décembre 2016

Rennes - ASSE, 2-0

Après la faible prestation contre Marseille quand ils ont rien montré offensivement, les Verts étaient à Rennes en quête de se racheter. Et le match a été encore pire que celui quatre jours auparavant : une attaque toujours absente, mais une fébrilité défensive en plus, pour obtenir un vrai non-match de la part des joueurs de Galtier.

Le 4-3-3 aligné en début du match était prometteur, Selnaes pour organiser, Veretout et Dabo pour relayer, Hamouma et Tannane en ailiers inversés et Roux pour prendre la profondeur. Sauf que Rennes nous a très bien bloqué avec un premier bloc défensif très haut qui cherchait a nous empêcher de construire. Et ils ont largement atteint leur but, on n'a jamais réussi a sortir proprement de notre camp. Du coup on perdait le ballon très vite et les attaques Rennaises se sont suivi jusqu'au moment où la défense a craqué.

A titre d'exemple, une action à la 8ème minute :


Ruffier donne le ballon à Lacroix, qui joue avec Selnaes descendu entre les centraux. Sur cette capture il faut remarquer les 6 joueurs Rennais dans notre camps et la zone occupée par Veretout. Selnaes rejoue avec Lacroix, monte entre les lignes et le Suisse passe le ballon à Perrin :


La ligne de passe entre Perrin et Selnaes est coupée par le bon placement de l'avant-centre, mais pas celle vers Dabo qui fait un bon appel... sauf que Perrin n'ose pas la passe et il rejoue avec Lacroix en passant par Ruffier :


Les possibilités de passe de Lacroix sont toutes bloqués par le premier rideau de deux Rennais et s'il joue avec le latéral, le milieu adverse se tient prêt à jaillir. Du coup, le ballon est balancé loin devant. A remarqué sur les trois captures d'écran que Veretout n'a pas quitté sa petite zone, pendant 30 seconde donc...

Et un autre exemple à la 40ème avec la même configuration, toujours un pressing de 6 Rennais :


Les lignes de passe de Perrin sont coupées, Veretout est à sa place. Jeu avec Ruffier puis Lacroix et on se retrouve dans une situation similaire :


Lacroix n'a toujours pas d'options et Veretout est toujours statique...

Cette situation peut être vue de très nombreuses fois pendant le match. L'impression de non-match des Verts est ainsi le résultat des deux facteurs. Un pressing haut, à 6, de la part des adversaires, avec un positionnement parfait pour empêcher les passes. Des joueurs Verts très passifs : Veretout qui ne quitte pas sa zone, les latéraux qui ne montent pas pour attirer les milieux adverses, des ailiers qui ne descendent pas pour proposer une solution supplémentaire. Le résultat : aucune construction offensive, le ballon perdu rapidement et une défaite plus que logique.

Il était si simple de se défaire de ce pressing, si seulement les joueurs avaient envie...

jeudi 1 décembre 2016

ASSE - Marseille, 0-0

Conscient des la faible efficacité offensive de son équipe, le staff Stéphanois a décidé de changer quelque chose. Un des problèmes identifiés est que l'avant-centre est trop isolé, ne reçoit pas beaucoup des ballons, et souvent ils ne sont pas facilement exploitables. La solution à ce problème semble évidente : placer un deuxième joueur en soutien de l'avant-centre. C'est à quoi on a eu droit lors des trois derniers matchs, en espace d'une semaine.


Déroulement du match contre Mainz


Les Verts attaquent en 4-4-2 avec Saivet en soutien de Roux et posent beaucoup des problèmes au bloc Allemand par leur pressing et la mobilité de Saivet, Tannane et KMP. On assiste ainsi à 30 premières minutes parmi les plus abouties de cette saison, mais l'inefficacité offensive ne nous permet pas de prendre l'avantage. 



On recule, le milieu adverse commence à prendre le dessus. Et comme un 0-0 nous qualifie, à partir de la 60ème, Galtier décide de verrouiller et passe dans le 4-1-4-1 standard, avec Selnaes en sentinelle, Veretout et Saivet devant lui. On est une équipe très solide dans ce système et le score est maintenu vierge, l'objectif est atteint.



Déroulement du match contre Angers


Quatre jours plus tard, les Verts commencent le match en 4-2-3-1 avec Saivet en soutien de Roux. On ne tient pas le ballon, on est en dessous physiquement et on concède l'ouverture du score et plein d'autres occasions - une des raison est aussi que la ligne de deux axiaux Dabo-Pajot est trop loin de la ligne des défenseurs et les adversaires se placent intelligemment dans cet espace. Comme on est menés, Galtier ne se permet pas d'enlever un élément offensif pour colmater cet espace en plaçant une sentinelle. 



On ne sait pas ce qu'il s'est dit exactement dans le vestiaire à la pause, mais les Verts sont beaucoup plus motivés et audacieux en 2MT. Ils jouent toujours en 4-2-3-1, mais plus bas pour ne plus laisser d'espace entre les lignes. Ils lancent ainsi des contres très rapides dès la récupération du ballon, en profitant du placement haut de Saivet et de la vitesse de Malcuit. On renverse le résultat et on gagne en faisant une deuxième période très convaincante.


Déroulement du match contre Marseille


Trois jours plus tard, les Verts commencent le match en 4-2-3-1 avec Saivet en soutien de Söderlund, Roux étant blessé. A noter que Saivet et Tannane ont joué l'intégralité des deux autres matchs des derniers 7 jours, sauf 6 minutes pour le premier.



Comme contre Angers le début du match n'est pas favorable aux Stéphanois qui ratent tout ce qu'ils essaient offensivement et qui sont plutôt fébriles défensivement. On a clairement un problème de bien défendre sans une sentinelle contre une équipe qui a la possession du ballon. A la différence du match précédent, on arrive à la pause sans être menés au score grâce aux parades de Ruffier (4 tirs cadrés de la surface, dans le jeu, pour Marseille... 0 pour nous).

On peut s'attendre à un discours dans le vestiaire similaire à celui d'Angers, pour réveiller l'équipe et refaire une 2MT comme dans le match précédent. Mais à la différence de ce match, on n'est pas mené, on n'a pas "besoin" de marquer absolument. Alors la solution choisie est celle contre les Allemands : on change de système pour sécuriser derrière, on utilise une sentinelle, quitte à isoler de nouveau l'avant-centre :


Galtier a senti que son équipe n'est pas en mesure de gagner ce match, avec des joueurs trop fatigués ou à court de forme car revenant des blessures. Et il s'est dit ainsi qu'il vaut mieux ne pas perdre si on ne peut pas gagner. Une décision logique, mais qui nous a fait donc passer à côté d'un match entier et non plus juste une période, comme lors des précédentes rencontres.



A l'heure actuelle on semble avoir une équipe qui se cherche une identité, qui aimerait comme nous tous faire plus et mieux, mais qui ne sait pas comment, surtout sans se mettre en danger.