lundi 9 octobre 2023

ASSE - Ajaccio, 0-0

Un nul satisfaisant


Les Verts ont continué leur belle série de huit matchs sans défaite avec un match nul et vierge, à domicile contre Ajaccio

Il n'y a pas de débat, le visage affiché par les protégés de Laurent Batlles entre les deux trêves internationales a été celui d'une solidité défensive. Cinq matchs et quatre clean sheets, le seul but encaissé étant dans le temps additionnel à Caen, quand la victoire était déjà acquise. Cette préoccupation pour la défense vient avec un prix, l'animation offensive n'est plus un priorité. Les Stéphanois ont néanmoins réussi à marquer et s'imposer, mais pas lors du dernier match de la série, qui a vu s'opposer deux équipes qui ont cherché - et réussi - à ne pas prendre de but avant tout.

Pour mieux comprendre comment les deux équipes ont cherché à museler leur adversaire, voici quelques exemples. Le premier commence à la 12e minute avec une possession corse :


On voit bien les 4 défenseurs d'Ajaccio, attendus par les 3 offensifs stéphanois, qui ne les attaquent pas. Ainsi que deux milieux centraux pris en marquage individuel par Bouchouari et Fomba...


... tout comme le troisième, suivi par Tardieu. Les 3 milieux verts suivent leurs adversaires directs, mais la tâche est difficile pour Bouchouari, car la sentinelle corse se décale à gauche de sa défense. Un défenseur central monte, échange avec un milieu, et envoie ensuite le ballon là-bas :


Bouchouari monte haut pour le chercher, Tardieu suit aussi son adversaire. Comme Sissoko ne fait aucun pressing, les Corses combinent encore dans la défense...


... et le milieu adverse peut tranquillement préparer son jeu en profondeur.

Le même positionnement à gauche de la défense pour le milieu défensif a pu être observé à des nombreuses reprises, mettant en difficulté le marquage individuel que les Stéphanois avaient préparé au milieu. Par exemple, à la 23e :


On peut bien voir le (4)-3-3 des Verts avec un triangle pointe basse au milieu, mais les adversaires directs, les trois milieux adverses, ne sont pas dans la zone. Il n'y a toujours pas de pressing fait sur les défenseurs corses, alors un d'entre eux monte avec le ballon...


... avant de s'appuyer sur un des milieux et ensuite redonner le ballon à la défense. Fomba et Tardieu ont chacun pris un des milieux, Bouchouari n'a pas d'adversaire direct, c'est plutôt Sissoko qui se place dans la zone de la sentinelle adverse, excentrée. Mais il reste relativement loin :


Finalement, comme côté Ajaccio le latéral gauche et le milieu défensif ont échangé leurs places, les Verts se retrouvent en 3-contre-3 au milieu :


Par contre, une incompréhension entre Tardieu et Fomba fait que ce dernier ce retrouve avec deux adversaires dans son dos. Attiré par le milieu, il permet à la sentinelle adverse de trouver le latéral entre les lignes avec une passe lobée, sans conséquence pour la suite.

Les Verts ont donc cherché à bloquer le milieu adverse et ainsi toute construction adverse - la solution envisagée par Ajaccio a été d'excentrer la sentinelle en latéral gauche, tout comme Gasset le faisait avec M'Vila. De nos jours l'approche a été différente :


A la 14e minute, une construction stéphanoise permet de voir qu'Ajaccio a proposé exactement la même chose au milieu pour empêcher les Verts de développer le jeu. Tardieu, Bouchouari et Fomba ont chacun été pris en marquage individuel par leur adversaires directs :


Donc les Verts ont été obligés de passer principalement par les côtés, lançant les deus ailiers en 1-contre-1 dans les couloirs. Dans cet exemple ça a bien marché, Cafaro a éliminé son adversaire direct, mais Sissoko a été trop court pour reprendre son centre.


Pour faire simple, les deux équipes ont plutôt bien réussi à museler les construction adverses. C'est donc sans surprise que le match s'est fini sur un score nul et vierge. Même si un changement tactique stéphanois peu après l'heure de jeu a modifié un peu la donne - Chambost est entré en "10", les Verts ont proposé un triangle pointe haute au milieu, avec un joueur entre les lignes adverses. Par contre, ça n'a pas duré longtemps, seulement 7 minutes. Vu la profondeur du banc au poste d'ailier, pour la troisième fois consécutive Chambost se retrouve excentré dans un couloir pendant que le rôle de meneur de jeu est pris par Lobry, qui est bien moins à l'aise à ce poste. A Troyes, Chambost a joué 14 minutes à l'aile gauche, avec Bouchouari (5') et ensuite Lobry en "10". Contre Concarneau, après 15 minutes en "10", Chambost est passé à l'aile droite (Bentayg à gauche) et Lobry en "10" pour les 3 dernières minutes. Finalement, contre Ajaccio, les 18 dernières minutes ont été jouées avec Chambost à gauche et Lobry en "10". 


Conclusions


Si en théorie un 0-0 à domicile sans proposer grande chose offensivement n'est pas un si bon résultat, c'est quand-même satisfaisant de pouvoir continuer la série d'invincibilité et des clean sheets, ainsi que prendre 13 points sur 15 sur ce bloc de matchs. Surtout en prenant en compte la situation fin août. Comme on l'a vu lors de la précédente trêve, le staff stéphanois est capable de prendre du recul, analyser ce qui ne va pas et changer en conséquence. Et les déclaration d'après match sont très explicites, notamment un "on ne doit pas se contenter de ça, car à un moment donné ça ne passera pas" après Concarneau. Tout comme l'analyse des profils à sa disposition, entre les latéraux plutôt défensifs et le manque de profondeur du banc aux ailes. Bref, on peut légitiment attendre un visage différent des Verts après cette trêve, surtout que le prochain bloc de matchs, jusqu'à la Coupe de France mi-novembre, verra les protégés de Laurent Batlles s'opposer aux trois premiers du championnat...

jeudi 5 octobre 2023

ASSE - Dunkerque, 2-0 (Sissoko, Cafaro)

Toujours la même chose


On ne change pas une équipe qui gagne...


... même si elle gagne difficilement, dans les dernières minutes, parfois avec de la chance. Même si la manière n'y est pas : "on ne doit pas se contenter de ça, car à un moment donné ça ne passera pas".


dimanche 1 octobre 2023

Troyes - ASSE, 0-1 (Moueffek)

Victoire méritée ?


Les Verts ont gagné leur troisième déplacement consécutif, au forceps, au bout du temps additionnel...

Les protégés de Laurent Batlles ont fait le dos rond, ont concédé beaucoup de tirs - rarement cadrés - et ont fini par s'imposer en tout fin du match. Un hold-up, un scénario cruel pour leurs adversaires, que les Stéphanois ont aussi subi par le passé. Mais un match dans la continuité des deux précédents, avec une recherche de solidité défensive avant de proposer une vraie animation offensive. Le 11 de départ a été quasiment inchangé par rapport aux deux rencontres précédentes, en 4-1-4-1 : 


Seul l'avant-centre a changé, Sissoko étant préféré à Charbonnier. Bloc équipe resserré et bien en place, obligeant les adversaires à jouer long, au dessus, des latéraux qui ne montent quasiment pas, ou en tout cas jamais en même temps... bref, une équipe solide défensivement. A l'heure de jeu, un changement tactique a été opéré, les Verts ont évolué en 4-4-2 / 4-2-3-1. D'abord Charbonnier a remplacé Fomba et s'est positionné en 9 1/2, en soutien de Sissoko. Ensuite il est resté le seul avant centre et il a eu en soutien Bouchouari pour quelques minutes, puis Lobry en fin de match : 


La partie surprenante dans ces changements n'est pas le système tactique légèrement différent, mais l'utilisation de Chambost. Même si son profil est celui d'un meneur de jeu, il est entré à l'aile gauche, pendant que le poste de "10" a été pris par Charbonnier, Bouchouari et Lobry. L'explication vient d'un changement d'animation offensive qui a été effectué en même temps que le passage en 4-2-3-1. Si avant, en 4-3-3, les ailiers mordaient la ligne et se tenaient très loin de l'axe, à partir de l'heure de jeu ils ont commencé a proposé régulièrement des solution dans l'axe. Diarra, puis Chambost, ont aussi pu profiter due l'entrée de Bentayg en latéral gauche, un profil plus offensif que Petrot, qui a donc pris le couloir libéré par les ailiers.

Voici un exemple avant l'heure de jeu et ce changement d'animation offensive, qui commence avec une relance du gardien. On se concentrera sur le positionnement des ailiers et des milieux relayeurs :


Les Troyens ont souvent effectué un pressing haut et la qualité du jeu au pied de Larsonneur a souvent permis aux Stéphanois de s'en sortir :


Dans cet exemple, il trouve Fomba, qui joue avec Diarra, écarté à gauche. On observe bien comment les trois offensifs stéphanois sont très écartés - ils vont rester comme ça pendant toute l'action, peu importe la circulation du ballon :


Le jeu bascule à droite, passant par Fomba et Bouchouari, jusqu'à Appiah, qui joue de nouveau avec son milieu de terrain :


Ses coéquipiers font des appels coordonnés, Cafaro rentrant et attirant son adversaire direct, Appiah dédoublant et Fomba essayant de se projeter dans l'espace laissé libre par le latéral gauche adverse. Par contre, il vient de très loin, si c'est le relayeur de l'autre côté qui doit faire cet appel, il ne peut y être rapidement. Bouchouari joue donc toujours en latéral...


... et le ballon arrive jusqu'à Diarra, collé à la ligne de touche opposée. Il joue en arrière avec Petrot, le bloc adverse en 4-4-2 est en place et on remarque que Cafaro est complètement excentré à l'opposé, même Appiah est plus à l'intérieur que lui. Le ballon arrive de nouveau jusqu'à Tardieu...


... qui ose enfin une passe verticale dans les 30 mètres adverses. On voit toujours la disposition sur la largeur des ailiers, l'axe est déserté par les Verts. A l'exception de Fomba, qui se propose, reçoit la remise de Sissoko, utilisé en point de fixation, arrive à l'entrée de la surface, mais écrase sa frappe.

Voici un autre exemple, dans la configuration 4-2-3-1 avec Chambost ailier gauche et Bouchouari en "10", qui commence aussi par une relance de Larsonneur :


Via Briançon, Bentayg et Tardieu, le ballon arrive jusqu'à Chambost, sur l'aile gauche. Il rentre dans l'axe et joue avec Moueffek...


... qui monte balle au pied, avant de jouer plus haut avec Bouchouari, qui porte aussi le ballon. Et le positionnement des offensifs stéphanois est complètement différent :


Les deux ailiers sont beaucoup plus dans l'axe, les 5 Verts et 7 Troyens sont très resserrés, laissant libres les couloirs, pour les montées des latéraux. Dans ce cas Appiah à droite, mais pas Bentayg - on reviendra plus tard sur cet aspect. Bouchouari essaie de joeur avec Chambost à gauche, sa passe est mal ajustée...


... mais la transition en contre des Troyens est stoppée nette par Batubinsika, qui intercepte et joue ensuite avec Appiah. Qui redonne le ballon à Bouchouari, qui se retrouve de nouveau face au jeu :


Comme avant, les trois offensifs Cafaro, Charbonnier et Chambost sont tous très axiaux. Bouchouari avance, joue avec son ailier droit et lui propose un une-deux, mais Cafaro choisit de jouer avec Charbonnier. Malheureusement sa passe est dégagée en corner.

Si on veut résumer l'approche offensive stéphanoise, elle a utilisé des ailiers très excentrés pendant une heure de jeu et bien plus axiaux ensuite. Par contre, une consigne très claire a été donnée aux latéraux, ils ne devaient pas monter tous les deux en même temps, même s'ils avaient de l'espace dans les couloirs (dans la dernière demi-heure). Consigne qui n'a plus été respectée dans le temps additionnel : 


Cafaro se prépare à centrer - son centre est repoussé par la défense, Appiah (en soutien et très haut) récupère le ballon, le donne à Tardieu, qui le redonne à Cafaro. Son deuxième centre est repris par Moueffek et les Verts s'imposent. Mais si on regarde la présence stéphanoise dans la surface, on trouve l'avant-centre, le "10", un relayeur, l'ailier et le latéral opposés. Bref, les Verts y ont cru jusqu'au bout, ont tout donné et ont été récompensés.


Conclusions


Il est évident que le visage affiché par les protégés de Laurent Batlles ces dernières semaines n'a rien à voir avec celui de la saison dernière et même avec le début de cette saison. Le déséquilibre n'est plus recherché ou assumé, l'objectif est de ne plus se découvrir, d'encaisser moins de buts - ça fonctionne et ça apporte des points. Ça vient au prix de l'animation offensive, car les attaquants sont très esseulés. Le chantier n'est pas fini pour le staff, mais c'est toujours plus simple de construire sereinement, portés par une série positive, que sous pression.

dimanche 24 septembre 2023

Concarneau - ASSE, 0-1 (Sissoko)

On ne change pas une équipe qui gagne...


... même si c'est laborieux.

Même 11 de départ à Concarneau comme à Cannes :

samedi 23 septembre 2023

Pauvres Verts (4)

Pauvres Verts (4)


Dans le foot actuel, l'argent est un élément incontournable : non seulement combien on en a, mais aussi comment il est utilisé - voici l'analyse des bilans comptables de l'ASSE pour la saison 2021-22

La saison 2021-22 a été conclue par une relégation en deuxième division au terme du barrage contre Auxerre. Les Verts ont connu un changement de staff en décembre 2021, "la direction a mis un terme au contrat de travail de son entraineur, en contractualisant une rupture amiable de son contrat de travail" (extrait du  bilan comptable publié par ASSE Groupe). Sans surprise, ces résultats sportifs ont eu une incidence sur les revenus. 


Chiffre d'affaires (CA)


Si on regarde le CA du club pour la saison en question, il est de presque 98M€, dans la lignée des saisons précédentes, mais avec une répartition complètement différente :  


On observe un retour "à la normale", la saison 2021-22 ressemble à celle 2018-19, la dernière avant Covid et faillite Mediapro. La billetterie, les recettes commerciales et les droits tv ont retrouvé leur poids habituel dans les revenus du club. La différence importante est au niveau des subventions reçues: 11,6M, pas loin de l'année précédente, quant en 2019 c'était quasi-inexistant. Mais aussi au niveau des ventes de joueurs, car le club a préféré de ne pas vendre Gourna en juin 2022 (l'exercice comptable ferme le 30 juin), mais un mois plus tard :


Le club a donc fait le choix de finir la saison en déficit (-6,4M€), pour la première fois depuis 12 ans. Par contre, les capitaux propres du groupe dépassaient les 15M€, ce qui représente le deuxième meilleur montant de l'histoire du club.


Aides, dettes et créances


Pour revenir aux aides reçues par le club, elles ne sont pas négligeables depuis 2020. Que ça soit les dettes à l'URSSAF ou des exonérations de charges...


... des prêts garantis par l'Etat (PGE)...


... ou l'aide à la relégation en Ligue 2 :


Quant à l'endettement du club, il s'est nettement amélioré lors de cette dernière saison en Ligue 1. Pour faire très simple, le 30 juin 2021, le club avait des dettes financières de 36,5 M€ - elles n'étaient plus que de 26 M€ un an plus tard. Encore mieux, une très grosse partie (17M€) de ces dettes c'est des PGEs étalés sur 5 ans :


Et quand on rajoute le fait que le club avait des créances de 27,7M€, dont 17 à percevoir à moins d'un an, on peut vraiment voir les résultats de la politique d'assainissement financier des dernières années. 




Une trésorerie record, une dette financière de plus en plus réduite, étalée sur plusieurs années et couverte par les créances. Et pas de dividendes versées sur l'exercice (!). Il n'y a rien à dire, le club a une gestion financière très saine et a de quoi survivre plusieurs années. Même en Ligue 2, où il a été conduit par la gestion sportive qui en a résulté.

dimanche 17 septembre 2023

Caen - ASSE, 1-2 (Tardieu, Sissoko)

Adaptables et solides


Les Verts se sont imposés chez le leader caennais en jouant dans un nouveau système, qui leur a permis de se montrer plus solides que d'habitude...

A la surprise générale, le staff stéphanois a aligné une défense à 4, avec Appiah et Petrot en latéraux et une charnière Batubinsika - Briançon :


Un 4-3-3 / 4-1-4-1 très classique, avec Tardieu en sentinelle derrière Bouchouari et Fomba et avec deux vrais ailiers, Cafaro et Diarra. Un système qui a été maintenu jusqu'à la fin du match malgré les 5 changements effectués :


A part les 5 joueurs défensifs, tous les autres ont été remplacés, mais toujours du poste pour poste, la profondeur de l'effectif le permettant, malgré les absences de Chambost et Wadji.


La raison de ce passage à un système plus classique, avec deux joueurs dans chaque couloir, a été donnée par Laurent Batlles à la fin du match : "on avait un plan de jeu en bloquant les couloirs pour éviter les centres sur Mendy, c'est pour ça qu'on avait choisi le 4-3-3 et ça a fonctionné". Voici quelques exemples de la défense stéphanoise dans les couloirs.

Le premier commence à la 21e minute, avec le bloc des Verts bien en place. L'action se passera dans le couloir droit stéphanois, où on voit le positionnement de Appiah, Cafaro et de l'ailier adverse :


Le bloc des Verts coulisse vers la gauche, où est le ballon et la longue transversale trouve l'ailier gauche normand :


Appiah sort sur lui et défend sans se jeter, en temporisant pour attendre du soutien...


... qui arrive, grâce à Cafaro, qui était sur la ligne médiane au moment de la transversale, mais aussi de Fomba, qui couvre derrière Appiah. Et donc même si le latéral droit se fait éliminer, les Verts récupèrent le ballon.

Un deuxième exemple, deux minutes plus tard, toujours à droite, avec le bloc stéphanois toujours en place :


L'ailier gauche caennais est trouvé par une passe qui traverse la ligne des milieux. Appiah sort sur lui...


... et le latéral gauche adverse fait un appel en profondeur dans son dos. Un jeu classique à deux dans un couloir...


... mais les Verts y sont deux aussi, car Cafaro sprinte pour suivre le latéral. Même s'il part de plus haut, sa vitesse lui permet de le rattraper, lui passer devant et récupérer ainsi un coup franc. 

Enfin, un quart d'heure plus tard, un troisième exemple, cette fois-ci à gauche :


Le duo latéral - ailier caennais sont collés à la ligne de touche, mais Petrot et Diarra sont en place aussi. Dans cet exemple il y a un élément supplémentaire, le milieu offensif normand, qui vient apporter du soutien dans ce coin du terrain, suivi par Tardieu.


L'ailier adverse dribble Diarra, Tardieu sort pour bloquer sa progression et Bouchouari compense et va au marquage du 10 adverse. Le latéral dédouble et il est servi... 


... mais Petrot avait suivi et le tacle, récupérant le ballon. Les Verts sortent rapidement de cette zone et partent en contre.


Que ça soit contre un, deux, ou trois adversaires, les protégés de Laurent Batlles ont su fermer les couloirs, n'étant jamais en sous-nombre, compensant toujours un coéquipier qui se faisait éliminer. Et ça a bien contrarié les offensives adverses, surtout en 1MT. Le changement tactique à la pause (passage à deux attaquants, plus de jeu dans l'axe que dans les couloirs), ainsi que leur habitude d'être mieux physiquement en 2MT, a permis au Caennais de se montrer plus dangereux. Sans pourtant trouver la faille.


Conclusions


Les Verts tiennent enfin leur match référence de ce début de saison. Pas forcément pour le résultat, même s'il n'est pas donner à tout le monde de s'imposer chez le leader, un candidat sérieux à la montée. Tout d'abord, il faut souligner la capacité du staff de comprendre le point fort de l'adversaire et de trouver la solution pour le contrer, même si ça implique d'abandonner son système fétiche. Mais ça ne veut pas dire que tous les matchs seront joués dans ce système. Non seulement l'effectif n'est pas construit pour (pas de doublure pour les latéraux), mais en plus la solidité défensive ne sera pas si importante contre plein d'autres équipes qui ne chercheront que défendre. Par contre, la lesson à retenir principalement de ce match, c'est l'état d'esprit des joueurs, leur volonté de se battre les uns pour les autres, d'appliquer à la lettre les consignes de leur entraîneur, de mettre les ingrédients nécessaires. Et ça, ça comptera beaucoup pour la suite, peu importe le système tactique utilisé.

dimanche 3 septembre 2023

ASSE - Valenciennes, 0-0

Qu’ils se lâchent, tout simplement !


C'est le constat désabusé partagé par l'entraîneur stéphanois et les supporters après la très pâle copie proposée par les Verts contre Valenciennes...

Malgré les nombreux absents sur blessures (Briançon, Monconduit, Cafaro, Chambost, Wadji), le staff stéphanois a pu aligner un 11 cohérent :

C'est sur ce match qu'on a pu voir l'apport (quantitatif) du mercato qui vient de finir. Batubinsika (recrue), a pris la place dans l'axe de la défense de Briançon (blessé). Rivera (retour de prêt) a joué dans le couloir droit à la place de Cafaro (blessé) et Bentayg (recrue) à celle de Nkounkou (départ) à gauche. Tardieu (recrue) a remplacé Monconduit (blessé) en tant que milieu défensif et Diarra (recrue) a remplacé Chambost (blessé) en tant que "10". Charbonnier (première titularisation après sa longue blessure) a remplacé Krasso (départ) en tant que 9 et 1/2 et Sissoko (recrue) a été l'avant-centre censé fixé la défense adverse, là où Wadji (blessé) était celui censé la faire reculer avec ses appels en profondeur.

Avec autant de changements de joueurs, dont certains se sont très peu entraînés avec leurs coéquipiers, le manque d'automatismes et de cohérence dans le jeu était attendu. Malgré tout, les Verts ont affiché une belle maîtrise collective, mais sans changement de rythme, sans se créer des occasions, sans savoir emballer le match, au grand désarroi de leur entraîneur après la partie.

Pourtant, le potentiel est là, comme le montrent deux exemples, en début de chaque période. Le premier, après même pas une minute de jeu, commence avec une touche effectuée par Petrot :


Le ballon est envoyé jusqu'à Appiah, les milieux stéphanois se proposent pour le relayer :


Et en passant par Tardieu et Bouchouari, le ballon arrive de nouveau à gauche de la défense, à Petrot :


Pendant ce temps, Diarra se déplace latéralement entre les lignes adverses pour proposer une solution. Elle arrive cependant des appels coordonnés de la paire d'attaquants. Charbonnier fait reculer la défense, ce qui libère Sissoko, trouvé par la passe verticale de Petrot. 


Il combine ensuite avec Charbonnier, qui lance Rivera à droite. Les Stéphanois se projettent et il y a du monde dans la surface à la réception du centre :


Malheureusement, Sissoko et Bentayg sont trop courts pour pousser le bon ballon de Rivera dans les filets...


Un autre exemple en début de la 2MT commence cette fois-ci avec une touche de Rivera :


Il s'appuie sur Sissoko, puis le jeu passe par Tardieu et Bouchouari. Les milieux stéphanois envoient le ballon vers la gauche...


... et il revient ensuite jusqu'à Batubinsika, dans l'axe de la défense. Après ces passes latérales, les Verts essaient un peu de verticalité :


Batubinsika joue avec Tardieu, qui s'appuie sur Sissoko, qui avait décroché (pendant que Charbonnier faisait encore une fois l'appel pour faire reculer la défense et créer de l'espace entre les lignes). Remise en arrière pour Appiah...


... qui s'appuie de nouveau sur Tardieu, avant d'envoyer le ballon à droite, à Rivera.


La phase de préparation est finie, l'attaque stéphanoise est enfin déclanchée. Rivera trouve Diarra entre les lignes adverses et le une-deux avec Tardieu permet d'éliminer complètement le milieu adverse.


Le meneur de jeu se trouve ainsi face au jeu et peut lancer en profondeur Sissoko, qui entre dans la surface, mais n'arrive pas à cadrer sa frappe.

Du jeu collectif, des attaques préparées, des passes verticales et prises de initiative pour deux situations intéressantes. Malheureusement, quasiment les seules "occasions" stéphanoises dans ce match, et ceci dit beaucoup...


Conclusions


Le mot de la fin revient à Laurent Batlles, qui se tourne déjà vers la suite : "on a quinze jours pour travailler, on va récupérer pas mal de monde car il y a des blessés. Ça va faire malgré tout un peu de bien à tout le monde et on va repartir de l’avant pour essayer d’être beaucoup plus performants offensivement". Comme d'habitude, la saison stéphanoise commencera après la trêve internationale de septembre, quand l'effectif sera enfin au complet et les recrues de fin de mercato auront eu la possibilité de vraiment travailler avec leurs coéquipiers. C'est lors du prochain bloc de cinq matchs qu'on pourra voir si la mayonnaise prenne et les résultats suivent, car pour l'instant les Verts sont en retard par rapport à leur feuille de route....