samedi 1 octobre 2016

ASSE - Anderlecht, 1-1 (Roux)

Quatre jours auparavant, lors de la réception de Lille, on croyait avoir atteint un record, avec 9 absents au coup d'envoi, dont 7 blessés. Et bien, la réception d'Anderlecht nous a simplement permis de battre notre propre record : 10 absents, dont 9 blessés. Et parmi les 9 blessés, 6 défenseurs.

La tactique et le système à mettre en place deviennent ainsi secondaire, il faut d'abord trouver un 11 de départ qui tient la route... et espérer que ça colle. Comme contre Lille, le choix de Galtier a été de sur-peupler la défense - si on joue avec des joueurs pas trop habitués à ce poste, au moins en avoir plusieurs.

3-5-2 contre 4-2-3-1


Ce qui a été différent de Lille, c'est que Galtier a choisit d'agglomérer le centre du terrain, probablement craignant les hommes forts belges, leur 8 (Tielemans) et 10 (Stanciu). Mais en faisant ce choix, il a complètement abandonné les ailes, en mettant un seul joueur de couloir de chaque côté et en n'ayant même pas des attaquants latéraux / ailiers comme dans un 3-4-3 :




Le problème c'est que les Belges ont bien lu cette faiblesse du système Stéphanois et ont décidé d'attaquer sur les ailes, surtout sur notre droite, où notre défenseur central, Karamoko, était moins expérimenté. Voilà une capture d'écran où on peut voir une attaque adverse sur notre droite :


L'ailier gauche adverse se place intelligemment entre Malcuit et Karamoko et le défenseur gauche monte avec le ballon. Si Malcuit monte sur lui, Karamoko doit prendre l'ailier, mais l'avant-centre s'est aussi positionné entre Karamoko et Lacroix, nos défenseurs devrait rester serrés. Pour compliquer les choses, le 10 adverse vient aussi se proposer sur ce côté, attirant en même temps Clément et Pajot et dépeuplant complètement le centre du terrain. La réponse à cette attaque était celle-ci, nos milieux du terrain doivent défendre sur le côté, un sur le 10, l'autre sur le défenseur. Ça en demande beaucoup de mouvement et des efforts, donc moins de souffle pour nos attaques.

Le résultat ?


On a tenu bon, malgré ce point faible sur les côté, principalement en multipliant les efforts pour couvrir les espaces. Et finalement on a pris un but sur un penalty généreux - ce but nous a fait mal à la tête... mais pas pour longtemps. Parce que l'état d'esprit Stéphanois est là, parce que ce groupe est extraordinaire et doté d'un caractère de vainqueur. 

Parce que oui, ce match nul arraché à la dernière seconde, sur une grosse erreur du gardien adverse, à des allures de victoire. Et si les organismes sont fatigués, le moral est très haut... vivement le derby!

RCT - Clermont, 23-21 (Ollivon, Gorgodze)

Après les ailiers, les centres. Si en début de saison il y avait une pénurie des ailiers, maintenant Tuisova, Müller, O'Connor sont de retour, ainsi que le joker Carraro. Par contre, Nonu, Bastareaud et le jeune Belleau sont forfaits au centre et, malgré leurs absences, Yobo reste toujours à la maison - il n'a plus rejoué après avoir joué toutes les minutes des deux premiers matchs (à l'aile). Assez embêtant pour un joueur avec un contrat pro...

Défoncez d'abord, on verra après


Enfin, choix du staff, comme probablement la tactique mise en place : user et abuser de l'impact physique. Pour le premier match de la série de quatre gros, à Toulouse, le choix a été de défendre sur la largeur et laisser à l'adversaire le jeu. Pour le deuxième, au Racing, le choix a été d'attaquer sur la largeur, mais sans inspiration. Pour ce troisième match, contre Clermont, le choix a été d'attaquer, mais en envoyant les gros casser la ligne, dans le défi physique, jusque ça craque.

Et ça a marché, l'impact physique a été toulonnais... en première période, quand les clermontois ont du faire trois changement déjà. Le problème c'est que les joueurs du RCT ont eu un gros coup de mou après la pause, encaissant deux essais dans les 20 premières minute de la deuxième période. Etre menés 16-21 à la 65ème, à la maison, ça a eu le don de réveiller les toulonnais, même si leurs attaques ont continuer à être stéréotypées et brouillonnes. Par exemple, à la 70ème, deux pénalités consécutives dans le camp adverse ont été jouées en touches. Les touches n'ont rien donné autre que des mêlées finalement gagnées par l'ASM qui s'est ensuite dégagé. Finalement la victoire a été toulonnaise, avec un autre essai, marqué en force.

Si on peut saluer l'état d'esprit et l'investissement des véritables guerriers toulonnais, on peut quand même regretter l'absence d'un beau jeu - pour l'instant cette saison, on n'a pas encore assisté à une partitions offensive digne de ce nom.

Attaque toulonnaise


Le match a été brouillon, a eu du mal à démarrer. Si on prend par exemple le début du match, il a été une succession des arrêts de jeu: coup d'envoi, touche, pénalité. Coup d'envoi, mêlée, refaite, pénalité, touche, mêlée, refaite, pénalité, touche... et le chrono montre 7:30 minutes ! Il s'en suit la première longue attaque toulonnaise, qu'on va illustrer, tellement elle est représentative de ce match.

Touche toulonnaise à l'entrée des 40m adverse, sur la droite. Tilous-Borde (9) est le relayeur, ils sort pour un premier point de fixation au centre avec Mermoz (12). Attaque classique, le jeu est envoyé encore plus loin au large, avec les trois quarts :


Trihn-Duc (10) touche pour la première fois le ballon, il envoie le deuxième centre, O'Connor (13) pour un autre point de fixation. Tilous-Borde sort pour une première percussion de Gorgodze (4) - la première fois qu'on avance - et après renverse le jeu pour Trihn-Duc :


La défense est bien en place sur la largeur alors celui-ci renvoi la passe dans le fermé. Une première percussion de van der Merwe, puis une deuxième de Gorgodze, puis une troisième de Gill - heureusement que nos avants sont forts à l'impact, on avance. Puis Tilous-Borde se faufile dans un trou de souris, il est arrêté à 15m de l'en-but. Chiocci (1) sort le ballon :


Et il le sort comme un vrai 9, vers son demi d'ouverture, Trihn-Duc (10), vers l'extérieur où il y a un surnombre. Plutôt mal négocié par Halfpenny (15), Ollivon (8) est plaqué. Alors notre demi de mêlée sort de nouveau... pour un gros, Taofifénua (5) qui avance jusqu'aux 5m :


Tilous-Borde joue dans le fermé sur O'Connor (13), il ne faut surtout pas ouvrir au large. Un autre point de fixation et il sort le ballon pour... une percussion de Gorgodze et après le ballon est perdu à 5m de la ligne. Voilà un exemple-type d'une longue attaque construite des toulonnais pendant ce match. Onze phases de jeu, pendant lesquelles notre 9 a sorti dix fois le ballon : deux fois pour le 10, deux fois pour des centres, une fois pour lui-même et cinq fois pour les avants (dont trois fois pour Gorgodze).

On retiendra la victoire. Quant à la qualité du jeu offensif, on ne peut qu'espérer que l'arrivée de Mike Ford changera quelque chose...

lundi 26 septembre 2016

ASSE - Lille, 3-1 (Beric, Nordin, Roux)

Un groupe extraordinaire


Avec seulement deux défenseurs de métier dans le onze de départ, avec un seul qui en restait après 30 minutes de jeu et encore une blessure musculaire, on pouvait craindre le pire. Et pourtant, ce groupe a un caractère extraordinaire qui lui permet d'obtenir des résultats dans les conditions les plus improbable possibles.

Improvisation et stérilité


Après la hécatombe de Nantes, il a été difficile pour Galtier de former un groupe compétitif pour ce match : 9 absents au coup d'envoi, 7 blessés, un malade et un suspendu. Sur les 21 joueurs de champ confirmés de l'effectif, ça fait vraiment beaucoup et on a retrouvé ainsi plusieurs jeunes dans le groupe. Mais surtout, on a retrouvé plusieurs joueurs à des postes inhabituels, comme Selnaes et Dabo en défense centrale, Veretout aussi après la sortie du dernier, ou bien comme KMP et Tannane (après la sortie de RPG) en latéraux.

Le choix du 3-4-3 peut sembler bizarre, mais probablement le coach a voulu une solution supplémentaire dans l'axe de la défense, vu le manque d'expérience à ce poste de Selnaes et Dabo. Aussi, KMP est plus à l'aise dans le rôle de piston sur le côté que dans celui de latéral dans une défense à 4, ce qui est valable pour Tannane aussi. Cependant, ce système n'est pas le plus adapté contre une équipe qui joue en 4-2-3-1 : on est en sous-nombre au milieu, mais aussi sur les côtés.

Les attaques Stéphanoises ont été assez stériles lors de la première période : avec 68,6% de possession de balle et 84% des passes réussies, on a clairement contrôlé le jeu. Mais en vain, on a tiré 3 fois, sans cadrer. Le contraire de Lille qui a préféré défendre et jouer des longs ballons sur leur grand avant-centre. Un jeu direct qui a eu comme résultat 6 tirs, dont 2 cadrés et une barre.

Après la pause


Tout a changé à la mi-temps. D'abord, le carton rouge lillois a modifié la donne, leur "10" est sorti et une équipe en 4-4-1 n'a plus de surnombre au centre du terrain :


L'autre changement intervenu à la pause a été la permutation des centraux dans notre défense : Lacroix est passé central pour mieux museler l'avant-centre adverse, Selnaes est passé à gauche et Dabo à droite, chacun sur son bon pied, donc. Le but initial était de placer notre meneur de jeu norvégien en plein axe, pour mieux orienter le jeu - avec ce changement son influence diminue un peu, mais Dabo a la possibilité de se projeter plus facilement vers l'avant, profitant ainsi de l'espace laisser libre par le joueur expulsé.

Pour mieux illustrer tout ceci, prenons un exemple d'une longue action Stéphanoise. Tout part d'un long ballon pour Eder, qui le perd dans la surface. Veretout récupère le ballon, le sort à droite pour KMP qui a le champ libre devant lui :


KMP est finalement bloqué par un milieu, alors il repasse par le centre et Veretout qui ouvre tout de suite à gauche, dans le couloir de l'autre piston, Tannane. On peut voire que les couloirs lillois ne sont pas protégés par leur milieux latéraux, c'est donc normal d'essayer de passer par les côtés :


Le centre de Tannane est repoussé par la défense.. jusque dans les pieds de Selnaes. On voit sur l'image suivante l'importance d'un homme qui manque au milieu lillois : deux de nos défenseurs centraux sont bien haut dans la moitié adverse, tout le bloc lillois est dans leurs 20m, il y a énormément de place libre au centre du terrain :


Selnaes avance et centre, le sien est repoussé par la défense aussi, mais de nouveau récupéré instantanément, Dabo a le ballon :


Le bloc lillois est bas, mais bien en place (on verrait bien les deux lignes de 4 si leur milieu gauche montait sur KMP). De plus, ils ne sont pas en déséquilibre (4 défenseurs pour 3 attaquants, 4 milieux de chaque côté). Mais il n'y a personne pour empêcher la montée de Dabo, qui s'appuie sur KMP :


Comme il est pris par un milieu central, Dabo s'appuie de nouveau sur KMP qui ressort rapidement au milieu, à Veretout (comme en début de l'action). L'équilibre a un peu changé : Pajot s'est projeté dans la défense, occupant ainsi un défenseur central : il n'y a plus de surnombre défensif pour Lille, surtout que leurs milieux centraux ne peuvent pas descendre plus bas. Cette fois-ci, Veretout ne change pas de côté, mais reste dans le petit périmètre, en jouant de nouveau avec Dabo :


Le bloc lillois est cassé : à la place des deux lignes de quatre, ils ont une ligne de 6 et une de 2. Néanmoins, il n'y a pas de décalage trouvé, sauf que Beric et Roux vont s'en occuper. Tous les deux était hors-jeu, suite à des appels faits quelques secondes auparavant. Ils reviennent dans la ligne, mais chacun visant un défenseur central, leurs appels qui suivent cherchant à les attirer :


Ça marche très bien et ça laisse Pajot et Nordin seuls avec un seul défenseur latéral. C'est presque dommage que le centre de Dabo n'est pas pour eux au deuxième poteau, mais pour Beric dans la surface. Après, ça permet à ce dernier de montrer encore une fois son efficacité incroyable dans la surface et à l'équipe de débloquer le match...

Conclusions


Les résultats construits dans l'adversité forgent un groupe, et celui des Verts montre encore une fois un état d'esprit exceptionnel. Si on rajoute un brin de réussite, des faits de jeu et des ajustements tactiques, on obtient les ingrédients d'une belle histoire, comme celle de ce dimanche après-midi.

samedi 24 septembre 2016

Nantes - ASSE, 0-0

Une fois n'est pas coutume, il n'y aura pas d'analyse tactique après ce match. Parce que ce qu'on retiendra le plus c'est les premières 20 minutes des Verts : trois changements sur blessure, penalty concédé mais arrêté, expulsion et blessure sur penalty. A la fin, des Verts héroiques ont résisté, grâce à leur abnégation, au sens de sacrifice pour le collectif (un milieu en défenseur central, un attaquant en latéral...) et bien sûr aux parades de Ruffier, auteur de 6 arrêts, dont 2 dans les dernières 5 minutes.


L'image qui résume tout



Fin de match, sans commentaires...


Les blessés


Bien évidemment, 4 blessés dans les premiers 20 minutes d'un match, c'est extrêmement rare et ça pose des questions. On espère que ces questions et remise en cause du staff seront bénéfiques et des résultats seront visibles bientôt. Parce qu'un effectif de 23 joueurs pros confirmés (plus des jeunes) ne suffit pas du tout pour des matchs tous les trois jours si on perd un joueur par match... en espérant donc que 4 sur 20 minutes reste une exception. 

Si on regarde les blessés stéphanois lors de cette saison, on peut identifier plusieurs catégories :
  • Reprise trop rapide ?
    • M'Bengué
      • préparation d'avant-saison tronquée, sans club à l'époque
      • claquage à la cuisse à la 9ème lors de sa première apparition, à Bordeaux
      • il revient 4 semaines plus tard pour se faire une entorse au genou à la 62ème lors de son retour, à Paris
    • Saivet
      • préparation d'avant-saison tronquée à cause de blessure
      • blessure musculaire, absence de 5 semaines annoncée, cause inconnue, c'est arrivé après le match à Mainz (où il a été remplacé à la 80ème)
      • il avait joué 70-80 minutes lors de chacun des 3 matchs possibles après son arrivée, un avant la trêve internationale, deux après
    • Söderlund
      • préparation tronquée après une blessure en fin de saison dernière
      • blessé au psoas après le match à Bordeaux, revient dans le groupe après 3 semaines
      • a été dans groupe lors des 3 premiers matchs, il est entré 17' lors du 3ème, à Bordeaux. Il n'a pas encore démarré un match cette saison
  • Pas assez de repos ?
    • KTC
      • absent (un) match lors d'une béquille prise contre Bastia
      • il avait joué quasiment toutes les minutes lors des 10 premiers matchs, en étant remplaçant (entré à la 61ème) lors du 5ème
    • Pogba
      • blessure aux ischio-jambiers à la 11ème à Nantes, plusieurs semaines d'absence annoncées
      • il avait joué toutes les minutes lors des 9 premiers matchs, mais il avait était au repos lors du 10ème, pour se blesser juste après 
    • Perrin
      • sorti à la 21ème lors du match à Nantes suite à un coup à la cuisse
      • il avait joué 9 matchs pleins sur les 10 premiers, manquant le 7ème suspendu
    • Malcuit
      • sorti à la 17ème expulsé et blessé lors du match à Nantes
      • il avait joué les 6 derniers matchs pleins, mais était resté sur le banc les 4 premiers de la saison
    • Lemoine
      • blessure au mollet à la 10ème à Nantes, plusieurs semaines d'absence annoncées
      • il avait joué 617 minutes sur les 900 possibles : des matchs pleins, mais aussi un match suspendu, un autre titulaire remplacé, un autre remplaçant entré en jeu. Il avait joué que 3 minutes lors du dernier match
  • Pas de chance ?
    • Dabo
      • entorse à la cheville à la 30ème à Athènes (2ème match de la saison), revenu dans le groupe après 4 semaines
    • Polomat
      • grosse blessure musculaire à la cuisse, absence de 8 semaines annoncée, pas d'opération nécessaire, cause inconnue, c'est arrivé après le match à Jérusalem
      • il avait joué 351 minutes lors de 360 possibles sur les 4 premiers matchs de la saison
    • Hamouma
      • blessure au mollet à la mi-temps du match à Jérusalem, revenu dans le groupe après 2 semaines
      • il avait joué quasiment toutes les minutes des 3 matchs possibles auparavant, en étant remplacé deux fois après la 80ème
On va dire qu'une blessure qui intervient après seulement 3 matchs enchaînés, tôt dans la saison, ne peut pas être imputée à la préparation physique. Mais il semble clair que Perrin, Pogba et en moindre mesure Lemoine et KTC paient le prix d'avoir joué trop des matchs. Par contre, si un match de repos (Lemoine, Pogba) ne suffit pas, on est mal. Même si Galtier décide d'imposer une rotation très forte, au détriment de la cohésion, ça ne sert à rien si les joueurs ne récupèrent pas vite. Quant aux blessures intervenues après une reprise précipitée et trop intense, la solution est évidente.

Par contre, sans vouloir être trop pessimiste, la situation actuelle risque d'empirer. Le grand nombre de blessés limite grandement la rotation possible. Et si les causes des blessures résident dans la préparation d'avant-saison, le mal est fait. L'éventuelle remise en cause du staff aidera, mais à court terme on en subira encore...

jeudi 22 septembre 2016

Racing - RCT, 41-30 (Pelissié, de pénalité, Belleau)

Cinquième match de la saison, quatrième à l'extérieur, deuxième de la grosse série Top 5 de septembre et... premier match du RCT sans le moindre point. Pour confirmer la bonne prestation de Toulouse, Diego Dominguez a choisit un groupe très similaire, avec Suta, Kruger, Bernard toujours écartés.

Par contre, la physionomie du match est différente cette fois-ci. Si à Toulouse les toulonnais ont choisit de défendre et frapper à des moments clés, au Racing ils ont essayé de faire le jeu. C'est difficile à comprendre pourquoi, tant les attaques du RCT n'étaient pas efficaces. En tout cas, les 10 premières minutes, le match était à sens unique, le Racing privé des ballons... et le RCT quasiment pas du tout entré dans les 22m adverses. Après, le Racing a fait preuve d'un énorme réalisme, marquant 3 essais entre la 16ème et la 28ème minute. Comment ? En étant très efficaces, certes, mais surtout profitant de l'incroyable défense des toulonnais : à la 31ème, ils avaient fait 54 plaquages, dont 13 ratés et 5 pas efficaces, donc seulement 66% des plaquages réussis !

Menés de seulement 4 points à la mi-temps et maintenant avec l'appuis du vent, on aurait pu croire que la deuxième période serait celle du réveil toulonnais. Bon... 3 autres essais en 20 minutes, une sacrée correction. La raison ? Simple, les stats sur les plaquages sont dans la continuité, seulement 75% de réussis à la 53ème, par exemple.

Le réveil toulonnais est tardif, mais il passe par le secteur de jeu qui a donné satisfaction, la mêlée - le Racing a perdu la moitié de ses mêlées et a pris un jaune et un essai de pénalité suite à une à 5m. Un autre point positif peut être le faible nombre de pénalités concédées, 8, la moitié de la semaine précedente ou de la moyenne jusque là... Après, c'est peut être juste une conséquence de la largesse défensive toulonnaise ?

Pour illustrer cette largesse, analysons le quatrième essai du Racing, qui part d'un dégagement au pied dès les 22m toulonnais qui ne trouve pas la touche et l'arrière adverse relance :


Il relance intelligemment dans le fermé, il sait qu'il se fera attrapé, mais il concentre encore plus les gros. Sur le point de fixation créé, le ballon sort très vite pour le 7 :


Un troisième ligne qui prend tout le monde de vitesse, passant tranquillement entre les défenseurs - on va dire que le rideau défensif n'était pas en place. Il se fait attrapé dans les 22, le ballon sort et plusieurs temps de jeu plus tard, il sort de nouveau. Cette fois ci, pour un autre troisième ligne, le 6. Qui a un rideau défensif en face, formé de Tuisova (14) et Guirado (2), alors il décide de les contourné à la course, vu que le troisième dans le rideau, Trinh-Duc (10) et trop loin pour serrer :


Un mauvais dégagement, touche pas trouvée, une efficacité sans pitié et surtout une défense sans conviction - aucun plaquage n'a été tenté quand les troisième lignes adverses ont franchi le rideau...


Pour résumer, une défense passoire, une animation offensive stérile, avant de jouer contre l'ogre clermontois, ça fait un peu peur...

lundi 19 septembre 2016

ASSE - Bastia, 1-0 (Hamouma)

Les Corses ont proposé un 4-3-3 assez bas sur le terrain, laissant leur avant-centre (AC) presser à lui tout seul les défenseurs Stéphanois. Sans surprise, un seul joueur pris dans le triangle centraux - Selnaes n'a aucune chance pour empêcher une relance propre, notre meneur reculé est facilement trouvable. Il peut donc orienté le jeu, soit vers l'avant, soit en passant de nouveau par ses centraux, comme dans cet exemple :


On peut voir la ligne des trois milieux centraux de Bastia (MC) qui doivent gérer nos deux relayeurs (Pajot et Veretout), les ailiers Corses s'occupant naturellement de nos latéraux. Dans cet exemple, le ballon circule entre Perrin, Selnaes et Lacroix pour arriver sur le côté droit à Malcuit 10 secondes plus tard. C'est bouché de ce côté, alors on repasse par le triangle derrière :


Cependant, cette fois-ci, les données au milieu ont changé : Pajot s'est projeté vers l'avant en même temps que Beric décroche pour faire un appel. C'est un mouvement dans le vide, censé concentré l'attention des Corses, pendant que le ballon, suivant son trajet habituel central - Selnaes - central, arrive de nouveau à Perrin, 5 secondes plus tard :


Et maintenant c'est Veretout qui fait un appel en profondeur, pendant que Pajot revient au milieu du terrain, un vrai exemple du double pivot qui n'a pas trop marché contre Bordeaux. La défense adverse était attirée d'un côté, ce qui crée de l'espace pour Veretout, entre le latéral (au marquage de Tannane, pas dans le cadre), le défenseur central (qui a du serrer à gauche quand Pajot s'est projeté et Beric a décroché) et derrière son milieu central.

La suite de l'action n'est pas importante (le latéral doit bloquer Veretout, libérant ainsi Tannane qui est trouvé par Perrin), c'était juste un exemple d'attaque Stéphanoise. Attaque construite sur deux piliers : un Selnaes facile à trouver au centre du terrain et des appels en double pivot des deux relayeurs.

Quelques jours auparavant, en Allemagne, ça n'a pas été si facile, pour deux raisons simples. La principale est que Mainz jouait avec un élément offensif supplémentaire (le "10" dans un 4-2-3-1) et le jeu stéphanois avait été bien décrypté. En conférence de presse d'après match, le coach Stéphanois était assez remonté sur le manque des appels et sur le fait qu'il a du changer de dispositif tactique pour y parvenir. Et il a tout à fait raison, dans un système avec deux milieux relayeurs, rien n'empêche un d'entre eux de descendre bas et offrir une possibilité de passe supplémentaire à nos centraux. Lemoine et Dabo l'ont fait que trop rarement et ce manque de mouvement sans ballon a détruit nos ambitions offensives autant que le pressing de Mainz.

On a un jeu qui se met en place peu à peu, avec beaucoup des nouveaux joueurs, mais on construit nos attaques et on est patients. Quand on met les ingrédients nécessaires, ça marche, même si cette construction de jeu a comme but seulement de créer des décalages et amener le ballon dans les 30 derniers mètres adverses - à partir de là c'est aux attaquants de faire la différence et pour l'instant cette partie coince encore un peu. On remarque qu'il est possible de contrer la relance Stéphanoise, avec un pressing des quatre éléments offensifs, mais c'est dur physiquement pour les adversaires, il faut être patient pour les fatiguer. Et tant qu'il y a du mouvent, on peut contourner ce pressing, ce qui nous donne droit à espérer encore plus de jeu de la part de nos Verts.

vendredi 16 septembre 2016

Mainz - ASSE, 1-1 (Beric)

Est-ce que un nul en Allemagne est un bon ou un mauvais résultat pour les Verts ? Il est difficile à dire - vu le contexte du match, en déplacement chez un inconnu, survolté par son premier match européen de l'histoire, vu qu'on a égalisé dans les dernières minutes, on dirait que c'est un bon point de pris. Par contre, vu le niveau de l'adversaire, les Verts auraient du faire mieux. Quand une équipe finit un match à domicile avec 60% des passes réussies, on est en droit de se dire que l'ASSE aurait du gagner. 

Mais au delà du résultat, ce qui interpelle c'était l'incapacité des Verts de prendre le jeu à leur compte, de faire mal à l'adversaire. Enfin, jusqu'à l'ouverture du score sur corner, à la 57ème. A partir de ce moment les Verts ont été dominateurs - équipe à réaction ? changement de schéma tactique (de 4-3-3 à 4-2-3-1 et après à 4-4-2) ? Peut-être un peu des deux, mais surtout l'inexpérience allemande, les joueurs adverses ont fait un pas en arrière dès qu'ils ont marqué un but. Et à partir de là, les Verts ont bien dominé, avec plus de 67% de possession de balle. Le but de l'égalisation est arrivé logiquement et l'impression était que si le match continuait encore 10 minutes, on aurait pu gagner.

Le pressing de Mainz


Comment ont fait les Allemands pour empêcher les Verts de développer leur jeu et d'asseoir leur domination avant l'ouverture du score ? Assez simple, grâce à un bon pressing qui avait comme but d'empêcher une relance propre et pas forcement de récupérer le ballon :


Le circuit de relance stéphanois en 4-3-3 est en général simple : gardien - Perrin - Selnaes qui distribue ensuite vers ses milieux relayeurs ou les latéraux. Alors les Allemands ont décidé de presser à 4 : deux joueurs, l'avant-centre et le "10", coupaient les angles de passe entre les centraux et Selnaes. Rien que par leur positionnement, ils ont empêché une relance propre. Ce qui forçait un circuit de passe stéphanois vers un de nos latéraux. Et les deux ailiers adverses se positionnaient pour couper les passes vers l'intérieur (donc vers Selnaes ou un autre milieu), nous forçant ainsi de jouer le long des lignes de touche.


Pour pousser le vice encore plus loin, de temps en temps le "10" adverse faisait une montée quand le ballon était dans les pieds de Perrin, mais quasiment jamais quand c'était KTC qui l'avait. Le but était d'empêcher notre capitaine de faire une longue relance et de nous forcer la faire avec le défenseur moins à l'aise dans ce registre. KTC a fini ainsi le match avec deux fois plus des longues passes que Perrin.

Cette première ligne de défense à 4 nous a bien gêné et on a eu du mal à construire en partant de derrière. Jusqu'à l'ouverture du score et l'arrêt du pressing allemand. A noter quand même que Galtier avait déjà prévu une solution tactique pour s'en sortir, le passage à deux milieux défensifs, Selnaes et Lemoine/Veretout, pour ouvrir plus des possibilités de passe pour nos défenseurs.

A la fin ça a marché, mais dans le futur il faudra un peu plus de mouvement sans ballon pour se sortir de ce type de défense censée nous empêcher de construire. L'exemple type est un milieu relayeur qui descend à la hauteur de Selnaes pour recevoir le ballon et distribuer le jeu à la place du Norvégien - chose que Lemoine et Dabo ont fait que trop rarement lors de la première période. Et quand ils l'ont fait, c'était pour redonner le ballon en arrière, à un défenseur central, donc on repartait avec le même problème, comment dépasser proprement cette première ligne de quatre.