lundi 13 janvier 2025

PSG - ASSE, 2-1 (Davitashvili)

On a joué


Si les Verts se sont logiquement inclinés devant un adversaire clairement supérieur, ils n'ont pas à rougir par rapport aux intentions affichées...

On ne change quasiment pas une équipe qui gagne avec la manière une semaine plus tôt contre Reims, seulement Davitashvili, plus malade, faisant son apparition dans le 11 de départ, à la place de Boakye. Et surtout, les protégés d'Eirik Horneland ont proposé le même style de jeu, basé sur un pressing haut et des prises de risque, même si l'adversaire parisien était d'un niveau supérieur. Et parfois ça a marché bien, parfois pas...

Le pressing stéphanois

C'était risqué de se découvrir derrière, mais les Stéphanois n'ont pas hésité de chercher haut leurs adversaires, avec leur nouveau placement lors d'un pressing :


Les deux ailiers cherchent les défenseurs centraux et le gardien, pendant que Stassin recule, au marquage de la sentinelle adverse. Avec ses trois coéquipiers du milieu ils sont 4 Verts pour gérer à la fois les milieux adverses et le jeu vers les côtés. Dans cet exemple le ballon va d'abord vers la droite de l'attaque...


... puis un milieu parisien est trouvé. Stassin coulisse vers lui et Bouchouari s'excentre vers le latéral. Davitashvili bloque une passe en retrait, mais le Parisien trouve une solution...


... en changeant de côté. Le ballon arrive au latéral gauche du PSG, c'est donc le tour de Louis Mouton de s'excentrer et bloquer le couloir. Ses coéquipiers suivent...


... notamment Ekwah, sa présence obligeant le milieu parisien de jouer en arrière. Sur cette image on voit la défense stéphanoise, alignée, à 4 contre les 3 offensifs adverses. Les Verts ne sont pas en déséquilibre offensif et ont réussi à enfermer leurs adversaires sur un côté :


Stassin avait suivi et bloque une eventuelle passe vers l'axe, tout comme Cafaro qui dévie la passe en arrière vers le défenseur central. Les Verts n'ont pas exactement récupéré le ballon, car un défenseur est plus rapide que Stassin et le dégage juste avant...


... jusque dans les pieds de Mouton. Qui lance en profondeur Stassin - le pressing stéphanois a été réussi, ils ont récupéré le ballon haut et peuvent donc en profiter :


Malheureusement, la passe de Stassin à destination de Davitashvili, seul au point de penalty, n'est pas assez appuyée et un adversaire tacle le ballon.

Mais le pressing des Verts n'a pas toujours été aussi productif, car des petites erreurs ou la technique des joueurs parisiens ont permis à ces derniers de s'en sortir plus facilement. Par exemple, à la 25e minute...


... on a la même mise en place, avec le ballon qui est envoyé via un défenseur central jusqu'au latéral droit parisien. Dans cet exemple c'est Louis Mouton le milieu relayeur gauche stéphanois, c'est donc à lui de bloquer le couloir :


Et il le fait parfaitement, il se place pile sur la ligne de passe entre le latéral et un milieu. Tous les autres adversaires sont pris, le latéral se retrouve enfermé dans le couloir. Il n'y avait donc absolument pas besoin pour Petrot de se jeter vers ce milieu...


... quitter ainsi son adversaire direct. L'ailier droit du PSG est trouvé au long de la ligne de touche, les Parisiens se retrouve à 3-contre-3. Et après une combinaison avec l'avant-centre...
 

... une transversale permet à l'ailier opposé d'être lancé en profondeur, seul. Cette action n'a rien donné, mais souvent un des ailiers adverses, surtout à la droite de l'attaque, était trouvé seul avec un changement de côté après une sortie du pressing.

Les sorties du pressing parisien

Les Verts n'ayant pas le monopole du pressing haut, une des autres clés du match a été leur capacité à sortir proprement le ballon du pressing adverse :


En 2MT, Larsonneur remet le ballon en jeu en le donnant à Nadé, qui prolonge jusqu'à Petrot. Le latéral gauche stéphanois voit un adversaire arriver rapidement sur lui...


... mais il a des solutions dans l'axe. Des solutions risquées, car Ekwah et Mouton sont pris tous les deux. Petrot s'appuie quand-même sur Mouton et lui propose un une-deux. C'est réussi, les Verts ne perdent pas le ballon. Et même si on peut penser qu'ils sont enfermés sur un côté...


... c'est sans compter sur les appels des offensifs. Davitashvili et Stassin se trouvent tous les deux le long de la ligne de touche et Boakye, entré à la pause à la place de Cafaro, vient du côté opposé pour offrir une solution dans l'axe. Il est trouvé...


... et se sert de l'appel vers l'axe de Davitashvili pour lancer Stassin en profondeur dans le couloir. Dans quelques passes les Verts sont sortis du pressing adverse et se retrouve à 3-contre-3 :


Malheureusement Stassin joue mal cette action, il n'arrive pas à combiner avec Davitashvili et finit par jouer en arrière avec Ekwah. Qui tente de lancer Boakye dans la surface, mais la défense d'interpose.

Ce type de sortie du pressing adverse était assez risqué et forcément ça a parfois donné des belles munitions aux Parisiens :


Neuf minutes plus tôt, une relance similaire, Larsonneur joue avec Nadé. Qui tente à s'appuyer sur Mouton, toujours avec un adversaire sur lui, qui cherche à écarter ensuite vers Petrot. Mais le jeu stéphanois est bien lu - le latéral droit parisien démarre son sprint vers Petrot avant même que le ballon quitte les pieds de Nadé ! Il intercepte donc la passe...


... combine ensuite avec son ailier et se retrouve lancé dans la surface pour adresser un bon centre, heureusement dégagé par Batubinsika. 

Conclusions


D'un point de vue comptable c'était un match bonus, le résultat était moins important que le visage affiché : les Verts de Horneland étaient attendus et ils ont répondu présent. Ils ont montré que les intentions affichées contre Reims feront partie réellement de leur style de jeu avec le nouveau staff : intensité, volonté de garder le ballon, le sortir proprement, chercher haut l'adversaire et pas n'importe comment. Cette fois-ci ça n'a pas marché, en face c'était un niveau clairement au dessus. Mais ça, ils le savaient avant le match, et pourtant les Stéphanois n'ont pas renoncé à leurs nouveaux principes de jeu. Des principes qui devront être récompensés contre d'autres adversaires, plus à leur portée.


dimanche 5 janvier 2025

ASSE - Reims, 3-1 (Boakye x2, Stassin)

Quel nouveau visage !


Les Verts ont impressionné pour la première apparition sous les ordres de leur nouvel entraîneur, proposant un jeu beaucoup plus complet qu'avant...


Compte tenu des blessés, malades et suspendus, et sans nouvelles recrues, il n'y a pas eu de surprises dans le groupe stéphanois pour la réception de Reims et il est fort probable que le précédent staff aurait aligné le même 11 de départ :

Par contre, le système tactique est légèrement changé. Les Verts ne sont plus disposés en 4-1-4-1 avec deux lignes de 4 et une sentinelle, Ekwah, entre elles. Ni dans un 5-4-1 avec Ekwah qui se place entre les défenseurs centraux. Sous Horneland le bloc stéphanois a eu deux lignes de 3 bien distinctes - les 4 défenseurs n'ont pas eu besoin d'un 5e pour pouvoir gérer la largeur du terrain et les 3 offensifs sont généralement restés plus haut que les milieux, pour déclencher des contres.

D'autres changements ont pu être aperçus dans le jeu des Verts. L'intensité dans les duels, la justesse technique, le volume de jeu proposé, bien sûr. Mais aussi tactiquement, trois éléments intéressants : un vrai pressing haut, une capacité à sortir proprement le ballon et une étonnante maturité dans l'alternance entre les transitions et la possession. Voici quelques exemples.

A la 22e minute les Rémois obtiennent un coup franc à côté de leur propre surface - les Stéphanois se placent haut pour empêcher la relance, avec Cafaro même plus haut que le ballon...


...  pour couper la passe vers le gardien (dans d'autres exemples Boakye fait la même chose quand la relance est de son côté). Le gardien adverse reçoit pourtant le ballon et l'envoie évidemment vers le côté opposé :


A première vue le pressing stéphanois n'est pas bien effectué, deux adversaires sont complètement libres dans cette zone. Mais les Verts coulissent très bien, Boakye attaque le défenseur central, Bouchouari abandonne le milieu axial qu'il avait pris pour bloquer le couloir...


... et Stassin compense ! Il dezone complètement pour suivre ce milieu axial. Et comme Appiah avait suivi l'ailier de ce côté, les deux défenseurs rémois se retrouvent enfermés :


Ils essaient de s'en sortir le long de la ligne de touche, là où le milieu avait proposé une solution. Appiah était déjà passé devant son adversaire direct et Stassin avait bien suivi, récupérant le ballon dans les pieds adverses :


Il écarte ensuite le jeu dans l'axe, où Mouton et Ekwah sont complètement libres. La suite de l'action ne donne pas une occasion, mais le pressing stéphanois a été payant. Et surtout, c'était un vrai pressing, travaillé, avec des bon déplacement, pas seulement un placement haut sur le terrain...

Les Rémois ont eux aussi essayé de presser haut et d'empêcher la relance stéphanoise, comme par exemple à la 13e minute :


Ça commence d'abord avec un défenseur qui monte balle au pied, qui cherche avec une passe verticale l'appel de l'ailier gauche vers l'axe. Appiah le suit et intercepte, pendant que Bouchouari compensait en coulissant vers le couloir. Les Verts récupèrent le ballon sur la ligne médiane mais ne se projettent pas tout de suite vers l'avant :


Des passes courtes dans un petit périmètre entre les milieux et Ekwah joue en arrière avec Batubinsika. Les Stéphanois continuent de combiner dans cette zone, le pressing adverse n'est pas très aggressif...


... mais le bloc rémois remonte au moment où Nadé joue en arrière avec Larsonneur. Le gardien stéphanois redonne le ballon à Batubinsika et on peut observer une forte présence adverse dans les 40 mètres stéphanois :


La précision technique des Verts et la prise de risque font la différence, car en quelques passes ce pressing adverse est complètement déjoué :


Bouchouari fait un appel à droite où il est trouvé par Batubinsika malgré un adversaire sur son dos, il remet dans l'axe à Ekwah, qui trouve Boakye, qui remet dans l'axe dans la course de Bouchouari, qui avait fait l'appel inverse une fois avoir servi de point d'appui. Le tout dans une touche de balle...


... et Stassin peut être lancé parfaitement en profondeur par Bouchouari. Malheureusement, dans cet exemple, sa passe à destination de Cafaro au deuxième poteau est contrée.

Un troisième exemple commence en fin de match, après les entrées de Moueffek et Miladinovic en milieux excentrés, avec une longue possession adverse...


... qui est interrompue quand Moueffek intercepte une passe. Il se projette immédiatement vers l'avant, ses coéquipiers l'accompagnent et la solution la plus intéressante est celle proposée par Bouchouari :


Si le ballon lui parvient, les Verts ont un 3-contre-2 à jouer. Malheureusement, un adversaire intercepte et joue avec son défenseur, qui dégage...


... jusqu'à Ekwah. Dès que le ballon est controlé par le milieu stéphanois, Appiah entame une course pour proposer une solution dans le couloir droit. Il est trouvé, car le ballon circule vite via Mouton et Miladinovic. Après avoir essayé une projection rapide à gauche, les Verts essayent la même chose à droite. Mais les Rémois se sont bien repliés...


.. et Appiah calme intelligemment le jeu. Il joue en arrière avec Mouton, qui donne le ballon à Batubinsika. La phase de transition se transforme en attaque placée :


Le ballon circule de droite à gauche en défense jusqu'à Petrot, puis fait le chemin inverse, les Stéphanois reculant même avec ces passes :


Ça a le don d'aspirer l'adversaire, surtout quand le ballon est envoyé jusqu'à Larsonneur. Pendant ce temps, Mouton et Miladinovic se placent dans la même zone, dans laquelle arrive aussi Stassin :


Et une fois le jeu vertical déclenché, il est impitoyable, les trois Stéphanois pouvant combiner dans cette zone : Miladinovic dévie de la tête pour Stassin, qui s'appuie sur Mouton avant d'être lancé en profondeur. Les Rémois se sont fait avoir comme les Verts en première partie de saison : un positionnement haut qui ne sert à rien d'autre que de laisser les adversaires découverts dans le dos des milieux, avec une défense devant gérer des appels en profondeur à partir de la ligne médiane. Et dans cette exemple Stassin fait parler toute sa classe, concluant l'action par un très beau but.

Et si dans l'exemple précédent on a pu apercevoir les premières minutes en championnat de Miladinovic - après 5 minutes en Coupe de France, une autre première a été l'apparition du très très jeune NGuessan à la pointe de l'attaque dans les dernières minutes du temps additionnel (Tardieu ayant remplacé Mouton en même temps) :




Conclusions


Ce n'est pas la première victoire stéphanoise cette saison et ce n'est pas la seule après un match vraiment maîtrisé. Mais ce premier match de 2025 et du nouveau staff a marqué les esprits. On a pu voir à l'oeuvre une vraie équipe de foot, qui a mis de l'intensité dans les duels, à l'aise techniquement, qui a su alterner les phases de possession et le jeu rapide vers l'avant. Bref, une équipe qui a maîtrisé son sujet, beaucoup plus que ce que les mêmes joueurs ont pu montrer auparavant. Tout n'a pas été parfait, il y a eu des oublis ou de la panique en défense, un gros manque d'efficacité dans la surface adverse et probablement ça ne sera pas la même chose contre un adversaire plus fort. N'empêche, les débuts de Horneland à la tête des Verts sont plus que réussis et rassurants...


dimanche 15 décembre 2024

Toulouse - ASSE, 2-1 (Stassin)

C'était mieux, mais c'était trop tard


Nouvelle défaite pour les Verts, la dernière de Dall'Oglio, mais après un match plus cohérent tactiquement que les précédents...

On ne change pas une équipe qui perd, surtout une qui n'a pas existé contre Marseille une semaine plus tôt - le staff stéphanois a aligné les mêmes joueurs à Toulouse. Mais dans un dispositif différent :


Contre Marseille on avait vu une vraie défense à 5, avec Abdelhamid à son centre et Ekwah qui a retrouvé enfin un poste au milieu du terrain. Mais Bouchouari s'était retrouvé excentré à droite du milieu, poste qui n'est pas le sien - ça a été corrigé à Toulouse, où les Verts ont évolué avec 3 milieux axiaux, Bouchouari - Ekwah - Mouton. Et Davitashvili a été placé en soutien de Stassin, dans un système qui ressemblait à un 5-3-2...


... mais qui en réalité proposait plutôt un losange au milieu, avec Davitashvili à sa pointe haute et Ekwah en bas. Quatre milieux de terrain, techniques, c'est un système qui est fait pour avoir la possession. Et, une fois n'est pas coutume, les Verts ont gardé le ballon beaucoup plus que leurs adversaires. On oublie les ballons balancés loin devant, les contrôles et passes ratés, les Stéphanois ont montré qu'ils étaient moins embêtés avec le ballon que ce que les dernières prestations le laissaient penser. 

Dans cet exemple qui commence à la 24e minute avec une attaque toulousaine, on voit bien le 5-3-2 stéphanois, avec une défense qui doit gérer 5 offensifs :


Le ballon est envoyé à la droite de l'attaque, où Petrot et Cornud doivent défendre en 2-contre-2. Mais au contraire des deux dernières rencontres, quand le jeu revient dans l'axe, devant la défense, les offensifs adverses n'ont plus beaucoup d'espace :


Ekwah et Mouton sont en soutien de leur défense, et si le premier n'arrive pas à couper la passe, le deuxième l'intercepte. Les Verts peuvent vite partir en contre...


... mais ils sont presque tous trop bas, alors Bouchouari, trouvé à gauche, temporise et joue en arrière avec Cornud. Non, les Stéphanois ne sont pas seulement une équipe de contre, ils peuvent construire des actions :


Cornud joue avec Mouton, qui passe le ballon dans la défense, laissant le temps aux deux équipes de se mettre en place. Abdelhamid se retrouve ainsi premier relanceur et ses coéquipiers lui offrent des solutions :


Ekwah, Mouton et Bouchouari se placent tous devant lui, Davitashvili étant un cran plus haut. L'expérimenté défenseur stéphanois ne risque pas une passe verticale, mais préfère décaler à gauche...


... jusqu'à Cornud. Les 4 milieux stéphanois sont très mobiles et offrent des solutions. Mouton est trouvé et il décale parfaitement Ekwah vers le côté opposé. Davitashvili s'approche en soutien...


... et via lui et Batubinsika, le ballon est envoyé jusqu'à Appiah à l'aile droite. Davitashvili et Ekwah continuent de bouger pour ne pas le laisser isolé dans le couloir :


Du jeu en petit périmètre avant d'essayer de trouver Stassin, pas avare d'efforts, mais pas toujours bien servi - sur cette action la passe d'Ekwah n'est pas assez précise et il ne peut pas bien contrôler le ballon. Les Verts n'ont pas été si dangereux que ça, leur premier tir du match étant l'ouverture du score en 2MT - mais rien que le fait de ne plus laisser des grandes espaces dans le bloc et ensuite de faire circuler le ballon et maîtriser le milieu du terrain représentait un énorme progrès par rapport à ce qu'ils avaient montré auparavant.


Conclusions


Malheureusement ce mieux dans le jeu n'a pas été suivi par un bon résultat - le manque de concentration et d'expérience a encore une fois fait la différence. Et cette dixième défaite de la saison (en quinze match) a été la dernière de Dall'Oglio à la tête des Verts. On ne peut pas savoir ce que son successeur arrivera à obtenir du groupe actuel, ni à quel point ce groupe sera ou pas renforcé en janvier - mais ce match a au moins permis de voir qu'il y a quand même des bons joueurs de foot dans l'effectif et qu'ils arrivent à produire des prestations assez cohérentes une fois mis dans les bonnes conditions...

lundi 9 décembre 2024

ASSE - Marseille, 0-2

Toujours impuissants


Il existe parfois des défaites frustrantes, quand il y a la place pour mieux faire - la nouvelle contre-performance des Verts n'en est pas une, car ils ont été largement inférieurs à leurs adversaires...

Une fois n'est pas coutume, le staff stéphanois a fait des choix tactiques forts pour ce match : ne plus utiliser le 4-1-4-1 avec Ekwah la sentinelle qui recule en défense centrale, donc un 5-4-1 en phase défensive (ce qui arrive approximativement 70% du temps en moyenne). Mais démarrer directement en 5-4-1 avec un libéro qui est un vrai défenseur central, Abdelhamid :


Une vraie défense à 5, avec Appiah et Cornud en latéraux (on n'emploie pas le terme piston pour des joueurs qui ne font que défendre), Petrot étant utilisé comme défenseur central gauche. Devant eux, une ligne de 4 avec Ekwah placé comme un vrai milieu axial à côté de Mouton, et Bouchouari qui se retrouve excentré en milieu droit.

Le 5-4-1 utilisé à Rennes une semaine plus tôt avait péché par une très grande distance entre les lignes et les deux milieux offensifs adverses (dans un 3-4-2-1) avaient été facilement trouvés. Leçon presque apprise par les Verts, qui ont resserré un peu le bloc contre Marseille (aussi dans un 3-4-2-1), mais malheureusement pas assez. Dans un premier exemple en début de match...


... on voit bien le 5-4-1 stéphanois et les 4 milieux axiaux marseillais, deux devant la ligne des milieux, deux derrière cette ligne. Et les Verts n'ont pas su comment les gérer :


Les défenseurs et milieux combinent en dehors du bloc des Verts, à l'intérieur duquel les deux offensifs s'y trouvent. Un est pris par Batubinsika, qui sort de l'alignement, pendant que l'autre n'est pris par personne, même si Louis Mouton fait des signes derrière lui pour que ça soit le cas.


Le jeu est envoyé d'abord vers la droite de l'attaque, dans une tentative de contourner le bloc, et ensuite le ballon revient dans la défense. De nouveau un échange défenseur-milieu...


... et cette fois-ci c'est Davitashvili, dans la zone d'un milieu offensif, qui demande qu'il soit pris au marquage - Petrot sort un peu de l'alignement. Les Marseillais continuent de combiner tranquillement dans le rond central...


... et le jeu est envoyé vers la gauche. Tout le bloc coulisse vers ce côté et les milieux adverses se déplacent pour proposer des solutions :


Un milieu offensif s'excentre, suivi par Ekwah, un autre milieu fait un appel dans la zone libérée et l'autre offensif se trouve toujours libre entre les lignes, Davitashvili faisant encore une fois un appel de la main pour qu'il soit pris. Le bloc stéphanois se reforme...


... et ça sert à rien, car la ligne de 4 milieux se fait facilement transpercer, les deux milieux offensifs adverses étant libres devant la défense. Celui à gauche est recherché, Appiah réussi à intercepter et dégager... jusque dans les pieds du deuxième, qui se présente devant la défense. Heureusement, sa tentative de lancer l'avant-centre dans la surface est repoussée par Abdelhamid.

Trois minutes plus tard, même style d'attaque marseillaise, avec cette fois-ci les milieux offensifs toujours entre les lignes stéphanoises, mais les deux à droite :


Toujours cette préparation de l'attaque devant la ligne des milieux stéphanois, et parfois même dans la ligne, pendant que les défenseurs ne savent pas s'ils doivent combler l'espace entre les lignes ou pas :


Et encore une fois, une simple passe verticale élimine complètement la moitié des Verts, car il y a assez d'espace entre les lignes pour recevoir le ballon :


5 Marseillais contre 5 Stéphanois, avec une défense qui doit courir vers son propre but et des milieux offensifs qui ont le jeu devant eux et peuvent orienter comme ils veulent :


Dans cette action le ballon est envoyé à gauche de l'attaque, où le piston adverse arrive lancé, élimine Appiah et entre dans la surface - heureusement, Batubinsika dévie son tir en corner.


Il a fallu attendre plus d'une heure de jeu et le deuxième but adverse pour voir des changements tactiques et de joueurs côté stéphanois :

Si le remplacement de Stassin par Sissoko a été du poste pour poste, une fois Cornud sorti, Petrot est passé latéral gauche dans une défense à 4. Et comme Aïki est entré à l'aile droite, Bouchouari a glissé milieu axial, à côté de Mouton, puis Amougou, et Ekway a joué dans un vrai rôle de sentinelle entre les lignes dans un 4-1-4-1 classique.


Conclusions


En conférence de presse après sa 9e défaite en 14 matchs cette saison, Olivier Dall'Oglio explique comment ce match avait été abordé : "le plan initial c’était d’être solide face à cette équipe très technique. De pouvoir récupérer des ballons, je pensais qu’on serait capable d’en récupérer plus que ça et de savoir les bonifier. Pour exister il faudra être beaucoup plus agressifs et plus précis techniquement". Raté, les Verts ont été tout sauf solides, mais c'est difficile à dire ce qui est le plus inquiétant, par contre. Le décalage entre ce qu'il pense que ses joueurs peuvent faire et ce qu'ils font réellement (même si Sissoko explique que "le coach, c'est une idée de jeu qu'il nous demande, on va la laisser au vestiaire. On va essayer d'appliquer ce qu'il demande, tout simplement") ? Ou bien le fait qu'il n'y a rien de surprenant proposé aux entraîneurs adverses, qui n'ont qu'à placer des joueurs entre les lignes stéphanoises, là où ils sont facilement trouvés et où personne défend ?